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mercredi 30 janvier 2019

Européennes : Wauquiez s'affirme en faisant désigner François-Xavier Bellamy, choix de la majorité LR comme tête de liste

La minorité juppéiste continue de faire le jeu du FN et de Macron

Elle n'admet toujours pas sa défaite et mène sa guérilla interne avec l'appui de la presse macronienne

Une ex-proche de Pécresse, un eurodéputé et un intellectuel

"Par ce trio, j'ai voulu envoyer un message très fort de rassemblement de toute la droite et de ses sensibilités." C'est ainsi que Laurent Wauquiez, patron des Républicains, a expliqué les choix de la commission national d'investiture pour les élections européennes, présidée par Eric Ciotti, grand rival du maire de Nice Christian Estrosi,, mardi, au Figaro. 
Le président de la région Auvergne Rhône-Alpes a en effet officiellement désigné François-Xavier Bellamy, 33 ans (ci-dessus à droite), Agnès Evren, conseillère régionale d'Ile-de-France, ex-porte-parole de Nathalie Kosciusko-Morizet, et Arnaud Danjean, eurodéputé sortant, juppéiste repenti, 48 ans, pour emmener la liste LR le 26 mai prochain. Un agrégé de philosophie, une élue parisienne et un eurodéputé sortant, dont la complémentarité doit donc assurer la popularité.

Réunie sous la présidence d'Eric Ciotti, la première commission nationale d'investiture dans l'histoire de l'ex-UMP a validé le choix de ce trio par 38 voix contre 2, le sénateur Pierre Charon, et le député Philippe Goujon, face à la candidature de l'eurodéputé sortant Philippe Juvin, un médecin de 65 ans qui souhaita donner le nom de Kléber Haedens au deuxième collège en construction de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine), dont il est le maire, bien que cet écrivain soit décrié par les élus de son opposition communale, contestant un auteur classé réactionnaire, nationaliste et royaliste qui a écrit pour L'Action française et proche de Charles Maurras. Juvin appela à voter Emmanuel Macron au second tour de l'élection présidentielle.

Le choix de la tête de liste pour les élections européennes rappelle aux contestataires qu'ils ne sont pas la majorité au sein du parti. Désigné par 48 des cinquante François-Xavier Bellamy, ne fait pas l'unanimité, notamment parmi les caciques frustrés du parti Les Républicains (LR). Dans les rangs du parti, les acteurs du passé  dénoncent le choix de ce jeune professeur (agrégé de philosophie à l'âge de 22 ans), figure montante qui est réduit à sa proximité avec La Manif pour tous, comme d'autres sont proches de Juppé (70 ans) et Bayrou (68 ans) ou  Macron (favori des femmes de 64 ans).

La désignation de François-Xavier Bellamy comme porte-drapeau des Républicains pour les prochaines européennes n'est pas du goût des battus du congrès de l'Union pour un mouvement populaire de 2014. "Les convictions personnelles de François-Xavier Bellamy ne seront jamais les miennes", a notamment lancé Rachida Dati dans la matinale de France Inter, mardi 29 janvier. Cette prise de position la ferait-elle tout à coup apprécier de ses détracteurs acharnés ? "Je ne suis pas la seule à ne pas avoir pensé à François-Xavier Bellamy comme une évidence pour la tête de liste Les Républicains", a insisté la maire du VIIe arrondissement de Paris, qui sera candidate aux Européennes. 
La tête de liste bouleverse les clivages traditionnels.
Résultat de recherche d'images pour "Bellamy"Lundi, la commission a donné un coup de jeune au parti en choisissant François-Xavier Bellamy pour diriger la liste LR aux européennes de mai prochain. Les détracteurs de cet adjoint au maire de Versailles et candidat malheureux lors des législatives de 2017, focalisent l'attention sur ce qui dérange : il  est associé à Sens commun ou à La Manif pour tous, du fait qu'il a été un 'Veilleur'.

"F.I.X.", pour les intimes, est craint.
Sous ses airs de premier communiant, il est ressenti comme un refondateur des idées de droite et, comme tel, inquétant. "Je ne peux pas dire que ce choix me satisfasse", a réagi au micro de France Info le maire LR de Nice, Christian Estrosi, qui est Macron-friendly et voit venir le danger pour LREM. Il participe donc à l'ébauche de caricature qu'esquisse la presse sélective de ses traits de caractère: François-Xavier Bellamy est "extrêmement conservateur". Mais l'ancien motocycliste sportif enfile des impressions non corroborées : "Vous comprendrez qu'entre Simone Veil et François-Xavier Bellamy, j'ai le sentiment que la vision européenne est en train de s'étriquer par rapport à ce que nous a offert cette grande dame", a commenté ce franc-maçon de la Grande Loge nationale française (GLNF, 1983-1988).
Sur l'avortement, le mariage pour tous ou encore la PMA, "je pense exactement l'inverse de lui", a abondé sur Cnews le successeur d'Estrosi à la présidence LR du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur et eurodéputé, Renaud Muselier, de nationalité mauricienne depuis 2012. Son épouse, Stéphanie Clément, avocate auprès de l’office HLM de Marseille, pourrait être mise en examen pour "recel de prise illégale d’intérêt": une conversation téléphonique accable la défense des Muselier. Entre 2005 et 2008, Stéphanie Clément a obtenu plusieurs marchés publics de "prestations juridiques" auprès d'Habitat Marseille Provence (HMP). Le problème, c'est qu'elle les a "remportés" sans appels d'offres. "Personne n'a jamais contesté le travail de ma femme, ni sa rémunération, explique Renaud Muselier. PaSiDupes ignore comment le tribunal a statué...
"La présence d'Agnès Evren et d'Arnaud Danjean me rassure", a déclaré mardi, sur CNews, l'eurodéputé LR Renaud Muselier, mais ce n'est pas l'ensemble de la presse qui rapporte cette nuance.

Personnage déclaré méconnu, mais jugé et condamné

Résultat de recherche d'images pour "Bellamy"
Le centre n'est pas modéré dans son verdict. Depuis qu'en décembre 2017, il a dit ne plus vouloir d'alliance entre l'UDI et LR en cas d'élection de Laurent Wauquiez à la tête de LR, le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, largue son stock inépuisable de boules puantes. Ainsi, mardi dans un entretien au Figaro mardi : "LR a confié sa liste à l'extrême droite". "C'est désormais la liste de Sens commun avec M. Bellamy". "Ce candidat est curieux. Il nous explique qu'il est contre l'avortement et contre la pilule en nous disant qu'il ne défendra pas ses convictions. Dans ce cas, à quoi bon être candidat ?", a poursuivi le député de Seine-Saint-Denis, pour qui l'Union européenne n'aurait pas d'autres sujets de préoccupation. En revanche, les cantines communales et départementales auraient vocation à nourrir gratuitement les scolaires: ni la crise économique internationale de 2008, ni les difficultés budgétaires des collectivités territoriales ne ramènent ce populiste à la raison. N'est-il pas indifférent à l'affichage de signes religieux dans les écoles publiques et favorable au mariage homosexuel comme pratiquant ?

Bellamy est un antidote au sectarisme

Son CV en sidère plus d'un qui daigne se pencher sur sa jeune carrière. 
Avant d'enseigner dans deux lycées publics, en guise d’année sabbatique à la sortie de l'IUFM, ce normalien a travaillé au cabinet de Rachida Dati, alors garde des Sceaux, bien que non encarté, mais incarnant déjà des valeurs fortes. Pour lui, il n'est pourtant "pas question de revenir sur la loi Veil" : c'est une "conviction personnelle" et l'intime ne pèse pas dans ses choix politiques. Certains s'attachent néanmoins à l'enfermer dans ce qui pourrait lui porter préjudice, mais, pour Laurent Wauquiez, la nouvelle tête de liste "fait partie de ceux qui défendent l'enracinement et la transmission de l'identité et de la culture". Des thèmes qui devraient venir sur le devant de la scène dans le débat des Européennes.
En 2013, "Les Soirées de la Philo" de François-Xavier Bellamy, des conférences bimensuelles de philosophie ouvertes au grand public dans un lycée parisien, doivent être transférées au théâtre de l'Œuvre en septembre 2015, en raison de leur succès, puis au théâtre Saint-Georges, rassemblant plusieurs centaines de personnes chaque semaine depuis la rentrée 2018.
Les sectaires ne sont pas déboussolés par ce "conservateur de droite inclassable": seraient-ils sectaire, sinon ? 
Proche d'Hubert Védrine ou Edouard Balladur, FIX se montre aussi prompt à vanter "le verbe" et les campagnes "magnifiques" de Jean-Luc Mélenchon, la "cohérence de la vision écologique" et la "lucidité" de José Bové, ainsi que certaines prises de positions du patron de la CFDT, Laurent Berger, qu'elles soient en faveur de l’universalité des allocations familiales ou d'une sortie de la crise des Gilets jaunes. Il partage à la fois la volonté de Michel Onfray de "rendre la culture à tous" que la "rigueur intellectuelle " d'Alain Finkielkraut.
Résultat de recherche d'images pour "Bellamy Wauquiez"

'Les Inrocks' assure qu'il "brouille les lignes" mais, bien que propriété du banquier Matthieu Pigasse (actionnaire du Groupe Le Monde et du Huffington Post), ce magazine de gauche reçoit une subvention de l'Etat au titre de l'aide à la presse. A Vanity Fair, dirigé par Michel Denisot (ex-Canal+, version socialiste avec André Rousselet et les Taxis G7), le magazine du banquier qui avoua avoir voté pour Mélenchon à l'extrême gauche, situe Bellamy "entre droite traditionnelle et extrême-droite", une analyse que démentent les déclarations de Bellamy pour qui "le Front national ne sera jamais qu'une impasse pour les électeurs qui se tournent vers lui", en tant que "formidable machine à empêcher le renouveau, et à maintenir en fonction les tenants de la déconstruction". Bref, il fait perdre ses repères à la gauche. Ainsi, Libération préfère ne pas creuser son sujet et Jean-Jacques Bourdin le survoler avec Guillaume Peltier. Il est encore cité parmi les "nouveaux conservateurs", par La Vie, filiale du Groupe Le Monde...

Bellamy envoie aux orties la "pensée complexe" de Macron

Inquiet de la communautarisation des débats, le trentenaire affirme en novembre 2018 avoir été "scandalisé par la façon dont le quadra de l'Elysée a invité les catholiques à s'engager en politique pour défendre leurs valeurs", estimant que la politique ne doit pas être le lieu où des lobbies ou communautés s'affrontent pour imposer leurs valeurs. Il prône une laïcité qui permette à la politique d'être "la recherche partagée du bien et du juste, pas le lieu d'expression des convictions particulières et religieuses !"

Macron lui a emprunté sa notion de "premier de cordée". 
 a en effet, l'un des premiers, dénoncé une "crise de la transmission" dans notre société, et plus précisément de l'Education nationale, en regrettant qu'elle soit devenue le système "le plus inégalitaire de tout l’OCDE". En 2012, il publia dans Libération une première tribune remarquée sur le sujet, intitulée "Jeunes de France, battez-vous", en réponse à la tribune victimaire de Félix Marquardt, dans Libération, intitulée "Jeunes de France, votre salut est ailleurs : barrez-vous !". En 2014, FIX publia un essai sur la crise de la culture et de la transmission intitulé Les Déshérités, ou l’urgence de transmettre, qui rencontre un succès de librairie tel qu'il est conduit à animer plusieurs centaines de conférences partout en France. Il y vante les bienfaits d’une "culture enracinée, fruit d’une longue maturation, dont le flambeau passe d’une génération à l’autre."

Un Européen convaincu
En 2005, respectueux du vote populaire au référendum, il vota contre la ratification du traité établissant une constitution pour l'Europe et, en 2017, il s'expliqua en se référant à Jean-Pierre Chevènement sur la question européenne. Alors, en 2018, Le Figaro reconnut en lui une figure susceptible de "réconcilier souverainistes et pro-européens" dotée d'une "solide culture européenne" et capable de "porter le débat européen à un haut niveau"
Il estime irréalisable et antidémocratique l'établissement d'une armée européenne, en raison de la diversité des règles d'engagement et du caractère régalien de cette compétence. Il se prononce en faveur d'une coopération renforcée entre les pays européens, en tant qu'alliance de nations souveraines.
François-Xavier Bellamy n'est pas le choix du président du Sénat, Gérard Larcher, mais le deuxième personnage de l'Etat ne lui est pas hostile, au nom de la légitimité de la majorité élue il y a un an. La désignation de Bellamy est approuvée de Valérie Pécresse dont Agnès Evren est la protégée, et de l'influent président du groupe LR du Sénat, Bruno Retailleau.

La liste LR est aujourd’hui créditée de 12 à 8% des voix contre 21% en 2014.


dimanche 28 janvier 2018

"Il n'y a qu'une seule droite", rappelle Wauquiez à chacun, au Conseil national des Républicains

Wauquiez s'efforce de dissuader les passéistes de faire du neuf avec de l'ancien

"Il n'y a qu'une seule droite", a insisté le président LR


Résultat de recherche d'images pour "Wauquiez Conseil national janvier 2018"Laurent Wauquiez s'inscrivait ainsi en faux face à la présidente de la région Ile-de-France qui venait d'estimer que "les deux droites" étaient "réconciliables". Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez n'ont pas cédé sur leurs visions, lors du Conseil national des Républicains ce samedi 27 janvier, l'une majoritaire et réformiste, l'autre, attachée au modèle de l'UMP qui a vécu.

Contrairement à Alain Juppé ou Xavier Bertrand qui n'ont pas accepté d'être mis en minorité et qui ont décidé de prendre leurs distances avec Les Républicains (LR), la présidente de l'Ile-de-France a choisi de faire avancer ses vues d'un parti composite, en réaction au nouveau président du parti, Laurent Wauquiez. 
L'ex-ministre de Nicolas Sarkozy vante une "droite des solutions" face à la "droite des décibels à travers son mouvement "Libres!", dont la "candidature" comme "mouvement associé" de LR a été approuvée ce samedi.

L'opposition interne de la présidente d'Ile-de-France irrite ceux et celles qui ont porté le président de l'Auvergne-Rhône-Alpes à leur tête pour faire du neuf. Ils désapprouvent le désir de Valérie Pécresse d'un parti à l'identique de celui qui a perdu aux dernières élections du fait de sa diversité politique et de ses combats de chefs. Les Républicains (LR) de 2017 n'ambitionne pas d'être le clone de l'UMP de 2002, qui visait à rassembler les différentes tendances de la droite française et du centre, alors que plusieurs personnalités centristes l'ont d'ailleurs quitté, notamment pour former l'Union des démocrates et indépendants (UDI), en septembre 2012. 
Facteur de division, tout en disant refuser de "participer à une guerre des chefs" et en réclamant des uns et des autres plus de respect, Valérie Pécresse a fait son apparition dans la salle de la Mutualité pendant le discours d'ouverture du président du Conseil national, Jean Leonetti, sous les acclamations de ses partisans scandant "Valérie, Valérie", provoquant quelques sifflets de riposte, à la satisfaction de la presse faiseuse de polémiques et qui accompagne d'ailleurs les puissants du moment, passant cette fois du PS à son fossoyeur, la LREM.  

"Valérie Pécresse fait partie de notre mouvement. Cependant, je souhaiterais qu'elle rentre avec une discrétion qui s'impose", a réagi depuis la tribune Jean Leonetti, blessé d'être interrompu sans aucun égard

Le président de LR est alors monté sur scène pour demander à la salle "d'accueillir très chaleureusement Valérie Pécresse".

"Bienvenue Valérie, dans ta maison, dans ta famille, chez nous", a ensuite repris J. Leonetti. Un accueil convivial, au final, au grand dam des opposants à LR qui soulignent les réticences visibles de Nadine Morano, qui avait eu la correction d'arriver à l'heure. 
Fallait-il que N. Morano (à droite) applaudisse à la grossièreté de Pécresse,
au centre, en rouge vif ?
"Le temps des cerises  écuries est révolu"

Valérie Pécresse a encore provoqué des sifflets, lorsqu'elle a plaidé pour l'existence de "deux droites""Je pense qu'il y a deux droites" et "nous ne regagnerons que si elles savent s'écouter, se parler", a soutenu V. Pécresse. 

L'oratrice n'était visiblement pas venue pour rassembler.
"Il y a une droite un peu plus conservatrice et une droite un peu plus progressiste, une droite un peu plus protectionniste et une droite plus ouverte, une droite qui face à l'élection présidentielle a appelé à voter pour (Emmanuel) Macron et une autre qui ne l'a pas fait", a-t-elle insisté, clivante. "Les sifflets, on a beaucoup donné cette année, ça ne nous a menés nulle part". "Si je suis là, c'est parce que j'ai la conviction que ces droites sont réconciliables", a-t-elle enfin transigé. 

Le président du parti, Laurent Wauquiez, a conclu. 
"Il n'y a qu'une seule droite", a-t-il rectifié, dans son discours de clôture. "Le temps des écuries est révolu", a-t-il ensuite insisté, alors que Pécresse était déjà repartie, plus discrètement. 
"Je ne laisserai plus les petits chapelles et les querelles d'ego affaiblir notre famille politique". "Je ne distribue pas de postes aux enchères pour acheter le silence des uns ou des autres", a aussi lâché le patron de LR dans un propos par ailleurs offensif contre l'adversaire, Emmanuel Macron.

La nouvelle composition du bureau politique

Sorte de gouvernement du parti, il a été entériné samedi matin.
Valérie Pécresse demeure dans le bureau politique, dans le collège des non-parlementaires, lequel comprend également Maël de Calan, candidat battu à la présidence du parti qui, comme l’autre ex-candidate Florence Portelli.

Commission nationale d’investiture, désormais présidée par Eric Ciotti.
La présidence de la commission nationale d’investiture a été confiée à Eric Ciotti, grand rival du maire de Nice, Christian Estrosi. Celui-ci, qui flirte avec Christophe Castaner, est très critique envers Laurent Wauquiez et n’est plus membre du bureau politique du parti.
Sortent du bureau politique le juppéiste Benoist Apparu, la députée des Alpes-Maritimes Michèle Tabarot ou l’ex-garde des sceaux Rachida Dati.
Jean-François Copé n'y est pas maintenu, mais le maire de Meaux demeure membre du bureau politique en tant qu’ancien président de l’UMP (devenue Les Républicains).

La nouvelle composition de la Commission nationale d'investiture a fait des déçus. 
Fillonniste, vice-président du Sénat, Philippe Dallier, 55 ans, a claqué la porte de la fédération de Seine-Saint-Denis qu'il dirige, après avoir constaté l'absence de son nom au bureau politique, de même que le maire d'Aulnay, Bruno Beschizza, tête de liste départementale Les Républicains-UDI-MoDem en Seine-Saint-Denis à l'élection régionale de 2015 en Ile-de-France. "C'est une purge. Fermeture à tous les étages", s'est pareillement enflammé une autre source parlementaire LR, anonyme et, qui sait, inventée. Il conviendrait que la presse nommât les auteurs des citations qu'elle rapporte, si elle prétend valoir mieux que les twittos. 
D'autant que l'anonyme est connu : il s'agit de Pierre Lisciadélégué régional des Jeunes Républicains, originaire de Haute-Corse, élu du 18e arrondissement et proche de ...Mme Portelli. Ces mystères auraient-ils éclairé la base sur le bien-fondé de la grogne des râleurs, des aigris dont n'ont plus voulu les adhérents ?

Quant au juppéiste Maël de Calan, adversaire malheureux de L. Wauquiez dans la course à la présidence du parti, il a enchaîné les déclarations incendiaires auprès des journalistes pour la faible place qui lui est revenue dans les instances des Républicains. "On va structurer une forme d’opposition en interne, qui pèse un gros tiers", prévient la marionnette de Juppé, vindicatif. Avec 9,25% des suffrages aCongrès des Républicains de 2017, le plaignant pouvait-il raisonnablement prétendre à mieux au bureau national ? 
"Deux trois essayent de faire un petit buzz à l’extérieur, personne ne l’entend à l’intérieur", réplique Pierre-Henri Dumont, député LR du Pas-de-Calais. A l'issue de la session extraordinaire d'août 2017, le journal Les Echos estima que P.-H. Dumont "s'est imposé en quelques semaines comme l'icône du renouvellement à l'Assemblée nationale chez les Républicains. [...] C'est dans l'hémicycle que Pierre-Henri Dumont s'est distingué par ses interventions offensives, que ce soit contre la majorité ou contre les groupes de gauche, notamment lors des discussions sur le projet de loi de moralisation de la vie publique".
De bon augure pour la construction d'un parti fort de la droite.

samedi 10 juin 2017

Une candidate du mouvement de Macron poursuivie pour prise illégale d’intérêt

Les cas de candidats aventuriers se multiplient à En marche !

La deuxième adjointe au maire de Montpellier, visée par ...deux affaires

Une seule aurait suffi à un honnête citoyen pour renoncer mais cette aventurière a confirmé qu’elle maintient sa candidature aux législatives, puisque le tribunal peut attendre pour statuer sur son cas. 
La candidate de La République en marche dans la deuxième circonscription de l’Hérault pour les législatives, Stéphanie Jannin, adjointe à la mairie de Montpellier, sera jugée par le tribunal correctionnel pour "prise illégale d’intérêt » le 18 septembre. Le traitement judiciaire réservé à Richard Ferrand semble faire école... Le tribunal des urnes devient la règle et, vu le taux d'abstention annoncé, la candidate du "renouveau de la vie publique" est sereine...

Le procureur de la République de Montpellier, Christophe Barret, a indiqué avoir délivré vendredi une convocation à Mme Jannin et son compagnon, confirmant une information du quotidien Midi libre.
"Au terme de l'enquête, nous avons décidé de faire délivrer une convocation à Mme Jannin pour comparaître pour prise illégale d'intérêt, et à son compagnon pour recel de prise illégale d'intérêt. Ils ont tous les deux reçu aujourd'hui une convocation pour l'audience du tribunal correctionnel du 18 septembre".
Contactée par Midi libre, l'adjointe à l'urbanisme de Philippe Saurel a confirmé avoir reçu cette convocation à comparaître, mais semble être également en délicatesse avec la transparence. "Je n’ai qu’une chose à dire dans ce contexte : rien n’oblige le procureur à parler à la presse à quelques heures de la fin de la campagne électorale, pour un jugement qui va avoir lieu le 18 septembre. Bien évidemment, je maintiens ma candidature." 
Il faut dire qu'elle cumule allègrement les postes, puisqu'elle est aussi présidente de la Commission Aménagement et Urbanisme en tant que vice-présidente de Montpellier Agglomération. 
 
Cinq ans d’emprisonnement

Les faits concernent "plusieurs délibérations" qu’elle a votées, dont une portant sur "un marché de maîtrise d’œuvre de l’ordre de 70.000 euros et qui concernait une société dont Mme Jannin était salariée et avait encore un lien juridique au moment où cet avenant a été voté", a précisé le procureur.
Midi libre rapporte que les subventions votées lors des conseils municipaux des 7 mai 2015 et 25 février 2016 par l’adjointe à l’urbanisme et à l’aménagement durable, architecte de formation, s’élevaient à 20 000 euros.

L’enquête porte aussi sur des subventions accordées à une association présidée par son compagnon poursuivi pour "recel de prise illégale d’intérêt", selon M. Barret. 

Encore une enquête ouverte "il y a plusieurs mois", mais dont la Commission nationale d'investiture du mouvement présidentiel, n'aurait pas eu vent ? 

Chargée de déterminer les candidats à présenter lors des prochaines législatives,  on y trouve un ancien ministre de Jean-Pierre Raffarin et des élus du Parti socialiste. La tâche de cet organisme était d'examiner les propositions de candidatures, puis de choisir les représentants d' "En marche!" pour les législatives.suppléants. Elle est présidée par Jean-Paul Delevoye, ministre de la Fonction publique de Jean-Pierre Raffarin, puis président du Conseil économique et social. Mais on trouve surtout des personnalités issues de la société civile...et des élus socialistes. 
Ainsi, Anne Emery-Dumas, sénatrice (PS) de la Nièvre est du nombre. Jean Launay, député élu dans le Lot, est lui aussi encarté au Parti socialiste. François Patriat, sénateur élu dans la Côte-d'Or, est aussi membre de la principal composante de l'actuelle majorité. Il fait partie des suppléants désignés auprès de la commission. Sont-ils des incapables, à l'instar des candidats qui trouvent grâce à leurs yeux ?
La prise illégale d’intérêt (artice 432-12 du code pénal) concerne "le fait, par une personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public ou par une personne investie d’un mandat électif public, de prendre, recevoir ou conserver, directement ou indirectement, un intérêt quelconque dans une entreprise ou dans une opération dont elle a, au moment de l’acte, en tout ou partie, la charge d’assurer la surveillance, l’administration, la liquidation ou le paiement". Cette infraction est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende.
Alors, votez Jannin !

jeudi 11 mai 2017

Législatives : Macron tente de dévoyer des élus LR, confirme  Accoyer

Aucun candidat LR n'a encore répondu au démarchage d'En Marche! en manque de talents

Accoyer dénonce la tentative d'En Marche! de "débaucher" des élus LR 

Bernard Accoyer a pointé l'absence d'assise territoriale du mouvement d'Emmanuel Macron. “En Marche ! veut incarner le renouvellement mais hier encore Monsieur Delevoye [son président de la Commission nationale d'investiture du mouvement En Marche!] et son entourage appelait nos élus LR et UDI pour proposer des débauchages individuels", a lancé le secrétaire général des Républicains et député de Haute-Savoie, invité de RFI ce jeudi 11 mai
"J'ai eu des remontées (mercredi) me disant 'j'ai été appelé pour me proposer de devenir candidat En Marche!' ", a déclaré Bernard Accoyer 

Macron fait du neuf avec de l'ancien
"Les investitures En Marche ! seront composées de trois blocs. (…) Beaucoup de PS, des amis de François Bayrou et des candidats inexpérimentés". 

Aucun candidat LR n'a répondu aux "appels du pied" d'En Marche! pour les législatives de juin, assure Accoyer

Aucun candidat des Républicains aux législatives de juin n'a répondu aux "appels du pied" de la République en marche d'Emmanuel Macron, a affirmé jeudi le secrétaire général des Républicains Bernard Accoyer. "Il n'y a pas de candidat aux législatives des Républicains qui ait cédé à ces appels du pied", a-t-il précisé, alors que le mouvement du président élu Emmanuel Macron a reculé de mercredi à jeudi l'annonce des noms d'environ 450 de ses candidats aux législatives, au lieu des 577 sièges à pourvoir.

Selon le député LR, le renouvellement promis par Emmanuel Macron "est un renouvellement qui en a le nom, mais méritera d'être regardé de plus près".
"Avec le recyclage de plus d'un tiers des députés socialistes, avec le personnel politique qui compose le MoDem, il restera des places pour les députés internet qui n'auront guère d'expérience. Avec cette majorité, il faudra réformer le pays", a-t-il douté.

Interrogé sur le scénario d'un éventuel Premier ministre de droite à la tête du premier gouvernement de la présidence Macron, il a déclaré en "avoir parlé, encore récemment" avec Edouard Philippe, le député-maire LR du Havre, proche d'Alain Juppé (mais aussi de Rocard, Chirac et Sarkozy) dont le nom est régulièrement cité. 
"Qu'il soit approché, je crois qu'il l'est, oui. La dernière fois que je lui ai parlé, il n'avait pas pris sa décision", a-t-il ajouté.