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samedi 9 février 2019

Incendie du domicile breton de Ferrand, président de l'Assemblée

Cette action de justice populaire condamne la justice de la République classant "sans suite" une des affaires du magouilleur immobilier récidiviste

Ferrand déteste les oppositions, qui le lui rendent bien

Ferrand est un méchant animé par la haine :
voyez le regard qu'il jette à l'opposition...
Le président LREM de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, a dénoncé "un acte grave" et a dit porter plainte, vendredi 8 février, après une tentative d’incendie "volontaire" à son "domicile privé" [ce qui est le propre des domiciles] dans le Finistère, dont "l’origine criminelle ne semble pas faire de doute," selon lui, juge indépendant et impartial, comme il se doit. La gendarmerie a ouvert une enquête. Sans doute le fait de la "lèpre nationaliste" bretonne...
"Rien ne légitime la violence ou l’intimidation à l’égard d’un élu de la République. Toute ma solidarité envers @RichardFerrand et ses proches", a fait tweeter Emmanuel Macron. 

"Rien ne justifie les intimidations, rien ne justifie les violences et les dégradations", a estimé Richard Ferrand en postant deux photos sur Twitter sur lesquelles on peut notamment voir une porte-fenêtre incendiée.
"Alors que le président de l’Assemblée nationale assistait ce jour à Rennes, aux côtés du premier ministre, à la signature du pacte d’accessibilité et du contrat d’action publique pour la Région Bretagne, un voisin constatait que son domicile situé à Motreff, dans sa circonscription du Finistère, avait fait l’objet d’un incendie volontaire", un voisin policier ou pompier sans doute, puisqu'il a identifié un incendie  volontaire au premier coup d'oeil, préjugeant juste des suites de l'enquête... Ou pour l'orienter ! Mieux, cette information est fournie depuis Paris, dans un communiqué de l’Assemblée nationale, relayé par Richard Ferrand ou son petit personnel.

"Une torche artisanale imbibée de carburant " (diesel ?)

"Honte à ceux qui commettent de tels actes. Et soutien amical au Président de l’Assemblée nationale et à sa famille", a aussitôt réagi le premier ministre Edouard Philippe, comme plusieurs autres membres du gouvernement. Ainsi, le demi-ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a également fait part de sa solidarité en tweetant peu avant minuit et en style télégraphique : " Intimidations, menaces, incendies… Des actes indignes et odieux. Soutien à @RichardFerrand que je sais solide comme le granit breton". Castaner est un poète, comme le sait chacun des mutilés et défigurés par Flash ball" (LBD40)...

"La Gendarmerie nationale ayant découvert sur place une couverture, un résidu de pneumatique et une torche artisanale imbibée de carburant [diesel, sûrement], l’origine criminelle ne semble pas faire de doute", ajoute le communiqué. Le procureur de Brest, Jean-Philippe Recappé, a déclaré que, selon les premiers éléments "il s’agit d’un incendie criminel. Cela ne fait aucun doute. [C'est décidé : pas besoin d'enquête ?] On trouve un reste de pneumatique, visiblement du carburant". "C’est un voisin qui s’est aperçu que quelqu’un a voulu mettre un incendie, il s’en est aperçu vers 14 h. Ce n’est pas une résidence principale, cette maison n’était pas habitée", a ajouté le procureur qui n’était pas en mesure de dire quand les faits ont été commis. Si cette résidence n'est pas le domicile et notoirement inoccupée, les auteurs de ce début d'incendie ne sont pas des migrants que Richard Ferrand hébergerait sur réquisition du préfet...

"Pas de revendications"

"Un volet a explosé la vitre, cela s’est arrêté là. Il n’y a pas de tag qui permettrait de mettre en lien avec les gilets jaunes [et pourquoi des "Gilets jaunes, svp ? ], pas de revendications, pas de pénétration hostile dans la maison"
, a ajouté le procureur de Brest,un homme au pied marin qui a servi dans l'aéronautique navale. Jean-Philippe Recappé a confirmé l’ouverture d’une enquête.
Il va juste falloir que le proc s'assure que ce bien immobilier figure effectivement à la déclaration de patrimoine et d'intérêts de Ferrand, faite sur l'honneur, comme les autres responsables publics... Et qu'il l'a estimée à sa valeur réelle !
Deux gendarmes de la brigade de Carhaix étaient sur place ce samedi matin. Quelques journalistes sont aussi présents, mais tenus à distance, comme quelque chose devait être masqué

Joseph Le Guelaff, maire de Motreff, exploitant agricole céréalier et entrepreneur en gouttière aluminium, 64 ans, indique qu’il a été prévenu vendredi soir d'un incendie en tout début d'après-midi. "Entre la vie privée et publique, il faut faire le distinguo. C’est un acte anti-républicain", commente le maire de la commune proche de Carhaix. Savoir si un acte concernant la vie privée est un "acte anti-républicain"...
Disposant des clés de la maison du député LREM, dont le nom et celui de sa compagne figurent sur la boîte aux lettres à l’entrée, le voisin qui a donné l'alerts était chargé d’ouvrir la porte à un plombier engagé pour une réparation de la chaudière. C’est là qu’il a constaté qu’un feu avait été allumé à l’arrière de la maison. "Si l’auteur avait vraiment voulu détruire la résidence, il lui suffisait de casser la vitre puis de jeter le pneu enflammé à l’intérieur", admet le procureur. Lorsque les gendarmes de la brigade de recherches de Châteaulin arrivent sur place, 40 mn plus tard, les cendres sont froides. 

Un autre voisin [anonymé] confie : "C’est choquant, mais ce n’est pas la première fois que ça arrive… déjà avec les agriculteurs, sa maison avait été visée. Je n’ai rien vu ou entendu malheureusement." Pourquoi tant de haine ?...

"Ceux qui intimident, menacent, agressent, vandalisent, brûlent, n’auront jamais le dernier mot en démocratie. Jamais. Nous sommes la République et nous les combattrons sans relâche", s'est enflammé, vendredi, le vindicatif porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, lequel s'est déjà signalé par des accès de violences verbales inappropriées à sa fonction. 


Le ministre de la Transition écologique, qui pontifiait  au perchoir avant lui, François de Rugy, a fustigé une "dérive haineuse et violente insupportable", mais il manque de vocabulaire. "La démocratie doit être plus forte que ces pulsions destructrices", a-t-il ajouté. 69 kilos...

L’opposition s’est également émue, à l’image du patron du PS Olivier Faure et de la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, laquelle a exprimé son "soutien total" au président de l’Assemblée nationale face à cet "acte extrêmement grave et totalement inadmissible". Elle a bien parlé.

Le hold-up d'En Marche ! sur l'Assemblée ne passe pas: plusieurs députés ont été titillés ces dernières semaines


Plusieurs domiciles et permanences d’élus de la majorité présidentielle ont été dégradés depuis le début du mouvement de crise sociale, en novembre et certains d’entre eux ont fait l’objet de menaces. De source parlementaire, une cinquantaine de députés assurent avoir été visés ces dernières semaines.


Début janvier, le député LREM béni-oui-oui de l’Eure Bruno Questel, élu local PSavait porté plainte après avoir reçu, comme trois de ses collègues, un courrier de menaces de mort, quelques semaines après des coups de feu tirés avec des fusils de chasse devant son domicile et d’une "tentative d’intimidation de 40 Gilets jaunes".

Quelques jours plus tôt,
les permanences des députés LREM de la Vienne Sacha Houlié, ancien MJS, et de Paris Olivia Grégoire, ancienne collaboratrice de Jean-Pierre Raffarin et de Xavier Bertrand, groupe Les Constructifs, avaient été visées, du fait de l'agressivité de leurs prises de parole partisane. 
Juste avant Noël, la devanture de la permanence du député LREM des Deux-Sèvres Guillaume Chiche, ex-membre du Parti socialiste, avait déjà été dégradée et le bureau du député LREM de l’Hérault Philippe Huppé, ancien président de la fédération héraultaise du Parti radical, avait été tagué. Des grands classiques de niveau faible sur l'échelle du désamour local.
Le député LREM de Gironde Florent Boudié, un ex-socialiste et ancien directeur de cabinet de Gilbert Mitterrand à la ville de Libourne, avait annoncé son intention de porter plainte pour "provocation à la haine" après la découverte sur les murs de sa permanence à Libourne (Gironde) de tags qu’il attribue à la "mouvance identitaire, anti-musulmans et anti-migrants" sur la simple base qu'il est responsable du projet de loi LREM sur l'immigration, mais qui peut tout aussi bien avoir été victime d'un règlement de compte socialiste.
Quel est d'ailleurs le point commun à tous ces plaignants ? Ce sont de renégats.

Ferrand est, lui aussi, un ancien socialiste déserteur

Les incendiaires n’ont fait qu'allumer un feu dans le jardin, sur le palier d’une porte-fenêtre qui mène à l’arrière de la maison. 
Les premières constatations des gendarmes laissent à penser que le feu s’est éteint de lui-même.

Le benêt de la Place Beauvau a mordu à l'hameçon et s'est ridiculisé une fois de plus.Il précise 
que "près de 70 députés" ont déjà fait l’objet d’intimidations ces dernières semaines à leur permanence ou leur domicile. Or, ils sont 83 députés LREM sont des élus ou ont milité sous la bannière socialiste et sont passés à l'ennemi...

Pour autant, à ce stade des investigations, rien ne permet de relier le sinistre à une action politique, assure la presse aux ordres, qui pointe toutefois les Gilets jaunes. "Il n’y a aucun indice permettant d’orienter les soupçons vers un groupuscule, vers un groupe de gilets jaunes, qui seraient radicalisés ou non. Mais cela fait bien sûr partie des pistes de travail ", explique Jean-Philippe Recappé, le procureur de Brest, orientant les indignés en distillant la suspicion sans preuves. Une désinformation qui tombe sous le coup de la loi anti-fake news... 

jeudi 24 janvier 2019

Européennes: une liste Gilets jaunes est en formation

Un "embryon" se gausse Gérard Leclerc  ou liste à la Coluche, destinée à un retrait, selon d'autres

Des  Gilets jaunes ont annoncé mercredi la constitution d'une liste pour les élections européennes

une initiative promise selon des sondages à un beau succès électoral, au détriment notamment de LREM, le parti présidentiel.

Dans un communiqué, le mouvement diffuse les noms des dix premiers de liste, avec à leur tête Ingrid Levavasseur, ci-contre, une aide-soignante normande de 31 ans qui est l'une des figures médiatiques du mouvement des Gilets jaunes (sur Facebook : "Levavasseur Ingrid Citoyenne En Gilet Jaune"). I. Levavasseur avait récemment renoncé à devenir chroniqueuse Gilets jaunes, lorsque BFM TV avait tenté de la récupérer et avait provoqué des réactions de menace.

L'objectif est de constituer une liste complète de 79 candidats d'ici "mi-février" en vue du scrutin du 26 mai qui doit désigner les eurodéputés français, a précisé l'un de ses responsables. 
Parmi les dix noms sur la liste, les autres candidats ont entre 29 et 53 ans, avec des professions variées (chef de petite entreprise, cariste, juriste, mère au foyer ou encore fonctionnaire).

"On pourrait très bien avoir 79 candidats dès aujourd'hui, mais on a choisi d'ouvrir au participatif. Il y aura une votation interne entre les candidats actuels pour désigner les autres places", a expliqué Hayk Shahinyan, un ancien des Jeunes socialistes, MJS, selon David Pujadas.
Le directeur de campagne, qui ne figure pas sur la liste pour l'instant, a précisé que l'appel à candidatures est ouvert "à tous les citoyens".

Dans son communiqué, le RIC, qui rappelle l'acronyme du "référendum d'initiative citoyen" défendu par certains Gilets jaunes, se présente comme "une coordination issue de différentes initiatives".
Il juge que le mouvement fait "apparaître la nécessité de transformer la colère en un projet politique humain, capable d'apporter des réponses aux Français qui soutiennent le mouvement des gilets jaunes depuis des mois".
"Nous, citoyens français, ne voulons plus subir les décisions des instances européennes et les diktats des castes de financiers et de technocrates, qui ont oublié le principal : l'humain, la solidarité et la planète", écrit encore le nouveau mouvement, affirmant que ses éventuels eurodéputés auront "avant tout, la mission de porte-parole des citoyens qui seront consultés tout au long du mandat".

Le commerce du sondage rebondit

Selon Elabe qui a publié un premier sondage à tout hasard, dès l'annonce mercredi, une liste Gilets jaunes, quelle qu'elle soit, est créditée de la troisième place, avec 13% des voix. Ce qui importait si urgemment et d'entrée de jeu, c'était d'ancrer cette liste au rang qui devra être le sien jusqu'au scrutin des Européennes, derrière La République en Marche et le Rassemblement national, mais aussi devant Les Républicains ou la France Insoumise. Tel est l'ordre établi par l'Elysée et l'élément de langage diffusé depuis. La semaine dernière, un sondage Ifop créditait une éventuelle liste "gilets jaunes" de 7,5%.

Le beau-fils d'Emmanuel Macron, Sébastien Auzière, 44 ans, ci-contre, soupçonné de truquer les résultats d’un sondage. Il est vice-président d’un institut de sondage français. Depuis la sortie du sondage Elabe, les preuves d'un complot se constituent. "Le beau-fils du président Macron vous informe que beau-papa a gagné 5 points”, lance ce twittos excédé, tandis qu'Elabe les lui restitue de mauvaise grâce. Le bon-sens des réseaux irrite la presse aux ordres quand elle lit encore ce "décryptage" amateur : "Quoi de plus normal que de donner un coup de pouce à beau-papa ?" ou encore "Ne pas oublier que le beau fils de Macron fait partie de la direction de l'Ifop. Escroc un jour escroc toujours…" "Pourtant, il n’en est rien", commente le groupe Prisma Media. Après plusieurs vérifications effectuées par Le Monde, aucun membre de la famille du président ne travaille à l’institut qui a réalisé ce sondage. 

Sébastien Auzière, le fils aîné de la locataire de l'Elysée, est en réalité vice-président pour Kantar, un institut de sondage américain ["Choose France" !], implanté également à Paris, et selon cette presse, cela changerait tout : tous les "instituts" ne sont pas "blanc bonnet et bonnet blanc". 
Car c'est une évidence que le poste qu'occupe le beau-fils chez Kantar le disculperait de toute ingérence dans les résultats du sondage publié par le Journal du dimanche, également le 19 janvier, au sujet de la cote de popularité du président Emmanuel Macron. Selon le groupe Lagardère SCA (Europe 1, Elle, Paris Match ou le JDD) qui a commandé ce sondage, le chef de l’Etat aurait gagné quatre points supplémentaires depuis le dernier sondage réalisé au mois de décembre, alors que son 'Grand débat national' aseptisé avec des maires ruraux n'inspire pourtant que suspicion et que le mouvement des Gilets jaunes continue de lui tenir tête : incompréhensibles sondages de commande. 

Sans doute
le coût exorbitant de l'envoi de la lettre d'Emmanuel Macron "A tous les Français" explique-t-il ce rebond de popularité... "Lorsqu'on décide de faire un référendum et donc d'adresser à tous les Français une propagande électorale? ça coûte entre 5 et 7 millions d'euros", a lâché Gérald Darmanin, le ministre de l'Action et des Comptes publics, celui qui nous impose et nous taxe et sur-taxe.

Ces sondages portent en fait sur l'hypothèse d'une liste "gilets jaunes" et non précisément sur la liste annoncée mercredi.

Cette liste, "cela m'en touche une sans faire bouger l'autre", aurait dit Chirac

Se situant au-dessus de la mêlée des gueux, Jupiter serait intouchable, message de sondeurs. L'annonce d'une liste "gilets jaunes" nuirait principalement au RN, ainsi qu'à Debout la France, le parti de Nicolas Dupont-Aignan, selon ces sondeurs, sans toucher la liste Macron. Et ça non plus, ce n'est pas méprisant !

Sur CNews, en revanche, Marine Le Pen n'a pas le sentiment que l'annonce de cette liste soit une "mauvaise nouvelle" pour le RN. Elle met plutôt en garde contre une éventuelle "récupération", évoquant le militantisme de H. Shahinyan au MJS , il y a quelques années. Depuis, il a monté une association "Gilets jaunes, le mouvement", forte de 25.000 likes Facebook.

"Ca me pose pas de problème qu'il y ait une liste gilets jaunes. La question après c'est qu'ils gardent leur indépendance et leur autonomie. (...) Quand on voit autour de ces listes des anciens militants socialistes, ce danger, il existe", a-t-elle souligné.

Mise en garde aussi de Nicolas Dupont-Aignan sur BFMTV.
"Je crois qu'au contraire la force des gilets jaunes tenait à leur diversité politique. A partir du moment où ils vont faire une liste, il va bien falloir qu'ils clarifient les choses. Rendez-vous aux élections", a-t-il dit, leur souhaitant "bonne chance". 

"C'est toujours une bonne nouvelle quand des personnes s'engagent en politique, et portent des thèmes de justice fiscale, de partage du pouvoir et des richesses, qui font écho aux propositions qui ont été les nôtres pendant un long moment", a pour sa part jugé la tête de liste de LFI, Manon Aubry.

A l'instar du chroniqueur de CNews Gérard Leclerc qui évoque un "embryon" de liste, la presse méprisante, assimile le RIC à un projet de liste annoncé en décembre par le chanteur Francis Lalanne sous le nom de "rassemblement gilet jaune citoyen", qui n'a plus communiqué ces dernières semaines, et s'y "ajoute", selon l'AFP. 

lundi 9 avril 2018

A Nanterre, les étudiants bloqueurs délogés par des CRS

L'accès de l'université n'est toujours pas libre à tous à Nanterre


L’université Paris Nanterre a été partiellement fermée ce matin

Résultat de recherche d'images pour "evacuation université Paris Nanterre"50 ans après les manifestations historiques de mai 68, les CRS sont de retour à l’université de Nanterre, depuis l’occupation de bâtiments par des étudiants opposés à la réforme de l’accès à l’université. 
Epargnée jusque-là par les mobilisations, l’université de Nanterre a subi une tentative d'investissement du campus par plusieurs dizaines d’étudiants d'extrême gauche révolutionnaire, ce  matin du lundi 9. Avec succès d’abord, puisque la communication de l’établissement annonça vers 10h30 que les cours de la matinée avaient été banalisés, c'est-à-dire annulés, comme les départs de trains SNCF ou des vols d'Air France, et la bibliothèque fermée. "Trois bâtiments, ceux abritant le département des sciences sociales et de psychologie" [filières irrationnellement pléthoriques et aux débouchés notoirement incertains], ont été occupés lundi matin, a indiqué la présidence de Nanterre, qui a décidé de fermer la plupart des accès à l’université."

Forte de l'expérience d’autres universités, où les étudiants manifestants ont pu imposer le blocage du site - par un vote à main levée, méthode anti-démocratique -, comme à Tolbiac à Paris, à Strasbourg ou encore Nancy, la direction de l’université de Nanterre a d'abord sollicité l’intervention des forces de l’ordre, pour favoriser la sérénité d'un vote véritablement républicain. Jugeant, comme c'est sa responsabilité, que les revendications des manifestants dépassent le cadre de la manifestation contre la loi sur l’orientation des étudiants, elle a réclamé l’évacuation des bloqueurs.

La résistance des extrémistes retranchés sur le toit a rendu l'évacuation à haut risque

Les CRS sont intervenues dans les bâtiments des sciences sociales pour déloger "une vingtaine de personnes", étudiants ou non, selon la préfecture de police de Paris. Ces jeunes s'étaient retranchés sur le toit d’un bâtiment, selon deux étudiants mobilisés, et s'exposaient aux risques d'un drame. Une bloqueuse a parlé, elle, d’"une cinquantaine d’étudiants" réfugiés "sur les toits" après l’arrivée des forces de l’ordre, qui se sont déployées à l’intérieur et autour des bâtiments. Selon Le Parisien, l’intervention a donné lieu à plusieurs interpellations, pour la forme. 

Sept interpellations pour "rébellion" à l'université de Nanterre
"Nous avons tenté une négociation et proposé un local associatif pour les étudiants occupant le bâtiment", a fait savoir la présidence de l'université, tout en regrettant que ses propositions aient été refusées. 
Expulsé à la mi-journée par les forces de l'ordre, le groupe des réfractaires s'était "introduit par effraction dans un des bâtiments", révèle l'université sur Twitter.
  

La gauche crie son indignation.
De nombreux militants de "la gauche de la gauche" (puisqu'il n'est plus d'extrémistes qu'à droite! ) se sont indignés en meute de cette intervention sur les réseaux sociaux. "Le président de l’université de Nanterre fait intervenir des CRS à la fac de Nanterre, dans l’amphi occupé par les étudiant.e.s de la fac [certains le sont, d'autres peuvent voter sans présenter leur carte d'étudiant] pour l’AG. Plusieurs blessés, d’autres embarqués. Honte à lui, qu’il démissionne" lance par exemple un étudiant en droit à Nanterre et engagé politiquement à gauche. L'AFP devrait même dire à l'extrême gauche, puisque les occupants sont menés par des anarcho-autonomes.

De nombreuses personnalités politiques ont également réagi, comme Jean-Luc Mélenchon (candidats du PCF), Olivier Besancenot (trotskiste du NPA) 
Résultat de recherche d'images pour "Benjamin Lucas"
ou encore Benjamin Lucas, engagé à Génération•s et conseiller jeunesse de Benoît Hamon pour la présidentielle 2017. 
En septembre dernier,  le président des Jeunes socialistes, MJS, Benjamin Lucas, avait lancé une insulte aux femmes adressée au patron de La République en marche, LREM, traitant Castaner de "con"...

mardi 20 février 2018

UNEF: encore des témoignages de viols et agressions sexuelles

Valeurs sociales et sens moral incompatibles avec la jeunesse de gauche ?

Plusieurs jeunes femmes déclarent avoir subi du harcèlement sexuel, des agressions sexuelles et des viols entre 2007 et 2015 à l'UNEF

Résultat de recherche d'images pour "UNEF"
le deuxième syndicat étudiant (derrière la Fage, Fédération des Associations générales étudiantes), selon de nouveaux témoignages publiés mardi par Libération.

En novembre, 83 femmes, anciennes syndicalistes de l'Union nationale des étudiants de France (Unef) avaient déjà signé une tribune dans le Monde pour dénoncer les violences sexistes et sexuelles dans cette organisation proche du PS.

Dans son édition de mardi, Libération indique avoir recueilli le témoignage de 16 autres militantes "se disant" (sic) victimes de harcèlement et, pour certaines, d'agressions sexuelles et de viols.
"C'est important que l'omerta se lève", a réagi l'actuelle présidente de l'Unef, Lilâ Le Bas. "J'apporte tout mon soutien aux femmes qui dénoncent les violences qu'elles ont subies au sein de l'organisation", a-t-elle ajouté.

Le quotidien publie notamment le témoignage d'une militante qui accuse un "membre de la direction du syndicat entré à l’Unef au milieu des années 2000" de l'avoir violée à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) en septembre 2014, puis une deuxième fois en juin 2016, à Paris. Elle aurait porté plainte en janvier.

Une autre femme, ancienne petite amie de ce responsable, affirme elle aussi avoir été violée en juillet 2014. Selon le quotidien, elle "s’apprête" à porter plainte à son tour.

D'après "Libé", un étudiant entré dans l'organisation "au milieu des années 2000" aurait par ailleurs commis un viol à l'été 2015 sur une jeune militante qui a déposé une main courante le 17 mars 2016 à Paris.

Plus généralement, l'article de Libération décrit une organisation où les jeunes militantes étaient la cible de pressions insistantes, notamment sous la présidence de Jean-Baptiste Prévost (2007-2011), ci-dessous à droite face à Julliard, marquée, selon le quotidien, "par une multitude de dérives".

L’Unef était "alors un terrain de chasse sexuelle", écrit Libération

Résultat de recherche d'images pour "Jean-Baptiste Prévost"Arrivée à la tête de l'Unef en 2016, Lilâ Le Bas assure avoir mis en place des outils pour enrayer ces violences et libérer la parole (réunions non mixtes, ateliers sur le consentement...).

Dans le sillage de l'affaire Weinstein, de précédentes révélations de la presse ont récemment éclaboussé les mouvements de jeunesse du PS (MJS) et du PCF (Jeunesses communistes), ce qui ne minimise pas les crimes des jeunes socialistes.

mercredi 15 novembre 2017

MJS: il y a loin du discours à la braguette

"Nous sommes des militants féministes", clamait l'ex-président du MJS
Ce défenseur vertueux de la cause des femmes est aujourd'hui accusé d'agressions et harcèlement sexuels
Huit femmes accusent Thierry Marchal-Beck, ancien président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) de harcèlement et agressions sexuelles. Dans ses discours, il ne manquait pourtant pas de rappeler qu'il était "féministe".

Le journal Libération a recueilli le témoignage de huit femmes l'accusant de harcèlement et d'agressions sexuelles entre 2010 à 2014, parfois en public, et "beaucoup de cadres connaissaient son comportement," selon le quotidien socialiste.
Si, selon le quotidien, des "rumeurs" existaient sur les agissements de Thierry Marchal-Beck dès 2012, il n’y avait rien de "tangible" et "précis", maintient Benoit Hamon qui doit beaucoup au militantisme du MJS. Ce dernier, qui a toujours été proche du MJS, a d’ailleurs intégré Marchal-Beck dans son équipe de campagne en 2017

Malgré ses comportements "déplacés", selon LCI, et condamnables, le  responsable socialiste n'hésitait pas à défendre la cause des femmes, sur les podiums. Comme le rappellent Libération et LeLab d'Europe1, plusieurs des discours de Thierry Marchal-Beck loue le féminisme, car "l'égalité est au coeur du combat socialiste", assurait-il souvent, attribuant l'exclusivité de sa défense aux socialistes. En 2011, lors d'un discours à Strasbourg, il déclarait ainsi : "Etre jeune socialiste, c’est être un militant de l’égalité et de l’universalité des droits et c’est pour cela que nous sommes des militants féministes."

Ses camarades ont tout-à-coup beaucoup à dire

L'apparatchik Laurianne Deniaud, conseillère de François Hollande pendant l'élection présidentielle et chef de cabinet de François Lamy jusqu'en novembre 2013 et première adjointe de la ville de Saint-Nazaire (elle était suppléante de celui qui devint président du conseil général de Loire-Atlantique), se réveille, comme si cette proche de Benoît Hamon n'avait jamais été témoin de rien, bien qu'elle ait cotoyé le harceleur  comme présidente du MJS. Peut-être même a-t-elle favorisé son ascension:

Depuis décembre 2015 président du MJS, Benjamin Lucas, en fait des tonnes.

Mais,
quand Laura Slimani, présidente des Jeunes socialistes européens, qui a rejoint en octobre 2012 l'équipe des permanents du MJS autour du président du mouvement Thierry Marchal-Beck, se bouge, ça remonte à octobre 2017 et ça donne ça : 

Cet espoir du PS avait partagé sa vision de la France de ses rêves en 2025, lors de son dernier discours de président du MJS en 2013 à l’université d’été du PS. "La plus grande révolution de la France de 2025, c’est que la nation est devenue un symbole de l’égalité femmes-hommes à travers le monde. Notre service public de la petite enfance est à faire pâlir ceux d’Europe du Nord et on ne compte plus les crèches, les bâtiments publics s’appelant Olympe de Gouges, Suzanne Lacore, Yvette Roudy, Simone Veil, Najat Vallaud-Belkacem. En 2025, l’égalité salariale est la norme. La question de la répartition des tâches ménagères est devenu un sujet politique déclenchant une prise de conscience considérable. Les violences faites aux femmes reculent même si elles demeurent un fléau."
La secrétaire nationale du PS en charge des droits des femmes, Rita Maalouf, a demandé mardi soir que Thierry Marchal-Beck soit exclu du parti. Elle souhaite qu'à l'avenir, "le harcèlement soit un motif d'exclusion".

La présidence Marchal-Beck, des années d’omerta et de duplicité

Résultat de recherche d'images pour "laurianne deniaud beck"Laure Bretton est sortie de son amnésie le 14 novembre 2017.
"En pointe dans les combats féministes, le mouvement a pourtant occulté, sinon couvert, les agissements de son ancien président, dénonce Libération, après quatre ans. Symbole d’un système où la parole des femmes était (auto)censurée pour «ne pas nuire à l’orga».

Personne n’a été surpris. Samedi 21 octobre, Mathilde M., dirigeante nationale du MJS sur le départ, lâche une petite bombe dans son discours d’adieu. Au sous-sol de La Maison, un bar parisien, une centaine d’amis et de militants l’écoutent retracer ses dix ans au service de la cause socialiste. En plein scandale Weinstein, elle transforme son allocution en plaidoyer pour la parole libérée et réclame des comptes à son organisation. 
Résultat de recherche d'images pour "Socialiste parce que féministe"Pour Mathilde M., il est «de notoriété quasi publique [qu’un] ancien président est un agresseur multirécidiviste». Lisant clair entre les lignes, la petite assemblée applaudit. Lourde, la charge est surtout limpide. Elle vise Thierry Marchal-Beck, qui a présidé le MJS de 2011 à 2013. A LIRE AUSSI Harcèlement sexuel au MJS : «J’ai dû le masturber pour m’en débarrasser» "Il disait : "Comme tu as dit oui une fois, tu ne peux plus dire non maintenant."" 'Faire battre le coeur', mais pas que...

Jusqu’à ces mots, personne n’avait publiquement accusé l’ancien patron du MJS d’agression sexuelle. Certaines victimes, avec le soutien de camarades bienveillants, avaient pourtant tenté au fil du temps de tirer la sonnette d’alarme. Car ce que tout le monde savait, c’est que «TMB» était un «homme à femmes». Rien de surprenant ni de répréhensible dans une organisation rassemblant des jeunes dans la fleur de l’âge. Mais pour certaines militantes, qui témoignent aujourd’hui dans Libération, ces relations n’avaient rien de consenti et relèvent de l’acte délictuel. Comment un mouvement progressiste, féministe, prônant le respect de l’autre et la défense des plus faibles a-t-il pu occulter pendant des années les agissements de l’un des siens en totale contradiction avec ses valeurs ? 😇
«Vous couchiez, vous montiez»
Le MJS est un mouvement très personnifié. Il existe principalement à travers son président et non par ses fédérations locales. D’où une surprotection de la personne qui dirige l’organisation, quelle qu’elle soit. «S’attaquer au président, c’est s’attaquer au MJS», schématise un ex-salarié du mouvement. Sûrement, aussi, parce que l’intéressé cachait son jeu. A la manière d’un Cahuzac, ministre grand pourfendeur de fraude fiscale devant les caméras mais détenteur d’un compte offshore non déclaré, Thierry Marchal-Beck a été un grand président féministe du MJS. Capable d’entamer une réunion en lisant la liste des personnes inscrites pour prendre la parole et de piquer une colère s’il n’y avait qu’une femme et 14 hommes. Encourageant ses militants à rejoindre l’association 'Osez le féminisme' ou rappelant les règles sur le consentement sexuel dans le bus roulant vers un congrès ou un rassemblement de jeunes socialistes européens.

C’est pourtant le même qui, lors d’un camp d’été en Croatie en 2012, avait mis en place un jeu avec certains de ses proches. Une sorte de permis de baiser à points. «Vous couchiez avec un militant, c’était tant de points. Un cadre, c’était plus, un militant étranger plus et le président c’était bingo, rapporte une participante, revenue choquée de Savudrija. Il utilisait son pouvoir de président : vous couchiez, vous montiez dans les instances, c’était le deal.» Pour l’une des huit victimes, «on dit souvent au MJS que nous sommes un laboratoire pour l’avenir. Force est de constater que la jeunesse n’est pas épargnée dans la reproduction des saloperies que peuvent commettre nos aînés».

Dans cette ambiance mêlant en permanence sexe et politique, la campagne de communication «Socialiste parce que féministe» pendant la présidentielle de 2012 apparaît comme l’hypocrisie ultime. «Vous êtes supposés vous battre pour ces valeurs d’égalité, de féminisme, et vous voyez que non seulement elles ne sont pas appliquées mais qu’elles sont foulées au pied. C’était un peu schizophrène, se souvient Ada R., ancienne animatrice fédérale ayant tenté de faire bouger les choses à l’époque. Ce paradoxe décrédibilise la parole des victimes et peut les dissuader de parler.» «Si j’avais adhéré au MJS sous sa présidence, je ne serais pas restée : il y avait trop de contradictions entre le message et l’homme, abonde Anouck J., l’une des victimes retrouvées par Libération. Beaucoup de dirigeants du MJS sont irréprochables et proches des valeurs que nous défendions au quotidien, mais lui, il renvoyait une sale image du mouvement.» 

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Harlem Désir, premier secrétaire du PS, septembre 2012-avril 2014] : 
Thierry Marchal-Beck lors d’un meeting de François Hollande à Strasbourg, en novembre 2011.
«Un très grand mouchoir»
Pendant des mois, les alertes vont sonner dans le vide. Quelques semaines avant le congrès de Strasbourg qui doit introniser Thierry Marchal-Beck en novembre 2011, trois femmes sonnent le tocsin, rencontrant ensemble un membre de la direction du mouvement. «On leur a dit : "Vous ne pouvez pas mettre ce type président, vous allez avoir des frasques tous les jours dans la presse et vous allez salir l’organisation"», se remémore l’une d’elles. A la même époque, le MJS envoie une de ses cadres rencontrer Anouck J., qui a maille à partir avec le futur président. Il s’agit de prendre la température et de vérifier de quoi il retourne. Mais sans le savoir, la direction va désigner pour cette mission une femme qui a elle-même eu affaire à TMB quelques mois plus tôt… «Comment j’ai pu faire ça, alors que ça m’était arrivé à moi, je ne sais pas, raconte cette dernière à Libération. J’ai mis un très grand mouchoir sur ce qui m’était arrivé. Je m’entends encore lui dire : "C’est mauvais pour toi, il va être président."»

Le problème, c’est que quand elles trouvent la force de parler, les victimes butent sur le choc de leur agression et sentent le poids de l’organisation peser sur elles. «Parler de harcèlement en interne, sans toucher l’image du mouvement, c’est ça la question», déclare l’une des huit victimes. Douloureuse, leur parole peut être elliptique. Et, en face, l’écoute dont elles bénéficient est, à tout le moins, sélective. Sur le papier, le MJS est du côté des femmes mais c’est aussi une organisation rompue aux manœuvres et aux coups bas. Déjà peu enclins à voir dans leur camarade un agresseur de femmes, les dirigeants ont tendance à ranger un peu facilement ces alertes dans la catégorie instrumentalisation politique. «Le poisson était noyé pour de mauvaises raisons», résume un ancien responsable parisien.

«L’orga a couvert»
Figure emblématique du MJS, consulté en cas de bisbilles, Benoît Hamon entend «vaguement des rumeurs» sur TMB en 2012, se souvient-il. Les rumeurs se font un peu plus précises en 2015, quelques mois après l’affaire Denis Baupin. A cette date, Mathilde M. évoque devant lui le comportement «à risques» de l’ancien président. «Je ne disposais d’aucune information tangible, solide, précise, explique, à Libération, l’ancien candidat à l’Elysée. Je lui ai redit ma ligne qui consiste à conseiller de porter plainte. Je pense que, jusqu’à il y a peu, nous n’étions pas culturellement préparés à tout ça. La société française est en train de faire un pas considérable sur les sujets de harcèlement : la maturité est là.» A l’échelle du MJS, «l’affaire Baupin a remué deux ou trois trucs et l’affaire Weinstein a fini de secouer tout le monde,confirme Aurélie R., ancienne secrétaire nationale du MJS, qui dit avoir alerté dès 2011 sur un «problème TMB». «Tout ça met six ans à sortir, c’est long. Pour les victimes et pour l’organisation.» Pour elle, c’est clair, «l’orga a couvert» son patron.

Dégagés des enjeux de pouvoir interne, certains anciens font ce qu’ils peuvent. En 2014, Matthieu Rouveyre, qui s’occupait de la communication du MJS entre 2005 et 2007, essaie de mener l’enquête, de récolter des témoignages. En vain. Un an plus tard, quand l’ex-numéro 2 du mouvement, Paul Meyer, relaie ses interrogations sur la situation de Mathilde M., qui aurait pu devenir présidente mais se trouve sur la touche, il se voit immédiatement reprocher de vouloir faire un putsch. Un classique. «C’est vrai que, sans procédure judiciaire, c’est compliqué de trouver la bonne solution», estime de son côté Antoine Détourné, qui a commencé à prendre conscience fin 2015 de la gravité des faits reprochés à TMB. Pendant son mandat à la tête du MJS, de 2007 à 2009, il a eu à gérer un cas d’agression sexuelle : un membre [anonyme] des instances nationales avait tenté de forcer une militante à lui faire une fellation. L’agression lui avait été rapportée par des proches de la victime, plus âgés et plus aguerris. Verdict : l’homme a été viré du MJS.

Pendant les années TMB, une responsable départementale du sud-est de la France décide, elle, de porter plainte pour agression sexuelle contre un de ses alter ego, animateur fédéral en province. L’affaire sera classée sans suite. Mais c’est surtout la réaction du MJS qui l’avait choquée à l’époque : personne n’avait bougé. «Dans une organisation qui professe le "no means no" [quand c'est non, c'est NON], s’entendre répondre qu’on ne peut rien faire pour une femme qui dit que les limites ont été franchies, c’était très dur, témoigne cette ancienne dirigeante. Même dans un milieu politisé, la parole des femmes peut être minimisée.» 
La meilleure preuve que certains sont conscients du problème, c’est que le mouvement finira par mettre en place un système de protection autour de TMB. Au MJS, c’est la tradition, il y a toujours quelqu’un pour «gérer» le président. Pour son bien personnel et pour le salut de l’organisation, il faut veiller à ce qu’il prenne son train à l’heure, qu’il rencontre les journalistes prévus, qu’il ne soit pas importuné sans raison, qu’il dîne et qu’il dorme. Cette surveillance va prendre un autre tour entre 2011 et 2013. Quand il venait en province, il y avait une bulle de sécurité autour de lui, pour être sûr qu’il rentre dormir sans déraper. Les réunions de préparation d’événements nationaux ou en fédération, se terminent par la désignation d’un référent pour TMB. «Ce système de protection était tacite mais connu de tous, analyse avec le recul Chloé P., ancienne animatrice fédérale. J’aimerais qu’on trouve collectivement où on a failli en tant que mouvement. On a beau se dire féministes, on peut être pris dans une orga, un système qui nous dépasse.» Etre le référent de TMB - son «gardé» dans le jargon du MJS - implique parfois de le stopper physiquement quand il frôle la ligne jaune. «Quand il était lourd, je le prenais entre quatre yeux et je lui disais : "Maintenant, t’arrêtes tes conneries"», reconnaît aujourd’hui un permanent du MJS époque TMB. En janvier 2013, après les vœux de Hollande à la jeunesse à Grenoble, une responsable fédérale hausse le ton pour lui dire : «Fais attention, ça peut se retourner contre toi.» Lui élude. Ceux qui osent s’informer ou réagir récoltent au mieux de la colère, au pire des menaces. Quelques semaines après l’agression d’une de ses militantes dont il a connaissance, un responsable fédéral rentre en taxi avec Thierry Marchal-Beck. Entre aveu et pressions, le président glisse : «"Cette affaire, il ne faut pas que ça sorte", rapporte l’ancien cadre du MJS devenu entre-temps avocat. Je l’ai mal pris. J’ai répondu qu’elle ferait ce qu’elle veut.» Parce qu’il pose des questions après avoir appris l’agression d’une de ses camarades, un des militants embauchés au siège du PS pour la campagne de Hollande sera affublé du surnom de «ventilateur à caca» par TMB. Les allusions, sibyllines, prospèrent en parallèle sur le Tumblr du MJS, MJS Mi Amor, créé après la présidentielle. A la page 61, on peut lire un message inquiet de l’administrateur de la plateforme évoquant «plusieurs contributions relatives à des agressions sexuelles de la part d’une personne très importante au MJS». C’était il y a trois ans.

Les rumeurs sont arrivées longtemps après
Interrogés par Libération, de nombreux permanents du MJS expliquent qu’ils n’ont jamais été informés de la gravité précise du phénomène avant et pendant la présidence de TMB. Les «rumeurs» sont arrivées longtemps après son départ, disent-ils, à partir de la fin 2015. «Apprendre qu’il a pu y avoir des cas d’agressions sexuelles me rend malade, confie Laurianne Deniaud, à qui TMB a succédé. C’est intolérable. Je ne savais pas et je ne peux que me demander comment cela a pu arriver sans qu’on s’en rende compte», s’interroge [sic] l’ancienne présidente, très engagée sur ces questions d’égalité femmes-hommes. Pendant son mandat, son équipe avait même émis une règle, à mi-chemin entre la blague et la mise en garde : «Si vous sortez avec des militantes vous les épousez.» 
«Aujourd’hui, dit Laurianne Deniaud, ma place est avec ces femmes. J’apporte du crédit à leur parole, je soutiendrai leurs démarches. Elles doivent être entendues et la libération de la parole doit continuer.» Même credo pour Benjamin Lucas, l’actuel président du MJS, qui assure n’avoir jamais été interpellé personnellement par une victime. «Je préfère que les femmes parlent, y compris en mettant en cause le fonctionnement du MJS pour qu’il se transforme, dit-il à quelques mois de passer la main. La question n’est pas celle de notre image : s’il y a une sale image du mouvement, c’est qu’il y a eu de sales comportements dans le mouvement comme partout ailleurs. Nous avons aussi la responsabilité collective de les combattre.» Laure Bretton

On va tout savoir. Mais est-ce bien nécessaire: on a déjà la nausée.