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dimanche 1 mars 2020

Article 49.3 décidé: citoyens en colère devant l'Assemblée

Plusieurs centaines de manifestants se sont retrouvés dès samedi soir devant le Palais-Bourbon 

"Quand j’ai vu que le 49.3 était passé, c’était impossible de rester assis"...

Résultat de recherche d'images pour "MANIFESTANTS contre 49.3  assemblee France"

Des citoyens vigilants ont aussitôt protesté contre la décision de Macron portée samedi par son premier ministre et l'ensemble du gouvernement d'utiliser l'article 49.3 pour faire passer le projet de loi sur les retraites en force, sans vote des élus du peuple.

Peu après 17h00, Edouard Philippe a prononcé les mots écrits par Macron. Et dès 19h30, des manifestants se positionnent face aux CRS qui, soudain, reçoivent des ordres-radio et commencent à se mettre en mouvement. Sur le pont, les touristes sont remplacés par des quidams qui s’abordent et chuchotent: "Vous êtes là contre le 49.3 ?", "ils sont où, les autres ?", "J'sais pas, mais ça devrait arriver"...

Il est 19h45 et, de l’autre côté du pont, une foule d’une centaine de personnes apparaît subitement, sortie de nulle part. Les manifestants viennent de la Madeleine et se dirigent vers l’Assemblée nationale où le premier ministre de Macron a annoncé un peu plus tôt le recours à l’article 49.3 pour faire passer la réforme des retraites et contourner la résistance parlementaire. L'obsession des municipales explique cette volonté d'aller vite : une enquête Elabe va venir confirmer que les Français applaudissent à tant de fermeté anti-parlementaire... 

Bonne enfant, la foule se met en marche d’un pas déterminé, chantant et agitant des drapeaux. A 50 mètres, elle est stoppée par des camions de CRS arrivés en toute hâte en renfort et qui se déversent sur la foule sous les caméras des derniers touristes.

"Paris, debout !"

Les colonnes de l’Assemblée nationale sont alors éclairées par des dizaines de gyrophares. Les CRS serrent les rangs derrière leurs boucliers face à des manifestants en formation de chaîne humaine. 
Un homme en robe d’avocat hurle avec la foule : "Paris, debout, soulève-toi !"

La foule compterait 600 personnes, selon un CRS. 
A la nouvelle, les manifestants ont laissé leur repas du soir, ainsi que femme et enfants. "Quand j’ai vu que le 49.3 était passé, j’ai dit à ma famille que ce soir, je ne passerai pas la soirée avec eux. C’était impossible de rester assis et d’attendre que d’autres manifestent pour moi," raconte un ingénieur de 38 ans.  
Certains sont venus de loin. Avec huit de ses amis, un agent de propreté de 35 ans est arrivé de... l’Oise, l'un des foyers de contamination du coronavirus. "On était tous en train de dîner chez nous, puis on a vu les infos, on s’est organisé. Bises aux femmes et aux gosses et puis hop, c’était parti." "Non, mais c’est abusé quoi, on se fout de notre gueule là avec ce 49.3 !"

Au bout de trois heures, le rassemblement s’est dispersé. 
Les manifestants se sont dirigés vers Châtelet, cherchant à poursuivre leur action.  "Délirant que les Parisiens ne soient pas là, ils font la fête plutôt que de se révolter," lâche l'un d'entre eux, désabusé.
Les Français auront ce qu'ils méritent... Et leurs enfants avec !

mercredi 20 mai 2015

Réforme du collège: les opposants de droite et de gauche dénoncent un "passage en force"

Mis sur la touche, les députés de la majorité opinent à l'affront du  décret paru au JO dès le lendemain de la grève
S. Le Foll inquiet, Valls hypertendu et transpirant
et la mère porteuse du projet Peillon,

Vallaud-Belkacem, 
affectant la sérénité
Les socialistes confondent "détermination" et forfaiture

La gauche a manifesté son opposition avec le soutien de la droite
Au lendemain de la grève des enseignants, le décret qui passe outre le méconten- tement populaire a été publié mercredi. "Une 'accélération' 'immédiatement' décriée par ses opposants 'même si le gouvernement promet de poursuivre le dialogue', écrit Pauline Froissart pour l'AFP, plus gouvernementale que jamais. Syndicat majoritaire du secondaire, le SNES a dénoncé une "provocation, une faute", tandis que le SNALC fustige un "scandaleux passage en force".

L'AFP présente les opposants de manière tendancieuse
Godillot socialiste de l'AFP
L'agence de presse gouvernementale pose le SNALC en syndicat en pointe, bien que minoritaire. La ministre en titre de l'Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, "n'avait laissé sa "porte ouverte" que pour mieux la claquer à la figure des professeurs de collège, dans un stupéfiant déni de dialogue social", observe le SNALC, syndicat modéré étiqueté à droite, 'même s'il le réfute', polémique l'AFP. qualifié de 'très remonté', le SNALC appelle à bloquer les épreuves du brevet des collèges fin juin.

L'AFP passe ensuite le relais à un syndicat non gréviste... "Publier le décret au lendemain du demi-échec" du SNES-FSU lors d'une mobilisation syndicale en demi-teinte est "une humiliation qu'on aurait pu lui éviter: ce n'est jamais bon", a aussi raillé par tweet Philippe Tournier, secrétaire général inamovible (depuis 2009) du SNPDEN-Unsa, premier syndicat des chefs d'établissement et ancien professeur... d'histoire (pendant seulement sept ans, à compter de 1981, et syndiqué au SNES) et "très, très, très mauvais angliciste", de son propre aveu, dont on attend donc pas qu'il défende l'enseignement de l'allemand. Son échec à Sciences-Po ne l'a pas détourné de la politique...

L'AFP accuse enfin la droite frontalement. "La parution du décret et de l'arrêté au Journal officiel a aussi donné à l'opposition l' 'occasion' de relancer ses 'critiques' ", ce qui semble une abomination en démocratie.

Le président du MoDem, François Bayrou, ex-ministre de l'Éducation, a appelé à une "manifestation nationale", dénonçant également un "passage en force", une convergence de vue qui n'éveille pas l'esprit critique de la journaliste godillot de l'AFP.

La numéro deux de l'UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet a déploré le "profond mépris" du gouvernement, et l'ancien Premier ministre, François Fillon, a raillé une "mauvaise" réforme, faite de "désordre" et d'"improvisation".




L'AFP cède abondamment la parole aux porteurs de la parole socialiste

La concertation et le dialogue n'ont visiblement pas abouti... Mais Najat Vallaud-Belkacem oppose qu'"il n'y a pas de précipitation, tous les délais sont tels que nous les avions prévus depuis le début", a déclaré , rappelant que la réforme avait été adoptée le 10 avril - par la 'communauté éducative' - sans les syndicats représentatifs descendus dans la rue le mardi 19 -  réunie en Conseil supérieur de l'éducation (CSE, présidé par la ministre de l'Education ou son représentant).

Favorable à la réforme, Laurent Escure, le secrétaire général de l'UNSA éducation lui a fait écho, estimant "raisonnable" de publier le décret "cinq semaines après sa large adoption en CSE".

Dans la moyenne, seulement si on fait l'amalgame avec les manifs qui mobilisaient aussi les lycées
Avec 27,6 % de grévistes au collège, "une mobilisation dans la moyenne", selon Libération...


19/05/2015
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Second degré
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16/03/1999
10/12/2001
11/12/2001
12/12/2001
20/01/2005
06/09/2010
22/01/2013
12/02/2013
28/03/2013
14/11/2013
05/12/2013
18/03/2014
03/02/2015
19/05/2015




Frédérique Rolet, la secrétaire générale du Snes-FSU, le syndicat dominant chez les enseignants du second degré, collèges et lycées) indique, elle, que selon leurs remontées, c’est "un peu plus de 50% des collègues du collège qui sont en grève», «c’est conforme à ce que nous attendions et espérions".
VOIR et ENTENDRE Frédérique Rolet à la veille de la grève du 19 mai 2015: 



Malgré l'opposition de gauche comme de droite, la ministre juge que cela permettra de "passer à l'étape suivante, à savoir les textes d'application qui vont pouvoir répondre" aux "inquiétudes" des grévistes et "d'apporter les garanties sur le fait que l'interdisciplinarité se fera dans de bonnes conditions (...) que pour le travail en équipe qu'on leur demande, on leur laissera le temps de préparation nécessaire pour le faire dans les établissements scolaires".


L'AFP défend le projet contre les enseignants

Qui a dit que l'opposition à la réforme du collège
est le fait de la droite ?
Le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll maintient contre l'avis des syndicats majoritaires que la publication au JO est "une marque de détermination" et non pas une action antidémocratique, qui n'exclut pas "la nécessité d'écouter, les enseignants en particulier". Comme faux-cul, on ne fait pas  mieux!

La voix du gouvernement exerce un chantage sans éléments.
"Au fond, la seule question qu'on doit se poser est: "Est-ce qu'on accepte que la France régresse dans toutes les évaluations internationales qui sont faites sur l'école?" Peut-il affirmer que l'autonomie des collèges -qui dérégulerait le système- ne créerait pas d'injustices préjudiciables aux collégiens et n'obérerait pas leurs chances de réussite ? 

En juin 2012, la petite journaliste
 militante n'avait pas anticipé
la visite de Hollande au Qatar...
La journaliste à la botte participe  à la manipulation gouvernementale. 
"Plus du quart des professeurs de collèges publics (27,61%), selon les chiffres du ministère, ont fait grève mardi, le SNES estimant cette participation à plus de 50%. La petite finaude se laisse berner par le ministère qui, dans son chiffrage, inclut  les professeurs de lycée qui ne sentent pas encore visés. Au JT de  13h00 sur France 2 (service public), la journaliste indépendante ... des syndicats, Maryse Burgot, ne citait même pas les chiffres opposés par le SNES...

Quelques milliers d'enseignants sont descendus dans la rue brandissant pour certains le Gaffiot, célèbre dictionnaire latin-français (pour les plus musclés, car la version non allégée -elle aussi- fait 1,100 kg !), ou une écharpe de l'équipe de foot allemande, pour protester contre cette réforme, dont les principaux points de crispation sont la "suppression du latin et du grec, remplacés par un enseignement pratique interdisciplinaire (qui n'ambitionne plus l'apprentissage de la langue qui structure la pensée et l'expression en français), et celle des "classes bilangues qui inquiète particulièrement les professeurs d'allemand," outre les européens convaincus. 
Dans sa présentation partisane de la réforme, la petite journaliste escamote les conséquences de la disparition des sections européennes. Les collégiens font actuellement l'apprentissage de l'histoire-géographie ou des sciences physiques, par exemple, via l'anglais ou une autre langue qu'ils ont choisie: si ce n'est pas de l'interdisciplinarité, qu'est-ce que c'est ? De l'élitisme sur les langues anciennes? Depuis sa création en 1992, le dispositif a rencontré un vrai succès puisqu'on compte aujourd'hui 5.800 sections européennes dans les collèges et lycée de France. Ce qui représente plus de 200.000 élèves chaque année. Comment une agence de presse supposée diffuser de l'information objective peut-elle se prêter à le diffusion d'éléments de langage aussi trompeurs à l'ensemble des organes de presse peu regardants de la vérité? Pauline Froissart est-elle en paix en détournant la déontologie professionnelle pour faire -avec tant d'autres et comme eux- de son métier un sale métier?

 "Tous égaux, tous illettrés", pouvait-on lire sur une banderole.
A la place de ces classes où deux langues étaient enseignées dès la sixième (suivies par 16% des enfants de sixième), la réforme propose une deuxième langue "pour tous" en cinquième: une sombre blague démagogique. C'est en effet une aberration si on songe un seul instant que la maîtrise de la langue française n'est toujours pas acquise à l'entrée en cinquième et que ce serait donc une charge supplémentaire inutile pour les élèves les plus vulnérables et un affaiblissement des conditions d'apprentissage avec des horaires amputés en quatrième.

La ministre, porteuse de la réforme Peillon, polémique au lieu d'informer
VOIR et ENTENDRE la ministre accuser les opposants au projet Peillon, les accusant des turpitudes qui sont les siennes, "contre-vérités", et qualifiant des chercheurs de "pseudos-intellectuels":

Qu'a donc à cacher cette 3e ministre en moins de 3 ans
qui accuse la droite de ne pas avoir lu le projet initié par Vincent Peillon et d'avoir des inquiétudes là où elle affiche arrogance et mépris. Les élèves auront 2 h 30 hebdomadaires de LV2 en cinquième, et autant en 4e et 3e - soit 7 h 30 au total, contre 6 heures aujourd’hui. Les "socialistes de progrès" peuvent-ils se prévaloir d'une avancée ?

Outre un nivellement par le bas du fait de programmes interdisciplinaires flous, le loup entre aussi dans la bergerie par la fenêtre d'une autonomie accrue accordée aux établissements. La panacée pour les théoriciens, mais un coup bas pour les spécialistes de l'éducation. 
Les syndicats indépendants du Parti socialiste mettent en garde contre l'autonomie qui donne trop de pouvoir aux chefs d'établissement et déstabilise les jeunes aussi sûrement que le changement de professeurs d'une classe ou d'un établissement à l'autre ou que le système des zones de vacances scolaires crée souvent des difficultés d'organisation dans les familles. L'interdisciplinarité grignote les horaires de chaque matière, mais le corps professoral est très attentif à ne pas déshabiller une  discipline  pour en habiller une autre cataloguée ringarde ou élitiste d'un point de vue idéologique.

La promesse d'un collège meilleur en 2016 du même tonneau que les engagements du candidat Hollande. "Une concertation sera engagée sur la mise en oeuvre, mais la réforme sera poursuivie et mise en oeuvre", avait prévenu François Hollande.

L'AFP ignore les critiques de la gauche


Le SNES annonce une grève suivie et 10.000 manifestants à Paris
L'appel à la grève lancé par une intersyndicale menée par la FSU auprès des professeurs du collège public -et non pas de l'ensemble du secondaire et a fortiori du primaires-  a été suivi mardi  par "plus de 50%", selon les chiffres du principal syndicat, le SNES, fortement marqué à gauche, avec le Snep-FSU, FO, la CGT et SUD et même le modéré SNALC, mais l'AFP ne connaît plus le fonds électoral du Parti socialiste depuis que l'Etat-PS impose ses réformes contre la volonté de la majorité réelle, telle que l'évaluent les sondages.
Le Snes -ce n'est pas la droite- veut tout remettre à plat
Contrairement à la manipulation de l'opinion en cours, la réforme est d'abord dénoncée par la gauche. Les participants au cortège qui se dirigeait -sous la pluie- vers le ministère de l'Education nationale ne scandaient pas de slogans. Beaucoup s'étaient déplacés pour "sauver les sections bilingues ou latin de leurs établissements". "Pourquoi casser ces locomotives qui poussent nos collèges vers le haut ?, s'interroge telle professeur d'arts plastiques à Courbevoie. "J'ai peur que les bons élèves partent vers je privé."
Avant la grève, Frédérique Rolet, la secrétaire générale du SNES-FSU, demande une "remise a plat" de la réforme et, après, dénonce  une "provocation" du fait du décret - préparé plusieurs jours avant par l'exécutif - qui va contourner un vote du Parlement pourtant à majorité de gauche:

On  peut signer la PETITION du SNES: ici
Selon un sondage Odoxa pour les Echos, Radio Classique et le cabinet FTI Consulting, 60% des personnes interrogées qualifiaient de 'justifiées' les manifestations prévues mardi. Parmi les sympathisants de gauche, ils étaient 44% et 72 % parmi les sympathisants de droite.

mardi 17 février 2015

Valls brandit la menace de l'article 49-3 pour introduire la loi Macron en force

L'article 49-3, plug du gouvernement aux députés

Le gouvernement PS pourrait décider de recourir à l'article 49-3 
pour faire passer la loi Macronsans consentement

Manifestation anti-CPE de 2006
La décision appartient à un Conseil des ministres exceptionnel. Dominique de Villepin avait été le dernier à utiliser cette procédure, rare, pour le contrat première embauche (CPE) des moins de 26 ans, en 2006. Ce texte avait suscité une vive opposition parmi de nombreux étudiants de l'UNEF et lycéens manipulés par la FSU, avec les syndicats de salariés, puis les partis politiques de gauche, accusant tous ce contrat à durée déterminée de faciliter les licenciements abusifs et la précarité.

L'article 49-3, une arme lourde

La loi Macron "ne passe pas" à l'Assemblée nationale. Après avoir fait ce constat devant les députés socialistes à l'Assemblée nationale, Manuel Valls a réuni mardi un Conseil des ministres exceptionnel qui pourrait décider le recours à l'article 49-3 de la Constitution. Le gouvernement engage sa responsabilité sur le projet de loi en débat à l'Assemblée. Aussitôt, le texte est adopté sans vote, sauf si une motion de censure est déposée et adoptée par la majorité absolue des députés. Et, dans ce cas - qui reste peu plausible à ce jour -, le Premier ministre serait obligé de présenter la démission de son gouvernement.

Depuis la réforme constitutionnelle de 2008l’exécutif ne peut pas utiliser le 49-3 tous les jours. Ce levier peut être actionné pour les deux projets de budgets ainsi qu'un seul projet ou proposition de loi par session parlementaire.

Un article utilisé 82 fois depuis 1959

Michel Debré, tout Premier ministre de la Ve République, a eu recours à quatre reprises à l'article 49-3. C'est en 1960 qu'il a utilisé, pour la première fois, ce levier qu'il avait lui-même conçu en rédigeant la Constitution. Il s'agissait du projet de loi sur la force de dissuasion nucléaire que les députés socialistes et communistes risquaient de bloquer au Parlement. Depuis, le 49-3 a été utilisé 81 fois par les locataires successifs de Matignon.

Les raisons du recours au 49-3 sont diverses. 

Trois pratiques se dégagent :

- accélérer d'un débat parlementaire qui se prolonge trop. Jean-Pierre Raffarin, par exemple, a eu recours à cet article en février 2003 pour faire passer "le projet de loi relatif à l'élection des conseillers régionaux et des représentants au Parlement européen, ainsi qu'à l'aide publique aux partis politiques". Le Premier ministre craignait la multiplication d'amendements déposés par l'opposition qui aurait retardé tout l'agenda parlementaire.

- éviter une fronde d'une partie récalcitrante de sa majorité. Cela permet de mesurer réellement la fronde et de la mettre au pied du mur en l'obligeant à prendre ses responsabilités et à s'allier le cas échéant à l'opposition. Le centriste Raymond Barre utilisa cette procédure par huit fois (1976-1981) pour lutter contre le harcèlement permanent des députés RPR de Jacques Chirac, qui finalement n'étaient pas prêts à voter avec ceux de François Mitterrand.

- limiter les contraintes d'une majorité relative. Michel Rocard utilisa 28 fois la procédure de 49-3 pour faire passer ses textes, alors qu'il était constamment écartelé politiquement entre les communistes, les centristes de l'UDC (séparés de l'UDF) et l'hostilité sourde des députés mitterrandistes. 
Édith Cresson, qui lui succéda, l'utilisa aussi par 8 fois, bien qu'elle bénéficia dans son cas d'un plus grand soutien des socialistes.

Le risque d'une motion de censure

L'article 49-3, c'est un passage en force du gouvernement. Pour équilibrer la balance des pouvoirs, le Parlement dispose du droit de déposer une motion de censure contre le gouvernement. Cette procédure a été utilisée à 48 reprises (sur 82 utilisations du 49-3). Aucune motion de censure, déposée après l'utilisation du 49-3, n'a été adoptée. Mais le 27 mai 1992, tout a failli basculer. Le Parti communiste français, l'UDF et le RPR avaient voté pour une motion de censure et il n'avait manqué que trois voix pour renverser le gouvernement Bérégovoy.

samedi 13 avril 2013

Mariage homo: Hollande prend la démocratie de vitesse et obtient le vote à l'arraché

Mais Ayrault s'en prend néanmoins à l'UMP

De
s élus de l'opposition ont dénoncé un "coup d'Etat"  du gouvernement
 

Le pouvoir socialo-écolo a en effet pris la décision brutale d'avancer l'examen en deuxième lecture du texte sur le "mariage pour tous" à l'Assemblée nationale.



Le projet de loi qui ouvre le mariage et l'adoption aux couples homosexuels a été adopté vendredi au Sénat et sera réexaminé au Palais Bourbon dès mercredi prochain et non fin mai comme initialement prévu.


"Moi, président de la République, j’engagerai de grands débats" (sic)

Cette forfaiture gouvernementale de faire voter les lois à la sauvette et dans la précipitation en soumettant les articles restant en discussion "dans les plus brefs délais" a provoqué la colère des opposants au "mariage pour tous" dont plusieurs milliers sont descendus vendredi soir dans les rues du quartier latin, à Paris, une fois le texte voté par surprise.

Le président de l'UMP Jean-François Copé a dénoncé "la volonté délibérée du gouvernement de passer en force au Parlement", tandis que le député UMP Hervé Mariton a évoqué un "coup d'Etat". 
Le député UMP Philippe Gosselin a pour sa part mis en garde contre "une guerre civile".

Jean-Marc Ayrault a mis en garde samedi l'UMP contre toute radicalisation

Le Premier ministre, du coup de force à l'attaque
Ayrault a-t-il perdu tout sens -et respect - de la démocratie ?
"Au moment où le Sénat vient de se prononcer en faveur de la réforme du mariage pour tous, on entend des propos qui sont particulièrement préoccupants", a estimé le Premier ministre à son arrivée au Conseil national du PS qui se tient à Paris ce samedi 13.
"Je souhaite vraiment du fond du coeur que les responsables de l'UMP qui ont bien le droit de s'opposer à la politique du gouvernement, ne se laissent pas entraîner comme ils ont tendance à le faire dans la voie de la radicalisation qui serait dangereuse pour la République"...

La gauche parlementaire s'est docilement stalinisée
La majoritée (élargie) s'est comportée comme un soviet
Outre les godillots de la gauche qui atteint ici le degré zéro de la démocratie, la sénatrice UDI Chantal Jouanno, invitée sur i>TELE, a appelé à voter pour le texte de loi, a estimé qu'une ligne a été franchie après les propos tenus vendredi. "Tous ces appels à la violence, en parlant de guerre civile, 'il y aura du sang...' Quand on lit sur les réseaux sociaux ce qui se dit, c'est épouvantable",  selon elle. 
"Le gouvernement a tout fait pour en arriver là c'est une évidence, a-t-elle néanmoins souligné. "Pour autant, est-ce qu'il faut tomber dans le panneau, est-ce qu'il faut pour des raisons politiques mettre de l'huile sur le feu ? Je ne le crois pas", a ajouté cette femme de peu de convictions.

Faute contre la démocratie et violences contre le peuple des opposants

Selon la préfecture de police de Paris,
30 personnes ont été interpellées pour vérification d'identité lors de la manifestation spontanée des opposants, vendredi soir, et une a été placée en garde à vue pour "violences volontaires" entre manifestants.

Face au mépris du gouvernement, la porte-parole du collectif "La manif pour tous" Frigide Barjot a dénoncé un "déni de démocratie"
Elle a prévenu que le passage de cette loi "violente" provoquerait de la violence.

Le patron du PS stigmatise la colère des opposants
 

En marge du Conseil national tourmenté du PS, Harlem Désir a diabolisé l'opposition: "Ces groupes fanatisés, ces groupes fascisants doivent être fermement condamnés", a-t-il menacé en exprimant son mépris nom du PS.

"Je dénonce le silence assourdissant de l'UMP de M. Copé, et la complicité et les termes inacceptables avec lesquels s'est exprimé M. Jacob qui a de fait semblé justifier de tels comportements", a-t-il lancé avec véhémence.
"J'appelle aujourd'hui la droite, l'opposition à montrer qu'elle a le sens des responsabilités républicaines et à se démarquer de la dérive radicale, extrémiste, violente, fascisante qui n'est pas digne du débat que nous devons avoir", a déblatéré Harlem Désir, créant des tensions dans l'opposition, comme au PS.

Dans un communiqué publié vendredi, le chef de file des députés UMP à l'Assemblée nationale
Christian Jacob a mis en garde la majorité contre toute dérive totalitaire: "Le président de la République prend le risque d'une confrontation violente avec les Français" en accélérant le calendrier des débats parlementaires.

mardi 7 août 2012

Ayrault impose l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, sans concertation

Les opposants à l'aéroport accusent l'Etat de passer en force

Une dizaine d'organisations opposées au projet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) ont accusé l'Etat de refuser la concertation mardi,  jour de clôture de l'enquête publique sur le dossier "loi sur l'eau".


Cinq enquêtes publiques ont été organisées fin juillet, dont deux, dites "loi sur l'eau", ont notamment pour objectif d'évaluer "l'impact de l'aéroport et de sa desserte routière sur l'eau et les milieux aquatiques".
François Hollande, élu par le peuple français, se décharge habituellement (et normalement !) de ses dossiers embarrassants en faveur de commissions et d’experts qui n’ont de comptes à rendre à personne et en particulier pas au Parlement et aux Français.
En cas d'impacts négatifs sur l'environnement, le concessionnaire Aéroport du Grand Ouest/Vinci doit proposer des mesures compensatoires.
Le gouvernement se heurte à ses alliés
Les délégations régionales d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), des Alternatifs,  d'ATTAC ou encore de France Nature Environnement se sont réunies  mardi dans la commune pour s'opposer à ces propositions.
"Le dossier ne dit ni comment, ni quand, ces mesures compensatoires seront mises en place. Il n'y a également aucune évaluation financière des coûts. Ce projet est une façon de déshabiller cette loi sur l'eau parce que l'Etat et les maîtres d'oeuvre passent outre et en force", a jugé Hélène Debost, secrétaire régionale d'EELV.
"Il y a 50 ans, quand on a commencé à parler du projet, on ne se souciait pas des zones humides. Et généralement, quand il y a un dossier d'aménagement sur des zones humides, l'Etat est très regardant, il faut aboutir à un plus écologique. Ce n'est pas le cas ici", a de son côté relevé Geneviève Lebouteux, co-présidente du Collectif d'élu-e-s doutant de la pertinence de l'aéroport.
Les Alternatifs dénoncent une méthode "dérogatoire", "réductrice" et "imprécise" dans leur contribution à l'enquête publique.
La commission d'enquête doit à présent analyser chaque courrier et dresser un procès-verbal aux deux maîtres d'ouvrage: AGO/Vinci et la Direction régionale de l'environnement. La commission remettra ensuite son avis au préfet vers la mi-octobre.
L'aéroport doit être construit par le groupe Vinci d'ici à 2017 à Notre-Dame-des-Landes, à 30 km au nord de Nantes, dont le Premier ministre PS, Jean-Marc Ayrault, était le député-maire il y a trois mois encore.
De nombreuses associations contestent pourtant l'utilité de cette infrastructure et mettent en avant son impact environnemental et son coût.
"Ce projet, validé par l'Etat et soutenu notamment par les élus locaux PS [sic] est contesté par de nombreuses associations qui contestent l'utilité de cette infrastructure et mettent en avant son impact environnemental et son coût." (AFP)

Le quotidien de la région de Jean-Marc Ayrault est-il libre ?
Dix lignes partisanes dans Ouest France
Un tissu d'observations tendancieuses



Et une photo-montage verdoyante
et mensongère

"Les commissaires enquêteurs ont tenu leur dernière permanence ce matin à Notre-Dame-des-Landes, au terme de plus de sept semaines d’enquête publique dans le cadre du projet d’aéroport et de sa desserte routière. Cette enquête vise à assurer le respect de la loi Grenelle sur l’eau. Malgré la période estivale, les contributions, notamment d’entreprises et d’associations, ont été nombreuses. La mobilisation en faveur du projet a été forte, tout comme celle des opposants. Les commissaires devraient rendre leur rapport, qui s’annonce complexe à rédiger, dans un mois."

Servile, Rue89 -site socialiste militant- se livre à une intox médiatique éhontée