L’exception syndicale française continue ses ravages dans le climat social et l’économie nationale au bord de la récession.
Un syndicat de pilotes d’Air France a appelé à la grève à partir de vendredi 14 et jusqu’à lundi soir pour protester contre le recul de la limite d’âge de cessation d’activité actuellement discuté par le Parlement.
Désunion syndicale
Le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) est le seul à refuser de décaler la grève prévue initialement par toutes les catégories de personnels, du 14 au 17 novembre, alors que huit autres syndicats représentant les hôtesses de l’air et les stewards ont repoussé le mouvement du 5 au 9 décembre, à la suite de l’ouverture de discussions avec les pouvoirs publics.
Le maintien de la grève qui s’ouvre aujourd’hui est motivé par une volonté de pression sur la discussion parlementaire qui est ouverte et donc d’interférence syndicale avec le travail des élus du peuple.
Le Président Directeur Général d’Air France explique pourquoi cette grève n’a pas lieu d’être.
Jean-Cyril Spinetta dément fermement les raisons invoquées par le syndicat qui entretient la confusion avec le soutien de la presse engagée. Le PDG apporte donc les informations que ni les syndicats ni la presse ne diffusent. Ainsi, alors même que le PDG s’exprime sur France Info dans un entretien avec Olivier de Lagarde, ses journalistes à l’antenne et Grégoire Lecalot de France Info continuent de répandre dans l’opinion des approximations en soutien à un mouvement social injustifié.
La désinformation est basée sur l’amalgame entre recul de la limite d’âge de départ à la retraite et âge de cessation d’activité.
> Des organismes internationaux fixent les normes de sécurité et sur la base des progrès médicaux et l’OACI, qui dépend des Nations Unies, a admis qu’il est possible de voler à 65 avec la garantie de la présence d’un co-pilote de moins de 60 ans.
> L’actualisation de cette règle ne pose de problème qu’à Air France . Déjà appliquée dans de nombreux pays, la norme actualisée en fonction de la baisse des risques de santé chez les pilotes, comme les autres, devrait entrer en vigueur en 2009 ou 2010 dans tout l’espace européen. La France peut-elle imaginer vivre en dehors du monde et singulièrement s’agissant d’une corporation censée relier les pays et les hommes ?
> Le gouvernement a expressément apporté les garanties demandées par les syndicats. Ils sont assurés que ne sont modifiés ni l’âge, ni les conditions de départ, ni le nombre d’annuités nécessaires, ni le montant des retraites. Et pourtant, bien que le système de retraite reste inchangé, ils s’opposent et lancent la grève.
> Le PDG d’Air France a pourtant également répété qu’un amendement parlementaire portera explicitement la garantie écrite des engagements du gouvernement.
> Le problème en suspens est négociable
Jean-Cyril Spinetta admet que la conséquence actuelle d’une prolongation volontaire d’activité peut créer un ralentissement du déroulement de carrière au delà de 60 ans.
C’est pourquoi il précise qu’Air France ouvrira des négociations pour assurer des mesures d’accompagnement.
> Quelle issue possible au conflit ?
Les garanties existent mais le Syndicat national des pilotes de ligne les ignore, avec l’objectif inavoué d’obtenir un maximum d’avantages pudiquement appelés ‘mesures d’accompagnement’…
Le coût de la grève
La grève est la manifestation coûteuse du rejet syndical d’une règle internationale.
> Bien que le conflit soit donc entre les pilotes et le gouvernement qui essaie de faire passer cette règle internationale dans son droit, comme c’est son devoir, et non entre les pilotes et Air France, la compagnie aérienne française va enregistrer des pertes.
> 1000 millions d’euros de pertes de résultats (et non pas de chiffre d’affaire) constituent un lourd handicap pour la trésorerie d’Air France qui doit veiller à préserver sa capacité d’investissement, sa compétitivité et ses emplois…
Est-ce donc, en période économique difficile, la manière des pilotes de ligne de participer à la protection de l’avenir de leur entreprise ?