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samedi 31 mars 2018

Forte mobilisation des salariés de Carrefour pour leurs emplois et leur pouvoir d'achat

Les usagers de Carrefour étaient interdits d'approvisionnement, ce samedi de Pâques

Hypermarchés filtrés ou bloqués par des alignements de chariots et des piquets de grève

Un magasin Carrefour de Marseille

Faire ses courses pour le long de Pâques était galère dans certains magasins Carrefour samedi, au vu de la forte mobilisation des salariés, décidés à défendre leurs emplois et leur pouvoir d'achat, au détriment de l'entreprise.
C'est une mobilisation "historique", s'est félicité Michel Enguelz (FO).

Au moins 300 magasins intégrés ont été impactés par le mouvement de grève lancé par FO et la CFDT, et relayé séparément par la CGT, au lendemain d'une mobilisation dans les entrepôts. "Du jamais vu", selon Philippe Allard (CGT). 

La CFDT a recensé 170 hypermarchés (sur 220) mobilisés et 130 supermarchés (sur environ 470), avec un taux de grévistes avoisinant "50%". Sans considération des familles. 
Pour FO, 180 hypermarchés étaient dans le mouvement, dont "entre 40 et 50 fermés ou complètement bloqués". Le premier syndicat du groupe se targue de la fermeture de 80 magasins de proximité, au détriment des personnes âgées ou malades.
 
Le groupe Carrefour a lui même fait état d'hypermarchés fermés, une "première," selon Sylvain Macé (CFDT). A midi, "80%" des hypermarchés étaient "ouverts" (soit 20% fermés, ce qui équivaut à une quarantaine) et "100%" des supermarchés", a souligné la direction. 

Partout, le mouvement s'est traduit par des rassemblements, du "filtrage" aux entrées des magasins ou carrément des blocages, s'est réjoui  S. Macé. Parmi les hypermarchés complètement bloqués, ont été cités ceux d'Antibes (LR), Ollioules (UMP), Toulon Grand Var (LR), Nice Lingostière (LR) ou Port-de-Bouc (PCF) dans le Sud, Vénissieux (PCF), Chambéry (UMP), Toulouse-Labège (LR) ou encore Mérignac (PS). 

Cette mobilisation est l'aboutissement de l'inquiétude et de la colère qui montent depuis le 23 janvier, avec l'annonce du "plan de transformation," par le  PDG du groupe à l'été dernier, Alexandre Bompard l'accompagnant de la suppression de milliers d'emplois.

Ce mouvement "doit nous permettre de faire comprendre à A. Bompard que les salariés ne sont pas des pions", a souligné M. Enguelz (FO). Mais cette grève pourrait entraîner "entre 40 et 50 millions d'euros" de perte de chiffre d'affaires, avait indiqué vendredi Thierry Faraut (SNEC CFE-CGC)

Le dialogue social est "rompu"  

Carrefour de Lomme, Nord
Au-delà des suppressions de postes annoncées - 2.400, via un plan de départs volontaires dans les sièges, 2.300, via un plan social dans les magasins de proximité (273 ex-Dia qui vont fermer) -, les syndicats protestent contre le passage en location gérance d'hypermarchés (cinq confirmés, une quarantaine visés selon eux). 

Ils s'inquiètent aussi de l'impact sur l'emploi d'autres mesures du plan Bompard (logistique, réduction de 100.000 m2 des surfaces des hypermarchés). 

"Nous comprenons que les projets de transformation puissent susciter de l'inquiétude chez certains de nos salariés", a admis le directeur exécutif de Carrefour France. Mais, "si nous souhaitons pérenniser et développer notre activité économique, et donc nos emplois, nous devons impérativement nous transformer", a insisté Pascal Clouzard, 

Côté salariés, l'annonce récente d'une participation moyenne de 57 euros, contre 610 l'an dernier, vue comme une "aumône" ou un "pourboire", a aussi catalysé la colère.
"Bien consciente de l'impact sur le pouvoir d'achat" de cette baisse, la direction a proposé mi-mars de relever ce montant à 407 euros, via un complément forfaitaire d'intéressement, sans réussir à désamorcer la fronde.
Les actionnaires vont toucher, eux, un total de 356 millions d'euros de dividendes, globalement. 

Les syndicats populistes anticipent aussi des négociations salariales au rabais. 
"Augmenter les salaires, pas les dividendes des actionnaires", clamait une pancarte dans les rassemblements. "On s'est dit qu'on allait arrêter de payer pour les actionnaires", a relevé Olivier Ginestar (CGT), devant l'hypermarché de Lomme (Nord), fermé samedi et où les députés LFI du Nord Adrien Quatennens et Ugo Bernalicis ont fait monter la pression.

Côté syndicats, le mouvement traduit aussi la crispation du dialogue social, dont tous dénoncent unanimement la "dégradation". Il est "rompu, c'est marche ou crève", relevait à Marseille Smaïl Ait Atman (CFDT), syndicat pourtant réformiste. 

"La balle est dans le camp" de la direction, estime FO, qui a déjà annoncé qu'il ne signera pas le projet d'accord sur le plan de départs volontaires, comme la CFDT. Si d'autres actions ne sont "pas exclues", "l'objectif" est un "retour à la négociation", souligne Michel Enguelz (FO). Il faut "rétablir le dialogue social qui a existé (chez Carrefour) pendant 30 ans", a plaidé S. Macé (CFDT).

dimanche 4 février 2018

Enseigne Carrefour : semaine de mobilisation contre le plan social

La CGT appelle les salariés de l’enseigne de grande distribution à se mobiliser dès ce 5 février

Le plan social provoque une protestation qui doit durer jusqu’au samedi 10 février
  
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Le siège de l'enseigne Carrefour est à Massy, Essonne
Le choix du lieu du rassemblement suggère une opération syndicale. Le collectif CGT Carrefour appelle en effet les salariés du groupe à se mobiliser contre le plan de restructuration annoncé le 23 janvier par le groupe de grande distributionà Montreuil (Seine-Saint-Denis) sur la commune où se trouve le siège national de la CGT
C’est pour protester contre cette "casse sociale" que la CGT prévoit "un temps fort" lundi 5 devant l’hypermarché Carrefour de Montreuil en présence de Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. L’appel à mobilisation court sur toute la semaine, jusqu’au samedi 10 février. 
Le 8 février, FO appelle de son côté à une manifestation. 

2.400 suppressions de postes 
Le plan présenté par Carrefour prévoit la suppression de 2.400 postes dans les sièges du groupe, via un plan de départs volontaires (PDV), ainsi que la sortie du groupe, par cession ou fermeture, de 273 ex-magasins Dia, qui affecte 2.100 salariés avec un plan social (plan de sauvegarde de l’emploi, PSE) à la clé. 

Le projet de la direction vise aussi à réduire la surface des hypermarchés de 100.000 m2 et une réduction des coûts de deux milliards d’euros. 

Le ministère du Travail a assuré suivre "avec la plus grande attention le déroulement" de ces deux plans...

"Tous deux de grande ampleur". Et d’ajouter, le mercredi 31 janvier : "Nous serons extrêmement vigilants sur la qualité du dialogue social, ainsi que sur les moyens mis en œuvre pour favoriser le retour à l’emploi des salariés (affectés), notamment la formation, les mesures de reclassement…" Une préoccupation que le ministère a affirmée en recevant les organisations syndicales au cours de la semaine du 29 janvier

La CGT refuse le dialogue

Initiatrice des protestations à partir du 5 février, la CGT a prévenu les autorités qu’elle "ne négociera pas. Elle se battra pour qu’il n’y ait pas de plan", a assené Philippe Allard, délégué CGT, après sa rencontre rue de Grenelle. 
Il a souligné que l’Etat avait "subventionné" Carrefour en lui versant "plus de 700 millions d’euros via le CICE" (crédit d’impôt compétitivité emploi, proposé par le gouvernement Ayrault, PS) depuis le 1er janvier 2013, représentant un coût pour les finances publiques évalué à 11,3 milliards d'euros en 2013 et à 19 milliards d'euros en 2015
En juillet 2014, Rue89 (du groupe L'Obs, propriété de Xavier Niel et Matthieu Pigasse, également détenteurs du groupe Le Monde) révéla que le rapporteur de la mission d'information parlementaire sur le CICE, le député socialiste Yves Blein (qui soutiendra la candidature Macron) est membre de la famille Mulliez, groupe Auchan, ce qui peut poser un problème de conflit d'intérêts dans la mesure où le groupe Mulliez a largement bénéficié de ce dispositif (44 millions d'euros en 2013).Un journal d'extrême gauche auquel collabora François Ruffin (LFI), Fakir, en décembre 2016 dénonça le fait que plusieurs enseignes de la grande distribution aient pu transformer l'aide de l'État en dividendes pour les actionnaires, ou en rétributions pour les patrons.
Dans Le Point, Jean Nouailhac critiqu
e l'identité des entreprises qui ont le plus bénéficié du CICE. Il dénonce le fait que des entreprises, dont l’État est actionnaire, comme La Poste, ont grandement bénéficié du dispositif, sans pour autant embaucher.
La délégation Force ouvrière a de son côté exigé "une négociation quantitative et qualitative" en termes de "reclassements, de formation et de retour à l’emploi". 
Une délégation CFDT a, quant à elle, exposé au ministère ses interrogations et "inquiétudes", alertant notamment le gouvernement sur l'"ampleur" de l’impact social, "plus de 5 .000" postes en ajoutant deux projets de restructuration en cours depuis l’automne. Laurent Berger, secrétaire général de cette organisation, avait de son côté demandé que Carrefour, "groupe rentable", ne verse pas cette année de dividendes à ses actionnaires et qu’il utilise plutôt cet argent pour "le reclassement et l’accompagnement des salariés concernés". Populisme ?

lundi 10 septembre 2012

Corse: vague d'attentats contre la grande distribution

Sept enseignes de la grande distribution visées, dont Leclerc

Attentats en série
le lendemain  de l'entretien télévisé
de Hollande sur TF1:

assez pour le réveiller ?


Une vague d'attentats à l‘explosif a secoué la Corse dans la nuit de dimanche à lundi entre 00h15 et 01h00 heure du matin, a confirmé la préfecture.

Des charges de faible puissance placées devant les devantures, les rideaux métalliques ou les portes ont causé des dégâts matériels légers et n'ont pas fait de victime.

Aucune inscription n'a  été retrouvée sur place  évoquant le Front de libération nationale de la Corse. Il est donc prématuré de pointer la mouvance terroriste, mais la simultanéité et l'étendue géographique de ces actes ont mis les enquêteurs sur la piste d'une "nuit bleue" du FLNC. "Le commando a pu agir à moto, déposer les engins explosifs et partir", a estimé l'un d'eux. 

Les constatations de l'identification judiciaire n'ont pas permis de déterminer la nature et le poids des charges employées, mais l'hypothèse d'un "engin artisanal" était évoquée sur place, par un expert.

L'enseigne Leclerc a été particulièrement touchée


Leclerc drive d'Ajaccio


Cinq de ses supermarchés ont été visés, à Ajaccio, à Sarrola-Carcopino (dans la périphérie ajaccienne) où un "Drive" ouvre ses portes, à Bastia, à Oletta (à 20 Km de l'agglomération bastiaise) et à San Giuliano, dans la plaine orientale de l'île.
Toujours dans le Sud, l'hypermarché Géant Casino (Ajaccio) et le magasin Décathlon (réseau Oxylane, propriété de l'association familiale Mulliez, en outre actionnaire majoritaire des enseignes Auchan, Atac, Banques Accord, Cityper, Colmark, Immochan, Les halles d'Auchan, Saint Maclou, Midas ou Norauto, Kiloutou, Alinéa ou Kiabi, à titre d'exemples), à Sarrola-Carcopino,ont également été pris pour cibles.

On comprend aisément que les nationalistes corses dénoncent la mainmise sur l'économie insulaire (et nationale) par les  quelques familles qui monopolisent la grande distribution. 




Recomposition

La section anti-terroriste du Parquet s'est saisie du dossier, qui est entre les mains de la direction régionale de la police judiciaire.
Ces attentats interviennent sur fond de recomposition de la famille nationaliste clandestine où deux tendances sont désormais bien distinctes.
Le 9 juillet dernier, un FLNC bis, proche de la tendance dite du 22 Octobre, dont le pendant légal est le courant Rinnovu, se démarqua du FLNC lors d'une conférence de presse clandestine qui s'est tenue en Haute-Corse.
Ce nouveau FLNC disait vouloir s'en prendre entre autres à la grande distribution, fustigeant "l'économie productive abandonnée au capitalisme sauvage", et aux groupes financiers "qui s'accaparent des pans entiers de l'économie".
Le 6 septembre, la rupture connaissait un écho dans la vitrine légale. Le mouvement indépendantiste Corsica Libera, dont le chef de file Jean-Guy Talamoni a réalisé 10% aux élections territoriales de 2010, connaissait une scission avec le courant U Rinnovu (le renouveau). Son leader Paul-Félix Benedetti, de sensibilité plus sociale, appelait à une "plus grande lisibilité politique" et dénonçait une gestion hégémonique du parti indépendantiste. Ces derniers mois, le FLNC, alors unifié, avait également menacé des groupes de la grande distribution. En l'absence de revendication, ces attentats ne sont reliés pour l'heure à aucun de ces mouvements.

Dans le même temps, la Garde des Sceaux émettait des signaux de laxisme
Depuis l'élection de François Hollande, Christiane Taubira symbolise une forme "d'angélisme" propre à la gauche sur la criminalité. Devant la presse, elle a exprimé ses doutes personnels sur l'intérêt des Centres éducatifs fermés (CEF) et des courtes peines de prison pour lutter contre la délinquance, dont elle fait une cause essentielle de la surpopulation carcérale et du taux important de récidive des délinquants. Ce faisant, elle a du même coup encouragé le banditisme et le terrorisme. 

Le ministre de Hollande délégué au Budget provoque aussi la colère

Le gouvernement ne cesse de faire des propositions contestables  
Jérôme Cahuzac  plaide ainsi pour que les… sportifs et artistes soient épargnés de la contribution exceptionnelle de 75 % sur les revenus supérieurs à 1 M€  !
C’est qu’ils se donnent en effet du mal, les Balasko, Noah, Higelin ou Béart pour entretenir leur image et protéger leurs biens : concerts gratuits lors de meetings électoraux, déclarations militantes à la télévision, chansons "engagées" et manifs au côté d'associations médiatisées. Ce n’est pas parce qu’il a fait un régime que François Hollande ne doit pas avoir la reconnaissance du ventre... 
La gauche sociale protège des millionnaires socialistes, sportifs, artistes et grands commerçants, pour la plupart exilés fiscaux aux Etats-Unis, en Suisse ou à Monaco, contre des coups de pouce dans les débats nationaux. 

Michel-Edouard Leclerc n'a-t-il pas amorcé la pompe des baisses de carburants pour soutenir Bercy en faisant patienter la population défavorisée (tout en faisant la promotion de ses magasins) ? Ils veulent bien jouer les donneurs de leçons, mais pas que les décisions prises s’appliquent à leur caste.

Ces Corses ont lancé un avertissement sans frais aux nantis de la gauche caviar.

De l’ordre de 2 milliards d’euros, la première fortune professionnelle de France et la neuvième fortune mondiale, sans compter les richesses privées cumulées de chaque membre de la famille, donne le vertige. Mais, de la part de soutiens du PS, de Lille à Paris, l'évasion fiscale de cette famille vers le Benelux, donne la nausée. 

Et les nationalistes corses sont très délicats...