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lundi 13 juin 2016

Rixes à l'Euro 2016 : organisateurs et forces de l’ordre suspectés d’avoir minimisé le phénomène 'hooligans'

""Droit aux brutes, titre finement Libération

Les Anglais sont encore dans le coup


Des violences entre Russes et Anglais ont ravagé le centre de Marseille vendredi et samedi, mais organisateurs et forces de l’ordre ont sous-estimé le danger, puis minimisé les affrontements entre hooligans, phénomène loin d’être éradiqué, notamment en Europe de l’Est et en Angleterre. 

On croyait les images de 1998 définitivement remisées aux archives. Mais le premier week-end de l’Euro a rappelé que le hooliganisme sévit toujours. Vendredi et samedi, supporteurs russes et anglais ont à nouveau mis à sac le Vieux-Port de Marseille. Pluie de bouteilles, jets de chaises en quantité industrielle et tabassages à la barre de fer ont laissé le centre-ville KO. 

Une trentaine de blessés sont a délorer, dont quatre graves, sept personnes écrouées et dix déférées, pour des milliers d’euros de casse. 

Dimanche, la plupart des quotidiens titraient sur le camouflet infligé aux autorités françaises. 

La presse - qui a relayé la légende de la fin du hooliganisme - s’alarme maintenant des nombreux matchs à risque, notamment le Ukraine-Pologne du 21 juin attribués à… Marseille. 

De son côté, organisateur de l’Euro qui a fait confiance à la France, le comité exécutif de l’UEFA, a prévenu qu’il "n’hésitera pas à sanctionner plus lourdement les fédérations anglaise et russe, allant jusqu’à la disqualification de leurs sélections en compétition, si de telles violences venaient à se reproduire". 
Une procédure disciplinaire spécifique a également été ouverte contre la Russie pour des "perturbations" au Stade Vélodrome, un "comportement raciste" et le lancer de "fumigènes".

Un déficit d’anticipation des risques, malgré l' "état d'urgence" en vigueur 

Depuis de longs mois, le match Angleterre-Russie promettait de plonger Marseille en plein enfer. Antoine Boutonnet, le patron de la Division nationale de lutte contre le hooliganisme (DNLH), l’indiquait à Libération lors d’une entrevue réalisée il y a une quinzaine de jours : "Ce match est vraiment problématique", disait-il. Sachant cela, il est d’autant plus étonnant d’avoir assisté à de telles scènes de Far West.

La politique française anti-Poutine s'étale dans le parti-pris de la presse   
"Visiblement (?), c’est la stratégie ultra-rodée des hooligans russes qui a mis le feu aux poudres". "Il s’agissait de bourrins répartis en petits groupes. Ils frappaient simultanément et étaient très mobiles. On sentait une vraie expérience", témoigne un flic marseillais.
Ils seraient de plus entrés en France au compte-gouttes depuis la Suisse et l’Italie, ce qui a surpris le ministère français de l'Intérieur. A croire que l' "état d'urgence" est une mascarade. 

Quant aux Anglais, si 28.000 d’entre eux étaient présents au Stade-Vélodrome, environ le double a sillonné les pubs du Vieux-Port, sans billet pour le match. Cette frustration et cette errance expliquent-elles les heurts qui s'en sont suivis avec les Russes ? "L’enjeu, face à ce type de masses, est d’avoir une idée des volumes, explique-t-on au ministère de l’Intérieur. Mais c’est une science inexacte. La billetterie donne une indication fiable de la répartition dans les stades. Pour le reste, il faut envoyer des requêtes aux voyagistes, aux compagnies aériennes, mais on n’obtient jamais un comptage précis." Pas mieux de la part de la police de l'air et des frontières ?

Si un travail en amont a pu être mené avec les autorités britanniques - 2.000 passeports ont été confisqués par Londres aux hooligans fichés -, les échanges d’informations ont été plus lâches avec les autorités russes. Et les tensions diplomatiques y sont pour beaucoup, mais une collaboration difficile devait être envisagée. Dimanche, depuis le ministère défaillant, Pierre-Henry Brandet, le porte-parole de la Place Beauvau, a assuré que "ceux qui se sont livrés aux actes de violence n’étaient pas connus des services de sécurité de leur pays".

Le maintien de l’ordre était-il au niveau de l'enjeu ?

Les ordres donnés aux forces de l'ordre ont envenimé la situation. Les rixes à peine terminées, Geoff Pearson, un expert britannique du hooliganisme, estimait que le maintien de l’ordre à la française, jugé trop rigide, avait contribué à échauffer les esprits : "La première interaction avec un fan de football ne devrait pas être un gazage ou un coup de matraque. S’il n’y a pas d’engagement positif avant, c’est que le policier a failli dans sa mission."

Le préfet de police de Marseille, Laurent Nunez, nie le bien-fondé des faits "Qu’est-ce que vous voulez que l’on aille dire à ces groupes ? Vous avez des milliers de personnes assises en terrasse en train de s’alcooliser dans le calme et, d’un coup, un groupe antagoniste arrive et ça part en rixe. Il suffit d’une étincelle. A quel moment voulez-vous qu’on intervienne ?", a-t-il confié, visiblement débordé. 

A Marseille, dix policiers anglais étaient déployés, en assistance. 
Parmi eux, se trouvaient les fameux "spotters", chargés d’identifier et de dialoguer avec les franges les plus agitées. Mais, comme les quatre unités de forces mobiles, ils ont un temps été dépassés, estime la presse française aux ordres. "Les incidents n’ont pas excédé une heure et demie", relativise Laurent Nunez, comme si le temps faisait beaucoup à l'affaire. 

S'ajoute la querelle des chiffres. Pour le Turquie-Croatie de dimanche après-midi au Parc des Princes, autre match classé "à risque", 1.500 policiers étaient mobilisés, 500 de moins que lors des PSG-OM du début des années 2000. Savoir si cette disparité ne serait pas en lien avec l'engouement moindre suscité par ce type de matchs...

Comment gérer la suite de la compétition ?

Bien que confrontée durant de longues années au hooliganisme, les autorités anglaises doivent continuer d'actionner plusieurs leviers qui n'ont donc pas fait la preuve de leur efficacité sur le long terme: un fichage draconien des éléments les plus violents, l’augmentation astronomique du prix des places et l’avancement de l’horaire des matchs. Ainsi, des Liverpool-Manchester de tout premier ordre se jouent parfois à l’heure du déjeuner.  L'objectif, puisque la consommation d'alcool n'est pas prohibée, est éviter que les supporteurs finissent les fûts de bière avant d’aller au stade. Cette parade est-elle une solution applicable à l'Euro ? Les horaires et la localisation des rencontres ont été figés dans le marbre à l’occasion d’un tirage au sort. Question d’équité, dixit l’UEFA.

Dès lors, de nombreuses voix s’élèvent pour interdire la vente d’alcool. Envisageable légalement, la mesure n’en est pas moins difficile à mettre en œuvre dans certaines villes. A Marseille, deux arrêtés avaient été pris pour interdire la consommation sur la voie publique, comme la vente aux abords du stade et de la fan-zone. Si, en cas d’arrêté d’interdiction généralisée, les grandes surfaces joueront le jeu, par crainte de contrôles plus faciles, les épiceries indépendantes, alléchées par une possible hausse du chiffre d’affaires, continueront probablement d’écouler les canettes sous le manteau. Dimanche, lors d’une déclaration à la presse, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a tout de même plaidé pour des "interdictions strictes dans des périmètres sensibles". Ce gouvernement en reste éternellement aux intentions, sans que viennent jamais les décisions. 

En outre, la Place Beauvau a annoncé des interdictions d'accès en des lieux précis - mesure permise par l’état d’urgence -, ainsi que des obligations de quitter le territoire français (OQTF) pour les hooligans impliqués dans des troubles à l’ordre public. 
De nouvelles interdictions de territoire pourraient également être prononcées. 

Or, pour la seule journée de jeudi, deux matchs à risque sont programmés : Angleterre-Galles à Lens et Allemagne-Pologne à Saint-Denis.

vendredi 30 mai 2014

Education: la méthode Hamon inquiète les démocrates

Le ministre de l'Education adopte-il des procédés totalitaires? 

Hamon a la rigidité et l'autoritarisme des êtres faibles et limités


Un air de Kremlin
Le jour où un rapport annonce une nouvelle baisse du niveau à l'école, le ministre s'occupe du mobilier scolaire. Est-il déphasé ou d'un autre temps, celui des blouses grises? Un rapport de la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (oui, de la performance !) du ministère de l'Éducation nationale annonce une baisse sensible des acquis en début de CE2 entre 1999 et 2013. Il sort ainsi du déni et annonce non seulement que le vocabulaire, l'orthographe et la plupart des problèmes mathématiques sont moins bien maîtrisés que par le passé, mais que le nombre d'élèves en situation de faiblesse s'est accru de 25 % et que fait le ministre de l'Éducation nationale à bac +3 ? Benoît Hamon prend la parole au colloque "Refondation de l'école : une question pour le design" organisé par ses services. Ce télescopage des priorités entre le niveau des acquis et la forme des tables et des chaises ressemble à un mauvais gag hollandien.

Conclure que Hamon se cantonne aux sujets qui ne fâchent pas serait mésestimer sa capacité à tromper son monde. Au moment même où les signaux d'alarme se multiplient, certes il a assoupli la réforme des rythmes scolaires, le 8 mai, pour ne contrarier, et finalement ne satisfaire, personne et il a reporté d'une journée -sous la contrainte- la rentrée scolaire, pour câliner la FSU, le syndicat dominant d'enseignants de gauche qui refusaient de travailler un jour en août. Mais ce qui n'est pas médiatisé révèle sa duplicité toute soviétique.


La méthode coercitive prévaut sur le dialogue annoncé

Dès son arrivée à Matignon,
Manuel Valls annonce une remise à plat de la réforme dans son discours de politique générale et Benoît Hamon s'empresse alors de communiquer sur sa capacité "d'écoute", son "habileté" à résoudre ce dossier sur lequel son prédécesseur est allé s'empaler.
Le décret du 8 mai a en fait ouvert une brèche dans laquelle certains élus UMP se sont immédiatement engouffrés pour réclamer un report, voire un abandon de la réforme. Le 2 mai, une trentaine de maires du Rhône ont ainsi déposé auprès des services du Premier ministre un recours en illégalité contre la réforme des rythmes. Quatre recours en illégalité sont toujours examinés par le Conseil d'Etat. 

Mais les procédés du ministres ne sont pas aussi consensuels qu'ils paraissent, mais totalitaires.
Ainsi, le préfet des Hauts-de-Seine attaque-t-il deux communes pour leur refus d'appliquer la réforme des rythmes scolaires. Du jamais vu à l'Ouest de l'Oural.  Pour ce dossier serpent de mer pendant près de deux ans, Hamon a décidé de passer en force, en pesant, dans la pénombre, sur les leviers discrets de la préfectorale.
La publication d'un nouveau décret autorisant l'enseignement sur huit demi-journées au lieu de neuf et la reconduction du fond de péréquation sont donc les limites à ne pas dépasser. Or, certains maires, dans le Rhône et en région parisienne, résistent encore et se disent décidés à ne pas appliquer la réforme. Ni on dialogue, ni on transige, on frappe.

En région parisienne, le préfet des Hauts-de-Seine a déposé lundi deux référés devant le tribunal administratif contre les communes d'Asnières et de Levallois-Perret. Dans ces deux communes de droite, les délibérations des conseils municipaux dénoncent la réforme. Alors Hamon a chargé son directeur de cabinet, Bertrand Gaume, d'inciter les préfets à déclarer illégale toute délibération d'un conseil municipal refusant d'appliquer la réforme qu'ils devaient financer. Les communes ont jusqu'au 6 juin pour remettre leur projet aux Directeurs académique des services de l'Education nationale (Dasen).
Retour au stalinisme
Interrogé par La Gazette des communes (groupe Moniteur) sur la résistance des maires, Benoît Hamon a jugé qu'"un maire ne peut pas plus faire obstacle à ce qui ne relève pas de sa compétence, de ses prérogatives et de son pouvoir (le temps scolaire) qu'un ministre ne peut obliger les communes à organiser le temps périscolaire".

Un sondage sur mesures affiche un retournement suspect de l'opinion

La méthode Hamon n'est pas frontale mais insidieuse et l
e ministère sort la cavalerie légère. Le ministère de l'Education nationale a aussi sec commandé un sondage et l'entreprise CSA assure tout-à-coup ce vendredi que 69% des Français seraient favorables à la réforme. Les sondés sélectionnés par CSA estiment que la concentration des enseignements le matin est devenue bénéfique pour l'apprentissage. 83% des Français restent toutefois persuadés que la réforme posera des problèmes d'organisation dans certaines familles, mais la presse aux ordres se chargera d'accuser les municipalités. Il y a seulement six mois, un précédent sondage CSA indiquait à la mi-novembre 2013, que 65% des parents d'enfants scolarisés en primaire souhaitaient un abandon de la réforme. Ainsi suffisait-il d'y mettre le prix. 

Ces enquêtes ne jurent d'ailleurs pas que les mesures prises par Benoît Hamon ont aidé à faire accepter la réforme par une plus large partie de l'opinion. Elles font aussi l'impasse sur la proportion d'enseignants opposés à cette nouvelle organisation du temps scolaire. Les sondages servent clairement à travailler les esprits et ne laissant entrevoir qu'une partie de l'iceberg. La comparaison de ces deux enquêtes visent à montrer qu'en matière d'acceptation d'une réforme le temps et l'argent travaillent plus efficacement  que le dialogue et la concertation politiques.

Le gouvernement s'est pris au piège d'une communication à double fond
Il a commis l'erreur de penser qu'il pouvait lâcher du leste sur les modalités d'application de la réforme et tenir un discours volontariste sur l'absence de "recul" sur ce dossier. Les élus l'ont bien compris, mais Hamon est prêt à tout: pour lui, tous les moyens sont bons.

jeudi 24 avril 2014

Ségolène Royal censure les décolletés: l' "'indifférenciation des sexes" fait du chemin au gouvernement

La ministre de l'Ecologie nie
Son personnel serait contraint de porter une tenue décente dans le ministère. 

Le retour de "Calamity Royal",
craint Le Point 

L'hebdomadaire Le Point révèle en effet que "la nouvelle ministre de l'Écologie interdit les décolletés, se fait systématiquement annoncer par un huissier et impose un règlement intérieur impitoyable..."

L'indifférenciation des sexes serait entrée en vigueur au ministère de la rombière.

Le personnel féminin est sous le choc: il a reçu l'obligation de porter une tenue décente dans les locaux du ministère de l'Ecologie, dont l' "interdiction des décolletés". Ségolène Royal impose-t-elle un code vestimentaire dans son ministère ?

L'ex-concubine de "Pépère" est depuis longtemps une mère-la-pudeur 
Sans que lui vienne à l'esprit le moindre risque d'assimilation en pleine polémique sur le voile à l'école laïque, Mémère avait fait diversion, dénonçant le port du string qu'elle avait jugé comme une "atteinte à la dignité de la femme". En 2003, au ministère de l'Enseignement scolaire, elle avait fait parler d'elle en bataillant non pas contre les violences urbaines, tels les dommages à abribus (cf. son fils défavorisé, Julien, vandale), mais contre…le bizutage. Elle affirmait aussi qu' "aux yeux des garçons, le string réduit les jeunes filles à leur postérieur [...] . et concluait: "Après, on s'étonne que les adolescentes soient victimes d'attouchements ou de violences sexuelles."  

Mais S. Royal a un sens affirmé et "juste" des priorités: contre les Femen aux seins nus, elle n'a en revanche jamais édicté aucun oukaze...

La sexagénaire nie en bloc

Ségolène Royal a d'abord admis qu'il existe bien un "règlement intérieur sur proposition des services, qui est destiné à l'interne et ne donne pas lieu à commentaires externes".Le sinistre
Quelques heures plus tard, la ministre a fini par démentir cette information catégoriquement dans deux tweets, dénonçant une "rumeur ridicule".

Retour du stalinisme? Co-working imposé et cigarette interdite dans les jardins 

"Calamity Royal" a  remonté le rideau de fer au gouvernement
Les règles du ministère de l'Ecologie sont désormais empreintes de totalitarisme. Le Point précise qu'aucun collaborateur de la ministre ne peut avoir un bureau à lui -ou elle- tout seul. Le sinistre Jean-Louis Bianco, 71 ans, conseiller spécial (?), s'est vu imposer le co-working, comme aux autres: il devra  partager avec un chargé de mission. En open-space ?

Enfin, le personnel n'a pas le droit de fumer dans la cour et le jardin du ministère si Ségolène Royal est dans les parages. 

Ses collaborateurs se sont vu interdire l'accès au couloir adjacent à la salle à manger de la ministre lorsque Sa Majesté Royal déjeune. 

Peu après sa nomination, L'Express écrivait déjà que certains collègues ministres de S. Royal ont été frappés par sa froideur distante: pour les saluer, l'ancienne candidate à la présidentielle, bien que battue à plate couture, leur tend la main et refuse désormais de faire la bise à ses collègues du gouvernement, ne leur accordant plus qu'une poignée de mains. 

A l'austérité, Mémère ajoute une couche de  puritanisme qu' il y a 50 ans l'austère Yvonne de Gaulle aurait certainement jugé ringard et rigide. Aujourd'hui, on dit liberticide.

L'information suscite des réactions diverses, entre stupéfaction et hilarité:


VOIR et ENTENDRE  Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des Femmes, qui ne peut se tenir de rire: