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mardi 7 mai 2019

Après son épisode de délire à l'hôpital La Pitié-Salpétrière, Castaner réclamé en audition au Parlement

Les oppositions réclament la création d'une commission d'enquête pour y être examiné

Plusieurs élus, sénateurs et députés de l'opposition, réclament la création de commissions d'enquête sur la gestion des manifestations du 1er mai par l'Intérieur

Castaner dans l'oeil du cyclone
A l’issue des manifestations du 1er mai, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner s’est rendu le soir même dans les locaux de l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière. Prenant la presse à témoin, sans prendre aucun temps de réflexion, mais juste guidé par sa volonté d'instrumentalisation de l'opinion,  il a dénoncé "une attaque" du service de réanimation par des militants anticapitalistes
Ces éléments de langage ont été repris par les professionnels de presse institutionnelle sans vérification des faits, mais cette présentation fallacieuse a été démentie par plusieurs vidéos mises en ligne jeudi 2 mai. 
Depuis, plusieurs élus de l’opposition réclament son audition devant les commissions Lois du Sénat et de l’Assemblée nationale, ainsi que la création de commissions d’enquête.

Le ministre de l'Intérieur "Christophe Castaner a perdu ses nerfs. 
Toutes les semaines il s’exprime à chaud, sans vérifier les faits et c’est grave. Il est discrédité dans sa fonction de ministre de l’Intérieur". Pour l'extrême gauche, la communiste Elianne Assassi, présidente du groupe CRC (Communiste, Républicain, Citoyen et Écologiste) au Sénat a été l’une des premières, jeudi 2 mai, à exiger la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire. Le joueur de poker a en effet désigné des activistes anticapitalistes de l’ultragauche agissant en black bloc.
Une multitude de voix s'élève désormais dans l'ensemble du paysage politique - exception faite du parti présidentiel - pour que l'irresponsable ministre de Macron soit auditionné.

"Le ministre de l’Intérieur doit cesser de mettre de l’huile sur le feu et doit maintenant s’expliquer sur ses déclarations démenties par les faits », a écrit Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat sur Twitter.

"Monsieur Castaner est un menteur, en plus d’être un incompétent", a lancé un peu plus tôt à Marseille le chef de file de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon, accusant le ministre de l’Intérieur d’avoir "inventé" l’attaque de l’hôpital parisien.

"On peut arrêter de monter en épingle l’histoire de "l’attaque" de l’hôpital et revenir aux revendications sociales des mobilisations massives du premier mai ? Christophe Castaner doit répondre de ce mensonge !", a aussi twitté Manon Aubry, tête de liste LFI aux Européennes.

"S’il s’agit d’un mensonge délibéré dans le seul et unique but de disqualifier et salir une mobilisation sociale, le ministre de l’Intérieur doit être démis de ses fonctions sans délai", a aussi estimé Benoit Hamon (non élu parlementaire, Génération.s), demandant que "le gouvernement produise les preuves de ce qu’il affirme".

"Le Gouvernement pris en flagrant délit de #FakeNews, assez de cette propagande ! Christophe Castaner a manipulé les faits pour discréditer ses opposants : il doit démissionner. Il y a suffisamment de violences à condamner pour ne pas en inventer", a jugé de son côté Nicolas Dupont-Aignan, Debout la France.

Pour la sénatrice EELV Esther Benbassa, "si Christophe Castaner s’appelait Pinocchio, on n’ose imaginer quelle longueur aurait son nez".

A l'Assemblée nationale, le porte-parole des députés communistes Sébastien Jumel, a estimé que "Christophe Castaner se sert de la parole ministérielle comme d’un LBD [lanceur de balles de défense]. Mais par #PitieSalpetriere que le ministre garde son sang-froid, tienne des propos mesurés sur des infos circonstanciées et arrête de dégoupiller des grenades verbales d’enfumage politique !".

"Les détenteurs de la parole publique ne sont-ils pas tenus à plus de prudence et de sérieux dans leurs déclarations ? Ce gouvernement se discrédite chaque jour davantage," a observé Philippe Olivier, conseiller de Marine Le Pen et candidat sur la liste RN aux européennes.

Castaner en est à une deuxième demande de simple audition

Moins de deux mois après son audition devant la commission des Lois du Sénat pour la gestion chaotique de 'l'Acte XVIII' des Gilets jaunes à Paris, le ministre de l’Intérieur pourrait retrouver les élus de la Chambre haute dans les prochaines semaines. C’est ce que souhaite Jean-Pierre Sueur, sénateur PS, qui précise  avoir d’ores et déjà déposé une demande formelle d’audition auprès du bureau du président de la commission des Lois, Philippe Bas.

Un souhait formulé également dès le 2 mai sur Twitter par son collègue Patrick Kanner. "Nouvelle bavure du Ministre de l’Intérieur ? L’analyse objective des faits à la Pitié-Salpêtriere et leurs commentaires pour le moins hasardeux justifient pleinement la convocation que je vais solliciter de Mr Castaner devant la commission des lois du Sénat", justifiait-il. 

D’autres élus exigent, eux, la mise en place d’une commission d’enquête sur les manifestations du 1er mai. 
Eric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis, confirme vouloir déposer une proposition en ce sens à l’Assemblée nationale. "C’est nécessaire, l’année dernière on avait déjà fait cette demande qui avait été refusée, avant que l’affaire Benalla n’éclate quelques mois plus tard. Il y a eu cette année encore des faits anormaux, et une gestion du maintien de l’ordre totalement anarchique", dénonce-t-il. Selon l’élu, la tentative des manifestants pour entrer au sein de la Pitié-Salpêtrière découle de cette gestion du maintien de l’ordre par le gouvernement : "Si les gens s’y sont réfugiés, c’est parce qu’il y a eu des charges policières", souligne Eric Coquerel.
Le groupe @FranceInsoumise va faire la proposition d’une commission d’enquête de l’assemblée nationale sur la gestion du maintien de l’ordre lors de la manifestation parisienne du 1er mai incluant la communication du gouvernement

Au Sénat, la création d’une commission d’enquête proposée par l'élue communiste Elianne Assassi serait plus contraignante pour le ministre qu’une simple "audition" devant les parlementaires. "A l’évidence, plusieurs éléments montrent que la réalité n’est pas celle décrite dans un premier temps par Christophe Castaner. On a besoin d’explications parce que c’est aussi la question de la doctrine du maintien de l’ordre qui est posée", fait-elle valoir.

Consigne d'un soutien aveugle à l’exécutif

Au sein de la majorité, le député LREM et membre de la commission des Lois, Raphaël Gauvin, reconnaît pudiquement que le ministre a peut-être "réagi trop tôt", pour ne pas dire trop prématurément. En même temps, il fustige en revanche sur ordre les demandes formulées par ses collègues de l’opposition. "Il ne faut pas trop abuser des commissions d’enquête. Les faits qui se sont déroulés à la Salpêtrière relèvent de l’autorité judiciaire. Il ne faudrait pas que le parlement se substitue à la justice", argue-t-il, ressortant ainsi les critiques déjà formulées par les élus de la majorité lors de la création de la commission d’enquête sur l’affaire Benalla. 
Edouard Philippe avait alors cru pouvoir se réfugier derrière le respect par la commission d’enquête du Sénat de la "séparation des pouvoirs" législatif et exécutif. Il avait estimé, en vain, qu'il n’appartient ni à l’Assemblée nationale, ni au Sénat de se prononcer sur l’organisation interne de la présidence de la République." 
Marie-Laure Basilien-Gainche, professeur de droit public à l’université Jean Moulin à Lyon lui avait donné tort, jugeant que le Sénat est pleinement dans son rôle en menant cette commission d’enquête et en présentant son rapport d’information.
Mais, dans l'impasse où s'est à nouveau fourré Castaner, le contrôle du gouvernement est sans conteste possible une prérogative constitutionnelle du parlement.

Si le député Gauvin, dont la mère se remaria à l'ancien ministre de la Justice, Dominique Perben (ancien Garde des Sceaux de Chirac), estime "normal" que le ministre de l’Intérieur soit "au centre des débats politiques", l’élu réfute toute "pression" à l’égard de Christophe Castaner. Ce député LREM de Saône-et-Loire n'en subit pas davantage, mais il faut pourtant savoir qu'il est en charge d’une mission sur les mesures de protection des entreprises françaises confrontées à des procédures donnant effet à des législations de portée extraterritoriale, et placé, pour ce faire, auprès de la ministre de la Justice Nicole Belloubet, du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et du ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire. Croyez-vous que sa parole soit libre ?

Face à la polémique, le ministre de l'Intérieur est exprimé des regrets pour ses propos ce vendredi 3 mai. "Je n’aurais pas dû employer le terme "attaque" après l’irruption de dizaines de manifestants le 1er mai dans l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière", a concédé le ministre (bachelier au rattrapage), évoquant une approximation sémantique malheureuse lors d’un déplacement dans le Var. Interrogé quelques heures plus tard à Marseille sur une éventuelle audition du ministre par les parlementaires, l’entourage du ministre s’est contenté de préciser, en langue de bois- que "ce n’est pas à l’ordre du jour".

Des demandes de démission formulées par les opposition. 
Edouard Philippe y a répondu fermement ce vendredi soir : "S’agissant des polémiques qui ont agité le monde médiatico-politique pendant les 24 dernières heures, je crois savoir que le ministre de l’Intérieur a corrigé son propos. Il a sans doute eu raison de le faire en choisissant le terme qu’il a utilisé. Et je n’ai pas d’autres commentaires à faire sinon qu’il a évidemment, et comme depuis le début, toute ma confiance".

Castaner s'est pareillement déclaré "fier de nos policiers":


vendredi 28 décembre 2018

Affaire Benalla, saison 2 : des passeports diplomatiques pour ses voyages d'affaires

Benalla a continué d'utiliser à ses affaires en Afrique plusieurs passeports diplomatiques confisqués 

A-t-il profité du déplacement de Macron au Tchad avant Noël pour faire des affaires ?  
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Alexandre Benalla continue comme avant à utiliser des passeports diplomatiques pour ses affaires en Afrique, révèlent en semble le journal Le Monde et le site Mediapart, relançant ainsi de nombreuses questions négligées sur le dossier politique de l'année 2018.

Alors que l’Elysée a assuré ces derniers jours qu’Alexandre Benalla, reconverti dans la diplomatie privée en Afrique, n’est pas "un émissaire officiel ou officieux", Alexandre Benalla voyage néanmoins avec un passeport diplomatique de la République bananière française, depuis plusieurs mois, malgré son limogeage en juillet de l'Elysée, selon Mediapart, ce jeudi 27 décembre. Le précieux document, utilisé ces dernières semaines pour entrer dans différents pays africains, ainsi qu’en Israël, et qui porte la référence 17CD09254, a été délivré le 24 mai 2018.
Ce document à diffusion limitée avait servi à ses voyages d’affaires et les acteurs politiques respectueux de la République réclament maintenant des explications sur ces faits nouveaux au dossier complémentairement étudié par les deux chambres parlementaires.

Des négligences ou des complicités ? 

"Qu'il ait un passeport diplomatique encore aujourd'hui dépasse l'entendement", s’étrangle doucement sur Franceinfo le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde. Le député-maire de Seine-Saint-Denis “espère” que la commission d’enquête sénatoriale toujours chargée de faire la lumière sur l’affaire Benalla procèdera à de nouvelles auditions sur cette affaire dans l'affaire

Une demande à laquelle la sénatrice écologiste Esther Benbassa, membre de la commission sénatoriale sur l'affaire Benalla, explique ce vendredi dans L’Obs vouloir accéder : “Il est clair que ce nouvel épisode de l’affaire Benalla, 'l’Acte 2', si on peut dire, doit logiquement amener la commission d’enquête sénatoriale à entendre à nouveau Alexandre Benalla”.

Sur RTL,
le porte-parole du parti Les Républicains (LR), ne se contente pas de demi-mesures. Celui qui, avec 52,39% des voix a déboulonné Christophe Sirugue (PS, 32,58%) de la mairie de Chalon-sur-Saône, le journaliste Gilles Platret, estime quant à lui que "la justice doit se saisir" du dossier. "Il nous semble nécessaire qu'elle étende ses investigations pour savoir pourquoi et comment il est détenteur d'un passeport diplomatique 15 jours après sa suspension et comment alors qu'il n'est plus à l'Elysée, il continue de s'en servir pour des actions dont on a besoin de savoir ce qu'elles sont en réalité”, développe le maire et journaliste.

Le Rassemblement national (RN) se pose les questions de fond que négligent les Insoumis.
“Il avait le bras long, le chômeur Benalla, pour faire ses affaires !”, une fois que ses fonctions officielles eurent pris fin, tempête sur Twitter son porte-parole Sébastien Chenu, qui parle lui aussi d’un 'acte 2' de l’affaire. "Pourquoi Benalla jouit-il de cette étrange protection de l'Elysée ? Quel lien l'enchaîne à Emmanuel Macron au point de risquer d'entraîner le président avec lui ? 

Quel intérêt a Macron à couvrir ce barbouze de série z ?”, s'interroge le maire de Béziers, Robert Ménard, alors que tardent les questions de Mélenchon (LFI).

Mis en examen notamment pour "violence volontaire", Benalla était censé avoir restitué le ou les passeports diplomatiques en sa possession.

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Sur Europe 1, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, résume en quoi ce nouvel épisode pourrait jeter l’exécutif dans une nouvelle tempête : "Voilà quelqu'un qui est censé être sanctionné après ses exactions du mois de mai et qui, au lendemain de ces exactions, obtient deux passeports diplomatiques - en date du 24 mai 2018, selon Mediapart, alors qu’Alexandre Benalla était déjà censé être mis à pied par l’Elysée [après avoir été accusé d'avoir violenté un manifestant le 1er mai à Paris]. Il est de notoriété publique qu'il continue de se balader dans l'Afrique entière et malgré cela, l'Elysée ne vérifie pas qu'il a bien rendu ses passeports diplomatiques qui lui donnent une sorte de sésame. C'est profondément inquiétant, soit sur l'amateurisme de cette présidence, soit sur le double langage qu'elle continue d'avoir".

Alors que la présidence de la République jurait mardi soir que le nouvel amoureux de l'Afrique n'était “pas un émissaire officiel ou officieux” d'Emmanuel Macron, la détention d’un passeport officiel par l’ancien conseiller du chef de l'Etat constitue effectivement scandale sur l'incompétence, si ce n'est la complicité, de l'entourage présidentiel. 
Car ce document permet à Alexandre Benalla de voyager sans visa dans presque tous les pays du monde, la plupart du temps,  en bénéficiant de l’immunité diplomatique. Un laissez-passer qui comprend notamment cette mention : "Nous, ministre des Affaires étrangères [Jean-Yves Le Drian], requérons les autorités civiles et militaires de la République française et prions les autorités des pays amis et alliés de laisser passer librement le titulaire du présent passeport et de lui donner aide et protection".
Benalla s'était engagé sur l'honneur à restituer ses passeports diplomatiques

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Indigne d'en être détenteur, Alexandre Benalla s’est notamment rendu au Congo-Brazzaville, au Cameroun et au Tchad, ces derniers mois, selon Le Monde.
Il pourrait par ailleurs devoir répondre de l'accusation de mensonge et de parjure à la commission sénatoriale qui l’avait interrogé le 19 septembre dernier. Il avait en effet affirmé avoir laissé ses passeports diplomatiques "au bureau [qu’il occupait] à l'Elysée". 
"Si Benalla a effectivement utilisé ce passeport après son départ de l’Elysée, il y a parjure, puisqu’il nous a menti en prétendant qu’il l’avait laissé dans son bureau de l’Elysée. Nous sommes donc entrés dans une phase qui sera immanquablement judiciaire",estime la sénatrice Esther Benbassa, qui rappelle la peine encourue le cas échéant : 5 ans de prison et 75.000 euros d’amende. 
Le Tchad paiera-t-il ? Benalla se trouvait-il à N'Djamena quand Macron est allé passé le weekend avant Noël entre hommes avec les militaires de l'opération Barkhane ?

Alexandre Benalla s'était engagé auprès du quai d’Orsay

Jean-Yves Le Drian a-t-il laissé courir?
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Dès le 23 mai dernier, dans un document signé de sa main révélé par BFMTV, l'ancien conseiller de l'Elysée préposé à l'escorte du corps sacré de Jupiter s'était engagé à restituer ses passeports. 

Jeudi, Le Drian, ministère des Affaires étrangères, a fait savoir qu’il examine "toutes les suites possibles, y compris judiciaires, sur la non-restitution des passeports d'Alexandre Benalla".

"La question d'une usurpation de fonction se pose", estiment même les autorités. Celle d'une légèreté dans leur traitement du dossier Benalla, aussi.

vendredi 20 juillet 2018

Les dernières révélations sur l’affaire Benalla, après quarante-huit heures et deux mois d'occultation

La presse parle après s'être "auto-censurée" sur l’affaire Benalla

La presse institutionnelle a été témoin des méthodes de Benalla, sans les dénoncer

Flagrant délit de violences physiques à risques sur manifestant,
par des cow-boys armés de l'Elysée
Des activistes  Insoumis (LFI) font filtrer le scandale que la presse "indépendante" s'appliquait à dissimuler. Les gardes du corps du président qui appartiennent à la gendarmerie apparaissaient régulièrement sur les photos de presse, à la différence des barbouzes de l'Elysée qui se permettaient de donner des ordres aux gendarmes. 
Onze semaines après les faits de brutalités commises par Alexandre Benalla, un intime du président Macron planqué auprès de son chef de Cabinet, et quarante-huit heures après les premières révélations, cette presse-là renonce à ses dissimulations coupables. 

Le Monde tente de faire croire à la réactivité, à la fermeté et à la moralité de Macron. Le quotidien écrit en ouverture d'article : "Visé par une procédure de licenciement lancée par l’Elysée, Alexandre Benalla a été placé en garde à vue vendredi. Le directeur de Cabinet de l’Elysée a été entendu comme témoin." En attendant, Macron reste muré dans l'Elysée et refuse de prendre la parole...

La diffusion de vidéos place l'Elysée dans l'obligation de prendre des mesures. Les documents rendus publics par les réseaux sociaux montrent ce chargé de mission auprès du chef de Cabinet de la présidence de la République et chargé de la sécurité, et en tant que tel "épaule" de Macron, finalement identifié par Le Monde - qui le connaît de longue date sans en avoir révélé l'existence nuisible -en train de frapper plusieurs activistes successivement en marge des manifestations du 1er mai, mettant au jour un scandale d'Etat qui suscite des critiques d'une extrême gravité et de questions, alors que Macron se tient silencieux et que les lampistes ont déjà trinqué, en attendant que  saute son fusible, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb. 
Découvert, grâce aux réseaux sociaux sans qui l'information restait confisquée, 
L’Elysée a finalement lâché Alexandre Benalla

Les images diffusées par les réseaux sociaux ont joué le rôle que la presse institutionnelle a refusé d'endosser : l'entrée en scène du Monde ou de BFMTV et les autres intervient après la révélation par des militants de LFI de l'existence d'une police parallèle. 
Les sanctions prises jusqu’à présent, une mise à pied de deux semaines avec suspension de salaire et un changement d’affectation, étaient un "dernier avertissement avant licenciement", avait déclaré jeudi le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit, une fois de plus théâtrale et ridicule : il avait affirmé que l'incident était clos !



Pour la première fois depuis les années 60, un porte-parole de l'Elysée s'exprimait seul face à la caméra, hors la présence de tout journaliste accrédité...
Arguant de "faits nouveaux constitutifs d’une faute commise" et faisant "l’objet d’une procédure judiciaire" ouverte par le Parquet - prêt à déclarer "circulez, y a rien à voir" - , l’Elysée a annoncé vendredi avoir "pris la décision d’engager la procédure de licenciement d’Alexandre Benalla", onze semaines après la constitution des faits tenus secrets. Sans donner plus de détails, la présidence a justifié cette décision par le fait que celui-ci, "aux fins de prouver son innocence, […] aurait été destinataire d’un document de la préfecture de police qu’il n’était pas autorisé à détenir".

Tout porte à penser qu’il s’agit d’images de vidéosurveillance, en lien avec l’enquête préliminaire ouverte, qui ont été "indûment communiquées à un tiers dans la soirée du 18 juillet", comme l’a révélé la préfecture de police dans un communiqué de presse, vendredi. C’est pour avoir extrait ces images que trois cadres de la préfecture de police de Paris ont été suspendus, jeudi soir, à titre conservatoire. Des agissements condamnés "lourdement" par le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb.

Alexandre Benalla et Vincent Crase placés en garde à vue

Dans la matinée, A. Benalla a été placé en garde à vue à Paris, suite à l'ouverture la veille de l’enquête préliminaire. Il est visé pour des faits de "violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public", "usurpation de fonctions", "port illégal d’insignes réservés à l’autorité publique" et "complicité de détournement d’images issues d’un système de vidéo-protection".
L’enquête ouverte par le Parquet de Paris a été confiée à l’inspection générale de la Police nationale et à la brigade de répression de la délinquance contre la personne, l'ensemble soumis au gouvernement, les ministères de la Justice et de l'Intérieur...

Vincent Crase est porteur d'un holster d'arme de poing,
en toute illégalité : un réserviste n'y a pas  droit...
Le binôme de Benalla, Vincent Crase, un gendarme réserviste et agent d’accueil pour La République en marche (LREM, le parti du président), qui couvrait Alexandre Benalla, imposant leurs présences aux forces de l’ordre, lors des manifestations du 1er mai, a également été placé en garde à vue vendredi pour "violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public " et "usurpation de fonctions".

Le directeur de cabinet de l’Elysée entendu comme témoin
Supérieur hiérarchique de Benalla à l’Elysée, le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, a été entendu jeudi comme témoin dans l’enquête. C’est lui qui avait délivré une autorisation à Alexandre Benalla pour assister en tant qu’ "observateur" à la manifestation parisienne du 1er mai. 
Un observateur, fût-il "réserviste" de la gendarmerie, est par définition inactif et encadré par un tuteur.

Contacté par Le Monde avant la publication de l’article révélant les brutalités commises par Benalla, P. Strzoda avait affirmé avoir convoqué son collaborateur le 1er mai après avoir vu les vidéos des violences. Le directeur de cabinet assurait également avoir aussitôt prévenu le président de la République, alors en déplacement en Australie.

Alexandre Benalla disposait d’un certain nombre de privilèges à l’Elysée. 
L’ancien "M. Sécurité" du président de la République avait ainsi lui-même déclaré être domicilié, depuis le 9 juillet, dans une dépendance de l’Elyséedans le très chic 7e arrondissement de Paris, au 11, quai Branly, occupé dans le passé par la maîtresse de François Mitterrand et leur fille Mazarine.

Outre ce prestigieux logement de fonction, le cowboy dispose également d’une voiture avec chauffeur, un Renault Talisman suréquipée, notamment d'un gyrophare, et banalisée, sur le modèle de l'un des trois véhicules à disposition du président. 

Selon Le Parisien, son salaire avoisinait les 10.000 euros bruts. 

Commissions d’enquête et motion de censure

Pourquoi l’Elysée n’a-t-il pas pris de sanctions plus rapides et plus fortes ? Pourquoi n’a-t-il pas signalé les agissements de Benalla à la Justice, comme la loi lui enjoint de le faire ? 
Pourquoi ce cowboy a-t-il continué à travailler pour l’Elysée ?
De nombreuses questions restent sans réponse : 

La commission des lois de l’Assemblée nationale a annoncé s’être transformée en commission d’enquête pour une durée d’un mois, afin de faire la lumière sur "les événements survenus à l’occasion de la manifestation parisienne du 1er mai ". 
Mais, les débats parlementaires sont encore pourris par cette affaire d'Etat, ce vendredi, alors que la commission des lois du Sénat a quant à elle annoncé qu’elle auditionnera l'ex-sénateur Gérard Collomb en début de semaine prochaine et qu’elle demandera également, lundi, les prérogatives d’une commission d’enquête, pour une durée de six mois

De leur côté, les députés de La France insoumise ont proposé à tous les parlementaires de déposer ensemble une motion de censure du gouvernement.

Au cœur du scandale, Emmanuel Macron reste silencieux

Le président de la République a refusé à de multiples reprises de répondre aux questions des journalistes alors qu’il était en déplacement en Dordogne jeudi. 

Vendredi, contrairement aux usages en vigueur lors d’une visite de chef d’Etat, la conférence de presse commune des deux dirigeants a été annulée, à l'issue du déjeuner du président de l’Azerbaïdjan, Ilham Aliev, avec E. Macron.