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mercredi 7 novembre 2018

Diesel, fiscalité, CO2 : les arguments fallacieux qui polluent le débat

Diesel, CO2, fiscalité, les fausses infos qui polluent le débat

Macron, ministres, politiciens, experts autoproclamés profèrent des arguments biaisés et des contre-vérités sur l'automobile et la pollution.

Image associéePaniqué par la montée inattendue de la fronde sur la hausse des carburants, le gouvernement reste arc-bouté sur ses positions et ses mensonges. Macron réaffirme qu'il ne changera rien à la fiscalité, laquelle représente 57% du prix payé à la pompe. Mais le maître des horloges omet de préciser que, d'ici à 2022, les taxes sur le gazole, présentées comme écologiques, vont augmenter d'environ 23 centimes par litre et celles sur l'essence de plus de 11 centimes. 

Un entêtement qui alimente la grogne et une perspective qui renforce la détermination des participants au mouvement de blocage des routes prévu pour le 17 novembre. 
Des opérations escargot ont d'ailleurs déjà eu lieu en début de semaine, menées par les entreprises de BTP en lutte contre la fin du taux réduit sur le gazole non routier, utilisé pour les engins de chantier, qui est au programme du budget 2019. Une mesure qui peut se révéler dangereuse et entraîner une collusion redoutable avec les automobilistes. Pour justifier ses mesures de plus en plus impopulaires, le gouvernement monte au créneau. A travers, notamment, des explications alambiquées du ministre de la Transition écologique François de Rugy ou de sa secrétaire d'Etat Emmanuelle Wargon.

Pour y voir clair, Challenges fait le point sur les fausses informations, arguments biaisés ou contre-vérités brandis par les les uns et les autres, concernant la pollution, le diesel ou la fiscalité sur les carburants. Ce magazine économique appartient à 60% au groupe Perdriel (ex-propriétaire du 'Nouvel Observateur'), classé à gauche, mais aussi à 40%, de Renault.

1- Supprimer le diesel, c’est lutter contre le réchauffement climatique : FAUX

Le diesel consomme 20 à 25% de moins qu'un moteur à essence, souligne l'équipementier Delphi, spécialiste des injecteurs. Le gazole lui-même apparaît plus efficace, car sa densité énergétique est supérieure à celle du carburant sans-plomb. Résultat: une Peugeot 308 Diesel consomme à peine 4,9 litres aux cent kilomètres, selon les mesures réalisées par PSA avec l'ONG Transport & Environment et validées par Bureau Veritas, contre… 6,6 l/100 km pour le véhicule équivalent à essence.

Or, consommations et rejets de CO2 sont rigoureusement corrélés. Le diesel émet donc 20 à 25% de gaz à effet de serre en moins par rapport à un modèle équivalent à essence. Il est donc préférable de faire rouler un diesel plutôt qu'un modèle à essence dans le cadre de la lutte contre le changement climatique !

2- Le diesel émet des particules, pas les modèles à essence : FAUX

Les diesels émettent des particules. C'est une de leurs tares génétiques. Mais les véhicules diesels sont équipés d’un filtre obligatoire depuis 2011. Or, si les modèles à essence traditionnels (injection indirecte) n’en rejetaient pas ou peu, en revanche, conçus pour consommer moins, les véhicules à essence à injection directe récents en émettent. Et ce, jusqu'à 8 fois les rejets de particules fines en nombre que la norme autorise pour les voitures diesel avec filtre, selon le cycle européen d'homologation NEDC (remplacé au 1er septembre par un nouveau cycle WLTP). Ces voitures constituaient en 2016 plus de 40% des ventes de modèles à essence ! Depuis deux mois, ces véhicules à essence à injection directe sont toutefois obligatoirement dotés d’un filtre, à l’égal des diesels.

3- Remplacer un modèle ancien par un nouveau réduit les émissions de CO2 : PAS SÛR

Le ministre François de Rugy veut que les possesseurs de véhicules anciens, notamment diesel, achètent un véhicule neuf ou récent. Profitant notamment des aides (faibles) prévues par l'Etat. 
Puisque le diesel est accusé de tous les maux et menacé d'interdiction dans les centres-villes, pas question de racheter un modèle à gazole ! Or, à habitabilité égale, rien ne prouve qu'une voiture actuelle à essence consomme un litre de moins qu'un modèle d'il y a dix ans et donc rejette moins de CO2, car les équipements de sécurité ou d'anti-pollution ont parfois fait prendre du poids aux véhicules. Même s’il y a un allègement de principe sur les plates-formes. Or, plus un véhicule est lourd, plus il consomme et émet de CO2. Une Peugeot 208 essence de 110 chevaux pèse certes plus d'une tonne en 2018, soit pratiquement 100 kilos de moins qu'une 207 d'il y a dix ans. Mais un monospace Renault Scenic 115 actuel atteint 1,4 tonne, soit 80 kilos de plus au bas mot que son homologue de 2008
Les rejets de CO2 normalisés selon les anciens cycles d'homologation (NEDC) ont certes baissé en moyenne, notamment parce que les constructeurs ont optimisé les moteurs pour afficher les chiffres les plus bas en… tests. Ce qui ne se retrouve pas dans les consommations réelles au quotidien. D'ailleurs, avec le nouveau cycle WLTP (du 1er septembre), plus proche de la réalité, les rejets officiels de CO2 des véhicules remontent !

4- Le diesel émet des polluants locaux (oxydes d’azote) : VRAI, mais…

Le problème fondamental du diesel, c'est qu'il émet des oxydes d'azote (NOx), notamment les dangereux dioxydes d'azote (NO2) qui s'attaquent aux voies respiratoires. Mais le diesel se soigne depuis le début des années 90, date d'application de la norme Euro 1 (on en est à Euro 6). "Les rejets de NOx autorisés sont passés de 1 gramme au kilomètre en 1992 à moins de 0,1 gramme", assure Christian Chapelle, le motoriste en chef à la Recherche-développement de PSA. 
La Commission Royal, mise en place en 2015, a toutefois constaté de nombreux cas de dépassements des normes autorisées sur les NOx. Mais, depuis le 1er septembre, les seuils de polluants sur les véhicules diesel ET essence sont uniformisés. Mieux : les cycles d’homologation autrement plus réalistes réduisent les probabilités de véhicules optimisés pour les seuls tests, jusqu’ici extrêmement déconnectés de la vie quotidienne.

5- Le prix du carburant monte, c’est la faute aux taxes : VRAI et FAUX

Depuis un an, le prix du gazole a grimpé de 23%, celui de l’essence de 15%. L’explosion du prix du baril en est responsable pour partie. L'or noir a atteint jusqu'à 85 dollars en octobre (moins de 60 dollars il y a un an). Le prix des produits pétroliers cotés sur le marché de Rotterdam représente entre 30 et 35% des prix payés à la pompe. La marge brute des distributeurs compte pour environ 8%. 
Voici le schéma trompeur : il n'indique pas la tendance baissière en octobre..

Et voilà la tendance :

La tendance actualisée au 7 novembre 2018 :

La presse, qui détenir et prétend rétablir la vérité, participe à la désinformation.

"Le reste" (c'est-à-dire l'essentiel !), 57%, ce sont les taxes. Et rappelons que les taxes sont des impôts indirects... taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TIPCE) et TVA. On notera que le gouvernement préfère distribuer des 'chèques énergie" aux plus défavorisés (ceux qui ne parcourent pas nécessairement le plus de kilomètres), plutôt que de baisser le taux de TVA...

Au 1er janvier de cette année, les taxes sur le litre de gazole (TICPE) ont crû de 7,6 centimes par litre, celles sur le sans-plomb de 3,9 centimes, selon les décomptes de l'UFIP (Union française des industries pétrolières). 
Et ce n'est pas fini. 
En 2019, la hausse sera de 6,5 centimes pour le gazole et de 2,9 centimes pour le sans-plomb. 
La TVA augmente aussi, puisqu’elle s’applique en pourcentage à l’ensemble du prix, TICPE comprise ! La progression de la fiscalité représente environ 25% de la hausse actuelle.

samedi 21 mars 2015

Ile-de-France: gratuité des transports sous la pression des Verts-rouges et très lourde facture pour tous

Ségolène Royal fait de la surenchère: 
après les élections, c'est trop tardif...

Le président PS de région se justifie par référence à mars 2014 !
Photo de propagande prise au crépuscule
Parce que la  circulation alternée avait été mise en place il y a presque un an jour pour jourJean-Paul Huchon se croit obligé de céder à la pression des Verts. Or, selon le président du Syndicat des Transports d'Ile-de-France (STIF), la gratuité dans les transports en Ile-de-France pourrait coûter au moins dix millions d'euros à la région. 

Et la Région, ce n'est ni Hollande, ni Huchon, ni les Verts...
L'an passé, le STIF avait estimé une perte de l'ordre de quatre millions d'euros par jour en semaine, dont 2,5 millions sur le réseau RATP, et le reste pour le réseau SNCF Transilien et les bus du réseau Optile. Le week end, le manque à gagner serait plus faible de 3,5 millions pour la journée de samedi et de 2,5 millions le dimanche. 

"Dans le cadre de l’épisode de pollution aux particules fines PM10, qui sévit notamment dans notre région depuis plusieurs jours, la dégradation de la qualité de l’air a atteint ce vendredi le seuil d’alerte." Malgré l'alerte sonnée -et l'expérience évoquée- les mesures rendront effet trois jours plus tard.  "Les informations disponibles actuellement indiquent que cette situation devrait persister. C’est pourquoi dans l’attente des décisions de l’Etat sur le déclenchement de la circulation alternée à Paris, j’ai demandé aux opérateurs de transports SNCF, RATP et OPTILE de mettre en œuvre dès demain [samedi] la gratuité des transports sur leurs réseaux respectifs en Ile-de-France," explique Jean-Paul Huchon, vendredi soir. 

Les écologistes nous feront envoyer la facture 

Qui les usagers croient-ils qui va payer ? Certes, les bus, métros, RER et Transilien sont donc accessibles librement et gratuitement dans l'ensemble des zones 1 à 5. Pour le STIF, cette décision a pour but d'encourager les habitants à privilégier les transports en commun pour leurs déplacements plutôt que la voiture. Mais les opérateurs de transports ne tarderont pas à répercuter le coût sur les usagers, dont les plus défavorisés, voire médicalement fragilisés.

Pour les opérateurs, la perte s'explique surtout l'absence de vente des tickets à l'unité ou des forfaits spécifiques pour les jeunes ou pour les touristes. En outre, c'est une journée blanche où aucune amende n'est dressée. 

L'an passé, la facture de 10 millions d'euros que le STIF avait décidé d'instaurer pendant trois jours lors du pic de pollution avait été pris en charge pour moitié par l'Etat, en raison de l'impératif de santé publique. Et l'Etat, ce n'est personne d'autre que les contribuables. 

Pour récupérer en partie la mise, les autorités vont être beaucoup plus vigilantes sur les routes... L'an dernier, lors de la mise en place du dispositif de la circulation alternée, la préfecture de police a totalisé en une matinée 4.500 infractions, dont 3.000 pour non-respect de la circulation alternée à Paris et dans sa proche banlieue. Les usagers concernés ont dû régler une amende de 22 euros immédiatement (35 euros au-delà de trois jours).

Débordée sur sa gauche, la ministre de l'Environnement renâcle

Les particules fines s'attaquent
à la cohérence de la ministre
 
Samedi en début d'après-midi, Anne Hidalgo a annoncé la mise en place de cette mesure contre la pollution dès lundi, mais Royal ne veut pas "confondre vitesse et précipitation" et lui a opposé "ne pas décider sur de l'émotionnel démagogique." "Une décision de restriction des libertés, ça se fait dans le respect de l'Etat de droit," a-t-elle ajouté. "Ma responsabilité, c'est aussi d'anticiper les conséquences de mes décisions", a-t-elle fait valoir, suggérant que la maire de Paris ne voit pas plus loin que le bout de son nez, évoquant "les moyens de police" mobilisés pour cette opération et "les contraintes sur des centaines de milliers de gens".

La ministre oppose donc des limites, précisant qu'"à ce stade, la circulation alternée ne s'applique que lundi". "Nous ferons le point lundi en cours de journée", a-t-elle prévenu, faisant valoir que "manifestement, les prévisions météorologiques s'amélioreront à partir de mardi". 
La ministre a en outre annoncé qu'elle va réunir prochainement les maires des grandes agglomérations et les autres acteurs concernés "pour bâtir des plans d'action sur cinq ans". "Dans cinq ans, il faut que le problème de la pollution par les particules soit réglé", a-t-elle prévu. Royal rappelle qui est la chef...

Deux jours de polémique
Si l'urgence est aussi extrême qu'indiquée par les écologistes, la polémique a retardé la décision de mettre en place la circulation alternée a pris deux jours de retard: des élus verts accusent le gouvernement de tergiverser en raison des élections départementales dimanche. "Ces accusations sont dénuées de tout fondement", s'est défendue Ségolène Royal. "J'ai tendance à vous dire que c'est peut être l'inverse (...), s'est-elle défendue, car certains politiques ont fait beaucoup de bruit à la veille des élections".
Interrogée un peu plus tard sur i-télé sur le fait que c'est la maire de Paris, Anne Hidalgo -et non elle- qui a annoncé la décision du gouvernement samedi, la ministre s'est sentie outragée. Royal a donc minimisé cet affront. "C'est le préfet de police qui a fait cette recommandation (d'instaurer lundi la circulation alternée) que j'ai tout à fait entérinée. Et la maire de Paris l'a annoncée, c'est pas bien grave", a-t-elle assuré... On retient que la ministre n'a rien décidé: la ministre de l'Ecologie de Valls s'est faite court-circuiter et tente de faire bonne figure.

mardi 16 septembre 2014

Prix du gazole: les salariés vont payer l'écotaxe

Les plus modestes incités à préférer le diesel plus propre et moins cher paieront plus

L'écotaxe passe à la charge de tous les Français
Royal S tente de faire supporter l'écotaxe
par 60% des Français sans distinction
Le gazole devrait coûter 4 centimes de plus à la pompe l'année prochaine. Cette piste pour compenser l'écotaxe est inéquitable.

L'écotaxe (poids lourds) pour tous ! Les Français dénoncent la hausse "sérieusement envisagée" du prix du gazole, de 2 centimes par litre, auxquels s'ajoutent 2 autres centimes imputables à la taxe carbone. 4 centimes sur un litre qui oscille entre 1,25 et 1,60 euros en France, pour un carburant toujours aussi exagérément critiqué pour sa pollution aux particules fines et à l'oxyde d'azote, en dépit de l'immense chemin parcouru pour l'amener à presque rien sur les véhicules récents.

"Après les actions des 'bonnets rouges', il fallait s'y attendre, soupire un internaute. Au lieu de faire payer les transporteurs, et surtout les étrangerspiste évoquée par Ségolène Royal, mais rejetée, ce sont les salariés français qui vont payer
Sur la même longueur d'ondes, un autre renchérit: "Les socialistes parlent souvent de justice sociale, c'est un fait. Phase n°1: "écotaxe" pour les poids lourds. Taxe annulée ou reportée pour le moment donc. Phase 2: on reporte le montant de cette taxe sur le prix du gazole pour tout le monde, soit les ménages. Logique socialiste. Et ils s'imaginent que nous sommes dupes?"

Le dialogue n'a lieu que sur la toile

Sur les réseaux sociaux, la France profonde lâche des commentaires virulents, mettant en cause la validité même de la sanction du diesel par la taxe. Ainsi, lit-on: "On oublie d'évoquer la nouvelle norme Euro 6 qui rend le gazole plus propre." 
 
Certains internautes ironisent sur le coût effectif pour le consommateur d'une hausse de 4 centimes par litre. Ainsi, un lecteur du Figaro qui ne connaît visiblement pas les fins de mois difficile, raille : 
Distance moyenne parcourue: 15000 km par an et par petit Français, soit 900 litres de gazole.
Augmenter de 4 centimes, ça nous emmènerait à un prélèvement de...36 euros par an.
C'est vraiment du lourd.
Mais bien entendu ça va faire une révolution.
A côté de ça les Français se font pomper des milliers d'euros sur des impôts délirants qui augment infiniment plus en dérivée naturelle, mais là surtout ils ne disent rien.
Pathétique.
A la différence de Bercy, ce comptable finaud n'a ni addition, ni multiplication sur sa calculette.

Enfin, certains Français qui sont passés au travers de la sur-fiscalisation sont pour une plus forte taxation. Un socialo-godillot (non frondeur ou écolo) rappelle qu'en 2012 l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a officiellement reconnu les moteurs diesel comme étant "cancérogènes certains".Tel anonyme pointe en revanche "les dangers» du méthyle tertiobutyl éther (MTBE, un additif présent dans l'essence) et appelle à "en prendre conscience". Et un autre d'opposer qu'il "n'est pas une cause de pollution de l'air". Des organisations de santé américaines pointent en effet davantage les problèmes de pollution de l'eau liés à cet additif.
Bénéfice escompté sur les futurs véhicules équipés: une division par deux des émissions d'oxydes d'azote.

Les incohérences qui tuent

Favorisé par une politique fiscale avantageuse et des avancées technologique en matière environnementale,
le diesel s'est fortement développé en France : il équipe moins de 60 % de notre parc automobile aujourd'hui, contre à peine plus du quart en 1995. Réputé meilleur pour l'air que le moteur à essence en générant moins de CO2 au kilomètre, le diesel émet en revanche des particules fines.
Ces particules, émises aussi par le chauffage au bois et par l'industrie, seraient en France à l'origine de quelque quarante-deux mille morts prématurées chaque année, selon le ministère de l'écologie. Mais déboisant d'immenses espaces de forêts au nom des bio-énergies, des municipalités vertueuses s'équipent en chaudières à granulés de bois et mixtes (bûches/granulés). Ainsi, à Chartres, la piscine de La Conterie et les serres municipales sont équipées de chaudières à bois. A Milly-la-Forêt, la société coopérative "d'intérêt collectif" (sic? Non, SCIC) lancée par le parc naturel régional (PNR) du Gâtinais, s'inscrit dans une "démarche pionnière" en Ile-de-France, nous dit-on. Dans le Gâtinais (36 villes de l'Essonne, 33 en Seine-et-Marne), c'est le parc naturel régional (PNR, avec 69 communes adhérentes et 82000 habitants) qui fournit le bois qui pollue

lundi 17 mars 2014

Circulation alternée: plutôt une amende qu'une journée perdue de travail

"22 euros d'amende ou une journée de boulot perdue, le choix est vite fait"

Les Français réagissent à l'écologie punitive de la dernière heure


Philippe Martin se félicite du
civisme des Français:
il faut y voir de plus près...
Les salariés réagissent à la mise en place de la circulation alternée dans Paris et sa petite couronne...

Comment se rendre au travail ? Annoncée ce week-end, en totale "improvisation", la circulation alternée est en place dans Paris depuis 5h30 ce lundi et jusqu’à ce soir, au minimum. Tous les véhicules dont la plaque d’immatriculation est un nombre pair n’ont donc pas le droit de circuler aujourd’hui. 

Une bonne mesure doit avoir du sens

Elle doit d'abord être bien acceptée. 
Bon nombre refusent de se plier à la soudaine injonction du gouvernement. "Ça me donne le choix entre 20 minutes de trajet en voiture ou plus de 2 heures en transport, explique une internaute. Avant d’exiger des gens qu’ils prennent moins leurs voitures, assurons-nous que les transports sont fiables." Une analyse malheureusement appuyée par la photo envoyée par N, ce lundi matin.

Le gouvernement n'a pas réagi vendredi, quand le risque sanitaire était maximal. Il disposait de l'arsenal prévu par la loi Le Page de 1996 sur la qualité de l'air. Mais, entre les écolos radicaux d'EELV qui voulaient ignorer les dispositions de la concurrence, les réticences historiques du ministère de la Santé en matière de circulation alternée et la mollesse de l'exécutif préoccupé de sa popularité  à une semaine du premier tour des municipales, les troubles respiratoires se sont multipliés dans toute la moitié nord de la France, pendant que les autorités faisaient leurs calculs politiciens.

Elle doit être équitable
Or, ce sont encore les plus défavorisés qui sont pénalisés. Ceux qui ont besoins d'une voiture pour travailler viennjent souvent de loin, d'au-delà du périphérique. Les quartiers populaires s'en souviendront-ils encore dans moins d'une semaine?

Elle doit être sensée
La RATP est parmi les principaux pollueurs de l'Ile-de-France et les écologistes radicaux qui recommandent les transports en commun comme une panacée nous mènent en bateau.

VOIR et ENTENDRE Christophe Barbier:

dimanche 16 mars 2014

Circulation alternée: les coulisses politiques d'un feu rouge des Verts radicaux

L'altermondialiste Duflot a-t-elle pris le pouvoir au gouvernement ?

Le Premier ministre met en place la circulation alternée sous la pression des altermondialistes.


L'exécutif découvre ses nouvelles mesures
dans Le Monde
L'utilité des Verts radicaux en campagne était contestée sur les marchés écolos et bien au-delà.  Cécile Duflot s'avouait rongée par les Verts alpagués à chaque meeting sur le passage des paroles aux actes et qui la harcelaient d'appels à l'action. "Mais pourquoi vous ne faites pas la circulation alternée!", insistent les "yaka" qui, la prenant pour la ministre de l’Ecologie, lui demandent des comptes. Militante pour cette solution, mais inaudible en interne et illisible en externe, la ministre du Logement est en fait devenue extrêmement susceptible sur tous les sujets qui pointent son incurie. Elle a donc mis en demeure l'âne Martin (PS), le sombre Ayrault et le mol Hollande, avant de finir par provoquer "un conseil stratégique", à quinze jours des municipales.  "Pour la calmer", soupire un de ses souffre-douleurs.

En début de semaine, Philippe Martin s'est mis en mode action et a fait pression tantôt en passant par l’Elysée tantôt par Matignon. A Matignon,  le risque de paniquer la population a fait tergiverser Ayrault, qui préfère temporiser et ne pas faire d’annonces. Marisol Touraine ne semble pas encore concernée, accréditant ainsi l'idée que la santé publique n'est pas autant menacée que les candidats altermondialistes en mal de crédibilité. 

Il faut attendre jeudi, alors qu’il était mobilisé pour le soutien d'un candidat PS aux municipales, pour qu'il suspende la campagne et veille à prendre des mesures de protection de la population. Martin annule donc in extremis  son vol, non pas pour donner l'exemple de la réduction de CO2, mais parce que l'exécutif s'est décidé à lâcher le sujet des écoutes illégales. Il vient d’avoir l’aval du gouvernement pour se consacrer aux électeurs du nord de la France exposés aux particules fines de l'air. Les réunions de crise s'enclenchent finalement en sorte de donner l'illusion d'une capacité du gouvernement à mobiliser. Hildalgo, Huchon, Delanoë sont contactés par téléphone. Guillaume Pepy, le patron de la SNCF, se montre très coopératif et le préfet de Paris lance des menaces de sanctions aux automobilistes sourds aux sirènes écologistes.

Entre la poire bio et le fromage AOC

Jeudi 13 à midi, le vice-président écolo de la région Ile-de–France, chargé des transports, Pierre Serne se rend à Matignon pour un déjeuner de toute façon prévu de longue date avec un conseiller de Jean-Marc Ayrault sur le sujet de la réforme ferroviaire. Mais l’urgence étant décrétée, il ne fut plus question que de qualité de l'air. "A Matignon, ils étaient un peu secoués parce que nous avions tapé fort sur l’inaction du gouvernement, le matin même en conférence de presse", explique Serne.

Lors de ce déjeuner, Serne remet les gaz. Le conseiller informe Christophe Chantepy, le directeur de cabinet du Premier ministre, qu'il va  chanter Manon sur l'air de la Tosca à Jean-Marc Zéro.

Ayrault finit par soulever une paupière. Si la situation ne s’améliore pas, la circulation alternée sera annoncée samedi. Mais, à quelques jours des municipales, la mesure pourrait s’avérer dangereusement impopulaire et illusoire. Cette donnée n’échappe à personne, d’autant que la préfecture de police n'a pas la cote auprès des Franciliens. Philippe Martin se montre "timide", selon une source gouvernementale. 

On tranche alors en faveur d’une demi-mesure : la gratuité des transports. Qui paie ? L’Etat, la région ? On verra après les élections ! Il faut donner l'impression d'exister, alors que seize ministres sur 38 sont en campagne sur le terrain. "Normalement, la gratuité et la circulation alternée se mettent en place au même moment", explique Serne. qui connaît bien le décret de 1997 en question.

Echange téléphonique  final


Jeudi en fin d’après-midi, Philippe Martin annonce 
la gratuité des transports. A son côté, Huchon opine sur commande. Sa lecture finie, Martin tourne les talons quand un journaliste resté sur sa faim lance à voix haute. "Et la circulation alternée ?" Martin se retourne, réfléchit, mais repart se claquemurer dans son ministère, Huchon sur les talons. Consternation: la montagne a encore accouché d'une souris verte et les écolos couinent

Samedi matin, Martin se montre dubitatif.
Interrogé par Libération, son ministère pointe en revanche EELV, assurant que Martin n’est pas de ceux qui font pression par media interposés. 
"La circulation alternée est une mesure lourde à mettre en œuvre", plaide mollement Martin, prêt à "reconnaître un malentendu"...
Mais, "dans l’absolu, ce n’est pas très compliqué à mettre en œuvre. Pour que cela fonctionne, il faut bien informer et compter sur le civisme", glisse un membre de la préfecture de police de Paris, chargée de faire taire la cacophonie.


Samedi, en début d’après-midi, est annoncée une réunion de crise au ministère de Martin. Marisol Touraine y est même présente. La ministre de la Santé s’est mise à faire passer des messages à Matignon et à l’Elysée concernant principalement les enjeux de santé publique. Les deux ministres ensuite rendre compte à Matignon. Au début de cette nouvelle "mise sur la table" avec Chantepy et quelques autres, la circulation alternée n’est pas encore décidéePar téléphone, les protagonistes relancent  Jean-Marc Ayrault qui finit  alors  par donner son feu vert à la circulation alternée.

Mode d'emploi de la "circulation alternée" (lien)
(véhicules autorisés / interdits à la circulation)

samedi 22 septembre 2012

J-V. Placé (EELV) aimerait nous sucrer le diesel

Encore un interdit de la gauche socialo-altermondialiste 

Le président du groupe Europe Ecologie-les Verts (EELV) au Sénat a demandé l'interdiction de circuler en voitures diesel dans les grandes villes, dans trois ans, pour commencer.


Vendredi sur Europe 1, l'élu de l'Essonne et collègue de Cécile Duflot a fait de la surenchère sur la proposition lancée par le député PS Jean-Marie Le Guen. 
"Il faut indiquer le cap, dans les trois ans, d'interdiction d'utilisation du diesel dans les grandes villes", a renchéri M. Placé, le jour d'ouverture de la conférence environnementale. 
"Ce sont des mesures notamment européennes qui commencent à se mettre en place et nous, comme souvent, nous sommes à la traîne", a-t-il déploré. 

Faut-il carrément interdire ce carburant ? 

Sans nuance, ni exception pour les véhicules autres que les 4x4, 
l'élu de la gauche radicale d'Europe Ecologie-Les Verts a répondu catégoriquement: "A terme oui, bien sûr". 

"Premièrement, il y a des niches fiscales qui favorisent le diesel dans notre pays et celles-là, il faut progressivement les supprimer. J'en ai parlé à Jérôme Cahuzac", ministre du Budget et "il n'a pas été très réceptif, a admis le sectaire. Le débat parlementaire, j'espère, fera avancer la cause". 

Le sénateur écologiste a aussi pointé "la fabrication par Peugeot - sans vouloir les accabler (sic)- de voitures hybrides diesel"
Ce sont "deux messages contradictoires ! Ca devient ridicule", a estimé le totalitaire d'origine coréenne incapable de pratiquer la transition énergétique et la diversité de l'offre. 

Cet hybride ne veut voir qu'une seule tête.

Quant à Jean-Marie Le Guen, dès le 12 septembre,
 avant Placé, le recycleur Verts d'idées éculées, le Dr Jean-Marie Le Guen, adjoint au maire de Paris en charge de la santé, avait déjà proposé l'interdiction des véhicules diesel dans Paris pour lutter contre les particules fines. Il suggérait alors de discriminer les bons des méchants citoyens, proposant que les "Franciliens fragilisés par la crise et qui n'ont d'autre choix que de recourir à leur voiture diesel pour venir travailler" bénéficient d'une "politique de soutien renforcée" pour remplacer leurs véhicules. Les chauffeurs de taxis sont-ils fragilisés ? 


Le ministère de l'Ecologie devait réunir le 20 septembre sept collectivités volontaires pour expérimenter des "zones d'accès prioritaires pour l'air" (ZAPA), où l'accès des véhicules les plus polluants serait restreint : Paris, Saint-Denis, Lyon, Grenoble, Bordeaux, Clermont-Ferrand et Aix-en-Provence.L'amère de Lille n'a donc encore pas entendu cet appel: arrosait-elle la grande braderie ?