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vendredi 22 février 2019

Gilets jaunes : Macron dans le déni de ses échecs

Macron n'hésite pas à voir dans le mouvement des gilets jaunes un "gigantesque échec collectif"

Macron étend  à l'édition sa campagne du "Grand débat national"

A quelques semaines des élections européennes, Macron estime qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même et se charge de son bilan à l'approche de son mi-mandat dans un ouvrage paru ce jeudi. 'Le peuple et le président' (Plon) communique les réflexions d'un président qui détient tous les pouvoirs mais qui n'accepte pourtant pas d'endosser la responsabilité de la crise sociale et politique qui fait vaciller Jupiter sur son trône depuis l'automne : de son échec personnel, il fait "un gigantesque échec collectif", bien que l'éditeur le présente comme "l'histoire d'un affrontement, d'une révolte que personne n'a vus venir".

Le chef de l'Etat a accordé début janvier un long entretien aux deux auteurs, Cyril Graziani et Cécile Amar qui retracent l'histoire des trois premiers mois de crise, avec ses affrontements, ses débats et ses contradictions, à travers les témoignages de ceux qui manifestent pour la première fois, de policiers attaqués pour les violences qu'ils ont commises sur ordre de Castaner, de figures diverses du mouvement et de responsables politiques. Les auteurs assurent être allés aussi bien sur les ronds-points, dans les manifestations, mais aussi auprès des forces de l’ordre et à l’Elysée. Cyril Graziani, 69 ans, est grand reporter au service politique de France Inter et auteur de 'Le premier secrétaire de la République', chronique du quinquennat de Hollande "qui est allé de (nor)mal en pis". Cécile Amar, 69 ans,est l'auteur d'un autre livre consacré également à Hollande, 'Jusqu'ici', tout va mal'. Elle est passée par le JDD, mais travaille aujourd’hui pour le journal français L'Obs, détenu à 66 % par les actionnaires principaux du Groupe Le Monde, Xavier Niel et Matthieu Pigasse.
Le Monde a déjà rapporté comment le chef de l'Etat vit le phénomène "gilets jaunes".Le journal officieux du PS révéla notamment que Macron a été insulté et menacé de mort lors de son déplacement en catimini, de nuit, au Puy-en-Velay, le 4 décembre, où la préfecture où un début d'incendie avait été éteint trois jours plus tôt. Pour parcourir les dix kilomètres entre l’aéroport de Loudes, en Haute-Loire, jusqu’au Puy-en-Velay, son cortège a dû éviter la RN88 et le rond-point de Lachamp, sur la commune de Saint-Pierre-Eynac, où des manifestants avaient cousu un pantin de taille humaine, posé sur un échafaud plus vrai que nature. Sur le billot était écrit : "Te guillotiner, c’est notre projet." Sa visite n'avait pas été annoncée, mais la nouvelle s'en était répandue comme une traînée de poudre et au moment de son départ la foule alertée poursuivit sa voiture en l'invectivant. Il a confié au président du MoDem, François Bayrou, qu'une femme lui avait lancé à travers la vitre de sa voiture : "Salope, j’espère que tu vas crever sur la route !" Toujours au Puy, la foule lui a lancé : "On vous hait !" Insultes, huées, menaces… Lien PaSiDupes

Désormais, quand il sort, cela tourne mal. Depuis le début de la mobilisation des Gilets jaunes, pour le président qui aimait tant flâner, les promenades sont devenues rares. S'il va au cinéma en couple, c'est à la dernière séance, et s'il doit se monter, entre deux obligations, il choisit les lieux clos plutôt qu'ouverts : c'est ainsi qu'il s'est rendu au 34e dîner du CRIF, mais a refusé de participer au "rassemblement de l'union contre l'antisémitisme"... 
"C'est nous qui devons avoir honte"

L'ouvrage révèle que le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, avait organisé une rencontre de Macron avec les occupants d'un rond-point, le 23 novembre, pour discuter avec des gilets jaunes. . "Ça aurait seulement affaibli l'exécutif", prétexte Macron a posteriorpour justifier son annulation.

"Beaucoup de gens avaient honte de leur vie, de ne pas parvenir à s'en sortir malgré leurs efforts. C'est nous qui devons avoir honte", raconte-t-il affectant la contrition. "C'est un gigantesque échec collectif, j'en prends ma part. Mais j'ai encore trois ans pour changer cela", a-t-il dit aux journalistes Cyril Graziani et Cécile Amar.

Un président abandonné, sans ancrage, ni entourage compétent

Les auteurs décrivent un président qui admet avoir sous-estimé la crise en voyant une mobilisation "plus faible que la plus petite mobilisation contre la réforme de la SNCF", selon lui.

Macron est présenté comme un président découvrant la solitude du pouvoir: "Qui m'a soutenu pendant la crise des gilets jaunes? Personne," gronde-t-il. 

Et de tenter, désespérément, de se rasséréner en se racontant des histoires : "C'est le peuple français qui m'a choisi", pas la République des partis. Je lui dois tout. Si j'échoue, j'aurai échoué pour lui et avec lui. Jamais contre lui." 


Emmanuel Macron44%
Abstention25%
Marine Le Pen22%
Votes blancs et nuls9%
Total:
100

Sachant que ce choix par défaut est celui d'un électeur sur quatre : seulement 44% des inscrits, avec 25,44% d'inscrits qui ne sont pas allés voter, selon les chiffres définitifs du ministère de l'Intérieur (cette élection présidentielle enregistre le taux d'abstention le plus élevé pour un second tour depuis 1969: cf. graphique ci-dessous), sachant aussi que, parmi les électeurs d'Emmanuel Macron au second tour, 43% disent avoir voté pour lui en premier lieu pour faire barrage à Marine Le Pen, et que seulement 16% de ses propres électeurs avouent avoir préféré son programme et 8% sa personnalité.
1965
15,7
1969
31,1
1974
12,7
1981
14,1
1988
15,9
1995
20,3
2002
20,3
2007
16
2012
19,7
2017
25,4
Macron n'hésite pas à accuser les media !

Le Jupiter de l'Elysée assure que les media ont participé à la destruction "des corps intermédiaires durant cette crise". Ils auraient mélangé les torchons et les serviettes : "Ils ont dit: 'M. Trucmuche, parce qu'il a un gilet jaune, est aussi représentatif, et peut-être plus sincère qu'un maire ou un leader syndical'. Il n'y a plus aucune reconnaissance de la représentation ni hiérarchisation du point de vue", assure le président des riches.

"J'ai fait mon mea culpa, prétend-il. Mais les journalistes aussi doivent le faire", accuse le président "plein de mots" (et de morgue) qui assure en quelque sorte que faire la photo de la paroi est la preuve de son ascension. 

Un clone du président Hollande pour qui "jusqu'ici tout va mal".
Les propos de Macron révèlent un pervers narcissique. Il joue le premier de cordée, affichant une supériorité qui atteint l'arrogance, mais dont l'excès trahit une image dévalorisante de lui-même - illustrée par son attachement à la figure maternelle et protectrice de Brigitte - et se valorise en rabaissant les autres : ceux qui sont revenus de leurs illusions en perçant sa personnalité ambiguë et faible, solitaire et frustrée, deviennent sa cible. Il exprime sa haine de lui-même en la retournant contre les media qui l'ont servi et doutent aujourd'hui de lui.
Ses propos font ainsi écho aux reproches que lui adressent des maires, présidents de régions et autres syndicats, d'après lesquels le chef de l'Etat a méprisé l'ensemble des corps intermédiaires.

Pour autant, le Président affirme sa détermination à tenir, par fierté.
"Ils me tueront peut-être d'une balle, mais jamais d'autre chose", aurait-il déclaré à ses proches?, selon les auteurs. Une convergence avec les islamistes que Marlène Schiappa n'a pas analysée...

dimanche 7 août 2011

Réflexions sur l'organisation politique, selon le philosophe Michel Serres

Michel Serre livre son point de vue sur France Info

L'octogénaire s'entretient avec Michel Polacco

L'homme de lettres Michel Serres, également historien des sciences, est né à Agen en 1930.



Peut-on imaginer la politique sans partis ? N'est-il vraiment pas de politique sans partis ?
Lien: les partis politiques



Lien: gauche et droite
Ces notions politiques anciennes ont-elles encore un sens profond aujourd’hui ?, s'interroge le philosophe...


samedi 19 mars 2011

Le lobby "vertueux" des fonctionnaires

Ceux qui geignent pour mieux se gaver

Le cas des syndicats de fonctionnaires, si choquant soit-il, n'est pas le seul.

Dans notre société centralisée, les fonctionnaires sont omniprésents.
Leurs privilèges et leur conservatisme, leur arrogance et leur insouciance, leur manquements au service public et leurs prises d'otages les rendent odieux. Et pourtant leurs lobbys sont parmi les plus puisants de France.
Tout cela est-il en train de changer ?
C’est la question que pose dans son nouveau livre, Agnès Verdier-Molinié, journaliste et directrice de la Fondation pour la Recherche sur les Administrations et les Politiques Publiques (IFRAP). Une enquête propulsée dans les essais dont on parle, mais qui dérange et suscite un vif débat.

Ainsi, les réformes, telle la révision générale des politiques publiques, ont été détournées, réorientées et sabotées par le lobby de la fonction publique pour son propre intérêt et les fonctionnaires égocentriques menacent le service public
, puisqu'ils entravent la politique d'économies: elles auraient pu s'élever à 7 à 8 milliards d'euros, grâce par exemple au non renouvellement de postes, mais ont été reperdus en primes et salaires.
Concentrés sur leurs intérêts, les fonctionnaires, pompiers incendiaires, se retournent contre l'intérêt général: en bloquant le système dont ils vivent, tout en hurlant à sa casse, ils jouent à un jeu subtil qui leur rapporte le beurre médiatique et l'argent du beurre. Leur double jeu leur permet, tout en se ralliant l'opinion et en ménageant la poule aux oeufs d'or, d'exercer un chantage sur le gouvernement qui, au final, leur verse 1 milliard d'euros en subventions ou mises à disposition et leur accorde toujours plus de protection.
Les perdants ne sont pas ceux que l'on croit.

L'ensemble de la nébuleuse socialiste se sent visée
On le sait, elle s'est servie auprès des gouvernements à chaque fois que la gauche est arrivée au pouvoir ou a arraché des avantages et privilèges par la grève et le chantage. Elle est capable de peser sur la politique des gouvernements et de grever les budgets successifs.
Mais la majorité des Français réalise que, si les associations, réseaux et ONG se sont également multipliés, ils ont aussi grossi et pèsent désormais lourdement, non seulement sur les mentalités des citoyens, mais aussi sur les finances de l'Etat.
Le bilan ne lui est pas favorable à la communauté.
Lien PaSiDupes vers le livre de Bernard Zimmern

L'IFRAP dénonce les abus des syndicats de la fonction publique
Il n'adhère pas à la pensée unique et se rebelle contre la police de la pensée, dont l'un des agents radicaux, Bakchich par exemple, combat le libéralisme et qualifie d'hyper-libéral quiconque ne lui ressemble pas.

L'IFRAP ne peut que déplaire à la gauche à chaque fois qu'il démontre que la plupart des "excès" ou des "effets pervers" qu'il est politiquement correct d'attribuer généralement à la mondialisation ont souvent d'autres causes. "Ceux qui veulent sincèrement lutter contre l'injustice et la pauvreté ne doivent pas se tromper de cible. Sinon, ils prennent le risque d'inspirer des mesures et des politiques publiques qui ne feront qu'aggraver ces effets pervers. "
Agnès Verdier-Molinié (lien wikibéral), directrice de la Fondation IFRAP, vient de publier un livre sur le lobby des fonctionnaires, aux éditions Albin Michel(206 p., 17e).
Dans ce livre intitulé “ Les Fonctionnaires contre l’Etat ", Agnès Verdier-Molinié soulève la question de l’indépendance des élus : les élus sont-ils les marionnettes des fonctionnaires ?
Agnès Verdier-Molinié surfe sur la tendance d’ ” Absolument dé-bor-dée ” le pamphlet satirique de Zoé Shepard (alias Aurélie Boulet) sur le monde de la fonction publique. ( cf. PaSiDupes: Zoe Shepard condamnée pour "Absolument dé-bor-dée" )

Voici un extrait du livre d’Agnès Verdier-Molinié sur le lobby des fonctionnaires, “Les Fonctionnaires contre l’Etat ” :

(…) des fonctionnaires bien organisés qui, année après année, ont conquis de nouveaux avantages, avant de paralyser tous les gouvernements ou presque. Sous l’éclairage violent de la crise, des tabous sont en train de tomber (…) Si l’on veut que la France retrouve une marge de manœuvre dans la crise, ce lobby sûr de lui devra être contenu. (…)

samedi 2 mai 2009

Les syndicats de dialogue ont-ils peur des partis révolutionnaires ?

La CGT épingle les partis "simili-syndicats"Ce serait le moment pour le magazine Marianne de faire à nouveau campagne sur le thème de la peur: il serait plus crédible... Bernard Thibault n'a pas attendu un éclair de lucidité de la part de la presse. A la veille de la Fête du Travail, le secrétaire général de la CGT n'a pas fait sien le slogan "Travailler plus pour gagner plus", non!
Le jeudi 30 avril, Nanard Thibault a déploré que certains partis, sans les nommer, se prennent "pour des simili-syndicats" et "entretiennent une vision archaïque du parti-guide". Ne pas les nommer serait-il un aveu de peur?

Le torchon rouge brûle à gauche?

Les actions sociales sont la chasse gardée des syndicats

"Parmi les partis de gauche, il y a ceux qui reconnaissent le rôle spécifique des syndicats et le respectent. Et ceux qui entretiennent cette vision archaïque du parti-guide", accuse M. Thibault dans "Libération". Ils "voudraient prétendre par leur présence ou leurs déclarations dicter aux salariés ce qu'ils devraient faire".
"Quand des partis veulent penser à la place de l'intersyndicale et nous dire ce que nous devrions faire, ils se trompent de mission", prévient le leader syndicaliste. "Qu'ils réfléchissent à l'évolution de la société, aux conditions dans lesquelles ils prétendent un jour parvenir au pouvoir plutôt que de se prendre pour des simili-syndicats".

Le secrétaire général de la CGT a avancé d'autre part que la manifestation intersyndicale du 1er Mai "sera historique". "Il n'y a pas de précédent à un appel de l'ensemble des syndicats".

"Cela se traduit par un nombre record de manifestations: 283". Un remarquable tableau de chasse qui sidère les pays voisins... "C'est deux fois plus qu'au 1er Mai de l'an dernier, et plus que le 19 mars, où trois millions de personnes sont descendues dans la rue", précisait-il.

A la bonne heure: Nanard ne se trompe pas de cible...

Interrogé sur les séquestrations de patrons, il a voulu croire que "les salariés ne sont pas idiots: ils essaient d'éviter les formes d'action qui pourraient desservir leur cause. Mais "si les salariés ont recours à des formes d'action plus spectaculaires, médiatisables, c'est aussi la conséquence de déclarations comme celles qu'avait faites le chef de l'Etat, disant que les grèves et les manifestations, cela ne se voyait pas".
Et alors, les grèves se voient donc ?
Le 1er Mai est tellement passé inaperçu que Monsieur Trois-millions, JC Mailly, ne moufte plus, et que, pour se faire remarquer (et apprécier?), les camarades de GrDF ont confisqué le gaz aux Parisiens... (LIRE PaSiDupes)