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lundi 7 août 2017

Edouard Philippe annonce des baisses d'impôts: toujours pour les mêmes

10 milliards à la charge des éternels solidaires

Le texte concernant la réforme du Code du Travail sera présenté à la rentrée et non pas durant l'été, rectifie le Premier ministre.

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Alors que les groupes parlementaires de gauche devraient déposer bientôt un recours devant le Conseil constitutionnel, suite au vote mercredi de la loi d’habilitation autorisant le gouvernement à légiférer par ordonnances, la réforme du Code du travail sera présentée le 31 août, annonce Edouard Philippe, au cours d'un entretien avec Le Parisien. Attendu dans un premier temps en plein cœur de l’été pour éviter une mobilisation sociale, le projet coïncidera finalement avec la rentrée. Avec les partenaires sociaux, "la concertation [va se poursuivre] pendant tout l’été, raconte, à plus forte raison, le chef du gouvernement, pour finaliser le projet qui sera présenté le 31 août, et les textes définitifs seront approuvés par le Conseil des ministres avant la fin de l’été". Un changement de calendrier qui accélère le passage du texte devant faciliter les procédures de licenciement et les accords d’entreprise, au détriment des accords de branche et de la loi. 
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Un appel à la mobilisation a déjà été lancé par la CGT pour une journée d’action le 12 septembre. "J’ai entendu cet appel, commente Edouard Philippe, mais j’ai le sentiment que les Français ont envie de solutions plutôt que de blocages," a-t-il encore supputé.

"Des gens sont outrés par le fait que certains gagnent beaucoup d’argent"

Le Premier ministre ne redoute pas davantage les révélations qui mettent en difficulté sa ministre du Travail, Muriel Pénicaud, laquelle a touché une rémunération de 4,7 millions d’euros en trois ans (2012-2014) chez Danone et réalisé une plus-value boursière de 1,13 millions avec la vente de ses stock-options au lendemain d’un plan social dans ce groupe où elle était DRH. "C’est une remarquable ministre, une très bonne connaisseuse des sujets […], selon le sentiment partisan du juppéiste. 
Elle a déjà été tellement remarquable comme ancienne directrice générale (2015-2017) de Business France, agence chargée d’aider les petites et moyennes entreprises à attirer davantage d’investisseurs étrangers en France, accusée d'avoir financé l'escapade de campagne présidentielle du candidat Emmanuel Macron auprès des électeurs expatriés à Las Vegas. 
"Il y a sans doute des gens dans ce pays qui sont outrés par le fait que certains gagnent […] beaucoup d’argent," a poursuivi Philippe. Je ne partage pas ce sentiment aussi longtemps que c’est légal et qu’on paye des impôts dessus." L'impôt a-t-il ce pouvoir de moralisation des profits sur la misère sociale ? 

Le Premier ministre annonce une baisse de la fiscalité

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"Nous allons baisser les impôts de plus de 10 milliards", promet-il, dans son entretien. La mesure concernera principalement les "actifs", excluant donc toujours les retraités, et sera compensée par une hausse de la CSG applicable à tous. Ce qui reviendra notamment à mettre à contribution les retraités, vaches à lait des pouvoirs de gauche. 

Il compte également réaliser dix milliards d’euros d’économie en 2018, qui seront votés à l’automne lors du premier projet de loi de finances du quinquennat, gros test pour la majorité. 


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Edouard Philippe annonce aussi des réformes structurelles dans les domaines de l’emploi et du logementmais sans donner de détails, suggérant donc de simples pistes de réflexion. 

Il promet encore des revalorisations de la prime d’activité et de l’allocation adulte handicapé
(AAH). 

Le premier ministre détourne l'attention de ses novices aux bras cassés

La langue de bois ne fonctionne plus guère. L'exécutif ne prétend plus entendre la colère des Français sans cesse sollicités sans retour. 

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Révélée dans la presse mercredi, le mécontentement des collectivités locales face à la leurs baisse de dotations est balayé d’un revers de main par le Premier ministre : "C’est quand même un monde !, s'est agacé le locataire de Matignon. Les socialistes ont baissé massivement les dotations aux collectivités sans concertation et ils hurlent au loup quand nous prenons des mesures pour ne pas augmenter les impôts. Ces 300 millions n’ont été enlevés à personne, car ils n’avaient été donnés à personne." Le Premier ministre assure toutefois qu’il n’y aura plus de baisse de dotations, si les collectivités "maîtrisent" leurs dépenses. 

Le décret annulant les dotations, signé le 20 juillet par ses soins, provoque depuis mercredi la colère de l’opposition, d’autant que le président Macron avait promis de ne plus procéder par des "baisses brutales" de dotations

Alors que certains de ses ministres inexpérimentés ont commis des erreurs que leur appartenance à la société civile n'a pas rendu meilleurs, le Premier ministre mis en cause a tenté de tacler l’opposition : "Les politiques aguerris peuvent aussi 'couaquer'," a-t-il estimé. 

Mais il reconnaît une période de rodage. "Seule compte l’efficacité", déclare-t-il en refusant de "passer son temps" à regarder les sondages : "Ceux qui ont cherché à gouverner au gré des sondages ont échoué." Tout comme ceux qui les ont balayés d'un revers de la main...

La confiance des Français en son action a chuté.  
"La confiance des Français 's'essouffle' (AFP) après l'épisode électoral et, selon une enquête de l'Ifop diffusée dimanche 2 juillet, une majorité d'entre eux se déclare à nouveau pessimiste (56%) pour l'avenir de leur pays. "Un quart seulement des personnes interrogées (26%) pens[ai]ent [déjà] qu'elles vivront mieux dans une dizaine d'années, contre 44% d'un avis contraire et 30% pour qui ce sera "pareil qu'aujourd'hui".
Selon une enquête d’opinion Ifop publiée le 23 juillet, la confiance a encore fondu à 52%, soit déjà sept points de moins qu’en juin. Et c'est voir le verre à moitié plein.
Un sondage réalisé par Internet les 1er et 2 août 2017 chiffre la désillusion de 40 % des Français des premières mesures économiques du gouvernement pour "affronter efficacement les  principaux problèmes" ...


Ce n'est pas encore la disgrâce, mais Macron n'aura pas connu de période d'état de grâce. Le chef de l’Etat ne cesse de reculer depuis son élection et la mauvaise séquence de juillet marquée par des contradictions de ministres, des manifestations affligeantes d'incompétence de jeunes députés ignares de tout mais pourtant bombardés à la vice-présidence de l'Assemblée.
Le baromètre Elabe pour Les Echos et Radio Classique, sympathisants, confirme que seulement 40 % des Français disent lui faire encore confiance : un recul de 5 points de plus en un mois. Ils sont désormais 55 % à ne pas lui faire confiance - soit un bond de 9 points en un mois - dont 21 % (+ 3 points) .

La nouvelle génération d'élus, des jeunes start-uppers prometteurs, nous disait-on, n'a encore pas fait ses preuves et le renouvellement de la vie politique reste à opérer.

jeudi 18 juin 2015

Impôts: tous les pièges du prélèvement à la source restent à découvrir et surmonter

Le prélèvement à la source, ce n'est pas la tonte fiscale gratuite

Le gouvernement a présenté ce mercredi en Conseil des ministres sa feuille de route vers le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, un parcours semé d’obstacles mais "irréversible", a assuré le ministre des Finances, Michel Sapin.

Le casse-tête de "l’année blanche"

Le prélèvement à la source sera mis en œuvre au 1er janvier 2018.
 Les revenus salariaux de 2017 ne seront pas imposés. Bercy doit gérer les risques d’optimisation et la taxation des autres revenus.
En tête des difficultés, la gestion de l’année de transition entre l’ancien et le nouveau système de recouvrement. La piste d’une double imposition en 2018 étant impensable, Bercy a annoncé que les revenus salariaux de 2017 ne seront pas imposés. De quoi faire fantasmer sur une "année blanche". Concrètement, les contribuables paieront en 2017 leur impôt sur les revenus de 2016 (ancien système). Et à partir du 1er janvier 2018, ils paieront leur impôt sur les revenus de 2018 (nouveau système). « Les contribuables paieront leur impôt sur le revenu tous les ans et l'Etat encaissera tous les ans une année d’impôt », a prévenu Christian Eckert, le secrétaire d’Etat au Budget. Un jeune entrant sur le marché du travail en 2018 devrait, par exemple, acquitter l’impôt immédiatement. De quoi tordre le cou à l’idée d’un hypothétique " cadeau" fiscal.

Pour les salariés dont les revenus changent peu d’une année sur l’autre, ou sont bloqués, comme pour les fonctionnaires, la transition sera assez simple. Mais comment faire avec les revenus perçus par les indépendants (bénéfices industriels et commerciaux, professions libérales) ? Plusieurs pays ont mis en place des systèmes d’acomptes. Comment, surtout, gérer les revenus exceptionnels (plus-values, dividendes, bonus) perçus au cours de 2017 ? Et ce alors que les revenus du capital ont été mis au barème de l’impôt sur le revenu. Une piste pourrait être de les lisser sur plusieurs années.

Des mécanismes "anti-abus" faits pour être contournés
A cela, s’ajoute les risques d’optimisation fiscale des ménages les plus fortunés, voire des entreprises qui anticiperaient des bonus. " Si on n’y fait pas attention, on risque des phénomènes d’optimisation fiscale agressive", convient Michel Sapin. Des mécanismes 'anti-abus' sont donc indispensables pour empêcher que des contribuables logent artificiellement des revenus sur l’année d’exonération plutôt que sur l’année de taxation. Sans quoi, "cela ne ferait qu’accroître l’injustice du système fiscal entre ceux qui ont la possibilité de différer ou avancer l’imposition de leurs revenus et ceux qui ne l’ont pas", avance le syndicat Solidaires Finances publiques, hostile à la réforme. Derrière cela, c’est le principe même de l’égalité devant l’impôt qu’il faut garantir.

Face à ces risques d’abus (passagers), le Conseil des prélèvements obligatoires soulignait, dans un rapport de 2012 qui fait référence, la "grande variété de solutions pouvant être envisagées ". Dans un rapport récemment publié, Terra Nova (think tank socialiste) préconise d’étaler la réforme (une partie seulement de l’impôt étant prélevée à la source la première année).
Pour le CPO, la difficulté liée à l’année de transition se situe aussi dans le traitement des niches fiscales. Comment, en effet, prendre en compte les crédits et réductions d’impôts au titre de l’année 2017 ? En théorie, si l’impôt sur le revenu 2017 disparaît, les niches qui y sont associés devraient l’être aussi. Problème, "ces incitations fiscales peuvent être nécessaires pour assurer la continuité du financement de certains secteurs économiques, notamment pour les services à la personne (gardes d’enfant)", insiste le rapport Lefebvre-Auvigne publié l’an dernier.

En établissant sa feuille de route, Bercy a mis le doigt dans l'engrenage, mais bien des étapes du chantier restent à franchir avant sa mise en œuvre concrète... lors du prochain quinquennat. A la rentrée, le projet de budget pour 2016 posera des (petits) jalons en encourageant la télédéclaration et le paiement mensualisé. Après quoi sera lancée une concertation, la publication d’un livre blanc étant prévue mi-2016, pour préciser les modalités d’application. Et si la concertation vire au pugilat, Valls  nous fera une de ses crises, avec le 49.3 au bout..

La mise en place de cette nouvelle technique de prélèvement posera forcément des problèmes 

La gauche assure innover (tout en justifiant cette révolution fiscale par notre originalité seulement partagée avec la Suisse en Europe) et Richard Chalier, associé de Fidroit (présidé par Olivier Rozenfeld) dont le métier est d'assurer la transparence et la suppression des risques de conflit d’intérêts, les réduit effectivement à 3 pièges pour le contribuable.

1. Votre employeur ou votre banquier sera avisé du niveau de vos revenus

Qui sera chargé de cette retenue à la source ? Comme le ministre du Budget l’a affirmé le 17 juin, la décision n’est pas encore prise, mais il n‘existe pas beaucoup d’alternatives. Ce sera soit l’employeur, qui est déjà le collecteur d’autres prélèvements pour le Trésor public, soit le banquier.
"Dans le cas où votre entreprise connaîtra votre taux moyen d’imposition, il disposera d’informations qui pourront être déterminantes au moment de la décision d’augmenter ou non un salarié, déplore Richard Chalier. Certes, si ce taux est de zéro ou très faible, il ne pourra pas savoir si cette situation résulte d’un faible niveau de revenus ou à l’inverse de processus de défiscalisation (voir simulation ci-dessous). Mais dans le cas contraire, si le taux moyen est élevé, il sera indubitablement informé du fait que vous disposez de ressources importantes par ailleurs", affirme-t-il.

Simulation:
Hypothèse : un couple marié ou pacsé avec deux enfants :
. revenus nets imposables : 36 000 € => pas d’imposition
. revenus nets imposables : 81 000 € mais réductions d’impôt à hauteur de 10 000 € (plafond des niches classiques) => pas d’imposition
. revenus nets imposables : 107 000 € mais réduction d’impôt avec niches classiques + SOFICA ou Girardin (Outre-mer) à hauteur de 18 000 € (plafond niches) => pas d’imposition
Dans ces trois cas le taux moyen d’imposition est nul... mais les revenus très différents. 

2. Il sera difficile de prendre en compte les réductions d’impôt normalement imputables sur "l’année blanche"

Dans le dispositif décrit par le gouvernement, l’impôt à la source prendrait effet en 2018. Mais cette année-là, seuls les revenus de 2018 seront imposables. Ceux de 2017, normalement imposables l’année d’après seront tout bonnement exonérés (sauf en ce qui concerne les revenus du patrimoine qu’il faudra de tout façon taxer, voir le piège n° 3).

Mais quid des réductions d’impôt récurrentes comme celles dues aux investissements immobilier Scellier, Duflot ou Pinel ? La réduction d’impôt qui aurait dû être imputée sur la facture de 2017 sera-t-elle passée en pertes et profits ? Sera-t-elle décalée d’un an ? Il faudra imaginer un mécanisme de compensations. "La situation sera encore plus délicate à régler pour une réduction d’impôt 'one shot', comme celle accordée par exemple à un investissement dans une PME. Faudra-t-il dans ce cas s’abstenir de réaliser ce type d’opération en 2017 qui sera une année blanche et où la réduction d’impôt ne pourra être imputée ?", s’interroge Richard Chalier.

3. Certains revenus du patrimoine risquent d’être taxés deux fois

S’il doit bien y avoir une année blanche pour les salaires, ce ne sera pas le cas pour les revenus du patrimoine. Il est illusoire d’imaginer que l’Administration fiscale renoncera à percevoir son dû sur les loyers et autres dividendes. "Le risque est d’acquitter deux fois l’imposition sur les revenus du patrimoine au cours d’une même année. Une première fois par application du taux moyen constaté l’année précédente et qui inclut par définition l’ensemble des revenus. Une deuxième fois sur les revenus du patrimoine de l’année précédente puisque le ministre a déclaré qu’il n’y aurait pas d’impasse sur cette taxation. Ce risque n’est pas théorique. C’est déjà ce qui s’est passé au moment où a été instituée sur les dividendes une retenue à la source non libératoire. L’année en question, de nombreux contribuables ont acquitté à la fois cette retenue et l’impôt sur les dividendes dont ils étaient redevables au titre de l’année n-1", s’inquiète Richard Chalier.

L’administration fiscale a deux ans pour surmonter ces avatars.

La droite alerte sur d'autres risques de la réforme

Si de nombreuses voix parmi Les Républicains approuvent le principe du prélèvement à la source
Mais RP reste vigilant sur la technique suivie et les modalités. Sur le principe, le prélèvement à la source est une mesure que la droite a elle-même défendue lorsqu’elle était aux affaires, sans avoir l'opportunité de la mettre en place, alors que l'Europe prenait la crise économique et financière de plein fouet. Les Républicains ne sont donc pas dans une posture d'opposition, mais tous mettent en garde sur les modalités de mise en œuvre et sur le fait que ce ne soit pas une première étape vers la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG.

Certains, comme Gilles Carrez, dénoncent l'occultation des difficultés. "J’appelle mes collègues de l’opposition à ne surtout pas cautionner cette idée, lance le président de la commission des Finances de l’Assemblée. Pour le gouvernement, le prélèvement à la source n’a de sens que dans l’optique d’engager par la suite une fusion de l’impôt sur le revenu avec la CSG," met-il en garde. Un amalgame fiscal dont la droite ne veut à aucun prix, car synonyme d’alourdissement de la fiscalité pour nombre de ménages.

Le quotient familial mis à mal
"Ce seront encore une fois les classes moyennes qui seront les plus touchées par l’augmentation d’impôt qui en résultera forcément du fait de la CSG qui deviendrait progressive comme l’IR", prévient l’ancien ministre Hervé Gaymard, chargé du programme économique d’Alain Juppé. 
Le député de Savoie, qui n’est pas opposé a priori au prélèvement à la source, appelle aussi à la vigilance sur le quotient familial. "Certes, d’autres pays ont mis en place ce prélèvement, mais le quotient familial n’existe pas chez eux." Sur ce point, le gouvernement s’est empressé de promettre mercredi qu’il n’y aurait aucune remise en cause...

Le fait que la mise en application soit prévue pour 2018 crispe aussi l'opposition. " C’est surtout une façon de détourner l’attention, d’élever un écran de fumée, estime l’ancien Premier ministre, François Fillon. Le cœur du problème, c’est le niveau trop élevé de notre fiscalité sur les entreprises et les ménages."


Xavier Bertrand refuse catégoriquement une réforme qui créerait "une usine à gaz" 

" La charge de travail ne sera plus pour le fisc – qui ne diminuera pas ses effectifs pour autant – mais pour les employeurs ", dénonce l’ancien ministre du Travail. 
X. Bertrand pointe aussi le problème de confidentialité : "Est-ce qu’on a envie que son employeur sache quelle est la tranche d’imposition, si on verse des pensions ou pas ?" " Il n’est pas question que quiconque, hormis l’administration fiscale, détienne des informations sur la situation du ménage, a promis mercredi Michel Sapin dans Le Figaro  Il serait étrange que seule la France soit incapable de trouver des solutions à ces questions alors que pratiquement tous les pays qui l’ont mis en place ont résolu ces difficultés. " Le code fiscal est simplement l'un de ces mammouths français à dégraisser, pour commencer: le pouvoir socialiste ne s'est pas senti de prendre le taureau par les corne; il préfère l'attraper par la queue !

VOIR et ENTENDRE Hollande nier pourtant les obstacles:


Le milieu de la presse semble serein: ne craigne-t-il donc pas pour son avantageux régime fiscal spécial ? N'était-ce pas pour les socialistes l'occasion de mettre à plat son système de privilèges ? Le préserver assure au pouvoir la complicitéé bienveillante des journalistes: je te tiens, tu me tiens !...

mardi 19 novembre 2013

Appel des agriculteurs en colère à un "blocus" de Paris jeudi

Les syndicats qui réagissent et ceux qui acceptent la surfiscalisation

La Confédération paysanne, sous le joug de Hollande

Manif dissidente de Carhaix 
à l’appel des syndicats CGT, FSU et Solidaires 
 
Le syndicat des paysans altermondialistes accepte l'écotaxe et s'en prend aux arbitrages de l'U.-E. sur les aides à l'agriculture : "C'est le portique qui cache la forêt." 

Jean Cabaret, porte-parole de la Confédération paysanne en Bretagne, dénonce le report de l'écotaxe comme de mauvais augure sur les décisions à prendre pour l'avenir de la planète, avec ou, plutôt, sans paysans. Les amis de José Bové soutiennent que le réchauffement climatique implique une mutation des moyens de transport utilisés et que le monde agricole doit s'adapter coûte que coûte. "Pour répondre à ce défi, il va falloir financer de nouvelles infrastructures être moins dépendants du camion, développer le fret ferroviaire, explique Cabaret. Ce qui revient donc à préconiser la théorie de la sélection naturelle telle que décrite par Darwin...

Bien que l'écotaxe soit un coup de trop dans le matraquage fiscal du gouvernement actuel,
la Confédération paysanne maintient qu'il "faut garder le principe de cette réorientation des moyens de transports en remettant à plat le dispositif. Ne pas oublier que l'écotaxe aurait coûté 40 millions par an à l'économie bretonne et permis dans le même temps de financer 130 millions d'investissements."
La Confédération paysanne n'a pas participé au rassemblement de Quimper car, selon Cabaret, c'est trop facile de profiter du choc né de la fermeture de l'abattoir à Lampaul-Guimiliau" et des drames humains du chômage. Son organisation syndicale était au nombre des 600 d'extrême gauche qui ont manifesté à Carhaix, à l’appel des syndicats CGT et FSU (enseignants), Solidaires,  ainsi que de EELV et du Front de gauche. Pascal Durand, secrétaire national des Verts, était présent.


En revanche, la FDSEA et les Jeunes agriculteurs exprimeront leur "ras-le-bol d'une sur-fiscalisation"

Ils  comptent "faire entendre la voix d'une agriculture sacrifiée".
Après la grogne des "bonnets rouges", celle des agriculteurs d'Ile-de-France. Les deux premiers syndicats, la FDSEA et les Jeunes agriculteurs, ont appelé leurs adhérents à "un blocus de Paris" jeudi pour exprimer leur "ras-le-bol d'une sur-fiscalisation". Les fédérations prévoient "des rassemblements sur tous les axes routiers menant à Paris pour faire entendre la voix d'une agriculture aujourd'hui sacrifiée", explique un communiqué.

Ils s'oppose à "un matraquage tous azimuts, des réglementations environnementales toujours plus exigeantes, des contrôles toujours plus nombreux, des contraintes réglementaires de plus en plus fortes", les hausses de TVA et l'écotaxe - reportée sine die par le gouvernement mais pas supprimée

Pour les agriculteurs, la journée de jeudi "n'est plus un avertissement" lancé à Stéphane Le Foll, mais "un ultimatum". 
Ils demandent en outre la démission du ministre de l'Agriculture "pour incompétence notoire". Des menaces qui ne semblent pas impressionner le principal intéressé : "Je n'ai pas l'habitude de céder aux ultimatums", a commenté l'incompétent, lundi soir sur France 2.

vendredi 1 novembre 2013

Ecotaxe: veillée d'armes à Quimper, mobilisation samedi

Manuel Valls annule sa visite au Proche-Orient pour cause de  maanifestation

Les Bretons n'ont pas confiance

La demi-mesure  du gouvernement de suspendre l'écotaxe ne les satisfait pas et le ministre de l'Intérieur veut s’assurer que la manif des Bretons ne dégénérera pas.

Agriculteurs, marins, transporteurs, artisans, commerçants et salariés des entreprises en difficulté sont attendus pour une manifestation, samedi à Quimper, point d'orgue d'une mobilisation contre l'écotaxe, mais aussi pour l'emploi. Pour démobiliser une partie de la population, le gouvernement a commencé à brandir le risque de débordement.

L'exécutif pointe des fauteurs de troubles potentiels  

Le ministère de l’Intérieur a décidé de discriminer les manifestants. En effet, aux professionnels et à leurs syndicats, dont la FDSEA, il oppose par avance les Français qui les soutiendront en exprimant leur mécontentement, au premier rang desquels il stigmatise déjà les antis mariage pour tous, des nationalistes bretons, mais aussi des militants des deux extrêmes: un cocktail explosif représentatif de la grogne qui monte dans le pays.

La semaine dernière, la manifestation à  Pont-de-Buis, aux pieds du portique électronique, symbole honni de l'impôt écologique, l'écotaxe , 
L’arrivée en centre-ville de nombreuses machines agricoles et de manifestants venus des départements voisins qui risquent "de se lâcher, car ils ne sont pas chez eux" ne peut qu’amplifier les conséquences de tout débordement, estime la presse. "On veut éviter les débordements, il faut que les choses se déroulent dans le calme et la dignité", a déclaré Christian Troadec, maire  d'extrême gauche de Carhaix, à l'origine du collectif "Vivre, décider, travailler en Bretagne" qui a lancé l'appel à la manifestation. Une déclaration de bonne intention qui ne rassure pas complètement les autorités.

Valls est sur les dents et justifie un dispositif exceptionnel  

De son côté, Bernard Poignant, 68 ans, maire PS de Quimper, a d'ores et déjà mis en place des mesures d’envergure pour parer canaliser la colère. "Une très grande inquiétude" anime la mairie, qui dramatise, participant ainsi à la montée de la pression. 

La municipalité dirigée par le conseiller de Hollande prend à dessein des mesures disproportionnés.
Les abris-bus ont été démontés au marteau-piqueur et il en va de même pour les panneaux d’information, les bancs publics, les bacs à fleurs et les horodateurs, l'ensemble sur un large périmètre. Les commerçants ont été incité à garder leur rideau baissé "en solidarité, mais aussi par précaution" souligne-t-on. 
Difficile aujourd'hui pour le maire socialiste d'être ami de Hollande et Breton à la fois. Opposé au mariage pour tous, Poignant a le soutien de Monseigneur Jean-Marie Le Vert, évêque de Quimper, qui a appelé au calme.
 
Valls annule sa visite au Proche Orient. 

Ce week-end, Manuel Valls devait initialement se rendre au Proche Orient, en Israël et dans les territoires palestiniens, mais il a préféré renoncer à ce déplacement prévu de longue date "pour rester vigilant sur la manifestation de Quimper", confie son entourage, avant de préciser que c’est à son initiative et non à la demande de Matignon ou de l’Elysée que le voyage a été annulé.

Le pouvoir appréhende cette manifestation. 
Plusieurs organisations syndicales se sont même démarquées de l'appel à manifester à Qimper (Finistère). La très socialiste CFDT Bretagne  n'appelle pas à défiler, tout comme le comité régional des pêches maritimes de Bretagne. Les altermondialistes de la Confédération paysanne estiment quant à eux que "l'écotaxe est une bonne chose". Quant à l'extrême gauche, elle divise. La CGT, Solidaires et la FSU ont par exemple appelé, dans un communiqué commun, à une autre manifestation à Carhaix (Finistère), le même jour et à la même heure, à 50 km. 

Jean-Marc Ayrault appelle au calme. Le Premier ministre a mis en garde vendredi contre la "spirale de la violence" . "C'est très important de rappeler que la France est un pays démocratique et que le droit de manifester existe", a assuré Jean-Marc Ayrault, pour commencer, lors d'une conférence de presse commune avec son homologue russe, Dmitri Medvedev. "En même temps, on ne peut pas construire si on s'engage dans une espèce de spirale de la violence", a condamné le chef du gouvernement depuis l'étranger. "Je souhaite que cette manifestation soit pacifique, c'est le souhait de l'immense majorité des Français et des Bretons qui veulent redonner confiance à ce territoire", a-t-il insisté. "On ne résoudra pas le problème des Bretons autrement que par le dialogue", constate-il tardivement. 
Le premier Sinistre avoue un défaut de concertation.
Le geste de mardi -la suspension de l'écotaxe- n'a pas permis d'apaiser et de construire l'espace de dialogue que prétend distinguer l'ex-député-maire de Nantes, ajoutant que "l'essentiel soit que tout le monde se mette autour de la table", enfin, pourrait-on dire, pour commencer des discussions

10.000 manifestants sont attendus  

Mais sans doute moins, vu les divergences syndicales et la volonté du gouvernement de déconsidérer le mouvement. 
 
Des foyers de contestation cristallisent l'unité. 
Depuis plusieurs mois, la liste des plans sociaux ne cesse de s'allonger en Bretagne : chez le volailler Doux, les abattoirs de porcs Gad SAS, PSA, Marine Harvest, ou encore Alcatel. 
La Bretagne "a perdu 8.000 emplois en un an dans les domaines industriels et agroalimentaires. Des chiffres "tragiques", assure le maire de Carhaix". Et 10.000 personnes sont attendues dans les rues de Quimper.
La sanction risque d'être sévère.

mercredi 5 décembre 2012

La région Ile-de-France veut s'offrir un somptueux hôtel particulier

Pour l'essentiel, la région socialiste fait payer les autres

Huchon refuse de financer le tarif unique du "pass Navigo" à 62 euros
Le Palais Huchon
S’il a été absolument impossible de connaître avec exactitude le montant de ce que va coûter cette mesure , Jean-Paul Huchon a revanche assuré qu'elle sera payée par les entreprises seules, via le Versement Transport, un impôt spécifique à l’Ile-de-France qu'elles versent dès qu'elles ont plus de 9 salariés. Un impôt qui pénalise les PME et les incite à ne pas embaucher. "Je me suis engagé à ne pas augmenter la part des usagers et des collectivités locales, pour que celles-ci puissent continuer à investir", s'est défendu le président PS de Région.

D’autre part, "nous estimons que 50% des voyages en Ile-de-France sont effectués pour des raisons professionnelles. Or, les entreprises paient 40% du coût total des transports. Donc nous pouvons aller jusqu’à 50%, soit 700 millions d’euros".


Mais si le Versement Transport est un impôt, il ne peut pas être augmenté sans l’aval de l’Assemblée Nationale:
les députés de la majorité devront se rendre complices de la région.


Grand Paris Express: un surcoût de 10 milliards d'euros


Le projet de
super-métro automatique Grand Paris Express est destiné à désengorger un réseau vieillissant, saturé et passant systématiquement par le centre de la capitale. Cette estimation prépare l'annonce par le gouvernement d'un étalement des travaux sur un projet à la fois urgent et prioritaire.

Pour ce projet voulu par l'ancien président Nicolas Sarkozy, Huchon a parlé d'un surcoût "qui risque d'être de l'ordre de 30 milliards au lieu de 20 milliards" prévus dans l'accord-cadre signé en janvier 2011 entre la région et l'Etat.Egalement président du STIF, l'autorité territoriale organisatrice de transports en Ile-de-France qui a en charge la maîtrise d'ouvrage d'une partie du projet, Jean-Paul Huchon a mis en cause la Société du Grand Paris (SGP), la structure ad hoc créée par le gouvernement Fillon.

Opposante au projet quand elle était chef de file des écologistes au conseil régional d'Ile-de-France en dénonçant un coût sous-estimé, C. Duflot a désormais la charge de ce projet structurant de la région capitale. Elle n'a eu de cesse de dire que l'Etat poursuivrait ce chantier de supermétro, qui doit voir le jour à l'horizon 2025 et créer de l'emploi.

Mais le président PS de région peut financer le "Palais Huchon"

Logement social d'élus socialo-écolos
Un rassemblement a eu lieu mercredi matin devant le Conseil régional pour dénoncer le projet  du socialiste J.-P. Huchon de faire acheter un somptueux hôtel particulier par la région. Il souhaite faire payer le contribuable francilien pour ce sublime hôtel particulier estimé à ...20 millions d’euros (18 354 € le m2), appartenant à l'État et situé au 29 rue Barbet de Jouy, voisin du n°33 déjà propriété du Conseil régional d'Île-de-France, dans le 7ème arrondissement de Paris, l’un des quartiers les plus huppés de la capitale.

Avec l’argent public, le
 Président de région veut y installer, non pas des sans-abri, mais ses vice-présidents,comme les rois distribuaient des seigneuries aux gens de cour afin de s’assurer de leur fidélité.

Les Conseillers Régionaux, Geoffroy Didier, Pierre Yves Bournazel, et Géraldine Poiraul-Gauvin, se sont réunis devant le palace en question, pour dire leur désaccord avec cette transaction scandaleuse et irresponsable.


On connait le goût du luxe de Jean-Paul Huchon, qui lui aura valu différentes condamnations par la justice, notamment pour " prise illégale d’intérêts ". Ce cadre du parti symbolise parfaitement les dérives socialistes : utilisation des collectivités territoriales comme de baronnies, comportement des élus locaux comparable à celui des seigneurs féodaux qui arrosaient abondamment, avec l’argent du contribuable afin de conserver leurs positions. Quitte à accuser l’État de mauvaise gestion des fonds publics.


Des choix politiques réactionnaires qui vont à l'encontre des théories du PS en campagne. Alors que la Région demande aux PME de contribuer à sa gloire et que le gouvernement stigmatise les riches, Huchon affiche un luxe ostentatoire aux frais des franciliens qui subissent des prix du logement effarants et qui, avec Duflot, avait promis de résoudre la crise du logement dans la région. A voir les photos du bien convoité par la région, on comprend qu’on est bien loin des logements sociaux et de la crise du logement !


Evoquant le 'palais Huchon', Valérie Pécresse, chef de file de l'oposition UMP à la région, a ajouté: "alors même que tous les ministères déménagent et que l'Etat [...] va vendre 5 hôtels particuliers dans le VIIe, c'est le moment où la région devrait vendre, pour aller dans un endroit pas cher". La ministre suggère que la Région "devrait s'installer à Aubervilliers".