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vendredi 25 août 2017

Ça ne va toujours pas mieux pour le chômage (et les chômeurs...)

En juillet, le chômage a progressé dans toutes les catégories 

Les chiffres de Pôle emploi ne confirment pas la reprise économique prétendue

Résultat de recherche d'images pour "flexibilité"

Les statistiques de Pôle emploi (+1,0%) contredisent la proclamation d'une reprise de la croissance: 34.900 chômeurs désespérés supplémentaires sont allés pointer chez l’opérateur de Bercy en juillet , une forte hausse qui jette la suspicion sur la valeur des indicateurs économiques.  

Le mois dernier, le nombre de chômeurs (catégorie A) inscrits à Pôle emploi a atteint 3,52 millions en métropole et 3,78 millions en France entière, des niveaux inédits depuis l’été 2016. 
La hausse a principalement frappé les jeunes (+2,8%), malgré les offres d'emplois saisonniers et la promesse de Hollande de faire de la jeunesse sa priorité. Le président déchu n'a pourtant pas hésité à affirmer la veille que son successeur à l'Elysée a bénéficié de son bilan sur cinq ans...
La situation des seniors s’est d'ailleurs également détériorée (+0,3%). 

Le chômage de longue durée a lui aussi augmenté (+0,8%). 
Après les annonces de frémissements de la courbe de l'emploi par Michel Sapin, escroc au Travail (2012-2014) et à l'Economie (2017-2017), et au-delà des effets de yoyo de l’indicateur, mois après mois mois, la tendance est clairement à la hausse: c’est le cas sur trois mois (+1,3%) et depuis le début de l’année (+1,5%). 

L’indicateur est même en légère progression (+0,1%) sur un an, une première depuis mars 2016 : les campagnes présidentielle et législative sont pour beaucoup dans la soudaine surprise affichée par la presse et le silence au sommet de l'Etat. Emmanuel Macron n'a-t-il pas occupé le ministère de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique d'août 2014 à août 2016 ?

Sur le seul mois de juillet, il enregistre également une forte hausse (+1,1%) en n'ignorant pas les demandeurs d’emploi ayant exercé une activité au cours du mois (catégories B et C). Il atteint 5,62 millions de personnes en métropole et 5,93 millions en France entière.   

La ministre du Travail ne communique pas sur cette aggravation 

Ces chiffres "ne reflètent pas bien l’évolution du marché du travail", estimait Muriel Pénicaud, peu après sa prise de fonctions. Elle a néanmoins promis de réaliser, à compter de fin août, un point trimestriel de tous les indicateurs du marché du travail. Mais son cabinet n'a toujours pas arrêté la date du premier rendez-vous. 

Comment les autres indicateurs du marché du travail auraient-ils pu tous passer au vert, à contre-courant des chiffres de Pôle emploi ? Des économistes ont indiqué qu'ils pourraient s'inscrire dans le sillage d’une croissance qui pourrait dépasser les 1,6% en 2017, mais ces devins-là sont passés aux abonnés absents. Pour le Cercle des économistes, Jean-Hervé Lorenzi, son président, Emmanuel Lechypre, éditorialiste économique de BFMTV, et Olivier Babeau, professeur d'économie, vice-président de la Fondation Concorde, avaient vu venir la reprise économique de la France mais, saisis d'un doute soudain le lundi 21 août 2017, leur scénario avait évolué face aux chiffres de l'emploi et des prévisions de croissance et à Hedwige Chevrillon, sur BFM Business.

Pôle emploi et l’INSEE divergent

Résultat de recherche d'images pour "precarité"Selon l’Insee, officine de Bercy, le taux de chômage mesuré poursuivrait sa baisse. Seul indicateur du chômage reconnu à l’international, il a reculé de 0,1 point au deuxième trimestre, pour s’établir à 9,2% de la population active en métropole et à 9,5% en France entière. Il serait même en baisse de 0,5 point sur un an. 
Contre-intuitive, la divergence entre les indicateurs de Pôle emploi et de l’Insee s’explique... Ils ne mesurent pas le chômage de la même manière ! Pôle emploi comptabilise les inscrits sur ses listes réelles d'entrées et de sorties, alors que l’INSEE réalise ...une enquête auprès de 110.000 personnes. Convaincant ?

Les seniors inscrits à Pôle emploi ne sont pas comptabilisés par l’Insee s’ils ne cherchent plus activement un emploi. A contrario, chômeurs pour l’Insee mais inéligibles à l’assurance chômage, certains jeunes ne s’inscrivent pas à Pôle emploi. Les chiffres de Pôle emploi, eux, peuvent avoir été affectés par la baisse des prescriptions de contrats aidés au deuxième semestre, selon la presse macronienne: le gouvernement a décidé de réduire la voilure d’un dispositif qu’il juge "coûteux" et "pas efficace", et si l’enveloppe a été portée à 310.000 contrats aidés pour 2017, cela reste bien inférieur aux 459.000 conclus en 2016. A croire que les victimes salariées des suppressions de contrats aidés passeront devant Pôle emploi sans s'arrêter...

VOIR et ENTENDRE Nicolas Doze (BFM Business)  prendre le parti de l'INSEE (Bercy) contre Pôle Emploi (ministère du Travail), au prétexte que ce dernier prend essentiellement en compte la 'catégorie A'. 
Le journaliste n'a simplement pas envisagé (le 27 juin dernier) que Pôle emploi doive plutôt fournir des statistiques bimestrielles et comportant l'ensemble des catégories et non pas seulement celle qui arrange le gouvernement. 
  
Le gouvernement fait le pari que ses réformes du marché du travail porteront leurs fruits ...sur le long terme 

Résultat de recherche d'images pour "precarité"Les demandeurs d'emploi ne peuvent attendre, mais le président du MEDEF partage les espoirs du gouvernement à long terme. 
Pierre Gattaz a estimé que les mauvais chiffres de juillet rendent "d’autant plus urgente une réforme du droit du travail d’ampleur et ambitieuse"... 

Force ouvrière défend la thèse inverse. 
"Ces mauvais chiffres confirment l’échec des réformes qui flexibilisent les droits des salariés sans contreparties sur le terrain social", estime le syndicat dans un communiqué. 

La CGT a déploré des chiffres qui témoignent d’une hausse de la "précarité". 
Il est, selon la centrale, "plus que nécessaire de favoriser l’emploi à temps plein, afin que nous ne sombrions pas dans la pauvreté absolue comme le souhaitent le Medef et tous ces politiques assoiffés de pouvoir". 

Les réformistes de la CFDT, proche du pouvoir, mettent en cause l’annonce d’une baisse "très forte et brutale du nombre de contrats aidés pour l’année 2017 arrive donc complètement à contretemps, compte tenu du niveau toujours élevé du chômage, notamment de longue durée".

mardi 7 février 2017

Vallaud-Belkacem suit désormais la voie Hamon mais déraille

"Benoît Hamon a voté tous les textes budgétaires et soutient le CICE," raconte l'ex-porte-parole de Hollande

Zéro pointé pour Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education

Pimprenelle veut faire croire que Benoît Hamon n'est pas si critique qu'on le dit de la politique économique du gouvernement. Mais le ralliement politique est un exercice périlleux, aussi pour les professionnels du grand écart comme Najat Vallaud-Belkacem et,
malgré une longue pratique de l'échauffement à la désinformation comme porte-parole, la ministre de l'Education s'est fait un claquage. 
Pendant la campagne de la primaire à gauche, Najat Vallaud-Belkacem avait pris le parti du premier ministre, Manuel Valls, candidat qui devait balayer ses six rivaux et qu'elle qualifia donc de  "seul véritable homme d'Etat"de la primaire. Mais celui qui croyait maîtriser le balai se retrouva à la poubelle et la fidèle de Hollande lâcha Valls pour passer à Hamon, tombeur de l'"homme fort" du parti socialiste et nouveau "seul véritable homme d'Etat".
Hamon saura-t-il résister à la bécasse ?
Rappelons que la rumeur d’une liai­son entre Manuel Valls et Najat Vallaud-Belka­cem a circulé un temps et que le premier ministre a dû en faire le démenti.
Sur ce présumé avatar de sa vie personnelle, il n’y est pas allé par quatre chemins et, au prin­temps 2016, entre la poire et le fromage d’un déjeu­ner avec des jour­na­listes de sa suite,  Manuel Valls aurait de lui-même attaqué à la hussarde les rumeurs qui évoquaient un coup de canif à son contrat de mariage avec la violoniste, le révélant en couple avec une subalterne de bureau, Najat Vallaud-Belka­cem, ministre de l’Édu­ca­tion.

L'amour rend bête !
Alba Ventura et Laurant Bazin, co-auteurs du livre Le Bal des dézin­gueurs (éditions Flam­ma­rion) ont révélé les propos off très surpre­nants du locataire de Matignon. Valls aurait ironisé sur "les sympa­thiques rumeurs que certains des jour­na­listes présents ce jour-là ont genti­ment relayées", mais que seuls ont eu alors à connaître les malheureux assidus des salles d'attente de dentiste. L'hôte de ce déjeu­ner précisa à ses invités que ses colla­bo­ra­teurs avaient été sommés "de tout lui faire remon­ter" au sujet de cette folle rumeur. 
Si Najat Vallaud-Belka­cem, mariée et mère des jumeaux d'un proche de Hollande à l'Elysée, a opté pour l’in­dif­fé­rence aux bruits de couloirs, Manuel Valls s'est défendu en affirmant qu'il forme "un couple très soudé" a­vec Anne Gravoin, son épouse légitime. L'entourage n'a pas hésité à raconter que Valls aurait fait de la provocation en posant sur les photos offi­cielles au côté de la ministre de l’Édu­ca­tion "pour montrer aux photo­graphes que la rumeur ne lui fait pas peur". Ambigu...

Après l'éviction de Valls et la victoire de Benoît Hamon, la frivole Najat Vallaud-Belkacem a décidé de soutenir le candidat élu du Parti socialiste.
Elle le publie sur France Inter le lundi 7 février .

VOIR et ENTENDRE la versatile politicienne :

Benoît Hamon n'est pas si critique avec le bilan du quinquennat, assure-t-elle:
"Remarquez quand même que Benoît Hamon a voté tous les textes budgétaires, par exemple. Que Benoît Hamon a bel et bien soutenu le CICE. Donc, il n'y a pas de sujet pour moi."
Mais Najat Vallaud-Belkacem dit n'importe quoi


Benoît Hamon a voté tous les textes budgétaires ?
Elle débloque...



Contrairement à ce qu'affirme Najat Vallaud-Belkacem, le député des Yvelines s'est à la vérité abstenu sur trois textes budgétaires après son départ du gouvernement : loi de programmation des finances 2014-2019, projet de loi de finances 2017 et 2015. 
Et voilà comment il justifiait son vote sur ce dernier lors d'une interview sur RFI fin 2014 :
"J'ai fait le choix difficile de m'abstenir, qui est un choix cohérent avec les raisons pour lesquels je ne suis plus membre du gouvernement : un désaccord sur une politique économique qui privilégie la réduction de la dépense publique pour financer 40 milliards d'aides et de soutien aux entreprises."
VOIR et ENTENDRE Benoît Hamon clamer son désaccord avec le gouvernement Valls, au micro de Frédéric Rivière, sur RFI :

Benoît Hamon soutient le CICE ?
Elle débloque...
Benoît Hamon n'a pas varié dans sa condamnation de la politique économique menée pendant le quinquennat de François Hollande.
En vérité, lors d'un déplacement en Lorraine vendredi 3 février, le candidat socialiste à la présidentielle s'est attaqué au... CICE, qu'il est donc censé soutenir d'après Najat Vallaud-Belkacem :
"On ne peut plus avoir une politique de soutien à l'économie, qui se fasse sans contrepartie. Remarquez l'année dernière l'explosion de la distribution de dividendes, au moment où l'on fait du CICE. Ça veut donc dire qu'une grande partie des aides apportées aux entreprises a servi à augmenter la rémunération des actionnaires, pas les salaires, et pas aux créations d'emploi. Moi, je juge qu'une politique comme celle-là n'est pas bonne pour le pays."

Cela dit, si Benoît Hamon trouve quelques aspects positifs au quinquennat auquel il a participé, notamment sur... l'Education, Najat Vallaud-Belkacem ment encore, lorsqu'elle affirme péremptoirement que son nouveau 'driver' est en accord avec la politique économique menée par le gouvernement socialiste.

Est-elle plus fiable dans son domaine actuel de compétence ? 
NVB, chargée de mission de Gérard Collomb, 
sénateur-maire PS de Lyon, en janvier 2003, 
est une trouvaille de Ségolène Royal,
dont elle fut porte-parole à 
à l'élection présidentielle de 2007
et à la primaire citoyenne de 2011 
Au vu de ces déclarations, il est permis d'en douter...
Najat Vallaud-Belkacem fait campagne pour le frondeur Hamon mais elle reste au gouvernement: soit elle n'est pas en campagne et peut rester au gouvernement pour ne pas laisser l'Education sans tête, soit la ministre de Cazeneuve est sur la ligne de son favori et, comme lui, doit démissionner.

Mais peut-être son seul souci est-il son intérêt personnel, celui de conserver son poste à la législative à venir. Avec l'aide du PS.

En attendant,
comme porte-parole du 'frondeur' Hamon, elle est recalée. 

vendredi 4 avril 2014

Le gouvernement va-t-il abaisser les salaires sous le SMIC et déstructurer le marché du travail ?

Recette de Pascal Lamy: les Français devraient accepter un travail ...sous-payé 

Un artifice pour faire retomber la courbe du chômage
Manifestants anti-CPE du PS: Bertrand Delanoe,
Claude BARTOLONE, F. HOLLANDE, J. Lang et Henri Emmanuelli
lors de la manifestation à Paris, le 4 avril 2006
Proche de François Hollande, Pascal Lamy s'est dit favorable à des "petits boulots" payés en-dessous du SMIC. La proposition a de quoi surprendre, surtout émanant mercredi de l'ancien directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC)

L'objectif est d'introduire une plus grande flexibilité dans un marché du travail en berne.
"Je sais que je ne suis pas en harmonie avec une bonne partie de mes camarades socialistes, mais je pense qu'il faut, à ce niveau de chômage, aller davantage vers de la flexibilité et vers des boulots qui ne sont pas forcément payés au Smic", a plaidé l'ancien commissaire européen socialiste, invité de l'émission "Questions d'info" sur LCP.

Travailler pour un salaire inférieur au Smic? 

Pascal Lamy milite pour une politique du moindre mal. 
"Un petit boulot, c'est mieux que pas de boulot. Je ne réponds pas ça dans l'absolu, je n'aurais pas dit ça il y a 10 ans ou il y a 20 ans, mais à ce niveau de chômage..."

L'ex-directeur de l'OMC brise un tabou. Mais il assume son audacieuse suggestion lancé en forme de bulle d'essai : "il faut accepter de temps en temps de franchir les espaces symboliques de ce type pour rentrer dans la réalité et la transformer".

Le "Smic jeunes" d'Edouard Balladur ou du "CPE" de Dominique de Villepin, refont surface
Toutes deux abandonnées après des semaines de contestation sociale, ces idées ont la faveur du socialiste Pascal Lamy. "Ce n'est parce qu'une réforme n'a pas marché ou parce qu'on a reculé devant la pression de l'opinion que c'est une mauvaise idée. Si on prenait tous les réformes qu'on a essayées à un moment, qui n'ont pas marché et si on ne les avait pas reprises, on serait encore au Moyen-Age", a-t-il polémiqué.

En mars 2006, la gauche était totalement hostile au CPE 
Alors que la crise menaçait, selon Julien Dray (PS), Dominique de Villepin "persévère dans l'erreur". "Ce soir, le Premier ministre maintient son contrat précarité. Il n'a pas voulu entendre ni comprendre la colère qui s'exprime depuis plusieurs semaines dans le pays". La demande de retrait du CPE "était la condition d'un vrai dialogue social restauré. Elle n'a pas été prise en considération".

Bruno Julliard, le président de l'UNEF, disait avoir "un sentiment de déception mêlé à de la colère". "Le Premier ministre a dit : la loi s'appliquera, je lui réponds : la rue s'exprimera. On n'éteint pas un feu de forêt avec un verre d'eau."

En avril 2006
, jour pour jour, Julien Dray, porte-parole de François Hollande au PS, s'indignait: "Visiblement les manoeuvres et tractations continuent au sein de la droite, prenant en otage le pays. Le refus d'abroger le Contrat première embauche, sous une forme ou sous une autre, est visiblement l'objet de sordides tractations. Les millions de salariés et de jeunes doivent donc ne compter que sur leurs propres forces pour imposer une bonne fois pour toutes le refus de la précarisation du travail des jeunes".
La LCR était farouchement opposée. "La droite (...) refuse toujours de retirer le CPE et prend ainsi la responsabilité de nouvelles tensions à l'occasion des mobilisations de jeunes. Ce gouvernement n'entend rien et continue ses provocations. Blocages, occupations, manifestations de la jeunesse et des salariés doivent se poursuivre sans relâche. Ce gouvernement qui refuse toujours de répondre aux revendications de la jeunesse est illégitime : qu'il s'en aille !"

Dans l'hypothèse Lamy, Valls doit-il partir, à peine arrivé ?

François Hollande avait tout simplement accusé Dominique de Villepin d'organiser le conflit avec le pays au nom d'une stratégie politique tournée vers 2007.
Lionel Jospin avait considéré que le CPE faisait entrer l'arbitraire dans le droit du travail.
Laurent Fabius ou Ségolène Royal, aujourd'hui au gouvernement, s'étaient montrés très offensifs. 
Laurent Fabius estimait en 2006 que c'était "le contrat précarité exclusion. Je ne dis pas qu'il ne faut pas d'adaptations et de souplesse, mais pas en tripatouillant le contrat de travail ou en faisant tomber les protections sociales."
En candidate à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, alors présidente de Poitou-Charentes, s'était livrée à une polémique politicienne, avec le sentiment que que le premier ministre, en lançant le contrat première embauche (CPE), "a cédé à la frange la plus conservatrice du patronat, qui considère que la flexibilité doit être supportée par les seuls salariés".
A l'époque, l'actuelle ministre de l'Envirommement avait pris la voie de l'illégalité dans sa région avec l’initiative de priver d’aides régionales les entreprises qui recruteraient des jeunes à l’aide du contrat première embauche...
Dans la lutte contre le chômage, le PS proposait alors des " emplois tremplins" qui n'étaient rien d’autre que des CDD au rabais et le plus souvent sans véritable perspective professionnelle.

jeudi 28 février 2013

Fonction Publique : préavis de grève du 5 mars 2013

La chienlit CGT, FO, Solidaires et la FSU, encore le mardi 5 mars

La CGT et Force Ouvrière sont à l'origine de cet appel à la mobilisation générale en France le 5 mars 2013

Elles ont décidé ce mouvement à la veille de la présentation de l’accord sur l’emploi au Conseil des ministres pour s'opposer à l’accord sur la sécurisation de l’emploi établi le 11 janvier dernier.

Annick Coupé, porte-parole de Solidaires, a également indiqué que l'union syndicale, qui regroupe notamment les syndicats trotskistes de  SUD, s'associera à la mobilisation.

Les syndicats impliqués n’acceptent pas l’accord, qui prévoit des mesures pour la sécurisation de l’emploi.
Lien PaSiDupes - " Emploi: la CGT s'oppose au plus de flexibilité du gouvernement"


Les syndicats CFTC, CFDT et CGC ont quant à eux accepté de signer l’accord avec le gouvernement. 

Ils acceptent la généralisation inutile et dangereuse des complémentaires santé à tous les salariés, la taxation des contrats courts, ainsi que d'autres mesures coûteuses et le marché de dupes de la flexibilité (un maintien dans l'emploi très encadré, une évolution du cadre juridique des plans sociaux, favorable aux syndicts et une mobilité interne impliquant que le salarié qui la refusera pourrait être licencié pour motif personnel et non économique).

Ce préavis serait motivé par des revendications :
- contre l’accord national interprofessionnel (ANI) signé le 11 janvier 2013 qui fragilise la situation de l’emploi plutôt qu’elle ne la consolide ;
- contre la précarisation de l’emploi ;
- contre la transposition de l’accord dans la loi.

La dégradation de l’emploi est une réalité commune au secteur public et au secteur privé

C’est pourquoi les syndicats d'extrême-gauche s’inscrivent dans cette journée de manifestations et de grèves.


Les perturbations annoncées

Dans les transports

Le taux de gréviste n’est pas encore connu, et le niveau de maintien des transport (75%, 50% ou 25%) sera communiqué d’ici le 3 mars prochain.

Pour les autres sociétés de transport en région, aucune information n’est encore disponible. La SNCF Lorraine n’a pour l’instant pas connaissance d’un préavis de grève.

L'enlèvement des ordures devrait être suspendu

Bon nombre des crèches seront fermées ou perturbées

Dans l'Education


Malgré l’arrivée d’une prime annuelle dans l’éducation nationale, le syndicat hégémonique du primaire, le SNUipp-FSU a déjà appelé à une grève nationale le mardi 12 février 2013: elle visait la réforme des rythmes scolaires.
"Le 5 mars, nous serons ensemble dans cette bataille contre cet accord", a indiqué la secrétaire générale de la FSU Bernadette Groison, s'adressant au futur chef de file de la CGT,Thierry Lepaon. La FSU, seconde force réactionnaire de la fonction publique d'Etat, a réaffirmé sa volonté d'être "au coude à coude" avec les gransd frères de la CGT pour protester contre  un accord "en trompe l'oeil" qui "sécurise juridiquement les employeurs et flexibilise au maximum les salariés".
Outre les cours dans l'ensemble des niveaux, la restauration scolaire risque d'être affectée.

Service minimum d'accueil ?
La loi du 20 août 2008, adoptée sous Xavier Darcos, appelle les élus à prévoir l'accueil des enfants, dès lors que plus de 25 % d'enseignants grévistes sont recensés, mais lors de la grève des des enseignants contre la réforme des rythmes scolaires, seules 10 % des écoles parisiennes se sont organisées pour l'assurer.


samedi 12 janvier 2013

Sécurisation de l'emploi: CGT et FO jugent l'accord "inacceptable"

Syndicats et patronat affichent une satisfaction de façade

"Syndicats et patronats ont arraché" - à qui ?- "un accord sur la sécurisation de l'emploi"


François Hollande s'est empressé de saluer vendredi "un succès du dialogue social", au terme d'une journée marathon et de trois mois de négociations. "Cet accord se traduira par de nouvelles avancées pour les salariés", a estimé le chef de l'Etat. Il a demandé au gouvernement de préparer "sans délais" un projet de loi ", afin de transcrire fidèlement" le texte, bien que l'approbation formelle des organisations soit encore nécessaire dans les prochains jours.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a lui aussi exprimé sa "vive satisfaction".


Et dans leur sillage,
Jean-Phi (dit Harlem) Désir, le patron placé par l'Elysée à la tête du parti présidentiel, a salué une "victoire majeure du dialogue social", sans attendre que ce projet de loi soit présenté en Conseil des ministres le 6 ou le 13 mars, puis examiné en urgence par le Parlement en vue d'une promulgation fin mai.


Un accord qui engage l'après-crise

Côté flexibilité,l'accord  permet de baisser salaires et/ou temps de travail en cas de difficulté, des mesures pour faciliter et "déjudiciariser" les licenciements et la possibilité de restructurer sans plan social via une mobilité obligatoire.

En contrepartie, de nouveaux droits sont octroyés aux salariés et aux chômeurs: généralisation d'une complémentaire santé, limitation (subjective) des temps partiels ou encore droits rechargeables à l'assurance-chômage.

François Hollande cherche à inverser les opinions défavorables


Les patrons font marcher les affaires du président socialiste

Alors que les discussions piétinaient depuis le 4 octobre, le patronat (MEDEF, CGPME, UPA) a ouvert la voie au compromis vendredi matin en lâchant du lest sur la taxation de certains CDD, casus belli des syndicats.


Le président se donne des motifs de satisfaction
Le chef de l'Etat, qui a érigé le dialogue social en moteur de réformes, devra se contenter d'un compromis a minima que la crise et la dégradation du marché du travail en France imposent aux syndicats, tant patronaux que salariés.
A défaut de compromis "historique" réclamé par François Hollande avant fin 2012, l'exécutif attendait un "accord ambitieux" et l'exécutif veut croire que cette réforme permettra de lutter contre le chômage, qui touche 3,13 millions de Français.
La France, scrutée par les agences de notation et Bruxelles, est l'un des derniers pays en Europe où les syndicats et patronaux et ouvriers se résolvent à engager une telle réforme.
On peut lire dans les textes des hagiographes de la presse militante que "depuis l'échec de 1984, il n'y avait pas eu de nouvelle tentative de réformer en profondeur le marché du travail."

Or, cet accord intervient cinq ans jour pour jour après celui sur la modernisation du marché du travail, à l'origine de la rupture conventionnelle, qui a mis fin depuis à plus d'un million de CDI.
La loi n° 2008-596 du 25 juin 2008 " portant modernisation du marché du travail " a été promulguée par le gouvernement Fillon (UMP) résulte de l’accord national interprofessionnel (ANI) signé le 21 janvier 2008 par trois organisations patronales (MEDEF, CGPME, UPA) et quatre des cinq syndicats représentatifs au niveau national (CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC).


2008

Les principales dispositions de cette loi concernaient :

- la période d’essai : conditions de validité de la période d’essai, durée maximale et renouvellement, délai de prévenance en cas de rupture, prise en compte possible de certains stages effectués dans l’entreprise…;

- la création d’un CDD pour la réalisation d’un objet défini : salariés concernés (ingénieurs et cadres, au sens des conventions collectives), durée (min. 18 mois ; max. 36 mois), conditions de mise en œuvre (accord de branche étendu ou, à défaut, accord d’entreprise), etc. ;

- l’information du CE ou des DP sur le recours aux CDD, à l’intérim ou au portage salarial;

- l’instauration d’une possibilité de rupture conventionnelle du contrat de travail : procédure, garanties offertes au salarié…;
- l’abrogation des dispositions du Code du travail relatives au contrat " nouvelles embauches " (CNE);
- la création d’un cadre légal pour le portage salarial.

11 janvier 2013: un accord "gagnant-perdant"

Qui peut croire que les parties n'y laissent pas des plumes.
 Cet accord assurerait à la fois plus de souplesse aux entreprises et davantage de protection aux salariés... 

Laurence Parisot, présidente du MEDEF se félicite d'ailleurs que cet accord "marque l'avènement d'une culture du compromis après des décennies d'une philosophie de l'antagonisme social"

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a lui aussi salué "un accord ambitieux" estimant que l'emploi était le "gagnant".
Plus nuancé, Joseph Thouvenel (CFTC) a admis que "ce qu'on a obtenu n'est pas la perfection", ajoutant "je donnerai un avis positif la semaine prochaine à mon bureau confédéral",  .
"L'accord est équilibré", telle est la version officielle exprimée par Marie-Françoise Leflon (CFE-CGC).

La CGT et FO se sont quant à elles clairement opposées au texte
"L'accord est inacceptable de notre point de vue", a déclaré Agnès Le Bot (CGT), qui a prévenu que "la partie n'était pas finie".

Tandis que Désir H. considère que "la surtaxation des contrats précaires et la lutte contre le temps partiel subi permettront de lutter contre la précarité",
Stéphane Lardy (FO) a dénoncé un texte qui "renforce la précarité" et une négociation qui a "loupé sa cible", ajoutant: "c'est un jour sombre pour les droits des salariés".
Cette mesure figurait parmi les engagements du candidat Hollande, et dans la feuille de route du gouvernement pour lutter contre la précarité, alors que le recours aux CDD de moins d'un mois a explosé (+88% entre 2000 et 2010).

Ca passe ou ça casse ?
Pour être ratifié, un accord national interprofessionnel ne doit pas rencontrer l'opposition de plus de deux des cinq syndicats.
En passant, ça casse !
Circulez, il n'y a plus rien à voir avant la fin de crise.



mercredi 9 janvier 2013

A la recherche d'une flexibilité socialement responsable

Réforme du marché du travail: l'heure de vérité approche


Michel Sapin, ministre du Travail, 
François Hollande
et Jérôme Cahuzac, sous-ministre du Budget. 
sombres, vendredi à Paris

Quatre mois après le début des négociations entre les partenaires sociaux, le gouvernement souhaite toujours faire de cet accord une pièce maîtresse de son dispositif pour inverser la courbe du chômage. 
L'accord se veut historique, mais risque d'être minimal. 
Si le gouvernement parle tant d'emploi depuis deux jours, c'est que Hollande l'a promise, sans avoir forcément toutes les cartes en main pour avancer sur ce dossier. Pour l'instant, il préfère en effet laisser patronat et syndicats négocier une grande réforme du marché du travail, celle de la «sécurisation de l'emploi». Au programme: accorder plus de droits aux salariés (une complémentaire santé pour tous, par exemple) en échange d'une flexibilité accrue, côté employeur, pour embaucher et licencier. 

"Il s'agit de conjurer une double peur, a expliqué dans les grandes lignes le président François Hollande, lors de ses vœux aux Français, le 31 décembre. La peur du licenciement pour les travailleurs, la peur de l'embauche pour les employeurs." En conjurant, surtout, les craintes de ces derniers, le gouvernement entend créer un choc de confiance. Et faire de cet accord une pièce de son dispositif, aux côtés des emplois d'avenir et des contrats de génération, pour inverser la courbe du chômage d'ici à la fin de l'année. 

"Un accord en profondeur enverrait un signal très positif sur la confiance des entrepreneurs et des ménages, ce qui pourrait les inciter à relancer les investissements et la consommation", observe Hervé Boulhol, économiste à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). "L'accord pourrait avoir des effets psychologiques positifs, mais tout dépend de son contenu", nuance-t-on déjà au ministère du Travail. 

Le gouvernement Ayrault  affiche des ambitions à la baisse 
En lançant les négociations, le président réclamait un accord "historique". Jeudi, son premier ministre Jean-Marc Ayrault, moins exigeant, a parlé de texte "ambitieux". 
Finiront-ils par récolter un accord minimal ? 
La concertation n'est pas franchement bien engagée. Les discussions, débutées il y a quatre mois, ont patiné. Elles devaient s'achever fin décembre, mais, face aux blocages, les négociateurs ont décidé de se revoir les 10 et 11 janvier pour une course contre la montre du type marathonien. Patronat et syndicats ne sont pas soucieux d'améliorer leur image de partenaires sociaux et la crédibilité du "dialogue social à la française". 

Chacun a affûté sa stratégie

Côté syndicats, la CGT, plus spectatrice qu'acteur de ces négociations, assurera l'ambiance devant le siège du MEDEF, où elle a prévu de manifester. 

Pour sa part, FO n'est pas sûr de vouloir signer - son secrétaire général, Jean-Claude Mailly, a déclaré vendredi: "Je ne le sens pas." 

Les trois restants, CFDT, CFTC et CGC, s'arc-boutent sur un point: la taxation des contrats courts, c'est-à-dire des CDD. Le sujet hérisse le patronat, inflexible jusqu'à présent. 

Vendredi, la présidente du MEDEF, Laurence Parisot, a laissé la porte ouverte à des avancées. "Est-ce que ça augmentera le nombre de contrats à durée indéterminée? Je ne crois pas", s'est-elle contentée de répondre au micro de RMC et BFMTV, estimant qu' "un accord ambitieux est possible". "Nous obtenons des choses essentielles dans le cadre de ces discussions, sur les plans de sauvegarde de l'emploi ou les procédures aux prud'hommes, détaille-t-on au MEDEF. Nous voulons donc absolument aboutir à un accord." 

L'exécutif, qui brandit la menace d'une loi en cas d'impasse 
Pas sûr, toutefois, que le gouvernement ait réellement envie de passer à l'acte. S'il s'attache à flexibiliser le marché du travail, la gauche de la gauche l'accusera, après le crédit d'impôt compétitivité emploi, d'offrir un nouveau "cadeau" aux patrons. Un risque que le président Hollande, au plus bas dans les sondages, ne voudra sûrement pas prendre.

vendredi 28 décembre 2012

Emploi: la CGT s'oppose au plus de flexibilité du gouvernement


La CGT contre une coalition gouvernement-Parlement  générant plus de flexibilité

Entente cordiale Parisot - Sapin
lors de la conférence sociale
de juillet 2012
Bernard Thibault a prévenu que la CGT sera "très mobilisée dès les premiers jours de janvier pour empêcher tout accord générant plus de flexibilité dans le marché du travail", dont les partenaires sociaux doivent rediscuter les 10 et 11 janvier.

"Je voudrais être persuasif [et modéré] à l'égard du gouvernement et des parlementaires: non seulement ce ne serait pas une bonne solution pour l'emploi, mais si des velléités de déréglementation se faisaient jour, la CGT s'y opposerait avec toutes ses forces", a mis en garde le secrétaire général de la CGT sur RMC-BFMV vendredi .

Syndicats et patronat ont échoué à trouver un accord avant la fin de l'année sur la "sécurisation de l'emploi", comme le souhaitait François Hollande, ont été appelés jeudi à la "responsabilité" par le ministère du Travail et à conclure les 10 et 11 janvier.
"Ca fait 25 ans qu'on nous explique qu'en précarisant, en assouplissant le code du travail, on va créer des emplois", "il n'est pas question d'accepter la théorie selon laquelle les licenciements d'aujourd'hui créent l'emploi de demain", a-t-il annoncé.

Le leader syndical dénonce

Alors qu' "une négociation s'est ouverte à la demande du gouvernement pour faire reculer la précarité, le MEDEF nous propose à l'inverse (...) d'ajouter de nouveaux types de contrats de travail et de faciliter les licenciements", précise Thibault .

"Le patronat s'est mobilisé pour convaincre le gouvernement", accuse-t-il. 
"Si j'avais un message pour 2013 aux salariés: 'ne restez pas spectateurs', il faut nous-mêmes exercer une pression pour que soient prises les bonnes décisions", a déclaré B. Thibault.

Il a également dit "douter fortement" d'une inversion de la courbe du chômage fin 2013, objectif fixé par le président François Hollande, alors que le nombre de demandeurs d'emploi ne cesse de grimper depuis 19 mois.
"Je n'ai pas de raison de douter de l'engagement ou de l'objectif", "par contre j'ai des éléments qui me permettent de douter fortement de la perspective d'avoir un inversement de la courbe du chômage en 2013 comme le président de la République l'a affirmé", a-t-il déclaré.

Pour lui, le changement promis par François Hollande "a été relégué à 2 années plus tard", ce qui engendre "surprise" et "déception" et laisse entendre que "la parole du MEDEF est plus influente que celle des organisations syndicales", gronde-t-il.

Le numéro un de la CGT a également souligné que "la CGT a remporté haut la main les élections dans les TPE", dont les résultats ont été publiés le 21 décembre, souhaitant que "le gouvernement ait entendu le message".

Et la CFDT, elle ne pense rien sur la flexibilité de l'emploi ?