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lundi 17 mars 2014

Un peu de circulation alternée à Paris et puis s'en va à minuit

Un jour de circulation alternée pour sauver la santé des Parisiens

L'opération communication ne sera pas prolongée


La circulation alternée imposée par le gouvernement Ayrault à Paris et dans 22 communes limitrophes ne sera déjà plus nécessaire mardi
Pratiquée aujourd'hui pour la première fois depuis 1997 pour lutter contre des pics de pollution déjà retombés ce lundi, elle n'avait déjà pas d'utilité ce lundi, comme indiqué par le bulletin prévisionnel en date de dimanche (ci-contre), jour de son annonce par le ministre de l'Ecologie, Philippe Martin

Alors que l'indice de pollution est élevé lundi 17 mars, selon AIRPARIF, le ministre de l'Environnement fait l'annonce qu' "au vu des résultats des mesures prises et en fonction des prévisions que nous pouvons faire, le Premier ministre a pris la décision de ne pas reconduire la mesure de circulation alternée, demain, mardi".

La contrainte est levée lundi à minuit et, avec elle, la gratuité des transports publics à la fin du service.
Bizarrement, les prévisions de pollution sont plus élevée que le 16 mars, jour de la prise de décision de la circulation alternée. 

VOIR et ENTENDRE la ministre de la Santé, Marisol Touraine répondant à J.-Michel Aphatie 
sur RTL ce 17 mars 2014, et considérant que le gouvernement a "assumé ses responsabilités" face au risque de pollution:

Les automobilistes étaient sous la menace de contraventions
,
depuis 5h30 du matin.
Quelque 850 policiers ont été mobilisés à une soixantaine de points de contrôle, notamment aux entrées de Paris. Soit 14 par point d' 3accueil"?
Les contrevenants s'exposaient à une amende de 22 euros (s'ils pouvaient payer sur le champ) et à l'obligation de rebrousser chemin. A 15h00, la Préfecture de police de Paris signalait 4.000 procès verbaux dressés pour non respect de la circulation alternée. Seuls les véhicules dotés de numéros impairs étaient autorisés à circuler dans la capitale et 22 communes périphériques, sauf exceptions, comme les taxis, les services de secours, les véhicules transportant au moins trois personnes (covoiturage) ou en livraison professionnelle.

Une trentaine de voitures ont été immobilisées après le refus des conducteurs de faire demi-tour, a indiqué le très répressif préfet de police de Paris, Bernard Boucault, sur BFM TV.

Depuis la Préfecture de police de Paris, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, s'est néanmoins félicité du "civisme" des Franciliens.
"Il y a sûrement un certain nombre de personnes qui n'ont pas compris quelle était l'importance de la mesure (...) mais c'est le sens civique, le sens des responsabilités qui l'emporte", a-t-il estimé devant des journalistes.

Duflot ne veut pas en rester là

Circulation à peine fluidifiée. Philippe Martin a fait valoir qu'il n'y avait à 8h00, autour de Paris, que 87 km de bouchons au lieu de 130 km habituellement et que le trafic avait diminué de 25 à 30%, selon les estimations de la police.
"Les craintes de pagaille et de blocage de Paris nées du souvenir de 1997 ne se sont pas confirmées, bien au contraire", a-t-il clamé. "Nous avons fait la démonstration que nous pouvions réussir là où beaucoup nous promettaient un échec", s'est-il félicité, sans se départir de sa hargne.

Avec une circulation en principe diminuée de moins de 50%, la préfecture de police assure qu'il y avait 60% de congestion en moins par rapport à la situation habituelle et la direction des routes d'Ile-de-France montrait à la mi-journée des axes franciliens presque uniformément verts - "du jamais vu".

Le gouvernement a mis en avant des impératifs de santé publique 
Il tenait à tout prix à justifier la mise en place de la circulation alternée,  du fait des critiques sur le manque de réactivité des autorités. Il a en effet fallu plusieurs jours de pollution aux particules fines pour que le gouvernement décide dimanche de mettre en place ce dispositif à compter de ce lundi, après avoir dans un premier temps décrété la gratuité des transports en commun.

"Je souhaite, en matière écologique, qu'on aille plus vite, plus loin" 
a lancé, sur BFM TV et RMC, Cécile Duflot, ministre du ...Logement. La ministre altermondialiste a déploré que la France ne soit pas encore devenue la "nation de l'excellence environnementale" promise en 2012 par François Hollande.

Duflot s'en prend à Hidalgo

L'écologiste radicale a aussi attaqué la candidate socialiste à la mairie de Paris. Anne Hidalgo a en effet souligné que le vice-président écologiste du Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif), Pierre Serne, a soutenu en décembre la commande de 300 autobus diesel par la régie des transports parisiens, la RATP. 
Voir vidéo ci-dessus.

Si elle est élue, 
Anne Hidalgo, conseillère régionale d'Ile-de-France lors du vote, promet aujourd'hui de revenir sur cette décision, contre laquelle elle dit s'être élevée. "C'est un scandale qu'elle ait dit cela", a répliqué Cécile Duflot. "C'est une commande qui a été passée en février (2013). Les écologistes n'avaient pas voté cette commande."

La ministre a soutenu que les écologistes avaient finalement "assumé" cette décision en décembre, alors que la commande était déjà réglée à "60%", et mis les propos d'Anne Hidalgo sur le compte d'un "moment de faiblesse".

L'exécutif a reculé face aux opposants à la circulation alternée

 Déjà molle,
la gauche s'est dégonflée...
Ainsi le délégué général de l'association "40 millions d'automobilistes" a-t-il de nouveau mis en doute l'efficacité de la mesure.
"Vouloir faire croire qu'on va résoudre tous les maux de la planète par la circulation alternée, c'est de la démagogie", a déclaré Pierre Chasseray sur RTL.
Il a expliqué que cette mesure aurait un impact négatif sur l'économie, avec les "centaines de milliers de personnes qui, aujourd'hui, vont perdre un temps énorme".

Quant aux 
Parisiens contraints au civisme par la menace d'amendes et d'immobilisation de leurs véhicules, ils ont très mal apprécié la méthode répressive de Hollande. Si toutefois il était au courant, car le pouvoir à l'excuse facile du "malentendu"...

  

vendredi 1 novembre 2013

1er novembre: la facture de gaz continue de monter

Hausse de 0,6% de la facture du gaz, après les 5% de l'électricité au 1er août

Les tarifs réglementés du gaz ont augmenté de 0,63% en moyenne avant les grands froids
A nous la belle vie !
a indiqué la Commission de régulation de l'énergie (CRE) dans un avis mis en ligne jeudi.
La hausse doit servir à répercuter l’augmentation des coûts d’approvisionnement de GDF Suez, explique la CRE.

Il s'agit de
la plus forte progression mensuelle enregistrée depuis juillet, quand les prix du gaz avaient également augmenté de 0,5%. Depuis une réforme lancée fin 2012, les tarifs réglementés du gaz naturel sont révisés tous les mois.

L'usine à gaz de l'encadrement par l'Etat 
Sont concernés les 9 millions de foyers restés fidèles aux tarifs encadrés par l'Etat proposés par l'opérateur historique GDF Suez et des régies locales, sur un total de 11 millions de ménages français abonnés au gaz.

La hausse est de l'ordre de 0,5% pour les 6 millions de foyers chauffés au gaz. Elle est de 0,2% pour ceux qui n'utilisent le gaz que pour la cuisson. Pour un double usage cuisson et eau chaude, elle est de 0,3%. Et pour ceux qui se chauffent, se lavent et mangent ? 

C'est la  plus forte "progression" 
depuis la hausse de 2,4% enregistrée en janvier. 

En comptant cette hausse du mois de novembre,
les tarifs du gaz auraient globalement augmenté de 0,9% depuis le début de l'année.

Contre toute évidence, ils seraient orientés dans l'ensemble à la baisse depuis cette réforme grâce à un changement de la formule de calcul, qui a été rendue moins dépendante des prix du pétrole brut et est donc en principe plus favorable aux consommateurs.
A la vérité, les tarifs du gaz ont globalement augmenté de 3,90% en 2013:  0,9% après les 2,4% de janvier et avant les 0,63% de novembre 2013.

Ce qui reste à venir

A partir de janvier 2014, les ménages abonnés au gaz seront soumis à la taxe intérieure sur la consommation de gaz naturel (TICGN), dont ils étaient jusqu'ici exemptés, dans le cadre de la mise en place de la contribution climat énergie ou taxe carbone. La contribution climat-énergie vise à renchérir le coût des émissions de gaz à effet de serre et Pascal Canfin l'a présentée dans le journal Libération comme une "réforme de gauche". Certaines voix à gauche critiquent néanmoins la mise en place de cette "contribution" au nom de la défense des ménages ruraux à faible pouvoir d’achat: environ 60 euros par an.

Selon un récent rapport parlementaire du député PS Christian Eckhert,
la hausse correspond à 1,41 euro du mégawatt-heure en 2014, 2,93 euros en 2015 et 4,45 euros en 2016Soit un surcoût de la facture annuelle d'environ 75 euros en 2016 pour un ménage avec une consommation usuelle de 17 mégawatt-heures par an.

Par ailleurs, le ministre de l'Ecologie et de l'Energie, Philippe Martin, a indiqué jeudi avoir signé "il y a quelques jours" un décret visant à accélérer l'extension de 2 à 4 millions de foyers (soit huit millions de personnes) des tarifs dits "sociaux" de l'électricité et du gaz, qui permettent à leurs titulaires de bénéficier d'une petite réduction sur leur facture. Le texte doit encore être publié au Journal officiel mais s'appliquera rétroactivement au 1er novembre.

En outre, la CRE a appelé le gouvernement à remettre la réglementation en ordre, suite à une décision récente du Conseil d'Etat.
Ce dernier a invalidé début octobre les tarifs réglementés du gaz fixés par le gouvernement Fillon en décembre 2011 et restés en vigueur jusqu'en juillet 2012, à cause d'une différence de traitement injustifiée entre certaines catégories de consommateurs.

Or, le gouvernement Ayrault a bien introduit cette année un dispositif dit de "convergence tarifaire" pour effacer graduellement les écarts de tarif entre ces catégories, mais sans supprimer celles-ci immédiatement .

La CRE souligne que 
le Conseil d'Etat impose à Hollande de "procéder dans les meilleurs délais" à l'abrogation de son arrêté de juin 2013 qui a instauré ce mécanisme de convergence tout en maintenant  ces catégories en contravention au principe d'égalité...

La France va-t-elle manquer de gaz cet hiver?
Les stocks de gaz de la France sont en baisse et les tensions avec la Russie pourraient entraîner une rupture des importations cet hiver. A la mi-septembre, le ministre de l'Ecologie et de l'Energie, Philippe Martin, a tenu à alerter ses partenaires européens sur ce risque. Nos stocks atteindraient 65% contre 75% habituellement à la même période. En cas de froid extrême cet hiver, le risque de pénurie n'est pas écarté.
Près de 15% de nos importations de gaz proviennent de Russie, et la situation actuelle en Syrie pourrait avoir des répercussions sur son approvisionnement à venir.

vendredi 13 septembre 2013

Hollande n'arrête pas de tripatouiller le budget 2014

Il serait temps de savoir où on va !

Le "capitaine de pédalo" s'est félicité du projet de budget pour 2014: il fallait s'en douter!
Il a été conçu pour "ne pas obérer la croissance", a raconté Najat Vallaud-Belkacem, mercredi 11 septembre, à la sortie du Conseil des ministres.
"Le président de la République a commenté cette communication (du Premier ministre) en se félicitant de ce que la légère amélioration de la situation économique [européenne], d'une part, et les efforts inédits en économie sur les dépenses d'autre part (15 milliards d'euros) ont permis de limiter le recours aux prélèvements obligatoires", les impôts, donc, a ajouté la porte-parole du gouvernement, en dépit du constat des Français au vu de leurs avis d'imposition.
"Notre responsabilité, a-t-il espéré, c'est de faire en sorte que l'éclaircie se confirme", a poursuivi la Voix de son Maître, citant le chef de l'Etat.

Celui-ci a souligné que les mesures prises dans le cadre de ce budget "visent, tout en poursuivant l'objectif de réduction des déficits publics à ne pas obérer la croissance". "C'est la raison pour laquelle nous maîtrisons les prélèvements obligatoires à la fois sur les entreprises et les ménages pour assurer la compétitivité des premières et pour permettre à la demande intérieure de repartir", a-t-il affirmé, selon la porte-parole.

François Hollande s'est aussi "félicité de la réindexation du barème de l'impôt et du mécanisme de décote annoncés par le Premier ministre qui permettra aux ménages les plus fragiles de retrouver du pouvoir d'achat", a-t-elle poursuivi. Les classes moyennes les plus exposées feront comme elles pourront.

"Enfin le président a salué le fait que nous confirmions l'introduction d'une fiscalité écologique avec un équilibre global entre ce qui doit augmenter et ce qui doit baisser, et donc pas d'augmentation des impôts au global", a-t-elle prétendu à la surprise des écolos radicaux (EELV) du gouvernement.

Année des municipales: 15 milliards d'économies ?

Un peu plus tôt, Jean-Marc Ayrault a annoncé que
le PROJET de budget 2014 va PREVOIR des économies d'un montant "sans précédent" de 15 milliards d'euros. Le Premier ministre s'est une nouvelle fois abandonné au commentaire: "il était important pour les Français de dire exactement ce que le gouvernement veut faire (...), tout faire pour consolider la croissance". "C'est un budget pour le redémarrage de l'emploi, c'est la bataille centrale", a-t-il martelé, en guise d'éléments de langage à destination de l'AFP chargée de la diffusion de la bonne parole.

Jean-Marc Ayrault a outre confirmé qu'il n'y a pas d'augmentation de la CSG ni de la TVA: ces hausses ont déjà  été prévues à partir du 1er janvier 2014 pour financer le crédit d'impôt compétitivité en faveur des entreprises. 

Il a aussi pensé pouvoir garantir qu'il n'y aura "pas d'augmentation du coût du travail". Au contraire, "la baisse se poursuit", a-t-il estimé.

Décote pour les plus modestes sur l'impôt sur le revenu
Le Premier ministre a rappelé que le gouvernement avait décidé "de réindexer" le barème de l'impôt sur le revenu sur l'inflation, ce qui "évitera à des personnes d'entrer dans l'impôt sur le revenu", c'est-à-dire de devenir imposables. Voulant "aller plus loin", le Premier ministre a annoncé dans la cour de l'Elysée "une mesure de pouvoir d'achat qui est très importante", consistant à "faire en sorte qu'il y ait une décote qui permettra aux salaires les plus modestes mais aussi aux retraités les plus modestes" de ne pas être imposés.

Le projet de budget comporte aussi, a-t-il précisé, "d'autres mesures de justice, de pouvoir d'achat" comme "l'augmentation des bourses" pour les étudiants, à la fois sur le montant et "le nombre" de bénéficiaires.

Les principaux points du projet : 

• Prévisions de croissance : Pierre Moscovici a confirmé la prévision de croissance française à 0,1% pour 2013 et abaissé à 0,9% contre 1,2% le chiffre attendu pour 2014. Lors de la présentation du programme de stabilité en avril, le gouvernement français avait annoncé tabler sur une croissance de 1,2% du produit intérieur brut pour l'année prochaine.

• Déficit public : Pierre Moscovici a annoncé que le déficit public de la France s'établirait à 4,1% du produit intérieur brut cette année, puis 3,6% en 2014, mais maintenu l'engagement d'un retour sous les 3% fin 2015. La précédente prévision de la France était d'un déficit de 3,7% cette année, descendant à 2,9% l'an prochain.

• Pression fiscale : La pression fiscale supplémentaire sera réduite à 3 milliards d'euros l'an prochain, soit moitié moins qu'envisagé initialement, a annoncé Bernard Cazeneuve. Il n'y aura pas de hausses de prélèvements sur les entreprises et aucune hausse non plus pour les ménages hors le relèvement prévu de la TVA.

• Energies : 
- "Une composante carbone" va être introduite dans la taxe sur les carburants dans la loi de finances 2014, a indiqué le ministre de l'Ecologie et de l'Energie, Philippe Martin.

- Philippe Martin a affirmé mercredi que ses propos en conférence de presse indiquant que l'avantage fiscal du gazole (diesel) restera inchangé avaient été mal compris, la décision n'ayant pas été prise selon lui.
"Je ne cautionne pas que je ferme la porte à une hausse du diesel ou que l'avantage fiscal sera maintenu, je ne le sais pas et je ne le dis pas", a-t-il déclaré, affirmant que la question de la fiscalité du gazole n'a pas encore fait l'objet d'"un arbitrage particulier".

- Un projet de loi sur la transition énergétique sera présenté au printemps 2014 et voté "au mieux" avant fin 2014, selon Philippe Martin.

• Niches fiscales : Suppression de deux niches fiscales qui bénéficiaient d'une part aux parents d'enfants scolarisés dans le secondaire et le supérieur et d'autre part à certains salariés titulaires d'une assurance complémentaire santé. La suppression de l'abattement forfaitaire relatif à la scolarisation rapporterait 450 millions d'euros, selon Alain Vidalies, ministre délégué aux Relations avec le Parlement.

• Impôt sur le revenu : Le gouvernement a décidé "de réindexer" le barème de l'impôt sur le revenu sur l'inflation, ce qui "évitera à des personnes d'entrer dans l'impôt sur le revenu", c'est-à-dire de devenir imposables. Voulant "aller plus loin", le Premier ministre a annoncé dans la cour de l'Elysée "une mesure de pouvoir d'achat qui est très importante", consistant à "faire en sorte qu'il y ait une décote qui permettra aux salaires les plus modestes mais aussi aux retraités les plus modestes" de ne pas être imposés. Le montant de cette décote sera dans le débat parlementaire.

• Impôt sur les sociétés : Le gouvernement ne réduira pas l'impôt sur les sociétés dans le projet de budget 2014, comme le patronat l'avait plaidé.

VOIR et ENTENDRE le coup de projecteur de Nicolas Doze sur le budget de 2014:

VOIR et ENTENDRE Nicolas Doze sur la nouvelle orientation dévoilée par le gouvernement concernant le budget 2014:




samedi 24 août 2013

Après la fiscalité rose, la taxe verte, goutte d'eau qui fait déborder le vase

La fiscalité verte ajoute au "ras-le-bol fiscal" et jusqu'à La Rochelle

La gauche avance masquée sur la fiscalisation du pays

L'annonce d'une "contribution climat-énergie" s'est télescopée, vendredi à La Rochelle, avec la crainte d'un "ras-le-bol fiscal" des Français. A l'ouverture de l'université d'été du PS, les faux-culs socialistes  se sont vus contraints de jouer sur le mots, clamant qu'il ne s'agit "pas d'une taxe nouvelle". Pourtant, les parlementaires de la gauche présidentielle n'ont-ils pas voté, comme un seul homme, toutes les taxes et impôts voulus par l'exécutif ? 

Absente lors de la précédente édition,
Ségolène Royal, petite présidente de région rentrée dans le rang, a donné le coup d'envoi des travaux vendredi après-midi, estimant en toute mauvaise foi que les socialistes sont "rassemblés": non seulement les présidents de région qu'elle avait invités  à dîner autour d'elle se sont décommandés, mais les élus craignent que le matraquage fiscal de Hollande leur coûte leurs mairies au printemps 2014.

A la vérité, avant même son ouverture,
l'université d'été était parasitée par l'annonce faite la veille de l'instauration d'une "contribution climat énergie" par le nouveau ministre de l'Écologie, Philippe Martin, obligeant ce dernier à préciser ses propos.

Ce n'est "pas une taxe nouvelle, supplémentaire", se défend-il.
"Ce n'est pas une fiscalité additionnelle mais une fiscalité de substitution", a-t-il assuré devant la presse. "S'il s'agissait d'une taxe nouvelle, je serais contre, comme j'étais contre la taxe carbone" de Nicolas Sarkozy dont elle est la copie conforme, a-t-il martelé. Pour cela, il promet actuellement que le gouvernement va tenter de faire que le futur dispositif n'ait "aucun impact financier sur les classes les plus basses et les classes moyennes". Un impôt discriminatoire de plus, donc, mais dont on se demande à quel prélèvement il se substitue...

P
eu avant, incapablede fournir la moindre précision, le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, a affirmé qu'il ne s'agit pas de "frapper les Français", mais plutôt de "modifier les comportements", l'un pourtant expliquant l'autre !

La gauche du PS ne se laisse pas enfumer

"Pour l'heure, nous sommes dans le yaourt. Nous ne savons pas ce que le gouvernement a comme intention. La question est de savoir quelle est la philosophie qu'on a de cette taxe", a lancé à la presse Marie-Noëlle Lienemann, une proche de Riton Emmanuelli et de son avatar, Benoît Hamon.

Tout au long de la journée, usant d'éléments de langage communs, les responsables socialistes ont dû s'employer à déminer le sujet, de la porteuse de la bonne parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, au ministre Stéphane Le Foll, en passant par le Premier secrétaire Harlem Désir, selon lequel cette contribution "doit se faire à fiscalité constante".

Certains n'avaient pas caché leur ras-le-bol, tels François Rebsamen, président du groupe socialiste au Sénat, pour qui une "nouvelle taxe" écologique serait "punitive" et Ségolène Royal prévenant que ce n'est "pas le moment de mettre un impôt supplémentaire", alors que la croissance semble frémir.

Certains membres du gouvernement confient leur embarras, un ministre voilé soulignant que c'est "oublier qu'il y a des gens vivant en milieu rural ou péri-urbain", allusion à la taxation des activités polluantes et donc du diesel. Pascal Canfin lui-même a exprimé le sentiment de tout son parti (EELV), et non celui du gouvernement dont il est le ministre délégué du Développement, lâchant que "2016, c’est trop tard !", un an avant les élections de 2017. Et neuf mois avant les municipales...

Marine Le Pen, présidente du Front national, y a vu une "inacceptable mesure fiscale déguisée en vert" dont pâtiront "durement les ménages et les petites entreprises".

La gauche parlementaire fait enfin l'addition des taxes qu'elle a votées

La fiscalité suscite des interrogations au sein de la majorité
, alors que se profile une hausse de la CSG, sur l'ensemble des Français jusqu'aux plus démunis, pour financer les retraites. Des voix s'élèvent même pour une humiliante re-défiscalisation des heures supplémentaires par les détracteurs de la mesure symbolique du quinquennat précédent, qui a été détricotée par le gouvernement Ayrault par décret du 23 septembre 2012, après seulement quatre mois de pouvoir. Mais Thierry Mandon, porte-parole du groupe socialiste, vient de faire amende honorable en jugeant publiquement la défiscalisation des heures supplémentaire "adaptée à certaines situations".

Le sénateur PS Gaëtan Gorce affirme sur son blog que "la bataille de La Rochelle est déjà perdue" par le PS 
Le mot d'ordre "unité" doit donc être rangé dans la boîte à outils psychologiques,  en raison de "l'avalanche de polémiques" internes à la majorité.

Les sujet de discordes obscurcissent l'université d'été, comme la rentrée sociale

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls divise la majorité présidentielle
après ses propos sur sa volonté d'une politique du regroupement familial.
"Comme souvent à La Rochelle, on est reparti sur des débats internes", s'agaçait un ministre.
Apprécié l'année dernière pour un discours de fermeté sur l'"ordre républicain", Manuel Valls a un piètre bilan: beaucoup d'apparitions et de populisme, mais peu de résultats, puisque la violence a envahi le territoire nationaln Il s'est certes fait applaudir, mais aussi siffler samedi à l'une des conférences attendues de cette rencontre avec la base à La Rochelle. 
Les invectives contre l'extrême droite n'ont pas dissipé le malaise du PS à l'aube de cette année riche en rendez-vous électoraux. 
Désir, premier secrétaire désigné autoritairement,  fait une fixation sur la droite radicale pour mieux oublier les déboires de son parti: "le devoir de la gauche" est de mener une "bataille idéologique, culturelle et politique contre l'extrême droite" contre ce "mouvement 'anti-Lumières' qui va d'une partie de l'UMP au FN."

La majorité est toujours dans les intentions et le paraître
Le "off" de La Rochelle est aussi un traditionnel moment de réunions de courants, réseaux, clubs. Les proches de Manuel Valls ont ainsi organisé un "apéritif" samedi à midi et, vendredi soir, les amis de Martine Aubry se sont passés de l'ancienne patronne du PS qui n'est apparue que samedi...
Il devenait donc urgent 'afficher l'unité de "tous ceux qui soutiennent le président de la République", Harlem Désir devait redonner bonne figure du "courant majoritaire" en animant en fin de journée une réunion  avec Vincent Peillon, Arnaud Montebourg, Claude Bartolone. L'eurodéputé, qui assure tant bien que mal le syndic de la Rue de Solférino depuis bientôt un an, y jouait la réussite de sa rentrée et sa tête .
"Il faut que nous retrouvions vite le Harlem Désir qui fit les beaux jours de SOS Racisme [mais c'était sous la gouvernance de F. Mitterrand: autant dire qu'ils ont du mal à faire avec F. Hollande...] 
Nous n'attendons pas de lui qu'il soit le porte-parole du gouvernement", a taclé son rival Jean-Christophe Cambadélis, candidat malheureux de la Ch'tite Martine Brochen-Aubry à la tête du PS en 2012.

La Joly Eva (EELV) dénonce le "populisme" et le "funambulisme idéologique" de Valls

Tir de barrage des écolos radicaux détracteurs de Valls 

Eva Joly ajoute sa voix au choeur des amis de Taubira

L'ex-candidate écologiste à la présidentielle accuse Manuel Valls de "populisme" et de "funambulisme idéologique," rejoignant ainsi le concert de critiques contre le ministre de l'Intérieur.  
Les ministres "écolos", Cécile Duflot et Pascal Canfin, ont ouvert un front radical contre leur collègue Valls, créant une fracture idéologique dans l'exécutif au côté de Christiane Taubira sur les questions de migration et de justice pénale.
L'ancienne magistrate fustige notamment les positions de Manuel Valls sur la réforme de la loi pénale préparée par Christiane Taubira. 

A la tête des 2,32 % des voix PRG qui ont fait échouer Jospin à la présidentielle de 2002, l'ancienne magistrate est passée à l'attaque jeudi dans un entretien au Parisien/Aujourd'hui en France. "
"Alors que nous avons des magistrats intègres et dévoués, Valls ne veut pas leur faire confiance", estime-t-elle. "Sarkozy les méprisait et Valls marche dans ses pas en recherchant l'inflation pénale", assure celle qui en décembre 2010 proclama son soutien à Arnaud Montebourg à la primaire du PS de 2011 pour l'élection présidentielle de 2012.

Les ministres d'Europe Ecologie-les Verts se liguent contre Valls  

La première charge est venue de Cécile Duflot, ministre du Logement qui prend, dans Libération le contre-pied de son collègue de la place Beauvau. L'ancienne patronne d'Europe Ecologie Les Verts cible deux points : la réforme de la politique pénale qui a récemment opposé Manuel Valls à Christine Taubira et la question du regroupement familial que le premier flic de France a dit vouloir remettre sur la table.
"En matière de justice, il n'y a qu'une ligne de gauche. Elle est très bien portée par Christiane Taubira", explique tout d'abord la totalitaire, sous-entendant ainsi que la ligne Valls est plus proche de celle défendue par la droite.
Et l'écologiste d'ajouter sur la politique d'immigration : "la question ne se pose même pas: le droit à vivre en famille ne souffre pas d’exception", estime la stalinienne.
VOIR et ENTENDRE comment, sur France Inter, Duflot appelle Valls à rentrer dans le rang, au risque de disparaître de la photo:

Son collègue Pascal Canfin, ministre délégué au Développement, soulève le problème de l'exclusion:
 "Sincèrement, je ne vois pas comment, si Manuel Valls était Premier ministre, nous pourrions participer au gouvernement", lance-t-il sur le site du JDD où il accuse le ministre de l'intérieur d'avoir "déclenché le désordre".

Une éventuelle sortie des écologistes du gouvernement "n'est plus un tabou", selon Joly

Fauteur de troubles, l'indépendantiste guyanaise - et néanmoins gardienne des Sceaux - estime par ailleurs que c'est "parce que le cap global n'est pas le bon: le gouvernement tarde à engager la transition écologique."
Elle est présente aux journées d'été d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) qui se sont ouvertes jeudi à Marseille.

Les altermondialistes
 EELV caillassent Valls

Egalement présent à Marseille, José (Joseph, comme Staline)
Bové a parlé "de fracture entre Manuel Valls et la majorité", avant d'ajouter que "le discours très ambigu sur le regroupement familial est une faute politique majeure".
Le député écologiste de Gironde, Noël Mamère, a annoncé mercredi qu’il ne participera pas aux journées d’été d’EELV de Marseille, sous le mot d’ordre "L’an 2 du quinquennat, vers un changement de cap ?" Il n'envisage pas de claquer la porte d'EELV, mais indique ne pas "avoir envie de perdre son temps". "Je ne suis pas convaincu que les journées d’été seront centrées sur les questions essentielles, sur la fiscalité écologique", explique le député-maire de Bègles Mamère. "Elles seront plutôt centrées sur le prochain congrès où chacun va montrer sa motion. Les problèmes internes passeront devant et les jeux sont déjà faits", estime le grincheux dans un entretien à Sudouest.fr. 
Les attaques de la ministre écologiste Cécile Duflot contre son collègue du gouvernement trouve grâce aux yeux globuleux de l'amer Mamère. "Il était important qu’elle intervienne pour combattre les propos de Manuel Valls, qui sont aux antipodes des valeurs que défendaient le candidat Hollande durant la présidentielle". 

Le chef de file des sénateurs écologistes, Jean-Vincent Placé, a asséné de son côté que le ministre de l’Intérieur a "mis beaucoup de désordre depuis dix jours"
"Je trouve assez paradoxal que celui qui veut, en plus, incarner l’ordre républicain au sein du pays - et il y en a bien besoin - crée à la rentrée un tel désordre au sein du gouvernement et dans sa communication", a déclaré le sénateur de l’Essonne sur BFM-TV/RMC. 
"Il a mis beaucoup de désordre depuis dix jours avec la polémique avec Christiane Taubira", la ministre de la Justice, à propos du projet de réforme pénale, a-t-il insisté, évoquant notamment la "nécessité absolue de supprimer les peines planchers" instaurées pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

D
e son côté, Philippe Martin (ci-dessus avec Duflot), le nouveau ministre PS de l'Ecologie, tente de ramener le calme. Une tâche délicate, vu le parcours du combattant  dans lequel il 
va enfin devoir s'engager, face à des "militants exigeants": directive européenne sur les OGM, contribution climat-énergie, fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim ou budget de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) maintenu au même niveau en 2014, attendent l’ancien député du Gers, volontariste et bavard, qui se veut le "ministre des actes".