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dimanche 30 décembre 2018

Le Drian, négligent, Benalla rend ses passeports quand bon lui semble

Alexandre Benalla promet de rendre ses passeports diplomatiques, un jour

L'ouverture d'une enquête le visant va lui permettre de "mettre un terme aux rumeurs et aux insinuations qui courent" sur son compte, se félicite l'ex-collaborateur indélicat de l'Elysée.

Résultat de recherche d'images pour "benalla le drian"Après l'ouverture d'une enquête à son encontre, Alexandre Benalla se plaint d'une polémique "complètement disproportionnée". 
Mais il confirme qu'il jouit toujours de deux passeports diplomatiques qu'il compte restituer "dans les prochains jours", annonce-t-il aussi, magnanime, dans le Journal du dimanche de ce dimanche 30 décembre, sans préciser de date... Si jamais, cette fois, Papy Jean-Yves le relance ?

L'individu est mis en cause pour avoir conservé ces documents officiels pendant cinq mois, malgré son limogeage de l'Elysée, le 23 juillet, et pour les avoir utilisés depuis, dans divers voyages d'affaires personnels à l'étranger. 

Benalla devait être domicilié à côté de Jean-Yves Le Drian

Résultat de recherche d'images pour "passeport diplomatique France" 

Bien qu'il puisse être soupçonné de promiscuité coupable avec le ministre des Affaires étrangères qui devait l'héberger dans ses locaux de fonction du Quai Branly, siège de son ministère, Benalla réclame un traitement ...équitable : "qu'on [le] considère comme un justiciable ordinaire, ni plus ni moins". 

L'ancien garde du corps du président reconnaît toutefois - sans en être persuadé - avoir "peut-être eu tort" de se servir de ces passeports à des fins personnelles.
"Je suis satisfait que la justice puisse désormais mettre un terme aux rumeurs et aux insinuations qui courent sur mon compte", a-t-il affirmé. 
Il reste que la législation précise qu’en cas d’arrêt de la mission, avant la date de fin de validité d’un passeport, celui-ci doit être restitué "dès lors que son utilisation n’est plus justifiée". Et ce n'est pas une rumeur...
"Mais je tiens à dire que je ne l'ai fait que par confort personnel, pour faciliter mon passage dans les aéroports. En aucun cas je ne les ai utilisés pour mes affaires. Je ne vois d'ailleurs pas à quoi ils auraient pu me servir...", prétend encore l'ancien proche de Macron.

Une erreur de l'Elysée ? Ou négligence de Le Drian ? 

Enfin, Alexandre Benalla assure avoir rendu ses passeports fin août. 
Or, ils lui ont été redonnés en octobre par un "membre de la présidence", avec d'autres effets personnels, alors qu'il rapportait son badge d'accès à l'Elysée, assure-t-il. Il pourrait s'agir de Patrick Strzoda, directeur de cabinet du président de la République (remplacé en juillet 2018 par Benoît Ribadeau-Dumas, un ancien industriel) et directeur du cabinet du ministre de l’Intérieur du socialiste Bernard Cazeneuve.

Et le franco-marocain de juger : "Dans la mesure où on [?] me les a rendus, je n'ai pas vu de raison de ne pas les utiliser". Mais cette restitution correspondait-elle à une faveur ou à une erreur venue d'un membre de l'Elysée ? "A ce stade, impossible de trancher", commente le JDD (Lagardère Active, comme Europe 1).
Un passeport diplomatique est délivré aux diplomates par un Etat souverain, pour leurs déplacements professionnels, ainsi qu'à des personnes les accompagnant. Contrairement au passeport ordinaire, il est délivré par le ministère des Affaires étrangères. Benalla accompagnait-il un ministre dans ses déplacements ? Lequel ? Ou se déplaçait-il seul ? Pour son propre compte.Si un détenteur de passeport diplomatique voyage pour son compte personnel, il doit présenter un passeport différent. Le passeport diplomatique est réservé aux diplomates en activité officielle.Résultat de recherche d'images pour "VAlise diplomatique"Benalla disposait-il d'une valise diplomatique ?
Ce terme désigne un moyen de transport utilisé pour échanger différents objets
sous couvert de l'immunité diplomatique, la transmission du courrier diplomatique, administratif et d'équipement technique nécessaires au fonctionnement des postes diplomatiques et consulaires. Elle n'est acheminée que par le ministère des Affaires étrangères. Elle n'est strictement employée que dans les conditions prévues par la réglementation et ne sert qu'aux échanges officiels.Résultat de recherche d'images pour "VAlise diplomatique"La valise diplomatique ne peut être ouverte en dehors de son lieu de destination et ne doit pas passer au travers d'un scanner, quel que soit le pays. Un confort...

vendredi 28 décembre 2018

Affaire Benalla, saison 2 : des passeports diplomatiques pour ses voyages d'affaires

Benalla a continué d'utiliser à ses affaires en Afrique plusieurs passeports diplomatiques confisqués 

A-t-il profité du déplacement de Macron au Tchad avant Noël pour faire des affaires ?  
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Alexandre Benalla continue comme avant à utiliser des passeports diplomatiques pour ses affaires en Afrique, révèlent en semble le journal Le Monde et le site Mediapart, relançant ainsi de nombreuses questions négligées sur le dossier politique de l'année 2018.

Alors que l’Elysée a assuré ces derniers jours qu’Alexandre Benalla, reconverti dans la diplomatie privée en Afrique, n’est pas "un émissaire officiel ou officieux", Alexandre Benalla voyage néanmoins avec un passeport diplomatique de la République bananière française, depuis plusieurs mois, malgré son limogeage en juillet de l'Elysée, selon Mediapart, ce jeudi 27 décembre. Le précieux document, utilisé ces dernières semaines pour entrer dans différents pays africains, ainsi qu’en Israël, et qui porte la référence 17CD09254, a été délivré le 24 mai 2018.
Ce document à diffusion limitée avait servi à ses voyages d’affaires et les acteurs politiques respectueux de la République réclament maintenant des explications sur ces faits nouveaux au dossier complémentairement étudié par les deux chambres parlementaires.

Des négligences ou des complicités ? 

"Qu'il ait un passeport diplomatique encore aujourd'hui dépasse l'entendement", s’étrangle doucement sur Franceinfo le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde. Le député-maire de Seine-Saint-Denis “espère” que la commission d’enquête sénatoriale toujours chargée de faire la lumière sur l’affaire Benalla procèdera à de nouvelles auditions sur cette affaire dans l'affaire. 

Une demande à laquelle la sénatrice écologiste Esther Benbassa, membre de la commission sénatoriale sur l'affaire Benalla, explique ce vendredi dans L’Obs vouloir accéder : “Il est clair que ce nouvel épisode de l’affaire Benalla, 'l’Acte 2', si on peut dire, doit logiquement amener la commission d’enquête sénatoriale à entendre à nouveau Alexandre Benalla”.

Sur RTL,
le porte-parole du parti Les Républicains (LR), ne se contente pas de demi-mesures. Celui qui, avec 52,39% des voix a déboulonné Christophe Sirugue (PS, 32,58%) de la mairie de Chalon-sur-Saône, le journaliste Gilles Platret, estime quant à lui que "la justice doit se saisir" du dossier. "Il nous semble nécessaire qu'elle étende ses investigations pour savoir pourquoi et comment il est détenteur d'un passeport diplomatique 15 jours après sa suspension et comment alors qu'il n'est plus à l'Elysée, il continue de s'en servir pour des actions dont on a besoin de savoir ce qu'elles sont en réalité”, développe le maire et journaliste.

Le Rassemblement national (RN) se pose les questions de fond que négligent les Insoumis.
“Il avait le bras long, le chômeur Benalla, pour faire ses affaires !”, une fois que ses fonctions officielles eurent pris fin, tempête sur Twitter son porte-parole Sébastien Chenu, qui parle lui aussi d’un 'acte 2' de l’affaire. "Pourquoi Benalla jouit-il de cette étrange protection de l'Elysée ? Quel lien l'enchaîne à Emmanuel Macron au point de risquer d'entraîner le président avec lui ? 

Quel intérêt a Macron à couvrir ce barbouze de série z ?”, s'interroge le maire de Béziers, Robert Ménard, alors que tardent les questions de Mélenchon (LFI).

Mis en examen notamment pour "violence volontaire", Benalla était censé avoir restitué le ou les passeports diplomatiques en sa possession.

Résultat de recherche d'images pour "passeports benalla"

Sur Europe 1, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, résume en quoi ce nouvel épisode pourrait jeter l’exécutif dans une nouvelle tempête : "Voilà quelqu'un qui est censé être sanctionné après ses exactions du mois de mai et qui, au lendemain de ces exactions, obtient deux passeports diplomatiques - en date du 24 mai 2018, selon Mediapart, alors qu’Alexandre Benalla était déjà censé être mis à pied par l’Elysée [après avoir été accusé d'avoir violenté un manifestant le 1er mai à Paris]. Il est de notoriété publique qu'il continue de se balader dans l'Afrique entière et malgré cela, l'Elysée ne vérifie pas qu'il a bien rendu ses passeports diplomatiques qui lui donnent une sorte de sésame. C'est profondément inquiétant, soit sur l'amateurisme de cette présidence, soit sur le double langage qu'elle continue d'avoir".

Alors que la présidence de la République jurait mardi soir que le nouvel amoureux de l'Afrique n'était “pas un émissaire officiel ou officieux” d'Emmanuel Macron, la détention d’un passeport officiel par l’ancien conseiller du chef de l'Etat constitue effectivement scandale sur l'incompétence, si ce n'est la complicité, de l'entourage présidentiel. 
Car ce document permet à Alexandre Benalla de voyager sans visa dans presque tous les pays du monde, la plupart du temps,  en bénéficiant de l’immunité diplomatique. Un laissez-passer qui comprend notamment cette mention : "Nous, ministre des Affaires étrangères [Jean-Yves Le Drian], requérons les autorités civiles et militaires de la République française et prions les autorités des pays amis et alliés de laisser passer librement le titulaire du présent passeport et de lui donner aide et protection".
Benalla s'était engagé sur l'honneur à restituer ses passeports diplomatiques

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Indigne d'en être détenteur, Alexandre Benalla s’est notamment rendu au Congo-Brazzaville, au Cameroun et au Tchad, ces derniers mois, selon Le Monde.
Il pourrait par ailleurs devoir répondre de l'accusation de mensonge et de parjure à la commission sénatoriale qui l’avait interrogé le 19 septembre dernier. Il avait en effet affirmé avoir laissé ses passeports diplomatiques "au bureau [qu’il occupait] à l'Elysée". 
"Si Benalla a effectivement utilisé ce passeport après son départ de l’Elysée, il y a parjure, puisqu’il nous a menti en prétendant qu’il l’avait laissé dans son bureau de l’Elysée. Nous sommes donc entrés dans une phase qui sera immanquablement judiciaire",estime la sénatrice Esther Benbassa, qui rappelle la peine encourue le cas échéant : 5 ans de prison et 75.000 euros d’amende. 
Le Tchad paiera-t-il ? Benalla se trouvait-il à N'Djamena quand Macron est allé passé le weekend avant Noël entre hommes avec les militaires de l'opération Barkhane ?

Alexandre Benalla s'était engagé auprès du quai d’Orsay

Jean-Yves Le Drian a-t-il laissé courir?
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Dès le 23 mai dernier, dans un document signé de sa main révélé par BFMTV, l'ancien conseiller de l'Elysée préposé à l'escorte du corps sacré de Jupiter s'était engagé à restituer ses passeports. 

Jeudi, Le Drian, ministère des Affaires étrangères, a fait savoir qu’il examine "toutes les suites possibles, y compris judiciaires, sur la non-restitution des passeports d'Alexandre Benalla".

"La question d'une usurpation de fonction se pose", estiment même les autorités. Celle d'une légèreté dans leur traitement du dossier Benalla, aussi.

jeudi 2 août 2018

Alexandre Benalla était porteur d'un passeport ...diplomatique

Qui lui a délivré ce passeport diplomatique par décret ?

Si, à 36 ans, un "gorille" n'a pas un passeport diplomatique, "c'est qu'il a raté sa vie"...
Benalla-Macron, à touche-touche


Bien que licencié depuis trois semaines, Alexandre Benalla, le garde du corps sacré d’Emmanuel Macron, s’est vu attribuer  un passeport diplomatique, le 24 mai 2018.

Dans l’article qu’ils consacrent le 25 juillet dernier à l’ascension d’Alexandre Benalla, Ariane Chemin et François Krug, journalistes au Monde, poursuivent l'inventaire des privilèges illégaux de ce proche entre les proches d’Emmanuel Macron. La révélation de l’existence d’un passeport diplomatique dans les bagages du favori de Jupiter, en sus d’un badge H permettant au collaborateur d’Emmanuel Macron d’accéder librement à l’Assemblée nationale, est passée sous silence par la presse inféodée.

Résultat de recherche d'images pour "France passeport diplomatique"
La liste des privilèges et des passe-droits dont bénéficie Alexandre Benalla est si importante (une Renault Talisman équipée par le garage de l’Elysée, un logement de fonction au quai Branly, une accréditation secret défense…), qu'une aberration républicaine de plus ne semble pas plus digne d'intérêt aux chaînes de radio et de télévision qu'aux journaux, comme si les organes de presse privilégiaient leurs vacances à l'information. 
 
Aussi invraisemblable qu’incongrue, cette exception en faveur de Benalla n'est partagée par aucun membre du GSPR. Et pourtant, au motif qu'il est en charge de la sécurité du président, et notamment des déplacements privés d’Emmanuel Macron, Alexandre Benalla bénéficie de ce précieux sésame délivré par le ministère des Affaires étrangères. Laurent Fabius n'est pas en cause.

Le Drian ignore-t-il tout des fautes de ses services ?

Résultat de recherche d'images pour "matiere explosive"Plus embarrassant encore, le passeport diplomatique d’Alexandre Benalla lui a été attribué le 24 mai… 2018, après les quinze jours de suspension  signifiés par Patrick Strzoda, le directeur de cabinet du président de la République et après que les prérogatives du "gorille" ont été limitées et circonscrites à des fonctions de logistiques auprès du président. Trois semaines donc après avoir été "sanctionné", Alexandre Benalla se voit donc délivrer un passeport diplomatique.

Une fois écartée l’hypothèse d’une demande individuelle, qui, dans la chefferie élyséenne, est intervenu auprès du ministre Jean-Yves Le Drian, au quai d’Orsay, pour qu’il l’obtienne ? 
Résultat de recherche d'images pour "matiere explosive"François-Xavier Lauch, son n°1, qu’aucune des deux commissions parlementaires n’a pu à ce jour auditionner ? Patrick Strzoda ? Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Elysée ? Emmanuel Macron soi-même ? 

Le titulaire d'un passeport diplomatique bénéficie généralement de l'immunité diplomatique. Ce passeport est réservé aux diplomates en activité officielle.

Pour quelles raisons, quand rien dans ses fonctions ne justifie qu’il puisse y prétendre ? Le dossier s'alourdit et se charge en mélinite.








vendredi 13 novembre 2015

Des scellés de l'affaire Borrel détruits: Taubira, dernière informée?

Des preuves "importantes" de l'affaire Borrel ont disparu

L'avocat de la famille dénonce la destruction de scellés par... les services judiciaires, en décembre 2014

Le juge Bernard Borrel est un magistrat français retrouvé mort dans d'étranges circonstances en 1995 à Djibouti. Christiane Taubira a immédiatement saisi l'Inspection générale des services judiciaires ce jeudi. 
Cette destruction "compromet la poursuite de l'enquête" 
La destruction des scellés -en milieu judiciaire- et des preuves, qu'ils étaient censé protéger, est une atteinte à l'émergence de la vérité  sur l'assassinat du magistrat français Bernard Borrel,  a souligné ce jeudi l'avocat de la famille, Me Olivier Morice. Parmi ces scellés, un briquet, une sandale et des bidons d'essence retrouvés sur les lieux. "C'est un désastre judiciaire", a estimé Me Morice qui a demandé que la garde des Sceaux, Christiane Taubira, ordonne une inspection au sein des services concernés. Ce à quoi la ministre de la Justice a immédiatement réagi en saisissant l'Inspection générale des services judiciaires. Elle "prendra les décisions qui s'imposent au vu des conclusions de cette inspection", selon le communiqué de la Chancellerie. 

Sur la piste d'un assassinat 

Magistrat français détaché à Djibouti, Bernard Borrel avait été retrouvé mort le 19 octobre 1995, le corps en partie carbonisé, en contrebas d'un ravin, à 80 km de Djibouti. L'enquête française, ouverte depuis 1997, a d'abord privilégié la thèse du suicide, avant de se réorienter sur celle d'un assassinat. La cour d'Appel de Paris a demandé en septembre que de nouveaux actes soient effectués notamment l'analyse d'une sandale, d'une trace papillaire sur un briquet et du carburant utilisé pour l'immolation. "Ces scellés ont été détruits, les services invoquant le fait qu'un non-lieu a été rendu dans le dossier, ce qui est complètement faux", a relevé Me Morice. 

L'acte de malveillance ne peut pas être exclu 

"Vu l'historique de l'affaire Borrel, l'acte de malveillance ne peut pas être exclu. Si c'est le cas, il s'agit d'un véritable sabotage", a estimé pour sa part Laurent de Caunes, conseil des deux enfants du juge. Il a été reçu avec la veuve du magistrat, Elisabeth Borrel, et ses enfants en fin de matinée par le président du tribunal de Grande Instance de Paris, Jean-Michel Hayat, et le procureur de la République, François Molins. 

Une "tentative d'assassinat du dossier"
"C'est une tentative d'assassinat du dossier qui pourrait compromettre la condamnation des auteurs", a estimé pour sa part Elisabeth Borrel. Pour elle, l'assassinat de son mari est "un crime d'État qui pourrait impliquer l'actuel président djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh", alors chef de cabinet du président Hassan Gouled Aptidon. Vingt ans après, l'enquête piétine. Les dernières demandes de déclassification sont restées lettre morte et l'un des principaux suspects, Awalleh Guelleh, à l'encontre duquel un mandat d'arrêt a été délivré en 2006, est peut-être décédé. "Certains magistrats continuent à soutenir que mon mari a pu tomber sur de petits malfrats", a déploré la veuve du juge. 

La mort du "juge fouineur" 

Elle s'appuie notamment sur le témoignage de Mohamed Saleh Alhoumekani, lieutenant de la garde présidentielle djiboutienne. L'homme a affirmé avoir entendu cinq hommes rendre compte de la mort du "juge fouineur" à Ismaël Omar Guelleh. En 2007, deux militaires français, membres des services de renseignement de l'armée et présents à l'époque à Djibouti, avaient confié à la justice que le juge Borrel, censé revoir le Code pénal djiboutien, menait en parallèle une mission officieuse pour le compte du ministre de la Justice djiboutienne, Moumin Badon Farah. L'objectif aurait été d'enquêter sur des trafics menés justement par Ismaël Omar Guelleh. 

Une pomme de discorde dans les relations diplomatiques avec Djibouti 

"Il devient impératif que nos demandes de déclassification soient entendues", a souligné ce jeudi Elisabeth Borrel. "Il faut aussi qu'on s'attache à faire parler les ADN recueillis et à en prélever d'autres", notamment pour identifier une empreinte génétique inconnue retrouvée sur le short de Bernard Borrel en 2006, a-t-elle ajouté. 

L'affaire Borrel a empoisonné pendant des années les relations entre Paris et son ex-colonie, où la France dispose d'une de ses premières bases militaires à l'étranger.
Comme Christiane Taubira en Guyane, le président actuel de la République de Djibouti, Ismaïl Omar Guelleh, est un ancien indépendantiste. Elle-même magistrate à Toulouse, veuve du juge, Elisabeth Borrel accuse le président djiboutien d’être l’un des commanditaires de l’assassinat de son mari en 1995.