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dimanche 22 juillet 2018

L'affaire Benalla bloque le travail parlementaire : le gouvernement suspend l'examen de la révision constitutionnelle jusqu'à nouvel ordre

Belloubet acte la crise politique

Le gouvernement a décidé de suspendre l'examen de la révision constitutionnelle jusqu'à nouvel ordre

L'affaire des barbouzes du président paralyse l'Assemblée depuis plusieurs jours:
Résultat de recherche d'images pour "de rugy furieux"


la garde des Sceaux, cramoisie ci-dessus,  Nicole Belloubet a dû annoncer dimanche l'arrêt momentané du travail parlementaire. "Le gouvernement a décidé de suspendre l'examen de la révision constitutionnelle et souhaite que celui-ci puisse reprendre ultérieurement dans des conditions plus sereines", a indiqué la ministre.

Nicole Belloubet a dit "regretter" que les travaux aient été interrompus à la suite "des révélations concernant M. Benalla", alors que, selon elle, le projet gouvernemental de réforme de la Constitution contient des "propositions extrêmement positives pour le renforcement de notre démocratie", et cela, malgré la réduction d'un tiers du nombre des parlementaires ou l'’accélération de la procédure parlementaire...

Le président de l'Assemblée tente une épreuve de force 

François de Rugy souffle.
Dans la foulée, le président de l'Assemblée François de Rugy (LREM) s'est aligné, annonçant la levée de la séance jusqu'à lundi 16h00, horaire prévu de l'examen du projet de loi "avenir professionnel".

Les "rappels au règlement" se sont en effet à nouveau succédé dans la matinée, depuis le début de la séance, les oppositions de gauche comme de droite  réclamant des explications de l'exécutif, tandis que la majorité présidentielle observe les consignes de mutisme. 
Prenant la parole dans la foulée, François de Rugy a donné un avant goût de la chape de plomb qui pourrait s'abattre sur l'Assemblée nationale, affirmant que la chambre basse n'est pas réunie "pour faire un défilement des rappels au règlement" et n'est pas "un théâtre filmé".

L'ancien écologiste a mis le feu aux poudres en menaçant :

"Je ferai tout pour que la réforme constitutionnelle aboutisse", a-t-il lancé, jugeant que "la rénovation de nos institutions est plus que jamais nécessaire, nous venons encore d'en apporter la démonstration".

"L'agitation doit retomber et elle retombera, a encore mis en garde le petit coq du "perchoir"le travail législatif doit reprendre et il reprendra". 
Rugy a annoncé qu'il consultera les présidents de groupe et le gouvernement pour encadrer "les débats des deux prochaines semaines", d'ici la fin de la session.

L'affaire Macron-Benalla déclenche une crise politique ouverte, mais Macron reste fermé

Le président se mure dans le silence, suite aux révélations des brutalités et des privilèges de son favori à l'Elysée

Une série de mises en examen s'annonce

Mensonge de l’Elysée : Benalla assurait encore la protection rapprochée du Président, le 13 juillet à Giverny
La crise politique provoquée par l'entourage d'hommes en noir du président Macron ne cesse de prendre de l'ampleur, à partir des violences de ses hommes de main, masquées pendant onze semaines, nourrie du silence d'Emmanuel Macron et des rebondissements - dignes d'une république bananière -  de l'enquête, avec une possible mise en examen dimanche de son ex-collaborateur à l'Elysée, dans l'attente de l'audition du fusible gouvernemental, Gérard Collomb, lundi à l'Assemblée.
Flagrant délit de violences par deux hommes en noir du président :
Vincent Crase (lunettes sur le front) et Alexandre Benalla (casque et capuche) tabassant un manifestant, le 1er mai à Paris

Cinq suspects au total doivent être présentés dans la journée à un juge d'instruction. Les 'Men in Black' de Macron, censés protéger son "monde nouveau" sont Alexandre Benalla, filmé frappant des manifestants le 1er mai, en garde à vue depuis vendredi matin, Vincent Crase, réserviste de la gendarmerie employé de LREM à ses côtés lors de la Fête du travail, et de trois policiers soupçonnés d'avoir transmis à Benalla des images de vidéo-surveillance.
La femme et l'homme frappés le 1er mai ont demandé à être entendus ultérieurement par les enquêteurs.

Appartement et voiture de fonction, salaire... Le joli train de vie d’Alexandre Benalla
Alors que les révélations tombent comme si elles n'attendaient que le signal  notamment sur les avantages accordés à l'ex-collaborateur de 26 ans (d'un logement quai Branly de fonction et d'un véhicule avec chauffeur à un badge pour accéder à l'hémicycle du Palais Bourbon, en passant par un salaire d'environ 10.000 euros mensuel disproportionné eu égard à son grade au sein de la réserve citoyenne, le chef de l'Etat a provoqué sa plus grave crise politique depuis le début du quinquennat, mais reste mutique.
D'après le Journal du Dimanche, Emmanuel Macron a parlé au téléphone à son chargé de mission préféré, licencié à contre-coeur vendredi matin.

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Alors que le porte-parole de l'Elysée, un ex-journaliste connu pour ses parti-pris et sa servilité, Bruno Roger-Petit, avait affirmé seul devant la caméra, jeudi, qu'il avait été après le 1er mai soi-disant "démis de ses fonctions en matière d'organisation de la sécurité des déplacements du président", A. Benalla apparaît sur plusieurs clichés récents au côté de Macron ou du couple présidentiel, notamment le 13 juillet à Giverny (Eure), alors qu'il était déclaré "suspendu" (document 1, ci-dessus). L'Elysée ne fait plus aucune communication.

Les oppositions de droite et de gauche sont montées au front pour demander au président "des comptes", selon les mots de Laurent Wauquiez (LR). 

L'affaire est un 'Benallagate' "du niveau du Watergate", considère Jean-Luc Mélenchon, le leader des Insoumis.
Mais le porte-parole du parti du président, La République en marche (LREM), Gabriel Attal, qui fut socialiste et membre du cabinet de la ministre de la Santé Marisol Touraine, argue que si le président s’exprimait "sur cette affaire, on trouverait partout des commentateurs pour s’indigner du poids potentiel de ses mots sur les enquêtes en cours". 
"On dirait que (sa parole) interférerait", lui fait écho Marc Fesneau, chef de file des députés MoDem, interrogé dimanche par France Info, et soucieux du qu'en-dira-t-on ! Le Monsieur Propre bien connu du paysage politique, François Bayrou, n'est en revanche pas venu devant micros et caméra bafouiller ses conseils et sentences.

Collomb, bientôt sacrifié sur l'autel du président Macron ?

Le premier à donner sa version des faits ne fait qu'appliquer les ordres. Le ministre de l'Intérieur est attendu lundi à 10h00 devant la commission des Lois de l'Assemblée, qui dispose de prérogatives d'enquête. Les députés d'opposition, qui dénoncent un mensonge jeudi dernier devant le Sénat, ne vont pas manquer de le passer à la question, sans violence, ni arme de poing.

L'Elysée a organisé un déjeuner de crise samedi autour d'Emmanuel Macron, réunissant Gérard Collomb et la ministre de la Justice Nicole Belloubet.
Celle-ci, tremblante, est en première ligne à l'Assemblée, à l'origine sur le projet de révision constitutionnelle, dont l'examen est bloqué depuis jeudi soir, mais à l'arrivée pour transmettre les ordres de l'Elysée, via le premier ministre.

Dans l'hémicycle dimanche matin, les représentants de la nation se livraient encore un bras de fer autour de  l'"affaire Macron-Benalla", comme la désigne le patron du groupe LR Christian Jacob.

Dans une atmosphère tendue, les oppositions ont de nouveau réclamé la venue du Premier ministre ou, "au moins", de Castaner, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement.

"On ne lâche pas", assurait-on dans les rangs de la majorité, alors que samedi soir, la séance nocturne avait été écourtée après des heures de dialogue de sourds.

Les élus juppéistes d'UDI-Agir ont en revanche décidé de ne plus "participer à ce triste spectacle". Abstentionnistes ?...

Vidéo. Affaire Benalla : altercation entre Marine Le Pen et Christophe Castaner à l’Assemblée

Un affrontement verbal a marqué les esprits: salle des Quatre colonnes samedi en fin de journée, la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen et Christophe Castaner ont eu une vive altercation, la première déplorant notamment que ses "amis de LREM refusent" de le convoquer devant la commission d'enquête.
Il est aussi légitime de souhaiter assister à cette querelle dans son intégralité:

L'hyper-président est-il paradoxalement l'artisan du retour à la IVe République ?

lundi 26 mai 2014

Après la débâcle électorale, Valls veut "de nouvelles baisses d'impôts" non financées

Les lendemains qui déchantent à gauche

Suite à la victoire du FN aux élections européennes, le président Hollande a consulté son nouveau premier ministre. 


D'abord hégémonique, puis blessé,
le PS est affaibli par les municipales
et KO debout depuis les Européennes


Le parti majoritaire il y a deux n'a fait que 14% des suffrages exprimés aux Européennes.

Manolo Valls ainsi que les ministres Laurent Fabius, Michel Sapin, Bernard Cazeneuve, Stéphane Le Foll et Harlem Désir ont donc accourus à l'Elysée. Ils sont sortis peu après 9 h 30 sans aucune déclaration à la presse.


Une autre réunion devrait se tenir à Matignon dans la foulée, mais aucune déclaration de François Hollande n'est prévue pour l'instant, contrairement à ce qui était annoncé. François-la-cata a en effet abattu toutes ses cartes après le changement de gouvernement il y a seulement huit semaines.
Valls ne fait que confirmer des baisses d'impôts annoncées 
 Avant cette intervention, Manuel Valls a commenté sur RTL la débâcle des européennes qu'il a lui-même qualifiée dimanche soir de "séisme", sans toutefois changer de ligne politique. Il a fait l'annonce floue de baisses d'impôts, qui seraient nouvelles mais qui ne sont pas précisées :
"On ne peut pas jouer depuis des années avec la fiscalité pour éviter la baisse de la dépense publique. (...) Il faut de nouvelles baisses d'impôts, notamment de l'impôt sur le revenu."
Valls brode sur le thème "j'ai tout compris des difficultés des Français"
Il a longuement expliqué que "les impôts sont devenus insupportables pour les classes populaires et moyennes", mais il s'est en revanche gardé de préciser la nature de ces baisses, ni en quoi elles seraient nouvelles par rapport à celles déjà annoncées.
La "gauche sociale" a déjà fait savoir que le taux de rémunération du Livret A, dit "populaire", ne sera pas relevé.

A cours d'idées et de moyens, l'exécutif avait déjà fait le même genre d'annonce près la défaite des municipales. Le 11 mai, Valls avait ainsi expliqué que "650.000 ménages qui [sont] rentrés dans l'impôt (...) [devraient] en sortir". Le premier ministre a visiblement fait une annonce de vagues mesures dont il ne connaît pas la première: ses services planchent sur les décisions à prendre lors de l'examen du prochain projet de loi de Finances rectificative (PLFR), présenté le 11 juin en conseil des ministres. "Les Français n'y croiront que quand ils le verront sur leur feuillle d'impôts", a commenté le premier ministre, lundi. 

Interrogé sur les "leçons à tirer de ce scrutin",  le chef du gouvernement n'a su évoquer que la réforme ...territoriale. Semblant se désolidariser, Valls a lâché que "le président de la République veut s'engager sur cette voie."

L'exécutif nie le rejet de la gauche par les électeurs  

Valls s'accroche, dans la crainte de nouvelles législatives: il n'a pas tardé à prendre à son compte le refus du président d'une dissolution malgré l'impopularité de l'exécutif et deux désaveux consécutifs infligés par les électeurs:
"C'est un fait. En quoi ça serait un handicap ? Ça n'est pas la première fois que ceux qui gouvernent connaissent l'impopularité. Il [Hollande] devrait descendre de la voiture, provoquer une dissolution et faire en sorte que l'extrême droite s'empare des rênes du pays. (...) Nous n'allons pas rajouter à la crise d'identité la crise morale que la France traverse, en plus, le désordre par des élections, par un pays qui serait ingouvernable."
Et ajouter la crise politique à la crise économique ?
Le pays est-il gouvernable quand la majorité au Sénat ne tient qu'à un fil ténu et que 41 députés ont déjà exprimé leur défiance ?

samedi 19 octobre 2013

Crise gouvernementale: c'était Leonarda ou Valls

Et si  ce n'était ni l'un, ni l'autre ?

Valls aurait mis sa démission dans la balance
Vers une séparation ?

Selon Libération,
le ministre de l'Intérieur aurait laissé entendre qu'il pourrait claquer la porte du gouvernement si la Rom Kosovare était autorisée à rentrer en France.

Manuel Valls a dû écourter sa visite aux AntillesFace à la vive polémique et aux critiques dont il fait l'objet après l'expulsion de Leonarda, le ministre de l'Intérieur a finalement réintégré  la capitale dès samedi matin: son avion a atterri à Orly vers 8h30.

Il a pu se saisir du rapport de l'enquête administrative sur les conditions de l'expulsion de la jeune fille. Il s'exprimera sur le sujet le plus rapidement possible, peut-être dès samedi, et dimanche au plus tard.

"Si elle revient, je peux m'en aller"
L'adolescente fait vaciller Valls
Sur le plan politique, Manuel Valls aurait, selon Libération, menacé de démissionner si l'adolescente rom était autorisée à rentrer en France, comme Jean-Marc Ayrault l'envisage depuis jeudi. "Si elle revient, je peux m'en aller", aurait-il mis en garde, selon des sources ministérielles. La menace serait évidemment d'autant plus forte si les conclusions de l'enquête montraient que le droit a été respecté et que Leonarda était malgré appelée à revenir dans l'Hexagone où l'agitation monte.

Mais Hollande sait-il faire pencher une balance ?

Malgré la détérioration rapide de la situation et la peur des lycéens descendus dans la rue à l'appel des gauches radicale et extrême, François Hollande, qui ne s'est toujours pas exprimé sur le sujet, s'est mis en péril. 
Soit il lâche Manuel Valls, son ministre le plus populaire, alors même que deux Français sur trois sont contre le retour de Leonarda, soit il lâche une bonne partie de la gauche, outrée par les conditions d'expulsion de l'adolescente.

Les Français ont d'avance le sentiment que le président ne saura pas trancher et la France risque d'avoir à souffrir longtemps d'une nouvelle probable défaillance.
Quelle échappatoire Manuel Valls imaginera-t-il pour ne pas perdre la face?
Les lycéens se satisferont-ils de demi-mesures ?

mercredi 16 octobre 2013

L'expulsion de Leonarda, jeune rom du Kosovo, met le gouvernement Ayrault en péril

Les associations s'opposent à la loi, la gauche radicale s'enflamme et Peillon fustige son collègue Valls

Le ministre de l'Education, Vincent Peillon, a demandé mercredi qu'on "sanctuarise l'école" contre son "camarade" Valls.


Le professeur Peillon a tiré l'oreille du p'tit Valls , lui faisant promettre qu'il ne recommence pas. Demain la fessée déculottée?
La gauche veut-elle la tête de Valls ?

Les conditions d'expulsion de la collégienne Leonarda, une collégienne kosovare, la semaine dernière dans le Doubs, plonge la majorité dans une nouvelle crise politique. Les réactions d'indignation se succèdent contre le ministre de l'Intérieur, très populaire dans l'opinion, mais beaucoup moins au sein de son propre parti.

"Il y a la loi. Mais il y a aussi des valeurs avec lesquelles la gauche ne saurait transiger. Sous peine de perdre son âme", a écrit Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale sur Twitter
Le député socialiste du Nord Bernard Roman a quant à lui qualifié de "rafle" l' expulsion de Leonarda alors qu'elle était en sortie scolaire, revendiquant un "devoir d'insurrection" contre de tels actes. "Je soutiens sans aucun problème la politique et le positionnement de Manuel Valls dans sa tâche de ministre de l'Intérieur. Mais il y a des limites au-delà desquelles on sort du champ de ce qui est acceptable pour la gauche, et là on l'a fait", a-t-il déclaré dans les couloirs de l'Assemblée. "Aller chercher un enfant dans une activité scolaire, ce n'est pas une expulsion, c'est une rafle. Ce n'est pas acceptable" (...). "Si cela avait été la droite, nous l'aurions condamné avec force, ce n'est pas parce que c'est la gauche qu'on ne doit pas le condamner avec force. On n'a pas respecté nos valeurs", a-t-il ajouté.

Deux responsables du PS ont tweeté pour exprimer leur fort mécontentement, l'un d'entre eux se montrant particulièrement incisif à l'encontre du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, en prônant même sa démission du gouvernement. "Manuel Valls qui justifie l'expulsion de #Leonarda ! Quand est-ce qu'on prend une mesure d'éloignement du gouvernement à l'encontre de Valls ?", a lancé Frédéric Hocquard, secrétaire national du PS à la Culture, en réagissant à la reconduite à la frontière de la jeune fille de 15 ans. "Perso, je ne me vois pas rester à la direction du PS si rien n'est fait pour #Léonarda j'en tirerai les conséquences"a appuyé dans un autre tweet Stéphane Delpeyrat, le secrétaire national du PS à la Recherche, évoquant "la goutte d'eau" qui fait déborder le "vase".

Peillon : "Je souhaite que ce genre de situation ne se renouvelle pas"

Dans un registre plus modéré, le ministre de l'Education nationale, Vincent Peillon n'a pu s'empêcher de regretter cette expulsion  "à l'intérieur du temps scolaire". "Le ministre de l'Intérieur est dans son rôle quand il exécute des décisions de justice mais elles doivent être exécutées avec discernement. Et dans ce discernement il y a le respect de ce sanctuaire qu'est l'école", a-t-il déclaré à la sortie du conseil des ministres. "Je souhaite que ce genre de situation ne se renouvelle pas", a-t-il  prévenu.



"On ne doit pas aller chercher des enfants à l'école"

En attendant les résultats de l'enquête administrative ordonnée par le gouvernement pour déterminer les circonstances de cette expulsion,
Harlem Désir demande le retour en cours de la jeune fille. "Aujourd'hui, le gouvernement demande une enquête administrative urgente, c'est un premier pas. En attendant, Leonarda doit pouvoir revenir dans sa classe", explique le premier secrétaire du PS. Et avec elle son père accusé de violences conjugales, sa mère et ses quatre frères et soeurs, soit 7 personnes. Une pétition, signée par de nombreux responsables politique de la gauche, a d'ailleurs été mise en ligne pour exiger le retour en France de Leonarda. Sur les faits, Harlem Désir estime que "les conditions de l'interpellation de cette jeune collégienne sont choquantes, pendant une sortie scolaire, devant les autres enfants".

Le porte-parole du PS, David Assouline , qualifie également de choquantes les conditions dans lesquelles cette élève de 3e a été remise à la police : "Faire descendre d'un bus par les forces de l'ordre une élève devant l'ensemble de ses camarades de classe est insupportable et inacceptable", a-t-il estimé. 

Invité mercredi matin sur i>Télé, le député de Seine-Saint-Denis (comme Bartolone...) Bruno Le Roux s'est également élevé contre les conditions d'expulsion de la jeune Kosovare. "On ne doit pas aller chercher des enfants à l'école", a déploré le député socialiste. Cette expulsion aurait dû "être différée", selon lui. "Il faut avoir quelques principes : il y a les textes, il faut avoir quelques capacités de discernement", a précisé l'élu.


Même agacement de la part de Sandrine Mazetier sur LCI. Selon la députée et secrétaire nationale du PS en charge de l'immigration fait valoir que cette famille aurait pu, dans quelques jours, déposer une demande de régularisation. Elle accuse, quant à elle, le préfet du Doubs d'avoir manqué de discernement.




Valls demande à ce "que chacun garde son sang-froid"

Pour calmer les esprits, Manuel Valls a lancé ce mercredi une enquête administrative sur les "conditions d'éloignement" de la jeune Leonarda. "J'ai vu qu'il y a une polémique que je crois stérile, inutile", a déclaré-t-il. Il demande par ailleurs "que chacun garde son sang-froid". En marge d'un déplacement à Lorient, il recommande d'attendre le rapport de l'inspection générale de  l'administration qui doit se pencher sur le sujet. "Ne doutez pas un seul  instant que les règles de droit public sont appliquées avec intelligence, discernement, humanité (...) par mes services", a-t-il ajouté.
Le porte-parole du ministère de l'Intérieur a lui aussi tenté de légitimer l'action des forces de l'ordre. Interrogé sur LCI, Pierre-Henry Brandet a assuré que dans cette affaire, "le respect du droit des étrangers a été total". Selon lui, l'expulsion "a été faite en concertation avec un membre de son comité de soutien", précisant que l'opération s'était faite "dans les conditions les plus sereines possibles". "On est venu chercher cette jeune fille dans le bus, on ne l'a pas arrachée à ses camarades", explique le porte-parole. Il a reconnu toutefois que "ce sont des situations traumatisantes".
Enfin, malgré la colère qui monte dans les rangs socialiste, le président Hollande se tient bravement à distance de la mêlée. "Il y a des divergences d'appréciation sur la façon dont les choses se sont réellement passées (...). Il nous appartient d'y voir plus clair avant de commenter les faits", a rapporté la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem.