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mardi 7 janvier 2020

Les empreintes carbone et budgétaire de Macron et ses collaborateurs

Falcon, Super Puma, A330… le coût horaire salé des avions du gouvernement

Les Français de Marseille se rendent à Malte en passant par Bruxelles, mais ce n'est pas leur choix ! Ils sont pourtant pointés du doigt par les écolos, des "vigilants" aux yeux fermés sur les ententes entre compagnies européennes.


Mieux, ce mardi 7 janvier, le ministère des Armées a dévoilé le coût horaire moyen d’utilisation des dix appareils composant la flotte gouvernementale, pour soigner leurs images et faire les beaux.

Un peu plus d’un mois après avoir levé le voile sur le coût horaire XXL de l’A330 présidentiel - le fleuron de la flotte gouvernementale, appelée Escadron de transports 60 (ET 60, ci-dessous) - Florence Parly vient de rendre publique de nouveaux éléments concernant les autres avions à disposition de l’exécutif - notamment Jean-Yves Le Drian - à la suite d’une question écrite de la députée LREM de l'Aisne, Aude Bono-Vandorme, enseignante-chercheuse en analyse et mécanique des fluides.
Résultat de recherche d'images pour "Escadron de transports 60"
Un état des lieux, réalisé sur l’exercice 2018, qui permet de rappeler qu’outre l’Airbus A330, l’exécutif dispose d'une flotte de neuf aéronefs pour effectuer des déplacements officiels. Dans le détail, on compte trois hélicoptères Super Puma acquis en 1987, ainsi que deux avions d’affaires de type Falcon 900, dont l’achat remonte également à la fin des années 80. Plus récemment, entre 2009 et 2012, le gouvernement s’est aussi doté de deux Falcon 7X et deux Falcon 2.000, des "jets" conçus par l’avionneur Dassault.

Sans grande surprise, le coût horaire d’utilisation le plus élevé est celui de l’Airbus A330 qu'emprunte Macron lors de ses déplacements à l’étranger les plus lointains,  comme lors de son Noël 2019 sur le continent africain, en Côte d’Ivoire, nettement supérieur à celui des avions d’affaires. 
En 2018, le montant moyen d’utilisation du mastodonte de l'ET 60 culminait à 22.482 euros par heure de vol. Et par un vol régulier, c'est plus de 6 heures de trajet. Pour une escapade d'une douzaine d'heures de vol, et faire la photo, Macron nous coûte près de 270.000 euros.

Derrière le fleuron d’Airbus, le Falcon 7X est l’autre appareil de l’ET 60 dont le coût d’utilisation est le plus élevé : 4.790 euros par heure, selon le ministère des Armées. 
Le Falcon 2.000 arrive en troisième position, avec un montant horaire de 4.080 euros/heure
Enfin, le Falcon 900 (3.991 euros/heure) et l’hélicoptère Super Puma (3.598 euros/heure) sont les deux aéronefs les plus “économiques” de la flotte gouvernementale.

La facture carbone reste à calculer

Un coût horaire moyen stable depuis cinq ans, fait valoir le rapport... Depuis les derniers chiffres qu'avait communiqués le gouvernement de François Hollande, en 2015, en réponse à l’ex-député PS, René Dosière, le gouvernement tient à souligner que les dépenses horaires moyennes pour l’utilisation de la flotte gouvernementale évoluent peu. Le prix du kerosene n'est pas taxé à hauteur des carburants consommés par les travailleurs. 
Or, le coût de l’A330 présidentiel enregistre une hausse significative.
Soit environ +8% - passant de 20.776 euros/heure pour l’année 2013 à 22.482 euros/heure, cinq ans plus tard. En revanche, le montant horaire moyen des hélicoptères Super Puma a nettement diminué, passant de 6.411euros/heure en 2013 à 3.598 euros/heure, en 2018.

Il faut savoir que les calculs du personnel de la députée Aude Bono-Vandorme avaient récemment permis de souligner une augmentation (2,5%, c'est plus que le Livret A) de la facture consacrée aux déplacements aériens de l’exécutif, passée de 11,9 millions d’euros en 2015 à 12,2 millions d’euros en 2018. Un rebond expliqué par le grand nombre de déplacements de longue distance ayant nécessité l’affrètement de l’A330 présidentiel. La députée LREM ne porte aucun jugement sur le caractère de nécessité de ces déplacements...

Macron a parcouru 201.000 kilomètres entre mai 2017 et juin 2018
En heures de vol, ça donne quoi ?
Résultat de recherche d'images pour "Brigitte Macron en Chine"Cette année-là, l'ex-banquier avait traversé l’Atlantique pour rendre visite au président américain Donald Trump. Il s’était également rendu en Chine, en Inde, et en Nouvelle-Calédonie. Il fallait aérer Mamie ?
BFMTV avait d’ailleurs comptabilisé pas moins d’une cinquantaine de voyages à l’étranger, entre son élection et le mois de juin 2018avec 31 pays visités et 201.000 kilomètres parcourus.
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Certains trajets aériens du président et son épouse font polémique. 
En octobre 2019, Brigitte et Emmanuel Macron s’étaient ainsi "offerts" un détour touristique autour du piton de la Fournaise, à bord de l’A330, pour couronner le déplacement du président à la Réunion et à Mayotte. Dissimulée par la presse continentale, l'escapade fut révélée par la presse locale.  Checknews (Libération) confirma finalement ce "crochet touristique" qui alourdit inutilement alourdi la facture de l'Elysée.

jeudi 14 novembre 2019

Les députés votent une hausse controversée du budget de l'Elysée

Le budget de l'Elysée ne cesse d'augmenter 

105 millions d'euros, c'est la dotation dédiée à la présidence de la République pour 2020 


Soit une hausse de plus de deux millions d'euros par rapport à 2019.
L'augmentation est de 2,2% par rapport à 2019. Mais, dans la nuit du mardi 12 novembre, l'Assemblée nationale à majorité présidentielle a voté cette hausse, soit une augmentation de 2,136 millions d'euros par rapport à 2019. La dotation allouée à la présidence de la République atteindra ainsi 105,316 millions d'euros l'an prochain.

Cette hausse s'expliquerait, selon la presse aux ordres, notamment par un périmètre budgétaire élargi, avec l'intégration des dépenses des gendarmes et policiers affectés à la sécurité de la présidence. Jusqu'à présent, celles-ci étaient rattachées au budget du ministère de l'Intérieur, a indiqué la majorité. "Un certain nombre de dépenses sont liées à des investissements en termes de télécommunication, de sécurité et de numérique", a raconté le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Marc Fesneau, MoDem, un mouvement bien connu pour son respect de l'argent public, comme on le voit dans les poursuites dont le parti de Bayrou est l'objet, pour des emplois fictifs d'assistants d'eurodéputés affectés au parti, présumés certes, mais à l'origine de trois démissions de ministres, Bayrou, Sarnez et Goulard.

A périmètre constant, la hausse du budget est de 628.000 euros, ce qui change tout, d'après la rapporteure Patricia Lemoine (UDI-Agir). Parmi les crédits qui augmentent, ceux des déplacements présidentiels prévus en 2020 (+4%), avec les sommets du G7 aux Etats-Unis en juin, du G20 en Arabie saoudite en novembre et un déplacement en Polynésie française. 
L'immobilisation de l'avion présidentiel pendant trois mois pour maintenance pourrait également générer des coûts supplémentaires.

Pour l'opposition, une hausse dans "l'opacité"

L'opposition de droite comme de gauche a dénoncé l'augmentation du budget. Maxime Minot (député LR de l'Oise, 32 ans) a dénoncé une "opacité" et "insincérité" autour de cette augmentation du budget, tandis que Christine Pires Beaune (PS) a fustigé la "grande vie du premier des Français"
Le ministre Marc Fesneau a regretté des "caricatures", "sans discernement", qui ne rendent "pas service à la démocratie".

Dans un communiqué, le spécialiste PS du train de vie de l'Etat, l'ancien député René Dosière (PS) s'en est pris au rapport de la commission des finances réalisé par Patricia Lemoine (UDI), y voyant "un copié-collé de la présentation officielle du budget", une "régression, pour ne pas dire plus, du contrôle parlementaire sur le budget de l'Elysée".

VOIR et ENTENDRE
la version de Capital, propriété de Prisma Media, comme Gala ou Voici :

samedi 20 juillet 2019

Repas polémiques des Rugy : solidaire, Richard Ferrand blanchit son prédécesseur, ancien président

Les dîners de homard et de grands crus étaient bien des repas de travail ordinaires au domicile officiel du président, concluent les enquêteurs de  Ferrand

L'enquête menée par des juges et partie conclut que les Rugy et leurs invités n'ont pas commis de faute : ils se sont pas gobergés plus que d'habitude à nos frais

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Sur la base des règles en vigueur, il n'y a rien à reprocher à François de Rugy quand il était président de l'Assemblée nationale, conclut ...l'Assemblée. Richard Ferrand est solidaire de son successeur : ses "dîners mondains" sont des "dîners de travail informels" ! Sans doute le nouveau locataire du Palais Bourbon apprécie-t-il de pouvoir profiter des travaux engagés à grands frais avant lui, pour 63.000 euros, et notamment le dressing géant flambant neuf à 17.000 euros.
Les enquêteurs de l'Assemblée nationale n'ont donc plus aucun doute sur les dîners polémiques de François de Rugy et leurs résultats seront connus mardi 23 juillet. Selon une source proche de l'enquête, ils assurent qu'il s'agirait bien de dîners professionnels à l'hôtel de Lassay, résidence de fonction du président de l'Assemblée. Le homard et les grands crus à 500 euros la bouteille sont des produits de qualité qui gardent la tête claire aux journalistes, avocats et chefs d'entreprises en vue d'une séance de travail intense, au domicile. Ces travailleurs forcenés du soir ne verront pas leurs noms livrés en pâture aux "gens qui ne sont rien", promesse de "transparence" du candidat Macron, rappel des heures sombres de l'Ancien régime...

Le rapport ne devrait pas révéler les identités de l'intégralité des invités. 
La transparence conservera donc des zones d'ombre, bien que personne n'ait rien à cacher.
On notera toutefois que l'épouse Rugy a commencé par déclarer qu'il s'agissait de "dîners entre amis". Mediapart avait alors révélé que l'ancien président de l'Assemblée nationale avait organisé des dîners sur les fonds publics attribués à l'hôtel de Lassay, affirmant que ces soirées relevaient de "soirées entre amis" et l'épouse de Rugy avait confirmé. 
Résultat de recherche d'images pour "SEVERINE SERVAT"
Fin août, le roman d'Emilie Frèche, compagne 
de l'ex-mari de Séverine Servat, épouse de Rugy, 
Jérôme Guedj, paraîtra dans les librairies
Les images des dîners organisés à l'hôtel de Lassay, lorsqu'il présidait l'Assemblée nationale, auraient été transmises par une femme présente et qui pourtant avait manifestement des comptes à régler avec Séverine Servat, épouse Rugy. Séverine de Rugy l'avait glissé au Point, le 11 juillet, puis l'avait répété auprès de ses bienveillants confrères de Paris Match, le jeudi suivant. "Piégée par une amie qui a donné, selon elle, les photos à Mediapart [...], elle plaide "l'imprudence"", écrit ainsi l'hebdomadaire.

L'épouse, journaliste people à Gala, aurait joué un rôle important dans l'organisation de ces dîners "entre amis" que l'enquête interne à l'Assemblée veut faire passer pour "professionnels", notamment concernant "le choix des invités", écrit Mediapart. Ces derniers auraient, pour la plupart, été des membres du cercle amical et professionnel de la journaliste, selon le media en ligne d'investigation.

Nul n'a oublié en outre que le journaliste Jean-Michel Aphatie, salarié de la chaîne Macron-friendly de propagande en continu a déclaré 
"Moi, j'ai été associé à ce dîner car ma femme et celle de François Rugy étaient amies, et donc l'invitation est passée par ce canal amical". Des amitiés professionnelles, par conséquent...
Mais sur le volet "dîner à l'hôtel de Lassay", on s'aperçoit que ce sont bien "des dîners professionnels", assure une source proche de l'enquête.

François de Rugy est irréprochable sur ses dépenses de bouche ?


Sèche-cheveux livré avec la valise du député lambda ?

Pour les laisser aussi propres
comme ils les ont trouvés.
 
Quant au sèche-cheveux à 499 euros, "il n'existe pas", selon cette source proche de Richard Ferrand. 

Toutefois, l'acquisition d'un modèle de la même marque haut de gamme a bien été "constatée". Il a été abandonné dans l'appartement de fonction : c'est donc madame Ferrand qui en a hérité, pour un usage personnel avant d'aller à la poissonnerie. Mais contrairement à ce qui a été évoqué dans plusieurs articles de presse, il n'est pas plaqué or. Selon le magazine Marianne, les enquêteurs auraient même quelques articles plaqués or à suggérer pour aller avec le sèche-cheveux... 

Des petits riens à se reprocher, mais qui nécessitent un garde-fou à venir !


Le successeur que Macron s'est choisi à Rugy, Richard Ferrand, devrait toutefois proposer de réfléchir à de nouvelles règles, en collaboration avec la déontologue de l'Assemblée. Etrange, si tout va pour le mieux dans le meilleur des "mondes nouveaux" de Macron : c'est comme Rugy qui promet de tout rembourser au centime près, alors qu'au final, il n'a commis aucune faute... L'objectif est de rendre plus transparent l'emploi du budget accordé au quatrième personnage de l'Etat et d'éviter que ne resurgissent de nouvelles tentations de faire un mauvais usage de l'argent public.

Indispensable au Palais des représentants du peuple, pour dégager les petits bouts de homard coincés entre les canines, le cure-dent en or 18 carats, Ader Nordmann & Dominique, 120 € 
Après avoir voulu s'exprimer dans le JDD de dimanche 21 juillet, voilà que le couple change finalement d'avis et s'impose une diète médiatique

Des "dîners mondains" entre amis à l'hôtel de Lassay, des mets fins dégustés entre gens de bonne compagnie, arrosés de grands crus sous les ors de la République et aux frais du contribuable dans un cadre qui pose question. Et, cerise sur le gâteau, un zeste de légèreté fiscale dans l'usage des indemnités représentatives de frais de mandat... Empêtrés dans le scandale du HomardGate, comme on le surnomme avec gourmandise dans les milieux sains de la République, depuis les révélations en cascade de Mediapart, les époux de Rugy brûlent de contre-attaquer et l'ancien patron de l'Assemblée de "laver son honneur", mais il semble bien que le président Macron les aient sommés de se faire petits.

La grenouille qui voulait se faire plus grosse que le boeuf est réduite à l'état de vermisseau.
 
L'ex-président de l'Assemblée (pendant 12 mois), devenu ministre d'Etat de Macron (pendant 10)  - démissionnaire le 16 juillet 2019 - est redevenu simple député légitimiste, un comble dans une famille orléaniste ! KO debout dans l'attente du rapport de l'inspection demandée par Matignon. Or, en matière de communication de crise, "il faut savoir préparer le match retour", assurent les spécialistes.

Pas besoin d'un communicant : les parasites auront besoin d'un avocat
Dès les premiers jours de la crise, le communicant Stéphane Fouks aurait d'abord discrètement offert ses services au couple Rugy. Une offre  logique entre copains : Léo Finkel, un ancien d'Havas, dont Fouks est vice-président, est au cabinet du ministre comme conseiller presse et communication. Mais, contacté par L'Express, l'intéressé riposte en démentant sèchement toute intervention sérieuse dans cette affaire, tout comme l'entourage de l'ancien ministre : "Il n'y a eu ni verbatim, ni plan de com', ni éléments de langage. Quand on fait face à la calomnie, on n'a pas besoin d'un communicant mais d'un avocat".
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Une nécessité corroborée par de premières maladresses, comme ces aversions supposées au champagne et cette intolérance unique aux crustacés invoquées par le ministre pour se défendre. "Une connerie. Mais c'est l'erreur d'un homme d'honneur déstabilisé par l'opprobre qu'on lui jetait au visage", minimise aujourd'hui l'entourage du couple Rugy.

L'irruption dans le dossier du pénaliste Pierre-Olivier Sur
, dès le 12 juillet, est le signe d'un changement radical de stratégie des époux dans la tourmente. L'intervention de l'ancien bâtonnier du barreau de Paris (défenseur d'Isabelle Balkany, comme du consortium dans l'affaire Tapie) a d'abord pris la forme d'une plainte en diffamation à l'égard du journal en ligne Mediapart dirigé par Edwy Plenel. Une plainte enregistrée deux petites heures seulement avant la démission de François de Rugy,  marquant symboliquement le temps de la contre-attaque juridique, si ce n'est médiatique.


Leur avocat : "La contre-attaque sera terrible"


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Dans un second temps, la communication du couple a été verrouillée : finis les JT qui sollicitaient la parole en plateau de l'ex-ministre d'Etat, fini aussi l'entretien avec le JDD qui espérait porter à sa Une dans son édition du 21 juillet deux pleines pages consacrées à la version de Séverine Servat de Rugy, indécente instigatrice des dîners de la disgrâce. L'intéressée aurait renoncé au dernier moment, prétextant des motifs juridiques. En fait, l'aveu de recommandations de son avocat de se taire.

Contacté par L'Express vendredi 19 juillet, Pierre-Olivier Sur confirme le besoin de discrétion du couple, du moins à ce stade. "
On va attendre le rapport de la déontologue de l'Assemblée - qui devrait être rendu public dans les premiers jours de la semaine prochaine. 
En attendant, on peut relever l'absence d'ouverture d'une enquête préliminaire et manifestement celle de tout motif de poursuites pénales", développe le pénaliste, indiquant que, dans l'entourage du couple, on s'attend plutôt à être conforté par ce document.

De Rugy-Borne, remplacement en grande vitesse de TGV
"Le temps médiatique et judiciaire s'est considérablement accéléré ces dernières années", commente encore l'avocat qui prévient que la riposte interviendra "sans doute dès la semaine prochaine, et autant vous prévenir que la contre-attaque sera terrible".  L'ancien ministre, dépeint comme "un type psychologiquement fragile" par un membre du gouvernement cité ce vendredi par le Parisien, n'a manifestement pas raccroché les gants. Et, dans son entourage, certains n'hésitent pas à envisager une réhabilitation. Ils ont confiance en la justice de classe pour le déclarer "déséquilibré" ?

Les investigations sont à présent terminées et le rapport est en cours de vérification, avant rédaction. Il sera remis à la présidence de l'Assemblée nationale et mis en ligne sur le site internet du Palais Bourbon, mardi.

jeudi 16 mai 2019

Elections européennes: Bellamy et les Républicains sont mieux entendus des électeurs que des media

Ils tentent de faire entendre leur "troisième voie" dans la presse

François-Xavier Bellamy et Les Républicains dénoncent le duel manichéen Macron-Le Pen pour l'élection européenne.

François-Xavier Bellamy, tête de liste des Républicains aux européennes, le 15 mai au Palais des congrès, à Paris.
François-Xavier Bellamy, tête de liste des Républicains aux européennes,
le 15 mai au Palais des congrès, à Paris
En meeting à Paris ce mercredi soir, Porte Maillot, Les Républicains ont visiblement retrouvé leurs couleurs au fil de la campagne pour l'élection européenne du 26 mai dans laquelle la presse institutionnelle fait le jeu du pouvoir en faisant la part belle à la flamme léchant la potiche contre les forces profondes du pays réél. Un affrontement caractéristique d'une presse aux ordres se livrant à du décryptage primaire à la commande et à la lumière d'une idéologie binaire. Les électeurs seront-ils encore les suiveurs de journalistes et de sondeurs sans autre perspective que la vision de leurs trous de balle ?
 
Ce duel entre La République en marche (LRM) et le Rassemblement national (RN) est savamment mis en scène par l'Elysée, les hommes d'affaires actionnaires principaux des organes de presse nationaux et les entreprises internationales de sondages dont les propriétaires se dissimulent derrière des combinaisons financières. 

Mais la prise de risque de Macron qui pourrait conduire le RN en tête au premier tour ne peut être corrigée au suivant : depuis ces européennes 2019, il n'y a pas de second tour !... Le 26 mai, le scrutin est à un seul tour.
Or, l'enquête de l'institut Harris-Epoka pour TF1, LCI, RTL et le Figaro du 15 mai donne les résultats suivants, sachant que pour un "intervalle de confiance" fixé à 95%, la "marge d'erreur" est de 3%: LREM-MoDem est donné à 22%, derrière la liste Rassemblement national (23%). Viennent ensuite les listes suivantes dans les intentions de vote : Les Républicains à 13% ; la France insoumise à 9,5%, EELV à 7%, Place publique-Parti socialiste à 5%, Debout la France à 3%, le Parti communiste à 2,5%, les Patriotes à 2,5%, Génération.s à 2,5%,  Lutte Ouvrière à 1,5%, l'UPR à 1%, Alliance jaune à 1%, Urgence écologie à 0,5%.
"Ils pensaient que la droite était morte et pourtant vous êtes là", lance Geoffroy Didier, directeur de la campagne. Dans la salle comble du Palais des congrès les presque 4.000 places sont occupées pour entendre François-Xavier Bellamy, tête de liste du parti de Laurent Wauquiez. Et de nombreux jeunes militants et sympathisants sont venus donner de la voix et cofirmer l'intérêt suscité par la jeunesse des premiers de cordée, que ce soit Jordan Bardella (23 ans, RN)  ou François-Xavier Bellamy (33 ans, LR), soit l'âge de Nathalie Loiseau (55 ans), à eux deux.

Répétition du jeu diabolique du "tout sauf Le Pen"

Maintenu en troisième position par les sondeurs participant à la reprise par Macron de la stratégie de la peur consistant à favoriser le parti du diable pour ne laisser d'autre choix au peuple qu'un vote par défaut pour le moins pire des deux, seuls le Rassemblement national et la majorité présidentielle ont les faveurs des apprentis sorciers des entreprises commerciales de presse et des sondages à la solde du puissant du jour.

LR martèle ses fondamentaux : ils sont plus que jamais en correspondance avec les préoccupations des Français.


Le contrôle de l’immigration 
- de loin la première préoccupation des Européens
, selon un sondage YouGouv qui a interrogé plus de 40.000 personnes dans seize pays membres de l'Union européenne -

la maîtrise de la dépense publique
Le président des Républicains a défendu la nécessité de baisser la dépense publique pour réduire les impôtsEt de préciser: "Dans ma région, on a gardé les services mais on a limité la bureaucratie. On est une région qui a baissé la dépense publique et dans laquelle il n'y a eu aucune hausse de taxes et d'impôts. On est même une des rares régions à avoir baissé la fiscalité". 
La Cour des comptes a confirmé 130 millions d'euros d'économies réalisées sur des postes importants, dont 10% ont concerné des frais de fonctionnement. Les économies de la région correspondent à des rééquilibrages entre plusieurs missions, action économique (-17,2 millions d'euros), l'aménagement des territoires (-11 millions d'euros), ou encore la ligne "culture, sport et loisirs" (-4 millions). La Cour régionale a également pu saluer l'augmentation de 21% des investissements dans sa Région Auvergne Rhône-Alpes.
 

la
défense de la "civilisation" européenne
, que les lobbies et Macron se refusent de préserver dans leur "monde nouveau". 

Pourquoi le réchauffement climatique est-il donc devenu une obsession française à la différence des autres états de l'UE ? 

C'est que Macron préfère occulter
 la question du chômage, qui angoisse pourtant toujours autant les Français sans que Macron n'y puisse grand chose, se contentant, comme Moscovici et Sapin en leur temps, de promettre des jours meilleurs pour la fin de l'année. Ce sujet est cité en deuxième position des réponses les plus données dans les seize pays voisins (20 % des réponses), en moyenne, alors que gouvernement, presse et sondeurs l'évacuent de l'hexagone. La propagande présente comme acquise la baisse du chômage que Macron promet pour l’année prochaine, selon les données du "Programme de stabilité" du gouvernement : le taux de chômage devrait tomber à 8,6 % d’ici décembre. Il est même attendu à 8,3 % au quatrième trimestre 2020 - même si la croissance vient d’être revue à la baisse! -, contre 8,8 % début 2019, taux qui maintient en situation de précarité.
En moyenne au premier trimestre 2019, en France métropolitaine, le nombre de personnes inscrites à Pôle emploi, et tenues de rechercher un emploi (catégories A, B, C), s'établit à 5.603.400 et 5.914.600, y compris départements-régions d'outre-mer, hors Mayotte, où le taux de chômage a atteint 35% en 2018. Parmi les premiers (configuration la plus favorable), 3.391 900 personnes sont sans emploi (catégorie A) et 2.211.500 exercent une activité réduite (catégories B, C).
"Attention aux mirages !, prévient Wauquiez, interrogé sur les chiffres de Bercy. Il reste particulièrement prudent. "Quand on regarde la réalité de plus près, la France a l'un des pires taux de chômage d'Europe et la situation s'améliore plus lentement chez nous", observe le président des Républicains qui, sur TF1 ce dimanche, invitait le gouvernement à faire "ce qu'il n'a pas fait : aider les commerçants, les artisans, les professions libérales, notre secteur industriel si l'on veut que cela ne soit pas une amélioration à deux vitesses".
"Bellamy va nous apporter un nouvel élan", lance Catherine. 
Quelques rangées plus loin et affichant quelques années de moins, Jules et Manon, militants depuis 2013, y croient fermement. "Malgré deux années compliquées depuis 2017, LR se remet en état de marche", constate Jules, mais il regrette que la campagne LR "reste relativement inaudible" dans les media, à côté " du duel progressistes-nationalistes installé par LREM."

A la tribune, Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, ne ménage ni le RN, ni la majorité présidentielle. 

Quant au président du Sénat, le modéré Gérard Larcher, il tonne en brandissant les poings : "Attention à cette stratégie du pire ! Je refuse cette tentation manichéenne : il y a une autre voie, c’est la nôtre, celle des Républicains et des centristes ensemble !"

Laurent Wauquiez n'élude pas la nécessité de "lutte contre l’islamisme" et pour "l’interdiction de la marchandisation du corps humain et de la procréation"

La salle scande le nom de François-Xavier Bellamy
 
"Je ne m’y habitue toujours pas", glisse la tête de liste que les militants et sympathisants LR louent pour sa "fraicheur", sa "connaissance des dossiers" et sa "sincérité". "Il parle avec son cœur", s’enthousiasme Hugues, des "Jeunes avec Bellamy".

Le trentenaire évoque la troisième voie.
"Marine Le Pen veut battre Emmanuel Macron. Emmanuel Macron veut battre Marine Le Pen. Nous nous voulons répondre aux inquiétudes des Français.
Puis l’adjoint au maire de Versailles embraye sur la "mondialisation débridée" qu’il faut "rééquilibrer", puis sur l’écologie et sur l’immigration "que nous n’avons pas su intégrer".

"Je voudrais dire un mot à tous les jeunes, nombreux ce soir", lance alors François-Xavier Bellamy.
Avant de conclure en récitant du Bernanos. Le meeting s’achève avec une Marseillaise, les militants scandent toujours le nom de leur tête de liste. "C’est rafraîchissant ", conclut un sympathisant à la sortie. 
"On peut être deuxième si on fait revenir ceux qui sont partis chez Macron et si on convainc les partisans de la souveraineté nationale", explique un jeune militant. 

63 % des Français trouvent un intérêt au scrutin, avec la prescience qu’il sera déterminant pour l’avenir. 
Ils n’étaient que 56 % en 2014 lors d’un sondage analogue, ce qui dénote un potentiel de participation plus élevé. "Les Français sont convaincus qu’il y a un enjeu derrière tout cela, que ce qui se joue est important, malgré la méconnaissance notable du Parlement européen, des candidats en présence, et une certaine ambiguïté sur ce dont il est vraiment question dans ce vote", confirme Emmanuel Rivière, directeur général de la Division Public de Kantar en France.

Avec 
Laurent Wauquiez, le parti les Républicains se présente en alternative "utile" à LREM et au RN pour les élections européennes. 

"Le vote utile pour la France, c’est notre liste de droite et du centre,"
a-t-il déclaré. 

Il explique que
les candidats d'En Marche vont "siéger dans un groupe qui sera l’un des plus petits groupes européens" et en bisbille avec l'Allemagne d'Angela Merkel qui a révélé des "affrontements" avec Macron. Ils [LREM] n'auront "aucune influence au Parlement". 

Les Républicains pourront être en revanche un levier pour réformer l'Europe au sein du Parti Populaire Européen, fait-il valoir, le PPE comptant le plus de députés au Parlement européen.

vendredi 21 décembre 2018

Projet de loi des "gilets jaunes" adopté à l'Assemblée: satisfaction partielle dans la rue

Dans la panade, Macron tente de retrouver un peu de verticalité et de dignité  

Les députés ont voté les mesures du gouvernement prises en urgence pour répondre à la crise sociale animée par les "gilets jaunes" 

Dans la nuit de jeudi à vendredi, il a passé la parole au Sénat qui doit les examiner en vue de leur adoption définitive.
Après plus de treize heures de vifs débats, le projet de loi portant "mesures d'urgence économiques et sociales" a été approuvé par 153 voix.

Il a reçu le soutien de la majorité LREM-MoDem, de l'UDI-Agir et de l'extrême droite (RN) et ses apparentés, sauf cas d'abstention, qui se chiffrent à  9 contre et 58 abstentions. Les élus Agir! (tels PY Bournazel ou Laure de La Raudière, ancienne porte-parole de Bruno Le Maire) sont des dissidents de LR.

Les socialistes se sont abstenus, comme la quasi-totalité des Républicains. Le PCF et LFI, dénonçant un "trompe-l'oeil", ont voté contre.

Le texte passera ce vendredi par la chambre haute, à majorité de droite. 
Son président Gérard Larcher, LR, a souhaité un "vote conforme" à celui du Palais-Bourbon. Cela validerait ce texte portant "mesures d'urgence économiques et sociales" avant les vacances parlementaires.

Les annonces sociales tous azimuts d'Emmanuel Macron pour répondre aux "gilets jaunes" ont bouleversé le programme des parlementaires, qui ont envisagé un temps de siéger pendant la trêve des confiseurs pour la première fois depuis 1979. 

Mais elles apportent "des réponses rapides, fortes et concrètes" à la contestation, "condition d'un apaisement" même si "cela ne suffira pas", a affirmé la ministre du Travail, présente au côté d'Agnès Buzyn (Santé), Muriel Pénicaud, laquelle a tout dit et son contraire à propos de l'augmentation du SMIC.

Le texte comprend la défiscalisation des heures supplémentaires, déjà mise en place par Sarkozy en octobre 2007, mais abrogée par Hollande en septembre 2012, une exonération élargie de hausse de CSG pour des retraités et la possibilité pour les entreprises qui en ont les moyens de verser une "prime exceptionnelle" de 1.000 euros, exonérée de toutes cotisations sociales et d'impôt sur le revenu, pour leurs salariés rémunérés jusqu'à 3.600 euros.

Le débat ne doit pas "lambiner", avait mis en garde le stakhanoviste macronien Richard Ferrand, président de l'Assemblée, qui a coupé les micros quand les députés dépassaient par nécessité leur temps de parole.

Si les débats ont donné lieu à près de 240 amendements, les bras cassés de la majorité n'en ont d'ailleurs déposé aucun, à l'exception du rapporteur du docteur urgentiste Olivier Véran (LREM). "Vous avez été cloués au pilori (...) Si vous avez envie de débattre, prenez la parole. Un peu de courage !", a lancé le chef de file des Républicains, Christian Jacob à des "marcheurs" qui le titillaient.

Concernant le texte, son collègue Eric Woerth a critiqué un "choc de dépenses non financées" et "un petit côté pompier pyromane" chez le gouvernement qui crée selon lui "de nouvelles injustices" entre retraités ou smicards.

"Vous pensez que vous allez régler le problème avec quatre mesures et un grand débat (...); il ne vous restera qu'à croiser les doigts pour que les gens s'en contentent", a tonné le chef de file des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, lançant: "Vous allez avoir Noël aux ronds-points".

Ce texte "répond à la règle des trois E, embrouille, entourloupe et emberlificotage", a raillé le journaliste de La Marseillaise, Pierre Dharréville (PCF).

Jeudi dans Paris Match, même le n°1 de la CFDT, Laurent Berger, a aussi critiqué, des mesures qui "ne répondent pas à l'urgence économique et sociale" et risquent avec la défiscalisation des heures supplémentaires de détruire des emplois. 

Ces mesures ont rebattu les cartes au niveau budgétaire. Jeudi matin, le Parlement a adopté définitivement le deuxième budget du quinquennat, comprenant baisses d'impôts et de la dépense publique, via un ultime vote de l'Assemblée. Il a été approuvé par 182 voix contre 52 et 3 abstentions, au terme d'un parcours tumultueux de quatre mois, allongé par un nombre record de quelque 10.000 amendements déposés. 

Mais les démantèlements de campements de "gilets jaunes" se sont poursuivis

Un Gilet jaune a été tué jeudi matin, renversé par un camion près d'Agen, portant à 9 le nombre total de décès.
Christophe Castaner (Intérieur) a pointé la "responsabilité très grave" de ceux voulant poursuivre le mouvement, plaidant pour que "cela s'arrête"... 
Quelle sera la mobilisation vendredi, jour où certains voudraient célébrer l'anniversaire d'Emmanuel Macron, qui a répondu "vous avez raison" à une pétition de "gilets jaunes" sur les prix du carburants 
Quid samedi lors des départ en vacances ?

Dans le même temps, le gouvernement aux abois a accordé une revalorisation salariale (pour 70 millions euros par an) en faveur des policiers qui avaient aussi recommencé à donner de la voix après leur mobilisation massive lors des manifestations diverses ou des actions de sécurisation des marchés de Noël depuis l'attentat islamiste de Strasbourg. 

Exécutif et parlementaires de la majorité préparent activement l'étape d'après: le "grand débat" national qui doit commencer en janvier et devra déboucher "fin mars-mi avril" sur "des décisions très concrètes", selon le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux. Mais avec une limite posée par l'exécutif : sans "détricoter" les décisions prises depuis 18 mois...