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lundi 11 novembre 2019

Un agriculteur sur cinq n'a dégagé aucun revenu en 2017

L'agriculteur, espèce en voie de disparition

Les écologistes radicaux les accablent, mais "en même temps" veulent-ils des bras pour une alimentation saine et de proximité ?

Près d'un agriculteur sur cinq n'a dégagé aucun revenu en 2017
Un rapport de l'INSEE pointe les très grands écarts de revenus entre les différentes filières agricoles. Si le secteur du vin reste le plus prospère, ceux des céréales et de l'élevage d'ovins sont frappés de plein fouet par une conjoncture défavorable et les critiques contre une profession pourtant en pleine mutation.

A l'heure où le gouvernement a présenté son premier bilan de la loi Alimentation, dont les effets sur les professionnels de l'agriculture et les consommateurs peinent à se faire ressentir, l'institut national de la statistique a publié un panorama des rémunérations des agriculteurs, aux conclusions contrastées. Si le revenu moyen affiché a connu une augmentation sur l'année 2017, à 1.390 euros mensuels, 19% des agriculteurs français ont déclaré un revenu nul, voire un déficit de leur exploitation.

La part d'exploitations sans revenus "est particulièrement élevée dans la production de céréales et grandes cultures (30%) et dans l'élevage d'ovins, caprins, équidés et autres animaux (28%)", relève l'Insee dans son rapport publié jeudi 7 novembre. 
Pour les céréaliers, cela peut s'expliquer par les répercussions de l'année de récolte catastrophique en France en 2016, doublée d'une chute des cours mondiaux. La situation a continué d'affecter les fermes françaises en 2017, la commercialisation des grains étant à cheval sur deux années.


Cette conjoncture a affecté les céréaliers, pourtant traditionnellement présentés comme la vitrine prospère de la ferme France. Ils ont dégagé en moyenne un revenu net avant impôts inférieur à 1.000 euros par mois cette année-là (+6,7%). 

En moyenne et
 avec également une crise au long cours du secteur de l'élevage bovin, les exploitants agricoles ont enregistré un revenu net imposable mensuel moyen de 1.390 euros par mois en 2017, en progression de 8,2% par rapport à 2016, avec d'énormes écarts selon les productions.

Sans surprise, la viticulture est le secteur le plus prospère, avec un revenu moyen de 2.790 euros par mois, mais en recul de 3,9% par rapport à 2016. 

En bas de l'échelle, les éleveurs d'ovins, caprins, équidés sont particulièrement menacés (jusque dans la vallée de la Roya?), avec un revenu moyen de 620 euros par mois, en recul de 9% par rapport à celui de 2016.
Quid de l'élevage porcin ? 

Si l'année d
es éleveurs bovins n'a pas été florissante, elle a connu un mieux en 2017: avec 1.100 euros de revenus par mois, ils ont bénéficié d'une forme de "rattrapage" (+15,9%). 
Dans le même temps, les revenus des agriculteurs en polyculture-élevage voyaient leur revenu moyen passer à 1.090 euros, une progression de 25,2%. 

En 2016, ils avaient subi l'effondrement des prix du lait, dû à la fin des quotas laitiers en 2015.

Faut-il aussi parler des sujets qui fâchent, les embargos politiques ? 
En 2017, les Etats-Unis avaient pourtant levé l'embargo sur les importations de France, mais, en 2019, ils ont annoncé des tarifs douaniers renforcés sur un éventail de produits européens.
Le 1er octobre, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a autorisé les États-Unis à imposer des taxes sur près de 7,5 milliards de dollars (6,8 milliards d'euros) de biens européens par an en représailles à des aides accordées au constructeur aéronautique Airbus. L'administration Trump avait annoncé dans la foulée que des droits de douane allant de 10 % pour les avions à 25 % pour toute une série d'autres produits entreraient en vigueur le 18 octobre.
Outre sa plainte à l'OMC, l'Union européenne a engagé des mesures de rétorsion sur des produits industriels, mais également agricoles américains : fin avril, la Commission a ainsi préparé une liste de produits emblématiques, dont les jeans ou les motos, mais aussi le tabac ou le bourbon. Le monde agricole français a-t-il besoin de cette guerre-là ?
En juin dernier, le président russe Vladimir Poutine a prolongé jusqu’à la fin de 2020 l’embargo sur les produits alimentaires occidentaux, introduit en 2014 en représailles aux sanctions décrétées par les Américains et les Européens contre Moscou pour son rôle dans la crise ukrainienne.

samedi 7 juillet 2018

Guerre commerciale : les Etats-Unis tentent de mettre un coup d'arrêt à l'invasion des produits chinois

Les communistes chinois appellent l'OMC à l'aide



Pékin a saisi vendredi l'Organisation mondiale du commerce (OMC) pour contester l'entrée en vigueur de droits de douane américains sur certaines importations chinoises, accusant l'administration Trump  du déclenchement de "la plus grande guerre commerciale de l'histoire économique". Le ministère chinois du Commerce a fait vendredi de son recours à l'OMC, dont l'une des tâches est de réduire les obstacles au libre-échange, après avoir la mise en oeuvre  immédiate de droits de douane de 25% sur un montant "égal" de quelque 540 produits américains, .
Pékin réagit ainsi à l'entrée en vigueur de droits de douane américains de 25% sur 34 milliards d'importations chinoisesLa Chine avait promis "de ne pas tirer la première", puisque ce n'était pas l'intérêt de l'agresseur, mais avait prévenu: "pour défendre les intérêts fondamentaux du pays et de sa population", elle sera contrainte de riposter. C'est ce qu'a fait Trump, pour défendre les intérêts fondamentaux des Etats-Unis et de sa population.
Il ne s'agit que d'un addendum à la plainte qu'avait déjà déposée le géant asiatique pour contester l'imposition, en mars dernier, des taxes américaines de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium, a précisé une source à Genève. 
Les nouveaux tarifs douaniers américains, entrés en vigueur vendredi, affectent 818 produits chinois dont des automobiles, des disques durs ou des composants d'avions, mais épargnent des produits populaires comme les télévisions et téléphones.
Une deuxième série de taxes sur 16 milliards d'importations entrera prochainement en vigueur, a rappelé jeudi Donald Trump, évoquant un délai de "deux semaines".

Les exportations chinoises avaient progressé de 44,5% sur un an, en février 2018, dépassant de très loin les pronostics (+13,6% !)

Au total, ce sont 50 milliards de dollars d'importations chinoises annuelles qui seront donc affectées par les mesures américaines, destinées à compenser le "vol" de propriété intellectuelle et de technologies par la Chine dénoncé par l'administration Trump, mais une pratique que laisse perdurer Bercy en France.
Les Etats-Unis ne devraient pas faire les choses à moitié, puisque Donald Trump envisage de porter à 450 milliards la valeur des produits chinois taxés, soit la grande majorité des importations venues du géant asiatique (505,6 milliards de dollars en 2017).




Ces mesures douanières américaines ont fait tomber le déficit commercial des Etats-Unis en mai à 43,1 milliards, son plus bas niveau depuis octobre 2016 en dopant les exportations de soja vers la Chine (+89,6%), avant que cette denrée ne soit taxée en représailles.

Les anti-Trump soutiennent le dumping commercial chinois qui pénalise pourtant aussi l'économie française


Depuis des mois, les experts anti-américains développent la crainte d'une guerre commerciale et d'un coup d'arrêt des échanges de produits à travers la planète, actuels moteurs de la croissance mondiale.
Le Premier ministre chinois Li Keqiang, actuellement en Bulgarie, a estimé vendredi qu'une "guerre commerciale ne profite à personne". La presse française à l'écoute des rues de Pékin raconte que des consommateurs s'inquiètent par ailleurs de possibles hausses des prix consécutives aux taxes sur les produits américains. Ils se disent solidaires des autorités, insiste l'AFP. Cette agence de presse fait parler un chinois moyen fantasmé :  M. Yang (sic), client d'une supérette, lui aurait déclaré : "je ferai de mon mieux pour acheter chinois"... L'agence de presse hexagonale serait-elle devenue une adepte du patriotisme économique, sous réserve qu'il soit chinois ?
A la faveur du "secret des sources", la même agence se serait trouvée, à la fédération des détaillants, un homologue américain de Monsieur Yang (ou Chang !) pour affirmer que plusieurs produits vendus aux Etats-Unis pourraient voir leurs prix augmenter, "les étudiants devant débourser plus pour le mini-réfrigérateur dont ils auront besoin à l'université à l'automne". Quand aux vieux, n'en parlons même pas: ce n'est pas vendeur...
Nos  pro-chinois créent une psychose
Les partisans revanchards d'Hillary Clinton dénoncent les mesures protectionnistes prises par Donald Trump depuis le début de l'année. Selon eux, il ne défendrait pas l'emploi des travailleurs américains et sa balance commerciale, mais agirait à l'encontre de ses partenaires commerciaux, "suscitant exaspération et inquiétude," commentaire partisan non étayé : une 'infox' non chiffrée ne serait donc pas une 'fake news' ?
La Maison Blanche impose depuis le 1er juin des droits de douane sur les importations d'acier et d'aluminiumen provenance du Canada, de l'Union européenne, du Mexique ou de la Russie qui ont porté l'affaire devant l'OMC. Comme Pékin.
Dans le sillage de ces mêmes pays, Moscou a annoncé vendredi l'introduction de surtaxes sur une série de produits américains en réponse aux barrières douanières imposées à l'acier et l'aluminium.
Des experts mettent en garde contre les dégâts potentiels d'une telle politique, non seulement sur l'économie américaine mais aussi sur l'économie mondiale.
L'imposition de taxes réciproques "va peser sur la croissance, la confiance (des ménages) et les marchés financiers", ont réagi vendredi les économistes d'Oxford Economics. Pour information (1er juillet 2018),
 un rapport du cabinet Oxford Economics prévoit un possible rattrapage économique de Paris sur Londres, du fait du Brexit au Royaume-Uni et de l'élection d'Emmanuel Macron en France... : "la compétition entre les deux capitales européennes tend à se resserrer".  Ce cabinet se fonde sur des prévisions ! Celles d'une croissance du PIB de 1,6 % prévue d'ici à 2021. En attendant, et après 14 mois (voire plus de 6 ans, en comptant les temps de services de Macron à Hollande, depuis 2012), Paris se positionne en 18e position dans le classement des villes d'Europe réalisé par le cabinet "indépendant" anglo-saxon. Loin derrière Londres à la 8e place et ses 2,3 % de croissance escomptés au cours des prochaines années : un rattrapage de dix places ?.... Oxford Economics considérait jusqu'ici que l'Elysée - sans rien faire - pourrait trouver avec le Brexit une fenêtre d'opportunité et devenir un refuge prisé pour les salariés quittant la City. Trump brise les rêves jupitériens de succès les doigts dans le nez. A la tête du classement d'Oxford Economics, c'est plutôt Varsovie qui affiche la plus forte croissance pour les cinq prochaines années (+3,5 %). Chez les ouvriers de Whirlpool, le protectionnisme fait recette : les ouvriers de l'usine d'Amiens bientôt délocalisée en Pologne, hésitent entre  colère, résignation et espoir : pour protéger l'emploi, il faut plus de protectionnisme.
Trump réagit aux menaces de ces dernières semaines : des entreprises américaines ont averti qu'elles pourraient licencier, faute de rester compétitives, voire mettre la clé sous la porte. "L'économie se porte probablement bien mieux que par le passé, avant que nous réglions le problème des accords commerciaux inéquitables passés avec chaque pays", a-t-il estimé.
Du côté chinois, "la guerre commerciale va ralentir la croissance du PIB chinois de 0,2 point de pourcentage" en 2018, a estimé un responsable de la Banque centrale, jugeant toutefois l'impact "limité".

Les exportations chinoises augmentaient beaucoup plus que prévu

Le péril jaune s'est accru à un rythme le plus rapide en trois ans en février, ce qui donne à penser que la croissance économique chinoise reste solide, malgré la possible détérioration des relations commerciales avec les Etats-Unis et la propagande macronienne.
Dépassant largement les anticipations des économistes, les exportations chinoises ont progressé de 44,5%, tandis que les importations n'ont avancé que de 6,3%, montrent les statistiques douanières sur un an,  publiées jeudi. Cela fait ressortir un excédent commercial de 33,74 milliards de dollars (26,9 milliards d'euros), pour le mois.  Réuni en janvier-février, il  a même crû de 43,6% sur un an à 54,32 milliards de dollars.


vendredi 8 août 2014

Russie: impact désastreux de la politique internationale de Hollande et Fabius sur la France

Ils l'ont bien cherché, l'embargo russe !

Hollande n'a pas mesuré les conséquences de son alignement sur Obama


Suite à l'appel à l'aide de Vladimir Poutine par les séparatistes russophones face aux rebelles ukrainiens pro-occidentaux, Obama a incité les Européens et Hollande à frapper fort sur l'économie russe.
En sanctionnant la Russie sur le dossier ukrainien, les Etats-Unis et l'Europe relançaient la guerre froide et savaient qu'ils exposaient leur économie. La riposte russe est tombée mercredi : le président russe a fait décréter une "interdiction totale" de la plupart des produits alimentaires qu'ils importent en Russie, à compter du 7 août. 
Vladimir Poutine menace de ne pas s'arrêter là et d'interdire le survol du territoire russe aux compagnies aériennes effectuant des liaisons entre l'Europe et l'Asie via la Sibérie. Cela provoquerait pour les compagnies aériennes un important surcoût en carburant qui se répercuterait sur les prix. Cette hypothèse reste toutefois au stade de la "réflexion", selon le gouvernement russe.
Les Etats-Unis, les 28 états membres de l'U.-E., la Norvège, l'Australie et le Canada, qui ont tous adopté des sanctions économiques à l'encontre de la Russie, sont concernés, mais, p artenaire privilégié dans les échanges commerciaux avec la Russie, c'est surtout l'Union européenne (UE), qui a pris les plus gros risques de riposte économique.

La Russie achetait ses pommes, ses tomates et ses pêches chez les Européens, dont la France: c'est fini! Déjà qu'ils traversaient justement une grave crise cet été, en raison d'une production abondante, Obama et son valet Hollande en rajoutent une palette !

"La Russie va suspendre ses importations agroalimentaires en provenance d'Europe, à commencer par de nombreux produits frais, mais les sanctions risquent aussi d'engorger l'espace communautaire qui perd un débouché important, en fruits et légumes notamment. Avec l'Ukraine d'avant la crise provoquée par l'ingérence d'Obama et sa suite et le Brésil, l'Allemagne et les Pays-Bas figuraient en 2013 parmi les principaux fournisseurs de la Russie, qui importe 35 % de sa consommation alimentaire. Ce pays absorbe ainsi 10 % des exportations agricoles et agroalimentaires de l'UE, pour un montant de 12 milliards d'euros par an, selon Eurostat." 

C'est approximativement en ces termes que l'hebdomadaire Le Point tente de noyer le poisson français dans l'embargo de l'Europe par la Russie.
Or, Le Point  occulte qu'au sein de l'UE, la France compte parmi les plus gros fournisseurs de produits agro-alimentaires de la Russie. "Elle se place au 8ème rang mondial, et au quatrième rang européen derrière l'Allemagne, l'Ukraine (avant la crise d'influence géo-politique) et les Pays-Bas", selon le ministère de l'Agriculture, et donc au troisième rang, de fait. Des données qui sont à relativiser : selon les chiffres de 2012, les exportations françaises vers la Russie représentent 6,5% du total de ses exportations, soient 1,2 milliard d'euros. Il s'agit surtout de champagne et de produits de luxe, qui ne sont pas concernés par l'embargo russe. Ce qui ne signifie pas pour autant que la France ne doit pas craindre Moscou. En effet, la Russie constitue le premier marché à l'export pour les producteurs français de pommes et de poires. Moscou va donc se détourner des producteurs français pour se tourner vers des pays producteurs avec lesquelles elle reste en bons termes. "Les Russes vont continuer à manger des pommes, des tomates, des pêches. Sauf que l'origine ne sera plus européenne : elle sera d'Asie, du Brésil, d'Afrique du Sud, etc... Donc quand ce marché se rouvrira, il faudra des années pour reconquérir des parts de marché, décrypte sur Europe 1 Luc Barbier, président de la fédération nationale des producteurs de fruits. C'est dramatique", conclut-il.

"Exportatrice de céréales, la Russie est "fortement importatrice de légumes et fruits et de produits transformés tels la viande, les produits laitiers", a ajoutéé Xavier Beulin, patron du principal syndicat agricole, la FNSEA.

Le Point adopte l'angle obtus d'un soi-disant manque des tables russes

Comme si la Russie ne pouvait pas faire appel aux concurrents des producteurs français, l'hebdomadaire note bien que "fruits frais, fromages, porcs... représentent à chaque fois un volume d'affaires d'un milliard d'euros environ pour faire croire que Poutine impose une disette à son pays.  "Ce sont avec les légumes (770 millions) les marchandises qui manquent le plus aux tables russes et constituent les principales importations alimentaires d'Europe avec les vins et spiritueux (1,5 milliard euros). Les pommes, les tomates et les pêches en particulier sont achetées chez les Européens qui traversent justement une grave crise cette saison, en raison d'une production abondante, au demeurant hautement périssable. L'angle choisi par Le Point est celui d'un amalgame qui minimise l'impact de l'embargo russe sur la France.
Le Point interprète à sa guise les craintes de Xavier Beulin sur un double effet probable: "La Russie se ferme aux importations, mais les produits [français] qui n'iront plus à l'exportation vont [tenter de] se rabattre sur les pays européens et créer une situation de crise". Il a demandé à rencontrer le président de la République "dans les meilleurs délais".

La déclaration du président de la Fédération des producteurs de fruits français (FNPF), Luc Barbier, est moins tortueuse: les "Espagnols exportaient (en 2012) environ 100.000 tonnes de fruits vers l'Ukraine et la Russie : autant de quantités qui vont se rabattre sur le marché communautaire". Or, "Italie, Espagne et France connaissent déjà une guerre de la pêche nectarine avec des prix effondrés et "la catastrophe" se profile avec la pomme, annonce-t-il.

La mise en difficulté des producteurs français par les menaces du gouvernement socialiste sur la Russie est préoccupante. Les Français ont expédié pour près de 26 millions d'euros de fruits en Russie en 2012, rappelle Luc Barbier. "Mais cette année, la Pologne qui exportait beaucoup vers la Russie attend une récolte abondante qui va naturellement se reporter sur le marché intérieur" de l'UE. Selon la Wapa, l'association mondiale des producteurs de pommes et de poires, la Pologne est de loin le plus gros producteur de pommes de l'Union (3,5 millions de tonnes attendues cette année) avec l'Italie (2,3 millions de tonnes) et la France (1,5 million de tonnes).
Au total, que va faire Stéphane Le Foll des 1,17 milliards d'euros de produits agro-alimentaires expédiés l'an passé vers la Russie, 
dont 450 millions en boissons alcoolisées et notamment champagne.

Le Point se félicite au passage que ce soient principalement la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne qui auront à pâtir d'un coup de frein de leurs exportations de viande bovine vers la Russie, dont, le premier fournisseur reste de loin le Brésil, devant les autres pays d'Amérique latine et l'Amérique du Nord (soumise, elle aussi, aux sanctions pour les États-Unis). Mais l'hebdomadaire souligne du même coup qu'en Europe, la contribution en viande de la France à la Russie était déjà en net recul depuis le début du conflit Ukraine-Russie, en 2013. Le Monde, contrairement au Point, cite complètement la FNSEA, principal syndicat agricole français, qui souligne que la Russie est fortement importatrice de viande, lait, fruits et légumes français, ainsi que de produits transformés à partir de ces matières premières. Lien Le Monde
Quant aux éleveurs de porc, ils ont déjà pu constater le "danger majeur" que constitue l'embargo russe, puisque leurs produits sont déjà interdits depuis février 2014, pour des motifs sanitaires, insiste Le Monde. Les exportations européennes ont été totalement suspendues par l'embargo russe décrété le 29 janvier au motif de la peste porcine, arguant de cas décelés sur des sangliers. Or, "la France exporte chaque année 75.000 tonnes de porc vers la Russie. Cela représente un chiffre d'affaires de 150 millions d'euros, précise Guillaume Roué, président de l'interprofessionnelle nationale porcine (Inaporc). Mais les répercussions économiques sont beaucoup plus importantes que cela, puisque nous estimons aujourd'hui que l'impact constaté depuis le mois de février est de l'ordre de 500 millions d'euros, rien que pour la France, du fait de la dégradation du marché à l'intérieur même de l'Europe".

Alors que Danone souffrira en première ligne de l'embargo, Le Point affirme que le Danemark et les Pays-Bas seront les plus exposés pour les produits laitiers - la France qui a vendu l'an passé pour 119 millions d'euros de produits laitiers à la Russie représentait moins de 4 % des importations du pays dans ce secteur. Un manque à gagner de 4% est-il négligeable pour les entreprises laitières françaises? 
"En 2011, selon les statistiques russes, les importations agroalimentaires russes en provenance de France ont atteint 1,064 milliard de dollars sur un total de produits agroalimentaires importés de 28,02 milliards de dollars. La France se place au 8ème rang des fournisseurs agroalimentaires de la Russie, soit 3,8% des importations agroalimentaires russes derrière le Brésil, l'Allemagne, l'Ukraine, les Pays-Bas, la Chine, les États-Unis et la Turquie", indique un document du ministère de l'Agriculture français.
"De grands groupes français sont aujourd'hui présents dans divers secteurs : la filière laitière (Danone-Unimilk avec plus de 27% du marché des produits frais, Lactalis), les céréales (Dreyfus, Soufflet), le sucre (Sucden), les légumes (Bonduelle). Ont également investi la Cooperl (génétique porcine) Lesaffre (levures boulangères) , Roquette (industrie de transformation de l’amidon) mais aussi des entreprises dans le secteur de l'alimentation animale (Diana SPF, Evialis/InVivo, OLMIX), ainsi que les différents distributeurs de machines agricoles", note aussi le document.
 
L'exécutif compte sur l'aide de l'OMC
L'embargo, décrété par Moscou en réaction aux attaques occidentales sur l'Ukraine, est considéré comme "peu justifié" par BruxellesEn avril, l'Europe avait déjà  porté plainte  devant l'OMC, l'Organisation mondiale du commerce, basée en Suisse et chargée de favoriser l'ouverture commerciale et d'aider les gouvernements à régler leurs différends commerciaux. C'est d'ailleurs l'espoir du gouvernement socialiste que l'OMC se saisisse des sanctions décrétées par Moscou, indique M. Beulin.

Le patron des exploitants agricoles français mise aussi sur la réaction des consommateurs russes face à des étals qui resteraient vides, selon Le Point qui persiste à dramatiser la situation russe. D'ailleurs, pour Luc Barbier, qui représente les producteurs de fruits français, "le risque pour les Européens est aussi de se voir confisquer des parts de marché au profit de l'Asie ou de l'Amérique latine, qu'il sera ensuite très difficile de reconquérir". C'est donc dire que les tables russes ne connaîtront pas la pénurie promise par Le Point...


Cohérence du gouvernement Valls: campagne UBI-France, organisme sous la tutelle du ministère de l'Économie d'Arnaud Montebourg et du ministère du Commerce extérieur de Fleur Pellerin, secrétaire d'Etat de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères...


vendredi 4 avril 2014

Le gouvernement va-t-il abaisser les salaires sous le SMIC et déstructurer le marché du travail ?

Recette de Pascal Lamy: les Français devraient accepter un travail ...sous-payé 

Un artifice pour faire retomber la courbe du chômage
Manifestants anti-CPE du PS: Bertrand Delanoe,
Claude BARTOLONE, F. HOLLANDE, J. Lang et Henri Emmanuelli
lors de la manifestation à Paris, le 4 avril 2006
Proche de François Hollande, Pascal Lamy s'est dit favorable à des "petits boulots" payés en-dessous du SMIC. La proposition a de quoi surprendre, surtout émanant mercredi de l'ancien directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC)

L'objectif est d'introduire une plus grande flexibilité dans un marché du travail en berne.
"Je sais que je ne suis pas en harmonie avec une bonne partie de mes camarades socialistes, mais je pense qu'il faut, à ce niveau de chômage, aller davantage vers de la flexibilité et vers des boulots qui ne sont pas forcément payés au Smic", a plaidé l'ancien commissaire européen socialiste, invité de l'émission "Questions d'info" sur LCP.

Travailler pour un salaire inférieur au Smic? 

Pascal Lamy milite pour une politique du moindre mal. 
"Un petit boulot, c'est mieux que pas de boulot. Je ne réponds pas ça dans l'absolu, je n'aurais pas dit ça il y a 10 ans ou il y a 20 ans, mais à ce niveau de chômage..."

L'ex-directeur de l'OMC brise un tabou. Mais il assume son audacieuse suggestion lancé en forme de bulle d'essai : "il faut accepter de temps en temps de franchir les espaces symboliques de ce type pour rentrer dans la réalité et la transformer".

Le "Smic jeunes" d'Edouard Balladur ou du "CPE" de Dominique de Villepin, refont surface
Toutes deux abandonnées après des semaines de contestation sociale, ces idées ont la faveur du socialiste Pascal Lamy. "Ce n'est parce qu'une réforme n'a pas marché ou parce qu'on a reculé devant la pression de l'opinion que c'est une mauvaise idée. Si on prenait tous les réformes qu'on a essayées à un moment, qui n'ont pas marché et si on ne les avait pas reprises, on serait encore au Moyen-Age", a-t-il polémiqué.

En mars 2006, la gauche était totalement hostile au CPE 
Alors que la crise menaçait, selon Julien Dray (PS), Dominique de Villepin "persévère dans l'erreur". "Ce soir, le Premier ministre maintient son contrat précarité. Il n'a pas voulu entendre ni comprendre la colère qui s'exprime depuis plusieurs semaines dans le pays". La demande de retrait du CPE "était la condition d'un vrai dialogue social restauré. Elle n'a pas été prise en considération".

Bruno Julliard, le président de l'UNEF, disait avoir "un sentiment de déception mêlé à de la colère". "Le Premier ministre a dit : la loi s'appliquera, je lui réponds : la rue s'exprimera. On n'éteint pas un feu de forêt avec un verre d'eau."

En avril 2006
, jour pour jour, Julien Dray, porte-parole de François Hollande au PS, s'indignait: "Visiblement les manoeuvres et tractations continuent au sein de la droite, prenant en otage le pays. Le refus d'abroger le Contrat première embauche, sous une forme ou sous une autre, est visiblement l'objet de sordides tractations. Les millions de salariés et de jeunes doivent donc ne compter que sur leurs propres forces pour imposer une bonne fois pour toutes le refus de la précarisation du travail des jeunes".
La LCR était farouchement opposée. "La droite (...) refuse toujours de retirer le CPE et prend ainsi la responsabilité de nouvelles tensions à l'occasion des mobilisations de jeunes. Ce gouvernement n'entend rien et continue ses provocations. Blocages, occupations, manifestations de la jeunesse et des salariés doivent se poursuivre sans relâche. Ce gouvernement qui refuse toujours de répondre aux revendications de la jeunesse est illégitime : qu'il s'en aille !"

Dans l'hypothèse Lamy, Valls doit-il partir, à peine arrivé ?

François Hollande avait tout simplement accusé Dominique de Villepin d'organiser le conflit avec le pays au nom d'une stratégie politique tournée vers 2007.
Lionel Jospin avait considéré que le CPE faisait entrer l'arbitraire dans le droit du travail.
Laurent Fabius ou Ségolène Royal, aujourd'hui au gouvernement, s'étaient montrés très offensifs. 
Laurent Fabius estimait en 2006 que c'était "le contrat précarité exclusion. Je ne dis pas qu'il ne faut pas d'adaptations et de souplesse, mais pas en tripatouillant le contrat de travail ou en faisant tomber les protections sociales."
En candidate à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, alors présidente de Poitou-Charentes, s'était livrée à une polémique politicienne, avec le sentiment que que le premier ministre, en lançant le contrat première embauche (CPE), "a cédé à la frange la plus conservatrice du patronat, qui considère que la flexibilité doit être supportée par les seuls salariés".
A l'époque, l'actuelle ministre de l'Envirommement avait pris la voie de l'illégalité dans sa région avec l’initiative de priver d’aides régionales les entreprises qui recruteraient des jeunes à l’aide du contrat première embauche...
Dans la lutte contre le chômage, le PS proposait alors des " emplois tremplins" qui n'étaient rien d’autre que des CDD au rabais et le plus souvent sans véritable perspective professionnelle.

vendredi 26 juillet 2013

Lebranchu a le sens de la propriété face à Pascal Lamy

Touche pas à mon maroquin

"Qu'il se repose !" Amical conseil ou tir de barrage ? 

Pascal Lamy s'est fait agresser par la sexagénaire qui, dans les colonnes de l'Opinion du 26 juillet (lien payant), l'a incité à prendre du repos à l'issue de son mandat.
Le 31 août prochain, son mandat de directeur de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) arrivera à son terme et Pascal Lamy, membre du Parti socialiste français, pourrait se retrouver désoeuvré.
Le nom de ce Lagarde de gauche fait en effet partie de ceux qui reviennent souvent dans l'hypothèse d'un remaniement, et ce depuis longtemps - avant même la victoire de François Hollande à la présidentielle de 2012.

Pour sa part, la camarade de la Ch'tite Aubry préférerait le voir écrire un livre, "prendre son temps, réfléchir", assure l'Opinion. La raison ? C'est la ministre qui la donne : "Il y aurait des gens importants qui auraient toujours droit aux mêmes postes. Cela donne le sentiment qu'il y a une élite." De ce côté, Marylise est à l'abri...

Le camarade Lamy est très critique de ses amis

"Social-démocrate revendiqué, Pascal Lamy n'a pas que des amis au PS
français, qui le lui rend bien. En juin dernier, il affirmait dans le Figaro : "Je suis en harmonie idéologique avec 95% des sociaux-démocrates de cette planète, le problème c'est qu'une grande partie des 5% restants sont en France."

Ses cibles favorites ?
Lamy, que la rumeur voit à la tête d'un "Super Bercy", est très critique d'Arnaud Montebourg et des partisans de la démondialisation, coupables d'une attitude passéiste, selon Lamy.

Sans aucun lien avec le protégé de la Ch'tite Brochen-Aubry, François Lamy, parpaing du gouvernement au poste de sous-ministre délégué chargé de la Ville, le centriste Pascal Lamy est plus proche de François Hollande et donc éloigné de Martine Aubry, proche de la ministre de la Décentralisation et d'autres substituts éventuels, en cas de remaniement du gouvernement.

Pascal Lamy est également plus compétent (Sciences Po Paris, d'HEC et de l'École nationale d'administration (promotion Léon Blum) et plus expérimenté (OMC) que le sombre Ayrault et que Hollande, lequel le verrait bien en position d'infériorité au gouvernement et muselé.

mardi 23 octobre 2012

Made in France: Bruxelles tacle Montebourg

La France ne braque pas Bruxelles seulement sur le déguisement de Montebourg 




Nono  Montebourde présente
son projet de
redressement productif:
le minitel "made in France"


Le commissaire européen au Commerce dénonce le protectionnisme prôné par le ministre du Redressement productif de Hollande 
"Monsieur Montebourg s'affiche contre la mondialisation, il est protectionniste, c'est un choix. Mais son raisonnement ne tient pas la route. La France ne peut pas, seule, redistribuer les cartes du commerce mondial.", a estimé le Belge Karel de Gucht.
Le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, avait déjà exprimé ses craintes sur le "protectionnisme patriotique" de Montambour ce week-end. 
Celui-ci lui a suggéré en retour "de rééquilibrer les rapports déséquilibrés existants entre des nations industrielles pour défendre aujourd'hui l'industrie française et européenne". 
Le ministre redresseur  a en outre ajouté que "le bilan du libre-échange mondial proposé par l'OMC est un désastre".


Bruxelles rejette par ailleurs l'idée de la France de "mettre sous surveillance les importations de voitures coréennes
M. de Gucht démonte la revendication de Paris dans un  entretien publié ce mardi par Le Figaro.

"Nous avons mené l'enquête et conclu que cette requête n'est pas fondée.", a-t-il indiqué. "La Commission vient donc de refuser la demande de Paris. Les conditions juridiques ne sont pas remplies. Bien plus, les chiffres montrent que l'accord de libre-échange signé avec Séoul en 2011 est largement favorable à l'UE. Notre déficit commercial bilatéral est tombé au plus bas.", a-t-il précisé.


Interrogé sur l'intention de l'UE de négocier d'autres accords de libre-échange, le commissaire européen a admis que
des négociations vont commencer avec le Japon. 
"Mais nous nous arrêterons s'il n'y a pas assez de progrès sur l'ouverture du marché nippon dans un délai de douze mois. L'accord n'est pas pour demain.", a-t-il souligné.
Avec les Etats-Unis, "je présenterai décembre un rapport de faisabilité aux Vingt-sept, en cosignataire avec mon homologue américain Ron Kirk.", a-t-il annoncé. "Les augures sont bons, la négociation ne sera pas facile. Cela pourrait créer quelques problèmes avec la France et son agriculture," a malgré tout admis K.de Gucht.

Demain, Montebourg enlève le bas
et propose le slip Kangourou
"made in France"

lundi 12 mars 2012

'Buy European Act': Sarkozy veut le promouvoir, mais Hollande ?

Sarkozy a la volonté politique, là où ses prédécesseurs ont laissé courir


En 1980 à Romilly, les communistes organisaient déjà des manifestations
contre les délocalisations en ...Tunisie.


"La France demandera que l'Europe se dote d'un 'Buy European Act'

Un serpent de mer
Ainsi, sur le modèle du 'Buy American Act', bénéficieront de l'argent public européen, les entreprises qui produiront en Europe".

Parmi les trois ultimatums fixés à l' Europe par Nicolas Sarkozy figurent ces deux propositions : imposer à toutes les administrations de l'UE et des pays membres de se fournir et de travailler uniquement avec les entreprises issues de pays européens ; et imposer des règles de réciprocité, qui permettraient des mesures de rétorsion en cas de frein aux exportations européennes.

Sarkozy l'a promis, mais Hollande n'en souffle mot

Si "dans les douze mois qui viennent, aucun progrès sérieux sur l'exigence de la réciprocité avec nos principaux partenaires n'était enregistré, alors la France appliquera unilatéralement cette règle jusqu'à ce que les négociations aboutissent".

La détermination est salutaire, mais Le Monde, favorable à Hollande, se pose de la question de la crédibilité, comme à chaque fois que son candidat n'a aucune position sur le sujet...


On attend le "Buy European" qui ne vient pas

Guigou adepte du protectionnisme que le PS reproche à l'UMP


L'idée d'acheter européen n'est pas nouvelle et Elizabeth Guigou, ministre socialiste des affaires européennes de Mitterrand, l'évoquait en 1993, sans parvenir -en cinq années de pouvoir- à le faire passer dans les actes. Marchais (PCF), avant elle avait fait campagne "Produisons français" au début des années 80...
Lien PaSiDupes : " Achetez français, clame Hollande, avec les communistes ".

A la même époque, la députée (UDF, devenue UMP depuis) Marie-Thérèse Boisseau expliquait à l'Assemblée : "La Communauté européenne doit reprendre l'offensive et se doter d'instruments législatifs analogues à ceux des Etats-Unis. Cela n'a rien à voir avec une ' forteresse Europe'. Mais le 'Buy American Act' n'est pas prêt d'être aboli. Il faut donc au plus vite renforcer l'Union européenne en brandissant notamment un 'Buy European Act'". A son tour, François Bayrou fait du neuf avec de l'ancien en 2012.

Mais la dernière décennie du XXe siècle se consacre au libre-échange au travers d'accords d'ouverture de marchés, dans l'esprit du GATT (en français : Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce).
Plus question de mesures protectionnistes, jugées contre-productives et critiquées à gauche comme à droite. Entre-temps, les négociations entre Union européenne et organisation mondiale du commerce (OMC) ont conduit à l'abaissement du tarif douanier commun instauré en 1968 et permettant aux pays européens d'imposer des droits de douane.

La gauche rédige beaucoup mais n'agit pas

L'idée d'un "Buy European" ressurgit périodiquement d'un extrême à l'autre de l'échiquier politique.

Sorti de sa torpeur par la présidentielle, le sénateur trotskiste fabiusien Henri Weber prend le train en marche dans une note pour la fondation socialiste Jean Jaurès, en date de février 2012. Avant lui, la Chambre de commerce et de l'industrie de Paris a également rédigé plusieurs notes réclamant une telle mesure. La question a surtout été relancée par Christine Lagarde, un mois avant encore, en janvier 2011. Elle annonçait des actions sur le sujet, mais les frasques de l'odieux socialiste D. Strauss-Kahn l'interrompirent, puisque son affaire de violences sexuelles la propulsa à la tête du FMI en juin 2011.

On comprend donc que, malgré son volontarisme, l'action gouvernementale n'a pu porter ses fruits, du moins pour le moment. Les membres de l'Union européenne ne sont pas tous sur la même ligne, complexe, et certains craignent des effets économiques inattendus : elle peut en effet entraîner des surcoûts importants, notamment pour les matières premières qui devraient alors être impérativement orginaires d'Europe pour être employées dans des projets publics.

Surtout, les mesures protectionnistes peuvent entraîner des mesures de rétorsion de la part du pays qui subirait des blocages. Et l'Allemagne, deuxième exportateur mondial, n'a pas envie de voir son économie mise en péril par de nouvelles règles.


Un projet en gestation à la Commission européenne


Sarkozy s'attaque à un gros morceau

L'Allemagne a évolué favorablement, comme le montre la carte jointe, car elle préférait jusqu'ici (décembre 2011) rappeler les règles existantes, et notamment l'article 58-2 de la Directive 2004/17, qui prévoit que "toute offre présentée pour l'attribution d'un marché de fournitures peut être rejetée lorsque la part des produits originaires des pays tiers (...) excède 50 % de la valeur totale des produits composant cette offre". Elle est désormais le deuxième état le mieux disposé. Mais il est impossible de savoir si ce dispositif est appliqué, faute de statistiques établies, comme le regrettait un rapport sénatorial.

Sous la pression des autorités françaises, la Commission européenne n'est pas restée totalement inactive face à une question devenue de plus en plus pressante. Elle a récemment évoqué ces questions, en lançant, en juin 2011, une consulation sur "la question de l'accès aux marchés publics externes".
Ainsi, le Français Michel Barnier, commissaire européen chargé du marché intérieur, et le commissaire belge au commerce, Karel De Gucht, préparent parallèlement une proposition pour favoriser l'ouverture des marchés publics de certains pays étrangers, avec, à la clé, une menace d'être exclus de certains marchés européens.

L'idée serait de permettre aux administrations et opérateurs publics européens de traiter différemment les fournisseurs en fonction de l'accès que laisse leur pays d'origine à ses propres marchés publics. Les deux commissaires prévoient également un mécanisme de "défense commerciale" qui permettrait de fermer des marchés en cas de discrimination des fournisseurs européens dans un pays tiers.

Ces résolutions devaient être présentées en mars, avant d'emprunter le tortueux chemin des institutions européennes : validation par le Parlement, puis par le Conseil européen.

L'ultimatum de N. Sarkozy pourrait faire accélérer ce calendrier.