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jeudi 6 juin 2019

Des départs de clarification chez LR après la démission de Valérie Pécresse

Les tièdes et les ambitieux sortent du bois 

Ceux et celles qui ne sont pas à leur place quittent le navire Les Républicains

Pécresse claquant la bise à Wauquiez
On retient la démission attendue de la trans-frontalière Valérie Pécresse
, la présidente de la région Ile-de-France, ce mercredi soir. Dans son sillage, plusieurs élus et autres figures du parti ont également décidé de tracer leur route personnelle, notamment des adhérents à son "mouvement d'idées", "Libres !", 
Résultat de recherche d'images pour "Maël de Calan JUPP2"
tels les députés Robin Reda, soutien de Bruno Le Maire à la primaire de la droite et du centre, devenu ministre de l'Economie de Macron, les anciens candidats à la présidence de LR Maël de Calan, ci-contre avec l'ex- maire de Bordeaux,  le candidat malheureux d'Alain Juppé à la primaire de l'UMP en 2016, le maire de L'Hay-les-Roses Vincent Jeambrun, 35 ans et soutien de Valérie Pécresseou de Florence Portelli, secrétaire générale de Libres !, le mouvement créé par Valérie Pécresse et jusqu'ici associé aux Républicains.

Les francs-tireurs du parti se désolidarisent de la défaite 

En annonçant son départ de la fédération départementale des Républicains, Robin Reda, 28 ans, a lancé un appel à la désertion, indiquant ce mercredi soir sur Twitter qu'il suit la présidente de la région Ile-de-France, épouse d'un ex-vice-président exécutif d’Alstom.
"J’invite tous ceux qui se sentent profondément de #droite, élus, militants, sympathisants, qui ne croient ni en #Macron ni en #LePen, à s’unir à ce nouvel espoir autour de Valérie Pécresse et de #Libres!", a-t-il encore tweeté dans la soirée.
Robin Reda
@robinreda
Je quitte ce soir la présidence de la fédération LR de l’Essonne et ce parti politique que j’avais, comme d’autres, l’espoir de voir renaître. Je mettrai toute mon énergie à reconstruire une droite authentique et forte pour l’Essonne et pour la France. #LR #20hF2 #France2 (3/4)
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Ce n'est pas non plus une surprise que Florence Portelli, maire ex-LR de Taverny, parte dans les bagages de Valérie Pécresse. Elle aussi chargée de commenter les non-dits de Pécresse, elle a dénoncé "une ambiance absolument délétère" au sein de cette vieille formation politique. Chez LR, "dès que vous ouvrez la bouche pour dire quelque chose qui n'est pas approuvé par la ligne officielle du bureau politique, vous prenez un tir de missile nourri", a-t-elle fustigé, jugeant cette atmosphère "insupportable".
L'ambiance y gagnera une chance de retour d'un air plus respirable.

Ils naviguent au gré du vent de la réussite

Dans la soirée, plusieurs autres élus d'Ile-de-France ont également fait connaître leur intention de quitter le grand parti de droite, incontestablement affaibli ces derniers mois. Parmi eux, l'un des vice-présidents de la région Alexandra Dublanche, chargée du développement économique, de l'agriculture et de la ruralité, qui a tenté de convaincre Le Parisien que son départ représente "un déchirement" mais qu'il était inévitable. "On a essayé de changer ce parti pendant trois ans, mais cela s’est visiblement avéré impossible", argue Alexandra Dublanche. "La droite vaut plus que 8 %, c’est évident. Quitter LR est un déchirement pour nous tous; malheureusement, aujourd’hui, c’est un parti qui est cadenassé." Elle n'a pas les clés, mais parvient à s'échapper...

Cette conseillère municipale LR de Sartrouville était membre de l’équipe de campagne de François Fillon, dans laquelle elle était porte-parole, et surtout "responsable de la mobilisation", orchestrée grâce à Federavox, la start-up montée conjointement par la jeune femme alors âgée de 34 ans et ses deux associés, dont son mari.


Le député de la Sarthe Jean-Carles Grelier, qui n'était plus adhérent de LR depuis deux ans, mais qui siégeait jusqu'alors dans le groupe parlementaire, a pour sa part indiqué qu'à 53 ans, "la décision de Valérie Pécresse (lui) donne une orientation".
"Nous allons voir comment nous organiser" avec d'autres députés dans la même démarche, a-t-il poursuivi, alors que l'entourage de Valérie Pécresse a laissé entendre de nouveaux départs de parlementaires LR dans les prochains jours.

Au Conseil régional d'Ile-de-France, le président du groupe LR
Othman Nasrou a indiqué sur Twitter qu'il soutient la démarche de sa présidente
"Saluons (son) courage qui veut réinventer la droite de fond en comble, en femme libre. Ce n'est pas un choix facile mais les partis ne sont qu'un moyen", a tweeté le Franco-marocain de 31 ans, membre fondateur du collectif du 31 mai contre la "circulaire Guéant" qui visait alors à limiter l’accès du marché du travail aux étudiants étrangers diplômés.
Othman Nasrou
@othmannasrou
Saluons le courage de @vpecresse qui veut réinventer la droite de fond en comble, en femme libre. Ce n'est pas un choix facile, mais les partis ne sont qu'un moyen. Ce qui compte, ce sont les idées. Et pour les porter, il faut incontestablement du neuf. Je soutiens sa démarche !
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Le maire d'Evry-Courcouronnes et vice-président de la Région, en charge des Transports, Stéphane Beaudet, 46 ans, l'a également "chaleureusement félicitée" dans un tweet. Il avait déjà démissionné de la présidence de la fédération de l’Essonne et quitté les Républicains. "Ce n’est pas une décision prise en réaction à l’élection de Laurent Wauquiez, posa d’emblée Stéphane Beaudet. Il n’y a aucune défiance de ma part; il a remporté les élections et il est parfaitement légitime," avait-il expliqué à ses électeurs. Il le promettait aux militants : "Je ne vais pas basculer par opportunisme vers un autre parti." Stéphane Beaudet souhaite se consacrer à son territoire. 

samedi 13 octobre 2018

Européennes : l'alliance de Juppé et Macron qui pourrait faire déborder l'urne

Jusqu'où ira Alain Juppé dans la trahison de la droite ?

Les Français l'ont viré, mais il continue à s'incruster

Le septuagénaire dépité - 33,5 % des suffrages contre 66,5 % à son rival à la primaire de l'UMP en 2016 - n'est plus connu que de quelques nostalgiques parisiens et sur le palier de son hôtel de ville, mais il mise sur la nécessité pour Macron de s'allier à l'"ancien", en dépit de ses promesses d'un "monde nouveau". Aussi, pour continuer à exister, a-t-il lancé une passerelle vers le quadra aux abois. 

L'ancien premier ministre (1995-1997) a donc estimé que sa conception de l'Europe et celle d'Emmanuel Macron sont très proches, sans pour autant se solidariser du projet de 'La République en marche', pour le moment, rapporte Le Parisien.

Alain Juppé va-t-il soutenir la liste de LREM en vue des élections européennes de mai 2019 ? 
En tout cas, à en croire Le Parisien, la Macronie ferait les yeux doux au maire de Bordeaux : le mouvement présidentiel manque en effet d'assise régionale et donc de responsables politiques présentables. Le premier ministre d'il y a 25 ans (en 2020) a déjeuné à la mairie de Bordeaux avec Nathalie Loiseau, 55 ans, ministre des Affaires européennes, vendredi 12 octobre, dans le cadre d'une consultation citoyenne sur l'Europe. L'ancien fut lui-même ministre des Affaires étrangères de Sarkozy.

Ce duo se connaît très bien : la ministre de Macron a en effet été conseillère au cabinet d'Alain Juppé lorsqu'il était ministre des Affaires étrangères et elle a effectué une grande partie de sa carrière (26 ans) au ministère des Affaires étrangères. On dira que c'est une "jupette" de la diplomatie française.



Loiseau a affirmé que "la logique serait qu'on avance ensemble. 

Nous avons les mêmes inquiétudes face aux démolisseurs de l'Union, la même vision de l'Europe qu'il faut réformer", selon cette juppéiste "canal historique"; Mais c'est elle (ci-dessous) qui, le 9 mai 2018, en langage bien peu diplomatique, fustigea le "shopping de l’asile" en évoquant les exigences des clandestins arrivant dans l'Union européenne. 

Résultat de recherche d'images pour "nathalie Loiseau"Ses  récentes déclarations viennent conforter celles de son mentor dans les colonnes du magazine Le Point. Ainsi, Juppé avait-il déclaré que "le projet d'Emmanuel Macron est cohérent et ambitieux". Avant d'ajouter qu'il le partageait "très largement". Forcément, s'il est "cohérent et ambitieux"! Vendredi, il a même ajouté qu'il n'a y pas "l'épaisseur d'une feuille de papier à cigarette" entre sa conception de l'Europe et celle du chef de l'Etat. 

"Chouette, il y a encore un millimètre"

De là à jouer contre son camp avec LREM ? 
"Je vais m'engager, car il faut se battre face aux casseurs d'Europe - les Trump, Poutine et notre propre scepticisme. Mais avant, je vais regarder les projets. À ce moment-là, je prendrai position", a-t-il annoncé au Parisien. Mais rien n'est décidé pour le moment, car les tractations en coulisses ne seraient pas encore terminées. Alain Juppé a ainsi plaidé en faveur d'une politique de quotas que goûtent peu les macroniens. 
La feuille de papier à cigarette risque-t-elle encore de bloquer dans le rouleau ? L'ancien premier ministre de Jacques Chirac en a conscience et feint de s'en amuser : "chouette, il y a encore un millimètre", a-t-il grincé. 

Toujours est-il que Juppé s'accroche et semble vouloir peser sur les prochaines échéances politiques, y compris le remaniement en cours. Ainsi, le quotidien indique que l'entrée au gouvernement de Maël de Calan serait un geste de bonne volonté en faveur d'une alliance. D'aucuns ne manqueraient pas toutefois de penser qu'avec de telles concessions, Macron ferait marche arrière dans l'"ancien monde" et ses vieilles magouilles politiciennes auxquelles, candidat, il avait pourtant promis de ne pas s'abandonner.

dimanche 9 septembre 2018

Les juppéistes se mordent la queue sur la question des européennes

Ils veulent se distinguer du courant Wauquiez, mais se mangent le foie entre eux 

Les juppéistes n'acceptent toujours pas d'être minoritaires

Les perdants se croient supérieurs mais ne parviennent pas à s'entendre
Juppé (au centre) a posé à Bordeaux avec les représentants de la droite dite sociale.
Il s'affiche ici avec Jean-Pierre Raffarin
(à droite), ainsi que Maël de Calan et Franck Riester, derrière
Ainsi,les juppéistes tournent en rond sur la question des européennes
Réunis samedi et dimanche à Bordeaux, l’ancien premier ministre (1995-1997) n'est pas parvenu à rassembler ses proches restés divisés sur la stratégie à suivre à l’approche des élections européennes de mai 2019.

Après un jour et demi de débats dans le huis clos d’un hôtel de la cité mondiale de Bordeaux, samedi 8 et dimanche 9 septembre, Alain Juppé et ses amis sont partis comme ils étaient arrivés : en ordre dispersé et faisant le constat que la situation politique n’est pas à leurs yeux assez mûre pour décider de l’attitude à adopter en vue des élections européennes de mai 2019.

"Ce n’est pas l’événement fondateur d’un nouveau parti, ni la commission d’investiture pour une liste aux européennes", a regretté le maire de Bordeaux, dimanche, à l’occasion d’une conférence de presse clôturant la deuxième édition des 'Vendanges de Bordeaux', cette 'rencontre entre amis' — selon son expression — qui vise à entretenir la flamme du juppéisme. Le rendez-vous sera d’ailleurs reconduit en 2019. Quand le vin n'est pas tiré, on ne peut le boire...
Alain Juppé est facteur constant de divisions. En novembre 2016, avec 28,6 % des voix, il arriva très loin derrière François Fillon (44,1 %) lors des primaires. Son score fut jugé décevant au vu des sondages qui le donnaient en tête, mais il démentit l'information de son retrait et créa des divisions profondes pendant l'entre-deux tours, ce qui suscite des interrogations et des critiques de plus de 200 parlementaires et jusque parmi ses partisans.
L'ex-député de Bordeaux en est toujours à régler les détails de la "plate-forme fondamentale" rédigée avec la petite trentaine de participants qui l’entouraient. Parmi eux, l’ancien premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, ou encore le conseiller politique du premier ministre Edouard Philippe, Gilles Boyer, 47 ans, ci-dessous au centre.
Résultat de recherche d'images pour "Gilles Boyer Juppé Macron"

"C’est à la lumière de cette plate-forme que je me déterminerai pour les élections européennes", a dû admettre Juppé, avant d’assurer que les représentants de sa famille de pensée et lui soutiendront la liste qui "porte le mieux les idées que nous avons exprimées". "Déterminé à [se] battre contre ceux qui veulent démolir l’Europe", l’ancien premier ministre a dressé au passage la liste des politiques communautaires qu’il considère comme prioritaires : "migrations", "défense et sécurité de l’Europe", "convergence fiscale et sociale", "leadership sur le développement durable"...
En 1977, Juppé avait adopté une position ferme sur l'immigration.  il souhaitait alors que "les emplois traditionnellement abandonnés aux étrangers puissent être occupés par des Français". En octobre 1990, il jugeait encore que la question de l'intégration était un problème "permanent et gigantesque" avec beaucoup d'écoles primaires où "80 à 90 % des petits enfants sont d'origine étrangère".
En juin 1995, alors qu'il est premier ministre, il déclarait être
favorable à l'espace Schengen, "si Schengen améliore la sécurité à nos frontières et si Schengen permet de mieux lutter contre l'immigration clandestine", et se disait "décidé", en mars 1996, "à faire une stricte application des lois sur la maîtrise de l'immigration".
En 2016, il proposait des quotas de migrants et une durée minimale de séjour aux parents étrangers ayant des enfants nés en France.
Il réaffirma son concept d' "identité heureuse", et critiqua une possible suspension du regroupement familial, une proposition qu'il jugea "inhumaine". Il souhaitait interdire l’acquisition de la nationalité française aux étrangers nés en France mais dont les deux parents étaient à leur naissance des immigrés illégaux, et renforcer les restrictions d'accès de l’aide médicale d'Etat aux immigrés illégaux."
Malgré l’unité de façade, les considérations tactiques ont occupé une grande part des discussions lors de ce week-end bordelais, laissant libre cours aux divisions qui animent le clan Juppé éclaté de toutes parts. "Nous nous jaugeons les uns les autres, on est dans le rapport de force", convenait, samedi, un protagoniste des Vendanges.

Trois options à l'étude

La première consisterait à soutenir la liste de la République en marche (LRM) - option défendue par le néo-macroniste Gilles Boyer, ancien directeur de campagne de A. Juppé pendant la primaire de la droite, en 2016. "Il y a des moments où il faut se compter et des moments où il faut réfléchir avant de le faire", avance-t-il, préférant "multiplier les chances" de voir la "grande" liste pro-européenne du parti présidentiel "arriver en tête".
Mais la position de Juppé est ambiguë. En effet, il s'était d'abord prononcé en faveur du 'oui" au référendum français sur le traité de Maastricht, avant de finalement nuancer son propos en déclarant à l'Assemblée nationale : "Si le traité de Maastricht avait été un peu mieux fagoté, nous n'en serions pas là où nous en sommes aujourd'hui."
Autre exemple de ses fluctuations : il se démarqua d'abord de son parti politique en prônant la sortie de la Grèce de la zone euro ("Grexit"), mais rétro-pédala après des propositions du premier ministre grec, Alexis Tsípras, aux créanciers de la Grèce.
Une liste sur laquelle Boyer se verrait bien figurer en position éligible. Mais ce nouveau pas vers la macronie n’est pas encore l’option privilégiée par Juppé qui attend des éclaircissements sur le programme de l’exécutif. "Il a annoncé la couleur, M. Macron ?", a fait mine de s’interroger le maire de Bordeaux pour justifier son refus de se prononcer - pour l’heure - sur un éventuel soutien.

Seconde option : faire la guerre à la majorité du parti Les Républicains (LR) en pratiquant un lobbying intense et tenter de faire oublier ses propos anti-immigration pour être crédible sur ses critiques de l'euroscepticisme supposé de son président, Laurent Wauquiez, sa bête noire. 
Au soir du premier tour des élections législatives de 2017, Alain Juppé appela à voter pour les candidats Les Républicains afin d'éviter une Assemblée nationale 'monochrome', en référence aux bons scores réalisés par les candidats du parti La République en marche (LREM) du nouveau président de la République, Emmanuel Macron Cependant, il soutint une candidate investie par LREM, Aurore Bergé, son ancienne collaboratrice quand il était candidat à la primaire de la droite et du centre, considérant qu'ils partagent les mêmes valeurs.
En novembre 2017, alors que Laurent Wauquiez est favori pour prendre la tête du parti Les Républicains, Juppé évoqua déjà la possibilité de constituer un "mouvement central avec Emmanuel Macron en vue des élections européennes de 2019".
Le 5 décembre, quelques jours avant le congrès des Républicains, le condamné (en 2011) à deux ans de prison avec sursis dans l'affaire des finances à la mairie de Paris indiqua qu'il voterait pour son homme de paille, Maël de Calan, un  de ses porte-paroles de campagne lors de la primaire. 
Dès le premier tour du congrès, Laurent Wauquiez l'emporta largement, recueillant 74,64 % des suffrages exprimés, contre 9,25 % pour Maël de Calan, ce qui ne légitime ni ses idées (fluctuantes, voire opportunistes) ni son opposition dite 'humaniste' et 'sociale'.
Cette seconde option est aussi celle retenue notamment par Valérie Pécresse et son bras droit au  mouvement Libres ! ...Maël de Calan, le candidat battu à plate couture à la primaire de l'UMP. "Face à Emmanuel Macron, qui incarne une gauche pro-européenne, il doit y avoir une droite pro-européenne qui s’affirme ", selon V. Pécresse, qui l'appelle de ses voeux, répétant, samedi : "Je suis LR, je le reste, je le demeure".

Troisième (et dernier ?) scénario possible, enfin : celui qui verrait la "deuxième droite", comme l’appellent certains juppéistes, constituer une liste indépendante. "Si j’avais 40 ans, je ferais cette liste", aurait par exemple lancé Jean-Pierre Raffarin, 70 ans, à ses collègues dans le huis clos. "Il y a un espace politique important qui est en train de se créer entre Emmanuel Macron et Laurent Wauquiez, qui à mon avis sera comblé", a ensuite estimé devant la presse cet autre ancien premier ministre, qui s’est toutefois gardé de trancher entre les différents scénarios à disposition.

Juppé veut se concentrer sur Bordeaux
Le parti 'Agir' et ses dirigeants - Franck Riester, Fabienne Keller, Pierre-Yves Bournazel - pourrait représenter la vitrine de cette liste 'indépendante'. Juppé participera au congrès fondateur de cette formation, le 16 septembre. Mais comme le reconnaît un participant, cette hypothèse va grandement dépendre de la courbe de popularité du président Macron dans les semaines à venir. Il se pourrait en effet que la chute vertigineuse de Jupiter dans les sondages redonne quelqu'espoir aux aigris.

"On ne va pas aux élections pour les perdre", convient encore cette source. " Pour les supplétifs du macronisme, ce n’est plus le temps des vendanges, c’est déjà celui de la vidange : ils ne servent à rien et n’iront nulle part", cingle Guillaume Larrivé, député LR de l’Yonne et membre de la majorité Les Républicains.

Le président de LR et Alain Juppé ne risquent en tout cas pas de voir leurs positions se rapprocher. 
Tandis que Laurent Wauquiez assume de parler à tous, "aussi bien à [la chancelière allemande] Angela Merkel qu’à Viktor Orban", le premier ministre hongrois, un eurosceptique chantre de l’'illibéralisme" (culture politique qui disqualifie en son principe la vision libérale) et de la lutte contre l’immigration, la minorité juppéiste très active dans les media fustige les électeurs de V. Orban, lequel est décrit comme "un leader politique qui défend des thèses à l’encontre de tout ce que je défends".  Déclaration qu’Emmanuel Macron pourrait très bien signer des deux mains. Mais Juppé n'est pas la référence qu'il croit, d'autant moins qu'on ne sait ce qu'il défendra demain de ce qu'il soutient aujourd'hui...

A 73 ans, Juppé joue les gourous, mais ne compte néanmoins pas s’investir outre mesure sur la scène politique nationale. Le septuagénaire a de plus en plus de mal, en revanche, à se retirer de la vie politique et ne cache guère son envie de se représenter aux élections municipales à Bordeaux, en 2020, un 5e mandat en treize ans (2006). "Je n’ai plus d’ambition électorale... Nationale, bien sûr. Ou européenne !", a-t-il souri lors de sa conférence de presse. Alors près pour la campagne de trop ?

dimanche 28 janvier 2018

"Il n'y a qu'une seule droite", rappelle Wauquiez à chacun, au Conseil national des Républicains

Wauquiez s'efforce de dissuader les passéistes de faire du neuf avec de l'ancien

"Il n'y a qu'une seule droite", a insisté le président LR


Résultat de recherche d'images pour "Wauquiez Conseil national janvier 2018"Laurent Wauquiez s'inscrivait ainsi en faux face à la présidente de la région Ile-de-France qui venait d'estimer que "les deux droites" étaient "réconciliables". Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez n'ont pas cédé sur leurs visions, lors du Conseil national des Républicains ce samedi 27 janvier, l'une majoritaire et réformiste, l'autre, attachée au modèle de l'UMP qui a vécu.

Contrairement à Alain Juppé ou Xavier Bertrand qui n'ont pas accepté d'être mis en minorité et qui ont décidé de prendre leurs distances avec Les Républicains (LR), la présidente de l'Ile-de-France a choisi de faire avancer ses vues d'un parti composite, en réaction au nouveau président du parti, Laurent Wauquiez. 
L'ex-ministre de Nicolas Sarkozy vante une "droite des solutions" face à la "droite des décibels à travers son mouvement "Libres!", dont la "candidature" comme "mouvement associé" de LR a été approuvée ce samedi.

L'opposition interne de la présidente d'Ile-de-France irrite ceux et celles qui ont porté le président de l'Auvergne-Rhône-Alpes à leur tête pour faire du neuf. Ils désapprouvent le désir de Valérie Pécresse d'un parti à l'identique de celui qui a perdu aux dernières élections du fait de sa diversité politique et de ses combats de chefs. Les Républicains (LR) de 2017 n'ambitionne pas d'être le clone de l'UMP de 2002, qui visait à rassembler les différentes tendances de la droite française et du centre, alors que plusieurs personnalités centristes l'ont d'ailleurs quitté, notamment pour former l'Union des démocrates et indépendants (UDI), en septembre 2012. 
Facteur de division, tout en disant refuser de "participer à une guerre des chefs" et en réclamant des uns et des autres plus de respect, Valérie Pécresse a fait son apparition dans la salle de la Mutualité pendant le discours d'ouverture du président du Conseil national, Jean Leonetti, sous les acclamations de ses partisans scandant "Valérie, Valérie", provoquant quelques sifflets de riposte, à la satisfaction de la presse faiseuse de polémiques et qui accompagne d'ailleurs les puissants du moment, passant cette fois du PS à son fossoyeur, la LREM.  

"Valérie Pécresse fait partie de notre mouvement. Cependant, je souhaiterais qu'elle rentre avec une discrétion qui s'impose", a réagi depuis la tribune Jean Leonetti, blessé d'être interrompu sans aucun égard

Le président de LR est alors monté sur scène pour demander à la salle "d'accueillir très chaleureusement Valérie Pécresse".

"Bienvenue Valérie, dans ta maison, dans ta famille, chez nous", a ensuite repris J. Leonetti. Un accueil convivial, au final, au grand dam des opposants à LR qui soulignent les réticences visibles de Nadine Morano, qui avait eu la correction d'arriver à l'heure. 
Fallait-il que N. Morano (à droite) applaudisse à la grossièreté de Pécresse,
au centre, en rouge vif ?
"Le temps des cerises  écuries est révolu"

Valérie Pécresse a encore provoqué des sifflets, lorsqu'elle a plaidé pour l'existence de "deux droites""Je pense qu'il y a deux droites" et "nous ne regagnerons que si elles savent s'écouter, se parler", a soutenu V. Pécresse. 

L'oratrice n'était visiblement pas venue pour rassembler.
"Il y a une droite un peu plus conservatrice et une droite un peu plus progressiste, une droite un peu plus protectionniste et une droite plus ouverte, une droite qui face à l'élection présidentielle a appelé à voter pour (Emmanuel) Macron et une autre qui ne l'a pas fait", a-t-elle insisté, clivante. "Les sifflets, on a beaucoup donné cette année, ça ne nous a menés nulle part". "Si je suis là, c'est parce que j'ai la conviction que ces droites sont réconciliables", a-t-elle enfin transigé. 

Le président du parti, Laurent Wauquiez, a conclu. 
"Il n'y a qu'une seule droite", a-t-il rectifié, dans son discours de clôture. "Le temps des écuries est révolu", a-t-il ensuite insisté, alors que Pécresse était déjà repartie, plus discrètement. 
"Je ne laisserai plus les petits chapelles et les querelles d'ego affaiblir notre famille politique". "Je ne distribue pas de postes aux enchères pour acheter le silence des uns ou des autres", a aussi lâché le patron de LR dans un propos par ailleurs offensif contre l'adversaire, Emmanuel Macron.

La nouvelle composition du bureau politique

Sorte de gouvernement du parti, il a été entériné samedi matin.
Valérie Pécresse demeure dans le bureau politique, dans le collège des non-parlementaires, lequel comprend également Maël de Calan, candidat battu à la présidence du parti qui, comme l’autre ex-candidate Florence Portelli.

Commission nationale d’investiture, désormais présidée par Eric Ciotti.
La présidence de la commission nationale d’investiture a été confiée à Eric Ciotti, grand rival du maire de Nice, Christian Estrosi. Celui-ci, qui flirte avec Christophe Castaner, est très critique envers Laurent Wauquiez et n’est plus membre du bureau politique du parti.
Sortent du bureau politique le juppéiste Benoist Apparu, la députée des Alpes-Maritimes Michèle Tabarot ou l’ex-garde des sceaux Rachida Dati.
Jean-François Copé n'y est pas maintenu, mais le maire de Meaux demeure membre du bureau politique en tant qu’ancien président de l’UMP (devenue Les Républicains).

La nouvelle composition de la Commission nationale d'investiture a fait des déçus. 
Fillonniste, vice-président du Sénat, Philippe Dallier, 55 ans, a claqué la porte de la fédération de Seine-Saint-Denis qu'il dirige, après avoir constaté l'absence de son nom au bureau politique, de même que le maire d'Aulnay, Bruno Beschizza, tête de liste départementale Les Républicains-UDI-MoDem en Seine-Saint-Denis à l'élection régionale de 2015 en Ile-de-France. "C'est une purge. Fermeture à tous les étages", s'est pareillement enflammé une autre source parlementaire LR, anonyme et, qui sait, inventée. Il conviendrait que la presse nommât les auteurs des citations qu'elle rapporte, si elle prétend valoir mieux que les twittos. 
D'autant que l'anonyme est connu : il s'agit de Pierre Lisciadélégué régional des Jeunes Républicains, originaire de Haute-Corse, élu du 18e arrondissement et proche de ...Mme Portelli. Ces mystères auraient-ils éclairé la base sur le bien-fondé de la grogne des râleurs, des aigris dont n'ont plus voulu les adhérents ?

Quant au juppéiste Maël de Calan, adversaire malheureux de L. Wauquiez dans la course à la présidence du parti, il a enchaîné les déclarations incendiaires auprès des journalistes pour la faible place qui lui est revenue dans les instances des Républicains. "On va structurer une forme d’opposition en interne, qui pèse un gros tiers", prévient la marionnette de Juppé, vindicatif. Avec 9,25% des suffrages aCongrès des Républicains de 2017, le plaignant pouvait-il raisonnablement prétendre à mieux au bureau national ? 
"Deux trois essayent de faire un petit buzz à l’extérieur, personne ne l’entend à l’intérieur", réplique Pierre-Henri Dumont, député LR du Pas-de-Calais. A l'issue de la session extraordinaire d'août 2017, le journal Les Echos estima que P.-H. Dumont "s'est imposé en quelques semaines comme l'icône du renouvellement à l'Assemblée nationale chez les Républicains. [...] C'est dans l'hémicycle que Pierre-Henri Dumont s'est distingué par ses interventions offensives, que ce soit contre la majorité ou contre les groupes de gauche, notamment lors des discussions sur le projet de loi de moralisation de la vie publique".
De bon augure pour la construction d'un parti fort de la droite.

lundi 11 décembre 2017

Alain Juppé est politiquement mort, vive Laurent Wauquiez !

LR : Juppé a pris acte de la victoire "sans surprise" de Laurent Wauquiez à l'élection pour la présidence des Républicains 

L'ex-premier ministre reconnaît la légitimité du vainqueur

"Très nette victoire de Laurent Wauquiez. A lui de jouer maintenant, avec sa génération", écrit-il sur Twitter.

Dans un second message, le maire de Bordeaux a salué le "combat courageux de Maël de Calan à LR" dont il "espère qu'il continuera à défendre ses idées". Ancien porte-parole d'Alain Juppé, qui lui avait apporté son suffrage, Maël de Calan (9,25%) est arrivé en dernière position dimanche derrière Laurent Wauquiez (74,64%) et Florence Portelli (16,11%).

Les projets de Juppé s'effondrent

Il est temps pour Juppé de se retirer.
Saura-t-il rejoindre Bordeaux avec élégance ?
Le 12 novembre,  devant des journalistes, Alain Juppé ne voulait pas raccrocher les gants : il avait exprimé l'intention de bâtir "un grand mouvement central" avec Emmanuel Macron, avant de mettre de l'eau dans le vin piqué de ses propos.

Interrogé le 5 décembre sur son départ éventuel des LR en cas de victoire à la présidence de Laurent Wauquiez, le septuagénaire avait répondu : "Je pense que Maël de Calan va montrer qu'il y a une place (pour mes idées). C'est aussi l'enjeu de cette élection".

Quand le vin est tiré, il faut en boire la lie...

mercredi 6 décembre 2017

Juppé apporte un soutien de 'loser' à Maël de Calan

Calan se serait bien passé de ce coup de pouce désespéré

Juppé cherche à placer ses hommes

Jusqu'ici tapi dans l'ombre de la campagne pour la présidence des Républicains, Alain Juppé est sorti de sa réserve bordelaise mardi en s'affichant au côté de son poulain, Maël de Calan, à qui il a apporté son soutien "à titre personnel".

Le maire de Bordeaux a donné une conférence de presse commune avec le candidat "juppéiste" du scrutin de dimanche prochain, dans un café proche de l‘hôtel de ville.
"Je ne fais pas campagne dans le cadre de cette élection à la présidence de LR, je n‘ai pas d'appel à lancer, mais à titre personnel, mon choix est fait et je lui apporterai donc mon suffrage", a toutefois tenu à lâcher le septuagénaire.

Alain Juppé a dit tout le bien qu'il pensait de son candidat, un inconnu, conseiller départemental du Finistère, "homme de droite, une droite humaniste", label de récupération, une usurpation partagée avec le PS. 
Et un retour d'ascenseur : Calan lui avait apporté un "soutien sans faille" lors de la primaire de la droite et du centre pour l’élection présidentielle. 4,4 millions d’électeurs lui avaient préféré François Fillon. Le patron de Calan avait obtenu 28,56% de votes favorables contre 44,08% à son vainqueur. 

Le protégé d'Alain Juppé a mené une campagne anti-Wauquiez

Maël de Calan, 37 ans, n'a pas vraiment fait campagne pour son camp. Il a mis toute son énergie à combattre le favori, Laurent Wauquiez, qualifiant de "clivant" le discours du favori de l’élection et négligeant l'ancienne porte-parole de François Fillon, Florence Portelli, également candidate. La stratégie d'un "humaniste" ?

Ce scrutin "doit permettre de dire à tous les adhérents, dont beaucoup hésitent à voter dimanche prochain et se demandent si les Républicains sont encore leur parti, que Les Républicains seront ce que nous en ferons", a déclaré le candidat, qui devait donner une réunion publique dans la soirée dans la proche banlieue bordelaise.

Le conseiller départemental semblait toutefois avoir déjà intégré l'idée d'une victoire du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Tout en se disant simple observateur, dès le mois d‘août, Alain Juppé avait fixé deux lignes rouges aux Républicains et à Laurent Wauquiez, mettant son départ du mouvement en balance. 
Son chantage portait sur l'incompatibilité avec les idées du Front national, distillant le soupçon d'une porosité à venir. 

Il avait aussi demandé que la ligne dominante après l’élection ne soit pas celle de "la partie la plus conservatrice et même la plus rétrograde". Pour définir sa cible, le septuagénaire avait répandu l'usage du mot "rabougri" auprès de média, tels que  ...BFMTV et son chef du service politique, Thierry Arnaud, connaisseur de la vie économique et ancien correspondant du journal La Tribune à Londres, qui s'installa ensuite aux USA où, correspondant de BFM TV, il couvrit notamment l’affaire DSK, puis l’élection de Barack Obama.

Bien que Laurent Wauquiez soit clair dans son rejet de toute idée d'alliance avec le parti de Marine Le Pen, le maire de Bordeaux distille ce soupçon, relayé par la presse macronienne, jugant ainsi, mardi, "qu'il ne suffisait pas de dire qu'on ne ferait pas d‘alliance avec le Front national, encore faut-il combattre vigoureusement ses idées. Et Maël de Calan le fait". Procès d'intention partisan et malveillant, voire malsain, d'un aigri de la politique.

La droite recherche-t-elle une mollesse de collaborateurs à Macron ? 

vendredi 17 novembre 2017

LR : les petits candidats s'acharnent sur Wauquiez, avec la complicité des media

Les courants opposés à Wauquiez ont désigné des candidats inconnus, sans expérience, ni envergure

Calan et Portelli ne valent pas un clou selon leurs propres soutiens

Calan, un jeune vieux sorti de nulle part

Sans aucune notoriété, Maël de Calan, 36 ans, a ses parrainages, au moins 2.347 adhérents et de treize parlementaires, et sera candidat à la présidence de Les Républicains, par la grâce de son parrain, Alain Juppé. Dans un entretien avec Les Échos (groupe LVMH de Bernard Arnault), il avait fait l'annonce officielle d'"un peu plus d'une vingtaine" de signatures de parlementaires... 

Contre Wauquiez, ancien ministre et président de région Auvergne-Rhône-Alpes, Calan va au casse-pipe. Dirigeant du développement d'une start-up de biotechnologie à Roscoff, où se situe le château familial (à Sibiril, commune du Haut-Léon), il est le fils de Dominique de La Lande de Calan qui est connu pour avoir été le numéro 2 de l'UIMM, la plus importante branche du MEDEF, dont il dut démissionner en 2008 suite à une condamnation dans l'affaire des 16 millions d'euros retirés en liquide.
En 2012, durant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, il travaillait alors dans le groupe d'experts chargés des notes économiques en 2012. Mais ce conseiller municipal de Roscoff et aussi conseiller départemental du Finistère mise sur Juppé à la primaire de 2016: il est membre de l'équipe dédiée à l'élaboration du projet présidentiel du maire de Bordeaux. "Réfléchir, produire des idées, des propositions, c'est mon ADN", déclare-t-il modestement. 
En septembre 2017, Alain Juppé le signala comme une valeur montante: "Maël de Calan incarne bien le type de profil qu'il faut encourager", avait-il dit à Sud Ouest. Aujourd'hui, le septuagénaire doit rester en retrait, mais n'hésite pas à intervenir et Maël de Calan à se situer dans sa lignée, revendiquant une "filiation juppéiste très prononcée".
Sa candidature est toutefois loin de faire l'unanimité. "Personne ne trouve ça bien qu'il y aille, à part lui et ses quatre copains", tacle un élu constructif.
Autre ambiguïté, Calan souhaite se laisser porter par la vague macronienne. "Je suis Macron-compatible", répétait-il dans sa circonscription. Il s'en expliquait à "l'Obs" :"Je suis de droite, mais d'une droite modérée qui adhère à plusieurs propositions que porte Macron, notamment en matière économique. Je voterai les mesures qui iront dans le bon sens."
Un positionnement cohérent avec ses ambitions. Lors du congrès de l'UMP, en 2012, il déposa avec quelques autres une motion, la Boîte à idées, qui obtenait les parrainages d'Edouard Philippe, Bruno Le Maire ou Thierry Solère, désormais ministres d'Emmanuel Macron ou députés "constructifs". Assez pour l'exclure.
Il n'a certes pas suivi les Constructifs, mais il s'oppose à leur exclusion et appelle à l'inverse à "tout faire pour qu'ils reviennent et réunifier la grande maison". Ce n'est pas un sous-marin de Macron, mais une corvette.

Il n'a pas d'autre fonction que de nuire à Wauquiez.
Le candidat se défend de vouloir participer à un "tout sauf Wauquiez". Pourtant, s'il n'est "candidat contre personne", il déclara sans ambiguïté, mardi matin 5 septembre sur France 2 :"Il y a clairement deux lignes différentes incarnées dans ce congrès: une ligne très clivante sur la forme et très dure sur le fond, qui est portée par Laurent, et une ligne plus crédible sur la forme et plus ouverte sur le fond, qui est la ligne historique de la droite française qui, à mon sens, est majoritaire dans notre électorat et qui est la seule à pouvoir nous faire gagner les futures échéances électorales", a-t-il affirmé.
Pour se donner une assise, Maël de Calan prétend appuyer sa candidature sur "un collectif de nouveaux visages d'élus", une génération nouvelle qui a émergé à la faveur des victoires de la droite aux municipales de 2014, mais dont les composantes restent à identifier. Il s'agit, explique-t-il, "d'élus qui ont fait des choix différents à la primaire, qui incarnent toutes les sensibilités du parti mais qui se réunissent sur deux messages essentiels : d'abord la volonté de faire de la politique très différemment, de manière plus fraîche, en se débarrassant du cynisme, du sectarisme, de la mauvaise foi, et ensuite en portant sur le fond les couleurs d'une droite ouverte et équilibrée". S'il a des proches, ce sont plutôt des suiveurs du septuagénaire. On pense ainsi à l'ex-maire de la ville de Boulogne-Billancourt et proche de Thierry Solère, Pierre-Mathieu Duhamel, 61 ans, auprès duquel il participait aux travaux de l'Institut Montaigne, un think-tank libéral, rapporte le quotidien "La Croix".
Le candidat se définit comme un "chrétien engagé en politique", un libéral et un "conservateur prudent sur les questions sociétales, sans en faire l'alpha et l'oméga d'un engagement politique".

Florence Portelli, autre figurante
Florence Portelli, maire LR, est candidate à la présidence du parti.
A 39 ans et connue des seuls initiés, elle brigue néanmoins le plus haut poste des Républicains, face à Laurent Wauquiez, grand favori. Maire de Taverny (Val d'Oise), porte-parole de François Fillon lors de la campagne présidentielle, Florence Portelli pose sa candidature "pour que la droite recouvre sa fierté" : "Je veux redonner aux militants la place qui devrait être la leur dans ce parti", explique-t-elle. Un projet qui passe par "une refondation, un fonctionnement démocratisé, un changement radical de statuts et la clarification de la ligne idéologique du parti", selon elle. 
Détentrice d'une maîtrise de droit public et d'un diplôme de l'institut de criminologie, Florence Portelli est la fille de Hugues Portelli, sénateur du Val d'Oise et maire d'Ermont. Très tôt, elle est sensibilisée à la politique : "A l’époque, mon père n’était pas enclin du tout à avoir un mandat, mais c’était un intellectuel qui fréquentait les politiques pour leur proposer des idées", expliquait-elle à La Gazette du Val d'Oise en 2014, au lendemain de son élection de maire. C'est sa fascination pour Philippe Séguin qui la pousse à franchir le pas : "Quand j’ai eu l’âge légal, je suis entrée au RPR, pour le mouvement séguiniste, le gaullisme social, c’est à dire l’aile gauche."
Soutien de François Fillon en 2012 lors de la campagne pour la présidence de l'UMP, elle est rapidement repérée par l'ancien premier ministre. Elle lui demande alors d'appuyer sa candidature à l'élection municipale de Taverny en 2014 : "Cela a boosté ma candidature, je voulais être crédible", explique-t-elle dans les colonnes de l'hebdomadaire. Après avoir pris la mairie de Taverny à un DVG en 2014, elle accède au Conseil régionale d'Ile-de-France en 2015, elle accède à la fonction de porte-parole de François Fillon lors de la campagne à l'élection présidentielle de 2017. 
Florence Portelli évoque ses passions culturelles, du cinéma italien à la littérature française, en passant par la musique classique, la pop ou encore sa pratique du piano depuis l'âge de 6 ans. "Je suis allée voir Sarkozy et lui ai dit 'la culture, c’est n’importe quoi dans ce parti'". Car Florence Portelli n'a pas peur de dire les choses, comme elle l'a prouvé en s'attaquant aux Constructifs, groupe parlementaire constitué par une poignée de Républicains, essentiellement juppéistes revanchards.
Dans Le Figaro, elle estime que LR s'est divisé en "deux catégories: ceux qui sont déjà partis chez Macron et ceux qui, de bonne foi, ont cru que c'était un moyen de réformer la droite. Ils se sont trompés et je les invite à revenir au bercail". Et d'insister: "Les autres, qui ont rejoint le gouvernement ou soutenu En Marche ! se sont exclus d'eux-mêmes. Ils ne sont plus dans notre parti politique." Une franchise qui l'aidera à s'imposer ? Réponse les 10 et 17 décembre, dates de l'élection à la présidence des Républicains.

Laurent Wauquiez porte "la flamme" contre Emmanuel Macron, alias Dark Vador

Laurent Wauquiez aime filer la métaphore galactique, évoquant Luke Skywalker. Dans Le Parisien Week-end, le favori dans la course à la présidence des Républicains (LR) compare Emmanuel Macron à Dark Vador et les membres de son parti aux gentils Rebelles de la résistance dans Star Wars.
Il y a un très méchant Dark Vador qui essaie d'étouffer tout espoir dans la galaxie. Mais une flamme renaît qui va permettre de battre le méchant empire En Marche. Et cette flamme, c'est celle que je porte", déclare le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. "On voit très bien qu'il y a une volonté assez hégémonique d'En Marche d'étendre une espèce d'Empire galactique sur la totalité de la politique française. Eh bien, il y a un petit noyau de rebelles qui portent la voix de l'opposition".
En juin, il confiait déjà au Figaro : "On part de rien, tout semble mort, mais toute forme d'espoir n'est pas perdue. Quelque part, au fond de la galaxie, survit un petit camp irréductible!" D'autres lui retourne la comparaison mais en l'inversant : "Comme Dark Vador, il est passé du côté obscur. Et Patrick Buisson est son sabre laser", aurait récemment lancé dans Le Parisien un ancien élu juppéiste qui préfère cacher son identité du côté de la force obscure.

Wauquiez a déjà été président des Républicains, assurant l'intérim d'août à novembre 2016. Le 19 juin 2007, à 32 ans, il est nommé secrétaire d'État auprès du Premier ministre et porte-parole du gouvernement dans le second gouvernement Fillon, en remplacement de Christine Albanel, avec l'intention revendiquée de moderniser la communication gouvernementale et de "rester un citoyen comme les autres". Lors des élections municipales de 2008, il prend la ville du Puy-en-Velay à la gauche.
Le 18 mars 2008, il est nommé secrétaire d'État chargé de l'Emploi auprès de Christine Lagarde, ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi. Ses premiers chantiers sont alors la réforme de l'assurance chômage, le nouveau service public de l'emploi, le plan pour l'emploi des seniors et la réforme de la formation professionnelle.
En 2010, Laurent Wauquiez lance 'La Droite sociale', un club de réflexion qui rassemble une cinquantaine de parlementaires et qui a pour double ambition de faire entendre la sensibilité sociale au sein de la droite et de remettre les classes moyennes au centre des politiques publiques.
Le 14 novembre 2010, il devient ministre auprès de la ministre d'État, ministre des Affaires étrangères et européennes, Michèle Alliot-Marie, chargé des Affaires européennes, dans le cadre de la formation du gouvernement Fillon III, ainsi que le nouveau benjamin du gouvernement.
En juin 2011, il est nommé ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, succédant à Valérie Pécresse.
En décembre 2015, il est élu président de la région Auvergne-Rhône-Alpes contre la liste de gauche menée par le président socialiste sortant, (pendant près de 12 ans), Jean-Jack Queyranne, ancien ministre de Jospin.

L'élection à la présidence des Républicains est prévue le 10 décembre, avec un second tour éventuel le 17 décembre. Trois candidats sont en lice,  Florence Portelli, Maël de Calan et Laurent Wauquiez