POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est Poutou Ph. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Poutou Ph. Afficher tous les articles

dimanche 20 janvier 2019

Gilets jaunes à Bordeaux : sans Juppé, la mobilisation serait-elle toujours aussi vive ?

Président de Bordeaux-Métropole et soutien de Macron, Juppé cristallise la colère des révolutionnaires  

Commencée dans le calme, la manifestation s’est tendue aux abords de l’hôtel de ville de Bordeaux, avant d’être dispersée par les CRS dans des nuages de gaz lacrymogènes.


Comme tous les week-ends depuis novembre à Bordeaux, les gilets jaunes se sont donné rendez-vous dès 13 heures place de la Bourse, sur les bords de la Garonne. Réunis sur le miroir d’eau, les manifestants profitèrent du soleil et entonnèrent une Marseillaise, avant que le cortège ne s’élance vers le quai Richelieu, en direction du centre-ville et de ses rues commerçantes. Aux rythmes des tambours battants, la foule convergea doucement vers la place de l’Hôtel de Ville. Les plus démonstratifs se trémoussaient dans une ambiance aux apparences bon-enfant. Pourtant, dans le ciel, un hélicoptère de la gendarmerie observait la manifestation.
L’affiche représentant Christophe Castaner est composée de photos de blessés 
durant les manifestations pour la défense du pouvoir d'achat

Ce chauffeur routier arbore une large pancarte sur laquelle on peut lire "Olivier, marié, 3 enfants et pompier volontaire". Le nom de cette victime des consignes sécuritaires de l'exécutif et du tir de LBD et de la grenade assourdissante est inscrit sur de nombreux panneaux. "Lorsque Castaner nous dit qu’il n’y a pas de violence policière, excusez-moi, mais ça me fait bien rire", affirme Daniel. 
En effet, les déclarations du ministre de l’Intérieur sont encore fraîches à la mémoire de nombreux mécontents. Au fil du cortège, on retrouve de nombreux slogans et affiches contre la BAC, la brigade anticriminalité, soupçonnée d’être responsable du tir de LBD contre le pompier volontaire lors du rassemblement du 12 janvier.

On n'est visiblement pas dans les "années 30"... 

Rue Sainte-Catherine, hyper-centre commerçant et piétonnier de la ville, les garçons de cafés rangent le mobilier de leur terrasse, pendant que des touristes profitent de la montée d'adrénaline. Badauds et habitants aux balcons sortent leur smartphone et immortalisent le défilé. "Ne nous regardez pas, rejoignez-nous !"leur crient en retour les Gilets jaunes. 
Arrivé place Pey-Berland, le défilé s’arrête. Le gros de la foule reste bloqué par les forces de police. Masqués et cagoulés, de nombreux 'Black Bloc' sortent alors des rangs et se dirigent vers la mairie, gardée par les CRS. Rompus aux techniques de 'guerre urbaine', les petits groupes mobiles allument des feux de poubelles, avant de se fondre dans la foule à nouveau, tandis que d’autres s’attaquent aux palissades de chantier qui protègent la tour Pey-Berland, et disparaissent.
La peste brune était rouge
Les faits démontrent que Macron a instrumentalisé l’Histoire de manière hasardeuse et inconsistante.
Par trois fois, l'exécutif a convoqué le passé pour établir des comparaisons aussi douteuses politiquement qu’erronées historiquement. Ce sera en outre Edouard
Philippe à Hanoï qui s'y est d'ailleurs livré à cet exercice de l’autoflagellation qui consiste à ériger en héros d’anciens adversaires de la France, tel aussi le FLN algérien. 


L'élément de langage suggéré par le président inspirera  d'autres lumières de son entourage.
 Ainsi, agitant à leurs tours la peur des "années 30", ce seront, le dernier week-end de novembre, l'improbable demi-ministre de l'Intérieur, Castaner qui a notamment dénoncé "une mobilisation de l'ultradroite" parmi les manifestants présents sur la célèbre avenue des Champs-Elysées, ou son garde-fou Nunez qui déraillera en assurant qu' "on a affaire à des séditieux, des factieux, qui sont des casseurs extrêmement violents". 

Il faut citer enfin le comble du crétinisme partisan en la personne du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, qui a quant à lui jugé dans un tweet que les violences et débordements survenus en marge des manifestations reflétaient "un seul visage, lâche, raciste, antisémite, putschiste" :


Autre exemple de grand corps malade au pouvoir, et non des moindres, le ministre des Comptes publics, l'immense Darmanin, qui a voulu opposer gilets jaunes et casseurs des Champs-Elysées et a évoqué ...la "peste brune" ! 


Ces expressions se voulaient en effet une référence à la montée du nazisme dans les années 30 et à la présence de membres de l'ultra-droite dans les rangs les plus violents des manifestants. Les violences de Bordeaux signent en vérité la présence de groupes de Black bloc qui sont au contraire à l'extrême gauche, comme du NPA, parti révolutionnaire trotskiste. 

"Castaner est un irresponsable ! Il invente et en rajoute contre un 'péril jaune fluo' d'extrême droite pour seulement insulter le peuple en colère. Les vrais séditieux sont au gouvernement", a renchéri le député LFI de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière.

Quelques gilets jaunes sont montés sur le toit de l’entrée du parking souterrain et guettent l’avancée des CRS.
 
"On est complètement pris en étau", constate, désespéré, un retraité venu de Dax. Malgré la cohue, Hélène, militante révolutionnaire à Lutte ouvrière continue de distribuer ses tracts. Imperturbable. "On viendra tous les week-ends, jusqu’à ce que Macron daigne nous entendre, promet-elle. On s’appelle "Lutte ouvrière", pas "causerie ouvrière". Alors il va falloir se battre." 

Plusieurs fronts se forment, l’un près de la mairie, l’autre dans les rues piétonnes du centre : jets de pavés contre LBD, les affrontements de la fin d’après-midi sont violents.

Sous un déluge de grenades lacrymogènes, la place Pey-Berland se vida très rapidement de plusieurs milliers de personnes : face aux canons à eau, le cortège fut contraint de reculer. 
Mais, sous les applaudissements, Philippe Poutou s’écart des échauffourées pour rejoindre un petit groupe d’ouvriers de l’usine Ford de Blanquefort. Un des leurs tient dans sa main une balle de LBD. "Les gaz lacrymos ça va encore. C’est quand ils tirent au "Flash-Ball" que ça devient dangereux", déclare l’ouvrier syndicaliste et ancien candidat à la présidentielle. 

Sur la place, les CRS procèdent à des interpellations sous les lazzis des gilets jaunes obligés de fuir. Ce samedi, 49 personnes ont été interpellées par les forces de l’ordre.
Le jeudi 7 juin 2018, à l’occasion d’une réunion extraordinaire de son comité d’entreprise (CE), la direction de Ford (US) confirmait l’ouverture "d’une information consultation sur un projet de fermeture" de son site girondin, à Blanquefort, dès la fin juin 2018, précisant l’hypothèse du plan social. 
Débrayage à l'usine Ford de Blanquefort, le 5 mars 2018.
En décembre 2018, la brillante politique économique et sociale du  président n'éloigne pas la perspective d'une fermeture de Ford à Blanquefort: "Avec les millions que l’Etat a injecté, elle est déjà presque publique cette usine," commente le délégué syndical CGT...
L’idée serait de racheter provisoirement cette usine, afin de la revendre au repreneur qui s’est positionné, le groupe franco-belge Punch Powerglide. Ce dernier a présenté une offre qui reprendrait environ 400 salariés, sur les 850 que compte l’usine actuellement.
Alors que la nuit tombait, le gros de la manifestation se dispersa. Cours Pasteur et cours Victor-Hugo, des feux sporadiques furent allumés. Devant les voies du tramway, des casseurs, armés de marteaux et de pieds de biche, s’en prirent aux vitrines des banques non protégées. Face à cela, de nombreux gilets jaunes aidèrent les garçons de café à ranger leur terrasse pendant que les commerçants se dépêchaient de baisser leur rideau de fer. Les petits groupes restants se dirigèrent vers la place de la Bourse. Une centaine de gilets jaunes et de jeunes se rassemblèrent sur le miroir d’eau, là où la journée avait commencé. 
De leur enceinte portative jaillit la voix de Bob Marley : "Get up, stand up, stand up for your rights", 1980, (Lève-toi, dresse-toi, bats-toi pour tes droits, une chanson contre le racisme et l'oppression exercée sur les diverses ethnies issues d'Afrique ou en Afrique même; album 'Burnin' ', En flammes, qui inclut 'I shot the Sheriff') reprennent en chœur les manifestants. 
'I shot the Sheriff' de Jamaïcain Bob Marley est au coeur d'une polémique suscitée par BFMTV qui, le 13 décembre 2018, en diffusa un extrait en musique de fond, lors de son émission spéciale consacrée à la mort du terroriste islamiste Chérif Chekatt, auteur de l’attaque du 11 décembre 2018 à Strasbourg...
Le maire de Bordeaux a appelé Macron à plus de fermeté

Début décembre, Alain Juppé faisait déjà la leçon à Emmanuel Macron


"Le Président doit répondre concrètement à certaines attentes légitimes" a estimé l'ancien Premier ministre, le 9 décembre 2018. Au lendemain du quatrième weekend de mobilisation au cours duquel la ville de Bordeaux avait fait l'objet de nombreuses dégradations, le septuagénaire avait pris la parole lors d'un point presse organisé en compagnie du préfet du département, représentant du gouvernement en Gironde. Si, dans sa déclaration bien construite de pro, il a tenu à "rendre hommage aux forces de l'ordre qui ont été à la hauteur", l'ancien premier ministre des années 90 avait également déploré les scènes de "guérilla urbaine" par "200 à 300 casseurs en fin de défilé", affichant émotion et indignation.
Juppé revivait le douloureux souvenir de 1995
L'allocution du maire de la 5e ville de France (par l'aire urbaine, mais 9e par la commune) a rapidement pris une tournure politique, lorsqu'Alain Juppé a appelé Emmanuel Macron à s'adresser rapidement aux Français. "le Président doit répondre concrètement à certaines attentes légitimes", "mais les gilets jaunes responsables doivent cesser d'appeler à manifester, au risque de convoquer les casseurs à casser" a-t-il estimé.

"Les gilets jaunes et leurs revendications méritent la considération et il doit y avoir des mesures fortes. La surtaxation des carburants est réglée, mais le pouvoir d'achat doit également être abordé, tout comme la situation des salariés aux faibles revenus, la hausse de la CSG,...

Juppé revivait un précédent conflit social qui l'a durablement meurtri
L'acte 6 des Gilets jaunes, un retour aux «années 1930» ? C'est l'avis du gouvernement

La réaction de l'ancien premier ministre de Jacques Chirac est d'autant plus forte qu'en 1995, au moment du plan Juppé sur les retraites et la Sécurité sociale, le locataire de Matigon avait du faire face à une série de manifestations et de grèves d'une grande ampleur qui avait conduit à l'abandon du plan contesté.
Devenu très impopulaire, du fait aussi de l'affaire de son appartement et de celui de son fils Laurent (né en 1967, il est aujourd'hui producteur dans l'audiovisuel), un mois après son entrée en fonction, il dut quitter la tête du gouvernement après la défaite de la droite aux élections législatives de 1997, après avoir prononcé les mots qui caractérisent sa rigidité psychologique "Je suis droit dans mes bottes et je crois en la France". Il ne parvint jamais plus à revenir au pouvoir, ce qui le rendit vindicatif et le remplit de rancoeur. 

jeudi 30 novembre 2017

Humour politique: Hollande, médaillé d'or 2017

Hulot, médaille d'argent (!) et le bronze pour Brigitte Macron

L'ex-président François Hollande a remporté le Grand prix 2017 de l'humour politique pour l'ensemble de ses couacs
, a annoncé mardi le Press Club de France, organisateur.

L'ex-chef de l'Etat est venu en personne à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) recevoir ce prix, créé en 1988 et décerné par un jury de journalistes et d'humoristes présidé par Nelson Monfort.
"Je prends conscience qu'un hommage m'est rendu, il était temps. Ce n'est pas forcément l'abondance des hommages qui justifie qu'on les néglige", a plaisanté le président dans un bref discours.

Retournant la moquerie à son avantage, l'ex-chef de l'Etat a observé qu'il lui a été souvent reproché "d'utiliser beaucoup l'humour".
"J'y ai toujours répondu de la façon suivante: dans les moments les plus graves, dans les circonstances les plus douloureuses, il faut avoir une forme de maîtrise de soi, de contrôle, de sérénité, et l'humour en fait partie (...) L'humour fait partie de ce qui nous permet d'être à hauteur d'homme ou de femme, c'est-à-dire d'être capable de résister et de combattre l'adversité. Les fanatiques n'ont pas d'humour", a-t-il fait valoir.

Le lauréat a terminé sur une note légère: "J'ai bien compris que c'était l'ensemble de mon oeuvre qui était salué, je parle de ce domaine-là. Mais je vais vous faire ici une révélation: mon oeuvre n'est pas achevée, du moins sur ce plan-là".
Très souvent nommé par le Press Club pour ses "hollanderies", notamment durant son passage à l'Élysée (2012-2017), François Hollande n'a pas joué dans la même cour que Jean-Pierre Raffarin connu pour ses raffarinnades.

Le "capitaine de pédalo" est récompensé pour sa production depuis 2016

Parmi une succession de bulles, les jurés ont eu l'embarras du choix  : 
"Toutes les décisions que je prends, je les prends seul avec moi-même, dans un dialogue singulier", 
"Heureusement que le Canard enchaîné est un hebdomadaire et pas un quotidien, sinon imaginez où on en serait avec Fillon !", "Aujourd'hui, je suis à deux doigts d'être aimé" ou encore "Je salue Christiane Taubira... Sa voix peut porter, même quand elle ne dit rien".

François Hollande succède au palmarès à l'actuel ministre de l'Économie Bruno Le Maire. Alors qu'il était candidat à la primaire de droite pour la présidentielle de 2017, il avait remporté le Grand Prix 2016 pour sa petite phrase "Mon intelligence est un obstacle".

Le Prix spécial du jury est par ailleurs décerné un lot de consolation au ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, pour sa sortie, pendant la campagne présidentielle: "J'ai refusé d'être candidat car j'avais peur d'être au second tour".

Un autre accessit est attribué à Brigitte Macron pour: "Le seul défaut d'Emmanuel, c'est d'être plus jeune que moi".

Les plus méritants ne sont pas mis en valeur

Un prix d'encouragement revient à l'ex-candidat à la présidentielle Philippe Poutou (NPA) pour sa phrase "Hollande est satisfait de son bilan ; c'est pour cela qu'il le dépose". 

Un Prix du "Jeu de Miot" (en hommage à Jean Miot, ancien PDG de l'AFP et créateur du Prix, récemment décédé) est aussi attribué à l'eurodéputé EELV et éphémère candidat qui, le soir des résultats de la présidentielle, en mai dernier,  pour sa réaction aux images d'Emmanuel Macron devant la Pyramide du Louvre : "C'était Toutânmacron !" a lancé Yannick Jadot.

Deux Prix des internautes sont attribués ex æquo à 
Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères : "Je suis une tombe; et quand on est une tombe, on l'est à vie"
et au président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde: "La moitié de nos électeurs sont passés chez Macron et je crois que l'autre est déjà en marche".

Dans la catégorie tweet politique, le Grand prix pour deux tweets est attribué au président du MoDem et ex-ministre de l'Education nationale, François Bayrou qui est une nouvelle fois déprécié avec : "Mon soutien à @alainjuppe est à 1000% sincère"  au moment de la primaire de la droite, et l'autre, lors du Penelopegate: "Je voudrais des compagnes électorales exemplaires".

Le "Prix de la récidive" revient à l' ancien président de l'UMP, déjà récompensé il y a un an, Jean-François Copé, qui avait ironisé par tweet : "Incroyable, j'ai un bon sondage ! Une erreur ?".

jeudi 6 avril 2017

Fillon promet de livrer les noms de ses diffamateurs

Les électeurs doivent savoir qui se terre dans le "cabinet noir"

François Fillon a renouvelé jeudi sa promesse de livrer les noms des animateurs du "cabinet noir"
 
Il réitère la dénonciation des hommes de l'Elysée qui sont à l'origine les diffamations de la presse et dont les emplois présumés fictifs de membres de sa famille sont l'émanation nauséabonde.
Fillon met à nouveau en cause François Hollande et il annonce des poursuites judiciaires en temps opportun.

"Cette opération a été montée, je le prouverai", a déclaré le candidat de la droite et du centre sur France Inter.
"Le moment venu, je poursuivrai tous ceux qui sont à l'origine de cette affaire", a-t-il ajouté en précisant disposer de "toutes les indications" qui lui permettront "de poursuivre ceux qui ont fait ça".

"J'ai les dates, les jours, les personnes qui ont communiqué les documents. 

Parce qu'il ne faut pas croire que je vais lâcher les accusations que j'ai lancées contre ceux qui ont déclenché cette affaire", a lancé François Fillon.

L'ancien Premier ministre, qui n'avait pas dissimulé que François Hollande est à l'origine de ce dossier, a de nouveau mis en cause le président sortant. A la question "c'est François Hollande qui a déclenché l'affaire ?", il a répondu "oui, bien sûr".

Réagissant sur France Info à la fermeté de François Fillon, le porte-parole du gouvernement et proche collaborateur du président, Stéphane Le Foll, n'a pas hésité à dénoncer "des accusations diffamatoires". "Il n'y a jamais eu de cabinet, ni noir, ni blanc, ni gris, ni jaune, jamais !", a-t-il affirmé. Rose, peut-être?

Philippe Poutou ne peut consulter ses fiches, alors il se fait souffler  

Philippe Poutou n'échappera pas non plus à un procès.
 
Résultat de recherche d'images pour "Poutou debat"François Fillon l'en a clairement informé lors du débat télévisé mardi soir entre les onze candidats à la présidentielle, quand le révolutionnaire trotskiste du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) s'est livré à une attaque frontale du candidat sur les affaires dans lequel la presse gouvernementale vise l'ex-Premier ministre.
"Je me réserve la possibilité de poursuivre toute personne qui piétine ma présomption d'innocence", a indiqué le député de Paris.

François Fillon, dont même les sondeurs constatent qu'il refait son retard avec Marine Le Pen et Emmanuel Macron, du fait de diffamations orchestrées hebdomadaires depuis deux mois, serait talonné par Jean-Luc Mélenchon, le candidat de l'extrême gauche, que sondeurs et presse s'accordent à promouvoir sans risques de contrôles du CSA ou du Conseil constitutionnel. 

La manipulation des Français par les sondeurs, ainsi que le matraquage des téléspectateurs est au service du banquier Macron : BFMTV porte l'ex-conseiller de Hollande à l'Elysée, mais plus l'ancien ministre de l'Economie perd de points (5 en un mois), plus la chaîne de l'homme d'affaires Patrick Drahi a besoin d'affaiblir Fillon, unique rival contre Marine Le Pen. Difficile pourtant de crédibiliser la menace du candidat de la gauche révolutionnaire ("La France insoumise" !), après qu'il a insulté les journalistes à plusieurs reprises ("petite cervelle" ou "sale con") et qu'il a déjà été quatrième en 2012, ne rassemblant que 11,1 %.

jeudi 23 mars 2017

Pierre Moscovici a aussi reçu des costumes offerts par un généreux ami

Le coup de pied dans la fourmilière fait sortir Moscovici

L'ancien ministre de l'Economie de Hollande se fait tailler un costard

C'est au tour de Pierre Moscovici, après Fillon et de l'épouse Macron de se faire épingler. Le Canard Enchaîné révèle que le Commissaire européen aux affaires économiques s'est fait offrir des costumes de luxe par un ami, lequel ami est de surcroît un intermédiaire pour l'approvisionnement en vins de l'Élysée et de Matignon. 

Les costards étaient achetées chez Arnys (LVMH), le tailleur de luxe qui habille des responsables politiques et pas seulement François Fillon. 

Qui est ce très jeune et
élégant collaborateur
à la droite du responsable socialiste ?
Les faits évoqués seraient antérieurs à 2012, année à partir de laquelle les parlementaires se sont trouvés dans l'obligation de faire connaître ces cadeaux aux pouvoirs publics. Mais la Haute Autorité pour la Transparence de la vie politique en sommeil, n'est pas en état de préciser si l'arrogant Moscovici a continué à se faire livrer des costumes sur mesures par Arnys, après 2012.
 
Pierre Moscovici confirme avoir reçu ces costumes

Rhabillé pour l'hiver, il se dit néanmoins totalement serein vis-à-vis de cette information. 
"Je ne suis pas du tout embarrassé par cela, dès lors que ce sont de vrais cadeaux par de vrais amis, dans un vrai cadre privé", a-t-il déclaré face à la presse à Bruxelles, mardi 21 mars. Car ces messieurs se font couramment offrir des costumes par des amis obligeants et, qui sait, des obligés...  

Le socialiste exemplaire suggère ainsi que, pour l'heure, il n'y a pas eu de conflit d'intérêts. 
Dans le cas de François Fillon, la presse et donc la justice, sont plus expéditives. Elles font savoir que le candidat a reçu de l'avocat Robert Bourgi des costumes d'une valeur totale de 13.000 euros, mais leurs fuites ne chiffrent la valeur des costards de luxe de l'ancien patron socialiste de Bercy.
 
Si elle soupçonne un possible trafic d'influence, s'agissant du candidat de la droite et du centre, la justice ne se presse pas en revanche d'enquêter sur l'origine du contrat de livraisons de vins et spiritueux au plus haut sommet de l'Etat. Qui a signé ou renouvelé ce contrat qui bénéficie au fournisseur en vins de Hollande, Ayrault, Valls et Cazeneuve et en costumes de Moscovici.

Ce trotskiste terriblement embourgeoisé devrait provoquer les réquisitoires indignés de ses virulents camarades trotskistes, Nathalie Arthaud et de Philippe Poutou, candidats à la présidentielle salis par ces soupçons  .

Trafic d'influence ou conflit d'intérêts,
la Commission européenne ne peut rester indifférente aux révélations et aux aveux qui accablent le commissaire Moscovici, en charge des affaires économiques et monétaires, à la Fiscalité et à l'Union douanière. L'import-export des vins et spiritueux en Europe est en effet de sa responsabilité...

lundi 2 avril 2012

Nancy: Sarkozy rappelle ce qu'il a fait pour Florange


Le président-sortant a fustigé l'action partisane de la gauche politique et syndicale



15 mars à Paris: des métallurgistes CFDT, CGT et FO manifestent violemment devant le QG de campagne du candidat Sarkozy

 

Les syndicats se mêlent ouvertement de politique



La CGT est entrée en opposition frontale

Mardi 31 janvier, la CGT a clairement appelé à un changement à la tête de l’État.
Cette prise de position publique marque une rupture des organisations syndicales avec leur relative neutralité traditionnelle face aux échéances électorales.

Au meeting que la centrale syndicale communiste tenait dans au Zénith le 31 janvier pour revendiquer le retour à la retraite à 60 ans, la salle a été incitée à huer le nom de Nicolas Sarkozy.

Mais surtout, Bernard Thibault, qui appelle à manifester contre l’austérité, a lancé : " Vous aurez du mal, Monsieur le futur candidat (?), à trouver dans cette salle et chez ceux qui nous écoutent beaucoup de supporteurs pour vous aider à rempiler cinq ans de plus à l’Élysée. "



Au premier rang, quatre candidats de l'extrême gauche étaient à la fête

Jean-Luc Mélenchon, du Front de gauche, avec lequel Bernard Thibault a récemment tenu une conférence de presse commune, les trotskistes Philippe Poutou (syndicaliste CGT et NPA), avec  Nathalie Arthaud pour Lutte Ouvrière (LO) ainsi que Gro-Eva Joly d’Europe Ecologie-les Verts (EELV). 


Outre la candidate altermondialiste binationale,
le Parti socialiste, lui, s’était fait représenter par Jean-Marc Ayrault. 

Les partis de droite et du centre, quant à eux, n’avaient pas été conviés...

Le président-candidat avait donc de bonnes raisons de villipendér, outre la radicalisation de la gauche, son "incompétence affichée" dans sa manière d'aborder le dossier du site ArcelorMittal de Florange.


Puis il a énoncé quelques faits que la propagande dénature
"Qui a dû discuter pied à pied avec les actionnaires d'ArcelorMittal ?, a-t-il interrogé. 
Nicolas Sarkozy a d'ailleurs expliqué qu’il ne laisserait "jamais tomber la sidérurgie parce que ma conviction, c'est que la production d'acier est essentielle pour une grande économie comme l'économie française".
Nicolas Sarkozy était donc particulièrement justifié à fustiger l'entrée des syndicats sur la scène politique, parrainés par le PS.

Lundi 2 avril, interrogé sur l’aciérie ArcelorMittal de Florange (Moselle) dans un entretien à L’Est Républicain, Le Républicain lorrain et Vosges Matin, Nicolas Sarkozy a mis sur la place publique le rôle néfaste de la confédération et singulièrement des " permanents de la CFDT " du site, après ceux d'ailleurs de SeaFrance, à propos desquels le secrétaire général, François Chérèque, avoua sur RTL en janvier avoir "un peu honte" du comportement "pas honorable" des militants de la CFDT.


Le candidat fait valoir les efforts du président Sarkozy

Nicolas Sarkozy évoqua les métallos de la CGT


"Ils trahissent la confiance des salariés." Ils sont venus m’insulter et essayer de casser mon siège de campagne.
" Mais " nous accuser d’avoir voulu casser son QG de campagne alors que nous étions venus à Paris pour dialoguer, c’est instiller la haine et le mensonge ", a aussitôt prétendu Édouard Martin, l’un des syndicalistes visés, omettant de préciser que le rendez-vous était prévu le lendemain !...

Le président-sortant a épinglé les élus socialistes



A Nancy, Nicolas Sarkozy n'a pas épargné Aurélie Filippetti raillant "l'incompétence affichée" dans sa manière d'aborder le dossier du site Arcelor Mittal  pour qu'à Florange on remette 17 millions d'euros ? (...) Je les ai obtenus de l'actionnaire d'ArcelorMittal, je me suis battu pour cela (...) C'était mon devoir."

Membre de l’équipe de campagne de François Hollande,
la députée PS de la circonscription de Florange avait accusé Nicolas Sarkozy avec brutalité de "démagogie anti-syndicale".

"Je vois que Mme Filippetti est bien bavarde quand il s'agit de parler de moi. Mais qu'est-ce qu'elle a fait pour convaincre les actionnaires? 

Le chef de l'État a également apporté les mises au point qu'imposent les caricatures de son adversaire de gauche, François Hollande

"J’ai tenu mes engagements, je les tiendrai. Quant aux autres, qu’est-ce-qu’ils font ? " a-t-il interrogé. Il a d'ailleurs évoqué la légèreté du candidat socialiste qui "a pris un engagement qu’il tiendra. Il est venu et a dit – je ne promets rien –, il tiendra", a-t-il déploré.

Le candidat de la gauche a donc reçu son petit paquet-cadeau
Quant à monsieur Hollande, il a pris un engagement qu'il tiendra. Il est venu et il a dit : 'Je ne promets rien'. Et "il tiendra !", a-t-il ironisé

Il a encore cité le candidat de la gauche qui pensait se flatter: "Quand je ne suis pas sûr, je ne dis rien". Une fine remarque sur laquelle le chef de l'Etat le railla : "Il ne dira rien" !

"Dans mon identité, le mot renoncement n'existe pas, j'essaie toujours, je me bats toujours", commenta-t-il.
Il a insisté sur les 17 millions d'euros d'ArcelorMittal qu'il a obtenu pour les salariés de Florange.  "Je les ai obtenus de l'actionnaire d'ArcelorMittal, je me suis battu pour cela (...) C'était mon devoir", a souligné Nicolas Sarkozy à l'attention de ses détracteurs de mauvaise foi.

Avant cette réunion publique, Nicolas Sarkozy a visité la centrale solaire de Toul-Rosières, la plus grande d'Europe, installée sur une base aérienne désaffectée et qui doit produire à partir de l'été prochain l'équivalent de 115 mégawatts, soit la consommation d'une ville de 60.000 habitants. "Je crois à la vocation industrielle de la Lorraine qui a beaucoup souffert", a-t-il assuré devant les salariés enthousiaste de la centrale, construite par EDF Energies Nouvelles.

dimanche 1 avril 2012

NPA: appel de trotskistes dissidents à voter Mélenchon

On s'éclate chez les trotskistes du NPA


Des dirigeants du Nouveau parti anticapitaliste appellent à voter Jean-Luc Mélenchon, le candidat des communistes du Front de gauche.

Dans une tribune à Libération parue le 21 mars, ils estiment que leur parti et son candidat Philippe Poutou prennent "le chemin de la marginalité".

Parmi les signataires, Myriam Martin, porte-parole du NPA qui a claqué la porte, Pierre-François Grond, ancien bras gauche d'Olivier Besancenot, et Hélène Adam, une dirigeante historique de la LCR.

Ils expliquent "avec beaucoup d'amertume, mais aussi de colère, que nous voyons notre parti renoncer à l'engagement pris lors de sa fondation: rassembler tous les anticapitalistes dans un parti de masse."


Bons baisers de Philou Poutou !

samedi 31 mars 2012

Petite leçon d'un élu Suisse au candidat du Front

Quand l'incendiaire Mélenchon se fait allumer par un parlementaire Suisse

Fathi Derder fustige le candidat qui parle haut sans savoir

Cher Jean-Luc,

Je vous ai entendu lundi sur Europe 1: vous plaignez les Suisses !

Vous nous plaignez d'avoir refusé deux semaines de vacances supplémentaires. Ainsi, nous aurions été intimidés par nos méchants patrons. Vous précisez même: "Je comprends parfaitement que le patronat suisse utilise tous les arguments, dont la peur et l'insulte, contre les travailleurs". Je ne doute pas que vous le compreniez: la peur et l'insulte, c'est votre truc. Mais bon. Restons concentré sur le fond de votre propos.

Vous dites comprendre les patrons. En fait, vous ne comprenez rien du tout, une fois de plus. Il est vrai que nous avons refusé ce week-end l'initiative "six semaines de vacances pour tous".
Pour le reste, une ou deux précisions s'imposent.
La première: une partie de la gauche était opposée à l'initiative.
Quant aux patrons, loin de la peur et de l'insulte, ils ont agi avec responsabilité. Une responsabilité citoyenne. Un concept qui vous échappe peut-être.

Ce que les Suisses ont compris, eux, c'est que plus de vacances, c'est plus d'heures sup.
Ce que les Suisses ont compris aussi, mon cher Jean-Luc, c'est que le patron est le partenaire de l'employé. Nous appelons cela la paix du travail. A la grève systématique, nous privilégions le dialogue, le partenariat social. De vraies négociations branche par branche, entre gens bien élevés, sans peurs, ni insultes. Sans méthodes de voyous.

Conséquence: notre marché du travail est souple, flexible et redoutablement efficace. Sans chômage, ou presque.
Le choix du peuple suisse correspond à sa maturité politique.
La démocratie directe implique un grand sens des responsabilités.
Il ne suffit pas de balancer des slogans en chantant Ferrat. Il faut penser aux conséquences, aussi. D'ailleurs, le résultat de ce week-end n'est pas serré: l'initiative pour plus de vacances s'est naufragée dans les urnes, faisant l'unanimité des cantons contre elle.
En Suisse centrale, l'objet a été littéralement balayé, rejeté par plus de 80% des votants.  Avouez que ça fait beaucoup de Suisses tétanisés par le patronat!
Et la Suisse romande ne fait pas exception, bien que proche de vous. Certains disent même que la proximité de la France a joué contre l'initiative: pour le patron des patrons suisses, "le modèle français a fait figure de repoussoir". Amusant.

[Modèle français, repoussoir] Comme toute la campagne en cours chez vous.

J'entendais l'autre jour Philippe Poutou à la radio. Il est marrant, lui. Il parlait de vous (entre autres). L'homme du Nouveau parti anticapitaliste [NPA, trotskiste] y dénonçait notamment les professionnels de la politique qui "ne connaissent rien au monde du travail" (comme vous). S'en est suivi une apologie du candidat salarié (comme lui).

L'homme du combat contre le capitalisme n'en finissait plus de valoriser le salarié. Sans se rendre compte, visiblement, que le salarié n'existe pas sans "salariant". En français, son patron. Le capitaliste qu'il aime tant détester.

D'abord je riais, amusé. Puis je me suis rendu compte que j'étais d'accord avec Poutou sur un point: celui qui vous concerne.
Il y a quelque chose de bizarre à entendre ces pros de la politique qui ne connaissent pas la réalité du monde du travail... mais qui en parlent quand même !

D'abord ça fait bizarre. Et puis, quand ils se mettent à critiquer des citoyens travailleurs responsables, ça devient carrément surréaliste.

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mon cher Jean-Luc, vous n'en avez pas parlé à Europe 1.
Vous avez préféré poursuivre sur la voie de l'insulte et de la peur, en qualifiant la Suisse de "coffre-fort de tous les voyous de la terre".
Ah! Nouvelle erreur, mon cher Jean-Luc: la Suisse n'est pas un coffre-fort, la Suisse est un pays de travailleurs dont vous devriez vous inspirer.
En commençant par vous mettre au travail vous-même, au lieu de gloser sur les vacances des autres, du haut de votre perchoir de rentier de la politique.

Non, donc, la Suisse n'est pas un coffre-fort.
D'une part - peut-être cela vous a-t-il échappé - notre pays renonce actuellement au secret bancaire.
Mais surtout, l'argent qui va bientôt inonder nos coffres ne sera pas celui de voyous, mais d'honnêtes travailleurs français dont l'Etat souhaite confisquer l'intégralité des revenus, ou presque.
Pour financer, notamment, une partie de la campagne qui vous permet de nous assommer publiquement de contre-vérités.

C'est à se demander qui est le voyou: le travailleur, ou le politique qui vit de l'argent du travailleur?

Dans l'attente impatiente de vous réentendre parler de la Suisse, je vous adresse, cher Jean-Luc, mes plus laborieux messages.

Fathi Derder 
Fathi Derder est parlementaire suisse, membre du parti libéral radical et journaliste.