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mercredi 29 mars 2017

Le soutien de Valls plonge Macron dans l'embarras

Manuel Valls votera pour Emmanuel Macron dès le premier tour

L'ancien Premier ministre votera pour son ancien ministre de l'Economie 

Le baiser de Judas
Après avoir tergiversé pendant plusieurs semaines, Manuel Valls a finalement mis fin un terme à sa valse hésitation mercredi  29 mars : il ne votera pas pour le candidat socialiste de la "Belle Alliance Populaire" à la présidentielle Benoît Hamon. Interrogé sur BFM TV/RMC sur le fait de savoir s'il allait voter pour le candidat d'En Marche! après avoir progressivement rompu avec le candidat de son camp depuis fin janvier, l'ex-Premier ministre a répondu : "Oui, parce que je pense qu'il ne faut prendre aucun risque pour la République. Donc je voterai pour Emmanuel Macron (...). Je prends mes responsabilités."

"Ce n'est pas un ralliement, c'est le choix de la raison", s'est-il justifié. "Je ne veux pas, le soir du premier tour, que nous nous retrouvions face au choix entre François Fillon et Marine Le Pen (...). Il ne faut prendre aucun risque", a-t-il insisté. 

Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage

"Je n'accepte pas la marginalisation de la gauche de gouvernement", a affirmé son fossoyeur, accusant de son "échec" la stratégie de Benoît Hamon.
Ainsi que l'y contraignait son engagement sur les statuts du scrutin, après sa défaite à la primaire de la gauche, l'ex-locataire de Matignon avait appelé les électeurs à soutenir le gagnant qu'il trahit aujourd'hui. Resté ensuite en retrait de la campagne depuis cette primaire de janvier à laquelle les sondeurs le donnaient favori, il avait néanmoins fait savoir trois mois plus tard, à la mi-avril, qu'il ne parrainerait pas le député des Yvelines, en critiquant ensuite vivement sa campagne. La veille, le député de l'Essonne, qui réunissait pour la troisième fois en un mois ses soutiens parlementaires, avait estimé que la faiblesse du candidat PS, qui est tombé à près de 10% dans les intentions de vote, "nécessit(ait) de prendre ses responsabilités". "Il nous a dit que le vote utile face à Le Pen, c'est Macron", puisque le vote pour le candidat de la droite républicaine est impossible aux cadres du Parti socialiste, rapportait un participant anonyme.

L'ancien conseiller de Hollande et ministre de l'Economie de Valls a aussitôt reçu le choix du quinquagénaire comme un cadeau empoisonné. 
Macron a réagi sèchement à cette déclaration. "D'abord je le remercie," a-t-il commencé, avec froideur. Je pense que ça traduit ce que j'avais indiqué il y a plusieurs mois, c'est-à-dire que les primaires n'étaient pas en situation de regrouper l'ensemble de la gauche, et cela traduit le fait que les sociaux-démocrates et les femmes et les hommes de gauche responsables sont prêts à s'inscrire dans une démarche qui est la mienne", a assuré Emmanuel Macron sur Europe 1.

Mais Macron a aussitôt tenté de s'affirmer comme l'anti-thèse de Valls 
"pour ce qui est de la démarche et de ce que j'entends conduire, je serai le garant du renouvellement des visages, du renouvellement des pratiques", s'est-il défendu. 

Cela signifie-t-il que vous ne gouvernerez pas avec Manuel Valls si vous êtes élu ? "Vous l'avez compris", a-t-il répondu fermement. Mardi, il avait en effet déjà expliqué qu'il ne compte pas installer d'anciens ministres au sein du gouvernement.

Mais Macron évoque "des visages" et "des pratiques" détestés, sans condamner la politique menée par les gouvernements de Hollande pendant cinq ans.  Valls et Macron, l'un et l'autre, sont précisément les responsables de cette politique menée par Hollande dont plus personne ne veut. 

Hamon vit avec amertume la fronde socialiste

Benoît Hamon disait ne "pas être surpris" par ce qui n'était encore qu'un possible soutien de l'ex-chef du gouvernement à son ancien ministre de l'Économie. "Je crois que cela crée de la déception, de la tristesse (...) Mais je suis un combattant. Je savais bien, en remportant la primaire, que ceux qui avaient échoué n'allaient pas me laisser faire ma campagne tranquillement," avait-il avoué à l'émission de France 2 les '4 Vérités', quelques minutes avant cette déclaration.

"Nous vivons une crise politique, mais aussi une crise morale", qui s'illustre par "un manquement à la parole donnée", a-t-il regretté, dénonçant "un feuilleton destiné à (l)'affaiblir". Les ralliements socialistes sont en effet visiblement programmés pour renforcer chaque jour la position de son collègue du gouvernement, quelques mois de l'été 2014.
"Depuis quelques semaines, s'organisent des ralliements à Emmanuel Macron qui consistent à me planter des couteaux dans le dos", déplorait-il dimanche 26 mars sur la même chaîne de service public qui avait misé sur le frondeur. 

Outre le secrétaire d'État aux Sports Thierry Braillard - en rivalité à Lyon avec Najat Vallaud-Belkacem, un soutien de Hamon - , le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, un proche de Hollande, ou Bernard Poignant, un conseiller intime à l'Élysée, ont en effet annoncé récemment leur ralliement à l'ex-banquier. "Ne pas respecter le verdict des urnes, ça pose problème", a encore lancé Hamon, mercredi matin.


"Je ne demande rien" à Macron, assure Manuel Valls...

Le mal est fait : l'opinion a la confirmation que Macron est l'héritier de Hollande, son François II. 
Le règne de François II fut marqué par une importante crise politique - à partir de l'été 1560, un mouvement de désobéissance civile s'intensifie et plusieurs villes du Midi sont en état d’insurrection - et religieuse au détriment des Protestants sévèrement réprimés et par l'abandon de l'Écosse, du Brésil, de la Corse, de la Toscane, de la Savoie et de la quasi-totalité du Piémont. Face à ...l'Espagne, il est le point de départ de l’affaiblissement de l’influence française en Europe. La Corse, la Savoie ou la Guyane, actuellement secouée par une révolte sociale, reprennent-ils, avec Macron, espoir de voir leur "île" faire sécession ?  

dimanche 8 mai 2016

Le "ça va mieux !" de Hollande suscite la dérision du clan Juppé

Juppé réagit à l'auto-satisfaction de Hollande par un petit cadeau empoisonné pour ses quatre ans à l'Elysée

Le vendredi 6 mai, François Hollande fêtait les quatre ans de son accession à l'Élysée.



Manifestement entré en campagne pour 2017 avec un premier discours de candidat, le chef de l'État, qui est manifestement entré en campagne pour 2017 - espérant dissuader tout concurrent socialiste - avec un premier discours de candidat, répète depuis quelques semaines que "ça va mieux" et vante son bilan et son action à l'Élysée (avec une grosse mobilisation du PS et de ses soutiens, sous la conduite d'un ministre négligent l'Agriculture et les agriculteurs au service du président sortant). Un certain nombre d'indicateurs macro-économiques - le taux d'imposition surtout pour les entreprises, la reprise ténue de la croissance, la baisse des déficits -malgré les dépenses accrues !), le rebond des taux de marge pour les entreprises les moins sinistrées, l'augmentation ponctuelle du pouvoir d'achat des salariés ce dernier mois et même un nouveau frémissement conjoncturel à la baisse de la courbe du chômage - tendent à le pousser à profiter de ce moment.
Les thuriféraires de la presse saisissent l'occasion pour expliquer tant bien que mal d'ailleurs sa démarche hésitante:

Mais ses opposants n'entendent pas, pour autant, relâcher la pression sur la critique du bilan de son quinquennat.
Ainsi, tout particulièrement Alain Juppé qui se pose en principal rival.
La vidéo du camp Juppé en réponse au "ça va mieux" de Hollande, pour les quatre ans du quinquennat
Pour cette date anniversaire du 6 mai 2012, l'équipe du maire de Bordeaux -favori des sondages pour la primaire à droite, comme le fut à gauche en 2006 Marie-Ségolène Royal avant de se faire étendre,  publie une vidéo en forme de réponse au dérisoire mais provoquant "ça va mieux" du locataire de l'Elysée. 
Des initiatives semblables sont attendues chez Bruno Le Maire (BLM) et Nicolas Sarkozy. "Les Jeunes avec BLM" ont eux-aussi publié, dans la matinée de vendredi, une première vidéo bilan. Quatre autres doivent suivre pour *commémorer* les quatre ans du quinquennat.

Pour en revenir à la vidéo des juppéistes, elle s'ouvre sur les images de Marilyn Monroe susurrant son célèbre "Happy birthday to you, mister president", le clip d'un peu plus d'une minute (initié par Aurore Bergé, en charge des réseaux sociaux pour la campagne d'Alain Juppé) oppose d'autres chiffres à ceux mis en avant par François Hollande : taux de chômage notamment des jeunes, faillites d'entreprises, taux de pauvreté, inégalités scolaires, hausses d'impôts sur les ménages, dette, etc.
VOIR et ENTENDRE la vidéo du camp Juppé, en réponse au "ça va mieux" de Hollande, pour les quatre ans du quinquennat: 


La vidéo se conclut naturellement par un appel à voter pour Alain Juppé à la primaire des 20 et 27 novembre. Par cette initiative, l'ancien premier ministre, qui fait cavalier seul, sort pourtant du cadre restreint du débat interne à la droite et apporte la contradiction à un Hollande au plus bas historique d'un président de la Ve République dans les sondages. Certes, tous les autres candidats à la primaire ont de quoi fustiger les résultats (ou l'absence de ces derniers) du gouvernement socialiste, mais quatre ans jour pour jour après la présidentielle de 2012 et un an avant celle de 2017, Alain Juppé voulait clairement marquer le coup.

C'est la réponse du berger à la bergère. De son côté, le PS a aussi fait du maire de Bordeaux une cible favorite. Entre Jean-Christophe Cambadélis qui s'en prend parfois gratuitement (voire sottement) à lui et dénonce son "libéralisme radical", et François Hollande lui-même qui s'amuse de voir certains socialistes 'découvrir' qu'il est "de droite" et critique un homme "pas très sympathique", il est clair que la gauche de gouvernement voit en lui un sérieux rival. Sans oublier ce conseiller du président - Bernard Poignant, 70 ans, - qui re-situe Alain Juppé  "ministre à l'époque de l'Union soviétique"..., ex-député qui n'a jamais été premier ministre, pas même ministre. La liste que conduisait le socialiste breton à l'élection municipale de 2014 à Quimpera d'ailleurs recueilli 43,35 % contre 56,65 % à la liste de droite.

Parallèlement, leurs attaques contre Nicolas Sarkozy se font moins fréquentes. Les deux camps se seraient-ils mutuellement choisis comme adversaires préférés ?

lundi 7 octobre 2013

Gad, en redressement judiciaire: un drame social dont les humanistes du gouvernement se détournent

Ils ont voté socialiste mais s'en mordent les merguez

Samedi 5 octobre au matin, la trentaine d' "irréductibles" présents à l'entrée de l'usine Gad évoquait ..."une nuit étoilée"
 
Valls fait gazer le personnel de Gad, Finistère
pour leur premier bivouac dans leurs voitures à 17 km à l'est-nord-est de Landerneau, ville socialiste et berceau de l'entreprise E.Leclerc et à 55 km à vol d'oiseau de Quimper dont le maire et député européen, Bernard Poignant, est chargé de mission (bénévole, pour conserver tous ses mandats électoraux) auprès de ...F. Hollande. La tâche de ce fidèle consiste à "faire l'interface avec la société civile"...

A propos de la viande des magasins Leclerc, un éleveur bio normand accuse un abattoir Leclerc de tromperie: lien Ouest France et Le Figaro


Salariés de Gad manifestant devant le siège
de Saint-Martin-des-Champs, le 11 juin
La société d'abattage de porcs Louis Gad est en redressement judiciaire depuis février. L'entreprise, spécialiste de la viande de porc, développait depuis plus de 50 ans une activité d'abattage de porc, découpe de porc et de fabrication de produits élaborés.

Des groupes de salariés se relaient, jour et nuit, pour bloquer l’entrée de l’usine
et empêcher le départ des animaux qui sont dans les "crèches" de l’abattoir, nourris normalement, rapporte Ouest-France sur son site internet. D'après le quotidien breton, les grévistes bloqueront l’entrée jusqu’à lundi, jour du comité central d’entreprise, à Rennes et décideront alors de la suite de leur mouvement.
VOIR et ENTENDRE ce reportage:

Le 7, 
 
la tension est montée d'un cran à l'occasion du comité central d'entreprise du groupe Gad. 

Près de 300 salariés ont effectué le déplacement pour soutenir leurs délégués
, bien décidés à défendre ce qui pouvait l'être encore. Une confrontation entre CRS et quelques salariés, qui ont tenté d'entrer en force dans le hall de l'hôtel Mercure, a failli dégénérer. Jean-Marc Puchois, maire PS et vice-président de la communauté de communes du Pays de Landivisiau, s'est dit "choqué et scandalisé par ce qui s'est passé", alors que le groupe Gad devait présenter son plan de continuation devant le tribunal de commerce de Rennes.

Que s'est-il passé depuis vendredi ?
Alors qu'un comité d'entreprise avait lieu à Rennes, les salariés de l'usine Gad de Lampaul-Guimiliau ont débrayé vendredi matin. Le site, qui emploie 850 salariés, est menacé de fermeture. L'après-midi, à grand renfort de pneus et de fumier, ils ont condamné l'entrée de l'abattoir. Dans le calme, les ouvriers se sont relayés jour et nuit afin de maintenir le blocus. Ils ont ainsi empêché les bétaillères de sortir et de transférer les porcs non tués jusqu'à l'usine de Josselin (Morbihan, 56), ville dont le maire PS est retraité de l'enseignement et président du Pays de Ploërmel, comme le souhaitait la direction de l'entreprise.

Pourquoi avoir bloqué les cochons ?

Après le blocus du site de Lampaul-Guimiliau (29) ce week-end, la semaine qui débute s'annonce agitée et cruciale pour Gad SAS et ses 1.600 salariés. Licenciements ? Plan de continuation ? Fermeture d'usine ? Autant de questions qui pourraient enfin trouver des réponses, entre les mains de la CECAB, mastodonte adhérent  du groupement de coopératives InVivo, premier groupe coopératif agricole français (avec en outre le réseau Gamm Vert, notamment) et le septième au plan européen.

Environ 1.500 cochons ont été pris en otages à Lampaul-Guimiliau. "Un moyen, disent les salariés, de faire pression sur la Cecab", la coopérative morbihannaise actionnaire majoritaire du groupe Gad SAS. 

Dans quel état d'esprit sont les salariés ?
Fatigue, exaspération, colère, usure psychologique, incompréhension, fatalisme... Les salariés de l'abattoir de Lampaul passent par tous les états depuis la mise en redressement de l'entreprise, en février dernier. Certains ont encore la flamme et continuent à se battre pour l'emploi. Pour d'autres, qui n'imaginent plus leur avenir chez Gad, la priorité est désormais d'obtenir une prime avec un maximum de zéros. 

Quelles sont les échéances de la semaine ? 
Au comité central d'entreprise (CCE) à Rennes ce lundi matin, il sera question d'un plan de sauvegarde de l'emploiBien décidés à se faire entendre, les salariés de Lampaul-Guimiliau ont prévu de s'y rendre en nombre. 
L'échéance suivante est pour mercredi, date limite du dépôt des offres devant le tribunal de commerce de Rennes. Sauf tremblement de terre, il n'y aura pas de proposition de reprise. Seul le plan de continuation concocté le mercredi 18 septembre par la Cecab, dont le siège est à Theix, près de Vannes, doit être présenté aux juges. Il prévoit la poursuite de l'activité à Josselin (600 salariés), avec la création de 300 emplois supplémentaires, mais la fermeture des sites de Lampaul-Guimiliau (850 personnes) et Saint-Nazaire (80), ainsi que du siège du groupe Gad situé à Saint-Martin-des-Champs (50 emplois). 
Les juges consulaires du tribunal de commerce de Rennes (Ille-et-Vilaine) ont accordé à l'entreprise un délai pour boucler le montage de ce projet qui devra leur être présenté le 9 octobre.

L'usine de Lampaul peut-elle encore éviter la fermeture ?
 
A priori, non. Si, comme c'est probable, le tribunal valide le plan de la CECAB (viande de porc et de dinde, mais aussi les œufs Matines et les légumes d'Aucy) lors de l'audience prévue le 16 octobre, c'en sera théoriquement fini de l'usine historique de Gad. 
Seule une liquidation totale du groupe pourrait éventuellement la maintenir en vie. C'est le scénario auquel certains veulent encore croire. Confortés en cela par l'étude menée par un cabinet mandaté par la communauté de communes du pays de Landivisiau. Elle conclut que l'outil de Lampaul-Guimiliau est viable économiquement. De quoi convaincre un industriel de le reprendre pour l'euro symbolique ? Pas impossible...

Et Le Foll, ministre présumé de l'Agriculture
?


Quel rôle joue-t-il dans cette affaire sociale de licenciements quand il n'est pas au foot?
 
N'a-t-il pas été député européen (ci-contre à droite) dans la circonscription Ouest de 2004 à 2012 et membre au Parlement européen de la Commission de l'agriculture et du développement rural ? 
N'est-il pas affublé d'un Guillaume Garot (ci-contre à gauche, élu de Laval, ville de l'Ouest, en Mayenne), ministre délégué d'opérette à l’Agroalimentaire, escorte officielle de tous les déplacements de l'exécutif ? Quant au bras gauche de Moscovici, Benoît Hamon, ne milite-t-il pas pour une intervention forte de l'État dans l'économie? 
A quoi servent donc ces ministres absents? Il est temps de nettoyer de ces marioles les écuries   porcheries de Hollande et Poignant : du balai!

samedi 13 juillet 2013

Le "mariage pour tous" crée la désunion au PS

Le "mariage pour tous" ne fait pas l'unanimité que l'on nous dit au PS


La presse a caché que les opposants au projet de loi Taubira et l'adoption pour tous reçoivent du renfort de la gauche.
 

Certains sont même allés manifester dès le 13 janvier. 
"Au sein des familles politiques, nous ne sommes pas tous sur la même longueur d'onde", soulignait ce vendredi matin la socialiste Anne Hidalgo, à propos du projet de loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe. Effectivement. A droite, des figures de l'UMP et du FN ne battront pas le pavé dimanche, en dépit du soutien officiel de leurs partis à cette initiative. A l'inverse, plusieurs personnalités du PS et groupes liés à la majorité ont indiqué leur présence dans le défilé, en contradiction avec l'engagement de François Hollande et de la position du parti.

Georgina Dufoix manifeste pour "l'altérité" sexuelle


La manifestation "fédère bien au-delà des catholiques de droite", estime Georgina Dufoix, dans un entretien accordé à La Vie début janvier. La socialiste qui fut secrétaire d'Etat puis ministre chargée des questions familiales dans les années 1980, sous la présidence de François Mitterrand, fera partie des manifestants de gauche dans le défilé à Paris, "avec [son] mari". Protestante évangélique, elle se dit gênée que la réforme voulue par François Hollande aille jusqu'à "nier l'altérité entre un homme et une femme", une évolution "contraire à la réalité de notre condition humaine", selon elle. 

"Un homme et une femme", un argument finalement beaucoup repris"
Elle ne souhaite pas de scandale", mais "une manifestation digne et sereine", a expliqué son mari, Antoine Dufoix, après un incident, jeudi: des militants d'Act Up Paris ont déversé du faux sang sur les marches du Grand Palais à Paris pour protester contre sa venue à une conférence de presse du collectif La Manif pour tous. (lien YouTube) Elle avait été une des personnalités mises en cause dans l'affaire du sang contaminé dans les années 1980, relaxée en 1999 par la Cour de justice de la République. 

Ils sont finalement assez nombreux à souligner l'importance de la "différence sexuelle" qu'il faut maintenir dans la loi. Sans pour autant aller manifester. L'ancienne ministre de la Justice Elisabeth Guigou est sur cette ligne, tout comme l'ancien Premier ministre Lionel Jospin qui aurait d'ailleurs souhaité une "expression plus précise" que le "mariage pour tous". Sa femme Sylviane Agacinski est également plus que réservée sur l'homoparentalité.

Bernard Poignant, au plus près de François Hollande

Cet argument est forcément arrivé aux oreilles de François Hollande. Car au sein même de son entourage proche, la voix de Bernard Poignant, conseiller de l'Elysée, détonne. "J'ai dit à François ce que je pensais, tout en me gardant de sonder ses convictions personnelles",
confiait-il récemment à L'Express. Pour lui, "la seule question qui se pose ne concerne pas les adultes mais les enfants. (...) Tout enfant, quel que soit le cadre de son éducation, doit savoir qu'il a un père et une mère, même s'il est élevé par deux hommes ou deux femmes." Une position qu'il expliquait au Télégramme en septembre dernier, et qu'il développait déjà en 2010 sur son blog, glissant aussi un parallèle avec la polygamie à l'époque
Bien qu'opposé au projet de loi actuel, le maire de Quimper assure qu'il célèbrera les futurs mariages de couples homosexuels s'il est sollicité: "Un maire doit respecter la loi." Pas de liberté de conscience dans ce cas, donc. En revanche, il suggér[ait] que "la discipline de vote soit levée dans les groupes parlementaires", ajoute-il dans une interview au Télégramme. Bernard Poignant appelait à une "réflexion posée, longue" et à des consultations poussées au Parlement, afin de "sortir des polémiques stériles".

Un papa, une maman... 
L'argument est aussi repris à gauche, par des figures qui tiennent au maintien de la "différence sexuelle" dans la loi française.

Les Poissons roses défilent en banc

Forts de 600 à 800 membres, essentiellement des militants et des élus PSce courant existe depuis un an et demi, explique Philippe Deroux, "poisson pilote" du mouvement fondé il y a un an et demi. Parmi les derniers élus qui leur ont apporté un soutien, il cite Chantal Berthelot, députée de Guyane, ou encore Dominique Potier, député de Meurthe-et-Moselle. Auparavant, "Michel Rocard avait signé notre contribution au Congrès de Toulouse, et Jean-Pierre Mignard aussi, même s'il exprimait quelques réserves", fait valoir Philippe Deroux

Ce groupe a appelé à manifester le dimanche 
à Paris13 janvier 2013  "à condition que tout soit fait pour éviter les dérives homophobes". Ces "poissons roses", qui se revendiquent du "personnalisme", réclament de grands "états généraux sur le mariage républicain qui est actuellement en crise." 

La "Gauche pour le mariage républicain", c'est quoi?

Autre groupe dont le nom revient parmi les participants: la "Gauche pour le mariage républicain". 
On y retrouve notamment Laurence Tcheng, une "femme de gauche" souvent présente au côté de Frigide Barjot, figure de proue de la "Manif pour tous". "Comme nous aux Poissons roses, ce sont des gens qui ont voté pour François Hollande, simplement parce que c'était le meilleur choix" sans pour autant soutenir sa position sur le mariage et l'adoption pour tous, note Philippe de Roux. 


Des maires socialistes divisés

Ce dernier établit une distinction: "Ce groupe se compose davantage de simples électeurs, pas de militants ou d'élus." Pourtant cette étiquette apparaît accolée au nom de l'ex-maire de Quimper, Bernard Poignant, euro-député, dans la liste des participants prévus à un séminaire organisé du 2 au 4 novembre à Paray-le-Monial. Il s'agissait d'une "rencontre des têtes de réseaux représentants l'engagement chrétien en politique et l'engagement sociétal chrétien"
Autre curiosité relevée par Rue89: la "Gauche pour le mariage républicain" ne correspondrait à aucune association, mais à une "simple page Facebook, créée quatre jours avant le défilé du 17 novembre". Le séminaire de Paray-le-Monial avait pourtant lieu un peu plus tôt ce mois-là. 

Bernard Poignant n'est pas le seul maire gêné par le projet de loi actuel. D'autant que François Hollande, après avoir évoqué une
possible "liberté de conscience" au sujet des célébrations des mariages homosexuels par les maires avait finalement précisé qu'il y avait eu malentendu: aucune clause de conscience n'accompagnera le texte... Le maire divers gauche de Grand-Camp, en Seine Maritime, Daniel Delaune, refuse par exemple de célébrer tout mariage de couples de même sexe. Il a est l'un des initiateurs de l'appel du Collectif des maires pour l'enfance qui revendique plus de 18 000 signatures d'élus municipaux. 

Le maire de Cherbourg, Jean-Michel Houllegatte, n'a pas signé, mais il n'est "pas pour le mariage pour tous. On ne doit pas changer le sens du mot mariage qui repose sur l'union d'un homme et d'une femme", a déclaré à la Presse de la Manche ce catholique qui adhère depuis 30 ans au PS. Il a d'abord annoncé sa participation à la manifestation "à titre personnel", tout en regrettant "le risque d'instrumentalisation politique". Après une vague de réactions sur Twitter, le maire a cédé aux presssions de Bernard Cazeneuve (PS), ministre délégué aux Affaires européennes, son prédécesseur à la mairie de Cherbourg: il a finalement renoncé à se joindre aux cortèges parisiens, donnant à penser que la Rue de Solférino a raison des convictions et de la liberté de conscience de ses militants.

Act Up prend Georgina Dufoix à parti


Combien de ces manifestants la police de Valls a-t-elle interpelés?
Qui sont les condamnés à de la prison ferme?

14 Juillet 2013 plombé par l'inefficacité d'un pouvoir socialiste impopulaire

Hollande parle d'or et réprime ferme

Le président de la République ne change rien au traditionnel entretien télévisé depuis l'Élysée
 dimanche
mais qui va l'écouter?

"Rien que du très classique, assure Le Figaro. Après avoir cherché à innover, François Hollande revient aux fondamentaux.Le Parisien, en revanche, fait discrètement allusion à un revirement: "François Hollande accordera 'finalement" un entretien à TF1 et France 2, dimanche 14 juillet, à 13 heures, en direct" et évoque "une question restée en suspens jusqu'à mercredi."  
Mais le quotidien détourne en fait l'attention sur une valse d'hésitations du président. Il se serait rendu aux raisons de ses conseillers qui auraient "insisté pour qu'il renoue avec l'ancienne tradition républicaine de l'interview et ne laisse pas le dernier mot avant l'été à Nicolas Sarkozy." Rien d'étonnant à ce qu'après son élection l'année dernière, Hollande ait décidé de renouer avec cette tradition, puisque Nicolas Sarkozy l'avait abandonnée durant son quinquennat: faute de réflexion et de préparation, la politique du socialiste était déjà dirigée par la volonté de faire le contraire de son prédécesseur. 
Mais si François Hollande avait en revanche hésité à renouveler l'opération cette année, c'est qu'à la mi-juin, il s'était invité sur M6 dans l'émission "Capital" et qu'il avait fait un flop d'audience avec moins de 2,5 millions de téléspectateurs. Dès lors, pourquoi parler à nouveau alors qu'il n'avait rien de plus à ajouter?Dans la suite des échecs de Hollande, celui-là est mineur et n'a pas découragé l'Élysée, où l'on veut toujours croire que François Hollande est le seul à pouvoir être entendu des Français. Prévu pour durer trente minutes, l'entretien sera conduit dimanche par Claire Chazal (TF1) et Laurent Delahousse (France 2).

Enfumage d'un reniement de plus
Hollande s'attend à un nouvel échec, alors on le déclare "dubitatif sur l'intérêt de l'exercice", mais il n'a pas résisté à la volupté du paraître. "Je vais être interrogé sur tout", a-t-il craint toutefois. Les questions sur ses arbitrages au faciès: l'éviction de Delphine Batho du gouvernement, mais le maintien de Montebourg, les fractures suscitées par les réformes des retraites et du mariage en faveur des homosexuels (lien sur l'opposition au sein du PS), la montée du chômage mais la baisse du pouvoir d'achat, ou encore la montée du FN mais la baisse du taux du Livret A, la surfiscalisation des contribuables mais la dégradation de la France par l'agence de notation Fitch ou la répression à la fois policière et judiciaire et le retour annoncé de l'ancien président Nicolas Sarkozy. 
En trente minutes ! Le changement, c'est que "plus c'est court, plus c'est bon" !  En français, "plus c'est court, meilleur c'est !" mais vous n'êtes pas obligé de le croire...

D'autres formules ont été évoquées, mais il s'est finalement rallié à l'idée qu'il devait parler directement. "Ne pas parler dimanche, ça se verrait presque davantage que de parler", a ainsi résumé un conseiller du palais de l'Elysée. François Hollande est pris au piège par le système et par l'obligation de rendre des comptes: il doit s'exprimer même s'il n'a rien de nouveau à dire et bien qu'il n'ait d'autre solution que d'afficher "cohérence", détermination" et "confiance". 
La pégagogie anesthésiante a démontré ses limites. Lui suffira-t-il de se justifier, de faire des constats ponctués de "il y a..." et d'aligner  en batterie de belles intentions marquées de "il faut"? Comment pourrait-il continuer à mettre en cause le quiquennat précédent, alors qu'après un an de pouvoir sans partage les chiffres tombent, toujours plus accablants ?   

Hollande se cherche toujours

Le chef d'Etat néophyte s'était livré à cet exercice l'an passé à l'Hôtel de la Marine place de la Concorde, en guise de changement. Dans l'idéologie et le symbole, le président socialiste voulut sortir de son palais, se rapprocher du peuple, démocratiser la fonction.  Mais l'impopularité de ses mesures politiques l'envoie dans les cordes, le renvoient dans ses murs. Cette année, il réintègre l'Elysée la queue basse, contrairement à un engagement de campagne. 

Tous les commentaires des suppôts médiatiques de la majorité présidentielle tentent d'occulter ses engagements, dont celui du 14 juillet 2012, quand il avait expliqué son choix de s'exprimer dans un autre lieu que le palais présidentiel pour garantir "la plus grande liberté et la plus grande indépendance" à son entretien.  Billevesée !

Le changement au rétroviseur

"La question n'est pas de savoir si c'est une bonne idée de parler, c'est une nécessité, c'est une tradition", insiste son compagnon de route et conseiller, le maire de Quimper Bernard Poignant. "Le 14 Juillet, c'est le jour où il faut marquer la solennité de la fonction. Ce jour-là, ce qui est solennel, c'est ce qui est normal", insiste-t-il.

Souvent chef d'État socialiste varie

Il parlera donc encore, et  de l'Élysée. Après avoir snobbé les symboles du pouvoir, Hollande veut s'essayer devant les Français à montrer qu'il incarne bien la fonction. "De plus en plus de gens lui disaient qu'il n'était pas nécessaire d'aller ailleurs qu'à l'Élysée", rétropédale Bernard Poignant. Ces gens-là, qui sont-ils?

Les anonymes ont la parole
"Si on avait un message commun, on pourrait le marteler ", grince un ministre en constatant l'absence de coordination.

Le message est-il tout dans le décor ? 

Parachutiste blessé
au premier 14 juillet de Hollande
Les monologues des conférences de presse à l'Élysée réussisent-ils mieux que les entretiens télévisés, trop confus. Le problème de communication de l'exécutif n'est toujours pas résolu. Malgré une équipe renforcée de conseillers en communication, ou  à cause d'effectifs en surnombre, la boîte à couacs est béante. Dernier exemple en date, l'échange entre le nouveau ministre de l'Écologie, Philippe Martin, et celui du Redressement productif, Arnaud Montebourg, sur les gaz de schiste. Ce dernier rompt la solidarité gouvernementale -qui a valu à la petite Batho d'aller mouiller plus loin- et insiste sur la nécessité de trouver une technique d'extraction écologique, alors que l'âne Martin et le sombre Ayrault s'accrochent toujours à la bouée du maintien de l'interdiction totale de l'exploitation des gaz de schiste.

Dimanche, le chef de l'État devrait étaler son aveuglement



C'est d'abord sa conviction que l'inversion de la courbe du chômage est possible, alors que personne n'y croit plus, même dans son propre camp. "Avec les emplois aidés, on peut y arriver. Mais cela ne résout pas la question de l'orientation politique", soupire un député qui préconise sans doute un "emploi aidé" pour le chômeur de l'Elysée. 


Bien fol est qui s'y fie: la garde rapprochée du chef de l'État fait bloc.
 
Et c'est bien le problème. "Changer de cap serait une erreur", a expliqué, au Monde, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll. Et ce fin politicien du verbe d'ajouter: "Notre discours, lui, doit changer. Nous devons désormais beaucoup plus positiver et valoriser ce que nous avons fait." 
Au PS, on s'inquiète que son premier cercle incite François Hollande à suivre sa pente naturelle qui le porte à l'indécision et à l'espérance. La situation est jugée socialement alarmante par certains et réclamerait un changement de ligne, mais Hollande croit en sa bonne étoile, se replie sur lui-même, s'isole et se coupe des réalités. Il attend que la croissance revienne aux USA et de tirer les marrons du feu.

L'orgueilleux président de la République écoute intellectuels et élus, mais se bute

Ni Bruxelles, ni les marchés n'acceptent cet attentisme. Les Français s'impatientent et condamnent cette passivité béate. Le discours de l'exécutif ne passe toujours pas auprès de l'opinion. 

Après un léger sursaut, la cote de popularité du chef de l'État est retombée au plus bas. A 30 %, moins trois points dans l'IFOP. Et selon l'institut BVA, François Hollande n'est jugé capable de prendre les bonnes décisions que par  30 % des Français. "Le cap est difficile, alors pour beaucoup de Français il n'est pas agréable à leurs oreilles", relativise Bernard Poignant.

Après l'épreuve sado-maso de l'entretien de dimanche, François Hollande recevra à déjeuner quelques personnalités, comme le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, ou le président malien par intérim Dioncounda Traoré, puis ira oublier à Boulogne-sur-Mer (PS), à l'occasion de la Fête du pédalo   de la mer.