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samedi 2 mai 2020

Déconfinement: Castaner va faire tomber une pluie de PV

Macron va élargir le champ des sanctions contre les réfractaires au déconfinement


Si les attestations de déplacement n’auront plus cours, certains agents des transports en commun et les réservistes seront autorisés à sanctionner les infractions aux règles de déconfinement


Le pouvoir de verbalisation sera étendu notamment aux agents des transports en commun, a annoncé le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, ce samedi, bien qu'ils ne soient pas assermentés. "Le 11 mai, si les conditions sont réunies, la règle générale redeviendra la liberté de circulation et les Français n’auront plus à produire d’attestation pour sortir dans la rue", a-t-il déclaré à l’issue du Conseil des ministres qui a décidé la prolongation jusqu'au 24 juillet de l'état d'urgence sanitaire en France, mesure xénophobe pour lutter contre l'introduction du  "coronavirus étranger"!.

Cependant, le port du masque sera rendu obligatoire dans les transports en commun, a rappelé le ministre, et les commerces rouvriront sous conditions de respecter les gestes barrières.

Pour ces raisons, "les adjoints de sécurité, les gendarmes adjoints volontaires, les réservistes de la police et de la gendarmerie nationale ainsi que, et c’est important, les agents de sécurité assermentés dans les transports mais aussi les agents des services de l’autorité de la concurrence pour les commerces pourront constater le non-respect des règles de l’urgence sanitaire et le sanctionner", a-t-il détaillé. Tout le monde, sauf vous et moi...

"Une marque de confiance"

L’image contient peut-être : 1 personne"C’est un apport considérable, c’est une marque de confiance. C’est nous donner toutes les chances pour que le déconfinement se déroule dans les meilleures conditions sanitaires possible", s'est justifié Christophe Castaner, appelant cependant les Français au "civisme".

"C’est grâce à ce civisme et cet esprit de responsabilité - sous la menace de son voisin -que le confinement a été possible, c’est grâce à eux aussi que le déconfinement sera possible", selon Castaner. "La lutte est dure, la lutte est âpre", a-t-il commenté, assurant qu'"avec le respect du confinement nous avons pu sauver des milliers de vies"

"Le 11 mai le moment sera venu de reprendre nos vies progressivement, patiemment, prudemment, apprendre à vivre avec le virus, voilà l’objectif des prochaines semaines, des prochains mois", a prédit le ministre de l’Intérieur.

La question des déplacements

Aucune description de photo disponible.
Interrogé sur l’autorisation de se déplacer dans un rayon de 100 km autour de son domicile, et notamment sur la méthode de prise en compte de cette distance, Castaner a indiqué que "le dispositif […] n’est pas arrêté dans ses modalités"

Le ministre apparent de l’Intérieur a par ailleurs précisé qu’il n’y aura pas de restrictions de déplacement d’une zone administrative à l’autre, notamment d’un département "vert" pour un autre classé "rouge" sur 99 kilomètre.

dimanche 12 avril 2020

Saint-Malo se protège des briseurs de confinement parisiens

Les locaux s'indignent du déferlement de visiteurs qui bafouent les consignes gouvernementales

Le pouvoir central déploie des policiers aux sorties de Paris, mais les vacanciers de la zone A débarquent pourtant en régions

Saint-Malo. La côte surveillée depuis un drone - Saint-Malo ...Les policiers sont-ils des figurants convoqués pour les journaux de 20h ? Comment les contrevenants au confinement échappent-ils aux drones et aux essaims de CRS ? Les Malouins ont pris les choses en mains les signalements d'inconnus immatriculés en Ile-de-France se multiplient: les appels au commissariat pleuve comme bruine bretonne au printemps et s'étendent au voisin indélicat ou aux promeneurs inciviques du pays de Saint-Malo.

"Restez chez vous !" Alors que le sujet du déconfinement est "sur la table" publique, un confinement strict reste pourtant de rigueur et les citoyens de bonne foi peuvent y perdre leur latin. A juste titre, la consigne est répétée des dizaines de fois par jour pour enrayer au plus vite l’épidémie de Covid-19, mais les exemples de piétinement des consignes gouvernementales s'étalent sous nos yeux, impunément. Les joggers n'ont jamais autant joggé et les flâneurs, flâné.

Les Malouins refusent de se laisser contaminer sans broncher

Dans la cité corsaire, on est passé à l'acte. Certains dénoncent de la délation, mais les citoyens vigilants parlent de civisme. "Si on se demandait ce qui se serait passé en 40 si les Français avaient eu Internet, on n’est pas loin d’en avoir un triste aperçu," estiment ceux qui considèrent que les forces de l'ordre sont l'ennemi. 

La gauche accorderait-elle plus de valeur aux idées qu'à la vie ?
Une dénonciation est-elle d'ailleurs nécessairement assimilable à la délation ? La délation, nous dit le dictionnaire, c’est une "énonciation dictée par des motifs vils et méprisables". Alors l'accusation de dénonciation par l'opposition politique serait donc une délation. 
Or, avec cette "guerre" dont parle le président de la République, les Malouins et plus largement les Français, se sentent comme investis d’une mission sacrée. Les infractions au confinement sanitaire sont vécues comme des manquements "criminels" à la solidarité républicaine puisqu’ils mettent en péril la santé de tous les citoyens. On s'étonnera donc au passage que Nicole Belloubet, la ministre de la Justice, abandonne la scène médiatique à ses collègues de Matignon et de Beauvau.

Mais, si le coeur est à gauche, il faut l'exfiltrer, le déconfiner

La toile du net s'est couverte de la bave des vertueux qui placent l'idéologie au-dessus de la vie. Ainsi Ernesto est-il tellement formaté qu'il n'a jamais que des certitudes: il reste figé en toutes circonstances, avec l'assurance que ses maîtres à penser ont la vérité et montrent la seule voie possible, confort de la pensée prête à l'emploi, sens unique intellectuel immuable, intouchable et sacré qui évite de penser par soi-même, librement. Il détecte partout les mêmes relents nauséabonds et les dénonce, par réflexe, sans questionnement: "c’est plein de haters frustrés qui auraient sûrement dénoncé leurs voisins en 40." Et de conclure, non sans supériorité et son corollaire, le dédain:  "Pauvre France !" Faut-il y voir le mépris du pays, de la nation et de ses semblables: sans doute un internationaliste, qu'il soit de bistrot, en chambre et sur son clavier... 
Si on a le souci de l'Autre, si on aime son voisin et qu'on le respecte comme son semblable au-delà des mers et des océans, on veille sur lui et on est solidaire de son devenir. On invente donc des règles nouvelles, le mieux possible appropriées à la situation nouvelle et on fait tout pour le garder, quitte à  s’époumoner à la vue d’un homme dehors, pour sauver sa vie en sauvant la sienne. On fait même la leçon au passant inconnu et on lui fait prendre conscience, au vu de son chariot débordant, qu'il appartient à un tout dont il est dépendant. Qu'il ne survivra pas si le paysan ou l'infirmière est contaminé. La solidarité avec la planète commence à la maison.

Audrey, employée dans un supermarché de Saint-Malo, peste contre ses clients qui viennent acheter une bouteille de ketchup. Marythé explique être "bien placée pour voir les gens aller plusieurs fois par jour dans un supermarché," mais ne réalise pas que certains d'entre eux font les courses de leurs voisins âgés ou handicapés. D'autres ne voient personne de la journée s'ils ne vont pas à la superette. Ont-ils pour autant la possibilité d'y échanger avec leurs semblables ? "Devant chez moi ça n’arrête pas de passer," gronde Chrystele, sans se poser de questions.

Le début des vacances scolaires n’a fait que booster la courbe des signalements.
Elles ont commencé le 11 avril et l'intérieur des terres se répand sur la côte, des Bretons comme des Parisiens s'exposent publiquement. Il semblerait pourtant que les photos prises des briseurs de confinement ne sont pas venus de Rennes, mais de Paris, des voisins arrivés avec le soleil et l’adresse d’une location saisonnière: le tourisme local continue...


Un Parisien vaut-il trois ou quatre vies de Bretons ?
On n'osait imaginer que le ministre de la Santé envoie des patients atteints du  Coronavirus en Corse... La question ne se pose plus: ils se sont retranchés et le resteront aussi longtemps que nécessaire. Les aides de l'Etat arrivent par monnaie numérique. 

Les réseaux sociaux - plus primitifs que jamais - reflètent ce qu'ils sont et l'instinct de survie y est qualifié de haine. Yannick X, un brin exaspéré, les provoque, car c'est un "bonhomme" : "Allez-y, relevez les numéros et appelez la gendarmerie !"


À la mairie de Saint-Malo, les appels explosent pour dénoncer les agissements des inconnus, de ceux ou celles qui ne respectent rien et rien tant que l'ordre. Les loi de la République sont contraignantes et, quand on est assisté, on n'a que des droits. Et des dizaines d’appels sont reçues chaque jour. On appelle en effet pour s'indigner des "apéros chez les voisins" qu'on va devoir croiser dans l'escalier en allant se ravitailler, au risque de s'infecter. Mais les délateurs sont des crétins nauséabonds:  ils ignorent qu'ils ont affaire à des voisins plus évolués qu'eux qui, avec l'une des applications très en vogue sur les tablettes, peuvent s'alcooliser en confinement convivial solitaire: les voix entendues sont celles de participants qui ne sont pas tous physiquement présents. Oh, les relous !
"Une partie de ces appels est effectivement réalisée pour dénoncer tel ou tel comportement," confirme le commissaire Guillaume Catherine, sans vouloir toutefois les quantifier. Ainsi a-t-il reçu des photos d’un homme qui déchargeait son coffre… 


Puisque les Français qui jouent le jeu de la prévention solidaire et du confinement citoyen sont vilipendés - ostracisés par une frange exemplaire de la société - pour faire fonctionner StopCovid, son appli de traçage, bon courage au gouvernement auprès des détecteurs d'odeurs nauséabondes...
Ancré à gauche depuis sa création, fin 2018, actu.fr diffuse ces positions contraires à l'intérêt général, en dépit de la présence du virus tueur.  Plateforme multimarque qui rassemble en un même site et une même racine commune les 93 media locaux du groupe Publihebdos, filiale du Groupe SIPA - Ouest-France détenu par l'Association pour le soutien des principes de la démocratie humaniste (76 titres en 2012 et deux imprimeries pour tout l'arc atlantique), il serait au 3ème rang des sites de presse régionale. Multi supports et fortement mobile, le site est à la 11ème place des media français dans le classement AMP (Accelerated Mobile Pages), format privilégié par Google sur smartphone.Or, selon le Syndicat national des journalistes (SNJ), ce montage permet surtout de servir des dividendes substantiels aux actionnaires de Sofiouest, les "humanistes" en question, souvent présentée comme "la machine à cash du groupe".

Les "humanistes" de Ouest France dénoncent des propos violents
"Pour les citoyens qui ont mis un orteil dehors [caricature visant à décrédibiliser] ou fait des courses jugées non nécessaires, après la délation, le couperet tombe dans les claviers d’ordinateur, bien tranquillement installés dans un canapé: la presse hégémonique déteste les réseaux sociaux... Et c’est particulièrement violent, selon actu.fr, qui ne s'en prend pas pour autant au préfet Lallement, malgré sa menace de châtiment divin sur les contaminés qui auraient été imprudents : "Il faudrait les faire travailler sans protection dans les hôpitaux." " Il faudrait leur filer le virus en intraveineuse pour qu’ils comprennent ces assassins," estime Isabelle - si ce n'est Bécassine - sur Facebook. "Tagger les personnes avec de l’encre indélébile, ça fera un tri pour les hôpitaux." Sans plus de possibilités de vérification des sources: la presse institutionnelle en est dispensée de cette obligation républicaine...

Alors, délation ou civisme ?

Une habitante [floutée] de Saint-Briac a fait les frais d’une dénonciation la semaine dernière. Elle-même soignante, donc on s’en doute très respectueuse des mesures [sans être pour autant à la minute près], elle se trouvait dans sa rue de la zone artisanale avec ses filles qui y faisaient un peu de trottinette pour se défouler.
Petite stupeur à l’arrivée des gendarmes qui lui lancent [violence de l'interpellation!]: "Oui oui, on vient pour vous ! On nous a appelés pour nous dire que des enfants faisaient de la trottinette." La maman s’aperçoit alors qu’elle a dépassé l’heure réglementaire de vingt minutes [60 ou 80 minutes, en réa, c'est sans doute pareil pour cette soignante "très respectueuse" des protocoles!] et se voit raccompagnée jusque chez elle.

Le groupe Ouest France prend parti contre le commandant de gendarmerie
Il doute clairement que "la gendarmerie fera toujours preuve de discernement." Le commandant de la compagnie de gendarmerie Emmanuel Aubry parle pourtant, pour sa part, de "démarche citoyenne," ironise actu.fr qui attaque le commandant frontalement avant de laisser la conclusion aux briseurs de confinement. "Nous nous sommes toujours fondés sur ce que les citoyens nous indiquent. On n’a pas attendu d’être en période de confinement." Le commandant évoque des zones où l’on roulerait trop vite, des trafics de stupéfiants à tel ou tel endroit, qui sont couramment signalés. 

Pour lui [pas pour actu.fr], les appels à la gendarmerie pour faire remarquer des écarts aux mesures de confinement sont du même ordre. Et puis surtout, "la gendarmerie fera toujours preuve de discernement," explique-t-il, évoquant des "levées de doute" sur tel ou tel appel imprécis. "A Cancale, par exemple, on nous a sensibilisés sur des occupants d’un camping… Or, ils étaient arrivés avant les mesures." Ce cas particulier a-t-il valeur de généralité ?

"Il n’en demeure pas moins qu’il n’est, malgré le risque épidémique, toujours pas permis à chacun de se faire justice," assène le groupe Ouest France.
 
"Et que livrer son voisin à la vindicte populaire, cela reste pas joli-joli…" Plus beau encore, l'encouragement à contrevenir aux consignes sanitaires gouvernementales: est-ce sa manière inattendue d'être solidaire, mais du président qui s'est rendu à Pantin et a provoqué un attroupement de badauds sans masques ?
Ecœurée de cette délation, notre [sympathie] Briacine a posé des congés et décidé de renoncer à la sortie trottinette hebdomadaire [cohérence?]: "De toute manière, mes filles ne veulent plus aller dans la rue: elles ont eu peur de voir les gendarmes arriver pour elles." Et actu.fr (Sophie LE NOËN: les capitales sont les siennes; elle est colère !) d'opiner: "6 et 8 ans, on les comprend".
Inutile de demander à cette maman de préciser son orientation politique et syndicale.

Une délation autorisée - pour la route de retour à Paris ou la Belgique: 
la droite gère la ville depuis 1983...
 

lundi 17 mars 2014

Un peu de circulation alternée à Paris et puis s'en va à minuit

Un jour de circulation alternée pour sauver la santé des Parisiens

L'opération communication ne sera pas prolongée


La circulation alternée imposée par le gouvernement Ayrault à Paris et dans 22 communes limitrophes ne sera déjà plus nécessaire mardi
Pratiquée aujourd'hui pour la première fois depuis 1997 pour lutter contre des pics de pollution déjà retombés ce lundi, elle n'avait déjà pas d'utilité ce lundi, comme indiqué par le bulletin prévisionnel en date de dimanche (ci-contre), jour de son annonce par le ministre de l'Ecologie, Philippe Martin

Alors que l'indice de pollution est élevé lundi 17 mars, selon AIRPARIF, le ministre de l'Environnement fait l'annonce qu' "au vu des résultats des mesures prises et en fonction des prévisions que nous pouvons faire, le Premier ministre a pris la décision de ne pas reconduire la mesure de circulation alternée, demain, mardi".

La contrainte est levée lundi à minuit et, avec elle, la gratuité des transports publics à la fin du service.
Bizarrement, les prévisions de pollution sont plus élevée que le 16 mars, jour de la prise de décision de la circulation alternée. 

VOIR et ENTENDRE la ministre de la Santé, Marisol Touraine répondant à J.-Michel Aphatie 
sur RTL ce 17 mars 2014, et considérant que le gouvernement a "assumé ses responsabilités" face au risque de pollution:

Les automobilistes étaient sous la menace de contraventions
,
depuis 5h30 du matin.
Quelque 850 policiers ont été mobilisés à une soixantaine de points de contrôle, notamment aux entrées de Paris. Soit 14 par point d' 3accueil"?
Les contrevenants s'exposaient à une amende de 22 euros (s'ils pouvaient payer sur le champ) et à l'obligation de rebrousser chemin. A 15h00, la Préfecture de police de Paris signalait 4.000 procès verbaux dressés pour non respect de la circulation alternée. Seuls les véhicules dotés de numéros impairs étaient autorisés à circuler dans la capitale et 22 communes périphériques, sauf exceptions, comme les taxis, les services de secours, les véhicules transportant au moins trois personnes (covoiturage) ou en livraison professionnelle.

Une trentaine de voitures ont été immobilisées après le refus des conducteurs de faire demi-tour, a indiqué le très répressif préfet de police de Paris, Bernard Boucault, sur BFM TV.

Depuis la Préfecture de police de Paris, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, s'est néanmoins félicité du "civisme" des Franciliens.
"Il y a sûrement un certain nombre de personnes qui n'ont pas compris quelle était l'importance de la mesure (...) mais c'est le sens civique, le sens des responsabilités qui l'emporte", a-t-il estimé devant des journalistes.

Duflot ne veut pas en rester là

Circulation à peine fluidifiée. Philippe Martin a fait valoir qu'il n'y avait à 8h00, autour de Paris, que 87 km de bouchons au lieu de 130 km habituellement et que le trafic avait diminué de 25 à 30%, selon les estimations de la police.
"Les craintes de pagaille et de blocage de Paris nées du souvenir de 1997 ne se sont pas confirmées, bien au contraire", a-t-il clamé. "Nous avons fait la démonstration que nous pouvions réussir là où beaucoup nous promettaient un échec", s'est-il félicité, sans se départir de sa hargne.

Avec une circulation en principe diminuée de moins de 50%, la préfecture de police assure qu'il y avait 60% de congestion en moins par rapport à la situation habituelle et la direction des routes d'Ile-de-France montrait à la mi-journée des axes franciliens presque uniformément verts - "du jamais vu".

Le gouvernement a mis en avant des impératifs de santé publique 
Il tenait à tout prix à justifier la mise en place de la circulation alternée,  du fait des critiques sur le manque de réactivité des autorités. Il a en effet fallu plusieurs jours de pollution aux particules fines pour que le gouvernement décide dimanche de mettre en place ce dispositif à compter de ce lundi, après avoir dans un premier temps décrété la gratuité des transports en commun.

"Je souhaite, en matière écologique, qu'on aille plus vite, plus loin" 
a lancé, sur BFM TV et RMC, Cécile Duflot, ministre du ...Logement. La ministre altermondialiste a déploré que la France ne soit pas encore devenue la "nation de l'excellence environnementale" promise en 2012 par François Hollande.

Duflot s'en prend à Hidalgo

L'écologiste radicale a aussi attaqué la candidate socialiste à la mairie de Paris. Anne Hidalgo a en effet souligné que le vice-président écologiste du Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif), Pierre Serne, a soutenu en décembre la commande de 300 autobus diesel par la régie des transports parisiens, la RATP. 
Voir vidéo ci-dessus.

Si elle est élue, 
Anne Hidalgo, conseillère régionale d'Ile-de-France lors du vote, promet aujourd'hui de revenir sur cette décision, contre laquelle elle dit s'être élevée. "C'est un scandale qu'elle ait dit cela", a répliqué Cécile Duflot. "C'est une commande qui a été passée en février (2013). Les écologistes n'avaient pas voté cette commande."

La ministre a soutenu que les écologistes avaient finalement "assumé" cette décision en décembre, alors que la commande était déjà réglée à "60%", et mis les propos d'Anne Hidalgo sur le compte d'un "moment de faiblesse".

L'exécutif a reculé face aux opposants à la circulation alternée

 Déjà molle,
la gauche s'est dégonflée...
Ainsi le délégué général de l'association "40 millions d'automobilistes" a-t-il de nouveau mis en doute l'efficacité de la mesure.
"Vouloir faire croire qu'on va résoudre tous les maux de la planète par la circulation alternée, c'est de la démagogie", a déclaré Pierre Chasseray sur RTL.
Il a expliqué que cette mesure aurait un impact négatif sur l'économie, avec les "centaines de milliers de personnes qui, aujourd'hui, vont perdre un temps énorme".

Quant aux 
Parisiens contraints au civisme par la menace d'amendes et d'immobilisation de leurs véhicules, ils ont très mal apprécié la méthode répressive de Hollande. Si toutefois il était au courant, car le pouvoir à l'excuse facile du "malentendu"...

  

Circulation alternée: rideau de fumée sur l'affaire des écoutes illégales

Le gouvernement charcle les travailleurs: 
déjà 3.000 PV dressés pour non-respect de la circulation alternée

Une réglementation annoncée la veille après trois jours d'atermoiements
Paris, le 13 mars 2014
Seuls les véhicules dont la plaque d'immatriculation se termine par un numéro impair sont autorisés à circuler dans la capitale. Les transports en commun sont gratuits.

• Le gouvernement a annoncé la mise en place à partir de 5h30 ce lundi matin de la circulation alternée dans la capitale, en raison de l'épisode prolongé de pollution aux particules fines en fin de semaine dernière. Seuls les numéros impairs sont autorisés à circuler et pourtant l'alerte est levée!

• La mairie de Paris a fait savoir que les voitures à immatriculation paire bénéficient, elles, du stationnement gratuit. Les transports en commun sont gratuits en Ile-de-France, mais restent polluants. Il faut savoir aussi que la mairie PS de Paris a déjà commandé plus de 600 autobus ...diesel ! 

Les bobos-godillots de Libération enfilent les contre-vérités

Le gouvernement a quelque chose à masquer: les écoutes sur Sarkozy !
Dimanche, quand la mesure a été prise, l'air francilien comportait "un peu moins de particules que prévu", selon   l'association AIRPARIF, qui donnera ses prévisions pour ce lundi et pour mardi en fin de matinée, a-t-elle annoncé. "Dimanche, on avait prévu un dépassement du seuil d'information pour la journée de lundi. Pour le moment, on observe un peu moins de particules que prévu", avait précisé l'association, qui surveille la qualité de l'air en Ile-de-France. "Nous n'aurons les prévisions pour la journée de ce lundi et pour celle de mardi qu'en fin de matinée", a-t-elle ajouté dimanche.
Dimanche, le seuil d'information n'a été que légèrement dépassé, avec 51 microgrammes de particules par m3 d'air. Le seuil d'information est atteint à partir de 50 microgrammes de particules par m3 d'air. Il faut 80 microgrammes de particules pour atteindre le niveau d'alerte, comme cela a été le cas plusieurs jours consécutifs, sans que le gouvernement, dont M. Touraine (ministre de la Santé) ne réagisse, avec des niveaux moyens autour de 110 microgrammes.

L'air n'est plus pollué, mais la circulation alternée est néanmoins mise en oeuvre
Un branle-bas de combat politicien, en urgence tardive... 
Covoiturage, télétravail ou transports en commun : depuis lundi matin, les automobilistes dont la voiture a une immatriculation paire doivent trouver une parade pour respecter la mesure de circulation alternée mise en place ce lundi  à Paris et dans sa proche banlieue, une mesure inédite depuis 1997. Sauf dérogations, seules les voitures et motos dotées de plaques impaires sont autorisées à circuler, mesure gouvernementale radicale destinée à lutter contre la pollution qui sévit depuis plusieurs jours. Les voitures à immatriculation paire ne bénéficiant pas du stationnement résidentiel, elles, bénéficient du stationnement gratuit dans la capitale.
A noter que l'utilisation d'autolib ne s'improvise pas: il faut, au préalable, avoir pris un abonnement. De plus, les véhicules mêmes hybrides doivent pouvoir trouver des emplacemnts de parking en nombre insuffisant... 

Tous les véhicules à numéro pair ne sont pas interdits. Pourront rouler les quelques véhicules électriques ou hybrides, de même que les voitures avec au moins trois personnes à bord, les voitures auto-écoles et les taxis. Les poids-lourds seront interdits à l’exception des véhicules d’urgence, camions poubelles, engins de chantier, camions frigorifiques... Les véhicules autorisés à circuler devront respecter les limitations de vitesse déjà en vigueur du fait de la pollution (abaissement de 20 à 10 km/h selon les axes).

Transports en commun gratuits
Pour compenser l’immobilisation forcée de la moitié des voitures, les transports publics seront gratuits, et les contibuables offiront à la SNCF et la RATP la possibilité de proposer la gratuité de 600.000 à un million de places supplémentaires sur certaines lignes de métro, RER et Transilien. Une mesure qui coûte 2,5 millions d’euros par jour "à la RATP", selon son président, compensés par le Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif) financés par les Français imposables. De son côté, le président PS de l'Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, estime à 4 millions le coût de cette mesure pour la région et surtout aux assujettis aux impôts locaux.

Répression malgré la levée de l'alerte pollution: déjà 3.000 PV à 22 euros

Pour sanctionner l'incivisme supposé des travailleurs, quelque 700 policiers sont mobilisés, sur une soixantaine de points de contrôle. Les automobilistes et motards pris de vitesse par l’interdit écoperont d’une amende: 22 euros si elle est réglée immédiatement, 35 euros au-delà de trois jours

Les mesures de coercition prévoient en outre que s’ils refusent de faire demi-tour, leur véhicule sera immobilisé. 

Près de 4.500 infractions, dont 3.000 pour non-respect de la circulation alternée à Paris et dans sa proche banlieue, avaient été relevées lundi à 7h30 par la police. 

Les contraventions continueront de pleuvoir si nécessaire
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault n’a pas exclu lundi que la mesure de circulation alternée soit prolongée "si nécessaire", parlant d’un effort "accepté" par les automobilistes ! "C’est le sens civique, le sens des responsabilité qui l’emporte avec le travail de la police nationale, de la préfecture de police qui sont là pour orienter, indiquer et le cas échéant, prendre les dispositions (!) qui conviennent si des personnes refusent d’appliquer cette mesure de santé publique", a-t-il encore prétendu, interrogé dans la cour de la préfecture de police. La prolongation, ou non, de cette mesure, doit être décidée ce lundi en fin de matinée.

Où sont passés les travailleurs?
Les transports en commun (tram, bus et métro) n'ont pas été saturés et  Bison futé relevait deux fois moins de bouchons sur les routes d’Ile-de-France que d’habitude ce lundi. 
Peu avant 8 heures, le Centre national d’information routière (CNIR) comptait 90 kilomètres de bouchons dans la région contre "200 à 250 kilomètres"un jour de semaine à la même heure, et "il semble que ça baisse", précisait le porte-parole. C’est "deux fois moins de bouchons que d’habitude", a-t-il poursuivi. Le périphérique parisien, habituellement congestionné aux heures de pointe (de 7 heures à 9 heures environ) était fluide vers 8 heures et les embouteillages se concentraient sur l’A86.
Libération omet de préciser que le CNIR est un organisme interministériel (ministères de la Défense, de l'Intérieur et de l'Écologie)...
Quant à Bison fûté, le service est né le 30 juin 1976, sur une initiative du ministère des Transports. 

L'UMP  dénonce une opération de com'
Pour le président de l’UMP, Jean-François Copé, la circulation alternée "relève de la communication". Un "cache-misère", selon la candidate UMP à la mairie de Paris, Nathalie Kosciusko-Morizet. Mesure "précipitée, inefficace", a pesté l’Automobile Club Association (ACA). 
Inclure les deux-roues motorisés est "stupide", s’est aussi agacée la Fédération française des motards en colère, qui a appelé les usagers de deux-roues à la résistance, leur suggérant de pratiquer le "co-motorage".
"Nous comprenons parfaitement les difficultés, les agacements, voire même les colères (...)" assure le ministre de l’Ecologie, "mais il fallait prendre cette décision-là", a asséné  Philippe Martin qui escompte des rentrées d'argent et "une baisse importante de la fréquentation de voitures". En 1997, a-t-il estimé, l’expérience avait "donné des résultats", même s’il reconnaissait la veille qu’elle avait laissé "de mauvais souvenirs". Elle n'a d'ailleurs jamais été reprise en 17 ans
"Pour la première fois un gouvernement assume ses reponsabilités", s’est pour sa part félicitée la ministre de la Santé, Marisol Touraine. On ne lui envoie pas dire !! Les particules en suspension dans l’air peuvent pourtant provoquer de l’asthme, des allergies, des maladies respiratoires ou cardiovasculaires, et les plus fines d’entre sont reconnues comme cancérogènes.

Une confirmation de la chute de la pollution est attendue mardi
Airparif prévoit "une nette amélioration" de la qualité de l’air en Île-de-France mardi, sans dépassement des seuils d’information ou d’alerte, a indiqué l’organisme en charge de la surveillance de la qualité de l’air.

Pour lundi, la concentration moyenne en particules devrait être comprise entre 40 et 55 microgrammes par m3, le seuil d’information étant fixé à 50 microgrammes, celui d’alerte à 80, rappelons-le... 

Circulation alternée: plutôt une amende qu'une journée perdue de travail

"22 euros d'amende ou une journée de boulot perdue, le choix est vite fait"

Les Français réagissent à l'écologie punitive de la dernière heure


Philippe Martin se félicite du
civisme des Français:
il faut y voir de plus près...
Les salariés réagissent à la mise en place de la circulation alternée dans Paris et sa petite couronne...

Comment se rendre au travail ? Annoncée ce week-end, en totale "improvisation", la circulation alternée est en place dans Paris depuis 5h30 ce lundi et jusqu’à ce soir, au minimum. Tous les véhicules dont la plaque d’immatriculation est un nombre pair n’ont donc pas le droit de circuler aujourd’hui. 

Une bonne mesure doit avoir du sens

Elle doit d'abord être bien acceptée. 
Bon nombre refusent de se plier à la soudaine injonction du gouvernement. "Ça me donne le choix entre 20 minutes de trajet en voiture ou plus de 2 heures en transport, explique une internaute. Avant d’exiger des gens qu’ils prennent moins leurs voitures, assurons-nous que les transports sont fiables." Une analyse malheureusement appuyée par la photo envoyée par N, ce lundi matin.

Le gouvernement n'a pas réagi vendredi, quand le risque sanitaire était maximal. Il disposait de l'arsenal prévu par la loi Le Page de 1996 sur la qualité de l'air. Mais, entre les écolos radicaux d'EELV qui voulaient ignorer les dispositions de la concurrence, les réticences historiques du ministère de la Santé en matière de circulation alternée et la mollesse de l'exécutif préoccupé de sa popularité  à une semaine du premier tour des municipales, les troubles respiratoires se sont multipliés dans toute la moitié nord de la France, pendant que les autorités faisaient leurs calculs politiciens.

Elle doit être équitable
Or, ce sont encore les plus défavorisés qui sont pénalisés. Ceux qui ont besoins d'une voiture pour travailler viennjent souvent de loin, d'au-delà du périphérique. Les quartiers populaires s'en souviendront-ils encore dans moins d'une semaine?

Elle doit être sensée
La RATP est parmi les principaux pollueurs de l'Ile-de-France et les écologistes radicaux qui recommandent les transports en commun comme une panacée nous mènent en bateau.

VOIR et ENTENDRE Christophe Barbier:

dimanche 16 mars 2014

Circulation alternée: les coulisses politiques d'un feu rouge des Verts radicaux

L'altermondialiste Duflot a-t-elle pris le pouvoir au gouvernement ?

Le Premier ministre met en place la circulation alternée sous la pression des altermondialistes.


L'exécutif découvre ses nouvelles mesures
dans Le Monde
L'utilité des Verts radicaux en campagne était contestée sur les marchés écolos et bien au-delà.  Cécile Duflot s'avouait rongée par les Verts alpagués à chaque meeting sur le passage des paroles aux actes et qui la harcelaient d'appels à l'action. "Mais pourquoi vous ne faites pas la circulation alternée!", insistent les "yaka" qui, la prenant pour la ministre de l’Ecologie, lui demandent des comptes. Militante pour cette solution, mais inaudible en interne et illisible en externe, la ministre du Logement est en fait devenue extrêmement susceptible sur tous les sujets qui pointent son incurie. Elle a donc mis en demeure l'âne Martin (PS), le sombre Ayrault et le mol Hollande, avant de finir par provoquer "un conseil stratégique", à quinze jours des municipales.  "Pour la calmer", soupire un de ses souffre-douleurs.

En début de semaine, Philippe Martin s'est mis en mode action et a fait pression tantôt en passant par l’Elysée tantôt par Matignon. A Matignon,  le risque de paniquer la population a fait tergiverser Ayrault, qui préfère temporiser et ne pas faire d’annonces. Marisol Touraine ne semble pas encore concernée, accréditant ainsi l'idée que la santé publique n'est pas autant menacée que les candidats altermondialistes en mal de crédibilité. 

Il faut attendre jeudi, alors qu’il était mobilisé pour le soutien d'un candidat PS aux municipales, pour qu'il suspende la campagne et veille à prendre des mesures de protection de la population. Martin annule donc in extremis  son vol, non pas pour donner l'exemple de la réduction de CO2, mais parce que l'exécutif s'est décidé à lâcher le sujet des écoutes illégales. Il vient d’avoir l’aval du gouvernement pour se consacrer aux électeurs du nord de la France exposés aux particules fines de l'air. Les réunions de crise s'enclenchent finalement en sorte de donner l'illusion d'une capacité du gouvernement à mobiliser. Hildalgo, Huchon, Delanoë sont contactés par téléphone. Guillaume Pepy, le patron de la SNCF, se montre très coopératif et le préfet de Paris lance des menaces de sanctions aux automobilistes sourds aux sirènes écologistes.

Entre la poire bio et le fromage AOC

Jeudi 13 à midi, le vice-président écolo de la région Ile-de–France, chargé des transports, Pierre Serne se rend à Matignon pour un déjeuner de toute façon prévu de longue date avec un conseiller de Jean-Marc Ayrault sur le sujet de la réforme ferroviaire. Mais l’urgence étant décrétée, il ne fut plus question que de qualité de l'air. "A Matignon, ils étaient un peu secoués parce que nous avions tapé fort sur l’inaction du gouvernement, le matin même en conférence de presse", explique Serne.

Lors de ce déjeuner, Serne remet les gaz. Le conseiller informe Christophe Chantepy, le directeur de cabinet du Premier ministre, qu'il va  chanter Manon sur l'air de la Tosca à Jean-Marc Zéro.

Ayrault finit par soulever une paupière. Si la situation ne s’améliore pas, la circulation alternée sera annoncée samedi. Mais, à quelques jours des municipales, la mesure pourrait s’avérer dangereusement impopulaire et illusoire. Cette donnée n’échappe à personne, d’autant que la préfecture de police n'a pas la cote auprès des Franciliens. Philippe Martin se montre "timide", selon une source gouvernementale. 

On tranche alors en faveur d’une demi-mesure : la gratuité des transports. Qui paie ? L’Etat, la région ? On verra après les élections ! Il faut donner l'impression d'exister, alors que seize ministres sur 38 sont en campagne sur le terrain. "Normalement, la gratuité et la circulation alternée se mettent en place au même moment", explique Serne. qui connaît bien le décret de 1997 en question.

Echange téléphonique  final


Jeudi en fin d’après-midi, Philippe Martin annonce 
la gratuité des transports. A son côté, Huchon opine sur commande. Sa lecture finie, Martin tourne les talons quand un journaliste resté sur sa faim lance à voix haute. "Et la circulation alternée ?" Martin se retourne, réfléchit, mais repart se claquemurer dans son ministère, Huchon sur les talons. Consternation: la montagne a encore accouché d'une souris verte et les écolos couinent

Samedi matin, Martin se montre dubitatif.
Interrogé par Libération, son ministère pointe en revanche EELV, assurant que Martin n’est pas de ceux qui font pression par media interposés. 
"La circulation alternée est une mesure lourde à mettre en œuvre", plaide mollement Martin, prêt à "reconnaître un malentendu"...
Mais, "dans l’absolu, ce n’est pas très compliqué à mettre en œuvre. Pour que cela fonctionne, il faut bien informer et compter sur le civisme", glisse un membre de la préfecture de police de Paris, chargée de faire taire la cacophonie.


Samedi, en début d’après-midi, est annoncée une réunion de crise au ministère de Martin. Marisol Touraine y est même présente. La ministre de la Santé s’est mise à faire passer des messages à Matignon et à l’Elysée concernant principalement les enjeux de santé publique. Les deux ministres ensuite rendre compte à Matignon. Au début de cette nouvelle "mise sur la table" avec Chantepy et quelques autres, la circulation alternée n’est pas encore décidéePar téléphone, les protagonistes relancent  Jean-Marc Ayrault qui finit  alors  par donner son feu vert à la circulation alternée.

Mode d'emploi de la "circulation alternée" (lien)
(véhicules autorisés / interdits à la circulation)

jeudi 13 septembre 2012

Punir les créateurs de richesses mais épargner les footeux et chanteurs

Taxer les riches, oui ;  punir la réussite, non !

Cristiano Ronaldo était trop "triste": il se sentait mal-aimé. 

Pour consoler leur star portugaise, les dirigeants du Real Madrid seraient donc prêts à lui offrir un contrat à vie et une belle revalorisation salariale. "Le Real Madrid fera un énorme effort économique pour placer Cristiano au niveau de traitement que mérite son statut de star mondiale", celui de Lionel Messi. Un effort chiffré à 15 millions d'euros par an. Soit une augmentation de 50 % par rapport à ses actuels émoluments, 10 millions, net d'impôts. Or, Samuel Eto'o prend 20 millions en Russie... 

S'il ne produit pas de richesse, il crée du rêve, nous dit-on... Les chômeurs espagnols regardent, déprimés mais rêveurs ? 

Hervé Gattegno revient quant à lui sur la polémique suscitée par la fameuse taxe de 75 % sur les revenus supérieurs à un million d'euros et sur la demande de naturalisation de Bernard Arnault en Belgique. Son parti pris : taxer les riches, oui ; les punir, non ! Le rédacteur en chef au "Point" développe. 

Ce qui devrait être simple est hélas devenu compliqué parce qu'en France, tout ce qui touche à l'argent est compliqué. L'évidence, c'est qu'en période de crise, les plus riches devraient contribuer davantage à l'effort collectif - et certains en sont d'accord. Le problème, c'est qu'au lieu d'en appeler à la solidarité nationale, qui est une valeur positive, on habille cette mesure d'un discours vindicatif et dénonciateur de ceux qui gagnent beaucoup d'argent. C'est confondre la justice sociale avec la revanche sociale. Et c'est oublier, surtout, que l'impôt n'a jamais été une sanction morale mais une contribution citoyenne.


Bernard Arnault porte plainte contre Libération
Vous trouvez que les patrons qui veulent échapper à l'impôt - comme peut-être Bernard Arnault - ont des excuses ?


Sûrement pas ! Se soustraire à l'impôt, c'est de l'incivisme. Quand c'est l'homme le plus riche d'Europe qui essaie de le faire, c'est même un outrage. Ce qui frappe, c'est que nos dirigeants préfèrent la stigmatisation à la conviction. Le résultat est logique : les riches sont comme les autres ; ils trouvent que leurs impôts sont trop lourds et ceux des autres pas assez. Qu'on le veuille ou non, ce que leur promet François Hollande a de quoi les faire grimacer - entre l'ISF, la taxation du capital alignée sur celle du travail et les 75 %.. Si en plus, ils se sentent traités comme des monstres, on peut comprendre qu'ils aient envie d'aller voir ailleurs - comprendre, pas approuver...



L'autre aspect de la polémique, c'est la "une" de Libération : "Casse-toi, riche con !" et les réactions très contrastées qu'elle a provoquées. Est-ce que ça vous paraît excessif ?


Il serait exagéré d'accorder à un titre de journal, fût-il très provocateur, autant d'importance qu'au fait lui-même. Dans ce débat, tout est caricature. L'indignation de Libération (qui a aussi un but commercial) exprime une haine des riches qui irradie une large part de l'opinion de gauche - et qu'attisent Jean-Luc Mélenchon ou Olivier Besancenot, mais aussi beaucoup de dirigeants du PS, pour qui un patron est forcément un exploiteur. À l'inverse, beaucoup de patrons somment l'État de baisser les charges sociales pour améliorer la compétitivité des entreprises ; ils pourraient agir dans le même sens en ramenant certaines rémunérations à des niveaux raisonnables ! 



Qu'est-ce qui pourrait permettre de dépassionner ce débat ?


Une grande réforme fiscale - celle que la droite et la gauche ont souvent promise mais jamais faite. Avec la création d'un impôt lié à la nationalité, comme aux USA, qui a fait consensus entre François Hollande et Nicolas Sarkozy pendant la présidentielle - donc, en théorie, il pourrait être voté sans problème ! Et pour que l'impôt soit réellement un élément de la citoyenneté, il faut que tous les Français le payent, même de façon purement symbolique (la moitié aujourd'hui ne le paient pas). Les USA ajoutent une "taxe de sortie" pour ceux qui abandonnent la nationalité américaine pour échapper à l'impôt. Ça ferait passer le goût du voyage même à certains fabricants de bagages...




La haineuse provocation de Libération va coûter 500 000 euros de pub au quotidien socialiste.

De nombreux annonceurs, choqués par la couverture visant Bernard Arnault, se retirent du quotidien. 
Edouard de Rothschild a-t-il des moyens extensibles ?

Ses insultes à la droite n'ont pas coûté si cher à la Ch'tite Brochen-Aubry.