POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est Crase V. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Crase V. Afficher tous les articles

jeudi 20 juin 2019

Une proche du couple Macron a hébergé Alexandre Benalla

"Mimi" Marchand a-t-elle entravé la bonne marche de la justice, de son propre chef ?

L’ancien collaborateur de Macron affirme avoir été aidé par la patronne d’agence photographique en 2018

Résultat de recherche d'images pour "mimi marchand Macron"

'Mimi' va-t-elle à son tour mettre en péril le couple Macron dans l’affaire Benalla? Selon une enquête du magazine "Envoyé spécial" de France 2, qui devait être diffusée jeudi 20 juin, Michèle Marchand, patronne de l’agence photographique 'Bestimage', a hébergé Alexandre Benalla en juillet 2018, au plus fort du scandale, dans un appartement de l’Ouest parisien. 

Anciennement mariée à un gangster surnommé Hafed et à un braqueur, Maurice Demagny, qu'elle a rencontré pendant sa détention dans la prison de Fleury-Mérogis, Mimi Marchand est désormais la redoutable gardienne de l’image du couple Macron depuis l’été 2017.

Résultat de recherche d'images pour "Macron Mimi Marchand"
Mimi a-t-elle élu domicile à l'Elysée
et, avec elle, Alexandre ?
Chokri Wakrim, un militaire impliqué dans le contrat négocié par Benalla avec un oligarque russe, a dénoncé cet hébergement aux journalistes d’"Envoyé spécial". Selon lui, M. Marchand aurait même mis à la disposition de l’ex-adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron un des "sous-marins" de Bestimage – une camionnette à vitres teintées permettant de "planquer" ou de se déplacer sans être repéré, dans le jargon de paparazzi comme de policier. "On utilisait une camionnette de la société Bestimage (…) qui sert d’habitude à spoter [photographier] les gens", explique cette balance à la presse dite d'investigation.
Résultat de recherche d'images pour "Benalla Mimi Marchand"
Après la démission de Marie-Elodie Poitout, la chef du Groupe de sécurité du Premier ministre (GSPM), son compagnon, militaire, Wakrim, a été suspendu, a-t-on appris en février dernier du ministère des Armées.
Le militaire Chokri Wakrim, impliqué selon la presse dans un "contrat russe" négocié par Alexandre Benalla, a été suspendu par le ministère des Armées "en attendant que la lumière soit faite sur ces allégations" parues dans Libération.
En décembre dernier, Mediapart a révélé qu'un contrat de sécurité avait été conclu entre l'homme d'affaires russe Iskander Makhmoudov et le groupe de Vincent Crase, Mars. A l'époque, V. Crase
- ci-dessus assis au côté de Mimi - était encore chargé de la sécurité du parti LREM et Alexandre Benalla faisait sa vie à l'Elysée. Le parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête pour "corruption" sur ce contrat de sécurité.
Interrogée à deux reprises par l’équipe de France 2, solidaire de ses confrères grévistes de Radio France, Michèle Marchand a seulement reconnu avoir "peut-être prêté [sa] voiture deux ou trois fois fin juillet", mais jamais accueilli Alexandre Benalla, "même pas pour prendre l’apéritif", nargue-t-elle...
 
Benalla vient pourtant de confirmer, le 15 juin, le témoignage de Chokri Wakrim: "Chez “Mimi”, je suis resté une semaine facile. Elle m’a aussi proposé de l’argent mais j’ai refusé." 

Et Benalla d’ajouter : "Franchement, je vois pas pourquoi elle assume pas. C’est elle qui m’a proposé de m’aider; moi je ne lui ai rien demandé !"

Jawad Bendaoud, qui avait logé deux terroristes des attaques du 13 novembre 2015, a été jugé en appel en mars 2019 et a finalement écopé de quatre ans de prison...

Et attention, les "pièces jaunes" sont-elles passées dans de bonnes mains ?

jeudi 21 mars 2019

Affaires Benalla: le Sénat saisit aussi la justice des cas de proches de Macron

Les affaires Benalla ne s'essoufflent pas...

Nouveau coup de tonnerre sur Benalla et ses protecteurs

Résultat de recherche d'images pour "Sénat"
Hémicycle de la Chambre haute
Le Sénat s'est résolu jeudi à saisir la justice de trois hauts responsables de la présidence, outre le cas de l'ancien collaborateur de l'Elysée, mis en cause dans le rapport accablant de sa commission d'enquête.

Les cas Benalla, Vincent Crase et Patrick Strzoda, directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, sont transmis pour suspicion de faux témoignage devant la Commission d'enquête sénatoriale, un délit passible de cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende, ont précisé des membres du bureau.

La Chambre haute a également décidé de transmettre au Parquet les déclarations d'autres collaborateurs d'Emmanuel Macron, dont son bras droit Alexis Kohler et le général Lionel Lavergne, chef du groupe de sécurité de la présidence, selon ces sources. A partir des "incohérences" et "contradictions" relevées par la commission d'enquête, qui a rendu le 20 février un rapport d'enquête accablant, il reviendra au Parquet de voir quelles suites donner.

L'Elysée dans un profond embarras
Le Palais présidentiel n'a pas de commentaire à faire à chaud. "Dès lors que nous souhaiterons faire une réaction, nous vous la communiquerons", a esquivé la présidence, condescendante.

Si le signalement de ces cas à la justice ne vaut pas condamnation, le Sénat émet néanmoins des convictions fortes, que la majorité présidentielle et ses affidés soupçonnent de complot, inspiré du contexte de défiance de l'opinion publique vis-à-vis des politiques et d'un rapport de force provoqué par l'Elysée du fait de sa volonté de réforme institutionnelle visant, plutôt que le très contesté CESE, jugé coûteux bien qu'inutile, la chambre haute présidée par Gérard Larcher (Les Républicains) que Macron menace d'amputation au LBD 40  du nombre de ses membres. 

Engagement rempli de Larcher : "On ne dira que le droit, rien que le droit, tout le droit" 

"L'institution a tenu son rang et son rôle", s'est félicité de son côté le sénateur PS Victorin Lurel, tandis que la sénatrice EELV Esther Benbassa s'enthousiasmait sur Twitter "Vive un Parlement libre et indépendant! " 

Avant cette réunion du Bureau, les sorts de MM. Benalla et Crase semblaient déjà scellés: le président de la commission d'enquête Philippe Bas (LR) et les co-rapporteurs Muriel Jourda (LR) et Jean-Pierre Sueur (PS) lui avaient demandé "de saisir le ministère public" de leurs déclarations sous serment, "susceptibles de donner lieu à des poursuites pour faux témoignage".

Quant aux autres proches de l'Elysée auditionnés, le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler, le directeur de cabinet Patrick Strzoda, et le chef du groupe de sécurité de la présidence, le général Lionel Lavergneils étaient également nommément mis en cause. Loin de les exonérer de leur devoir de respect des institutions et des élus, leur proximité avec Emmanuel Macron , confère à ces personnalités politiques des obligations particulières qui ne laissent aucune place au parjure.

Le Bureau du Sénat compte 26 membres qui se prononcent à main levée, dont Gérard Larcher: 10 LR, 6 PS, 5 centristes, 2 RDSE (à majorité radicale), 1 LREM, 1 CRCE (à majorité communiste) et 1 Indépendant. 

Les sénateurs ont joué pleinement leur rôle de contrôle, sous le regard des Français.
Les chefs de file des Républicains, Bruno Retailleau, et des socialistes, Patrick Kanner, ancien ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports dans le deuxième gouvernement de Hollande, étaient favorables à ce que le Bureau transmette à la justice, y compris les cas des collaborateurs de l'Elysée.

Les centristes étaient évident foireux.  Vincent Capo-Canellas, membre FED du Bureau et proche de Jean-Christophe Lagarde, invitait à "ne pas instrumentaliser le Sénat pour régler des comptes avec Emmanuel Macron", s'interrogeant : "il peut y avoir des omissions, des inexactitudes, mais est-ce qu'il y a faux-témoignage au sens pénal ?", avait plaidé ce politicien qui ne connaît rien d'autre que le monde politique.

Eric Bocquet, seul représentant du CRCE au Bureau, avait estimé que s'il refusait de transmettre ces dossiers à la justice, "le Sénat se ferait hara-kiri". "Ça voudrait dire derrière conciliabules, copinages".

Le seul précédent de saisine du Parquet pour faux témoignage devant une commission d'enquête parlementaire est récent: en 2016, le pneumologue Michel Aubier - qui avait dirigé l'unité Inserm U700 (1997-2006), comme Yves Lévy, le second mari de la ministre de la Santé de Macron, Agnès Buzyn, qui prétendait se faire reconduire à la tête de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale - avait été condamné pour n'avoir pas déclaré, en 2015, à la Haute Autorité de Santé qu'il était également médecin conseil de l'entreprise Total ainsi qu'avoir témoigné sous serment à la Commission d'enquête sénatoriale sur les impacts financiers et pneumologiques de la pollution de l'air qu'il n'avait aucun lien avec les acteurs économiques du secteur..

Quand "il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark", dans celui de Macron, il y a télescopage de l'actualité.
Mercredi soir, Alexandre Benalla a eu droit à de nouvelles mises en examen concernant d'autres faits de violences en marge de la manifestation parisienne du 1er-Mai et aussi pour l'épisode du selfie le montrant avec une arme. 
Imaginez que l'Elysée lui ait remis une autorisation de port d'un LBD 40... 
LBD à eau, bien sûr !  


mercredi 20 février 2019

Des poursuites judiciaires contre Benalla et Crase pour "faux témoignage", demandés par la Commission d'enquête sénatoriale

La commission d'enquête du Sénat révèle des "faux témoignages" (et parjures) des deux comparses, parrainnés par Sébastien Lecornu

Mise en cause de l'entourage direct du chef de l'Etat

Résultat de recherche d'images pour "serment Benalla"
Parjure ?
"Il n'y aurait pas eu d'affaire Benalla si une sanction appropriée avait été prise le 2 mai par le licenciement de l'intéressé et l'information du procureur au titre de l'article 40 du code de procédure pénal," souligne Philippe Le Bas, le président de la commission d'enquête du Sénat sur l'affaire Benalla, lors la conférence de presse, réunie depuis 8 heures à huis clos, ce mercredi matin. La commission demande des poursuites contre Benalla et Crase pour "faux témoignage".

La commission sénatoriale pointe, par ailleurs, la cause : une série de "dysfonctionnements majeurs au sein des services de l'Etat". qui ont pu "affecter" la sécurité du président et "les intérêts" du pays. 
Les caïds de l'Elysée, Crase et Benalla
La commission évoque notamment "des pouvoirs excessifs laissés à un collaborateur inexpérimenté" dans le domaine de la sécurité du président, et "un sérieux manque de précaution dans la prévention des conflits d'intérêts de certains collaborateurs", en référence au contrat négocié avec un oligarque russe par Alexandre Benalla et Vincent Crase.

La protection du chef de l’Etat et de son entourage familial coûte près de 8 millions d’euros par an. Il convient d'ajouter à ce montant, les coûts supplémentaires pour l’utilisation des véhicules de la présidence par le GSPR (dirigé par le colonel Lionel Lavergne), ainsi que, les déplacements des policiers avant un voyage présidentiel en France ou à l’étranger pour effectuer un repérage et préparer son arrivée.
Le GSPR est composé d’une soixantaine d’agents, des femmes et des hommes très expérimentés. Ces agents sont recrutés au sein du Service de la Protection (SDLP) qui est une unité de la Police nationale et de la Force Sécurité Protection (FSP), elle-même composante du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN).

La commission formule 13 préconisations

Résultat de recherche d'images pour "Crase Benalla"
Equipé d’un casque à visière des forces de l’ordre, Alexandre Benalla, 
chargé de la sécurité du chef de l’Etat, s’en est pris à un homme à terre, 
place de la Contrescarpe, le 1er mai 2018,
sous la responsabilité de Philippe Mizerski, au centre,
officier de la Direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC)
 à la Préfecture de police de Paris (PP) dirigée par G. Collomb
Parmi elles, celle de "mettre fin à l'expérience des collaborateurs officieux du président de la République", dans son rapport rendu public mercredi. 

Résultat de recherche d'images pour "François-Xavier Lauch"
La commission présidée par Philippe Bas (LR) suggère aussi de "conditionner le recrutement des collaborateurs" du président à "une enquête administrative préalable" (ci-contre François-Xavier Lauch, son ex-chef de cabinet, depuis élevé, à 37 ans, au rang de "préfet chargé d’une mission de service public relevant du gouvernement") pour "s'assurer de la compatibilité de leur comportement" avec leurs missions futures. 

Outre ce renforcement de la "transparence", la commission veut améliorer les garanties pour "un haut niveau de sécurité" du président et "renforcer les pouvoirs de contrôle du Parlement".

jeudi 7 février 2019

Affaire Benalla: démission forcée de la cheffe du groupe de sécurité du premier ministre (GSPM)

Marie-Elodie Poitout souhaite "écarter toute polémique" et ne pas "exposer" Edouard Philippe

La cheffe du groupe de sécurité du premier ministre (GSPM), assez impliquée pour donner sa démission, jeudi

Résultat de recherche d'images pour "Marie-Elodie Poitout police Matignon"Elle nie toutefois être liée à une conversation controversée entre Alexandre Benalla et Vincent Crase et à un enregistrement révélé par Mediapart, ont annoncé Matignon et la policière.

"Mon rôle a toujours été de protéger le premier ministre, et sûrement pas de l'exposer. C'est pourquoi j'ai demandé au premier ministre de quitter mes fonctions de cheffe du GSPM", a affirmé la commissaire divisionnaire, Marie-Elodie Poitout, photo ci-dessus, dans une brève déclaration écrite.

"Je maintiens ne jamais avoir vu MM. Benalla et Crase ensemble ni à mon domicile, ni ailleurs et confirme n'avoir aucun lien avec les enregistrements dont parle la presse. Je n'ai jamais rencontré M. Crase", a-t-elle réaffirmé.

Mediapart a publié  des extraits sonores d'une conversation entre Alexandre Benalla et Vincent Crase en date du 26 juillet

Cette publication intervient quatre jours après leur mise en examen dans l'affaire des violences du 1er-Mai et en violation de leur contrôle judiciaire.

Après la publication de l'article de Mediapart, le 31 janvier, des journalistes ont tenté de vérifier auprès de Matignon des rumeurs selon lesquelles cette conversation avait été enregistrée au domicile de Mme Poitout.

Questionnée par Matignon, la cheffe du GSPM avait alors admis avoir rencontré M. Benalla fin juillet, avec son compagnon Chokri Wakrim, à leur domicile, selon une lettre datée du 1er février du directeur de cabinet de Matignon, Benoît Ribadeau-Dumas, au procureur de la République de Paris.

Patronne du groupe chargé de la sécurité rapprochée du premier ministre, Edouard Philippe, la policière n'avait pas informé le cabinet de cette rencontre avec M. Benalla jusqu'à ce moment, s'accordent à dire diverses sources.

Suite à des informations de presse la concernant, la policière a été reçue jeudi par le premier ministre et "a maintenu l'intégralité des propos qu'elle a tenus depuis la semaine dernière en réponse aux questions de la presse, démentant notamment être d'une quelconque façon liée à une rencontre entre MM. Benalla et Crase fin juillet", selon le compte-rendu de Matignon.

"Toutefois, consciente de la sensibilité de sa fonction et soucieuse d'écarter toute polémique, la cheffe du GSPM a demandé au premier ministre d'être affectée sur une autre mission au sein du ministère de l'Intérieur", ce qu'a accepté l'Edouard, selon la même source, qui n'indique pas si c'est une promotion...
Edouard Philippe a salué "le très grand professionnalisme dont la cheffe du GSPM a fait preuve depuis le premier jour de sa mission à ses côtes jusqu'à la décision de ce jour". Et jusqu'à la preuve du contraire...

C'est sur la base de la lettre de B. Ribadeau-Dumas que le Parquet a ouvert ce week-end une enquête pour "détention illicite d'appareils ou de dispositifs techniques de nature à permettre la réalisation d'interception de télécommunications ou de conversations", ainsi que pour "atteinte à l'intimité de la vie privée".

Suite logique à cette ouverture d'enquête, deux magistrats du Parquet et trois policiers ont tenté lundi de perquisitionner les locaux de Mediapart, pour se faire remettre les enregistrements, une initiative vivement dénoncée par le site d'information révolutionnaire trotskiste, plusieurs media et l'opposition comme une atteinte au secret des sources des journalistes.
Ainsi, Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières, a évoqué une "pression inacceptable sur le journalisme d'investigation" :


Et le Washington Post rappelle que le chef de l'Etat a accusé les media de ne pas chercher la vérité dans l'affaire Benalla et vient de signer "la loi anti-fake news" considérée par nombre de journalistes comme étant dangereuse pour la liberté d'expression.

"Le pouvoir prêté à M. Benalla a entraîné des dysfonctionnements en chaîne à tous les niveaux de l'Etat", a réagi le sénateur socialiste Jean-Pierre Sueur, co-rapporteur de la commission d'enquête du Sénat sur l'affaire Benalla. "Jusqu'à maintenant Matignon était épargné, il ne l'est plus", a-t-il souligné.

mardi 5 février 2019

Mediapart révèle avoir fait obstacle à la justice

Le site d'information trotskiste a refusé une perquisition de ses locaux par le Parquet

Mediapart s'insurge et dénonce l'action de la justice. 

Ce lundi 4 février, "deux procureurs, accompagnés de trois policiers, ont voulu perquisitionner  les locaux" du journal à 11h4, "dans le cadre d'une enquête ouverte par le parquet pour (notamment) atteinte à la vie privée de M. Benalla, suite à nos révélations de la semaine dernière", peut-on lire sur le compte Twitter du media révolutionnaire trotskiste.

"Cette enquête, qui vise les enregistrements révélés par Mediapart, est susceptible d'atteindre le secret des sources de notre journal, commente le site d'extrême gauche
Le site d'Edwy Plenel  ajoute : "C'est pourquoi nous avons refusé cette perquisition, un acte inédit - et particulièrement grave - dans l'histoire de Mediapart".

Perquisitions à Mediapart: "Le pouvoir utilise les services de l'Etat à des fins politiques"

"Sous le zèle du parquet, la panique du politique", titre Mediapart, le 5 février (article gratuit...) Voici l'article: 
"Lors de son audition du 16 janvier 2019 par la commission des Lois (le compte-rendu est ici), le directeur de cabinet du président de la République, Patrick Strzoda, a livré à ses auditeurs une information qui dévoile les apories [difficultés de mise en oeuvre] de la séparation des pouvoirs à la française : évoquant la plainte déposée le 29 décembre 2018 par le ministère des Affaires étrangères pour l’utilisation par Alexandre Benalla de ses deux passeports diplomatiques, il a fait savoir que ce dernier était sur le point d'être entendu par les magistrats du parquet de Paris (« J'ai également appris au cours de ces auditions avec les enquêteurs que M. Benalla serait convoqué dans les tous prochains jours par le procureur de la République »).

Cette information relève normalement du secret de l’instruction. Sauf que, d’une part, la Garde des Sceaux a à de multiples reprises affirmé son autorité sur les magistrats du Parquet, en contradiction manifeste avec les articles 20 et 64 de la Constitution qui mettent l’administration et la force armée, et non pas des magistrats indépendants, sous le contrôle de l’exécutif. Sauf que, d’autre part, un ancien subordonné de la Garde des Sceaux, M. Rémy Heitz, alors directeur des affaires criminelles et des grâces au ministère de la Justice, a été nommé procureur de la République de Paris, par décret du président de la République pris sur proposition ministérielle et après avis favorable du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), le 8 novembre 2018. En clair, un administrateur a changé d’affectation ; il est passé de la place Vendôme au Palais de Justice de Paris. Son lien fonctionnel avec l'Elysée n'a pas été rompu par ces nouvelles fonctions, de sorte qu'il est « normal » que le directeur de cabinet du président de la République soit informé de l'avancée de la procédure pénale relative à son ancien collaborateur. 

Indépendamment des compétences de M. Rémy Heitz, il devrait être évident dans tout régime de séparation étanche des pouvoirs qu’un agent du ministère de la Justice ne peut en aucun cas du jour au lendemain, sans période de « sas » de plusieurs années, être nommé à la tête du plus important parquet de Paris, de même que, pour des raisons déontologiques, il est interdit à un fonctionnaire de pantoufler dans une entreprise avec laquelle il a pu avoir des liens d’intérêts. Mais en France, les magistrats du parquet sont à la frontière du politique et du judiciaire, de sorte que le passage d'une administration d'Etat à la direction d'un parquet n'est que la continuation d'une même mission par d'autres moyens...

Ce statut particulier est un handicap dans les affaires pénales impliquant de près ou de loin les autorités publiques nationales.

cc2

A cet égard, l'on est enclin à considérer que lorsque, le 4 février 2019 au matin, deux procureurs de la République travaillant sous les ordres de M. le procureur de la République Heitz, lui-même travaillant sous les ordres de Mme la ministre Belloubet, elle-même travaillant sous les ordres de M. le Premier ministre Philippe, lui-même travaillant sous les ordres de M. le président Macron, accompagnés de trois policiers travaillant sous les ordres du préfet de police, lui-même travaillant sous les ordres de M. le ministre Castaner, lui-même travaillant sous les ordres du Premier ministre et du président de la République, se sont présentés pour effectuer des perquisitions au journal Mediapart, ce ne sont pas deux magistrats et trois policiers qui ont toqué à la porte : ce sont cinq hologrammes du président de la République (v. le dessin de Christian Creseveur).

Ils l’ont fait sous les plus dérisoires des prétextes – l’atteinte à la vie privée de MM. Benalla et Crase (article 226-1 du Code pénal), la détention illicite d’appareils visant à intercepter des télécommunications (article 226-3 du Code pénal). L’un de ces délits n’est puni « que » de un an d’emprisonnement, de sorte que le refus d’autoriser la perquisition en enquête préliminaire ne peut pas être outrepassé, tandis que l’autre est puni de cinq ans d’emprisonnement, ce qui permet le cas échéant à un juge des libertés et de la détention d’ordonner une perquisition refusée par la personne chez qui la perquisition doit avoir lieu (article 76 du Code de procédure pénale).

En écoutant MM. Benalla et Crase via les extraits diffusés par Mediapart le 31 janvier 2019 (v. Fabrice Arfi, Antton Rouget et Marine Turchi, « Affaire Macron-Benalla : les enregistrements qui changent tout », Mediapart, 31 janvier 2019), on n’apprend strictement rien de leur vie privée : les propos diffusés sont expurgés de tout ce qui ressort de l’intimité de leur vie privée, et leur diffusion, d’intérêt public, ne tombe en application d’une jurisprudence constante pas sous le coup de l’infraction de l’article 226-1, quand bien même ils ont été diffusés sans le consentement de leurs auteurs (v. en ce sens : cass. crim 14 février 2006, n° 05-84384 : « pour renvoyer le prévenu des fins de la poursuite, l'arrêt énonce que les conversations, bien qu'enregistrées par Mikaël Z... à l'insu de ses interlocuteurs, ont porté exclusivement sur les conditions de rédaction des attestations produites par la société Socaelec lors de l'instance prud'homale et qu'aucune information ne touchait à la vie privée des intéressés ; en l'état de ces énonciations, d'où il résulte que ces propos entraient dans le cadre de la seule activité professionnelle des intéressés et n'étaient pas de nature à porter atteinte à l'intimité de leur vie privée, les juges ont justifié leur décision » ; Cour d’appel de Bordeaux 21 septembre 2017, Fabrice Arfi e. a., dite « affaire Bettencourt », n° 16/00204, spéc. p. 30, qui rappelle que le droit au respect de la vie privée doit être mis en balance avec la liberté d’information).

Quant au délit de détention illicite d'appareils d'interception de communication, personne ne peut imaginer que ce sont les journalistes de Mediapart qui ont intercepté via des IMSI-catcher leur appartenant les échanges du 26 juillet 2018 – le secret des sources [sorte de cagoule sous laquelle se dissimule la presse] interdit de s’interroger sur l’origine de l’information qui leur a été transmise.

Lorsque ceux que la Cour européenne des droits de l’homme appelle les « chiens de garde de la démocratie » – les médias d’investigation – sont menacés par les chiens de garde de l’exécutif, il y a de quoi être inquiet pour la bonne santé de notre démocratie.

On ne sait pas encore à cette heure si le parquet de Paris dénichera un juge des libertés et de la détention du TGI de Paris assez inconséquent pour donner l’autorisation requise pour qu’une perquisition se déroule au titre du seul article 226-3 du Code pénal.

Mais d’ores et déjà, la tentative du parquet de Paris de perquisitionner un média indépendant, qui la semaine précédente a fait des révélations gravissimes, documentées et d’intérêt public sur la violation potentielles par MM. Benalla et Crase tant des obligations résultant de leur contrôle judiciaire que de celles qui découlent – en tout cas pour M. Benalla – de son statut de contractuel de l’Elysée ayant au moins indirectement partie liée avec un oligarque russe, apparaît comme ce qu’elle : une violation disproportionnée par l’exécutif lui-même, chef du parquet et de la police, de la liberté de la presse et du secret des sources qu’elle implique.

Par les modalités de sa réalisation et ses conséquences démocratiques, cette violation n’est pas sans parenté avec celle, relative aux libertés d’opinion et d’exercice de leurs activités par les partis politiques, qui a frappé le 16 octobre 2018, la France insoumise et certains de ses dirigeants (v. Perquisitions France insoumise : la faute du parquet, 22 octobre 2018).

Il y a au surplus trois circonstances aggravantes dans la tentative de perquisition du 4 février : d’une part, il semble que puisque ni M. Benalla, ni M. Crase, n’ont porté plainte pour atteinte à l’intimité de leur vie privée, le parquet se soit en quelque sorte « autosaisi » pour effectuer des actes d’enquête alors même que l’article 226-6 du code pénal subordonne la mise en œuvre de l’action publique à « la plainte de la victime » (v. également en ce sens : CA Bordeaux, 21 septembre 2017, préc., spéc. p. 20) ; d’autre part, les chefs d’accusation auto-formés par le parquet de Paris contre Mediapart apparaissent comme de misérables prétextes – pour évaluer une atteinte à la vie privée, il suffit d’écouter les enregistrements diffusés au public, nul besoin d’entrer dans les locaux du journal et d’y fouiller les données informatiques, alors au surplus que Mediapart avait fait savoir aux autorités judiciaires, avant la tentative de perquisition, que l’intégralité des enregistrements lui serait remise ; enfin, chacun ne peut qu’être stupéfait des diligences du parquet en défense de MM. Benalla et Crase, là où les intéressés ont tardé à être inquiétés pour leurs comportements le 1er mai 2018 et d’autres faits qui se sont produits depuis susceptibles de relever de qualifications pénales.

Soyons clair : ni Mediapart, ni la France insoumise ne sont au-dessus des lois (d'ailleurs, la tentative de perquisition a eu lieu au moment même où des journalistes de Mediapart s'expliquaient à la barre à la suite d'une plainte de M. Denis Baupin) ; mais l’organisation du parquet à la française et la revendication frénétique par l’exécutif de sa mainmise sur les fonctionnaires magistrats qui le composent interdit, par principe et ne serait-ce que pour tenir compte des apparences, que le parquet de Paris perquisitionne les locaux de l’un ou de l’autre ; seuls des magistrats du siège, statutairement indépendants du pouvoir, doivent pouvoir enquêter et le cas échéant sanctionner partis et médias ayant enfreint la loi.

Certes, formellement, on ne trouvera pas d’ordre écrit venant « d’en haut » matérialisant la servilité du parquet, de sorte qu’il est possible de ne pas voir la main du gouvernement dans la tentative de perquisition du 4 février. Toutefois, un faisceau d’indices concordants – volonté de l’exécutif de contrôler le parquet, parcours professionnel du procureur de la République, déclarations du 31 janvier 2019 du président de la République sur le nécessaire contrôle des journalistes par l’Etat (v. Claude Askolovitch, « Emmanuel Macron, le journalisme de cour et le contrôle des médias », Slate.fr, 3 février 2019 ; Etienne Gernelle, « Macron ou la tentation de la Pravda », lepoint.fr, 4 février 2019 ; Laurent Mauduit, « Un président qui veut placer l’information sous contrôle », Mediapart, 4 février 2019) – crée un contexte où les magistrats du parquet savent ce qui est ou non permis et/ou attendu d’eux par leur hiérarchie. Ainsi que le rappelle la formule de prestation de serment diffusée le 1er février 2019 par le compte twitter de l’Ecole nationale de la magistrature, chaque magistrat du parquet est, fonctionnellement, « représentant du pouvoir exécutif pour la mise en œuvre de la politique pénale, ce qui explique le principe de la subordination hiérarchique ».

Après les gardes à vue préventives massivement mises en œuvre par le parquet dans le contexte des gilets jaunes, voilà que ces représentants du pouvoir exécutif inventent la perquisition judiciaire préventive.

Il ne faut pas s’y tromper : de même que les « perquisitions France insoumise » concernaient potentiellement, à travers ce parti, toute opposition politique actuelle ou à venir, la « perquisition Mediapart » affecte potentiellement tous les médias s’intéressant de près ou de loin aux affaires du pouvoir – Le Monde, Le Point, Marianne et 20 minutes par exemple ont eux aussi fait des révélations dans l’affaire Macron/Benalla (ainsi de la publication d’un SMS que le conseiller d’Etat Arno Klarsfeld a adressé à M. Benalla le 26 juillet 2018 : Vincent Vantighem, « La folle soirée d’Alexandre Benalla au Damas Café après les révélations du Monde », 20minutes.fr, 4 février 2019).

L’existence même de cette menace latente sur la presse d’investigation – et la pression mise sur leurs sources éventuelles – est d’autant plus inacceptable que l’on ne trouve, depuis le 14 mai 2017, aucune mesure législative ou réglementaire venant renforcer les libertés individuelles ou collectives. A l’inverse même, leur réduction est programmée avec le vote de la loi anti-manifestants en première lecture à l’Assemblée nationale ce 5 février, au lendemain des intimidations faites à l’encontre de Mediapart et de ses sources.

Ce que ces restrictions et rigueurs non nécessaires paraissent nous dire de leurs promoteurs est qu’ils ont peur : peur des citoyens, peur de l’information des citoyens."

Mediapart prononce un réquisitoire sectaire.
Pour mémoire, en février 2017, à la veille de la présidentielle, le Front national (actuel RN) a fait l'objet - avant les autres - d'une perquisition à son siège dans l'enquête sur l'affaire des assistants parlementaires. Mediapart n'en fait pas état... Le Front national dénonça quant à lui "une opération médiatique" destinée à "nuire à Marine Le Pen."

vendredi 1 février 2019

Benalla et l'"affaire du contrat russe"

Mediapart révèle un mensonge de l'ancien chargé de mission de l'Elysée à la Commission d'enquête parlementaire

Benalla est impliqué dans un contrat signé entre Vincent Crase et un homme d'affaires russe



L'implication de deux protégés de Sébastien Lecornu dans un contrat avec un homme d'affaires russe est révélé par le site trotskiste d'information Mediapart.

Devant la commission d'enquête du Sénat, en janvier, les deux hommes ont pourtant nié l'intervention de l'ancien chargé de mission de l'Elysée.
Un article publié jeudi 31 janvier révèle un contrat signé entre Vincent Crase et Iskander Makhmudov, un oligarque russe, et qu'Alexandre Benalla n'y est pas étranger. 
Il est "soupçonné par plusieurs magistrats européens d'accointances avec l'un des pires groupes criminels moscovites". Les enregistrements publiés par le site révolutionnaire trotskiste laissent d'ailleurs entendre que cette affaire "inquiète le tandem Benalla-Crase".
En 2017, Lecornu et Darmanin ont passé des vacances ensemble avec des amis, dans une villa corse, mais Mediapart leur a gâché la fête en révélant qu’elle avait été louée sans le savoir à un repris de justice.
Que sait-on de l'oligarque russe Iskander Makhmudov ?

Iskander Makhmudov, 55 ans, est un industriel russe proche de Vladimir Poutine. Le magazine Forbes estime sa fortune actuelle à 6,7 milliards de dollars (5,8 milliards). Ancien interprète, il parle l'ousbek, le russe, l'anglais et l'arabe. Iskander Makhmudov est un oligarque, qui s'est enrichi dans les années 1990, après l'éclatement du bloc soviétique, notamment en créant la société Ural Mining and Metallurgical Company (UMMC), un mastodonte de la métallurgie et l'un des principaux partenaires des sociétés françaises Alstom et Bouygues en Russie. Il est également actionnaire d'Aeroexpress (compagnie ferroviaire russe), Transmashholding (fabricant de trains et matériel ferroviaire), ou encore la société Kuzbassrazrezugol (charbon).
En Russie, Iskander Makhmudov est aussi présenté comme très investi dans des œuvres caritatives (programmes de logement, cliniques, orphelinats, aide aux vétérans…). Il a même offert la construction d'une patinoire à Sotchi pour les Jeux olympiques d'hiver de 2014.
En Europe, des juges soupçonnent Iskander Makhmudov d'être personnellement lié à Izmaïlovskaya, un important groupe mafieux moscovite, et Tambovskaya-Malychevskaya, une organisation criminelle de Saint-Pétersbourg. Il est notamment soupçonné de blanchiment de capitaux, via l'une de ses sociétés. Mais lorsque le dossier a été transmis à la justice russe, dans le dos du procureur anti-corruption, l'enquête a été enterrée, racontait déjà Mediapart, en 2016.
Le  Russo-Ouzbek (l'Ouzbékistan est une république majoritairement musulmane) Iskander Makhmudov détient d'ailleurs plusieurs propriétés en France, achetées, selon Mediapart, grâce à des "montages financiers pour plusieurs dizaines de millions d'euros", constitués d'"entrelacs de sociétés dissimulées dans plusieurs paradis fiscaux, 
Image illustrative de l’article Predator (yacht)comme Chypre, le Luxembourg et Monaco, où il a également de nombreux intérêts". 
Ces propriétés sont le château des Pins à Soings-en-Sologne (fin xve siècle, agrandi vers 1900, ci-dessus), ainsi que des terrains de chasse vers Blois et une villa à Ramatuelle, commune située sur la Côte d'Azur, à proximité du Golfe de Saint-Tropez.. Il est propriétaire du yacht Predator, ci-contre.

Comment l'oligarque est-il lié à Vincent Crase ?

En 2018, Vincent Crase, ancien gendarme réserviste et ex-responsable adjoint de la sécurité de La République en marche, est l'unique actionnaire d'une jeune société de conciergerie baptisée Mars. Le 28 juin 2018, cette société reçoit un versement de 294.000 euros depuis un compte bancaire appartenant à Iskander Makhmudov et domicilié à Monaco, indique Mediapart. Le virement "met en alerte Tracfin, le service anti-blanchiment de Bercy", précise Libération. Ce versement est lié à un "contrat, renouvelable à chaque trimestre", qui "prévoyait la protection des biens immobiliers en France de l'homme d'affaires, et de sa famille à Monaco".

Résultat de recherche d'images pour "Benalla et Hagenauer  babyfoot"A l'époque du versement, Vincent Crase (ci-contre à droite) est encore salarié de LREM, mais n'est plus en fonction à l'Elysée. "J'ai signé ce contrat le 6 juin 2018, alors que j'ai quitté le palais de l'Elysée le 4 mai", a-t-il déclaré devant la commission d'enquête sénatoriale, le 21 janvier 2019. Il assure d'ailleurs que les négociations pour ce contrat ont commencé "après" son départ de l'Élysée.

Sur les 294.000 euros, un peu plus de la moitié est versée à la société de sécurité Velours. Il s'agit d'un sous-traitant de Mars, chargé d'exécuter le contrat, précise Mediapart. Mais dès les révélations du journal Le Monde sur les violences du 1er-Mai, mi-juillet, le sous-traitant refuse de le renouveler, craignant pour son image. Et la Société générale, qui héberge le compte de Mars, "réclame à Crase le contrat justifiant l'arrivée de 300 000 euros depuis un compte monégasque", précise Vincent Crase. L'affaire tourne au vinaigre.

Que fait le nom de Benalla dans cette affaire ?

Mediapart assure que "les discussions autour du contrat ont en réalité commencé bien plus tôt, dès l’hiver 2017. Elles se sont accélérées en juin, en présence d'Alexandre Benalla."
 
Résultat de recherche d'images pour "jean louis haguenauer homme affaires"

Pour le site d'investigation, l'ancien chargé de mission de l'Elysée "est personnellement impliqué dans ce contrat, y compris dans ses montages financiers". Benalla a "rencontré à plusieurs reprises le représentant de l'oligarque en France, l'homme d'affaires Jean-Louis Hagenauer", ajoute le site, photo de Benalla et Hagenauer jouant au babyfoot, en août 2018, à l'appui.

Dans les enregistrements de l'échange entre Vincent Crase et Alexandre Benalla, ce dernier semble furieux contre Velours, qui a gelé le contrat. Les deux hommes cherchent une porte de sortie. "Il faut couper la branche", conseille l'ancien chargé de mission de l'Elysée. 
Alexandre Benalla, furieux, dit à son partenaire : "Velours […] ils vont se faire enculer, hein; moi je m’en bats les couilles." Et Vincent Crase d'ajouter : "Moi les rats qui quittent le navire, j’aime pas trop."Toujours dans les bandes-son, Benalla dit encore à Vincent Crase : "Faut faire ce qu'on avait prévu de faire et transférer (...) Faut que tu disparaisses de la boîte". 
Finalement, la société Mars "disparaît", selon les mots de Vincent Crase devant une commission d'enquête du Sénat, et une autre société est créée, France Close Protection (SAS sans aucun salarié, enregistrée le 16 octobre 2018, 10, rue de Penthièvre, 75008 Paris), dirigée par Yoann Petit, un proche d'Alexandre Benalla et ancien salarié de Velours.

Domiciliée à la même adresse que Mars, elle prend le relais en octobre 2018. "En novembre, Alexandre Benalla est inscrit en tant que salarié [de France Close Protection]. Alors qu'il devait bénéficier d'un logement de faveur du ministère des Affaires étrangères, Quai Branly, Benalla touche 12.474 euros, alors qu'il percevait des indemnités de retour à l'emploi entre 3.097 et 3.871 euros depuis son départ de l'Elysée", détaille Mediapart, précisant une information déjà révélée par Le Canard enchaîné. Détail surprenant souligné par Libération : France Close Protection a été "lancée avec un capital social de 100 euros" et "son unique actionnaire est un homme de 18 ans, majeur depuis seulement quelques mois", et vivant en Normandie, dont sont originaires Crase et Benalla, comme Lecornu, député de l'Eure.
En 2010, le gendarme de réserve Alexandre Benalla a commencé sa carrière sous l’autorité de Sébastien Lecornu, son commandant de Peloton, alors cadre de l’UMP dans l’Eure et membre du cabinet du ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, trois fois député de l'Eure (2007, 2012 et 2017).
L'arrogant Alexandre Benalla a refusé de s'expliquer sur le jeune prête-nom de 18 ans  : "C'est un ami qui m’a employé dans une mission qui restera confidentielle, j'en suis désolé", a-t-il opposé à la commission d'enquête parlementaire. 

France Close Protection, dont l'unique actionnaire est âgé de tout juste 18 ans, est logée au même endroit que Mars. Et, quelques temps après l'annulation du contrat avec Velours, Alexandre Benalla affirmait, à propos du "transfert" de la société de Vincent Crase : "Faut qu’on trouve un mec […] Enfin j’ai une idée en tête, mais faut qu’on mette la boîte au nom d’un autre mec…" Des informations qui compromettent fortement le garde du corps, lequel a décliné tout entretien avec Mediapart. Alors qu'il s'est pavané à BFMTV, tel un "Jojo avec un gilet jaune"...

Pourquoi l'affaire est-elle gênante pour Alexandre Benalla ?

Résultat de recherche d'images pour "jean louis haguenauer homme affaires"
A l'époque des négociations et de la signature du contrat avec l'oligarque russe, Alexandre Benalla est alors encore chargé de mission à l'Elysée et habilité "secret-défense". "Un conseiller de l’Elysée utilisant son statut pour faire affaires avec un milliardaire proche du pouvoir poutinien : la pratique interroge pour le moins", note Mediapart. Surtout si le milliardaire est sérieusement soupçonné de liens avec la mafia et le blanchiment. Pour Libération, une question reste "toujours en suspens : que savait l'Elysée ?"

Alexandre Benalla a toujours démenti son implication dans les négociations entre la société de Vincent Crase et Iskander Makhmudov.
Devant la commission d'enquête du Sénat, le 21 janvier il a déclaré : "Je n'ai jamais contribué à une quelconque négociation." Or, on l'a dit, Mediapart vient de révéler certaines informations qui indiquent le contraire. 
Le magnifique château de Vincent Miclet et Ayem Nour est à vendre
D'abord, une photo prise dans le château de Vincent Miclet, ci-contre, homme d'affaires français (PDG de PetroPlus Overseas) surnommé "le Gatsby de la Centrafrique", chez qui Alexandre Benalla a séjourné cet été, et suspecté en Angola du détournement de 400 millions de dollars, atteste que Benalla a rencontré à plusieurs reprises le représentant de l'oligarque, Jean-Louis Hagenauer, dirigeant d'une société d'import-export à Moscou, au centre de la demi-finale face au Spartak Moscou en 1991 que l'OM aurait achetée grâce à son entremise, rappelle L'Humanité.
Suite à son divorce avec Ayem Nour, Miclet vend son château de Fleurac, situé en Périgord Noir. La courtière chargée de la vente déclare que cette énorme propriété (13 suites, un spa, un bowling, une salle de cinéma…) est "vraiment un bien d’exception. Nous ne le proposons qu’à des clients sérieux. Le propriétaire est très discret et n’a pas envie d’avoir des visites de curieux." Prix demandé : 26 millions d’euros.
Et Vincent Crase a aussi assuré qu'il n'était "jamais intervenu". 

Si l'homme du président et Vincent Crase ont menti alors qu'ils avaient prêté serment, ils risquent chacun jusqu'à cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende.