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jeudi 21 mars 2019

Affaires Benalla: le Sénat saisit aussi la justice des cas de proches de Macron

Les affaires Benalla ne s'essoufflent pas...

Nouveau coup de tonnerre sur Benalla et ses protecteurs

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Hémicycle de la Chambre haute
Le Sénat s'est résolu jeudi à saisir la justice de trois hauts responsables de la présidence, outre le cas de l'ancien collaborateur de l'Elysée, mis en cause dans le rapport accablant de sa commission d'enquête.

Les cas Benalla, Vincent Crase et Patrick Strzoda, directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, sont transmis pour suspicion de faux témoignage devant la Commission d'enquête sénatoriale, un délit passible de cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende, ont précisé des membres du bureau.

La Chambre haute a également décidé de transmettre au Parquet les déclarations d'autres collaborateurs d'Emmanuel Macron, dont son bras droit Alexis Kohler et le général Lionel Lavergne, chef du groupe de sécurité de la présidence, selon ces sources. A partir des "incohérences" et "contradictions" relevées par la commission d'enquête, qui a rendu le 20 février un rapport d'enquête accablant, il reviendra au Parquet de voir quelles suites donner.

L'Elysée dans un profond embarras
Le Palais présidentiel n'a pas de commentaire à faire à chaud. "Dès lors que nous souhaiterons faire une réaction, nous vous la communiquerons", a esquivé la présidence, condescendante.

Si le signalement de ces cas à la justice ne vaut pas condamnation, le Sénat émet néanmoins des convictions fortes, que la majorité présidentielle et ses affidés soupçonnent de complot, inspiré du contexte de défiance de l'opinion publique vis-à-vis des politiques et d'un rapport de force provoqué par l'Elysée du fait de sa volonté de réforme institutionnelle visant, plutôt que le très contesté CESE, jugé coûteux bien qu'inutile, la chambre haute présidée par Gérard Larcher (Les Républicains) que Macron menace d'amputation au LBD 40  du nombre de ses membres. 

Engagement rempli de Larcher : "On ne dira que le droit, rien que le droit, tout le droit" 

"L'institution a tenu son rang et son rôle", s'est félicité de son côté le sénateur PS Victorin Lurel, tandis que la sénatrice EELV Esther Benbassa s'enthousiasmait sur Twitter "Vive un Parlement libre et indépendant! " 

Avant cette réunion du Bureau, les sorts de MM. Benalla et Crase semblaient déjà scellés: le président de la commission d'enquête Philippe Bas (LR) et les co-rapporteurs Muriel Jourda (LR) et Jean-Pierre Sueur (PS) lui avaient demandé "de saisir le ministère public" de leurs déclarations sous serment, "susceptibles de donner lieu à des poursuites pour faux témoignage".

Quant aux autres proches de l'Elysée auditionnés, le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler, le directeur de cabinet Patrick Strzoda, et le chef du groupe de sécurité de la présidence, le général Lionel Lavergneils étaient également nommément mis en cause. Loin de les exonérer de leur devoir de respect des institutions et des élus, leur proximité avec Emmanuel Macron , confère à ces personnalités politiques des obligations particulières qui ne laissent aucune place au parjure.

Le Bureau du Sénat compte 26 membres qui se prononcent à main levée, dont Gérard Larcher: 10 LR, 6 PS, 5 centristes, 2 RDSE (à majorité radicale), 1 LREM, 1 CRCE (à majorité communiste) et 1 Indépendant. 

Les sénateurs ont joué pleinement leur rôle de contrôle, sous le regard des Français.
Les chefs de file des Républicains, Bruno Retailleau, et des socialistes, Patrick Kanner, ancien ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports dans le deuxième gouvernement de Hollande, étaient favorables à ce que le Bureau transmette à la justice, y compris les cas des collaborateurs de l'Elysée.

Les centristes étaient évident foireux.  Vincent Capo-Canellas, membre FED du Bureau et proche de Jean-Christophe Lagarde, invitait à "ne pas instrumentaliser le Sénat pour régler des comptes avec Emmanuel Macron", s'interrogeant : "il peut y avoir des omissions, des inexactitudes, mais est-ce qu'il y a faux-témoignage au sens pénal ?", avait plaidé ce politicien qui ne connaît rien d'autre que le monde politique.

Eric Bocquet, seul représentant du CRCE au Bureau, avait estimé que s'il refusait de transmettre ces dossiers à la justice, "le Sénat se ferait hara-kiri". "Ça voudrait dire derrière conciliabules, copinages".

Le seul précédent de saisine du Parquet pour faux témoignage devant une commission d'enquête parlementaire est récent: en 2016, le pneumologue Michel Aubier - qui avait dirigé l'unité Inserm U700 (1997-2006), comme Yves Lévy, le second mari de la ministre de la Santé de Macron, Agnès Buzyn, qui prétendait se faire reconduire à la tête de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale - avait été condamné pour n'avoir pas déclaré, en 2015, à la Haute Autorité de Santé qu'il était également médecin conseil de l'entreprise Total ainsi qu'avoir témoigné sous serment à la Commission d'enquête sénatoriale sur les impacts financiers et pneumologiques de la pollution de l'air qu'il n'avait aucun lien avec les acteurs économiques du secteur..

Quand "il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark", dans celui de Macron, il y a télescopage de l'actualité.
Mercredi soir, Alexandre Benalla a eu droit à de nouvelles mises en examen concernant d'autres faits de violences en marge de la manifestation parisienne du 1er-Mai et aussi pour l'épisode du selfie le montrant avec une arme. 
Imaginez que l'Elysée lui ait remis une autorisation de port d'un LBD 40... 
LBD à eau, bien sûr !  


mercredi 20 février 2019

Des poursuites judiciaires contre Benalla et Crase pour "faux témoignage", demandés par la Commission d'enquête sénatoriale

La commission d'enquête du Sénat révèle des "faux témoignages" (et parjures) des deux comparses, parrainnés par Sébastien Lecornu

Mise en cause de l'entourage direct du chef de l'Etat

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Parjure ?
"Il n'y aurait pas eu d'affaire Benalla si une sanction appropriée avait été prise le 2 mai par le licenciement de l'intéressé et l'information du procureur au titre de l'article 40 du code de procédure pénal," souligne Philippe Le Bas, le président de la commission d'enquête du Sénat sur l'affaire Benalla, lors la conférence de presse, réunie depuis 8 heures à huis clos, ce mercredi matin. La commission demande des poursuites contre Benalla et Crase pour "faux témoignage".

La commission sénatoriale pointe, par ailleurs, la cause : une série de "dysfonctionnements majeurs au sein des services de l'Etat". qui ont pu "affecter" la sécurité du président et "les intérêts" du pays. 
Les caïds de l'Elysée, Crase et Benalla
La commission évoque notamment "des pouvoirs excessifs laissés à un collaborateur inexpérimenté" dans le domaine de la sécurité du président, et "un sérieux manque de précaution dans la prévention des conflits d'intérêts de certains collaborateurs", en référence au contrat négocié avec un oligarque russe par Alexandre Benalla et Vincent Crase.

La protection du chef de l’Etat et de son entourage familial coûte près de 8 millions d’euros par an. Il convient d'ajouter à ce montant, les coûts supplémentaires pour l’utilisation des véhicules de la présidence par le GSPR (dirigé par le colonel Lionel Lavergne), ainsi que, les déplacements des policiers avant un voyage présidentiel en France ou à l’étranger pour effectuer un repérage et préparer son arrivée.
Le GSPR est composé d’une soixantaine d’agents, des femmes et des hommes très expérimentés. Ces agents sont recrutés au sein du Service de la Protection (SDLP) qui est une unité de la Police nationale et de la Force Sécurité Protection (FSP), elle-même composante du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN).

La commission formule 13 préconisations

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Equipé d’un casque à visière des forces de l’ordre, Alexandre Benalla, 
chargé de la sécurité du chef de l’Etat, s’en est pris à un homme à terre, 
place de la Contrescarpe, le 1er mai 2018,
sous la responsabilité de Philippe Mizerski, au centre,
officier de la Direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC)
 à la Préfecture de police de Paris (PP) dirigée par G. Collomb
Parmi elles, celle de "mettre fin à l'expérience des collaborateurs officieux du président de la République", dans son rapport rendu public mercredi. 

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La commission présidée par Philippe Bas (LR) suggère aussi de "conditionner le recrutement des collaborateurs" du président à "une enquête administrative préalable" (ci-contre François-Xavier Lauch, son ex-chef de cabinet, depuis élevé, à 37 ans, au rang de "préfet chargé d’une mission de service public relevant du gouvernement") pour "s'assurer de la compatibilité de leur comportement" avec leurs missions futures. 

Outre ce renforcement de la "transparence", la commission veut améliorer les garanties pour "un haut niveau de sécurité" du président et "renforcer les pouvoirs de contrôle du Parlement".

Affaire Benalla : le contrôle parlementaire du Sénat dérange LREM

La députée Aurore Bergé incrimine la commission d'enquête sénatoriale

La commission d'enquête du Sénat "a voulu faire de la politique" et crée un "précédent dangereux", 

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accuse la porte-parole de La République en marche, avant même que les sénateurs rendent dans la matinée leur rapport sur l'affaire Benalla. 

"Il y a peu de sérénité dans ce dossier depuis le début et il y a beaucoup de volonté politique, assure-t-elle. "On l'a vu avec la commission d'enquête au Sénat", selon la députée des Yvelines, sur RFI. 
"Je pense que ça pose un précédent qui est quand même dangereux, ce n'est pas à l'Assemblée ni au Sénat de rendre la justice sur quelque affaire que ce soit", a mis en garde cette membre de l'équipe de campagne d'Alain Juppé pour la primaire de la droite et du centre de 2016.

La députée de la majorité entend limiter les pouvoirs des sénateurs

"C'est dangereux et, de fait, le Sénat a voulu faire de la politique," dénonce-t-elle. "Ils ont le droit de le faire, concède-t-elle pourtant dans le même temps. "Mais qu'il faut respecter quand même la séparation des pouvoirs, l'indépendance de la justice", a insisté la députée.

Dans la crainte de l'exercice d'un contre-pouvoir parlementaire, elle 
"Sinon ça veut dire qu'on va créer des commissions d'enquête systématiquement pour doublonner des enquêtes en cours, que ce soit sur monsieur Benalla ou qui que ce soit ?", a soupçonné chez ses collègues parlementaires la députée, fille de Alain Dorval,
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un acteur cantonné au doublage de voix d'acteurs étrangers: il est notamment connu pour être la voix française régulière de Sylvester Stallone. Dans les films d'animation, il est la voix de Pat Hibulaire, gros chat noir, malfaiteur, spécialiste d'entreprises malhonnêtes en tout genre.

"La justice avance, travaille; il faut qu'elle le fasse le plus sereinement possible", a-t-elle conclu, tentant ainsi de jeter le discrédit sur des représentants de la nation.
Un plaidoyer déconnecté, au moment où le président Macron fait durer l'entre-soi de son "grand débat national", tandis que que le peuple des ronds-points réclame, quant à lui, un droit de regard renforcé sur le fonctionnement des institutions et notamment le RIC, référendum d'initiative citoyenne.
La commission des Lois du Sénat présente mercredi son rapport d'enquête sur l'affaire Benalla

Membre de la commission des
Affaires culturelles et de l'Education
La porte-parole des députés de la majorité présidentielle s'inquiète des conclusions des membres de la commission, pourtant soucieux de limiter scrupuleusement leurs investigations au champ qui est le leur, dans l'affaire qui met en cause l'ex-homme de confiance du président, chargé de mission de l'Elysée, soupçonné d'avoir menti sous serment et placé la veille derrière les barreaux.

Après sept mois de révélations, un juge a décidé mardi de placer en détention provisoire l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron pour ne pas avoir respecté son contrôle judiciaire, dans l'enquête sur les violences du 1er mai 2018 à Paris qui lui vaut d'être mis en examen.


vendredi 28 décembre 2018

Affaire Benalla, saison 2 : des passeports diplomatiques pour ses voyages d'affaires

Benalla a continué d'utiliser à ses affaires en Afrique plusieurs passeports diplomatiques confisqués 

A-t-il profité du déplacement de Macron au Tchad avant Noël pour faire des affaires ?  
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Alexandre Benalla continue comme avant à utiliser des passeports diplomatiques pour ses affaires en Afrique, révèlent en semble le journal Le Monde et le site Mediapart, relançant ainsi de nombreuses questions négligées sur le dossier politique de l'année 2018.

Alors que l’Elysée a assuré ces derniers jours qu’Alexandre Benalla, reconverti dans la diplomatie privée en Afrique, n’est pas "un émissaire officiel ou officieux", Alexandre Benalla voyage néanmoins avec un passeport diplomatique de la République bananière française, depuis plusieurs mois, malgré son limogeage en juillet de l'Elysée, selon Mediapart, ce jeudi 27 décembre. Le précieux document, utilisé ces dernières semaines pour entrer dans différents pays africains, ainsi qu’en Israël, et qui porte la référence 17CD09254, a été délivré le 24 mai 2018.
Ce document à diffusion limitée avait servi à ses voyages d’affaires et les acteurs politiques respectueux de la République réclament maintenant des explications sur ces faits nouveaux au dossier complémentairement étudié par les deux chambres parlementaires.

Des négligences ou des complicités ? 

"Qu'il ait un passeport diplomatique encore aujourd'hui dépasse l'entendement", s’étrangle doucement sur Franceinfo le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde. Le député-maire de Seine-Saint-Denis “espère” que la commission d’enquête sénatoriale toujours chargée de faire la lumière sur l’affaire Benalla procèdera à de nouvelles auditions sur cette affaire dans l'affaire

Une demande à laquelle la sénatrice écologiste Esther Benbassa, membre de la commission sénatoriale sur l'affaire Benalla, explique ce vendredi dans L’Obs vouloir accéder : “Il est clair que ce nouvel épisode de l’affaire Benalla, 'l’Acte 2', si on peut dire, doit logiquement amener la commission d’enquête sénatoriale à entendre à nouveau Alexandre Benalla”.

Sur RTL,
le porte-parole du parti Les Républicains (LR), ne se contente pas de demi-mesures. Celui qui, avec 52,39% des voix a déboulonné Christophe Sirugue (PS, 32,58%) de la mairie de Chalon-sur-Saône, le journaliste Gilles Platret, estime quant à lui que "la justice doit se saisir" du dossier. "Il nous semble nécessaire qu'elle étende ses investigations pour savoir pourquoi et comment il est détenteur d'un passeport diplomatique 15 jours après sa suspension et comment alors qu'il n'est plus à l'Elysée, il continue de s'en servir pour des actions dont on a besoin de savoir ce qu'elles sont en réalité”, développe le maire et journaliste.

Le Rassemblement national (RN) se pose les questions de fond que négligent les Insoumis.
“Il avait le bras long, le chômeur Benalla, pour faire ses affaires !”, une fois que ses fonctions officielles eurent pris fin, tempête sur Twitter son porte-parole Sébastien Chenu, qui parle lui aussi d’un 'acte 2' de l’affaire. "Pourquoi Benalla jouit-il de cette étrange protection de l'Elysée ? Quel lien l'enchaîne à Emmanuel Macron au point de risquer d'entraîner le président avec lui ? 

Quel intérêt a Macron à couvrir ce barbouze de série z ?”, s'interroge le maire de Béziers, Robert Ménard, alors que tardent les questions de Mélenchon (LFI).

Mis en examen notamment pour "violence volontaire", Benalla était censé avoir restitué le ou les passeports diplomatiques en sa possession.

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Sur Europe 1, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, résume en quoi ce nouvel épisode pourrait jeter l’exécutif dans une nouvelle tempête : "Voilà quelqu'un qui est censé être sanctionné après ses exactions du mois de mai et qui, au lendemain de ces exactions, obtient deux passeports diplomatiques - en date du 24 mai 2018, selon Mediapart, alors qu’Alexandre Benalla était déjà censé être mis à pied par l’Elysée [après avoir été accusé d'avoir violenté un manifestant le 1er mai à Paris]. Il est de notoriété publique qu'il continue de se balader dans l'Afrique entière et malgré cela, l'Elysée ne vérifie pas qu'il a bien rendu ses passeports diplomatiques qui lui donnent une sorte de sésame. C'est profondément inquiétant, soit sur l'amateurisme de cette présidence, soit sur le double langage qu'elle continue d'avoir".

Alors que la présidence de la République jurait mardi soir que le nouvel amoureux de l'Afrique n'était “pas un émissaire officiel ou officieux” d'Emmanuel Macron, la détention d’un passeport officiel par l’ancien conseiller du chef de l'Etat constitue effectivement scandale sur l'incompétence, si ce n'est la complicité, de l'entourage présidentiel. 
Car ce document permet à Alexandre Benalla de voyager sans visa dans presque tous les pays du monde, la plupart du temps,  en bénéficiant de l’immunité diplomatique. Un laissez-passer qui comprend notamment cette mention : "Nous, ministre des Affaires étrangères [Jean-Yves Le Drian], requérons les autorités civiles et militaires de la République française et prions les autorités des pays amis et alliés de laisser passer librement le titulaire du présent passeport et de lui donner aide et protection".
Benalla s'était engagé sur l'honneur à restituer ses passeports diplomatiques

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Indigne d'en être détenteur, Alexandre Benalla s’est notamment rendu au Congo-Brazzaville, au Cameroun et au Tchad, ces derniers mois, selon Le Monde.
Il pourrait par ailleurs devoir répondre de l'accusation de mensonge et de parjure à la commission sénatoriale qui l’avait interrogé le 19 septembre dernier. Il avait en effet affirmé avoir laissé ses passeports diplomatiques "au bureau [qu’il occupait] à l'Elysée". 
"Si Benalla a effectivement utilisé ce passeport après son départ de l’Elysée, il y a parjure, puisqu’il nous a menti en prétendant qu’il l’avait laissé dans son bureau de l’Elysée. Nous sommes donc entrés dans une phase qui sera immanquablement judiciaire",estime la sénatrice Esther Benbassa, qui rappelle la peine encourue le cas échéant : 5 ans de prison et 75.000 euros d’amende. 
Le Tchad paiera-t-il ? Benalla se trouvait-il à N'Djamena quand Macron est allé passé le weekend avant Noël entre hommes avec les militaires de l'opération Barkhane ?

Alexandre Benalla s'était engagé auprès du quai d’Orsay

Jean-Yves Le Drian a-t-il laissé courir?
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Dès le 23 mai dernier, dans un document signé de sa main révélé par BFMTV, l'ancien conseiller de l'Elysée préposé à l'escorte du corps sacré de Jupiter s'était engagé à restituer ses passeports. 

Jeudi, Le Drian, ministère des Affaires étrangères, a fait savoir qu’il examine "toutes les suites possibles, y compris judiciaires, sur la non-restitution des passeports d'Alexandre Benalla".

"La question d'une usurpation de fonction se pose", estiment même les autorités. Celle d'une légèreté dans leur traitement du dossier Benalla, aussi.

mercredi 22 février 2017

de Rugy, OK avec les "crimes français contre l'humanité," selon Macron


François de Rugy se rallie à Emmanuel Macron

Ancien candidat écologiste fielleux à la primaire organisée par le PS, 
François de Rugy a décidé de s’engager derrière le banquier, 
candidat du mouvement En Marche !

Participant-figurant au premier tour de la primaire organisée par la Belle Alliance PopulaireFrançois de Rugy se rallie au candidat qui bouda cette primaire socialiste, le 22 janvier. Et combien de divisions cprésident du Parti écologiste apporte-t-il dans la corbeille de la mariée ? Il avait "rassemblé" 3,82 % des suffrages.

Benoît Hamon, vainqueur socialiste du scrutin et ancien frondeur du gouvernement Ayrault (pourtant fortement orienté vers la gauche radicale), est trop marqué à gauche.

Le député a choisi de plutôt soutenir l'ancien banquier d'affaires chez Rothschild & Cie Emmanuel Macron, qui conseilla le président Hollande à l'Elysée (2012-2014), où Il est notamment l'initiateur du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi et du pacte de responsabilité et de solidarité.

A propos du crédit d'impôt, Thomas Piketty dénonce dès novembre 2012 dans Libération, la création d'une "usine à gaz fiscale" et Laurent Mauduit y vit aussitôt un spectaculaire reniement de la part de François Hollande.
Concernant le pacte de responsabilité et de solidarité
, le conseil constitutionnel invalida la proposition d'allègements de charge sur les bas salaires, faisant valoir que le dispositif introduirait une différence de traitement entre des salariés ayant droit à des prestations maladie, retraite, etc., identiques.


Le parjure de Rugy assure qu’il préfère "la cohérence à l’obéissance"

C'est ainsi que, sur France Info, le déontologue de Rugy justifie son offre de services à Macron. Une décision qui va
à l’encontre de l’engagement pris par tous les candidats à la primaire organisée par le PS de soutenir "le ou la candidat-e vainqueur-e qui sera issu-e des primaires"...



Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis a aussitôt condamné l'opportuniste sur son compte Twitter : " @FdRugy a signé un engagement sur l’honneur de soutenir le vainqueur de la primaire. Ne pas respecter sa parole est une faute morale."
Désaccord sur le revenu universel avec Hamon
La 'veuve noire"
de l'Assemblée
Pour sa défense, le député de la Loire-Atlantique a expliqué : "Je ne vais pas mentir aux Français. (Les Français savent à qui ils ont affaire, même au-delà de son local aux poubelles...) Je ne me vois pas leur dire qu’après tout ce que j’ai dit dans la primaire (…), "ça y est, je suis convaincu par le projet de Benoît Hamon", alors que ce n’est pas vrai". Pas de souci, Rugy est inaudible.

François de Rugy a cité deux profonds désaccords avec le revenu universel et le 49-3 citoyen. 

Il a aussi reproché au candidat socialiste sa main tendue au candidat d’Europe Écologie-Les Verts, Yannick Jadot, et à celui de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, en laissant de côté Emmanuel Macron. Comme sa misérable personne...
Convergences avec un Macron "de l'ancien monde"
Il y a seulement un mois, le 17 janvier dernier, Rugy avait critiqué Emmanuel Macron qui "n’allait pas dans le sens de l’écologie mais plutôt dans le sens de l’ancien monde". Il estime désormais que le candidat d’En Marche ! "a fait évoluer ses positions", ce qui est interdit à Fillon, lors de son audition par WWF France. 
"Face à la poussée de Marine Le Pen (…), il y a une recomposition politique sur des vrais clivages structurants (…) ouverture-fermeture, progrès-régression", a enfin relevé François de Rugy, fustigeant le "vieux clivage gauche-droite" qui aurait pu le rapprocher de Bayrou, dont l'arriviste ne croit pas aux chances.

Rugy cautionne en bloc les déclarations de Macron

Macron a suscité l'indignation en parlant du mariage entre personnes du même sexe.

Après Jean-Luc Mélenchon, Macron a fait des appels du pied à l’électorat conservateur et à la Manif pour tous, provoquant de vives réactions dans la communauté LGBT. Dans L’Obs du 16 février 2017 Emmanuel Macron explique – entre autres – son "rapport singulier avec la religion" et sa vision des débats autour du mariage homosexuel. 
"Une des erreurs fondamentales dans ce quinquennat a été d’ignorer une partie du pays qui a de bonnes raisons de vivre dans le ressentiments et les passions tristes. C’est ce qui s’est passé avec le mariage pour tous, où on a humilié cette France-là. Il ne faut jamais humilier".
Même Hamon recadre Macron sur la colonisation française qu'il a qualifiée de "crimes contre l'humanité."
L'insulte de son favori aux Français d'Algérie, d'Afrique et d'Asie n'ont pas dissuadé Rugy. Benoît Hamon a réagi ce dimanche à l'outrage d'Emmanuel Macron. "Je ne suis pas pour caractériser cela comme un crime contre l'humanité", a affirmé "clairement" le vainqueur de la gauche, invité du Grand Jury RTL/LCI. "Parce que cela veut donc dire que l'on envisage qu'une cour pénale internationale puisse juger des Français pour crime contre l'humanité d'une part, et d'autre part que nous hissons cette blessure-là au niveau de la Shoah, du génocide rwandais, du génocide arménien. Je ne veux pas rentrer dans une forme de concurrence mémorielle". Et d'ajouter, en pointant le manque de "sérieux" d'Emmanuel Macron: "Je trouve que cette affaire est grave, lourde". "Une folie", selon le candidat PS: "renvoyer tous les pieds-noirs, tous les rapatriés à une responsabilité qui n'est pas la leur, en l'occurrence celle d'être des criminels contre l'humanité. Ce serait une folie".