POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est Amiens-Nord. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Amiens-Nord. Afficher tous les articles

jeudi 14 janvier 2016

Prison pour des salariés violents de Goodyear : Valls déclare les juges sévères

L'exécutif porte un jugement sur la décision judiciaire

Il ne m'appartient de juger, esquivent d'habitude les membres du gouvernement
Le Premier ministre Manuel Valls a envoyé un message aux juges, déclarant jeudi au Sénat que la peine de neuf mois de prison ferme est "indéniablement lourde" pour des syndicalistes de Goodyear, bien que les huit ex-salariés de l'usine d'Amiens-nord aient séquestré deux dirigeants, ci-contre, durant... 30 heures en 2014
"Cette décision, elle est lourde, indéniablement, a commenté le chef du gouvernement, en réponse à une question de la sénatrice communiste Michèle Demessine. Mais elle est celle de cette juridiction de première instance, a-t-il ajouté, en guise de consigne aux juges de la Cour d'Appel (...) 

En même temps, le Catalan utilise la langue de bois d'un Normand
"Il faut la respecter tout en mesurant, et nous le mesurons, le choc pour les syndicalistes condamnés, pour les salariés et leurs familles de cette entreprise", a déclaré le chef du gouvernement, à l'adresse de chacun et chacune, hormis les dirigeants maltraités et leurs familles.

Valls s'aligne sur les commentaires venus de sa gauche

Galut, malsain dedans comme dehors,
à en juger par cette peau
Depuis deux jours, plusieurs représentants politiques (de gauche) se sont dits choqués par cette condamnation de cette agression sur des cadres d'entreprise.
"Il n'y aura pas dans notre pays de criminalisation de l'action syndicale et je n'accepte pas le soupçon ou le sous-entendu", a-t-il poursuivi à l'adresse des responsables politiques qui ont critiqué une "justice de classe".

Exemples de tweet:
- une députée de la 15ème circonscription de Paris (20e arrondissement, multiculturel):
L'ineffable député socialiste hyper-sensible du Cher, Yann Galut, s'est dit "très choqué par la condamnation" sur Twitter et s'emporte en précisant qu'il aimerait "la même sévérité à l'égard des patrons voyous". 

Même son de cloche chez  le président des Jeunes Socialistes, Benjamin Lucas, "abasourdi" par cette décision. 
Dans un tweet, il prend la défense des salariés : "Leur combat est celui contre l'injustice et le mépris du système". 


- ou 
"C'est une honte. Quand j'ai appris cette condamnation, je me dis que véritablement le fait de criminaliser l'acte syndical prend une dimension qu'on ne pouvait pas imaginer", a déclaré le chef de file du Front de gauche à l'Assemblée nationale, André Chassaigne.
et Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF:
"Tout n'est pas permis"

Mais il a aussi estimé qu'il ne faut pas "basculer dans la violence". Lors du procès, les prévenus avaient évoqué "un coup de colère" - et Valls connaît ! - face à une direction qui "n'apportait aucune réponse" à la "détresse sociale" des salariés de l'entreprise, fermée quelques jours après. "Chacun connaît ici la difficulté de ce dossier Goodyear et peut parfaitement mesurer le désarroi des salariés, il faut toujours maintenir le dialogue et, si possible, ne jamais basculer dans la violence", a nuancé Valls, expliquant vouloir "prendre le temps" de répondre sur cette question. 

Insistant comme il se doit sur le fait que "la justice est indépendante" en France, le Premier ministre a rappelé que si "le combat syndical est toujours respectable, le respect des personnes est un autre principe fondamental". "Tout n'est pas permis, y compris quand la violence sociale est très importante", a-t-il estimé.
La secrétaire d'État chargée des droits des femmes du gouvernement Valls,  Pascale Boistard, a réagi en ex-député de la Somme:
Valls, foireux, ménage la chèvre et le chou

Rappelant que "les syndicalistes font appel" de leur condamnation, il a enfin appelé les sénateurs à "faire confiance à la justice pour trouver une position qui marque des limites à ce qui est admissible ou pas mais qui montre aussi que la revendication sociale est légitime en tant que telle et qu'elle doit être respectée". Ce qui n'est pas le sujet: ce sont les violences syndicales qui sont en question.
"L'entreprise n'appartient pas aux ouvriers"

VOIR et ENTENDRE
ce reportage sur la fin de la séquestration des deux cadres de Goodyear Amiens-Nord, par la CGT 
(7 janvier 2014):
Au final, Valls aura dit tout et son contraire: quelles conclusions tirons-nous de ce verbiage ?  

lundi 1 décembre 2014

Goodyear, perdu corps et biens, "à cause de vos lois", selon Titan

La CGT a sabordé l'usine Goodyear d'Amiens-Nord et l'Etat l'y a aidé
L'américain Titan a finalement renoncé 
Les ouvriers de Goodyear avaient confiance
en Hollande le 14 octobre 2011 à Amiens
L'unique repreneur potentiel a jeté l'éponge. C'est le dernier soupir après six ans de lente agonie pour les anciens salariés de l'usine Goodyear d'Amiens-Nord, fermée depuis le mois de janvier. Pressenti depuis de nombreux mois pour reprendre l'activité pneus agricoles de l'usine (qui employait plus de 600 des 1143 salariés du site), Titan n'en peut plus des difficultés dressées par la CGT. "Toute discussion avec un repreneur potentiel, y compris Titan, est terminée", a reconnu Jean-Philippe Cavaillé, directeur des ressources humaines de Goodyear en France, dans le Courrier Picard. 
Alors que le redresseur présumé de l'industrie, Nono Montebourg, avait promis de sauver 333 emplois, mais a quitté le gouvernement pour aller à l'université apprendre le métier de patron, aujourd'hui, la droite amiénoise et le nouveau ministre de l'Economie, font un constat d'échec et accusent.

Bercy accuse la direction de Goodyear mais aussi la CGT

Au ministère, l'entourage d'Emmanuel Macron reconnaît qu'il reste "peu d'espoir d'une reprise" et déplore, surtout, "l'incapacité des parties prenantes au dossier de se faire confiance pour affronter ensemble les difficultés"Après s'être entretenu avec le patron de Titan, Maurice Taylor, le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, avait discuté vendredi 28 novembre avec les dirigeants de Goodyear, Brigitte Fouré, maire d'Amiens (UDI) et Alain Gest, député de la Somme et président d'Amiens Métropole (UMP). 

Le gouvernement est ici rejoint par la droite amiénoise
au pouvoir depuis les dernières élections municipales et intercommunales. Elle a désigné vendredi les responsables à leurs yeux de cet "immense gâchis social", du "jusqu'au boutisme" de la CGT à la "gestion approximative des ressources humaines" chez Goodyear.

Alain Gest a pointé la CGT locale qui a fait  capoter l'accord de 2012 quand 550 emplois pouvaient être sauvegardés dans le cadre d'un Plan de départs volontaires. Pour bien faire comprendre son propos, il s'est réjoui que Dunlop, une autre usine amiénoise du groupe, a accepté en 2007 un compromis avec la direction, ait son avenir assuré.

Titan : "On ne peut pas racheter Goodyear à cause de vos lois"

La politique dela CGT du tout ou rien a produit 1.143 suppressions d'emploi. Jeudi, le directeur des ressources humaines de Goodyear Dunlop Tires France avait mis en garde qu'il n'y aurait aucun repreneur pour l'usine Goodyear, qui a fermé en janvier.

Le patron de Titan est très critique du système social de la France. 
Longtemps intéressé par une reprise partielle de l'usine de pneumatiques Goodyear d'Amiens-Nord, Maurice Taylor, le P-DG de Titan a expliqué vendredi qu'il a dû renoncé à ce projet à cause du nombre de salariés qu'il aurait été obligé de reprendre.  "On ne peut pas racheter Goodyear à cause de vos lois. On doit reprendre au minimum 652 ou 672 ouvriers, c'est impossible. Au maximum, c'est 333 parce qu'après ce n'est pas rentable", a déclaré sur France Info le P-DG du fabricant américain de pneus.

"Dites aux syndicats que s'ils sont si intelligents, ils n'ont qu'à racheter l'usine", a lancé Maurice Taylor. "La France est devenue un pays communiste et, quand vous tomberez aussi bas que la Russie, peut-être que vous aurez une chance de repartir", a-t-il affirmé, après avoir notamment dénoncé le rythme de travail des ouvriers français: "trois heures par jour"...

Mickaël Wamen, le leader CGT de Goodyear Amiens-Nord, a qualifié de "énième farce", et de "mascarade sans nom" l'échec des discussions. Et surtout les motifs invoqués par Maurice Taylor, à savoir le nombre excessif de salariés à reprendre. Selon le syndicaliste, "Titan a tout intérêt à attendre pour qu'un jour il ait l'usine pour rien ou qu'on lui vende les machines agraires et tout le process".

Ça ne coûte rien à la CGT, c'est l'Etat qui paye...
L'entourage d'Emmanuel Macon estime que "l'attention collective doit désormais se concentrer sur l'avenir des salariés et de leurs familles et du territoire au travers de la venue de nouvelles activités créatrices d'emplois".
Brigitte Fouré et Alain Gest ont demandé un "rendez-vous" au Premier ministre, Manuel Valls, pour "être informés par le gouvernement des négociations qu'il est censé avoir eu avec" Goodyear et Titan, et savoir "quelles mesures il compte prendre pour la ré-industrialisation du site". Ils ont également annoncé une réunion extraordinaire en session commune du conseil municipal d'Amiens et du conseil d'Amiens Métropole le 4 décembre.
Et ce n'est encore pas l'Etat qui paie...