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mardi 7 juillet 2015

Grèce: exit Varoufakis, bienvenue Euclide (Tsakalotos)

Euclide Tsakalotos nommé ministre des Finances

On prend les mêmes et on recommence


Le premier ministre Tsipras a sorti son ministre B des Finances. 
Lundi, Euclide Tsakalotos a été nommé par la présidence pour succéder à Yanis Varoufakis, mouton noir de l'Eurogroupe, démissionnaire suite au référendum bidon qui devait renforcer le pouvoir grec. Le comportement "excessif" du motard grec avait poussé les négociateurs européens à demander un nouvel interlocuteur. 

Encore un député du parti Syriza élu en 2012 et 2015. 
Euclide Tsakalotos, 55 ans,  était jusqu'alors vice-ministre des Affaires étrangères en charge des questions économiques. Né à Rotterdam aux Pays-Bas, il avait suivi dans la célèbre université d'Oxford un cursus de politique, philosophie et économie, le même que le premier ministre britannique, David Cameron. Il enseigne l'économie depuis 1990 à Athènes.  Cet universitaire partage les idées de son controversé prédécesseur, mais il est réputé plus discret et plus posé. Euclide Tsakalotos doit participer mardi à sa première réunion des Finances de l'Eurogroupe à Bruxelles.


Grèce : Euclide Tsakalotos nommé ministre des... par 6MEDIAS

Bonjour les axiomes et postulats, à ravir un Hollande au consensus mou

Cet Euclide-là est un "aristo de gauche" au Parlement.  
Après son doctorat, il entre en 1989 à l’université du Kent, dans la ville de Cantorbéry, où il fait de la recherche et enseigne l’économie. Il épouse l’économiste écossaise Heather D. Gibson, qu’il a rencontrée durant ses études. Depuis 1990, il enseigne l’économie à Athènes, où il a acheté une villa dans un quartier chic, grâce aux revenus d’investissement qu’il a tirés de fonds comme Blackrock et JP Morgan, souligne Challenges (groupe Nouvel Observateur). 

Un interlocuteur de la gauche caviar grecque
Malgré le surnom d' "aristo de gauche" dont l’affuble une partie de la presse grecque, Euclide Tsakalotos défend depuis longtemps des idées révolutionnaires, celles du parti Syriza au Parlement grec depuis 2012, où il a été réélu en 2015. Il est également membre du comité central du parti d’extrême gauche. Une fidélité qui lui a valu la reconnaissance du premier ministre, Alexis Tsipras, et de Yanis Varoufakis, dont il est proche. Après les élections législatives et la victoire de Syriza, Euclide Tsakalotos avait été nommé vice-ministre des affaires étrangères. A la fin d’avril, il avait également été nommé coordinateur de l'équipe grecque à Bruxelles, et avait remplacé à plusieurs reprises Yanis Varoufakis à l’Eurogroupe. 

"Pro-européen par stratégie" 
Les déclarations de cet économiste hostile à l’austérité le situeraient plutôt dans le camp des eurocritiques. Dans un entretien avec Libération à la mi-juin – date à laquelle il avait déjà remplacé Yanis Varoufakis dans plusieurs négociations européennes – il déclarait : "Si nous devons en permanence chercher à court terme l’argent pour rembourser le FMI ou la BCE, nous n’aurons jamais la possibilité de procéder aux réformes structurelles nécessaires. Nous avons déjà accepté des mesures que nous ne pensions pas forcément bonnes. Mais que faire de la dette ?" 
Pourtant, comme le rappelle L’Obs, il déclarait au début de juin sur Channel 4 : "Les marchés changent au gré de l’actualité, nous faisons en sorte de réduire leur incertitude, justement parce que nous croyons en une autre Europe. Nous ne sommes pas pro-européens par tactique mais par stratégie." 
Euclide Tsakalotos va reprendre de la main droite le flambeau pour mener à bien les négociations avec les partenaires européens, négociations qui s’annoncent tendues au lendemain d’un référendum qui confirme l'inconscience du peuple grec et sa rancune pour la "troïka" des créanciers - Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international -  qui lui a pourtant accordé deux plans d'aide. 

Pour eux, les Français se sont endetté à hauteur de 40 milliards. 
Et même 70 milliards, selon le mode de calcul.  
Après avoir prêté serment, lundi soir, le clone de Varoufakis se rendra mardi à Bruxelles pour un nouvel Eurogroupe, qui réunira les dix-neuf ministres des finances de la zone euro à Bruxelles.

dimanche 5 juillet 2015

Référendum grec: le 'non' conduirait la Grèce et l'U.E. à l'impasse

Tsipras et l'extrême gauche, porteurs de malheur

Comment se débarrasser d'Alexis Tsipras et Yanis Varoufakis


Alexis Tsipras et 
Yanis Varoufakis, son ange noir

En répondant "oui" au plan d'aide européen à leur pays, lors du référendum organisé ce dimanche alors les Grecs font "partir" leur Premier ministre, Alexis Tsipras, a expliqué Nicolas Sarkozy, président des Républicains, samedi 4 juillet en Sologne.


Alexis Tsipras fracture la Grèce



Dans un appel à la Nation mercredi, le Premier ministre grec a maintenu son appel à voter "non" au référendum, divisant la population grecque  à quelques heures d'un scrutin dont il avait évalué le coût à 20 millions d'euros, mais qui en coûtera 5 fois plus...

Les Européens attendent d'Athènes que son parlement vote un troisième plan de rigueur avant de lui verser l'argent nécessaire pour rembourser ses créanciers. Sinon, la Grèce fera défaut sur sa dette. Avec un risque de réactions en chaîne sur toute la zone euro. Or, les Grecs se rendent aussi aux urnes ce dimanche 5 juillet pour des législatives. Les Grecs vont-ils aller voter avec la crainte d'être expulsés de la zone euro?
En l'absence de cadastre, l'Etat grec ne peut ni prélever l'impôt foncier, ni vendre des biens publics... 

mercredi 24 juin 2015

Grèce: un cataplasme sur une jambe de bois en guise d'accord

Hollande se targue d'obtenir pour la Grèce un accord obligé a minima

Un accord à l'arraché qui ne réglera pas tout 

J.-C. Juncker gourmande Alexis Tsipras
(22 juin 2015 à Bruxelles)
Lâchées trop tard pour sceller un accord ce lundi, les nouvelles concessions grecques permetteront toutefois d'en espérer un dans le courant de la semaine.
Les nouvelles propositions de l'extrême gauche grecque au pouvoir avec Syriza pour débloquer 7,2 milliards d'euros d'aide ne suffisent pas. "Il reste du travail à faire", a reconnu le commissaire européen Pierre Moscovici, affichant toujours peu d'optimisme à l'issue de la réunion de l'Eurogroupe en milieu de journée. "Journée décisive... Je crois à un accord," déclarait-il sur Europe1. Mais quel accord?

Moins de préretraites, plus de TVA

Voici la liste des  propositions grecques, d'après la presse nationale:
Augmentation de la TVA  de 6,5% à 13% sur les séjours hôteliers. Le taux le plus bas de TVA, 6,5%, serait uniquement réservé aux médicaments, aux livres, et aux billets de théâtre. Selon le quotidien économique Naftemporiki, cette mesure rapporterait 2 milliards d'euros. L'électricité resterait à 13%, alors que le FMI voulait la faire passer à 23%.

Limitation des préretraites dès 2016. L'âge légal de la retraite en Grèce est de 67 ans depuis janvier 2013, mais il est possible d'être en préretraite dès 62 ans à partir de quinze ans de cotisations, avec décote dissuasive, où même en retraite pour certains métiers considérés à risque.
Diminution des retraites complémentaires supérieures à 1.000 euros. Ces deux mesures sur les retraites rapporteraient deux milliards.

Hausse d'impôts sur les entreprises réalisant un bénéfice supérieur à 500.000 euros

Hausse d'impôt sur les revenus supérieurs à 30.000 euros

Le montant de surplus primaire du budget, calculé avant d'en déduire la charge de la dette, reste fixé à 1 % du PIB en 2015 et 2 % en 2016, selon le compromis qui avait déjà été trouvé en fin de semaine dernière.
Dans ces propositions, "rien de substantiel" pourtant, selon le ministre des finances allemand Wolfgang Schaüble, qui regrette de ne pas avoir reçu le dernier texte des Grecs. De toutes manières, elles sont arrivées trop tard pour être validées par les créanciers - Etats européens, BCE et FMI, dont les réunions se succèdent dans la journée. C'est trop tard aussi pour qu'un accord soit officialisé au sommet des chefs d'Etat qui doit avoir lieu ce soir. Le sommet "ne pourra être qu'un sommet de consultation", a prévenu la chancelière Angela Merkel depuis l'Allemagne: "Il y a beaucoup de jours dans la semaine pour prendre une décision".

Un accord véritable  reste à trouver
François Hollande, qui se veut à l'interface de l'Allemagne et de la Grèce, souhaitait un accord "global et durable", et non "partiel ou limité dans le temps", mais joue un double jeu devant les micros et caméras hexagonaux mais ne pèse rien sur les négociations, tandis que les journées à venir seront marquées par l'urgence: les Grecs vident leurs coffres bancaires au rythme de 700 millions par jour. Faut-il continuer à perfuser la Grèce à la façon de la BCE envers les banques en relevant désormais plusieurs fois par semaine son plafond? 
Un accord à l'arraché sur une liste de réformes débloquerait les 7,2 milliards d'euros soldant le deuxième plan d'aide à la Grèce, sans parvenir à contenter tous les créanciers. Les 1,6 milliard dus au FMI seraient remboursés, mais où trouver les 7,4 milliards qui doivent être payés en juillet et en août? Et que penser d'un système où l'aide versée par les créanciers sert en grande partie à les rembourser eux-mêmes?
Sans compter que ces nouvelles mesures de rigueur pourraient avoir à nouveau un effet récessif, comme toutes les précédentes. "Il faut s'accorder sur un minimum de réformes pour gagner du temps", explique Patrice Gautry, chef économiste de Union Bancaire Privée. "Cet accord-sparadrap ne réglera pas la question du refinancement de la Grèce sur le long terme, mais il permettra de passer les échéances de l'été". 

Pour une économie en récession en effet, une dette de 180% du PIB est insurmontable. "Depuis le début de la crise, l'Union européenne s'est focalisée sur le seul problème de la dette, pas assez sur la question de la croissance", regrette Patrice Gautry. "Il faut refinancer l'économie grecque à long terme pour lui permettre de se relancer". Cette semaine, même si un accord est trouvé, inaugure tout un été de négociations. Qui remettront la dette en question, au sein d'un troisième plan d'aide.