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dimanche 1 septembre 2019

Rentrée scolaire : ce qui change en 2019-2020

Priorité à l'école élémentaire, à la réforme du bac et aux enseignants 

Voici ce que nous réserve le gouvernement, de la maternelle à la terminale

Résultat de recherche d'images pour "BLANQUER mACRON"
Après une année de
contestation des professeurs contre la loi sur l'école de la confiance qui a atteint son apogée au moment du baccalauréat (notamment par la voie de la rétention des copies du bac), mais néanmoins promulguée, en juillet, après les départs en vacances, l'apaisement n'est qu'apparent,  le temps de la rentrée des classes. A la conférence de rentrée, mardi dernier, au ministère de l'Education nationale, le ministre Jean-Michel Blanquer prône la réconciliation avec les enseignants : "il est temps de tourner la page de la crise du bac" et d'ouvrir la porte à des aménagements de la réforme du lycée," a-t-il souhaité, en jetant 18 euros mensuels en pâture aux enseignants. En pompier incendiaire, Macron avait lui-même appelé les Français à se "réconcilier", le 17 août, fustigeant la "résignation", à l’occasion de la célébration du soixante-quinzième anniversaire de la Libération, à Bormes-les-Mimosas, sur son lieu de vacances. C'est dire combien la maison France est ébranlée.

Dans les jardins de l'hôtel de Rochechouart du 110 rue de Grenelle à Paris, un lieu de rassemblement des enseignants en colère, Jean-Michel Blanquer a souhaité "renouer le dialogue" qu'il n'a pas ouvert, un reproche des syndicats d'enseignants, pour restaurer... "leur bien-être au travail". Il a placé sa troisième rentrée scolaire sous le signe de la "réussite" et de la "maturité", propos consensuels et creux. "Nous arrivons à l'étape de la mise en œuvre des mesures", a-t-il observé, rappelant, non sans maladresse, que l'étape de la concertation a été escamotée, et se gardant de faire l'annonce de nouvelles réformes. Cette nouvelle année scolaire ne suffira pas, en effet, à mettre en place les changements prévus par sa loi.

Quelles sont les  les principales nouveautés de cette rentrée 2019 ?

Le gouvernement focalise ses efforts sur les élèves du premier degré. 
"Une situation anormale a perduré pendant trente ans : alors que les dépenses françaises pour l'école primaire étaient inférieures à la moyenne des pays de l'OCDE, celles pour l'enseignement secondaire étaient supérieures à cette moyenne", rappelle le ministre, bien qu'il ait été numéro 2 du ministère, en qualité de directeur général de l'enseignement scolaire auprès du ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, de 2009 à 2012. La décision de rééquilibrer ce budget n'a rien de nouveau : "améliorer l'égalité des chances" pour permettre à tous les enfants de maîtriser les savoirs fondamentaux. C'est un "marronnier" pluri-centenaire de l'Education nationale.

A partir de cette année, l'âge de l'instruction obligatoire est abaissé à 3 ans, au lieu de 6 ans jusqu'à présent, ce qui ne signifie pas école obligatoire dès cet âge, puisque certains de ces enfants sont maintenus en famille où les parents peuvent assurer cette instruction eux-même.  
97 % des enfants étant déjà scolarisés en école maternelle, 26.000 élèves supplémentaires sont théoriquement concernés, sachant que les familles musulmanes fondamentalistes préfèrent garder le plus longtemps possible leurs enfants à distance des mécréants, notamment leurs petites filles. 

Autre mesure, l'amélioration discriminante du taux d'encadrement en premier cycle. Amorcé à la rentrée 2017, le dédoublement des classes de CP et de CE1 des quartiers défavorisés en Réseau d'éducation prioritaire (REP et REP+ : en collège - associé à une ou plusieurs écoles primaires du secteur - , la proportion d'élèves est actuellement de un sur cinq, dans ces anciennes ZEP (Zones d'éducation prioritaire) depuis la rentrée 2015) se finalise pour cette rentrée. L'ensemble des 300.000 enfants concernés est désormais réparti dans ces classes limitées à 12 élèves
Selon le ministère, 10.800 classes ont au total été créées. Le dispositif doit progressivement s'étendre aux classes de grande section des mêmes zones dès la rentrée 2020. A terme, l'ensemble des classes de grande section, CP et CE1 de l'Hexagone devraient voir leurs effectifs limités à 24 élèves. 

Troisième mesure, annoncée par Macron, aucune école ne sera, à partir de cette année, fermée sans l'accord du maire. Enfin, 2.300 postes de professeurs des écoles ont été créés.

Cette année, 23.500 élèves en situation de handicap supplémentaires intègrent un établissement scolaire, venant s'ajouter aux 340.000 élèves déjà scolarisés. Pour les soutenir, 4.500 ETP (équivalents temps plein) d'accompagnants (AESH) ont été créés. Quelque 3.000 Pial (pôles inclusifs d'accompagnement localisés) ont été fondés pour apporter une réponse plus rapide et plus personnalisée aux problématiques de ces élèves. "Avant, l'élève attendait d'avoir un AESH pour aller à l'école; désormais, lorsqu'il ira à l'école, il sera attendu par un AESH", a assuré le ministre. 

Réforme du baccalauréat, donc restructuration des études au lycée

Très contestée par les enseignants, cette réforme du bac est amorcée cette année avec la
mise en place d'une nouvelle organisation en première. Les lycéens qui intègrent cette deuxième année de lycée seront les premiers à l'expérimenter. Pour eux, finies les séries S, ES et L. 
En plus d'un tronc commun de 16 heures, les lycéens arrivant en Première ont pu opter à la fin de la seconde pour trois spécialités d'une durée de 3 heures parmi au moins sept disciplines proposées, puis deux d'une durée de 6 heures en terminale. Les mathématiques, la SVT et les sciences physiques ont été regroupées dans un enseignement scientifique, reconstituant ainsi la série S. Les lycéens ont aussi pu choisir une option dès la première. Un temps d'aide à l'orientation est prévu dès la seconde.

Le déroulement du bac est, lui aussi, entièrement revu : il est rendu inégalitaire et bidon. 
Amorcée en français à la fin de la première, l'évaluation par le contrôle continu, sera étendue à tous les lycéens : les candidats ne passeront plus que quatre épreuves finales et nationales à la fin de la terminale, qui constitueront 60 % de la note finale de l'examen : la philosophie, les deux spécialités et un oral. Dans la réalité, ces 60% là sont amputés de la dernière épreuve, d'une durée de 20 minutes, puisqu'elle reposera sur la présentation d'un projet élaboré en cours et au domicile, dès la première, et traitera d'un thème lié aux spécialités. Elle sera composée d'une présentation de ce projet et d'un échange avec les deux professeurs formant le jury, des enseignants du lycée fréquenté par le candidat. Les autres épreuves évaluées en contrôle continu constitueront donc plus des 40 % de la note

C'est dire que le baccalauréat national est mort.
Le diplôme de fin d'études au lycée devient inégalitaire : il sera décerné par des professeurs intéressés à la bonne réputation de leur établissement (et de leur propre enseignement) qui seront enclins à produire des sujets sans prise de risque et à surévaluer - librement ou par la contrainte - sous la pression des fédérations de parents d'élèves et de leur hiérarchie. Pour apaiser les désaccords avec les enseignants, un comité de suivi a été mis en place pour prévoir des... aménagements. Les lycéens sont ainsi pris en otages.

Après l'agression de plusieurs enseignants, le plan interministériel contre les violences scolaires est mis en œuvre dès septembre : effectifs de policiers renforcés autour des établissements sensibles, mise en place d'une convention Education nationale-Justice-Intérieur-Agriculture et Alimentation dans chaque département, instauration d'un référent violence dans chaque académie, simplification des procédures des conseils de discipline, renforcement des sanctions et possibilités d'affecter en classe relais les éléments les plus perturbateurs sans l'accord des parents sont autant de mesures destinées à renforcer la sécurité des enseignants. Mais aussi celle des élèves entre eux.

mardi 1 septembre 2015

Ce que nous réserve cette rentrée scolaire 2015

C'est la rentrée scolaire pour 12 millions d'enfants

Après les professeurs, 
c'est aux 'apprenants' de reprendre le chemin de l'école mardi: plus de 12 millions d'enfants, le cartable au dos, de collégiens, sac à dos en bandoulière ou de lycéennes, 'baise-en-ville' au poignet, retrouvent camarades de classe, tableaux noirs électroniques et enseignants  animateurs de temps scolaire.

La ministre de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem, a voulu marquer cette rentrée de son empreinte populiste véhiculée par la sémantique gouvernementale, dupliquée par les media: la maternelle, spécificité française, est définie comme "une école bienveillante"Quant aux autres niveaux...
Le ton est donné, à défaut de concret. Quelques nouveautés seulement, mais pas de révolution: la ministre doit encore imposer sa réforme des rythmes scolaires qui peine en effet à se mettre en oeuvre, faute d'écoute des collectivités locales et donc d'évaluation de sa faisabilité. 
Toutes les communes ne disposent des moyens financiers de son application, puisque les élèves élèves du primaire sont remis aux mains de l'institution scolaire soit le mercredi matin, soit le samedi matin. Pour les mairies, le coût à supporter n'est pas le même quand les 24 heures hebdomadaires d'apprentissage sont étalées sur 4,5 jours, soit 9 demi-journées, au lieu d'être regroupés sur une semaine de quatre jours, comme c'était le cas depuis 2008. Les éléments de langage ministériels véhiculés par la presse assurent que la journée de classe est allégée mais, de 144, le nombre de jours d'école passe à 180 par an... Sur le terrain, la chronobiologiste Claire Leconte observe  que la réforme "rigidifie les temps scolaires" et crée un découpage strict qui "n'existait plus depuis Jules Ferry". Elle dénonce le fait que le matin, les cours ne doivent pas durer plus de trois heures et demie, sauf dérogation. "Or, c'est justement dans la première partie de la journée que les élèves mémorisent le mieux", regrette-t-elle dans Le Monde.Avec de faibles budgets, les communes - rurales notamment- s'inquiètent surtout du coût de la réforme. En dehors des aides insuffisantes de l'Etat (part forfaitaire de 50 € par élève et le cas échéant la majoration forfaitaire de 40 € par élève pour les communes éligibles à la dotation de solidarité rurale "cible") et, éventuellement, de la Caisse d'allocations familiales (CAF), elles doivent financer les nouvelles activités et les salaires des animateurs. Elles doivent veiller à éviter la rupture d'égalité républicaine entre villes riches et pauvres dont la réforme est porteuse. L'organisation est aussi pointée du doigt. Les communes rurales mettent en avant les difficultés liées au ramassage scolaire, par exemple. Ils dénoncent aussi des tensions dans le partage des locaux entre enseignants non formés et animateurs inadaptés.
Enseignants, professionnels de la médecine scolaire et parents pointent fatigue des enfants et "confusion" entre temps scolaire et périscolaire. Les premiers dénoncent aussi un bouleversement de l'organisation de leur temps de travail, les seconds de l'organisation de leur vie personnelle. Des changements difficiles à appréhender, et dont l'utilité reste floue, selon eux.
Seuls les plus petits ont droit à de nouveaux programmes, axés sur le vocabulaire, le jeu et la socialisation.  

Dans le secondaire, arrivent les nouveaux programmes d'enseignement moral et civique (EMC)

Du CP à la terminale, ils doivent être plus combatifs que l'éducation civique et formater les esprits par le biais de débats encadrés et la transmission d'argumentaires officiels, inspirés de la "pensée unique".

Les élèves de l'école élémentaire subiront une heure par semaine et ceux du secondaire une heure tous les 15 jours, un horaire spécifique, assuré majoritairement par les professeurs d'histoire et géographie mais pas uniquement. Les associations militantes jusqu'ici tenues à distance du havre scolaire seront sollicitées et pénétreront le monde protégé des mineurs. La ministre de l'Education prend prétexte des attentats islamistes de janvier par des djihadistes français, pour la mise en oeuvre  de l'EMC le plus rapidement possible.

Pour "engager le dialogue avec les parents", ces derniers vont être "incités à signer la charte de la laïcité". C'est une première théorique si des mesures contraignantes ne sont pas prises pour inciter les familles à ne pas transgresser les règles du vivre ensemble. Cet acte tend à "repérer s'il y a difficulté". Dans ce cas, le personnel enseignant pourra dénoncer son non-respect en signalant les transgressions aux "référents laïcité" présents dans chaque académie, a déclaré, lors d'un déplacement à Dijon lundi, la ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem, consciente pourtant des obstacles à franchir (classe, chef d'établissement et échelon académique), des délais qu'accumule l'institution lourdement hiérarchisée et de la faible capacité de réaction du système.
"Notre faiblesse de ces dernières années a été de chercher à imposer (la laïcité) plutôt que de l'expliquer", a admis la ministre, qui se rend mardi, avec le président François Hollande, à l'école de Pouilly-sur-Serre (Aisne), un village d'un demi-millier d'habitants, qui fut donné par Clovis à Saint Rémi, l'un des patrons catholiques.

Sans oublier...

L'exécutif est frappé d'autisme chronique : ni l'Élysée ni le ministère ne répond aux doléances des professeurs sur l'enseignement du latin.

Les établissements français accueillent pour cette rentrée plus d'élèves que l'année précédente


2,2 millions de lycéens, soit 40.000 de plus, et 6,8 millions d'écoliers (+27.300). Seul le collège voit ses effectifs reculer, d'environ 27.000, à 3,3 millions. 
Les parents d'élèves ont de bonnes raisons de craindre des effectifs trop importants dans certaines classes évidemment, au lycée notamment
comme l'a rappelé la semaine dernière la PEEP, une des fédérations des parents d'élèves.
A Saint-Denis, en banlieue parisienne défavorisée gérée de longues années par Claude Bartolone, un groupe formé d'un parent, d'un élu communiste de la mairie  et d'un enseignant de la FCPE devait être présent le premier jour d'école devant les 35 groupes scolaires de la ville pour s'assurer que l'Éducation nationale a remédié aux carences constatées lors de la rentrée précédente (20 classes sans enseignants et 74 contractuels sans formation pour cette seule ville).

En matière de rythmes scolaires, la situation s'est apaisée dans nombre de villes -à Marseille, l'une des moins convaincues, la mairie assure que "tout est prêt". Mais 18% des communes n'ont toujours pas signé de projet éducatif territorial (PEDT), condition sine qua non pour avoir droit aux fonds de l'Etat pour financer les activités périscolaires, a indiqué lundi la ministre.

La véritable épreuve du feu a lieu mardi pour les 855.000 professeurs qui ont effectué leur pré-rentrée dès le mois d'août, lundi.

Un site militant publie une série de recommandations à destination des moins expérimentés que les écoles supérieures du professorat et de l'éducation (ESPE) ont agréés à défaut de les mettre en situation de réussite: "Présentez-vous (je vous conseille de dire que vous êtes professeurs et non professeurs-stagiaires)", "vérifiez que la classe est occupée de façon équilibrée et interdisez que les premiers rangs soient vides"... 

A Montauban (Tarn-et-Garonne), la préfecture a annoncé le report de la rentrée, pour permettre aux services techniques de vérifier l'état des écoles de cette ville de quelque 100.000 habitants, après les violents orages de la nuit. "Les collèges et lycées seront ouverts sur décision du chef d'établissement en fonction de l'état des bâtiments", précisent les autorités.

Menace de grève de l'éducation nationale et des fonctionnaires

le 8 octobre 2015
Mobilisation et perturbations en vue dans toute la France.

60.000 postes à créer dans l'Education: encore une promesse de Hollande difficile à tenir

"Menteur, François Hollande ! Menteuse Najat Vallaud-Belkacem ! Vous n'avez pas créé 60.000 postes dans l'Education nationale !" 

La dénonciation de Jean-Luc Mélenchon sur la promesse-phare de François Hollande 
 dimanche a porté

La ministre de l'Education, Claudine Dupond  Najat Vallaud-Belkacem, a répliqué  au co-fondateur du Parti de gauche en daubant sur l'avenir. "Il faudrait que Jean-Luc Mélenchon grandisse, et se grandisse, parce qu'à ce stade, je me demande qui il n'a pas insulté, entre les Allemands, les journalistes, les Bretons, les électeurs qui ne sont pas d'accord avec lui...", a esquivé cette spécialiste de la polémique, avec Pruneau Le Roux et Stéphane Le Foll, Najat Vallaud-Belkacem, lundi, sur France Inter. 
"La promesse-phare des 60.000 sera bel et bien respectée, a-t-elle prétendu. Nous avons les moyens qui nous permettent d’être à la hauteur de nos ambitions."

Najat Vallaud-Belkacem : "Je me demande qui... par franceinter
Sur les 54.000 postes dévolus à la seule Education nationale (le reste est attribué à l’enseignement supérieur et de l’enseignement agricole), la moitié a déjà vu le jour, soit 35.200 postes créés depuis 2012, a soutenu au contraire Najat Vallaud-Belkacem. "Cette année scolaire, nous avons pourvu 100 % des postes ouverts dans le premier degré, et 90 % des postes ouverts dans le second degré, a affirmé la ministre. 
Mieux (ou pire !), les 35.200 postes créés ne sont pas tous des postes d'enseignants... Un bon nombre sont des personnels d'encadrement, dans le meilleur des cas, voire des agents de service...

Mélenchon ne pointe qu'une partie de la vaste esbroufe de la ministre

Jean-Luc Mélenchon souligne  que sur les 60.000 créations de postes promises, " il n’y en a que 4.000 à peine, tout le reste ce sont des stagiaires qui ont été recrutés, et ils ne passent qu’un tiers de leur temps devant les élèves," fait-il à juste titre valoir.

Près d'un  poste de prof sur quatre non pourvu aux concours du secondaire

"Il y a encore des difficultés "
, a dû concéder la maquilleuse,
 comme en mathématiques. "Mais ça va mieux que l’année précédente", a-t-elle estimé.

A la vérité, les concours de professeurs 2015 n’ont pas permis de pourvoir 23 % des postes ouverts dans le secondaire, selon les calculs des syndicats de la FSU (5e syndicat français derrière la CGT, la CFDT, FO et l'Unsa), pour lesquels il est urgent de revaloriser les salaires et de recruter plus en amont dans les études.

Tous concours confondus (agrégation, Capes, Capeps -sport-, CPE…), ce sont 4.912 postes qui ne sont pas pourvus à cette session, indiquent  dans un communiqué commun le Snes-FSU, syndicat du secondaire très marqué à gauche, le SNU.EP-FSU (enseignement professionnel) et le Snep-FSU (éducation physique). Ce chiffre est susceptible d’augmenter après élimination des doublons, un même candidat pouvant réussir plusieurs concours, précisent-ils.

Mais la ministre socialiste nie:
" il n’y a pas de crise de vocation. Il faut arrêter de porter ce message," gronde-t-elle, l'oeil noir.

"Le tempo actuel est insuffisant"


Deuxième organisation syndicale de la fonction publique d'État, derrière Force ouvrière, la FSU considère que "le compte n’y est pas". La fédération ne fait absolument pas le même décompte que l’ex-candidat à la présidentielle. La FSU ne conteste pas les 35.200 postes créés, selon la ministre, puisque cette fédération syndique la plupart des métiers de la Fonction publique d’État et de la Fonction publique Territoriale, y compris Pôle emploi, les secteurs associatifs et... la Caisse des dépôts et consignations ! 
La critique du principal syndicat du secondaire se place sur un autre terrain, à savoir que le gouvernement ne va pas assez vite: la fédération syndicale ne met pas un euro sur la victoire de la gauche en 2015 et en 2017 et craint donc de manquer le coche. "Nous pensons qu’on ne va pas y arriver, estime la co-secrétaire générale du SNES-FSU, Frédérique Rolet. Il y a 8.500 emplois nouveaux prévus au projet de budget 2016. Il en faudrait au moins 11.000 pour réaliser la promesse des plus de 22.000 qui restent à créer."


Discours similaire au SNUipp-FSU, le syndicat hégémonique du primaire, où son secrétaire général Sébastien Sihr regrette qu’on ait "créé 9.000 postes dans le primaire sur les 20.000". Sans vouloir faire de " procès au gouvernement", le SNUipp "tire la sonnette d’alarme car le tempo actuel est insuffisant". 

Le SE-UNSA, deuxième syndicat enseignants, n’est pas aussi alarmiste, mais fait part de ses craintes sur la scolarisation des moins de trois ans - "seul un tiers des 3.000 postes envisagé d’ici à 2017 a été créé", a calculé le syndicat. 

Quant à l’autre dispositif clef de la réforme de l’école poussé par le gouvernement, qui vise à prévoir plus d’un maître par classe (co-intervention, ci-dessus)) dans les établissements difficiles, on est "très loin de l’objectif final", poursuit encore le SE-UNSA. Soit moins de 2.500 postes créés sur les 7.000 attendus d’ici à 2017.
Les syndicats ont décidé de lancer une journée de mobilisation interprofessionnelle le jeudi 8 octobre 2015



Grève pour l’emploi et le pouvoir d’achat à l’appel de la CGT, la FSU et Solidaires.
Cette grève se déroule en pleine discussion du budget 2016, avec pour objectif de faire pression sur le gouvernement.

Les grévistes du 8 octobre 2015 réclament "une réorientation de tout ou partie des 19 milliards de baisse de prélèvements encore à voter en direction des ménages ou des collectivités",  précise Le Figaro.
Les syndicats veulent un ciblage des allègement de charges sur les entreprises qui jouent le jeu en matière d’emploi. 
Les perturbations de la grève affecteront les écoles, cantines et fonction publique.


mardi 18 août 2015

L'allocation de rentrée scolaire (ARS) n'est pas revalorisée en 2015

Combien vos enfants vous rapporteront-ils 

Le versement de l'allocation de rentrée scolaire (ARS) doit commencer à partir de ce mardi. 

Un cartable par an et
toute transmission au puîné interdite 
Les bénéficiaires ne pourront pas compter cette année sur une augmentation du montant de l'allocation de rentrée scolaire. Plus de 3 millions de familles sont concernées. Des baskets pour frimer dans la rue, mais à ménager en sport, un blouson ou jeans de marque, la calculette dernier cri pour contourner l'apprentissage de la table de multiplication, un dictionnaire anglais-français pour conforter l'idée fausse qu'une langue est une simple suite de mots, mais pas de dictionnaire de latin depuis cette année !... Il faut d'ailleurs être un journaliste de plus de cinquante ans (éventuellement bac +5 ?) pour croire encore à l'utilité du dictionnaire à l'heure de l'internet. Et du cartable ? Les Conseils départementaux ont fait passer les collégiens de Lozère (et d'ailleurs) aux clés numériques et les lycéennes l'ont jeté aux orties au profit d'un baise-en-ville  sac à main de bourgeoise du siècle passé.  
Ce serait donc la liste des dépenses -essentiellement vestimentaires- , car on ne parle même plus guère de cahiers (ou de quelques feuilles de classeurs), auxquelles sont "soumis" chaque année les parents pour la rentrée scolaire ou pour tenir compte, de toute façon,  de la croissance physique de leurs enfants. La solidarité nationale rhabille les enfants...

Prévu pour ce mardi 18 août, le versement de l'Allocation de rentrée scolaire (ARS) arrive donc comme une manne pour des familles qui cumulent ainsi une quantité d'aides et allocations que ne soupçonnent pas les contribuables, qu'elles tombent de la CAF, du Conseil départementale ou de la Mairie. 

De combien pourrez-vous bénéficier (ou non) ?  
Sur le site de la Caisse d'allocations familiales (CAF), les montants pour la rentrée 2015 sont les suivants : 
Pour les enfants de 6 à 10 ans : 362.63 euros (362 euros à...  6 ans: pour retapisser sa chambre ? Et chaque année !) 
Pour les enfants de 11 à 14 ans : 382.64 euros (20 euros de plus pour faire face aux besoins d'un ado de 14 ans...) 
Pour les "enfants" de 15 à 18 ans (ce sont au mieux des ados et au pire des adultes qui ont dépassé l'âge minimum de l'Instruction obligatoire, fixé à 13 ans): 395.90 euros. 

Versée chaque année à près de trois millions de familles

Le montant des allocations familiales reste inchangé par rapport à l'année dernière. L'association Familles de France s'en désole. "Avec une hausse du coût de l'énergie [l'argumentaire type de Familles de France n'a visiblement pas été réactualisé], de la taxe d'habitation, qui n'est compensée par aucune augmentation en matière d'allocation de rentrée scolaire, on ne peut que constater un différentiel négatif, particulièrement néfaste pour les familles qui dépendent de ces aides", grince Thierry Vidor, directeur général de l'association qui semble tombé de la lune et n'avoir pas suivi les cours du pétrole (de schiste) pendant ces derniers mois. 

Conditions d'attribution 
Pour être éligible à ces prestations familiales, les ressources de l'année 2013 ne doivent pas dépasser le plafond disponible sur le site de la CAF
24.306 euros pour un enfant à charge 
29.915 euros pour deux enfants à charge 
35.524 euros pour trois enfants à charge. 
Le montant du plafond augmente ensuite à 5.609 euros par enfant supplémentaire.

Aucune preuve de scolarisation n'est exigée
L'ARS est versée dès que la CAF est assurée que l'enfant, l'étudiant ou l'apprenti est scolarisé, pensez-vous ? Mais le versement n'est nullement conditionné par l'envoi de la preuve de la scolarité de l'enfant. Depuis 2014 (!), le versement de l’ARS devient plus simple grâce à la suppression du certificat de scolarité pour vos enfants de 16 à 18 ans: il vous suffit de déclarer leur situation scolaire en ligne, directement sur l’espace "Mon Compte" du caf.fr, ou sur l’application mobile « Caf - Mon compte"... Une incitation à frauder la CAF ?
Ce qui ne nous épargne pourtant aucune déclaration démagogique sur le coût de la scolarisation de "nos chères petites têtes blondes", expression complètement désuète, en l'occurrence.

vendredi 30 mai 2014

Education: la méthode Hamon inquiète les démocrates

Le ministre de l'Education adopte-il des procédés totalitaires? 

Hamon a la rigidité et l'autoritarisme des êtres faibles et limités


Un air de Kremlin
Le jour où un rapport annonce une nouvelle baisse du niveau à l'école, le ministre s'occupe du mobilier scolaire. Est-il déphasé ou d'un autre temps, celui des blouses grises? Un rapport de la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (oui, de la performance !) du ministère de l'Éducation nationale annonce une baisse sensible des acquis en début de CE2 entre 1999 et 2013. Il sort ainsi du déni et annonce non seulement que le vocabulaire, l'orthographe et la plupart des problèmes mathématiques sont moins bien maîtrisés que par le passé, mais que le nombre d'élèves en situation de faiblesse s'est accru de 25 % et que fait le ministre de l'Éducation nationale à bac +3 ? Benoît Hamon prend la parole au colloque "Refondation de l'école : une question pour le design" organisé par ses services. Ce télescopage des priorités entre le niveau des acquis et la forme des tables et des chaises ressemble à un mauvais gag hollandien.

Conclure que Hamon se cantonne aux sujets qui ne fâchent pas serait mésestimer sa capacité à tromper son monde. Au moment même où les signaux d'alarme se multiplient, certes il a assoupli la réforme des rythmes scolaires, le 8 mai, pour ne contrarier, et finalement ne satisfaire, personne et il a reporté d'une journée -sous la contrainte- la rentrée scolaire, pour câliner la FSU, le syndicat dominant d'enseignants de gauche qui refusaient de travailler un jour en août. Mais ce qui n'est pas médiatisé révèle sa duplicité toute soviétique.


La méthode coercitive prévaut sur le dialogue annoncé

Dès son arrivée à Matignon,
Manuel Valls annonce une remise à plat de la réforme dans son discours de politique générale et Benoît Hamon s'empresse alors de communiquer sur sa capacité "d'écoute", son "habileté" à résoudre ce dossier sur lequel son prédécesseur est allé s'empaler.
Le décret du 8 mai a en fait ouvert une brèche dans laquelle certains élus UMP se sont immédiatement engouffrés pour réclamer un report, voire un abandon de la réforme. Le 2 mai, une trentaine de maires du Rhône ont ainsi déposé auprès des services du Premier ministre un recours en illégalité contre la réforme des rythmes. Quatre recours en illégalité sont toujours examinés par le Conseil d'Etat. 

Mais les procédés du ministres ne sont pas aussi consensuels qu'ils paraissent, mais totalitaires.
Ainsi, le préfet des Hauts-de-Seine attaque-t-il deux communes pour leur refus d'appliquer la réforme des rythmes scolaires. Du jamais vu à l'Ouest de l'Oural.  Pour ce dossier serpent de mer pendant près de deux ans, Hamon a décidé de passer en force, en pesant, dans la pénombre, sur les leviers discrets de la préfectorale.
La publication d'un nouveau décret autorisant l'enseignement sur huit demi-journées au lieu de neuf et la reconduction du fond de péréquation sont donc les limites à ne pas dépasser. Or, certains maires, dans le Rhône et en région parisienne, résistent encore et se disent décidés à ne pas appliquer la réforme. Ni on dialogue, ni on transige, on frappe.

En région parisienne, le préfet des Hauts-de-Seine a déposé lundi deux référés devant le tribunal administratif contre les communes d'Asnières et de Levallois-Perret. Dans ces deux communes de droite, les délibérations des conseils municipaux dénoncent la réforme. Alors Hamon a chargé son directeur de cabinet, Bertrand Gaume, d'inciter les préfets à déclarer illégale toute délibération d'un conseil municipal refusant d'appliquer la réforme qu'ils devaient financer. Les communes ont jusqu'au 6 juin pour remettre leur projet aux Directeurs académique des services de l'Education nationale (Dasen).
Retour au stalinisme
Interrogé par La Gazette des communes (groupe Moniteur) sur la résistance des maires, Benoît Hamon a jugé qu'"un maire ne peut pas plus faire obstacle à ce qui ne relève pas de sa compétence, de ses prérogatives et de son pouvoir (le temps scolaire) qu'un ministre ne peut obliger les communes à organiser le temps périscolaire".

Un sondage sur mesures affiche un retournement suspect de l'opinion

La méthode Hamon n'est pas frontale mais insidieuse et l
e ministère sort la cavalerie légère. Le ministère de l'Education nationale a aussi sec commandé un sondage et l'entreprise CSA assure tout-à-coup ce vendredi que 69% des Français seraient favorables à la réforme. Les sondés sélectionnés par CSA estiment que la concentration des enseignements le matin est devenue bénéfique pour l'apprentissage. 83% des Français restent toutefois persuadés que la réforme posera des problèmes d'organisation dans certaines familles, mais la presse aux ordres se chargera d'accuser les municipalités. Il y a seulement six mois, un précédent sondage CSA indiquait à la mi-novembre 2013, que 65% des parents d'enfants scolarisés en primaire souhaitaient un abandon de la réforme. Ainsi suffisait-il d'y mettre le prix. 

Ces enquêtes ne jurent d'ailleurs pas que les mesures prises par Benoît Hamon ont aidé à faire accepter la réforme par une plus large partie de l'opinion. Elles font aussi l'impasse sur la proportion d'enseignants opposés à cette nouvelle organisation du temps scolaire. Les sondages servent clairement à travailler les esprits et ne laissant entrevoir qu'une partie de l'iceberg. La comparaison de ces deux enquêtes visent à montrer qu'en matière d'acceptation d'une réforme le temps et l'argent travaillent plus efficacement  que le dialogue et la concertation politiques.

Le gouvernement s'est pris au piège d'une communication à double fond
Il a commis l'erreur de penser qu'il pouvait lâcher du leste sur les modalités d'application de la réforme et tenir un discours volontariste sur l'absence de "recul" sur ce dossier. Les élus l'ont bien compris, mais Hamon est prêt à tout: pour lui, tous les moyens sont bons.

vendredi 16 mai 2014

Rentrée 2014: Benoît Hamon rétropédale face aux enseignants

Hamon décale la rentrée d'une journée pour satisfaire les enseignants

Le ministre bac+3 détricote Peillon: il repousse au 1er septembre la "pré-rentrée" des enseignants
fixée au 29 août par Peillon. 

Chez les uns le nez s'allonge,
chez lui, les oreilles s'élargissent
Les élèves rejoindront l'école le mardi 2 septembre. Une décision que la presse socialiste présente comme un "cadeau" du ministre au SNES-FSU, syndicat hégémonique d'enseignants, mais qui constitue une première reculade grave: le ministre se soumet aux professeurs et suscite l'incompréhension des parents.

Les parents des 12 millions d'élèves français ont appris la nouvelle aujourd'hui, de la bouche du ministre de l'Éducation. Leur rentrée aura lieu un jour plus tars, le mardi 2 septembre, et non le lundi 1er, comme le prévoyait le calendrier scolaire arrêté en janvier. 
"En cette période de déception et de défiance croissante vis-à-vis de l'école, ce n'est pas un bon signe envoyé aux parents", déplore Valérie Marty, la présidente de la PEEP, fédération modérée de parents, voire molle et imprévisible, qui pointe au passage les difficultés matérielles que ce changement va provoquer. "Le calendrier scolaire, c'est cauchemardesque. Il y a toujours une contrainte supérieure à une autre", poursuit-elle, évoquant au passage l'industrie du tourisme et le casse-tête du zonage.

Le SNES se félicite d'avoir fait plier le camarade ministre

Benoît Hamon inaugure sa fonction en se soumettant aux enseignants,  leur concédant une pré-rentrée le 1er septembre, plutôt que le 29 août. C'est par le biais d'un tweet du puissant SNES co-gestionnaire du ministère de l'Educationue la communauté éducative a appris le 15 mai ce décalage, permettant de préserver ce mois de vacances. 


Dans un contexte de campagne pour les élections professionnelles  en décembre, le syndicat d'extrême gauche du second degré menaçait il y a quelques jours de déposer un préavis de grève pour le 29, ralliant ainsi le Syndicat national des lycées et collèges (SNALC) qui appelait dès février) un mouvement de contestation.

"Le ministre a entendu les personnels, et notamment ceux du secondaire, qui ont été les moins écoutés au moment de la refondation de l'école lancée par Vincent Peillon", commente Albert-Jean, vice président du syndicat.

Mais des représentants d'enseignants désapprouve la volte-face de Hamon
"Ce décalage est loin d'être un cadeau", assure Richard Michel, secrétaire adjoint du syndicat des personnels de direction (SNPDEN). "Cela ne va pas contribuer à redorer leur image auprès du grand public. Politiquement, le fait de ne pas respecter un calendrier est un mauvais signe envoyé aux usagers du service public", estime-t-il.

VOIR et ENTENDRE Hamon rivaliser d'hypocrisie avec des Le Roux et Royal. Il faut en effet l'entendre ici invoquer une démocratie moderne -sans qu'on voie bien le rapport- et des "conditions optimales" et l'incontournable "intérêt des ...enfants" valable en toute occasion !  


L'alibi de l'informatique 

Comble de l'hypocrisie, le ministre de l'Education a invoqué un motif informatique: un logiciel prévoyant une affectation des enseignants au 1er septembre. Juridiquement, les assurances ne les auraient donc pas été "couverts" le 29 août… "On va faire comme si on y croyait !", se gausse Paul Raoult, le président de la FCPE, la fédération de parents proche et complice de la FSU.

La question se pose maintenant de savoir si la journée du 1er septembre devra et sera rattrapée. Le ministre a répondu par l'affirmative. En l'état et réglementairement, il ne peut en faire l'économie, alors qu'il est question de réduire la durée des vacances. 
Mais quand cette journée perdu pourra-t-elle être casée? Les emplois du temps des enseignants et des élèves sont déjà émaillés de rattrapages divers et variés, le mercredi après-midi ou en fin d'année scolaire. Or, on sait que l'année s'achève quand se déroule le brevet des collèges, les 26 et 27 juin 2014, et du baccalauréat, le 16 juin cette année pour le bac S, alors que le calendrier officiel annonce une sortie des classes officielle le 4 juillet au soir.

Le projet de modification des rythmes scolaires prend un nouveau coup
Ministre dilaté de joie,  
face à Y. Barthès
"A l'heure où l'on parle de meilleure organisation du temps scolaire, ces histoires de rattrapages sont absurdes", lâche la présidente de la PEEP.
La FCPE, de son côté, s'oppose à l'idée même de ce rattrapage, pour les élèves. "En revanche, si les enseignants y sont tenus, sous forme d'une journée pédagogique (qui a effectivement lieu, ou non!), ils pourront peut-être réfléchir à une meilleure organisation des rythmes ?", ironise Paul Raoult.

Les parents devront trouver une solution de garderie pour le lundi 1er septembre
Sur le terrain, au-delà des postures politiques et positions syndicales, les enseignants semblent saturés par cette course après le temps. Cet électorat réputé à gauche sera-t-il reconnaissant au ministre de lui avoir laisser son mois d'août intact ? Au final, la FCPE et la FSU devraient trouver un point d'accord...