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mardi 7 juillet 2009

Le Parlement vote le "droit à la mobilité" des fonctionnaires

La gauche dresse aux fonctionnaires des barrières statutaires

Des magistrats ivres de cogestion

Les exemples ne manquent pas de procureurs qui s’incrustent pendant des années au même poste, au risque de se lier à la population, qui refusent une mutation et qui s’en prennent à leur ministre de tutelle.
Fin juillet 2008, le procureur Gérard Lesigne, dont le nom est tristement associé au désastreux procès d’Outreau, avait négocié sa mutation-sanction avec la chancellerie, mais les affrontements orchestrés par les syndicats de la magistrature d’opposition se sont généralisés ces dernières années, pour des raisons politiques.

Ainsi, fin 2007, le procureur général d’Agen, Bernard Blais, avait choisi de s’opposer à la Garde des Sceaux, qui l’avait promu avocat général à la Cour de Cassation, à 64 ans pourtant, et encore l’avait-elle maintenu dans sa région ! Muté contre son gré, il avait pu compter sur le soutien des magistrats militants.

-Juin 2009 : la promotion au poste d’avocat général, à la Cour de cassation contre son gré n’a pas l’heur de satisfaire Marc Robert, procureur général à la Cour d’Appel de Riom (Puy-de-Dôme) depuis… plus de neuf ans.

La nomination et la promotion des magistrats sont soumises à l’approbation du ministre de la Justice qui détient le droit de passer outre les propositions qui lui sont faites. Mais l’usage s’est gauchi au fil des ans sous la pression des syndicats, qui, comme dans l’Education Nationale, revendiquent la cogestion de l’administration de la justice et donc des carrières. Les pouvoirs des ministres, qui subissent les pressions et assauts des syndicats, sont devenus largement théoriques.
A cette entrave-là s'ajoute celle des statuts.

Les syndicats font obstacle à la parité

Le mouvement des magistrats participe du projet de réorganisation du corps des procureurs généraux, voulu par la ministre, qui souhaite le féminiser -seuls deux procureurs généraux sur 35 sont actuellement des femmes- et le rajeunir. La place Vendôme entend nommer systématiquement des femmes à la moitié des postes qui changent de titulaires. Mais les syndicats réactionnaires veillent… Les hommes ne sont pas prêts au partage !

Eric Woerth fait sauter les barrières statutaires

C’est dans ce contexte que les députés ont adopté mardi 7 juillet par 305 voix contre 169 le projet de loi destiné à accroître la mobilité des fonctionnaires.

En souffrance depuis plus d'un an, le texte du ministre du Budget et de la Fonction publique, Eric Woerth, instaure un "droit à la mobilité" en supprimant des barrières statutaires. Il systématise les possibilités de détachement et d'intégration de fonctionnaires dans des corps ou cadres d'emplois de niveau comparable. Ainsi, un attaché de la fonction publique territoriale pourra désormais être intégré dans la fonction publique d'Etat.

Des primes seront créées par décret pour encourager la mobilité.
Le projet de loi instaure aussi une indemnité de départ pour les agents souhaitant quitter la Fonction publique.

Le texte permet également le cumul d'emplois à temps incomplet,
ainsi que le recours à l'intérim -interdit aujourd'hui dans l'administration- ou à un agent contractuel pour remplacer un fonctionnaire absent.

Les syndicats réactionnaires s’opposent

La gauche et les syndicats se sont opposés à ce projet dans lequel ils voient une "restructuration déguisée".

Mais, déjà adopté par le Sénat le 29 avril 2008, le texte va maintenant être examiné par une commission mixte paritaire réunissant députés et sénateurs, en vue d'une adoption définitive d'ici le 24 juillet.

vendredi 26 juin 2009

Le procureur Marc Robert, martyr de Dati, et bientôt de MAM ?

Des magistrats menacent Alliot-Marie d’une plainte pénale

Les syndicats continuent à harceler les Gardes des Sceaux

A peine Michèle Alliot-Marie est-elle nommée au ministère de la Justice que des syndicats de magistrats la menacent d’une plainte pénale à propos de la mutation d'un procureur dans des conditions jugées par eux illégales : « aux confins» du délit pénal , selon Christophe Régnard (USM). Seulement « aux confins », en forçant le trait, mais sans être affirmatif…

Les syndicats relancent la co-gestion syndicale de la Place Vendôme

La lutte de pouvoir pour la gestion du ministère est relancée par les syndicats le jour même de la nomination de la nouvelle ministre place Vendôme. La publication au Journal officiel du décret de la promotion au poste d’avocat général, à la Cour de cassation contre son gré, de Marc Robert, procureur général depuis plus de neuf ans installé à la Cour d’Appel de Riom (Puy-de-Dôme), relance les velléités syndicales de reprise en main de la gestion des mutations.

=> Une mutation refusée soulève le problème de l’impartialité du Parquet
, lorsque ses substituts et procureurs restent aussi longtemps sur le même poste, avec le risque qu’ils créent des liens qui pourraient paralyser leur action et leur jugement.

Le SM (gauche) et l’USM (majoritaire) n’ont pas renoncé à leur gloire passée

Les deux principaux syndicats de magistrats se sont saisis de cette mutation emblématique du fait de la rébellion politique du procureur militant de 58 ans. Dans le passé, celui-ci s'était opposé frontalement à la Garde des Sceaux.

Ils jugent illégal cette mutation au prétexte que le décret mentionne un avis du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) qui n'aurait pu, selon eux, être « vraiment » rendu : le conditionnel ajouté à un prudent « vraiment » sentent très fort la polémique.
L'ancienne ministre de la Justice, Rachida Dati, est accusée d’avoir annoncé lors d'une réunion de ce même CSM le 4 juin, qu'elle retirait le dossier Robert de l'ordre du jour. Les syndicats ont demandé sans succès le procès-verbal de cette réunion. Bien qu’il ne soit pas officiellement en leur possession, ils assurent pourtant qu’il ne mentionnerait pas le retrait du dossier de l'ordre du jour.

Les syndicats concernés regrettent amèrement les jours anciens où ils procédaient eux-mêmes aux mutations au ministère de la Justice. Un autre exemple fameux entre tous est l’ère Bayrou au ministère de l’Education Nationale. La FSU, en ce temps-là, régnait en maître Rue de Grenelle et François Bayrou obtempérait aux décisions de Monique Vuaillat (cf. libellé PaSiDupes à son nom, secrétaire générale du SNES de 1984-1999, soit trois quinquennats de dictature syndicale, pendant laquelle le ministre François Bayrou fit la démonstration de sa soumission, de 1993 à 1997.

Aujourd’hui frustrés de leurs habitudes, ces syndicats conservateurs cherchent à mobiliser l’opinion en faveur de leur bonne vieille cogestion perdue. Ils se disent « mis au pas » et prétendent que le cas du militant Marc Robert "refléterait" la position d'un "parquet totalement asservi à la volonté de l'exécutif et un Conseil supérieur de la magistrature bafoué dans son fonctionnement constitutionnel".

Des syndicats qui se prennent pour toute l’institution judiciaire à eux seuls

"Cette affaire constitue une atteinte extrêmement grave à l'institution judiciaire, désormais soumise, en violation de tous les principes républicains, à l'arbitraire du pouvoir exécutif", disent dans un communiqué commun vendredi l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) et le Syndicat de la magistrature (SM, gauche). La soumission de l’institution judiciaire aux syndicats serait acceptable, mais le serait-elle au ministre qu’elle serait insupportable !

L'USM et le SM brandissent la menace

Ces magistrats supposés rendre sereinement la justice ajoutent se réserver 'la possibilité d'entreprendre toute action en justice, notamment par la voie pénale, pour contester la légalité de cette mutation forcée".

La ministre de la Justice fera son devoir et recevra donc "très prochainement" les présidents des trois formations du CSM, organe constitutionnel chargé de donner un avis consultatif sur la carrière et la discipline des magistrats, a indiqué le cabinet de la ministre vendredi 26 juin.
Selon eux, Marc Robert fait l'objet d'une vindicte politique car il s'est disputé en septembre 2008 avec Rachida Dati lors d'une réunion et a manifesté publiquement son opposition au projet de suppression du juge d'instruction.
D'après les syndicats, Marc Robert va saisir le Conseil d'Etat pour contester sa mutation. Il pourra s'appuyer sur une déclaration du cabinet de Rachida Dati aux media qui confirmait avoir "différé" lors de la réunion du 4 juin l'examen de sa mutation.

Les syndicats prononcent la condamnation de la ministre

  • Le Nouvel Observateur à la fois insinue que Marc Robert aurait été « pris en grippe » au seul motif qu’il est le dernier "PG" nommé sous un gouvernement de gauche et souligne ainsi que le Parquet est politisé…
  • A preuve, l'Union syndicale des magistrats (USM) et le Syndicat de la magistrature (SM) ont annoncé, jeudi 25 juin, qu'ils ne siégeraient plus au Conseil supérieur de la magistrature (CSM) après la mutation, forcée selon eux, du procureur général de la cour d'appel de Riom, Marc Robert.

    La garantie constitutionnelle d'inamovibilité

    => Pourquoi les deux syndicats de magistrats dénoncent-ils la légalité du décret publié par la Chancellerie confirmant la mutation à la Cour de Cassation du magistrat ?
    C’est que Les procureurs sont des magistrats du Parquet, et non pas du siège.

    => Les magistrats du siège (les juges) ne peuvent recevoir aucune affectation, même en avancement, sans leur consentement. Mais cette garantie constitutionnelle d'inamovibilité les distingue des magistrats du parquet, comme le procureur Marc Robert, qui représentent l'Etat auprès des juridictions et sont soumis au pouvoir hiérarchique du Garde des Sceaux.

    => Les syndicats qui accusent le ministère de « mise au pas » manipulent donc l’opinion. Ils tentent actuellement de dénaturer la fonction de magistrat, de s’immiscer dans leurs mutations et d’ainsi les aligner sur le statut des magistrats du siège, pour eux aussi les maîtriser …