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mercredi 4 avril 2018

Présidentielle : quand Michel Sapin plomba la SNCF pour "sauver" Alstom et Hollande

Pour être agréable à Juppé, l'Etat acheta 15 TGV et 20 locomotives destinés au Bordeaux-Marseille

Sauvetage d'Alstom par l'Etat : Sapin jugea la polémique "incongrue"

Février 2017 à Belfort: Hollande donne des garanties sur la commande de 15 rames de TGV par l'Etat
Le mercredi 5 octobre 2016, sur Europe 1, Michel Sapin avait tenté de dégonfler la polémique sur la commande par l'Etat de locomotives Alstom pour sauver le site du groupe à Belfort. 
"Le bon calcul, c'est celui que nous faisons. Le calcul qui est respectueux des finances publiques, c'est celui que nous faisons", assura le ministre de l'Economie et des Finances et manipulateur des chiffres du chômage pendant toute la durée du quinquennat de Hollande. 
L'achat par les contribuables de ces 15 rames à deux étages conçues pour rouler à 320km/h sur la ligne Bordeaux-Marseille avait suscité de nombreuses critiques, la veille, en raison de leur coût (proche de 30 millions d'euros), jugé disproportionné puisque les trains ne pourront de toutes façons pas excéder 200 km/h sur cette ligne, pour l'instant non adaptée à la très grande vitesse. "De toutes façons, sur cette ligne entre Bordeaux et Marseille, il aurait fallu acheter des trains, expliquait Sapin. Est-ce qu'il vaut mieux acheter un train cher aujourd'hui qui sera dépassé dans cinq ou dix ans ou est-ce qu'il vaut mieux acheter dès maintenant le TGV qui roulera sur une ligne à grande vitesse dans dix ans ?", s'est défendu Michel Sapin, dont le petit crâne d'oeuf ne prenait pas en compte le coefficient de vétusté après dix ans.

VOIR et ENTENDRE l'autosatisfaction de Hollande traitant la question :


Le ministre de l'Economie avait par ailleurs jugé "normal" que l'Etat achète ces rames en son nom propre, quand bien même il ne fait pas rouler directement les trains. "Ce n'est pas l'Etat qui les achète pour jouer au petit train électrique. L'autorité organisatrice, c'est l'Etat. Et on met à disposition, en l'occurrence de la SNCF, les trains. Ce qui est normal... C'est comme ça qu'on fait", a-t-il dit.

VOIR et ENTENDRE Sapin souligner que Hollande donne la priorité au sauvetage du Parti socialiste à Belfort :

En raison notamment de l'absence de recours à un appel d'offres, l'annonce par le gouvernement et Alstom d'une pluie de commandes et d'investissements étalés sur quatre ans pour maintenir l'activité de l'usine de Belfort, un temps menacée, a été qualifiée de "bricolage" et de "rafistolage" par la droite et une partie de la gauche, en fait une opération illégale. Pointé par la Commission européenne et les concurrents étrangers d'Alstom, l'exécutif avait maintenu que ces commandes étaient néanmoins parfaitement légales. 

En fait,
une opération violant doublement la loi en constituant aussi un financement illégal de la campagne de Hollande.
On comprend pourquoi Valls a largué le Parti socialiste pour se rallier au nouveau prince de la cité et s'assurer protection: bien que la justice soit indépendante, elle poursuit les uns, mais épargne les autres, selon qu'ils sont puissants ou misérables.

Hollande et Sapin accusés d'électoralisme à 8 mois de la présidentielle de 2017



Sans oublier de "redonner espoir"
à Hollande, d'abord
Une commission d'enquête a été créée à l'Assemblée en octobre 2017. Après les dossiers Alstom, Alcatel ou bien encore STX, les députés LR plaidaient que plusieurs rachats successifs soulèvent des questions sur la capacité de l'État à défendre champions industriels et intérêts stratégiques.
L'Assemblée se penche sur la politique industrielle de l'État.  © PDN/SIPA / DNphotography / SIPA/ PDN/SIPA

La conférence des présidents de l'Assemblée, autour de son président François de Rugy et en présence du secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement Christophe Castaner, a pris acte de cette création d'une commission de 30 membres (17 LREM, 5 LR, 2 MoDem, 2 Constructifs, 2 Nouvelle Gauche, 1 LFI, 1 communiste). Chaque groupe parlementaire a le droit, une fois par session de l'Assemblée, d'user de son "droit de tirage" pour une commission d'enquête.

"Le cas d'Alstom n'est malheureusement pas un cas isolé".
Si le problème d'Alstom et de l'endettement de l'Etat survient à huit mois de la présidentielle de 2017, ils jugent donc nécessaire de "s'interroger sur les moyens juridiques, économiques et financiers dont dispose l'État, mais aussi de la stratégie adoptée, pour favoriser le maintien en France de notre patrimoine industriel stratégique". Les élus du principal groupe d'opposition rappellent d'emblée la récente fusion Alstom-Siemens, y voyant une "étape décisive dans le processus de démantèlement d'Alstom", après l'absorption du pôle énergie d'Alstom par General Electric en 2014-2015, "largement applaudie par le gouvernement d'alors", malgré "de vives polémiques sur (s)es conditions". Et " moins de trois ans plus tard, Alstom voit sa branche transports diluée dans un nouvel ensemble contrôlé par Siemens", observent-ils : phénomène d'incrémentation classique, dont on peut citer en illustration, dans un autre domaine, le passage du PACS à la PMA, en passant par le mariage homosexuel et en attendant la GPA.


VOIR et ENTENDRE Hollande se justifier - avouant au passage l'interventionnisme de l'Etat - et polémiquer :

(à venir)
Ses dénégations successives auraient dû alerter les décrypteurs sur son degré de persuasion intime.

Outre Alstom, le groupe LR évoque le passage des chantiers navals STX de Saint-Nazaire "sous pavillon italien" avec l'arrivée de Fincantieri comme actionnaire majoritaire "grâce à 1 % prêté par l'Etat français", ou le rachat d'Alcatel-Lucent par le finlandais Nokia, citant aussi "Technip, Lafarge, Morpho ou encore Nexter System". "Ces grandes entreprises sont parmi nos plus beaux fleurons industriels et représentent le savoir-faire français. (...) Des milliers de salariés sur notre territoire dépendent de leurs activités. Elles représentent aussi parfois de véritables éléments de notre souveraineté et de notre sécurité nationale," plaident encore ces députés.

VOIR et ENTENDRE  le candidat Hollande en campagne au Creusot en 2012: 



Des fleurons, mais aussi des salariés-électeurs recrutés par l'Etat socialiste au profit de Hollande ou de son successeur et ancien conseiller élyséen, Macron

Quand le secrétaire d'État à l'Industrie auprès de Michel Sapin dans le gouvernement Valls et maire PS de Chalon-sur-Saône (2008-2014), à 2 heures de route de Belfort, Christophe Sirugue, annonça 70 millions d’euros "pour préparer l’avenir de Belfort", Collard commenta : " Une bonne nouvelle pour les salariés, une mauvaise pour les contribuables," Nicolas Sarkozy parla simplement d'un "plan bricolé à la hâte", tandis que Montebourg fustigeait clairement un "bricolage opportuniste" dont un syndicaliste se félicitait : "On a de la visibilité pour les quatre ans à venir", jusqu'en 2021 : Macron était ministre de l'Economie jusqu'à la fin août 2016 et a donc préparé l'opération et c'est donc au président Macron de régler le problème, avant 2020, dès 2018 à la SNCF qu'il a contribué à endetter.

VOIR et ENTENDRE les promesses du candidat Hollande en 2012: 


La Commission d'enquête de l'Assemblée sur la politique industrielle a auditionné les organisations syndicales représentatives d'Alstom, le mercredi 29 novembre 2017

L'audition s'est déroulée sous forme de table ronde et la CE a entendu M. Claude Mandart, délégué syndical central CFE-CGC d’Alstom France, M. Jean-Louis Profizi, secrétaire CFE-CGC du comité central d’entreprise Alstom Transport, M. Gérard Mardiné, secrétaire national CFE-CGC, M. Patrick de Cara, délégué syndical CFDT de l’établissement Oméga de Saint-Ouen d’Alstom Transport, M. Laurent Desgeorge, délégué syndical central CFDT d’Alstom Transport et secrétaire de l’Inter CFDT Alstom, M. Philippe Pil délégué syndical central FO d’Alstom Transport, M. Vincent Jozwiak, représentant FO au comité central d’entreprise d’Alstom Transport et délégué de l’établissement de Petite-Forêt (près de Valenciennes), M. Charles Menet, représentant syndical FO au comité central d’entreprise d’Alstom Transport, M. Hervé Fillhardt, délégué syndical FO du site de Reichshoffen, M. Fabrice Cotrel délégué syndical FO du site de La Rochelle/Aytré, M. Boris Amoroz, délégué syndical CGT d’Alstom Omega, et M. Stéphane Flégeau, secrétaire général adjoint et animateur du collectif "industrie" de la Fédération CGT des travailleurs de la métallurgie.


Si une Commission d'enquête parlementaire ne suffit pas.
Le Conseil Constitutionnel doit être saisi pour décider si le 1 % prêté par l'Etat français à Fincantieri ou si le financement par l'Etat du sauvetage d'Alstom est constitutionnel.

A défaut, pourquoi le Parquet national financier (PNF et singulièrement le juge Tournaire) n'ouvre-t-il pas une enquête pour déterminer si le financement par l'Etat du sauvetage d'Alstom ne constitue pas effectivement un conflit d'intérêts politiques ?

VOIR et ENTENDRE comment le sauvetage d'Alstom est une escroquerie de Hollande qui n'envisageait que de favoriser sa candidature et sa ré-élection, aux frais des Français et, d'abord aux salariés d'Alstom, comme des cheminots par contre-coup: 


Pour mémoire, les promesses de Hollande de préserver l'emploi en France, sa préoccupation prioritaire :

lundi 17 juillet 2017

Macron entame le lien entre collectivités locales et les citoyens

Le souverain républicain impose aux autres une surcharge d'économies    

Les collectivités territoriales devront serrer la ceinture plus que prévu

Le chef de l'Etat réclame 13 milliards d’euros sur cinq ans, soit 3 milliards d’euros de plus que l’objectif fixé pendant la campagne.
Un objectif plus lourd que les propositions de campagne et que Macron fait désormais supporter aux collectivités au cours du quinquennat, annonce une source proche du gouvernement. Un chiffre confirmé par le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin lors de la conférence des territoires, lundi 17 juillet, devant le Sénat.

Pendant sa campagne, Macron demandait un effort de 10 milliards d’euros aux collectivités locales, sur les 60 milliards de baisse de dépenses publiques ambitionnés au niveau national.

Lors d’une conférence de presse, le premier ministre Edouard Philippe a ensuite prôné " une réflexion d’ensemble sur la fiscalité locale".
"Nous devons donner plus de prévisibilité et plus de lisibilité (…) sur l’évolution des ressources des collectivités territoriales, a raconté Philou. Et nous devons engager une réflexion d’ensemble sur la fiscalité locale, sur la taxe d’habitation bien sûr - elle est annoncée -, mais plus généralement sur l’ensemble du système de financement des collectivités territoriales."
"Vous connaissez parfaitement la situation des finances publiques. Vous savez l’évolution des effectifs dans les trois fonctions publiques. Rien de tout cela n’est soutenable", a ajouté le premier ministre, qui l’a déclaré haut et fort :
"Nous devons diminuer notre montant de dépense publique. Les collectivités territoriales doivent prendre leur [juste ?] part à cet effort et cet effort sera globalement important." 
Les Français vont découvrir que la canicule qu'ils subissent sur les plages n'est rien 

Résultat de recherche d'images pour "taxe habitation"en comparaison de la charge fiscale qui va s'abattre sur eux à la rentrée.

"Je n’ai aucun doute sur le fait que ce sera dur et aucun doute sur le fait que ce sera long", a assenné Edouard Philippe. Le Philou a d'ailleurs tenté de faire avaler la pilule amère en évoquant son souci de faire de "la lutte contre les fractures territoriales une priorité nationale". 
Un gag de la même veine que la "jeunesse, priorité" de Hollande. Les bacheliers constatent aujourd'hui que la gestion de l'Enseignement supérieur par Najat Vallaud-Belkacem ne leur permet pas de trouver d'admission correspondant à leurs voeux. 
cf. PaSiDupesLes bacheliers sans affectation de Hollande et Vallaud-Belkacem

Tandis que Mélenchon prend des vacances, LR est au travail

Philippe Bas (LR) a réclamé le passage en urgence de "Jupiter à la démocratie" concernant les relations entre les collectivités locales et l’Etat. "La démocratie, c’est faire en sorte que l’Etat ne fasse pas ses fins de mois au détriment des collectivités", a déclaré le président de la commission des lois du Sénat, après avoir déploré que "ces [cinq] dernières années, les collectivités territoriales [aient] servi de variable d’ajustement au budget de l’Etat".

"Les compensations de l’Etat, on n’y croit plus", a grondé le sénateur de la Manche, à propos de la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des foyers à laquelle est opposé cet ex-secrétaire général de l’Élysée sous Jacques Chirac et ministre dans le gouvernement Villepin de 2005 à 2007.
"La Constitution exige que à peu près 60 % des recettes d’une commune viennent de l’impôt local. Si on descend en dessous, alors il n’y a plus d’autonomie financière, et s’il n’y a plus d’autonomie financière, la Constitution est violée."
En ouverture de la conférence des territoires, le porte-voix des collectivités locales, le président du Sénat, Gérard Larcher (LR), avait demandé que "l'Etat s’engage véritablement à respecter les élus, leur rôle et l’action des collectivités".
"Les élus locaux ne sont pas des pions qu’on bouge au gré des humeurs du jour : ce sont les pièces maîtresses du développement territorial de notre pays et les vigies de notre République."
Les élus territoriaux aussi "veulent de la stabilité et de la prévisibilité dans leurs ressources comme dans leur cadre d’action".
Or, "nous ne pourrons atteindre cet objectif qu’en menant une action résolue contre l’inflation normative qui pèse sur nos collectivités et empêche d’agir", a déclaré G. Larcher, peu avant la prise de parole d’Edouard Philippe.

Emmanuel Macron avait également annoncé la suppression d’environ 70.000 postes dans la fonction publique territoriale pendant la campagne présidentielle. De quoi faire de substantielles économies sur la proximité du service public avec la population.. Ce lundi après-midi 17 juilletnotre chef doit prononcer un discours de clôture lors de la conférence des territoires.

En attendant, profitez bien des bains de mer. 
Mais vous pouvez aussi en profiter pour vous noyer tout de suite.

vendredi 15 juillet 2016

Le coiffeur de Hollande défrise les internautes: la coupe qui fait déborder le vase socialiste

Le coiffeur à 9.895 euros mensuels, c'est le changement: d'un président "bling bling" à un président "normal" z'et "exemplaire"...

Sur les réseaux sociaux, la révélation du salaire faramineux du coiffeur de François Hollande a été saluée par un festival de bons mots.


Ni Boris Johnson, ni Justin Bieber, ni Sheila, mais Donald Trump, d'un cheveu
Le brushing présidentiel dans tous ses états sur Twitter après la publication de la fiche de paie du coiffeur de l'Élysée.


Le coup de peigne présidentiel met Twitter dans tous ses états, après la publication de la fiche de paie du coiffeur de l'Élysée, en attendant que Libération se lâche dans un titre irrévérencieux, qui décoiffe. 
Les internautes expriment, quant à eux,  leur indignation avec esprit, depuis le rappel du Canard enchaînéde la scandaleuse fiche de paie du 'merlan' de François Hollande. Cette mèche rallumée à l'occasion du 14 Juillet n'est pas une révélation puisque, en avril dernier, les journalistes Stéphanie Marteau et Aziz Zemouri, journaliste au Point, rapportaient déjà l'information dans leur livre L'Élysée off.

L'affaire du "CoiffeurGate" a détourné les Français de la boucle du Tour de France sur Twitter. 



Petit rappel des faits: Olivier B., coiffeur personnel de François Hollande à l'Élysée, touche 9.895 euros bruts mensuels, soit autant qu'un ministre. Certes, le Figaro du prince doit être totalement à la botte, à toute heure du jour et de la nuit, mais, quoi qu'en dise l'Elysée qui tente de justifier le scandale, cela fait tout de même cher le coup de bombe colorante, singulièrement en "état d'urgence". 

Un feu d'artifice de réactions a donc fusé. 

Première tendance : les adeptes des jeux de mots.
 


Deuxième tendance : ceux qui jugent qu'ils n'en ont pas eu pour leur argent...  


... Et les bénévoles, désintéressés malgré le salaire miroitant, font quelques suggestions.  

Un p'tit gars du 9.3


Un proche de Sapin, à Bercy


Si ce n'est pas Macron, ce n'est pas Bruno Le Roux 



Ou discriminent



Enfin, il y a ceux qui rappellent que Hollande en la matière n'a rien inventé.
 


Et ceux qui voient là
une excellente raison de voter... Juppé


Reste à savoir quel lanceur d'alerte professionnel va réclamer le remboursement des frais de "coloriste" du président. Les Français "want their money back" !
René Dosière, ex-député socialiste et spécialiste de la gestion des finances publiques, pourrait reprendre du service.

mardi 17 novembre 2015

La réunion du Congrès à Versailles a coûté environ 200.000 euros

En période d'austérité, le Grand Amphithéâtre de la Sorbonne n'aurait-il pas fait l'affaire ?

L'exécutif aurait le sens de l'économie des deniers publics

Avant toute contestation du coût de l'opération, la presse aux ordres a pris les devants: "un événement exceptionnel pour un coût relativement faible", clame France Info (radio du service public de Radios France), se faisant aussitôt l'écho du Parisien, dont le groupe industriel LVMH vient de faire l'acquisition, en octobre 2015.
Pour entendre le discours de François Hollande, l'organisation du Congrès après les attentats de Paris, aurait coûté entre 170.000 et 210.000 euros, affirme Le Parisien/Aujourd'hui en France, mardi 17 novembre. Claude Bartolone, qui présidait la réunion des deux assemblées parlementaires, aurait demandé à ses équipes d'organiser l'événement sans "dépense superflue ni faste", précise le quotidien.

Accueillis avec une bouteille d'eau 

Conséquence directe de cette frugalité: en arrivant à Versailles,
les parlementaires n'ont pas eu droit à la moindre collation, mais simplement à une bouteille d'eau. Ce qui aurait provoqué quelques protestations chez certains, affirme Le Parisien.

Depuis l'instauration de la Ve République, le Congrès s'était réuni jusqu'alors 17 fois à Versailles, dont 16 fois pour adopter une révision de la Constitution.

mercredi 17 décembre 2014

Retraites à 64 ans: Rebsamen a fuité sur de nouveaux choix difficiles

Le ministre s'est aussitôt fait redresser les bretelles par sa camarade Marisol Touraine

La réforme Ayrault met les régimes complémentaires en péril

Malgré une prétendue amélioration des prévisions financières, les partenaires sociaux vont devoir prendre de nouvelles mesures pour sauver les retraites complémentaires, selon les dernières projections du Conseil d'orientation des retraites (COR), censées servir de base au pilotage annuel du système prévu par la réforme Ayrault. Difficile d'affirmer avec Le Point que les réformes successives des retraites portent leurs fruits - au prix de hausses excessives de cotisations employeurs et salariés - si elles menacent l'équilibre des complémentaires. En 2020, quel que soit le scénario économique retenu, le gain par rapport aux projections réalisées en 2012 atteint 0,6 point de PIB, soit environ 14 milliards d'euros. C'est au détriment des complémentaires, alors la Cour des comptes tente d'expliquer que des gains de productivité tout à fait significatifs pourraient être dégagés dans la gestion des régimes complémentaires. Ce que le gouvernement économise sur les régimes généraux, c'est au détriment des retraites complémentaires.

Un an après la réforme des retraites, les jeunes, les handicapés et les agriculteurs attendent encore... La réforme Ayrault prévoit toutefois un allongement de la durée de cotisation qui atteindra 43 annuités (172 trimestres) en 2035, pour les générations 1973 et les suivantes. En 2013, le vote du Parlement, certaines mesures favorables aux assurés ne sont toutefois toujours pas entrées en vigueur, faute de décrets.

"S'il faut allonger la durée de cotisation, nous le ferons" 
Le ministre du Travail François Rebsamen a semé le trouble mardi en lâchant que le gouvernement allongerait, si nécessaire, la durée de cotisation pour une retraite à taux plein, une mesure aussitôt écartée par sa collègue des Affaires sociales Marisol Touraine
Le pavé dans la mare du ministre du Travail a surpris au moment où la pérennité du système des retraites de base semble mieux assurée, selon le Conseil d'orientation des retraites. À l'inverse, les régimes de retraite complémentaire sont eux menacés de faillite. En fin d'après-midi, François Rebsamen lui-même a tenu à rectifier ses propos en évoquant la réforme Ayrault. "Je n'ai rien ajouté d'autre. J'ai dit que la durée de cotisation s'allongera progressivement, passera à 43 ans à l'horizon 2035", a-t-il dit. 
VOIR et ENTENDRE Rebsamen rétro-pédaler à nouveau, après son couac sur le contrôle des chômeurs "fraudeurs": 
Or, la loi ne touche pas à l'âge légal de départ à la retraite, fixé à 62 ans, prévoyant toutefois que ses mesures puissent évoluer. Qu'est-ce qui a donc poussé Rebsamen à mettre les pieds dans la plat, si ce n'est l'irréalisme de l'hypothèse du COR, dans ses dernières projections actualisées présentées mardi, estimant qu'un retour à l'équilibre du système est possible à l'horizon 2020 si l'activité économique repart ? Le ministre n'y croit-il donc pas? Le COR ne recommande d'ailleurs pas de renforcer la législation sur les retraites, du moins pour les retraites de base. Les cotisants aux complémentaires devront compenser le désengagement du gouvernement...

VOIR et ENTENDRE Christian Paul avouer la pratique socialiste  du "ballon d'essais":  

Vers un âge de départ moyen de 64 ans

Les hypothèses de croissance à court terme retenues à l'époque ne seront pourtant pas atteintes, selon les dernières prévisions du gouvernement. Or, l'âge effectif moyen de départ en retraite va passer de 61 ans en 2013 à 64,1 an d'ici à 2040. Organisme consultatif composé d'experts, d'élus ainsi que de représentants patronaux et salariaux, le COR, n'a toutefois pas eu le temps d'évaluer l'impact des comptes personnels de pénibilité. Les décrets seraient parus trop tard pour permettre une évaluation d'une réforme censée s'autofinancer grâce à des cotisations spécifiques des entreprises.

11,1 à 13 milliards à trouver en 2018
En attendant, le casse-tête du financement des retraites est loin d'être réglé. D'abord à court terme. Les socialistes qui ont nié la crise jusqu'à leur arrivée au pouvoir, lui imputent désormais la compression de la masse salariale sur laquelle reposent les cotisations. Résultat, le trou dans le système de retraite devrait encore atteindre 11,1 milliards d'euros (0,5 % du PIB) en 2018, dont un peu plus de la moitié pour les seuls régimes complémentaires des salariés du privé (Agirc-Arrco). 
Parce que, dès l'année prochaine, ils doivent négocier de nouvelles mesures d'ajustement sur les régimes complémentaires, les partenaires sociaux mettent la pression sur le gouvernement. Dans un rapport qui sera rendu public jeudi, mais dont les conclusions ont déjà fuité dans la presse, la Cour des comptes proposerait de repousser à 63 ou 64 ans l'âge minimum légal pour toucher sa complémentaire, alors qu'il est aujourd'hui calé sur celui des retraites de base, à 62 ans.
En 2018, le régime de la fonction publique accusera lui aussi un trou, d'un peu plus de 2 milliards, si rien n'est fait. Sauf à toucher aux paramètres de la retraite des fonctionnaires, l'État devra donc augmenter ses cotisations employeurs pour combler la brèche, ce qui pèsera sur les finances publiques. Mais en 2018, le PS aura repassé la patate chaude aux suivants...

Des scénarios très divergents
À plus long terme, la viabilité du système de retraites par répartition dépend des scénarios économiques retenus. Le COR en retient 5 principaux, reposant sur différentes hypothèses de productivité du travail (et donc de croissance économique) et de taux de chômage. En fonction des taux de croissance retenus (de 1 % à 2 %) et du taux de chômage (de 4,5 % à 10 %), le système passe d'un fort excédent de 12 milliards d'euros dans le scénario le plus favorable, à de lourds déficits (19 milliards d'euros en en 2030 et même 37 milliards en 2040).

Marisol Touraine était-elle honnêtement justifiée à nier la réalité exprimée par Rebsamen?
L'incroyable caporal du groupe socialiste, Bruno Le Roux, n'a pas craint d'ajouter sa fétidité à l'affaire: " Il n’est en aucun cas envisagé en ce moment, ni même dans la prochaine année ou dans les deux prochaines années d’augmentation de l’âge de départ à la retraite."
La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, juge inutile une nouvelle réforme du régime de base des retraites et qualifie d'"irresponsable" tout catastrophisme en la matière. "Le rapport du Cor montre que la réforme (de janvier 2014) porte ses fruits et qu’on peut rassurer les Français : nous n’allons pas vers un crash du système de retraite", a affirmé mardi Marisol Touraine à des journalistes. "Une autre réforme des régimes de base n’est pas nécessaire."Le gouvernement Valls refuse d'envisager un nouveau relèvement par des socialistes: "Le relèvement des bornes d’âge n’est pas la solution", assure Marisol Touraine. "Cela ne veut pas dire qu’on n’accepterait pas qu’il faille travailler plus longtemps", ajoute-t-elle cependant. 
L'exécutif laisse la responsabilité de trouver un remède aux partenaires sociaux gestionnaires de Agirc-Arrco en 2015 , mais il suivra ce dossier "avec une grande attention", assure Marisol Touraine, pour qui "faire du catastrophisme n’a pas de sens".
L'incident n'est pas clos.

jeudi 10 juillet 2014

Ministères discriminés: Hollande exprime ses préférences pour 2015

Les chouchous et les mal-aimés
Des baisses budgétaires en trompe-l'oeil et en attrape-couillons

Les dépenses des ministères français diminueront, nous assure le document d'orientation des finances publiques transmis mercredi par le gouvernement aux députés. Les godillots sont censés croire qu'en retirant aux uns pour donner aux autres, le gouvernement Valls réussirait à réduire la dépense publique de 1,8 milliard d'euros et les effectifs des ministères de 1.177 personnes en 2015. En supprimant un départ à la retraite sur deux ? Du déjà vu et décrié par la gauche en son temps...

Ce document détaille l'embrouille. Elle porte sur la contribution de 18 milliards d'euros de l'Etat au programme de 50 milliards d'économies sur 2015-2017 voté fin avril et le solde provenant de la Sécurité sociale (21 milliards) et des collectivités territoriales (11 milliards sous forme de baisse des dotations de l'Etat).

En revanche, cette austérité imposée par l'Etat ne diminuera pas la charge de la dette et pensions, ni les transferts aux collectivités et à l'Union européenne, de 1,8 milliard l'an prochain par rapport au niveau prévu dans la loi de finance initiale 2014 (201,9 milliards). La baisse annoncée serait de 2,1 milliards en 2016 et 2,3 milliards en 2017.

Cette baisse programmée est en outre à mettre au regard d'une hausse tendancielle de ces dépenses de l'ordre de six milliards d'euros par an en moyenne, souligne le ministère des Finances dans le document.

Les agences et opérateurs de l'Etat seront également mis à contribution sous la forme d'une baisse des plafonds des taxes affectées et de prélèvements sur leurs fonds de roulement, et ce à hauteur de 1,1 milliard d'euros en 2015.

Chacun fait des efforts, mais pour certaines c'est la diète

Frappes sur trois cibles: la Défense, l'Ecologie et Bercy 
Des abris anti-élyséens pour cinq privilégiés: l'Education nationale, la Recherche, la Justice, les Affaires sociales et l'Intérieur seront confortés conformément aux priorités affichées depuis le début du quinquennat.

"L'effort pour diminuer la dépense publique s'applique à tous les ministères", a insisté le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll, mais certains seront pourtant mis à l'eau et au pain sec. "Les discussions avec le ministre du Budget ont concerné tous les ministres. Les lettres plafond sont les résultats de ces discussions et chacun fait des efforts", a-t-il assuré lors du compte rendu du conseil des ministres.

Hollande continue de créer des postes de fonctionnaires. S'agissant de 2015, 9.421 postes seront créés dans l'Education nationale, l'Enseignement supérieur et la Recherche, 600 à la Justice, 405 dans la police et la gendarmerie - les secteurs identifiés comme prioritaires. Un total de 10.426, à charge de plusieurs générations montantes...

A l'inverse, les militaires 7.500 seront supprimés dans la Défense, chiffre  à la louche conforme à la loi de programmation militaire, et plus de 2.500 (tout rond...) à Bercy (alors que les effectifs réels de ses ministères sont en fait indéterminés). Soit un gain comptable apparent de 10.000. 

Le document établit le solde global négatif à 1.177 (?) et établit un ordre de grandeur en le comparant à un effectif total de près de 2,5 millions d'employés dans la fonction publique d'Etat. Tend-il à démontrer que la réduction est donc insuffisante ou que la fonction publique reste un fardeau ? 
 
Des baisses qui daubent sur un avenir non maîtrisé 

C'est ainsi le cas d'une nouvelle baisse de courbe annoncée au ministère du Travail. Ni Montebourg, ex-redresseur productif de l'Industrie, ni Sapin, ex-ministre du Travail, n'est parvenu à redresser l'emploi et Frère François Rebsamen ne pourra faire mieux au ministère du chômage, car l'avenir reste incertain en France plus que dans aucun autre état-membre de L'Union européenne.
 
Le ministère du Travail sera également mis  à contribution (-1,6 milliard d'euros d'ici 2017) mais la baisse de ses moyens est hypothétique, puisque liée à l'amélioration espérée du marché de l'emploi pendant les années qui viennent: il faudrait qu'il permettre de diminuer les budgets alloués aux contrats aidés subventionnés.

Ce n'est qu'en apparence que la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, est parvenue à sauver son enveloppe budgétaire, car elle n'intègre pas la contribution à l'audiovisuel public.  Selon le document d'orientation, le financement des sociétés publiques de ce secteur devrait être intégralement assuré par la redevance à l'horizon 2017. En vérité, le gouvernement prévoit donc que la question de la publicité à la télévision soit à nouveau soulevée et arbitré dans le sens d'un allègement de la charge publique... Et le coût bientôt pérennisé de l'assurance-chômage des intermittents ?

Le ministère de l'Ecologie est amputé de 3% sans que bronchent Ségolène Royal ou Cécile Duflot ! Alors, comme ça, Valls peut donc toucher l'une sans faire bouger l'autre ? Il faut vraiment que l'écologie soit subalterne au PS pour que Hollande ait confié l'environnement à des femmes... 

Les godillots de l'Assemblée vont maintenant se livrer à une mascarade de débat.
Des lettres plafond ont été envoyées aux ministères sur la base du document d'orientation fixant l'évolution de leurs moyens sur la période 2015-2017, engageant donc la majorité suivante
Le faux débat sera bâclé mercredi après-midi à l'Assemblée. Mais les apparences seront sauves si les discussions durent tard dans la nuit...