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jeudi 22 novembre 2018

Renault-Nissan : Quand le ministre Macron tracassait Ghosn

Renault : le bras de fer Ghosn-Macron

La montée brutale de l’Etat au capital de Renault, cette semaine [d'avril 2015], confirme les tensions entre le patron du constructeur et le ministre de l’Economie.

Un échange de coups de fil dans la soirée du 7 avril. C'est tout ce qu'Emmanuel Macron a accordé à Carlos Ghosn avant de réaliser une incroyable opération économique, politique et financière. Un coup typique de banquier d'affaires pour l'ancien de chez Rotshchild, mais inattendu de la part d'un ministre de l'Economie. Un camouflet pour le tout-puissant patron de Renault de la part de son principal actionnaire.

Le 8 avril au matin, l'Etat s'est offert 14 millions de titres Renault, plus de 4,5% du capital, pour en détenir désormais 19,74%. Il va débourser pour cela entre 814 millions et 1,232 milliard d'euros (selon les différentes options d'achat), un prix fort, alors que le cours de Bourse du constructeur est au plus haut depuis janvier. Personne n'aurait parié sur une manœuvre aussi velléitaire d'Emmanuel Macron. En mars 2014, l'Etat avait déjà sorti 800 millions d'euros pour l'autre fleuron national de l'automobile, le groupe Peugeot-Citroën. Un sauvetage d'urgence qui n'a rien de commun avec ce coup de force. Pis, Emmanuel Macron a toujours martelé son intention de céder des participations de l'Etat, promettant d'engranger de 5 à 10 milliards d'euros. 

La crise couve depuis le 13 mars [2015]
Mettre un milliard sur la table pour Renault n'a jamais fait partie du scénario. Carlos Ghosn a été le premier surpris. Pourtant, depuis le 13 mars, la crise couve avec le tout-puissant patron de l'alliance Renault-Nissan. Ce jour-là, le constructeur rend publiques les résolutions qui seront soumises au vote des actionnaires lors de son assemblée générale, le 30 avril. Notamment celle de ne pas accorder des droits de vote double aux détenteurs d'actions depuis plus de deux ans. Justement ce que le gouvernement entend imposer aux sociétés françaises cotées, une mesure au cœur de la loi de "reconquête de l'économie réelle" du 29 mars 2014, dite loi Florange, qui doit prendre effet lors des AG de ce printemps.

Selon nos sources, lors d'une réunion quelques semaines plus tôt, les deux représentants de l'Etat qui siègent au conseil d'administration de Renault se sont bien opposés à la volonté de Ghosn d'introduire une résolution contre les droits de vote double. Sans succès. L'un d'entre eux est Régis Turrini, le nouveau directeur de l'Agence des participations de l'Etat (APE), qui va justement mener l'opération d'achat de titres Renault pour Bercy. "Le message est clair : on ne se contente pas de regarder passer les trains", assure-t-on au ministère de l'Economie. Avec près de 20 % du capital, l'Etat va pouvoir peser, le 30 avril, pour faire adopter les droits de vote double.

En perte de vitesse face à Nissan

Si les relations n'ont jamais été au beau fixe entre l'exécutif et le plus atypique des patrons français, rien ne laissait présager un tel bras de fer. A l'automne, au Mondial de l'automobile, puis à Sandouville pour l'inauguration d'une nouvelle chaîne de production, le patron et le ministre s'affichaient côte à côte, partageant la même fierté devant les efforts de réindustrialisation de Renault. Carlos Ghosn pensait aussi avoir satisfait son principal actionnaire en annonçant, en février, la création de 1.000 emplois… Las, le Franco-Libano-Brésilien de 61 ans ne parvient pas à dissiper un malaise : Renault recule face à Nissan et sur tous les terrains.

L'Alliance [Renault-Nissan] a été scellée en 1999 pour aider le constructeur japonais à sortir de difficultés financières. Elle a depuis tourné à l'avantage de Nissan. Ce dernier vend aujourd'hui deux fois plus de voitures que la marque au losange et fabrique avec une seule usine dans le nord de l'Angleterre autant de véhicules que Renault dans l'ensemble de ses sites français. Ce rapport de force ne se traduit pas non plus dans la gouvernance du groupe. Renault détient 44 % de son allié alors que Nissan se contente de 15% du français, et n'exerce pas ses droits de vote.

Entre ses amis nippons et l'Etat français, Carlos Ghosn a vite fait de choisir. Financièrement, il trouve son compte dans l'alliance : son double salaire franco-japonais et les primes de performance qui y sont associées en font cette année l'un des patrons les mieux payés de l'industrie automobile mondiale. Il ne cache pas surtout sa volonté de participer à la consolidation annoncée du secteur en procédant à de nouvelles alliances. Objectif avoué, "dépasser General Motors", le concurrent américain qui a vendu l'an dernier 9,9 millions de véhicules, contre 8,5 millions pour l'alliance Renault-Nissan. Et ses ambitions mondiales, Carlos Ghosn a bien du mal à les faire partager à son principal actionnaire, l'Etat… [En la personne du futur "premier de cordée" autoproclamé]

Source: JDD papier - article du 12 avril 2015, modifié, e 20 juin 2017, par Sylvie Andreau

Aujourd'hui, chute de Carlos Ghosn et risque d'OPA, demain, sur une industrie française

La chute de Carlos Ghosn est aussi spectaculaire que minutieusement préparée par ses accusateurs japonais, souligne Natacha Polony dans Marianne. 
Une enquête, côté Nissan, dont rien n'avait fuité chez Renault qui possède pourtant 44% de l'entreprise nipponne, et dont les autorités françaises n'avaient pas été informées, ne serait-ce que pour leur demander des éléments, comme cela se fait généralement en pareil cas, un communiqué prêt à être dégainé et des caméras pour que le retentissement soit planétaire.

Renault est maintenant à la merci d'une OPA
De quoi laisser perplexe, au Quai d'Orsay ou à Bercy, sur cette étrange opération qui pourrait bien coûter son indépendance à Renault. Car la chute brutale du cours de l'action n'est pas sans conséquences. L'entreprise française est désormais à la merci d'une OPA de la part de son partenaire japonais, depuis longtemps agacé de devoir subir la tutelle d'une entreprise devenue moins puissante que lui.

Il nous semble apparemment difficile, à nous autres Français, de concevoir que les autorités judiciaires japonaises travaillent main dans la main avec le Meti, le ministère de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie, et avec les grands groupes industriels, dans un mouvement que les spécialistes appellent joliment 'cross fertility'.

C'est pourtant un classique. Le modèle américain est, de ce point de vue, un mètre étalon. L'amende record de 1,34 milliard de dollars qui frappe la Société générale, au motif que ses transactions, libellées en dollars, sont soumises au contrôle de la justice américaine et doivent respecter les règles et les embargos fixés par les Etats-Unis, nous rappelle combien la guerre commerciale est avant tout une guerre judiciaire. Le Japon, fidèle allié des Etats-Unis, applique les mêmes méthodes.

Quant à Macron, il cherche des poux à ses chevaliers d'industrie.
Le bras de fer de 2015, entre Emmanuel Macron et Carlos Ghosn a durablement installé de la méfiance entre Paris et Yokohama. L'arrivée de Macron a aussi précipité la défaite de l'adversaire : nous assistons aujourd'hui à l'hallali.

Quel gâchis! Renault, notre champion mondial de l'automobile, notre étendard industriel, est dans de beaux draps. Son PDG, Carlos Ghosn, le plus connu des patrons français, est en garde à vue à Tokyo et traîné dans la boue par les media du monde entier. Il est soupçonné de malversations, voire de conflit d'intérêts.
Les faits sont graves, mais le respect de la présomption d'innocence est de rigueur, en attendant de faire le procès des éventuelles turpitudes financières de Carlos Ghosn, plus tard.

Car l'essentiel est  l'avenir de Renault, de l'avenir de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, et de l'avenir de Renault dans cette Alliance. Or, il y a danger. La situation extraordinaire créée par la chute de Carlos Ghosn au Japon révèle en effet une grande fragilité du côté français: Renault est vulnérable. Et  on le savait bien : Renault et l'Alliance dépendaient trop d'un seul homme, Carlos Ghosn.

Macron obligé aujourd'hui de sauver celui dont il voulait hier la tête

Résultat de recherche d'images pour "macron baise main reine belgique"
Il sera allé se montrer
dans toutes monarchies européennes 
Le petit Manu était en visite officiel en Belgique et, pour une fois, Macron n'a pas voulu se prononcer sur le fond de l'affaire Ghosn, au prétexte qu'on ne s'épanche pas à l'étranger sur les affaires intérieures. En dix-huit mois, il a au moins appris ça... Or, les guerres se déclenchent quand l'adversaire est occupé ailleurs. 
Il a donc assuré que l'Etat sera vigilant sur la stabilité du groupe, bla-bla-bli et bla-bla-bla, et tenu à rassurer les salariés et actionnaires du groupe. L'Etat oeuvrera "à la stabilité nécessaire pour l'ensemble des salariés du groupe, auxquels je veux ici dire que l'Etat actionnaire assurera tout son soutien."

Nissan veut mettre rapidement fin aux fonctions de Carlos Ghosn.
Nissan a annoncé lundi qu'il faisait en sorte de mettre fin rapidement aux fonctions de Carlos Ghosn, son président, après avoir découvert qu'il a utilisé de l'argent du groupe automobile japonais à des fins personnelles et a commis d'autres infractions graves. Il occupe, désormais et pour au moins 23 jours, une cellule du centre de détention de Kosuge.
Le constructeur, allié du groupe Renault dont Carlos Ghosn est PDG et l'Etat français est actionnaire, a précisé avoir mené une enquête interne à la suite d'une information dénonçant des pratiques inappropriées de la part de Carlos Ghosn et de l'administrateur Greg Kelly pendant plusieurs mois.Il y a encore quelques jours, Macron ne craignait pas de s’afficher à son côté à Maubeuge lors de son itinérance mémorielle. C'est dire que le président français a été pris par surprise et ne décolère pas.
Le groupe Nissan pourrait lui aussi, faire l'objet de poursuites liées à la remise aux autorités de documents financiers inexacts.

L'Elysée et Le Point envisagent un ..."complot".
"Non seulement la France ne peut pas lâcher l'un des siens, mais, en l'espèce, elle ne peut se permettre d'être naïve au point de ne pas vérifier elle-même que cette arrestation ne cache pas un complot industriel," écrit l'hebdomadaire, à qui on ne la fait pas.
Son numéro deux chez Nissan, Hiroto Saikawa, a rapidement pris les commandes du groupe Nissan et l'a accablé, se disant "indigné" de la conduite de Carlos Ghosn, et blâmant, au passage, le management solitaire de Ghosn, les "dérives" et le "côté obscur" du personnage... Les "nationalistes lépreux" supportaient mal qu'un "citoyen du monde" dirigeât leur entreprise nationale...

La France doit exiger son rapatriement, poursuit le journal de Pinault.
"Ce traitement est intolérable au regard du droit français [il n'a pas encore eu droit à un avocat] . On ne traite pas de la sorte un homme qui, jusqu'ici, n'avait jamais été pris en faute, qui a relevé une boîte (Nissan) à l'agonie pour en faire le leader mondial de la construction automobile."

Le Point sera l'avocat de Ghosn.
"La France ne peut pas laisser tomber Carlos Ghosn et doit exiger son rapatriement, quitte à ce que les enquêteurs nippons poursuivent leurs investigations en France. Le président de la République, Emmanuel Macron, ne peut pas rester indifférent au sort d'un compatriote, même si leurs relations ont été tendues par le passé." 

Que l'on soit bien clair, il ne s'agit nullement de faire obstacle à la justice japonaise, mais, dans cette affaire qui touche aux intérêts industriels de la France, Carlos Ghosn ne peut pas être traité comme un trafiquant de drogue international. S'il a fauté, il paiera cher. Mais c'est à la France de s'assurer qu'il n'est pas victime d'une manipulation nippone. Et elle se doit, dans un premier temps, de le tirer de sa cellule, d'examiner ensuite les charges, et éventuellement de le punir. Les enjeux sont trop importants pour faire aveuglément confiance aux Japonais." Nous sommes en froid avec nos voisins "populistes" européens, et aussi avec Trump. Maintenant les Japonais... 
#BalanceTonNippon ?


mardi 27 octobre 2015

L'enseigne Darty se fera-t-elle absorber par la FNAC ?

Darty demande un nouveau délai pour se prononcer sur l'offre de la FNAC

"Afin de pouvoir examiner la possibilité d'une offre améliorée"
Pour résister à Amazon,
la FNAC a besoin du renfort de Darty qu'elle veut absorber
le conseil d'administration de Darty a annoncé lundi avoir demandé un nouveau délai de réflexion sur la proposition de rachat faite par la FNAC de la part du groupe d'Alexandre Bompard.
Initialement attendue pour le 28 octobre, la décision est donc reportée au 11 novembre. Le 30 septembre, la FNAC avait proposé de racheter son concurrent, Darty, via un échange de titres uniquement, valorisant ce dernier à environ 533 millions de livres (720 millions d'euros).

La semaine s'annonçait décisive pour le projet de rachat de Darty par la FNAC, la législation boursière britannique donnant aux deux groupes jusqu'au mercredi 28 octobre pour se positionner formellement. Le 30 septembre,
le distributeur français de produits culturels et technologiques avait proposé de racheter son concurrent spécialisé dans l'électroménager. Bien qu'opérant principalement en France, Darty est coté à Londres, et son actionnariat est majoritairement anglo-saxon.

Darty veut mettre à profit deux semaines de réflexion supplémentaires

Cette possibilité prévue par la réglementation boursière britannique lui permet d'approfondir l'offre. 
Le conseil d'administration de Darty indique vouloir notamment se pencher "sur l'opportunité d'introduire un paiement en espèces dans la transaction".
Il voudrait également obtenir "une compréhension détaillée des synergies attendues d'un rapprochement entre Fnac et Darty", et des précisions quant à la "faisabilité de la transaction" et "la protection des intérêts de Darty", indique le communiqué.

"Dans l'hypothèse où le conseil d'administration ne serait pas en mesure d'atteindre un accord avec la FNAC, il [Darty] reste confiant dans la qualité et l'engagement de ses employés, ainsi que la capacité du management à poursuivre la mise en oeuvre de la stratégie en tant que société indépendante et à créer ainsi de la valeur pour les actionnaires", est-il ajouté. Darty précise que cette annonce a été faite "sans le consentement de la Fnac".

Darty n'a pas encore répondu aux avances de la FNAC

Si ce rachat aboutissait, il se ferait uniquement par échange de titres, et valoriserait Darty à "environ 533 millions de livres" (720 millions d'euros). Les règles boursières donnent à la Fnac jusqu'à mercredi 18h00 (heure française, pour soit s'engager à déposer une offre ferme de rachat - amicale en cas de recommandation positive du conseil d'administration de Darty, hostile en cas de rejet - soit renoncer à son projet.

En cas de rupture des pourparlers, la FNAC n'aura plus le droit de refaire une offre sur Darty avant au moins six mois. Cette date du 28 octobre sert également de facto de référence au conseil d'administration de Darty, qui doit se prononcer sur ce projet et recommander à ses actionnaires d'accepter ou de refuser la proposition de la Fnac.

S'il l'approuve, les actionnaires devraient a priori suivre son avis, et le rachat aurait donc toutes les chances de se conclure. En cas de rejet par le "board" de Darty, la FNAC pourrait lancer une offre hostile, mais sans garantie que les actionnaires de sa cible l'acceptent. Enfin, troisième scénario: les deux groupes peuvent demander conjointement un délai de réflexion supplémentaire de six semaines.

Suspense entier

Jusqu'à dimanche, les deux groupes avaient limité les commentaires. Mais cherchant à convaincre Darty du bien-fondé de sa proposition, la FNAC a toutefois fait monter la pression dimanche en mettant en avant les résultats d'une étude menée par un cabinet d'audit, chiffrant à 85 millions d'euros par an les synergies permises par le rapprochement des deux groupes.
Des gains pourraient notamment être obtenus sur les achats, avec des négociations communes auprès des fournisseurs, notamment les puissants Apple et Samsung, pour obtenir de meilleurs tarifs.
L'"agitateur culturel" avait déjà cité la "très grande notoriété" des deux marques, leurs sites internet "performants" et le caractère "complémentaire" de leurs réseaux de magasins parmi les atouts d'une fusion.

Le groupe fait aussi valoir que le projet de transaction est salué par les marchés financiers qui ont fait grimper les titres de Darty et FNAC de respectivement 23% et 12% depuis son annonce.

La FNAC s'est également prévalue dimanche de "l'engagement irrévocable" du fonds Knight Vinke, premier actionnaire du distributeur d'électroménager (14,35%), déjà officiellement partisan d'un rapprochement, ainsi que d'une "lettre d'intention de soutien" de la part de DNCA Finance, qui détient 9,3% du capital de Darty. Le conseil d'administration de ce dernier s'est, lui, montré prudent.
Il avait simplement indiqué "devoir étudier de plus près les avantages d'un éventuel rapprochement" et "les risques encourus par la réalisation de cette opération, afin de déterminer s'il y a une possibilité à ce qu'une offre puisse être recommandée aux actionnaires".

Objectif: conter Amazon avec un groupe à la française

Les 184 magasins de la FNAC, dont 111 en France, ont dégagé en 2014 un bénéfice net de 41 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires de 3,89 milliards (-0,3%). Au troisième trimestre, ses ventes se sont redressées, notamment en France (+0,6%). Le groupe compte 14.500 collaborateurs, à 61% en France.

Darty possède, lui, 222 magasins en France et a renoué avec les bénéfices sur son exercice 2014/2015, avec 13,8 millions d'euros de résultat net pour un chiffre d'affaires de 3,51 milliards (+3,2%). Il emploie environ 12.600 personnes en France et à l'étranger.

Un nouveau groupe Fnac/Darty, soit 7,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires, pourrait capitaliser environ 1,1 milliard d'euros et se traiter 16,7 fois ses profits attendus en 2015 avant 10,9 fois ceux de 2016, calcule la note de recherche. 
Durant sa première année d'existence, la nouvelle entité devrait dégager une marge opérationnelle de 2,5%. 

lundi 19 octobre 2015

OPA des migrants d'EELV sur le parti de Bennahmias

Après la rupture avec EELV, de Rugy et Placé lancent l'Union des démocrates et écologistes

Nouveau-né vert placé sous tutelle du PS
L'Union des démocrates et écologistes (UDE) a tenu son congrès fondateur en présence du... premier secrétaire lu Parti socialiste !
Jean-Christophe Cambadélis s'était installé au centre de la photo et Bennahmias sur la marge. Le mouvement proclame son soutien à la politique du gouvernement.

Le divorce des opposants EELV à une alliance avec les écologistes radicaux est officiellement consommé. 

Face à Europe-Ecologie-Les Verts qui, départ après départ, endure le supplice chinois de la goutte d'eau, l'Union des démocrates et écologistes (UDE), ouvertement de "centre-gauche", vient de voir le jour ce samedi. Le mouvement, qui résulte du rassemblement avec le Front démocrate de Jean-Luc Bennahmias et les Ecologistes! de François de Rugy, sera présidé par Jean-Vincent Placé, ci-dessus à la droite de Cambadélis.

En réaction à la "dérive gauchiste" d'EELV, les trois écologistes "frondeurs' ont martelé leur soutien au gouvernement socialiste, dans un discours prononcé sous le contrôle du premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis. "Oui, nous soutenons le gouvernement, oui, nous soutenons (le président) François Hollande. Nous sommes des gens responsables, pragmatiques", a déclaré Jean-Luc Bennahmias devant les 300 personnes rassemblées dans une salle de la Cité des Sciences et de l'Industrie à Paris.

Frondeurs et récidivistes:  "l'écologie a vocation à entrer au gouvernement"

"Des journalistes me disent parfois: "Vous faites ça parce que vous voulez gouverner" (...) Nous assumons pleinement: si nous créons un rassemblement, c'est parce que nous considérons que l'écologie a vocation à entrer au gouvernement", a également admis François de Rugy. Pour y parvenir, la formation explique vouloir dépasser "les clivages de postures, des oppositions factices, des schémas d'hier", et rassembler "dans une maison commune, des progressistes, des écologistes réformateurs et des sociaux-démocrates".


Frondeurs, récidivistes et racoleurs.
Et ce, quitte à intégrer "Chantal Jouanno ou Jean-Louis Borloo", qui seront "bienvenus" s'ils "veulent frapper à la porte", selon Jean-Vincent Placé. En octobre 2012, l'ancienne ministre UMP Chantal Jouanno a rejoint l'UDI de l'ancien ministre Jean-Louis Borloo dont elle avait été la secrétaire d'Etat à l'Ecologie (2009-2010).

Une volonté de débauchage saluée par Jean-Christophe Cambadélis. 

"Vous êtes l'avant-garde du chemin de l'union", a espéré le premier secrétaire du PS samedi. "Bravo pour avoir décidé dès le départ de vous situer du côté de la gauche du réel, la gauche de la transformation écologique et sociale de notre société," a martelé le premier socialiste.

Pour tenter d'affirmer l'indépendance de l'UDE vis-à-vis de l'exécutif, Jean-Luc Bennahmias a toutefois faiblement rappelé à François Hollande sa promesse de fermer la centrale nucléaire de Fessenheim avant la fin du quinquennat. 

Avant cette officialisation, l'UDE comptait déjà 2.800 adhérents. Parmi eux, les députés Véronique Massoneau, Christophe Cavard, François-Michel Lambert, la sénatrice Aline Archimbaud et une quinzaine d'élus locaux, tous aussi peu visibles dans le paysage politique.

vendredi 30 novembre 2012

Les chantiers de St-Nazaire demandent aussi à être nationalisés

La nationalisation de Florange serait le signal pour d'autres 


L'éventualité d'une nationalisation du site sidérurgique de Florange donne des idées aux syndicats des chantiers navals de Saint-Nazaire.



L’idée d'un retour à la nationalisation d'industrie semble faire son chemin dans la politique française. Alors que le scénario est évoqué pour les hauts fournaux de Florange, les chantiers navals STX à Saint-Nazaire en Loire-Atlantique font, eux aussi, entendre leur voix. Une reprise par l’Etat garantirait l’avenir du site en difficulté.

"L'Etat doit s'impliquer totalement pour garantir l'avenir du site de Saint-Nazaire, y compris en devenant actionnaire majoritaire", ont déclaré conjointement les syndicats CFTC, FO et Solidaires, dans un communiqué publié jeudi 29 novembre.

VOIR et ENTENDRE ce reportage de BFMTV:


Pas de commandes à l'horizon

F. Hollande, candidat PS à la présidentielle, 
s'était proclamé "le candidat du redressement industriel et productif",
lors d'un déplacement à l'
entreprise coréenne de construction navale STX de Saint-Nazaire,
en décembre  2011.

La situation financière des Chantiers de l’Atlantique est en effet préoccupante. Environ un millier de personnes, soit 40% des effectifs, sont actuellement en chômage partiel. Depuis l’annulation d’une commande en avril, le carnet est vide. 
Les syndicats accusent l’actionnaire majoritaire, le groupe sud-coréen STX, d’inaction. "Depuis quatre ans qu’il est actionnaire majoritaire, il n’a absolument rien fait pour aider le chantier à obtenir des commandes et à sortir de l’ornière dans laquelle il est", critique Jean-Marc Perez, secrétaire adjoint FO.

Nationalisation ou changement d'actionnaire ?



Janvier 2006, offre publique d'achat hostile
de Mittal Steel Company sur Arcelor
pour 18,6 milliards d'euros.


Une rencontre avec Arnaud Montebourg pour discuter de l’avenir du chantier avait déjà eu lieu mi-octobre. Mais à l’époque, une intervention de l’Etat n’était pas d’actualité, et le ministre du Redressement Productif avait déçu les syndicats.


La menace de Montebourg pose un problème à l'Union Européenne
Nationaliser les chantiers, ils l'avaient encore demandé à Arnaud Montebourg en septembre dernier mais le ministre du Redressement productif avait admis que c'était impossible en raison des règles européennes. Alors, en l'entendant évoquer cette possibilité à propos de l'aciérie de Florange, la secrétaire de section, Nathalie Durand-Prinborgne, s'est dit que les situations étaient comparables :
" Pourquoi cette nationalisation, encore plus aujourd'hui ? Parce que nous avons, de la même façon que Florange, un propriétaire qui a fait des promesses qu'il n'a pas tenues. Nous avons un actionnaire majoritaire qui ne joue pas son rôle et qui n'a aucune politique industrielle digne de ce nom, qui ne fait pas d'investissement... L'entreprise est dans une situation extrêmement catastrophique, un carnet de commandes qui est vide et près de 50% des salariés qui connaissent le chômage partiel ou total ainsi qu'une sous-traitance qui souffre énormément de cette situation ".

Si l’exemple de Florange change désormais la donne, tous ne sont pas favorables à la nationalisation à Saint-Nazaire. La CGT demande plutôt une reprise par une autre entreprise, qui deviendrait actionnaire principale à la place de STX.


La filiale française STX France emploie directement ou en sous-traitance près de 4 000 personnes aux chantiers navals de Saint-Nazaire.


Hollande au pied du mur

Alors qu'on lui faisait remarquer qu'il marchait sur les pas de Nicolas Sarkozy qui s'était lui aussi déplacé sur les chantiers navals STX en janvier 2011, il avait polémiqué: "mieux vaut ne pas suivre le chemin des promesses de Sarkozy, ce serait rapidement arriver à une impasse." 
"Je me méfie des formules faciles, des incantations, il y en a toujours dans les campagnes électorales. Je veux une stratégie dans la durée. Il n'est pas possible de dire à des travailleurs - qui sont là, qui parfois s'inquiètent - qu'il y aura, par quelques facilités verbales, un changement d'avenir. Il se construit ce changement", a-t-il souligné. 

lundi 11 juin 2012

Législatives: 34,07% des voix pour l'UMP, 34,4% pour le PS, sans les extrêmes

Les  extrêmistes de gauche et de droite feront la différence

Les deux principaux partis se retrouvent à égalité avec 34,8 % des suffrages exprimés, au terme de cette soirée électorale. La troisième force politique de ce scrutin est le FN qui capitalise 14,1% des voix.
France 2, LCP et BFMTV mêlent les voix de l'extrême gauche à celles du PS et de son satellite EELV (5,5%) pour donner l'illusion d'une nette avance de la gauche, alors que la troisième force politique de ce scrutin est le FN qui capitalise 14,1% des voix, tandis que l'extrême gauche du Front de gauche à 95% communiste, seulement ne rassemble que 6,9%
VOIR et ENTENDRE les réactions du Premier ministre socialiste, Jean-Marc Ayrault, et de Jean-François Copé, patron de l'UMP:

Selon les résultats définitifs communiqués par le ministère de l'Intérieur
, les deux principaux partis politiques sont au coude à coude au premier tour des législatives
La gauche n'arrive en tête (46,7%) que si on cumule le score des alliés du Parti socialiste: les altermondialistes d'Europe Écologie – Les Verts a recueilli 5,5% des voix, les communistes du Front de gauche, 6,9%. 

François Bayrou a réussi le tour de force de renforcer la bipolarisation en pulvérisant le centre: 1,6% pour le MoDem. Selon ces premiers rapports de force, le PS n'obtiendrait pas de majorité absolue (289 sièges) 


Le gouvernement sera dépendant des écologistes radicaux (EELV) auquel il a fait des cadeaux de circonscriptions confortables (à Cécile Duflot, par exemple) et des communistes dissimulés derrière l'étiquette Front de gauche. Les écolos sectaires ne devraient toutefois pas réussir à constituer le groupe parlementaire que le PS leur a fait miroiter...

" C'est un vrai bon résultat de 1e tour, ça nous donne de la confiance. Mais c'est dimanche prochain qu'il sera temps de se réjouir ", a cependant clamé le ministre délégué chargé de l'économie sociale et solidaire Hamon-le-Benoît sur BFM-TV. Pour ce premier test électoral pour la gauche au pouvoir, François Hollande avait appelé de ses vœux une majorité " large, solide, cohérente ". " Je ne parviendrai à conduire le changement, celui que les Français m'ont demandé de mettre en œuvre, que si je dispose d'une majorité à l'Assemblée nationale », avait mis en garde jeudi le président de la République en campagne des législatives pour son camp.
Démissionneront, démissionneront pas ?
Ministres réélus au premier tour : Laurent Fabius en Seine Maritime et Delphine Batho en Charente-Maritime. L'enjeu est d'autant plus important pour les vingt-quatre ministres du gouvernement Ayrault qui se sont présentés car ils se sont engagés à quitter leur poste de ministre s'ils perdent. Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a d'ailleurs été confortablement ré-élu dès le premier tour à Nantes.Elus également, Frédéric Cuvillier et Delphine Batho, ministres délégués respectivement aux Transports et à la Justice, ainsi que Victorin Lurel (Outre-Mer) et Bernard Cazeneuve (Affaires européennes).

Ballottages favorables pour certains députés sortants: Pierre Moscovici (Economie), Michel Sapin (Travail), Jérôme Cahuzac (Budget), Marisol Touraine (Affaires sociales), Alain Vidalies (Relations avec le Parlement) et Sylvia Pinel (Artisanat), entre autres. 
Les ministres au bord de la démission: le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, un fidèle de F. Hollande, dont la mission n'était pas simple dans la Sarthe, est en ballottage favorable, de même que la ministre de la Culture Aurélie Filippetti, en Moselle où les métallurgistes de Gandrange et Florange misent désespérément sur sa capacité de ministre à peser sur Arcelor-Mittal et à empêcher les fermetures de hauts-fourneaux... Et Marie-Arlette Carlotti, qui paie au juste prix de s'être tardivement désolidarisée du président mafieux du Conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini (PS).

La bande des neuf ministres qui n’ont pas affronté le suffrage universel 
Les courageux sont des eurodéputés Vincent Peillon, un exemple pour les jeunes dont il est en charge à la tête de l'Education nationale, et le journaliste (un de plus auprès de F. Hollande) Pascal Canfin, Europe Ecologie-les Verts, 
de la sénatrice Nicole Bricq
du député teigneux Arnaud Montebourg, le matamore-aboyeur aux dents grises qui se débine au premier coup de feu, 
du président du Conseil régional de Bretagne, Jean-Yves Le Drian (ministre de la Défense), 
de la maire du IVe arrondissement de Paris et ministre déléguée à la famille, Dominique Bertinotti, une proche de Sa Cynique Majesté Royal, 
et de trois ministres au faciès, Yamina Benguigui, adjointe au maire de Paris et sous-ministre par défaut de la Francophonie, Fleur Pellerin, déléguée chargée des PME, de l'Innovation et de l'Économie numérique, et Najat Vallaud-Belkacem, la volubile bi-nationale franco-marocaine, qui a préféré déserter. Les femmes peuvent être fières de leur ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement qui n'a pas risqué une défaite dans la circonscription de Dominique Perben, qu'elle avait affronté en 2007, échouant au second tour avec 43,43%. Voilà qui milite efficacement pour la parité... 

Sans oublier l'inénarrable Christiane Taubira qui, exploit en soi, et avec à propos, l'a mise opportunément en veilleuse...

Autre objecteur de conscience républicaine, Martine Brochen-Aubry dirige le PS sans  aucune légitimité parlementaire, puisqu'elle continue de n'exercer que des mandats locaux.

Si la gauche l'emportait à l'Assemblée nationale dimanche prochain, après sa prise du Sénat en septembre dernier, à quelques voix près, elle disposerait de tous les pouvoirs pour la première fois de la Ve République. François Hollande bénéficierait d'une majorité à tous les niveaux, puisque la gauche est aussi largement majoritaire dans les régions depuis les élections de 2010. Serait-elle toujours favorable à une dose de proportionnelle ?

Pour l'UMP au contraire, l'objectif est de maintenir un équilibre des pouvoirs

" Nous sommes très loin de la vague socialiste annoncée", a réagi le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé. " J'appelle les Français qui ne veulent pas que le PS et la gauche aient tous les pouvoirs d'élire le maximum de candidats de l'UMP et du Nouveau centre pour éviter l'irréparable ", a-t-il ajouté. 
" D'abord, il n'y a pas de vague rose ce soir ", a souligné l'ancien Premier ministre François  Fillon. " Pour le parti du président, il n'y a pas d'appétence pour son  projet ", a-t-il constaté, affirmant qu'il y avait " beaucoup d'inquiétudes  quant aux premières mesures qui ont été mises en œuvre ". Pendant toute la campagne, la majorité présidentielle avait appelé à une cohabitation.
Marine Le Pen en tête, François Bayrou en 2 position
Selon l'institut IPSOS, il y aurait entre 25 et 30 triangulaires au second tour. Beaucoup impliqueront un candidat FN. Vraisemblablement "pas de Pau" pour François Bayrou qui y est en ballottage dangereux avec environ 24% dans la 2e circonscription des Pyrénées-Atlantiques, derrière la candidate socialiste (35%), et devant le candidat UMP (20%).

Marine Le Pen est en tête dans sa circonscription d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais). 


Avec quelque 40%, la candidate du FN envoie Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche, communiste) au tapis; Le candidat du PS arrive même deuxième, devant l'ancien candidat du PCF à la présidentielle qui renonce à la ville de Hénin-Beaumont pour se fondre dans le paysage du Pas-de-Calais, dit-il. A noter que Mélenchon-la-haine n'appelle pas encore à voter socialiste, pas même implicitement... 


Quant à l'autre parachutée, la candidate socialiste à tout ce qui passe, Désirdavenir Royal, arrivée des Deux-Sèvres, elle a annoncé sur France 2 qu'elle est en tête dans la 1ère circonscription de Charentes-Maritimes et revendique la priorité sur le dissident socialiste visiblement bien implanté en tant qu'ex-secrétaire fédéral de Charente Maritime. Bonne fille, l'ancienne battue à la présidentielle, puis à la prise du PS, "tend la main" à Olivier Falorni, ce candidat dissident. "Sans cette dissidence j'aurais pu être élue dès le premier tour", a râlé la démocrate "vertueuse". 


La coquecigrue, qui croyait se poser sans embarras sur le perchoir de l'Assemblée nationale, a perdu des plumes au 1er tour et en appelle maintenant au parti, son ex-concubin, François Hollande, arrivé  à l'Elysée,  et la Ch'tite Brochen-Aubry, pour faire pression sur son rival socialiste en sorte qu'il libère la place !
L'OPA malveillante de la famille Ségollande sur l'entreprise France pourrait échouer si les Français s'opposent à faire de l'hexagone une "république bananière".