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vendredi 11 octobre 2019

Attentat à la Préfecture de police : quand Nuñez recadre Castaner en pleine audition parlementaire

Quand le sous-fifre met au pas son ministre, ou l'histoire de celui qui veut être calife à la place  du calife 

Dans la doublette Castaner-Nuñez, le sous-fifre est le pro


Depuis l'attentat islamiste commis au coeur de la préfecture de police de Paris, le ministre de l'Intérieur ne cesse de tenir des propos intempestifs ou approximatifs. Cette fois, c'est sur les classifications de fiches qu'il s'est fait reprendre par son secrétaire d'Etat, Laurent Nuñez, qui lui tenait la main pendant une audition devant la commission des lois de l'Assemblée nationale, comme à la Délégation parlementaire au renseignement... 
Les auditions s'enchaînent et le bavard Christophe Castaner prête le flanc à un flot de critiques du fait de son amateurisme à propos de l'attentat au couteau à l'intérieur de la préfecture de police de Paris.

Une question sur les fonctions du terroriste infiltré au coeur du réacteur de la Défense intérieure a créé la confusion entre Castaner et son secrétaire d'Etat lors d'une séance tenue ce jeudi 10 octobre.
"Je crois qu'on va pouvoir vous communiquer la fiche de poste de l'auteur," a commencé le ministre de l'Intérieur, avant de se faire reprendre au vol par Laurent Nunez, ancien directeur de la Sécurité intérieure, le patron de la place Beauvau.


"Elle est forcément classifiée parce qu'elle touche à l'organisation, a rectifié Laurent Nunez. "Tout ce qui touche à l'organisation des services de renseignement est classifié, donc on pourra pas vous la communiquer, a expliqué l'acolyte. "Mais on peut en parler !", a-t-il concédé, un brin condescendant, si ce n'est goguenard.  
Et Christophe Castaner de poursuivre, hésitant : "Vous savez ce qu'on va faire? On va la communiquer à la mission... "
"A la délégation parlementaire au renseignement", corrige à son tour le président de la commission des lois, Philippe Bas, visiblement effaré par l'irresponsabilité du ministre.

Antillais converti à l'islam et pourtant agent administratif au sein de la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP), Mickaël Harpon,  a assassiné quatre de ses collègues fonctionnaires, le 3 octobre. 

Brûlant la politesse au procureur, seul habilité à prendre la parole,
le ministre-fêtard de l'Intérieur a alors aussitôt présenté l'islamiste comme un "homme" ne présentant pas de "difficultés comportementales"
Mais la justice antiterroriste, puis les autorités politiques ont admis que le salafiste infiltré adhérait à l'islam radical. 

"Détail" accablant : selon un rapport de la DRPP,
des signaux qui auraient pu alerter sur sa probable radicalisation n'ont pas fait l'objet de signalement administratif en 2015, au moment des attentats du 13 novembre, revendiqués par l'organisation terroriste Daech (une série de fusillades et d'attaques islamistes, à Paris et dans sa périphérie, par trois commandos distincts et concomitants faisant 131 morts et de 413 blessés hospitalisés, dont 99 en situation d’urgence absolue). Ils suscitèrent chez le fonctionnaire français de police ce commentaire de compassion: "C'est bien fait !"...

jeudi 13 septembre 2018

Commission d'enquête sur l'affaire Benalla : Macron a fait pression sur Larcher par téléphone

Le 'parrain' de Benalla poursuit en coulisses ses tentatives d'intimidation

Le président de la République a voulu "calmer les esprits", selon son entourage 

VIDÉO. Commission d'enquête sur l'affaire Benalla : le coup de fil de Macron à Larcher
L'ex-banquier tente de faire la leçon à Gérard Larcher, ancien ministre,
sénateur depuis 1986 et président du  Sénat depuis 2008

Prétendant rappeler à Gérard Larcher quelques principes constitutionnels, Macron bafoue le principe constitutionnel de séparation des pouvoirs. 

"Le président du Sénat recadré par Emmanuel Macron, " selon l'AFP.
Mardi 11 septembre, la veille de la reprise de la commission d'enquête sénatoriale sur l'affaire Benalla, le chef de l'Etat a téléphoné à Gérard Larcher, le président du Sénat, pour "calmer les esprits" et remettre les choses au clair, rapporte L'Obs, mercredi 12 septembre. Des informations surprenantes, mais corroborées, par la suite, par RTL et Le Figaro.

Macron s'est ingéré dans le fonctionnement démocratique des institutions

Il a rappelé à Gérard Larcher, le président Les Républicains (LR) du Sénat, qu'il devait garantir les équilibres institutionnels. 
Une mise au point indécente qui faisait explicitement référence à une déclaration de Philippe Bas, le président LR de la commission d'enquête, qui avait dit que "le Parlement contrôle l'exécutif", ce qui est pourtant parfaitement constitutionnel : la Constitution lui accorde d'ailleurs des moyens, tels que les questions parlementaires, l'autorisation, ou non, de la prorogation de l’état d’urgence ou la motion de censure, mais aussi des commissions d'enquête parlementaires.

Exposé dans l'affaire Benalla, le président redoute un "Benallagate"
Selon RTL, le président de la République aurait fait valoir auprès de Gérard Larcher que le Parlement contrôle le gouvernement, mais pas l'Elysée. Ce qui est une vérité partielle, puisqu'en cas de "manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat", le Parlement peut se constituer en Haute Cour et voter la destitution du président de la République.

Macron avait commencé par missionner sa ministre de la Justice. Nicole Belloubet avait dénoncé plus tôt une "instrumentalisation politique" de l'affaire Benalla, reprochant a priori aux sénateurs de la commission d'enquête d'empiéter sur le terrain de la justice, alors que les auditions n'avaient pas encore commencé, trahissant ainsi la fébrilité d'un pouvoir qui aurait à craindre des révélations, face à "une institution indépendante, sérieuse, qui va au fond des dossiers sans jamais se laisser emporter".

Au téléphone, Emmanuel Macron aurait juré de sa bonne volonté, "estimant avoir fait preuve de transparence en autorisant ses collaborateurs à venir répondre aux questions des sénateurs", rapporte l'Obs. 

Soufflant le chaud et le froid, le chef de l'Etat, visiblement embarrassé à l'idée de se trouver impliqué, se serait logiquement désolidarisé des propos insultants lancés par Alexandre Benalla, jeudi 13 septembre. Dans un entretien avec France Inter, l'ancien proche collaborateur d'Emmanuel Macron a en effet expliqué qu'il n'a "aucun respect" pour la commission d'enquête sénatoriale, avant de qualifier Philippe Bas de "petit marquis".

De son côté, Gérard Larcher, qui a confirméque le coup de fil a bien eu lieu, a refusé d'en dire plus. "Les Français devant leur téléviseur verront que le Sénat est une institution indépendante, sérieuse, qui va au fond des dossiers sans jamais se laisser emporter", a simplement répondu au Figaro le discret président de la Chambre haute.

Benalla, porte-parole du président ? "Je n'ai aucun respect pour les sénateurs", lance-t-il

Anti-parlementarisme primaire d'un proche de Macron : Benalla passe aux insultes ad hominem...

L'ex-collaborateur préféré de Macron a exprimé son mépris des membres de la commission d'enquête du Sénat

Résultat de recherche d'images pour "benalla"Alors que, dans un premier temps, Alexandre Benalla avait pris de haut la convocation de la Haute assemblée, il a finalement cédé au Sénat et se présentera devant la commission d'enquête. Mais"contraint", l'ex-chargé de mission à l'Elysée daignera-t-il répondre aux questions légitimes que se posent les sénateurs ?

Mardi 11 septembre, Benalla a volontiers expliqué sa décision aux journalistes de France Inter.

Alexandre Benalla se rendra à la convocation de la commission d'enquête sénatoriale parce qu'on le "menace," a d'abord assuré l'observateur musclé de la Place de la Contrescarpe: "On me contraint, envers et contre tous les principes de la démocratie française, s'imagine-t-il. (...) Parce qu'on m'explique qu'on va m'envoyer des gendarmes et des policiers. (...) Je vais venir, à la convocation. Parce qu'on me menace. On me menace vraiment d'une manière directe."
L'ex-chargé de mission parle d'une "mission d'information qui s'est vu attribuer les prérogatives d'une mission d'enquête, mais qui n'en a aucun droit, poursuit-il, ce garde du corps estimant qu' "elle bafoue notre démocratie. Qui la foule de son pied", a déclaré le jeune homme d'origine marocaine. 

"Je pourrai répondre à toutes les questions qu'elle me posera, sauf sur celles qui intéressent la justice. C'est-à-dire toutes les questions sur quel était mon rôle à l'Elysée", a annoncé Alexandre Benalla, au sujet de la commission d'enquête, laquelle connaît mieux que quiconque les limites de ses prérogatives.

L'ex-proche de Macron insulte le président de la commission d'enquête sénatoriale

Redoine Alexandre Benalla qualifie Philippe Bas (LR) de "petit marquis"...
"M. Philippe Bas, je mesure très bien mes propos, ce petit marquis, m'impose aujourd'hui de venir devant lui, sinon il m'envoie la police ou la gendarmerie", a-t-il lancé. Ce à quoi l'insulté a répondu en assurant prétendre faire comme si il n'avait pas entendu.
Il faut toutefois que ce petit monsieur sache que le co-rapporteur de cette commission est un socialiste du nom de Jean-Pierre Sueur, 71 ans, sénateur du Loiret depuis 2001 et président de la Commission des lois constitutionnelles, quant à lui, et ancien maire d'Orléans et ancien secrétaire d'Etat de Mitterrand.
Et que le chef de cabinet du président de la République,
François-Xavier Lauch, n'a pas fait d'embarras pour satisfaire la demande d'information des sénateurs.
"Il y a des gens qui se sentent au-dessus des lois, et qui les font pourtant." Et puis, il y a ceux qui ne les font pas, mais qui se sentent au-dessus, sans aucun mandat populaire, sinon l'amitié des princes.
"Ce sont des petites personnes qui n'ont aucun droit, et aucun respect pour la République française et la démocratie. (...) Il y a des gens qui se sentent au-dessus des lois, et qui les font pourtant (...) Moi, j'ai des comptes à rendre à la justice française. Le Sénat français, qui bafoue les règles constitutionnelles de notre pays, très sincèrement, je vous le dis franchement, je n'ai aucun respect pour eux", a bavé Alexandre Benalla.
Public-Sénat rapporte la réaction de Jean-Pierre Sueur aux propos insensés du garde du corps, exprimant un doute fort : "Je ne sais pas s'il est le mieux placé pour donner des leçons de moralité aux parlementaires".

L'ex-chargé de mission de l'Elysée devrait être entendu le 19 septembre prochain sur les événements qui se sont produits place de la Contrescarpe à Paris, le 1er mai dernier, quand il avait violenté deux manifestants d'extrême gauche qui avaient jeté des cendriers sur les forces de l'ordre. 
Les enquêteurs de la commission sénatoriale veulent déterminer quel était exactement le rôle et l'étendue des fonctions d'Alexandre Benalla à l'Elysée.

mercredi 12 septembre 2018

Convocation de Benalla au Sénat: le parti-pris de Nicole Belloubet fait scandale

La ministre met en question sa capacité de jugement libre, juste et équilibré 

L'offensive du pouvoir exécutif pose un problème de respect des institutions

La garde des Sceaux provoque en effet un fort malaise chez les sénateurs et les magistrats. La ministre de la Justice est critiquée pour avoir justifié le fait que l'ex-conseiller d'Emmanuel Macron ait refusé de répondre aux questions de la commission d'enquête sénatoriale, des représentants du peuple, à la différence des magistrats. 

Nicole Belloubet est-elle garante du respect des lois ou non ?
Mardi 11 septembre sur LCP, la Garde des Sceaux a justifié le fait que le collaborateur violent de Macron n'ait "pas encore répondu" à cette commission car "il ne peut pas y avoir d'interférences entre la commission d'enquête et l'information judiciaire". Ces propos de la ministre de la Justice,  ont décoiffé plus d'un parlementaire ou magistrat, sans toucher une mèche du brushing de madame.

Alors que l'ex-collaborateur du président en charge de sa garde rapprochée venait de refuser de se rendre à la convocation des sénateurs, la garde des Sceaux a pris fait et cause contre le droit du Parlement à s'informer sur ce qui constitue chaque jour davantage un authentique scandale d'Etat. Alors qu'elle n'avait opposé aucun avis discordant lorsque l'Assemblée à majorité LREM avait initié la procédure, l'ex-socialiste se mobilise tout à trac contre le Sénat majoritairement d'opposition.

Mis en examen pour avoir violenté des manifestants à plusieurs reprises dans la journée du 1er mai, Alexandre Benalla, s'est finalement résolu mardi soir à se présenter devant la commission, contre l'avis de cette ministre hors normes de la Justice, a priori le 19 septembre. 
Mercredi matin, sur France inter, Nicole Belloubet avait pourtant argué qu'"il ne doit pas y avoir d'interférence entre une enquête parlementaire et une information judiciaire, car la personne en cause n'a pas les mêmes droits." C'est particulièrement vrai quand c'est l'opposition qui cherche à connaître toute la vérité... 

Sénateurs et syndicats de magistrats en sont tombés de leur sièges 

L'intervention de Nicole Belloubet constitue elle-même une "interférence". L'usage démocratique veut qu'un(e) ministre de la Justice ne commente pas une affaire judiciaire en cours, au nom de la séparation des pouvoirs et de l'indépendance des juges. 
La sortie de Nicole Belloubet sur Alexandre Benalla a donc scandalisé. "J'ignorais que [Mme Belloubet] était le conseil juridique de monsieur Benalla", a ironisé le président LR de la commission d'enquête, Philippe Bas.

Sur Twitter, la sénatrice EELV et membre de la commission d'enquête, Esther Benbassa invite la ministre à "ne pas elle-même contrevenir au principe de séparation des pouvoirs".

Un avis partagé par le Syndicat de la magistrature (très politisé à gauche). "C'est un propos légitime venant de la part des avocats de monsieur Benalla, un peu moins venant d'une ministre de la Justice", estime Laurence Buisson, secrétaire générale du Syndicat. "En donnant l'impression de vouloir protéger l'institution judiciaire, Nicole Belloubet intervient sur une procédure en cours. C'est une contradiction problématique", souligne-t-elle.

La loi permet l'audition d'une personne mise en examen par une commission d'enquête.
Dans un communiqué, le président et les deux co-rapporteurs de la commission d’enquête sénatoriale ont rappelé que par le passé, le Parlement a déjà eu "à auditionner des personnes faisant l’objet de poursuites judiciaires". Ils ont pris l’exemple de Jérôme Cahuzac, ancien ministre socialiste du Budget, entendu deux fois en juin et juillet 2013 par une commission d’enquête de l’Assemblée nationale, alors qu'il était mis en examen pour fraude fiscale. Le ministre fut condamné.
Ils rappellent aussi les auditions, en 1999, du préfet Bernard Bonnet et du colonel Henri Mazères alors qu'ils étaient mis en examen pour "complicité de destruction de biens par incendie en bande organisée", par la commission d’enquête du Sénat sur la conduite de la politique de sécurité menée par l'Etat en Corse. Jacques Chirac, sollicité en mars 2005, lui avait refusé sa grâce présidentielle.

Enfin, comme le rappelle Public Sénat, Maxence Creusat sera entendu mercredi par la commission d’enquête du Sénat dans l’affaire Benalla. Le commissaire de police à la direction de l’ordre public (DOP) a été mis en examen pour violation du secret professionnel et détournement d’images issues d’un système de vidéoprotection. Il sera assisté de son avocat et d'un représentant de syndicat de police.

"Les textes de loi permettent ces auditions par le pouvoir parlementaire de personnes poursuivies par le pouvoir judiciaire", rappelle Jacky Coulon, secrétaire national de l'Union syndicale des magistrats (USM) à la ministre, une ancienne rectrice d'académie, inappropriée ç ce poste ministériel. "Est-ce qu'il faut faire évoluer la loi ? C'est une question qui appartient au politique", observe-t-il.

Benalla n'a pas le droit de refuser une convocation devant une commission
Dans un premier temps, Alexandre Benalla a refusé de se rendre à la convocation des sénateurs, fort de ce que les députés LREM, majoritaires,   ne l'avaient pas convoqué... "Aujourd'hui, on me contraint, envers et contre tous les principes de la démocratie française, a-t-il d'abord raconté. (...) Parce qu'on m'explique qu'on va m'envoyer des gendarmes et des policiers," s'est-il aussi plaint. (...) Je vais venir, à la convocation. Parce qu'on me menace, déclare l'auteur des violences du 1er mai 2018, Place de la Contrescarpe. On me menace vraiment d'une manière directe", a-t-il insisté sur France Inter.

Tout ancien super-garde du corps d'Emmanuel Macron qu'il soit, Redoine Alexandre Benalla se serait exposé à des poursuites s'il avait persisté dans son refus. Il "n'a pas à décider lui-même s'il doit venir ou ne pas venir" à la convocation, a expliqué sur franceinfo Philippe Bas, rappelant qu'un refus de se présenter est passible d'une peine de deux ans de prison et 7.500 euros d'amende. Un mois de salaire, pour ce qui le concerne, bien que l'Elysée ne fasse état que de 6.000.

Les sénateurs sont suffisamment posés (et vieux, disent leurs détracteurs) pour que les droits de la défense ne risquent pas d'être menacés par cette audition 
"La personne en cause n'a pas les mêmes droits" devant une commission d'enquête parlementaire et devant l'institution judiciaire, a fait valoir Nicole Belloubet. Les règles ne sont en effet pas les mêmes. 
Devant le juge, Alexandre Benalla peut être assisté de son avocat et "tenir des propos faux, s'il le souhaite car les droits de la défense garantissent le principe de ne pas s'auto-incriminer", rappelle Laurence Buisson, du Syndicat de la magistrature. 
Devant la commission, Alexandre Benalla sera sans son conseil et devra prêter serment et jurer de dire la vérité, sous peine d'encourir 75.000 euros d'amende et cinq ans de prison pour faux témoignage.
Et "il ne veut pas aller devant une commission faire des déclarations qui lui seraient reprochées par les magistrats instructeurs", a fait observé l'avocat d'Alexandre Benalla, Laurent-Franck Liénard, sur LCI, mardi. "Il est vrai que ses propos devant la commission, comme ceux tenus dans les media, seront sûrement versés au dossier d'instruction", reconnaît Laurence Buisson.
Mais il peut tout à fait, devant les sénateurs, ne pas répondre aux questions sur les faits visés par la procédure judiciaire.

Comme le précise la loi, les sénateurs n'ont d'ailleurs pas le droit de le questionner sur le dossier judiciaire, à savoir les "violences en réunion" présumées commises sur un manifestant à l'occasion des défilés du 1er-Mai. 

Pendant ses auditions en 2013, l'ancien ministre Jérôme Cahuzac s'était retranché pendant plusieurs heures derrière le secret de l’instruction. "Une audition n'est pas une comparution", a tenu à préciser Philippe Bas, mercredi, matin avant l'audition du chef de cabinet du président, François-Xavier Lauch. 

"La commission d'enquête et l'enquête judiciaire ne peuvent pas porter sur les mêmes faits, confirme encore Anne Levade, constitutionnaliste, professeur de droit public à l’Université Paris-Est-Créteil. Le rôle d'une commission d'enquête, c'est d'éclairer les parlementaires et les électeurs sur une situation potentiellement problématique, ce que Belloubet tente de discréditer. Elle est en quelque sorte complémentaire." En l'occurrence, les sénateurs cherchent à faire la lumière sur "le rôle des collaborateurs lors des manifestations et leur rattachement ponctuel aux forces de sécurité".

Affaire Benalla : attaque frontale de l'exécutif contre le législatif, avec pressions sur la presse

Le porte-parole du gouvernement accuse le président de la commission d'enquête sénatoriale

Benjamin Griveaux a lancé une offensive ad hominem visant le président de la commission d'enquête sénatoriale  

Alors que les auditions devaient commencer dans les minutes qui suivaient, Benjamin Griveaux, hautain et sarcastique sur France Info ce matin, a jugé que Philippe Bas aurait "plus à gagner" en parlant plutôt des questions "d'éducation ou de santé".

Nonobstant les grincements de Griveaux, Redoine Alexandre Benalla sera bien entendu par la commission d'enquête du Sénat. Après avoir rejeté d'un revers de main sa convocation dans un premier temps, l'ex-proche collaborateur de Macron a fini par accepter, tout en fustigeant les sénateurs, notamment Philippe Bas qui avait évoqué le droit du Sénat d''envoyer un huissier pour venir le chercher, à l'instar du président Macron qui, devant ses partisans à la Maison de l'Amérique latine, avait lui-même lancé le défi le concernant de "venir le chercher"... 

Sur la chaîne publique, mercredi 12 septembre, Benjamin Griveaux, le porte-parole de l'exécutif a défié le pouvoir législatif, ajoutant avec arrogance " mais je crois qu'il ne gagnera pas".

Le gouvernement conteste le choix du président de commission remis en question 

Le porte-parole a affirmé que le gouvernement regrette "qu'au Sénat [où le parti du président n'a pas la majorité], la commission d'enquête parlementaire ne soit pas présidée par quelqu'un qui puisse venir de La République en marche"! Comme à l'Assemblée ... 

Benjamin Griveaux a cité l'exemple de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale où il y "avait une personnalité de La République en marche et une personnalité des Républicains. Cela se faisait de manière bipartisanne et neutre." Le député Les Républicains, Guillaume Larrivé, en a été le corapporteur avec Yaël Braun-Pivet (LREM) mais il a préféré démissionner plutôt que de cautionner les méthodes de sa collègue, laquelle a été barrée par Macron dans sa course au perchoir. "Au Sénat, ce n'est pas le cas. Ce n'est que l'opposition. On aurait pu imaginer que François Patriat, par exemple, aurait pu y siéger. Ça n'a pas été le choix du Sénat, je le regrette." 
Le totalitaire LREM regrette-t-il pareillement que la tradition de l'attribution du poste de président de la Commission des finances n'ait pas été dans un premier temps respectée au profit du principal parti d'opposition ?

L'audition d'Alexandre Benalla, "c'est un exercice de dentelle que va devoir faire cette commission," pour ne pas court-circuiter le pouvoir judiciaire, selon le représentant du gouvernement. "S'il n'empiète pas sur l'enquête et sur la procédure judiciaire en cours, il n'y a rien de problématique, mais au cours des auditions précédentes, on a quand même flirté régulièrement avec cette journée du 1er-Mai, qui amène à cette affaire Benalla", a jugé le porte-parole du gouvernement. 
Fournit-il ainsi la raison pour laquelle Yaël Braun-Pivet a été contrainte par l'Elysée de retirer sa candidature, au profit d'un homme, Richard Ferrand, qui railla ses détracteurs en s'excusant de "ne pas être une dame"?

Arguant de la "séparation des pouvoirs", qu'en prenant part au débat dans les media il ne respecte pas, le représentant du gouvernement a justifié la décision de l'Elysée de ne pas transmettre la fiche de paie de Benalla, "de la même manière que l'exécutif ne s'immisce pas dans les budgets du Sénat ou de l'Assemblée," a-t-il affirmé, dans un conteste de majorité pléthorique et hégémonique.

Le gouvernement demande que cessent les rappels aux violences commises par le collaborateur du président.
Son porte-parole a incité la presse à "bientôt" tourner cette page. "Ma conviction c'est que presque tout a été dit sur cette affaire, les Français m'en ont peu parlé cet été", conclut Benjamin Griveaux. 
Les media sont aussi sous la menace de sanctions : les foudres de Jupiter pourraient frapper...

lundi 17 juillet 2017

Macron entame le lien entre collectivités locales et les citoyens

Le souverain républicain impose aux autres une surcharge d'économies    

Les collectivités territoriales devront serrer la ceinture plus que prévu

Le chef de l'Etat réclame 13 milliards d’euros sur cinq ans, soit 3 milliards d’euros de plus que l’objectif fixé pendant la campagne.
Un objectif plus lourd que les propositions de campagne et que Macron fait désormais supporter aux collectivités au cours du quinquennat, annonce une source proche du gouvernement. Un chiffre confirmé par le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin lors de la conférence des territoires, lundi 17 juillet, devant le Sénat.

Pendant sa campagne, Macron demandait un effort de 10 milliards d’euros aux collectivités locales, sur les 60 milliards de baisse de dépenses publiques ambitionnés au niveau national.

Lors d’une conférence de presse, le premier ministre Edouard Philippe a ensuite prôné " une réflexion d’ensemble sur la fiscalité locale".
"Nous devons donner plus de prévisibilité et plus de lisibilité (…) sur l’évolution des ressources des collectivités territoriales, a raconté Philou. Et nous devons engager une réflexion d’ensemble sur la fiscalité locale, sur la taxe d’habitation bien sûr - elle est annoncée -, mais plus généralement sur l’ensemble du système de financement des collectivités territoriales."
"Vous connaissez parfaitement la situation des finances publiques. Vous savez l’évolution des effectifs dans les trois fonctions publiques. Rien de tout cela n’est soutenable", a ajouté le premier ministre, qui l’a déclaré haut et fort :
"Nous devons diminuer notre montant de dépense publique. Les collectivités territoriales doivent prendre leur [juste ?] part à cet effort et cet effort sera globalement important." 
Les Français vont découvrir que la canicule qu'ils subissent sur les plages n'est rien 

Résultat de recherche d'images pour "taxe habitation"en comparaison de la charge fiscale qui va s'abattre sur eux à la rentrée.

"Je n’ai aucun doute sur le fait que ce sera dur et aucun doute sur le fait que ce sera long", a assenné Edouard Philippe. Le Philou a d'ailleurs tenté de faire avaler la pilule amère en évoquant son souci de faire de "la lutte contre les fractures territoriales une priorité nationale". 
Un gag de la même veine que la "jeunesse, priorité" de Hollande. Les bacheliers constatent aujourd'hui que la gestion de l'Enseignement supérieur par Najat Vallaud-Belkacem ne leur permet pas de trouver d'admission correspondant à leurs voeux. 
cf. PaSiDupesLes bacheliers sans affectation de Hollande et Vallaud-Belkacem

Tandis que Mélenchon prend des vacances, LR est au travail

Philippe Bas (LR) a réclamé le passage en urgence de "Jupiter à la démocratie" concernant les relations entre les collectivités locales et l’Etat. "La démocratie, c’est faire en sorte que l’Etat ne fasse pas ses fins de mois au détriment des collectivités", a déclaré le président de la commission des lois du Sénat, après avoir déploré que "ces [cinq] dernières années, les collectivités territoriales [aient] servi de variable d’ajustement au budget de l’Etat".

"Les compensations de l’Etat, on n’y croit plus", a grondé le sénateur de la Manche, à propos de la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des foyers à laquelle est opposé cet ex-secrétaire général de l’Élysée sous Jacques Chirac et ministre dans le gouvernement Villepin de 2005 à 2007.
"La Constitution exige que à peu près 60 % des recettes d’une commune viennent de l’impôt local. Si on descend en dessous, alors il n’y a plus d’autonomie financière, et s’il n’y a plus d’autonomie financière, la Constitution est violée."
En ouverture de la conférence des territoires, le porte-voix des collectivités locales, le président du Sénat, Gérard Larcher (LR), avait demandé que "l'Etat s’engage véritablement à respecter les élus, leur rôle et l’action des collectivités".
"Les élus locaux ne sont pas des pions qu’on bouge au gré des humeurs du jour : ce sont les pièces maîtresses du développement territorial de notre pays et les vigies de notre République."
Les élus territoriaux aussi "veulent de la stabilité et de la prévisibilité dans leurs ressources comme dans leur cadre d’action".
Or, "nous ne pourrons atteindre cet objectif qu’en menant une action résolue contre l’inflation normative qui pèse sur nos collectivités et empêche d’agir", a déclaré G. Larcher, peu avant la prise de parole d’Edouard Philippe.

Emmanuel Macron avait également annoncé la suppression d’environ 70.000 postes dans la fonction publique territoriale pendant la campagne présidentielle. De quoi faire de substantielles économies sur la proximité du service public avec la population.. Ce lundi après-midi 17 juilletnotre chef doit prononcer un discours de clôture lors de la conférence des territoires.

En attendant, profitez bien des bains de mer. 
Mais vous pouvez aussi en profiter pour vous noyer tout de suite.