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mardi 9 décembre 2014

Ce que révèle l'interdiction des crèches de Noël

Eradiquer nos traditions et imposer le multiculturalisme

L'ambition des tiers-mondistes qui s'offusquent des crèches publiques
A la demande des parents musulmans,
 
la visite rituelle du Père Noël a dû être
déprogrammée à l'
école maternelle
du Grand-Clos à Montargis
, Loiret
 
Dans Le Point, Jean-Paul Brighelli les voit venir, les pseudo-laïcards, avec leurs gros sabots ! Les démocrates coiffés du chapeau à plumes de la laïcité veulent imposer à la majorité séculaire une société multiculturaliste diverse et informe ! Ils prétendent agir au nom de la loi de 1905, quand leur agenda personnel a l'ambition d'ouvrir la France au communautarisme, dont l'avènement rampant marquera la dilution de notre société ! C'est-à-dire inverser la formule "un tiers-mondiste, deux-tiers mondain" appliquée à Bernard Kouchner en "deux-tiers-mondiste, un tiers mondain"... Ils font mine de s'en prendre à un symbole de la chrétienté (un faux symbole en fait), afin de promouvoir l'égalité des religions, et de se faire les propagandistes d'un islam qui est tout de même très loin d'être majoritaire mais qui, hégémonique, vise à passer du deuxième rang au premier. Et de l'autre côté, certains élus s'arc-boutent légitimement sur des traditions imprégnées de religion qui, si elles ne sont certes que des traditions populaires, restent néanmoins partie intégrante de leur univers culturel plutôt que cultuel. Faisons donc la part des choses.

Légendes et traditions

D'abord, précisons que la tradition de la crèche remonte concrètement à la découverte d'un bas-relief sur un sarcophage représentant pour la première fois le Christ entre le boeuf et l'âne au IVe siècle. Et l'on n'a pas besoin d'être docteur en théologie pour savoir que cette histoire d'animaux qui adorent Jésus est tout sauf catholique, mais populaire depuis dix-sept siècles et que l'image de l'étable respecte les conditions précaires de la naissance de l'Enfant Jésus: dans la tradition judéo-chrétienne, seul l'homme est susceptible d'adorer Dieu et les animaux ne le peuvent. Encore sont-ils respectés et honorés comme créatures de Dieu. Cette histoire de crèche réalise bien davantage l'intégration de traditions païennes (mais bien davantage que le sapin de Noël, symbole tardif de la verdure persistante et qui renaîtra bientôt - faut-il rappeler que ce n'est pas par hasard que l'on a fait coïncider Noël avec le solstice d'hiver?) qu'elle ne constitue une vénération authentiquement chrétienne, à l'origine. Elle n'est pas objet de foi, mais simple support pédagogique, dans un calendrier liturgique concentrant les trente-trois années de la vie du Christ en douze mois d'une année civile. Les Rois mages, eux, n'apparaissent que dans les Excerpta Latina Barbari, qui remontent au VIe siècle et qui sont un recueil de légendes. Légendes que nos libres-penseurs négligent d'ailleurs en bloc, bien que Gaspard, Melchior et Balthazar soient venus d'Orient.

Ajoutez à cela que le Père Noël, qui vient tout droit de Julenisse, petit lutin des légendes nordiques assimilé par la suite à saint Nicolas, n'est pas d'une chrétienté bien plus évidente que le Père Fouettard, et vous avez avec la crèche un assemblage fédérateur de légendes populaires charmantes et naïves, dont on se demande qui elles peuvent heurter - sinon qu'elles étaient faites pour rassembler plutôt que diviser. Les catholiques qui ont dépassé le niveau de connaissances requis des enfants du catéchisme n'y voient qu'une imagerie transmise de génération en génération, liant culturel entre les hommes de bonne volonté. D'ailleurs, le Concile de Trente a fermement condamné le principe même de la crèche en 1563 et l'islam interdit la représentation du visage de dieu. 

Démagogie

En pratique, la crèche, qu'elle soit provençale, génoise ou napolitaine, sert essentiellement à mettre en scène tout ce petit peuple dépourvu d'image dans l'art officiel. La mairie de Marseille en réalisait une dans la Bourse de la ville où les santons, de belle taille, représentaient l'ensemble des figures et des métiers de Provence - y compris les comparses de la partie de cartes pagnolesque, fort loin de toute référence chrétienne, dans un but de convivialité et de pacification. La crèche est avant tout installée pour et avec les enfants et au même titre que les cloches de Pâques et la petite souris les impliquent.

Jean-Paul Brighelli met  le verbe à l'imparfait: Jean-Claude Gaudin s'est avisé un jour qu'une crèche pouvait heurter les croyances de ceux de ses concitoyens qui croient en un autre dieu que Jésus. Et il l'a supprimée. Brighelli a évoqué le fait ici-même - à propos, déjà, de laïcité. Et pour le déplorer, estimant que ce n'était pas par respect de la laïcité, de la part d'un maire qui orne son bureau personnel de photos de Jean-Paul II. Il a cédé à la pression, comme l'a fait le président du Conseil général de Vendée, par respect d'une loi interprétée de manière étroite: il a obtempéré bien que représentant élu d'une région à forte tradition chrétienne.

La laïcité, faux nez du communautarisme

Car les "ayatollahs de la laïcité" (l'expression est de Robert Ménard, en butte lui-même à Béziers à une injonction préfectorale pour supprimer la crèche installée dans sa mairie) qui s'insurgent, en Vendée et ailleurs, contre cette tradition populaire qui ne fait de mal à personne - les rabbins orthodoxes et les imams salafistes eux-mêmes interdisent-ils aux Juifs et aux Musulmans de visiter les églises?-  et qui alimente l'industrie du santon, à Aubagne et Marseille, ont peut-être en tête un agenda tout autre que le strict respect de la loi de 1905. Ces manifestations insupportables, à les entendre, d'un catholicisme rampant ( au grand jour depuis vingt siècles dans les processions et les pardons), ont l'inconvénient de rappeler que, comme le disait de Gaulle, "nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. Qu'on ne se raconte pas d'histoires !" (cité par Alain Peyrefitte dans C'était de Gaulle, Fayard, 1994-2000). 

Qu'un homme comme Jean Baubérot, avec lequel Brighelli a déjà rompu quelques lances par le passé et qui a refusé jadis de signer les conclusions de la commission Stasi sur les signes religieux ostentatoires (à l'origine de la loi de 2004 sur l'interdiction des signes religieux ostentatoires à l'école) en vienne immédiatement à comparer l'interdiction d'une crèche vendéenne et la "répression" en France de l'islam [dont il est toujours et uniquement question] est révélateur de l'agenda multiculturaliste, pour ne pas dire plus, de certains. Occultant les causes et les raisons qui les justifient, il accuse: "Dès le moment, dit-il à l'Obs, où un climat anti-islam s'instaure, il y a, par ricochet, un durcissement à l'égard des autres religions, qui aboutit à un climat d'intolérance générale dangereux pour les libertés publiques." L'arrière-pensée de ce sociologue est évidente lorsqu'il introduit désormais des seuils de laïcisation dans ce qui était à l'origine sécularisation pure et dure.

Nous y voici. La répression des crèches témoignerait en fait d'une laïcité agressive, en réaction à l'interdiction du voile islamiste  islamique. Alors que c'est exactement le contraire. Interdire les crèches, qui ne sont jamais qu'une manifestation bien ancrée de "traditions locales fédératrices culturelles" et populaires, comme l'a d'ailleurs souligné l'Observatoire de la laïcité, c'est affirmer qu'il n'y a plus en France de tradition majoritairement chrétienne, que tout se vaut, et qu'il faut respecter non la laïcité, mais toutes les croyances. Ce sont moins les athées militants qui applaudissent cette interdiction que les multiculturalistes rampants, bien qu'athées et libre penseurs se cotoient dans cet activisme. 

Mathieu Bock-Côté, dans un article du Figaro, rappelle qu'au Québec, on était passé de "Joyeux Noël" à "Joyeuses fêtes", déjà en 2009, comme ce fut aussi le cas dans les villes communistes, voire à un curieux "Joyeux décembre", afin de ne choquer aucun des sectateurs de l'islam : "Les symboles de Noël ne sont pas attaqués d'abord en tant que symboles religieux, mais en tant que symboles identitaires de la "majorité chrétienne" dont il faudrait contester les privilèges symboliques. 


Exemple de bienveillance laïque:
la Vierge ronde 
de Cornillon-Confoux (13)

C'est en fait la querelle du multiculturalisme qui se révèle (...) On veut déconstruire la culture nationale pour mieux accueillir ceux qui arrivent." On n'y a pas pris garde, mais les attaques ont débuté par la bande avec la critique de la mercantilisation des fêtes de Noël. Les anti-libéraux gravitent aussi dans la nébuleuse anti-chrétienne (et anti-cléricale), mais aussi contre les Juifs et, comble de l'abomination, les sionistes.


La France soluble est-elle submersible ?

Méfiez-vous des contrefaçons:
Le Père Noël traditionnel a de la concurrence
avec le père Noël vert du Secours populaire !
Dans ce contexte, les agnostiques de la Libre pensée qui se sont battus pour l'interdiction de la crèche vendéenne sont contre leur gré les idiots utiles d'un agenda communautariste: on interdit une crèche pour égaliser toutes les religions dans une tradition française qui pourtant ne connaissait que l'héritage gréco-latin - la Révolution, qui a éclaté en plein néoclassicisme, en fit ses choux gras - et judéo-chrétien - la IIIe République a instauré la séparation de l'Église et de l'État, mais elle a pris en charge la réfection et l'entretien des milliers d'édifices religieux de France : la restauration du Mont Saint-Michel, c'est la République, et ce n'était certes pas au nom de principes religieux, mais artistiques. Mais désormais, l'islam aura le droit de revendiquer un même traitement, en affirmant qu'il est la tradition culturelle de demain - puisque aussi bien on aura éradiqué les traditions culturelles d'hier.

Le lecteur voudra bien m'excuser [J.-P. Brighelli] de m'être exprimé, aujourd'hui, sur les marges de la question scolaire, à laquelle ces chroniques sont ordinairement consacrées. Mais, outre le fait que la laïcité, elle, est en plein dans le débat sur l'éducation, et que je lui ai consacré ici même maintes pages, il faut pour en finir proclamer que, oui, la France est soluble dans le communautarisme et le multiculturalisme. Oui, l'imaginaire collectif est soluble, et bientôt dissout. Mais pour être supplanté. Quel est le bénéfice tiré par les libres penseurs -et autres athées- du remplacement d'un "opium" par un autre ! Bientôt un jour férié pour la célébration de l'Aïd el-Kebir, la fête du mouton ? 

Et cela ne peut laisser indifférents que les inconscients.

lundi 8 décembre 2014

Béziers: le maire, R. Ménard, refuse de démonter sa crèche sous la contrainte

Le laïcisme recule face à la montée de la libre-pensée 

Les laïcs intégristes tentent d'imposer leurs vues
De la taille d'un aquarium familial, ici à Béziers,
la crèche doit-elle être effacée de notre culture  ?
Si la laïcité applique avec une certaine intelligence la séparation de l'Eglise et de l'État, le laïcisme souhaite circonscrire la vie religieuse des citoyens à la seule sphère privée, hors de toute manifestation sociale et publique: cette persécution annonce-t-elle un retour prochain aux catacombes ? Or, cette intolérance politique ne s'applique pas à toutes les religions avec la même rigueur. A l'approche de Noël, leurs préférences idéologiques et politiques portent les laïcs sectaires à faire la chasse aux crèches dans les lieux publics, tandis qu'ils y prônent la tolérance envers les signes vivants et ostentatoires d'appartenance à l'islam.   
Après celle du Conseil général de Vendée, retirée sur plainte et décision du tribunal administratif de Nantes, au motif qu’elle violait l’article 2 de la loi de 1905, c’est la crèche de la mairie de Béziers, mise en place par Robert Ménard, qui est en but aux pressions des libre-penseurs. Le maire, soutenu par le FN, a été sommé par le préfet de la désinstaller, ce qu’il refuse de faire.

Le maire de Béziers oppose la volonté et la culture populaires 

Dans le cas de la crèche de Béziers, le maire de la ville, Robert Ménard, résiste à deux pressions qui s'abattent sur lui d'en haut depuis Paris, en contestant les observations qui lui sont adressées par voie hiérarchique par le préfet, représentant du ministère de l'Intérieur. La Dépêche rapporte que "vingt-huit minutes avant son inauguration officielle, le préfet de l'Hérault, Pierre de Bousquet, avait faxé ses observations qui concluaient à une installation qui ne répondait pas aux dispositions législatives et constitutionnelles garantissant le principe de laïcité." Le préfet sommait ainsi le maire Robert Ménard de charger les santons, le bœuf et l'âne dans des wagons de la honte… Jusqu'aux rois-mages venus de l'Orient qui devaient être chassés hors de la cité, selon les ordres de l'Hérode socialiste ! Mais sept jours après la mise en garde préfectorale, la crèche était toujours en place à la mairie de Béziers, du fait d'un imbroglio mêlant retard du courrier et prudence administrative.

Premièrement, en maintenant cette crèche, le "frondeur" affiche publiquement sa volonté de remettre en cause la loi de 1905 de séparation de l’Église et de l’État. En effet, comme le précise l’article 2 de la loi du 9 décembre 1905 :

"La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte [sauf en Alsace]. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l'Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes [sauf encore l'entretien de ses bâtiments].
Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets les dépenses relatives à des services d'aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons.[des exceptions qui appellent à l'ouverture d'esprit et non au repli sectaire]
Les établissements publics du culte sont supprimés, sous réserve des dispositions énoncées à l'article 3".

Outre l’article 2 de la loi, la décision du maire de Béziers ne méconnaît pas l’article 29 qui stipule :

"Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics, ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des bâtiments du culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions."

L'édile conteste l'assimilation de la crèche à un signe prosélyte: il y voit la survivance d'une coutume séculaire inscrite dans les traditions régionales auxquelles sont attachés les habitants de Béziers. Libre en revanche à la ville de Montreuil de priver sa population chrétienne de crèche municipale, si elle juge que la cohabitation du petit Jésus et de Melchior, roi d'Iran ou de Perse, Balthazar, roi des Arabes, et Gaspard, roi venu d'Inde, est un outrage à la république laïque.

Une reconstitution historique qui pose problème aux libre-penseurs.
 
Dans la mesure où elle est statique, il ne s'agit que d'un installation évoquant une tradition culturelle commune à une majorité d'administrés au sein d’un bâtiment public placé sous la responsabilité d'une autorité républicaine légitime en charge d’un service public par délégation populaire à l'issue d'un vote démocratique. L'opposition d'une petite minorité agissante est une atteinte à la démocratie.  De même que le mariage pour tous ne retire rien aux couples hétérosexuels, comme l'assurent Taubira et des députés PS, de même les évocations historiques n'ont jamais exclu aucune catégorie de citoyens (et en particulier les musulmans, selon L'Obs, mais ni les Juifs, qu'étrangement l'hebdomadaire ne mentionne pas). Cet espace municipal reste donc républicain: à  Béziers comme à Lille, les églises sont ouvertes à la visite de tous les croyants, non-croyants et libres-penseurs. Les mosquées le sont-elles aussi librement ? Leurs journées portes ouvertes sont toutefois la preuve d'une restriction intolérable en république.

Confusion volontaire entre "culturel" et "cultuel"

Robert Ménard explique: "J'ai répondu point par point aux observations du préfet. Cette crèche se place dans un programme culturel axé sur les fêtes de Noël. Je lui ai adjoint la position du premier ministre. Il avait estimé qu'une soirée festive à la mairie de Paris pour la rupture du jeun des musulmans avait un caractère culturel. Il y aurait donc deux poids et deux mesures dans une même république", souligne le maire  qui dénonce "les Ayatollahs de la laïcité qui voudraient gommer ce qui fait l'âme et l'histoire judéo-chrétienne de ce pays depuis 2000 ans".

Les censeurs de la culture balayent d'un revers de main l'argument du représentant des Biterrois qui veulent que cette crèche s’inscrive dans la "tradition culturelle" de la ville: ce serait " ressort que l’on connaît bien". Si bien qu'ils ne le précisent pas et si flou et si sentencieux pourtant qu'il cache assurément un loup. Et l'argumentaire des libres-penseurs poursuit dans le ténébreux.   
Ménard entretiendrait volontairement la confusion entre le culturel et le cultuel. Ce  pourrait être "pertinent", mais on ne sait pas davantage pourquoi, "s’il n’y avait pas de stratégie de provocation derrière un tel positionnement". A cet égard, un avocat s'exprime dans L'Obs pour livrer ce qui n'est qu'un sentiment: "je ne suis pas convaincu que la crèche fasse forcément partie d’un rituel, mais la non reconnaissance des cultes interdit à l’État de se poser en arbitre des élégances métaphysiques ou cultuelles," écrit Me Jean-Michel Ducomte, maître de conférences en droit public à l’Institut d’études politiques de Toulouse où il dispense notamment un cours intitulé "Religions et société" dont on veut bien croire qu'il est moins creux que son avis dans le magazine du propriétaire des sanisettes.
Ce porte-parole des libres-penseurs est membre du Grand Orient de France (GOF). Il est aussi président de la Ligue Française de l'Enseignement, une confédération d'associations françaises d'éducation populaire et laïque (Fédération des Œuvres Laïques ou FOL, USEP, UFOLEP) ou son réseau de centres de vacances, Vacances pour tous, etc...)

Avec lui, les libres-penseurs accusent Robert Ménard de mettre en scène l’identité cultuelle chrétienne. Et de faire allusion - par antithèse? - aux précédents positionnements du maire, notamment à l’égard des musulmans qu'en réaction notamment à l'affaire des caricatures de Mahomet, il fustige pour leur "détestation de l'Occident. "  Et le maire de promettre, une installation en mairie du chandelier à neuf branches pour la prochaine fête juive.
Le communiste Aimé Couquet (Front de Gauche) avait saisi le préfet le 24 octobre dernier. "C'est une bataille idéologique qu'il impose" s'emporte-t-il, réclamant la saisine en référé du tribunal administratif.

Stigmatisation religieuse

Une stigmatisation est une marque d'infamie...
En Vendée ou à Béziers et nulle part en France, une crèche n’aurait sa place dans un lieu auquel est affecté un service public, donc dans une mairie: "On ne peut tolérer de stigmatisation religieuse au sein de ce bâtiment", lit-on dans L'Obs. 
La loi de 1905, qui sert de bible aux libres-penseurs, n'a pas interdit les arabesques qui flétrissent nos édifices publics, ni banni les mots de notre langage quotidien issus de l'arabe. Que n'exigent-ils donc l'excision des mots sofa ou divan et café, carafe, abricots ou bananes de notre langage !

"Avancée" laïque: les libres-penseurs ont lancé une "fatwa" d'un genre nouveau. Il faut impérativement éradiquer tout signe religieux de l'espace public. Demandons aux juges de faire détruire dans les meilleurs délais tous ces calvaires qui jalonnent l'Hexagone - et singulièrement l'ouest de la France - qui rendent la vie impossible aux laïcs, comme autant d'atteintes à la laïcité. Les clochers sont une provocation ouverte des calotins: mettons-les à bas ! Même traitement, bien sûr, pour le minaret (33 mètres) de la Grande Mosquée de Paris voulue par le maréchal Lyautey. Sans oublier la Grande Synagogue de la rue de la victoire (à Paris) où l'entrée arbore un verset de la Genèse qu'il est urgent d'effacer. Proclamons la loi martiale pour interdire les pardons en Bretagne, les processions à Lourdes. La police devra veiller à ce qu'aucun signe religieux, croix, chandelier à sept branches, mezouzah, étoile de David ne puisse être imposés à la vue des passants. Surveillons de près les boucheries halal où traînerait un coran visible de l'extérieur. Gare au boulanger qui s'aviserait de glisser une fève à figure biblique dans ses galettes de l'Epiphanie. La tradition -l'horreur suprême- veut pourtant que l'on partage la galette en autant de parts que de convives, plus une. Cette dernière est appelée "part du bon Dieu", "part de la Vierge" ou "part du Pauvre", mais va-t-on laisser encore longtemps l'exercice de la charité aux papistes plutôt qu'aux salafistes ?

Et ces milliers de noms de communes qui déparent le paysage plus sûrement que ces panneaux publicitaires de Grenoble ? De Saint-Tropez à Saint-Jean-de-Luz ou Saint-Amand-les-Eaux, en passant par le Mont-Saint-Michel. Il faudra ensuite s'attaquer aux rues portant des noms de saints. La rue des Saints-Pères ou Saint-Dominique (à Paris) n'en ont plus pour longtemps, depuis le temps qu'Averroès attend son tour. Il faudra aussi me débaptiser le lycée Saint-Louis. Les musées - ce sont des espaces publics - devront être nettoyés de chaque indécente "Vierge à l'Enfant" ou scène de martyr. Et puis, les angelots asexués ont autant droit de cité au siècle de la théorie du genre.

Faut-il que le tribunal administratif de Montpellier soit saisi et pressé de jeter aussi l'anathème sur les joueurs d'échecs, jeu que les arabes ont introduit à la cour de Charlemagne ?
Ce serait également un symbole fort et républicain de mettre à l'index des chants de Noël comme "ll est né le divin Enfant", au nom du respect de la loi. Cultuel ou culturel ?

Réjouissons-nous pendant qu'il est encore temps...
Les libres-penseurs sont-ils libres ?
Leur dogmatisme philosophique est aliénation, mais c'est leur choix.  Qu'ils ne nous asservissent pas en nous l'imposant et nous prouvent plutôt qu'ils sont des humanistes.

samedi 13 juillet 2013

14 Juillet 2013 plombé par l'inefficacité d'un pouvoir socialiste impopulaire

Hollande parle d'or et réprime ferme

Le président de la République ne change rien au traditionnel entretien télévisé depuis l'Élysée
 dimanche
mais qui va l'écouter?

"Rien que du très classique, assure Le Figaro. Après avoir cherché à innover, François Hollande revient aux fondamentaux.Le Parisien, en revanche, fait discrètement allusion à un revirement: "François Hollande accordera 'finalement" un entretien à TF1 et France 2, dimanche 14 juillet, à 13 heures, en direct" et évoque "une question restée en suspens jusqu'à mercredi."  
Mais le quotidien détourne en fait l'attention sur une valse d'hésitations du président. Il se serait rendu aux raisons de ses conseillers qui auraient "insisté pour qu'il renoue avec l'ancienne tradition républicaine de l'interview et ne laisse pas le dernier mot avant l'été à Nicolas Sarkozy." Rien d'étonnant à ce qu'après son élection l'année dernière, Hollande ait décidé de renouer avec cette tradition, puisque Nicolas Sarkozy l'avait abandonnée durant son quinquennat: faute de réflexion et de préparation, la politique du socialiste était déjà dirigée par la volonté de faire le contraire de son prédécesseur. 
Mais si François Hollande avait en revanche hésité à renouveler l'opération cette année, c'est qu'à la mi-juin, il s'était invité sur M6 dans l'émission "Capital" et qu'il avait fait un flop d'audience avec moins de 2,5 millions de téléspectateurs. Dès lors, pourquoi parler à nouveau alors qu'il n'avait rien de plus à ajouter?Dans la suite des échecs de Hollande, celui-là est mineur et n'a pas découragé l'Élysée, où l'on veut toujours croire que François Hollande est le seul à pouvoir être entendu des Français. Prévu pour durer trente minutes, l'entretien sera conduit dimanche par Claire Chazal (TF1) et Laurent Delahousse (France 2).

Enfumage d'un reniement de plus
Hollande s'attend à un nouvel échec, alors on le déclare "dubitatif sur l'intérêt de l'exercice", mais il n'a pas résisté à la volupté du paraître. "Je vais être interrogé sur tout", a-t-il craint toutefois. Les questions sur ses arbitrages au faciès: l'éviction de Delphine Batho du gouvernement, mais le maintien de Montebourg, les fractures suscitées par les réformes des retraites et du mariage en faveur des homosexuels (lien sur l'opposition au sein du PS), la montée du chômage mais la baisse du pouvoir d'achat, ou encore la montée du FN mais la baisse du taux du Livret A, la surfiscalisation des contribuables mais la dégradation de la France par l'agence de notation Fitch ou la répression à la fois policière et judiciaire et le retour annoncé de l'ancien président Nicolas Sarkozy. 
En trente minutes ! Le changement, c'est que "plus c'est court, plus c'est bon" !  En français, "plus c'est court, meilleur c'est !" mais vous n'êtes pas obligé de le croire...

D'autres formules ont été évoquées, mais il s'est finalement rallié à l'idée qu'il devait parler directement. "Ne pas parler dimanche, ça se verrait presque davantage que de parler", a ainsi résumé un conseiller du palais de l'Elysée. François Hollande est pris au piège par le système et par l'obligation de rendre des comptes: il doit s'exprimer même s'il n'a rien de nouveau à dire et bien qu'il n'ait d'autre solution que d'afficher "cohérence", détermination" et "confiance". 
La pégagogie anesthésiante a démontré ses limites. Lui suffira-t-il de se justifier, de faire des constats ponctués de "il y a..." et d'aligner  en batterie de belles intentions marquées de "il faut"? Comment pourrait-il continuer à mettre en cause le quiquennat précédent, alors qu'après un an de pouvoir sans partage les chiffres tombent, toujours plus accablants ?   

Hollande se cherche toujours

Le chef d'Etat néophyte s'était livré à cet exercice l'an passé à l'Hôtel de la Marine place de la Concorde, en guise de changement. Dans l'idéologie et le symbole, le président socialiste voulut sortir de son palais, se rapprocher du peuple, démocratiser la fonction.  Mais l'impopularité de ses mesures politiques l'envoie dans les cordes, le renvoient dans ses murs. Cette année, il réintègre l'Elysée la queue basse, contrairement à un engagement de campagne. 

Tous les commentaires des suppôts médiatiques de la majorité présidentielle tentent d'occulter ses engagements, dont celui du 14 juillet 2012, quand il avait expliqué son choix de s'exprimer dans un autre lieu que le palais présidentiel pour garantir "la plus grande liberté et la plus grande indépendance" à son entretien.  Billevesée !

Le changement au rétroviseur

"La question n'est pas de savoir si c'est une bonne idée de parler, c'est une nécessité, c'est une tradition", insiste son compagnon de route et conseiller, le maire de Quimper Bernard Poignant. "Le 14 Juillet, c'est le jour où il faut marquer la solennité de la fonction. Ce jour-là, ce qui est solennel, c'est ce qui est normal", insiste-t-il.

Souvent chef d'État socialiste varie

Il parlera donc encore, et  de l'Élysée. Après avoir snobbé les symboles du pouvoir, Hollande veut s'essayer devant les Français à montrer qu'il incarne bien la fonction. "De plus en plus de gens lui disaient qu'il n'était pas nécessaire d'aller ailleurs qu'à l'Élysée", rétropédale Bernard Poignant. Ces gens-là, qui sont-ils?

Les anonymes ont la parole
"Si on avait un message commun, on pourrait le marteler ", grince un ministre en constatant l'absence de coordination.

Le message est-il tout dans le décor ? 

Parachutiste blessé
au premier 14 juillet de Hollande
Les monologues des conférences de presse à l'Élysée réussisent-ils mieux que les entretiens télévisés, trop confus. Le problème de communication de l'exécutif n'est toujours pas résolu. Malgré une équipe renforcée de conseillers en communication, ou  à cause d'effectifs en surnombre, la boîte à couacs est béante. Dernier exemple en date, l'échange entre le nouveau ministre de l'Écologie, Philippe Martin, et celui du Redressement productif, Arnaud Montebourg, sur les gaz de schiste. Ce dernier rompt la solidarité gouvernementale -qui a valu à la petite Batho d'aller mouiller plus loin- et insiste sur la nécessité de trouver une technique d'extraction écologique, alors que l'âne Martin et le sombre Ayrault s'accrochent toujours à la bouée du maintien de l'interdiction totale de l'exploitation des gaz de schiste.

Dimanche, le chef de l'État devrait étaler son aveuglement



C'est d'abord sa conviction que l'inversion de la courbe du chômage est possible, alors que personne n'y croit plus, même dans son propre camp. "Avec les emplois aidés, on peut y arriver. Mais cela ne résout pas la question de l'orientation politique", soupire un député qui préconise sans doute un "emploi aidé" pour le chômeur de l'Elysée. 


Bien fol est qui s'y fie: la garde rapprochée du chef de l'État fait bloc.
 
Et c'est bien le problème. "Changer de cap serait une erreur", a expliqué, au Monde, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll. Et ce fin politicien du verbe d'ajouter: "Notre discours, lui, doit changer. Nous devons désormais beaucoup plus positiver et valoriser ce que nous avons fait." 
Au PS, on s'inquiète que son premier cercle incite François Hollande à suivre sa pente naturelle qui le porte à l'indécision et à l'espérance. La situation est jugée socialement alarmante par certains et réclamerait un changement de ligne, mais Hollande croit en sa bonne étoile, se replie sur lui-même, s'isole et se coupe des réalités. Il attend que la croissance revienne aux USA et de tirer les marrons du feu.

L'orgueilleux président de la République écoute intellectuels et élus, mais se bute

Ni Bruxelles, ni les marchés n'acceptent cet attentisme. Les Français s'impatientent et condamnent cette passivité béate. Le discours de l'exécutif ne passe toujours pas auprès de l'opinion. 

Après un léger sursaut, la cote de popularité du chef de l'État est retombée au plus bas. A 30 %, moins trois points dans l'IFOP. Et selon l'institut BVA, François Hollande n'est jugé capable de prendre les bonnes décisions que par  30 % des Français. "Le cap est difficile, alors pour beaucoup de Français il n'est pas agréable à leurs oreilles", relativise Bernard Poignant.

Après l'épreuve sado-maso de l'entretien de dimanche, François Hollande recevra à déjeuner quelques personnalités, comme le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, ou le président malien par intérim Dioncounda Traoré, puis ira oublier à Boulogne-sur-Mer (PS), à l'occasion de la Fête du pédalo   de la mer.