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mardi 17 juin 2014

Vote du collectif budgétaire: la Cour des Comptes met en garde les députés

La Cour des comptes anticipe un nouveau dérapage du déficit public

Les comptes publics pourraient afficher un déficit proche de 4 % du PIB cette année, voire plus élevé.
 
Il faut équiper Hollande,
vite !
Attention danger, le scénario noir de 2013 pourrait se répéter. Comme l'an dernier, les comptes publics risquent à nouveau de dériver cette année par rapport aux prévisions, alerte ce matin la Cour des comptes, dans son rapport annuel sur la situation et les perspectives des finances publiques. 
Déjà révisé de 3,6 % à 3,8 % du PIB en avril, le déficit public annoncé à 3% "pourrait être proche de 4 % du PIB en 2014, voire légèrement supérieur si la prévision de croissance du gouvernement ne se réalisait pas", estiment les sages de la rue Cambon. Raison principale: malgré quelques corrections du gouvernement,  les dépenses continuent de filer. La Cour ne met pourtant guère en cause que les prévisions de recettes fiscales qui s'avèrent encore surestimées de "2 à 3 milliards" cette année. Les analystes  à la solde du pouvoir avaient le sentiment que le plus gros de la troupe des exilés fiscaux allaient regagner le giron de Bercy, mais ils s'en gardent bien. La Cour des comptes elle-même est échaudée par l'expérience de l'an dernier, où les hausses d'impôts ont rapporté deux fois moins que prévu (14,6 milliards en deçà des calculs initiaux). Elle a d'ailleurs émis un doute sur la sincérité des prévisions de 2013...

Attendons-nous à ce que les prévisions de dépenses publiques soient "légèrement dépassées"

Minimisant les dépenses de l'État ou de la Sécurité sociale (hors UNEDIC), les Sages  pointent l'assurance-chômage et des collectivités locales, dont la progression des prestations sociales et de la masse salariale paraît encore "sous-estimée", malgré une révision à la hausse.

Le déficit pourrait même être supérieur à 4% si la croissance n'atteint pas comme prévu 1 % du PIB cette année. Or, selon le Haut conseil des finances publiques, adossé à la Cour, "sans être hors d'atteinte, cette prévision paraît désormais élevée".

Économies très fragiles

Face au dérapage annoncé en 2014, "la poursuite de la trajectoire des finances publiques pour les années qui viennent s'en trouverait immédiatement fragilisée", met en garde le socialiste Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes. L'objectif de ramener le déficit à 3 % du PIB en 2015 ne serait  donc pas atteint, alors que la Commission européenne avait accordé en 2013 à la France un délai supplémentaire de deux ans pour y parvenir. Bruxelles estime d'ailleurs que le déficit pourrait s'élever l'an prochain à 3,4 % du PIB. Les risques sont d'autant plus élevés pour cette année 2015 que l'objectif d'économies (21 milliards) est particulièrement irréaliste.

Plus globalement, les perspectives jusqu'à 2017 restent "très fragiles", s'inquiète la Cour des comptes. Et ce, d'autant que, depuis le début de l'année, le gouvernement a annoncé des baisses de prélèvements supplémentaires pour apaiser son aile gauche sociale. En cause, le pacte de responsabilité et de solidarité, ainsi que la montée en puissance du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) représentent ainsi un allègement de 35 milliards d'euros sur la période 2015-2017, qu'il faut cependant mettre en regard avec une augmentation simultanée d'autres prélèvements de 21 milliards. Soit une baisse nette de 14 milliards sur 3 ans liée à de nouvelles mesures fiscales, accrue de 8 milliards par rapport à que ce qui était anticipé en décembre.

30 milliards d'économies sont peu documentés

Pour tenir sa trajectoire tout en allégeant la pression fiscale, l'exécutif doit donc, plus que jamais, réaliser ces fameux 50 milliards d'économies de 2015 à 2017, qui étaient déjà prévus, faut-il le rappeler, avant les nouveaux gestes fiscaux annoncés cette année. À l'origine, il s'agissait de limiter l'augmentation des dépenses à 70 milliards par rapport à la hausse tendancielle -c'est-à-dire à politique constante- de 120 milliards. La hausse des dépenses aurait cependant été ramenée de 70 à 62 milliards depuis, sans économies supplémentaires. Comment est-ce possible? Tour de passe-passe grossier de l'exécutif qui en quelques mois a tout simplement raboté son ...estimation de hausse tendancielle des dépenses de 8 milliards (de 120 à 112 milliards), révèle malicieusement la Cour. Ce qui lui fait à nouveau dire en langage diplomatique que ce type de calculs repose "sur des méthodes et conventions diverses et fragiles".

Plus inquiétant, il existe des "risques" sur ces prévisions de dépenses. 
Sur les 50 milliards d'économies, environ 30 milliards sont encore "peu documentées", c'est-à-dire non-fondées, et "certaines sont incertaines", c'est-à-dire inaccessibles. Car elles "devront être réalisées par des administrations publiques dont l'État ne maîtrise pas les dépenses", qu'il s'agisse des régimes complémentaires d'assurance-vieillesse, de l'assurance-chômage et surtout des collectivités territoriales, que "rien n'empêche" de "relever la fiscalité locale" et de s'endetter. 
Conséquence, la dette rapportée au PIB devrait continuer à augmenter "au moins jusqu'à la fin de 2015". Et même si les objectifs sont atteints cette année, la dette publique continuera à grimper pour dépasser les 2.000 milliards fin 2014. D'où la nécessité d'engager des mesures structurelles d'économies, en particulier pour maîtriser la masse salariale publique, les dépenses d'assurance-maladie et celles des collectivités locales.

Vote du Budget: Valls menace les députés du 49.3, après son chantage sur la grève SNCF et le bac

L'exécutif prépare l'opinion à l'épreuve de force

F. Hollande et M. Valls font planer la menace d'un possible recours au 49.3
 
Valls est-il une menace pour la démocratie ?
François Hollande et Manuel Valls sont prêts à tout, quelques heures avant le début des débats sur le projet de budget rectificatif pour 2014 scellant les premières mesures de la nouvelle équipe gouvernementale. Et ils s'annoncent extrêmement tendus à l'Assembléedu fait de la fronde d'une partie de la majorité jusqu'au sein du PS.   L'exécutif agite donc la menace de l'article 49.3 de la Constitution, le moyen pour le gouvernement de faire adopter un texte sans vote des élus du peuple.
Manuel Valls poussera-t-il le président au passage en force? Le député Christophe Caresche (PS) est un manipulateur par omission: en mai 2008, il a cité le cas de Lionel Jospin, premier ministre de 1997 à 2002, soulignant qu'il ne l'avait pas déployé " malgré une majorité composite", mais surtout à la différence de Michel Rocard, étrangement sorti de sa mémoire sélective. Samedi, le premier ministre, formé à l'école Rocard,  a brandi cet avertissement devant le Conseil national du PS réuni à Paris, tout en assurant que cette méthode "ne fait pas partie" de la "culture" de la gauche. Ce mardi, dans Libération, c'est un proche du président qui met à son tour les frondeurs au défi d'aller au bout de leur démarche. "Si ça continue comme ça, peut-être qu'on sera obligés d'utiliser le 49.3, ce que personne ne souhaite", fulmine le maître chanteur anonymé par la presse. Le néo-député PS du Val-d'Oise (2012), Dominique Lefebvre, membre de la Commission des Finances, fait écho à ses maîtres, prévenant Le Parisien que son groupe s'y résoudrait, bien que "personne ne souhaite en arriver là"...

Selon l'alinéa 3 de l'article 49 de la Constitution, "le premier ministre peut, après délibération du Conseil des ministres, engager la responsabilité du gouvernement devant l'Assemblée nationale sur le vote d'un projet de loi". Ouvert auparavant à tous les sujets,  cet artifice est désormais limité depuis fin mai 2008 aux seuls textes portant sur les budgets de l'État et de la Sécurité sociale, ainsi qu'à ... "un autre texte par session".

Le 83e recours au 49.3 sera-t-il dû à Valls ?

Le premier ministre socialiste est-il parti pour battre le record de Michel Rocard qui - en trois ans -  utilisa 28 fois la procédure de 49.3 pour faire passer ses textes ? Une fois la responsabilité du gouvernement engagée, le projet déposé "est considéré comme adopté, sauf si une motion de censure, déposée dans les vingt-quatre heures qui suivent, est votée", indique le texte officiel. Une telle motion n'est toutefois "recevable que si elle est signée par un dixième au moins des membres de l'Assemblée nationale", précise l'alinéa précédent, le 49.2. "Le vote ne peut avoir lieu que quarante-huit heures après son dépôt" et "seuls sont recensés les votes favorables à la motion de censure qui ne peut être adoptée qu'à la majorité des membres composant l'Assemblée".

Utilisé 82 fois depuis le début de la Vème République, le 49.3 a été plus souvent utilisé pour contourner une majorité récalcitrante que contre l'opposition. Alors qu'en cinq années difficiles F. Fillon, et donc Sarkozy, n'en ont pas eu besoin,  le coup du 49.3 pourrait à nouveau se produire aujourd'hui si l'exécutif est défié par l'extrême gauche et son aile gauche. En avril 2014, Marie-Noëlle Lienemann (PS) avait pris un engagement: "Nous refusons la marche forcée vers la réduction des déficits."
Lors de l'examen en mai 2008 du projet de réforme des institutions, la gauche - qui a souvent contesté cette procédure tout en l'utilisant 38 fois en seulement cinq ans (1988-1993) et en certifiant que "la méthode "ne fait pas partie" de sa "culture" - avait plaidé pour sa suppression totale. Jean-Christophe Lagarde (Nouveau Centre) avait alors jugé le maintien du "49.3 nécessaire, mais si le gouvernement n'arrive pas à réunir sa propre majorité sur un texte, alors c'est que cette loi n'est ni urgente ni nécessaire". Pour lui, le 49.3 a "deux effets": "faire voter un texte en passant en force mais aussi interrompre le débat. C'est beaucoup plus contestable".
La droite au pouvoir avait-elle souhaité transmettre cet héritage gaulliste   à la gauche?

samedi 25 août 2012

Pouvoir d'achat : Mailly (FO) attend plus de Hollande

Les paroles ne  "suffisent pas" !
Le secrétaire général de FO demande au président de la "gauche sociale" de faire quelque chose pour le pouvoir d'achat.
Jean-Claude Mailly adresse des demandes pressantes au chef de l'Etat, dressant le bilan des 100 premiers jours de Hollande à l'Elysée sur le mode "bien mais peut mieux faire".   Un point nettement positif sur le plan des relations entre les partenaires sociaux : le secrétaire général de Force ouvrière note "une restauration d'un dialogue normal". Tout en relativisant aussitôt : "Mais cela ne suffit pas !".

Mailly  énumère  les motifs d'insatisfaction et d'inquiétudes syndicales. 

"Certes, dans le collectif budgétaire, il y a des mesures qui vont dans le bon sens, comme le rééquilibrage sur l'ISF, mais je crains que le projet de budget pour 2013 n'aille pas dans la même direction, avec notamment des réductions de la dépense publique", explique-t-il. 

Le leader syndical n'accepte pas la stabilisation des effectifs dans la fonction publique contre une modération salariale : "Si, pour 2012, les jeux sont faits, avec un gel des rémunérations, nous attendons de voir pour 2013. Il y a une demande de pouvoir d'achat des fonctionnaires", déclare-t-il. 

Il juge par ailleurs "insuffisantes" les mesures sur le SMIC

Force Ouvrière émet des réserves sur les emplois d'avenir qui "ne doivent pas servir de période d'essai pour une embauche de jeune".

La rentrée sera-t-elle chaude ?
Concernant le principe des accords compétitivité-emploi, mis de côté à l'issue de la conférence sociale de juillet, mais qui devrait être inclus dans la négociation en septembre, selon Le Monde, Jean-Claude Mailly fait du chantage:  si le gouvernement donne satisfaction au MEDEF, FO "posera la question de (sa) participation".
"Le salaire est la contrepartie de la vente de la force de travail : je refuse qu'il fluctue en fonction de la situation de l'entreprise", poursuit le leader syndical, disant en avoir "assez des donneurs de leçons, qui disent que, pour sortir de la crise, il faut plus de flexibilité. Cela n'a pas empêché la Grèce et l'Espagne d'entrer en récession".

Par ailleurs, au vu des plans sociaux en cascade, Jean-Claude Mailly estime qu'"il faut soutenir la demande interne", instaurer en "urgence" la banque publique d'investissement, " car les TPE-PME rencontrent trop de difficultés pour emprunter", et qu'"il faut aussi aller vite, pour empêcher les entreprises de fermer un site qu'elles pourraient revendre". 

Interrogé enfin sur l'éventualité d'une rentrée chaude, le secrétaire général de Force ouvrière répond : "Nous sommes dans une phase où nous attendons que les choses soient éclaircies".

mardi 21 août 2012

Mélenchon dénonce les "100 jours" de Hollande "pour presque rien"

L'inaction de Hollande irrite jusqu'à gauche
Jean-Luc Mélenchon est sorti de sa torpeur pour frapper à gauche 
Dimanche, pour la première fois depuis que son slogan "Qu'ils s'en aillent tous!" s'est appliqué à lui à la Présidentielle, puis à la  législative, l'ancien candidat des communistes du Front de gauche à l'élection présidentielle revient d'un long voyage en République bolivarienne du Vénézuela, où il est allé se "reconstituer" sur les traces du révolutionnaire Hugo Chavez, un général putschiste, mais " source d'inspiration" pour l'ex-socialiste français.  

Il fustige  le début du quinquennat du président socialiste François Hollandedès son retour, dans une entretien au Journal du dimanche"Cent jours pour presque rien." 
"Quand je regarde le creux des cent jours et la multiplication des commissions, j'en conclus que nous étions mieux préparés que les socialistes à exercer le pouvoir", lance-t-il.

La session parlementaire extraordinaire fut "une session du temps perdu", explique  l'agressif candidat  du Front de gauche à la présidentielle . " Hollande a désamorcé le contenu insurrectionnel du vote de la présidentielle, renchérit le tribun de la présidentielle 2012. Il l’a dilué dans les sables des plages du Var. Comme si l'élection s'était résumée à une question de personnes: un normal à la place d'un agité et tout serait dit.

Et de prévenir
"On ne parviendra pas à nous faire confondre normal et social-libéral !"

Rien qu' "un coup de serpillière sur les plus grosses taches laissées par Sarkozy", balaie-t-il d'un revers de manche, avant de souligner que "ce n'est pas assez pour faire le ménage".

"Le degré zéro de l'imagination." "Quelle est la différence entre un baraquement cassé sur ordre d'un ministre de droite et un baraquement cassé sur ordre d'un ministre de gauche ?" raille-t-il, jugeant qu' "il y a des mesures urgentes à prendre : leur ouvrir l'accès au marché du travail, par exemple ". Pour lui, "Valls fait du Valls. mais c'est Hollande le patron".  

"Pourquoi ne pas avoir passé la loi sur les licenciements boursiers ? Et la loi bancaire ? Il fallait marquer un rapport de force avec la finance",  comme l'a fait Montebourg  - pompeusement, mais oralement -  à Frangy, déclare également celui qui qualifie de "faute" le fait qu'Arnaud Montebourg n'ait pas fait voter à la session de juillet "la loi interdisant les licenciements boursiers et accordant un droit de préemption des travailleurs sur les entreprises abandonnées par leurs propriétaires"

Et de lâcher, à propos de celui à qui Hollande doit un portrait en "capitaine de pédalo" : "Ce n'est pas parce que François Hollande veut être normal que la situation va le devenir."

Mélenchon lance une offre de service


Les électeurs,
destructeurs d'emplois...

"Je suis à la disposition du Front de gauche. Mais pas en qualité de potiche"
Mélenchon l'assure, il "ne cherche pas à (s)'imposer" au Front de gauche
Et ajoute: "je suis à la disposition du Front de gauche. Mais pas en qualité de potiche...". Et d'affirmer non sans auto-satisfaction: "je suis tel que je suis et je n'ai pas l'intention de changer. Ma parole est libre." 

Et débridée.

mardi 10 juillet 2012

Les taux d'emprunt négatifs de la France ne doivent rien à Hollande

La droite revendique la confiance durable de la finance



La France a bénéficié de ce taux négatif
 
à l'occasion lundi d'une émission d'obligations à court terme d'un montant de près de 6 milliards d'euros. Un privilège jusqu'ici réservé à des pays comme l'Allemagne.



Cela démontre que le bilan de Nicolas Sarkozy "n'est sans doute pas aussi mauvais" que le disent les socialistes, a raillé mardi l'ancienne ministre UMP du Budget Valérie Pécresse sur i-télé. 
Cela signifie aussi que "François Hollande a pris cette semaine une très grande et très bonne décision: celle de ratifier le pacte (de discipline budgétaire européen) Sarkozy-Merkel ", a-t-elle souligné.

Tout en se félicitant de cette "bonne nouvelle", le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a précisé la portée de l'événement. "Il s'agit uniquement du refinancement de la dette à très court terme, quelques semaines", a-t-il souligné sur Radio Classique et Public Sénat.

Il souligne donc du même coup que la gauche a un défi à relever.
 
"Dès que les taux sont plus longs, pour des emprunts plus longs, là, malheureusement (...) le spread (l'écart des taux entre la France et l'Allemagne) est très fort", a-t-il ajouté. "Les investisseurs considèrent que nous avons de gros efforts à faire en matière de compétitivité et d'assainissement des finances publiques", a-t-il poursuivi. Or, ces deux objectifs dérangent la gauche, déjà rien qu'au plan sémantique !


Valérie Pécresse a dénoncé aussi
la politique fiscale du pouvoir socialiste. 
"La réponse de François Hollande à tous les problèmes de la France ne peut pas être que l'impôt (...). L'impôt, c'est le meilleur ami de la gauche", a-t-elle accusé. "Aujourd'hui, nous devons mener une politique de compétitivité" qui passe par "l'innovation, la baisse du coût du travail, la réforme du droit du travail, toutes choses que François Hollande refuse d'envisager", a-t-elle dit. "Le modèle pour nous, c'est le modèle allemand, c'est le modèle d'une économie qui a fait des réformes de compétitivité, qui a modéré ses salaires, qui a modéré ses dépenses", a rappelé Valérie Pécresse.


Alors à qui attribuer la bonne nouvelle de la baisse des taux de la France ? 
Il est tout à fait vrai que le mouvement de baisse était engagé avant l'élection de François Hollande. Les investisseurs n'ont encore pas sanctionné la France du fait que les annonces du gouvernement Zayrault en matière de politique budgétaire  restent ambiguës. Or les mesures de rigueur du collectif budgétaire du gouvernement socialiste, dont le pacte Merkel-Sarkozy, et l'obligation acceptée du respect des contraintes européennes vont dans le sens de ce qu'attendent les marchés. La baisse du coût moyen de financement est ainsi la preuve de l'alignement de Hollande sur la politique économique et financière européenne de Sarkozy, malgré les coups de mentons en direction des caméras, pour donner l'illusion du changement devant l'opinion....


A
insi, même si la situation de ses finances publiques n'est pas florissante, la France apparaît-elle toujours en relativement bonne santé par rapport aux pays en difficulté, et ce d'autant plus que, contrairement à d'autres, elle a réussi  à éviter la récession au premier semestre. 

Enfin, dans un   contexte troublé qui voit s'envoler les taux de l'Espagne (à plus de 7%) et de l'Italie, les investisseurs se reportent d'autant plus sur la France qu'elle offre une rémunération supérieure aux pays de référence comme l'Allemagne.

jeudi 5 juillet 2012

Redressement budgétaire, supporté par les ménages d'abord

En 2012, les entreprises paieront moins que les classes moyennes et les défavorisés 
Une série d'impôts nouveaux est prévue par le collectif budgétaire adopté en conseil des ministres. 

Les ménages paieront 58% de 7,2 milliards d'euros
, la nouvelle facture fiscale de 2012, soit 4,2 milliards, dont 2,32 milliards au titre d'un ISF majoré. 
Les impôts nouveaux représenteront une recette chiffrée à 7,2 milliards d'euros par Bercy, pour 2012 (et 13 milliards d'euros en année pleine, à compter de 2013). A ces recettes, s'ajoutera un gel supplémentaire des crédits budgétaires à hauteur de 1,5 milliard d'euros. Objectif : ramener le déficit public de 2012 à 4,5% du PIB, alors que la tendance était de 5%. L'objectif officiel reste de revenir à 3% de déficit en 2013 et à l'équilibre en 2017. S'agissant de l'Etat stricto sensu, le collectif budgétaire diminue le déficit de 3,7 milliards par rapport à la première loi de finances rectificative de 2012, concoctée par l'équipe Sarkozy. Le déficit budgétaire serait ainsi de 81,1 milliards d'euros. 
La diminution n'est pas à la hauteur des hausses d'impôts, tout simplement parce que des recherches de recettes n'étaient pas encore arrivées à leur terme. 

S'agissant des impôts nouveaux, les ménages s'acquitteront de 58% de la facture (et non 53%, comme l'affirme le gouvernement. 

La fin de l'exonération des heures supplémentaires qui bénéficiaient aux salariés, entraînera une perte de leur pouvoir d'achat et 898 millions d'euros d'impôt en plus. 
Quant au maintien de la hausse des prélèvements sociaux sur les revenus de l'épargne, il pèsera également sur les revenus pour 800 millions. Le gouvernement n'a pas intégré ces 800 millions dans son calcul des impôts nouvaux frappant les ménages, au motif qu'il s'agit d'une mesure déjà votée. Mais ce prélèvement était conçu, avec la TVA sociale, pour financer une baisse des cotisations famille qui n'aura pas lieu. C'est donc bel et bien une taxe supplémentaire

2,32 milliards de plus via la majoration de l'ISF 

Le gain le plus important pour l'Etat tient bien sûr à l'alourdissement de l'ISF
Le barème de 2011 sera appliqué aux contribuables disposant d'un patrimoine net supérieur à 1,3 million d'euros et ayant payé l'ISF au titre de 2012. Cela prendra la forme d'une surtaxe, payable dès l'automne, et qui rapportera 2,32 milliards. 

Les entreprises paieront, elles, 3 milliard d'euros
Rappel: ce collectif prévoit 4,2 milliards d'impôts en plus pour les ménages...

Il s'agit surtout d'une anticipation de la surtaxe d'impôt sur les bénéfices (800 millions), d'une contribution du secteur bancaire (550 millions) et des pétroliers (550 millions). 

Le gouvernement affirme que ce sont les ménages les plus aisés qui sont appelés à faire des efforts. Il évalue à 73% la part de l'effort assumée par ceux-ci. Mais c'est toujours sans compter les 800 millions d'euros liée à la majoration des prélèvements sociaux sur les revenus de l'épargne. Certes, ce sont d'abord les plus riches qui en bénéficient, mais pas seulement... 

Les heures supp' taxées, pour tout le monde 

De plus, la fin de l'exonération des heures supplémentaires concernera tous les salariés, contrairement à ce qu'avaient fortement suggéré les proches de François Hollande pendant la campagne électorale, qui évoquaient un maintien pour les entreprises de moins de 20 salariés. En fait, seul sera maintenu le système de forfait -déduction de 1,5 euro par heure supplémentaire- au profit des employeurs. A compter du premier septembre, tous les salariés verront donc disparaître leur exonération de cotisations sociales. 

Vers une hausse de la CSG ? 

S'il exclut encore le relèvement de la TVA, le gouvernement se montre plus ambigü s'agissant de la CSG. 
"Ce n'est pas dans le programme de François Hollande ", affirme Jérôme Cahuzac dans un entretien au journal socialiste Le Monde. 
Mais, devant quelques journalistes et en présence de Pierre Moscovici, il s'est montré plus ambigü. Evoquant la conférence sociale, qui pourrait aborder les questions de compétitivité -et donc un transfert de cotisations sociales sur la CSG-, le ministre délégué au Budget a affirmé qu'à "ce stade", le projet de loi de finances pour 2013 ne prévoie pas encore le relèvement de cet impôt.

lundi 2 juillet 2012

Gilles Carrez dénonce la mauvaise foi de Moscovici

Carrez répond à Moscovici sur les déficits

Gilles Carrez tacle le ministre des Finances

Le président UMP de la Commission des Finances de l'Assemblée nationale a estimé, ce lundi, qu'"il faut avoir bien peu suivi les débats budgétaires pour faire croire aux Français que le gouvernement Fillon n'a 'rien foutu' en matière de dépenses".

Après la remise par la Cour des comptes, lundi matin, de son audit sur les finances publiques, Gilles Carrez estime, dans un communiqué, que "les aléas identifiés par la Cour pesant sur les dépenses des missions du budget général de l'Etat font en réalité l'objet d'une sous-budgétisation chronique en Loi de finances initiale".

Il fustige également le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac qui suggère que le gouvernement Fillon laisse derrière lui une 'ardoise cachée'.

A la veille de la remise par la Cour des Comptes de l'audit commandé par le Premier ministre, la prise à parti de l'opinion relève de l'agit-prop trotskiste, voire de la guérilla politique, si l'on relève la virulence verbale de Moscovici.

Des attaques concertées cousues de fil rose




Moscovici, un loulou à Bercy





"Ces aléas bien connus (hébergement d'urgence, opérations extérieures, prime de Noël (...), ont toujours été régularisées à l'occasion du collectif budgétaire de fin d'année. La réserve de précaution constituée en début d'année et d'un montant de l'ordre de 6 milliards d'euros permet d'y faire face sans difficulté, comme vient d'ailleurs de le souligner la Cour des Comptes dans son rapport de mai dernier relatif à la gestion budgétaire de l'année 2011", ajoute-t-il.

"En réalité les socialistes prennent appui sur cet état de fait bien connu et ne représentant que 0,4% du total des dépenses de l'Etat pour préparer les Français au tournant de la rigueur que leur impose leur politique de dépenses massives", conclut Gilles Carrez.


vendredi 30 janvier 2009

Plan de relance économique : adoption définitive

Une Commission Mixte Paritaire a facilité le travail du Parlement

Le Parlement a définitivement adopté jeudi soir le plan de relance économique de 26 milliards d'euros qu'avait présenté Nicolas Sarkozy, le 4 décembre dernier. Après les députés dans l'après-midi, les sénateurs ont entériné à leur tour en séance de nuit les deux textes constituant le plan de relance mis au point et en concertation la veille par une commission mixte paritaire (CMP) Assemblée-Sénat.

Les « pour » et les « contre »

Ce vote est intervenu quelques heures après les diverses manifestations dans le cadre du mouvement syndical interprofessionnel du jeudi 29 janvier, en faveur de l'emploi et du pouvoir d'achat, sous l'action de la peur de la crise internationale instrumentalisée par la gauche politique,syndicale et médiatique.

  • Le groupe socialiste, radical et citoyen (SRC) et celui de la gauche démocrate et républicaine (GDR, PC et Verts) ont voté contre. Et le MoDem ?
    "Les grondements dans la rue sont la conséquence d'une politique qui s'appuie sur une vision dogmatique", a estimé Jean Launay, député du PS qui ne souffre d'aucun dogmatisme... "Ce que les manifestants réclament, c'est une nouvelle orientation politique", a affirmé son collègue Roland Muzeau (PC) .
  • Les groupes UMP et du Nouveau centre (NC) ont voté pour ces deux projets de loi.

    Le plan de relance de l'économie

    Il a été présenté au Parlement par Patrick Devedjian, ministre de la Relance, et Eric Woerth, ministre du Budget.

    Il est composé

    - d'un projet de loi "pour l'accélération des programmes de construction et d'investissement public et privés"

    - et d'un projet de loi de finances rectificative -"collectif budgétaire"- pour 2009.
    "Nous allons disposer d'une boîte à outils 'plan de relance'", a dit Patrick Devedjian.
    Eric Woerth a pour sa part expliqué: "Ce plan permet à la France de disposer des armes nécessaires pour lutter contre la crise dans les délais les plus courts".
    Ce sera sans la contribution positive de l'opposition.

    Ses principaux points forts

    Le "collectif budgétaire" pour 2009
  • propose une avance de trésorerie aux collectivités locales,
  • ouvre des crédits supplémentaires
    - à hauteur de 10,5 milliards d'euros en autorisations d'engagement
    - et de 9,8 milliards d'euros de crédits de paiement.
  • autorise la garantie de l'Etat dans le cadre de grands projets d'équipement et d'infrastructure dans la limite d'un plafond global de 10 milliards d'euros.
  • tire les conséquences de ces dispositions sur l'équilibre prévisionnel du budget 2009 qui voit ainsi son déficit s'alourdir pour atteindre 86,763 milliards d'euros.

    Les apports de la Commission Mixte Paritaire

    La CMP a retenu:
  • un amendement de l'Assemblée qui permet, jusqu'au 1er janvier 2011, aux les ménages gagnant jusqu'à 45.000 euros par an, de cumuler l'éco-prêt à taux zéro et le crédit d'impôt "développement durable" plus communément appelé crédit impôt "chaudière".
  • Un second texte
    - propose de simplifier les procédures d'exécution des programmes d'investissement
    -et vise à donner plus de souplesse aux procédures d'autorisation de constructions de logements et à faciliter les programmes d'investissements publics et privés.
  • Plusieurs amendements concernant ce texte "pour l'accélération des programmes de construction et d'investissements" ont été retenus comme celui qui raccourcit les délais pour les fouilles archéologiques préventives, en cas de chantiers.

    Les retraits de la Commission Mixte Paritaire

    En revanche, la CMP a écarté deux amendements concernant le secteur sportif votés par le Sénat avec le soutien du gouvernement :

    1- celui qui proposait de donner un feu vert rapide à la construction d'un circuit de Formule 1 dans les Yvelines
    2- et celui qui visait à accélérer le projet de Grand Stade de l'Olympique lyonnais (OL) à Decize dans le Rhône.

    Par ailleurs, dans le cadre de ce plan de relance, le Parlement a également adopté définitivement le projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2009 à 2012.