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dimanche 13 juillet 2014

Festival d'Avignon: les intermittents ont encore frappé, samedi

Réussiront-ils à mettre le festival et les commerces en faillite?

O. Py apprend à se méfier sur sa gauche plutôt que sur sa droite


Six spectacles sur les treize prévus ce samedi au Festival d'Avignon ont été annulés dans le cadre du 'in', le festival officiel, en raison du mouvement des intermittents, a annoncé à la mi-journée le directeur du festival Olivier Py.


Pas moins de 13 spectacles sont donnés à Avignon dans le "In" ou festival officiel, qui avait repris après le coup de semonce sur l'ouverture quand les grévistes ont annulé les deux spectacles du 4 juillet, et après les intempéries. 
Le Prince de Hombourg qui avait déjà été annulé en ouverture le 4 juillet, faisait partie des cinq représentations promises lors d'une conférence de presse, éventuellement dans une forme allégée. Mais Py, le patron du festival, ne maîtrise rien et le doute subsistait sur les deux derniers spectacles au programme de la journée.

La CGT Spectacle et la Coordination des intermittents avaient lancé un appel à une nouvelle journée de grève samedi 
Le personnel du festival, consulté vendredi, s'était prononcé à 65% en faveur de la grève, mais la participation au scrutin n'avait pas dépassé 46%, et c'est spectacle par spectacle que les salariés ont voté samedi. 

L'emblématique "Prince de Hombourg" dans la Cour d'honneur, n'a encore pas été joué.
Parmi les quatre spectacles qui ont décidé de jouer, l'équipe d' 'Orlando', la pièce créée par Olivier Pyle directeur du festival, a choisi de verser son salaire du jour à la caisse de solidarité des intermittents du 'in'.  

Entre 1.500 artistes et techniciens du spectacle et employeurs (Syndeac), selon la police, et 3.000 à 5.000 selon les organisateurs ont par ailleurs défilé dans l'après-midi dans le centre ville. "Olivier Quy?", ont scandé les manifestants pour interpeller le patron de la manifestation.

Bilan provisoire: 138.500 euros de pertes pour le seul Festival
Les perturbations dans la programmation dues au mouvement des intermittents avaient déjà coûté 138.500 euros de pertes, avant les annulations de samedi, a calculé Olivier Py. "Je ne pense pas que la grève soit une bonne stratégie, c'est plutôt une tragédie", a-t-il commenté. 

Des manifestations et annulations partout en France

Aux Francofolies de La Rochelle, où ils sont assez discrets depuis l'ouverture, une cinquantaine d'intermittents vêtus de T-shirts noirs barrés d'une croix blanche ont organisé une marche funèbre avant le concert des Innocents. Ils sont montés sur scène sous les applaudissements du public. "Pendant dix ans, ceux qui sont maintenant membres du gouvernement ont soutenu nos propositions et affirmé que le protocole de 2003 [la précédente réforme du régime] était un mauvais accord. Aujourd'hui, ils agréent un accord qui reconduit le protocole de 2003 et l'aggrave", ont-ils dénoncé, amers. 

A Toulouse, les trois compagnies prévues au Théâtre du Grand Rond étaient en grève et leurs spectacles ont été annulés. 
Il n'y avait en revanche aucune perturbation attendue aux Nuits de Fourvière comme à Jazz à Vienne.

A Avignon, la contestation s'exprime aussi dans le Off, rassemblement de 1.100 compagnies en marge du festival officiel, mais les troupes, qui louent les salles très cher, ne peuvent se permettre pour la plupart de faire grève...

Ailleurs, la 34e édition de Montpellier Danse, achevée le 9 juillet, a finalement pu donner 38 représentations sur 48, 
tandis que le petit festival Uzès Danse était annulé, et le Festival de Marseille très touché.

Ils cassent leur outil de travail/
 Festival d'Avignon, samedi 12 juillet 2014
Les intermittents combattent la nouvelle convention chômage qui durcit leurs règles d'indemnisation. Vendredi, la justice a refusé de la suspendre en urgence. Depuis le début de la mobilisation, le Premier ministre, Manuel Valls, a multiplié les gestes pour tenter de déminer le conflit, annonçant une concertation sur l'intermittence puis la sanctuarisation des crédits du ministère de la Culture (hors communication) pour les trois ans à venir.

Interrogé sur la venue programmée de la ministre de la Culture Aurélie Filippetti à Avignon, mercredi et jeudi, Olivier Py a souligné ne pas avoir connaissance qu’elle assistera à un spectacle. En début de festival, le collectif des salariés du festival avait souligné que les "membres du gouvernement sont persona non grata" au festival: "les spectacles n’auront pas lieu en leur présence".

A Avignon, outre la grève, une manifestation était prévue à partir de 14h30, tandis qu'à Paris, un concert de casseroles était organisé au Palais Royal.


Autre culture, autres moeurs
Parmi les spectacles emblématiques annulés figure le Mahabharata de Satoshi Miyagi. Les interprètes japonais "considérant que jouer est un acte sacré ont décidé de donner des extraits devant le Petit Palais (près du Palais des papes) gratuitement", a précisé Olivier Py. 

samedi 5 juillet 2014

Annulation des deux spectacles d'ouverture du Festival d'Avignon

Le "off" souffre des actions des intermittents privilégiés du "in"

Le public est sur ses gardes et boude les réservations
Les spectacles d'ouverture du Festival d'Avignon de vendredi soir ont été annulés en raison du mouvement de grève voté par une majorité du personnel en soutien aux intermittents privilégiés -notamment les techniciens- qui protestent contre la nouvelle convention d'assurance-chômage.
Les coordinations d'intermittents protestent contre la nouvelle convention qui menace selon elles leur statut -et donc leurs acquis sociaux- et qu'elles jugent discriminatoire, notamment au regard des congés maternité ou maladie. Mais encore faut-ils distinguer les artistes au cachet qui veulent jouer, parce que précaires, et les techniciens salariés qui ne le sont pas autant et bénéficient largement d'une convention extrêmement favorable, singulièrement à l'heure des sacrifices pour tous.  

Les salariés conservateurs du festival ont voté en faveur de la grève204 pour, 144 contre et quatre se sont abstenus jeudi soir en assemblée générale, selon un communiqué de la CGT spectacle, fer de lance du conflit des intermittents.
"La grève est un droit, je respecte absolument le droit de faire grève comme le droit de ne pas faire grève", a affirmé le directeur du Festival, Olivier Py, à la presse, après s'être résolu à l'annulation de la représentation du "Prince de Hombourg" et de "Coup fatal". "Grâce aux régisseurs, nous avons eu des informations qui nous permettent d'informer le public un peu plus tôt."

Py disait craindre le FN, mais s'est la CGT qui le met à genoux

En mars dernier, au lendemain du premier tour des municipales qui consacra la montée du FN,
Py avait déclaré qu'il refuserait de travailler avec le Front national si ce dernier remportait la mairie, favorisant ainsi l'accession de la candidate PS: en cas de victoire du Front national au second tour, il envisageait de démissionner ou de délocaliser le festival dans une autre ville - après l'édition 2014, car "on n’arrête pas un cheval lancé en pleine course".

"Avignon doit être le lieu de la marche des fiertés  fierté politique", déclarait-il à Libération.
Invité sur France Inter un peu plus tôt dans la matinée, il avait estimé qu'il était difficile pour un directeur de festival "de voir compromis le spectacle d’ouverture"Il avait d'ailleurs promis qu'il n’annulerait pas le Festival, même en cas de grèves.
Engagé depuis 2003 au côté des intermittents, l'ancien patron du théâtre subventionné de L'Odéon à Paris découvre cette année ce que sont les responsabilités d'un directeur de Festival régi par la loi de 1901 sur les associations. Il ne semble donc pas suffire de soutenir les revendications un jour et de défendre la tenue des spectacles le lendemain.

Les intermittents du spectacle du Festival d'Avignon sont imprévisibles
Mardi, à une large majorité, ils avaient en effet voté  en faveur de la tenue de la première, mais tout en se réservant la possibilité d'autres initiatives, grèves partielles ou totales: une technique des trotskistes, notamment.
L’ensemble des troupes des festivals In et Off d’Avignon devraient tenir une nouvelle assemblée générale le mercredi 9 juillet prochain pour décider d’éventuelles autres actions. Sans garanties qu'ils tiendront parole...

Cette riposte "nécessaire" respecte-t-elle artistes et public ?

Le gouvernement doit assumer "ses décisions et leurs conséquences" a froidement estimé vendredi le numéro un de la CGT, puisqu'il a agréé la convention d'assurance-chômage le 26 juin

Thierry Lepaon a jugé la mobilisation "nécessaire".
"La CGT n'empêche jamais personne de travailler, la CGT s'oppose à la convention-chômage telle qu'elle a été négociée", a-t-il réaffirmé sur France Info. "Elle s'oppose à l'agrément qui a été donné par le ministre du Travail, elle organise la riposte qui est une riposte nécessaire, utile pour l'avenir du spectacle vivant dans notre pays".

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, continue pour sa part d'assurer que les partenaires sociaux ont été respectés, souhaitant que "tout puisse se passer au mieux".
"Mon souci (...) c'est vraiment que les artistes, les techniciens puissent jouer et que les spectateurs puissent aller les voir", a-t-elle raconté sur RTL.
"L'inquiétude des intermittents, je la comprends, assure-t-elle en boucle, comme tous les membres des gouvernements de Hollande depuis 26 mois. "C'est pour cela qu'on a lancé cette grande concertation qui va aboutir à une vraie réforme pour sécuriser un régime qui est indispensable à tous les artistes et à tous les techniciens".

La "grande concertation" a débuté il y a seulement deux semaines... 
Manuel Valls a lancé ...fin juin une mission de concertation censée redéfinir le régime des intermittents pour sortir des crises à répétition dans ce secteur. Le Premier ministre a annoncé qu'en attendant l'Etat  ceux des Français qui sont soumis à l'impôt prendraient à leur charge le "différé d'indemnisation" prévu par la convention.
Les trois membres de la mission, Hortense Archambault,ancienne administratrice du Festival, Jean-Patrick Gille, (ici, escort boy de la ministre Filippetti, ancien professeur non titulaire de l'EN, député PS d'Indre-et-Loire, spécialisé dans les questions de formation professionnelle et d'emploi des jeunes, mais rapporteur de commission parlementaire sur les conditions d'emploi dans les métiers artistiques, adopté unanimement par les députés, à l'insatisfaction générale) et Jean-Denis Combrexelle (ex-directeur général du ministère du Travail), doivent remettre leurs propositions finales avant fin décembre.

jeudi 3 juillet 2014

Intermittents: au festival d'Avignon: le gouvernement joue le pourrissement

Les socialistes abandonnent leurs artistes: ambiance électrique pour le "In" 

Incertitudes à la billeterie, ville PS en souffrance économique


Le festival a plus à craindre de la CGT que du FN ? Olivier Py avait politisé les municipales en stigmatisant les oppositions et singulièrement le FN. Aujourd'hui la ville a basculé à gauche et le festival 2014 s'annonce aussi tourmenté qu'en 2003, sous Jospin.

Le personnel (artistes, techniciens, etc) s'est prononcé massivement mardi 1er pour le maintien de l'événement, avec toutefois des "actions" ponctuelles... Une prise en otages des artistes et du public qui se tient sur ses gardes et tardent à réserver des places. Quant aux artisans et commerçants ils enregistrent déjà des pertes et crient haut et fort leur crainte de devoir licencier et déposer le bilan. 
Ca, c'est Le Prince de Hombourg...
Lors de la première de la pièce "Prince de Hombourg" mercredi, les intermittents en colère ont provoqué des discussions houleuses sur scène. 
Le Festival d'Avignon devrait toutefois démarrer vendredi 4 juillet, sous la menacé des intermittents du spectacle. Dès mercredi donc, plusieurs dizaines de grévistes ont interrompu la répétition générale du Prince de Hombourg dans la cour d'honneur du Palais des Papes, interrompant le spectacle par des applaudissements, et promettent d'autres perturbations sur les autres spectacles à venir.


Des comédiens présents étaient d'ailleurs passés du côté des plus forts du moment, affichant leur soutien aux revendications des intermittents en colère. Les spectateurs qui ont pris des billets s'inquiètent de savoir si la première de cette pièce mythique présentée par le metteur en scène Giorgio Barberio Corsetti pourra être donnée. Sera-t-elle retransmise comme prévu en direct sur France 2.  

Le doute plane désormais sur tous les spectacles et le service de billetterie enregistre déjà une perte qui ne peut que grossir. La menace sur l'avenir du festival 2015 est réelle, faute de trésorerie, et peut-être même au-delà...

Une profusion insensée de troupes
Les écolos ne trouvent rien à y redire...
Au supermarché de la culture à bas prix, 1.300 compagnies qui se produisent dans le "Off" sont, de leur côté, bien déterminées à jouer à Avignon (Vaucluse). Comme si de rien n'était, les comédiens se sont déjà lancés dans le collage d'affiches sur les murs, sans engagement de respect de la propreté qui incombera à la ville et à ses contribuables.

Fer de lance de la mobilisation des intermittents contre la nouvelle convention d'assurance-chômage, la CGT Spectacle,  appelle en revanche à une "grève massive" pour l'ouverture du festival, avant une autre journée de mobilisation le 12 juillet.
 

vendredi 20 juin 2014

Intermittents : la CGT menace le festival d'Avignon plus sûrement que le FN

Olivier Py adopte désormais un profil bas

Lors des municipales, Olivier Py,
le directeur du Festival d'Avignon, avait déclaré qu'il refuserait de travailler avec le Front national 
si ce dernier remportait la mairie. 

Le démocrate ne voyait alors que deux solutions, soit démissionner, soit délocaliser le Festival, "parce que je ne me sens absolument pas de travailler avec une municipalité Front national." Il soupçonnait une culture qui est "évidemment repliée sur elle-même qui ne s’intéresse plus à la parole de l’étranger, qui ne s’intéresse plus à l’international et qui fait du populisme croyant faire du populaire…"

Le Festival est maintenant menacé par la CGT

Le syndicat d'extrême gauche maintient son appel à la "grève massive" pour tout le mois de juillet. Manuel Valls a beau faire des promesses pour apaiser les esprits, le mouvement de grogne des intermittents devrait se poursuivre et menacer les festivals d'été. La CGT-Spectacle a en effet reconduit vendredi son préavis de grève pour tout juillet. Le syndicat appelle même à une "grève massive" le 4 juillet, jour de l'ouverture du festival d'Avignon.

"L'été ne se passera pas normalement,  "si le gouvernement ne nous entend pas pour sortir un plan d'apaisement équilibré et durable qui prenne en compte nos propositions."  Le préavis de grève, qui court jusqu'au 30 juin et qui a déjà occasionné de nombreuses perturbations dans les festivals, est "reconduit à partir du 1er juillet pour tout le mois".

Valls est passé aux menaces contre le syndicat. Jeudi, après avoir reçu le rapport du médiateur du député PS Jean-Patrick Gille, le Premier ministre a multiplié les annonces, soufflant le chaud et le froid. D'un côté, la réforme de leur assurance-chômage sera appliquée, mais en repoussant provisoirement sa mesure la plus contestée et en sanctuarisant les budgets. 

 Valls donne des coups de menton, mais recule

 Olivier Py dans tout son style
"Les intermittents concernés ne verront pas de changement de leur situation par rapport à la situation actuelle"
En effet, l'Etat prendra à sa charge le "différé d'indemnisation", mesure que les intermittents dénonçaient puisqu'elle rallonge le délai de carence entre la perception des derniers revenus et le versement des allocations-chômage.
L'Etat, ce n'est pas Valls, c'est nous. 
Au final, la réforme sera appliquée. "Je le confirme, cette convention doit être agréée et elle sera agréée par le gouvernement. Il y va du respect de la signature des partenaires sociaux majoritaires qui l'ont signée", a maintenu Manuel Valls. Il reste ferme, mais si l'Etat financera Pôle Emploi, c'est-à-dire qu'il fera l'avance, aggravant les déficits publics, ce seront en fait les Français imposables qui paieront 90 millions d'euros en année pleine, pour apaiser les intermittents...

Deuxième pas en arrière: un effort sur le budget de la création  

La bonne volonté des Français est sans limites. Le Premier ministre a annoncé que le budget alloué au spectacle vivant et à la création artistique serait maintenu pour les trois années à venir, jusqu'en 2017. Il a tenu à souligner qu'il s'agissait d'un "effort très significatif", fait "en plein accord avec le président de la République". Filippetti ne joue plus que les seconds rôles.

Une réflexion globale pour préserver l'avenir. Manuel Valls a annoncé un mission pour redéfinir le statut des intermittents. Une équipe de trois -les troïka se multiplient- , à laquelle participera l'actuel médiateur, devra plancher sur un nouveau cadre. "Il nous faut rompre avec ce cycle infernal de crises et de tensions" pour mettre en place "un cadre enfin sécurisé et stabilisé", a-t-il déclaré, avant de conclure : "il va falloir inventer, innover, créer, les conditions d'une nouvelle donne pour l'intermittence".

Et Olivier Py reste en coulisses

Alors que la menace cégétiste est aux portes du festival qu'il dirige, Py ne démissionne plus: plutôt que de se délocaliser sur l'autre rive du Rhône, il se maintient et joue les oies du Capitole. La billetterie a été ouverte ce lundi et le directeur de la manifestation a fait part de son inquiétude au micro d'Yves Calvi, sur RTL. "La menace est réelle : si le gouvernement agréé cet accord, il y aura grève et si il y a grève il y aura sûrement arrêt du festival et des festivals", a-t-il prédit, avant d'en appeler à Matignon. "Je pense que c'est à Manuel Valls de prendre une décision… qui sera peut être difficile, et à convaincre les deux syndicats qui ont signé qu'il faut revenir à la table de travail !", a estimé le  théâtreux.

Olivier Py fait le grand écart: à la fois il rappelle qu'il doit sauver " l'édition 2014 (mais peut-être aussi les suivantes) et non seulement défend la grève, "droit inaliénable de la République", mais "applaudit même les grévistes courageux" ! Les artistes ne sont pas des comptables -pas même en intermittence-  mais "le coût d'un arrêt du festival se chiffrera peut-être à 4 ou 5 millions d'euros, et l'avenir même de l'institution festival est mise en danger. On ne sait pas qui renflouera l'énorme trou que va causer cet arrêt du festival. On est face à une véritable catastrophe." D'ailleurs, pourquoi le public miserait-il un kopec sur cette entreprise qui part à vau-l'eau?

Valls a froncé le sourcil, mais les intermittents n'abandonnent pas un si beau rôle  Le premier ministre parle, mais est inaudible. La CGT a appelé vendredi 20 juin, à une "grève massive" pour l'ouverture du Festival d'Avignon, le 4 juillet, et reconduit son préavis pour tout le mois de juillet.
 

jeudi 12 juin 2014

Des intermittents offrent un happening dénudé à Filippetti

Spectacle de rue interdit aux moins de 13 ans pour Aurélie Filippetti en Picardie

Aurélie Filippetti a eu droit à un comité d'accueil viril
Des intermittents nus mardi 10
devant le Familistère de Guise (02) 
alors qu'elle sortait de l'inauguration d'une série d'expositions au Familistère de Guise. Une trentaine d'artistes et d'acrobates lui ont offert le spectacle d'une pyramide humaine entièrement nue. Leur façon de dénoncer le dénuement dans lequel la réforme de l'assurance chômage risque de plonger les intermittents.

Interpellée, la ministre a précisé qu'aucune décision ne sera prise avant une quinzaine de jours. 
Elle a également annoncé la venue prochaine dans la région de la ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique, Marylise Lebranchu qui, selon certains, menace de prendre part au spectacle.

A Châlon-en-Champagne, quatre compagnies ont annulé leur spectacle programmé à partir de mardi dans le cadre du festival d'arts de la rue "Furies" et ont décidé de le remplacer par une information auprès du public.

VOIR et ENTENDRE le "happening" des intermittents à Guise publié sur le site de l'Union Ardennais

Une concertation prévue "au début de l'été"
La concertation tripartite entre l'Etat et les partenaires sociaux sur les intermittents, prévue cet automne, sera avancée "au début de l'été"a indiqué la ministre en rétropédalage. Répondant à une question du député Front de Gauche Patrice Carvalho, Aurélie Filippetti a assuré que le gouvernement avait "entendu les inquiétudes" exprimées par des parlementaires et le monde du spectacle sur le dossier des intermittents. 
Des intermittents nus devant le Familistère de Guise (02) mardi
Le médiateur nommé ce week-end par le gouvernement, le député socialiste Jean-Patrick Gille "aura la lourde tâche d'évaluer les effets de l'accord du 22 mars, de faire des propositions pour résoudre les difficultés éventuellement posées par cet accord, de trouver les moyens pour organiser la concertation tripartite entre l'Etat et les partenaires sociaux", a-t-elle détaillé.

Ce que prévoit la nouvelle convention chômage

La nouvelle convention chômage, validée le 22 mars par le patronat et trois syndicats (CFDT, FO et CFTC), doit être examinée le 18 juin par le Conseil national de l'emploi, avant une signature projetée fin juin par le ministre du Travail, Michel Sapin.

Elle prévoit des économies sur le régime d'indemnisation des techniciens et des artistes du spectacle, qui font monter la tension pour obtenir du gouvernement qu'il ne la signe pas et qui menacent de perturber la saison des festivals.
VOIR et ENTENDRE le point mitigé effectué par François Lenglet, chroniqueur proche du gouvernement:

Les artistes réclament l'intervention de l'Etat, car
ils se mobilisent contre une future réforme d'un régime qui ne dépend pas de l’État mais des partenaires sociaux, les syndicats et le patronat.
En mars dernier, ces derniers ont décidé plus de rigueur dans les règles d'indemnisation des cadres en même temps que ceux des intermittents du spectacle. En effet, le déficit d'artistes en surnombre est estimé à plusieurs centaines de millions d'euros: la mise en place d'une réforme est donc nécessaire pour rééquilibrer le tout, quitte à écarter des techniciens attirés par un régime d'indemnités extrêmement favorable.

Les grévistes veulent revenir sur l'accord passé pour revenir à l'ancien régime. Il était très favorable aux intermittents par rapport aux conditions des travailleurs normaux. Pour exprimer leur mécontentement, ils menacent de s'en prendre en otages, voire d'exécuter, les manifestations estivales qui contribuent grandement à l'attractivité touristique de la France.

Au Printemps des Comédiens à Montpellierle mouvement de grève entamé il y a une semaine a été reconduit et s'est étendu à des troupes programmées pendant le festival. A Toulouse, il affecte le festival de musiques du monde Rio Loco et huit théâtres.
A Avignon, O. Py a repris ses jacasseries. 
Après avoir dénoncé la menace FN sur le Festival lors des municipales, il envisage à nouveau le pire, du fait de la CGT...  

mercredi 26 mars 2014

Municipales: Olivier Py fait le chantage de priver Avignon de son festival

Olivier Py, c'est qui, lui?

Le directeur du Festival d'Avignon a menacé de déménager la manifestation 
O. Py, directeur du Festival d'Avignon
 depuis septembre ...2013
si le FN est élu. Peut-on imaginer une déclaration plus stupide et totalitaire ?

"Je ne vois pas comment le festival pourrait vivre à Avignon avec une mairie Front national, ça me semble inimaginable", a déclaré lundidirecteur du Festival d'Avignon, au lendemain du premier tour des élections municipales. "L'édition 2014 aurait lieu parce que tout est déjà engagé, mais, pour la suite, si le Front national l'emportait, je prendrais mes responsabilités", a ajouté la danseuse du ministère de la Culture. Peut-on imaginer une prise de position plus stupide, plus irresponsable et plus contreproductive que celle-ci ?

Ainsi, sous prétexte que des citoyens libres puissent voter démocratiquement pour un candidat du Front national -dans le cadre d'une quadrangulaire au second tour-, un petit histrion nommé -et contesté- priverait d'autorité l'ensemble des habitants de la ville, de la région et le pays du festival international installé ici depuis 1947. Quelle belle preuve de tolérance et d'ouverture d'esprit que de couper la "culture" - comme on coupe le gaz ou l'électricité - à des gens qui ne pensent pas comme vous ! Ce serait ainsi le meilleur moyen d'assurer une élection triomphale au nouvel édile. 
Bars et restaurants de la ville réalisent en juillet 50 % de leur chiffre d'affaires annuel. Les priver -par idéologie- de ces trois semaines de festival, c'est les précipiter dans le marasme et inciter les hésitants à voter, justement, pour le FN, devenu premier parti politique dans les couches populaires.

Et si le pseudo intello raisonnait un instant

Que l'épidermique Olivier Py sorte un instant de son cercle bobo-hystéro et réalise que l'on vient au moins autant au Festival d'Avignon pour des lieux et pour la richesse patrimoniale d'une ville d'une exceptionnelle beauté que pour la programmation, régulièrement critiquée. Quelle ville peut offrir tant de lieux de représentation, allant de la cour d'honneur du Palais des papes aux dizaines de salles qui, à l'année, accueillent troupes et comédiens : le théâtre des Carmes, le théâtre du Chêne noir, le théâtre des Halles, le théâtre du Balcon, le théâtre du Chien qui fume, Fraction, le Théâtrographe, la Fabrikthéâtre... Nulle part ailleurs il ne trouverait un tel microclimat, de telles infrastructures, un tel patrimoine et une telle tolérance de la population envahie de "racaille" ! Souhaitons-lui bonne chance s'il veut déménager le festival dont il n'a pas la propriété à Arles ou Martigues, villes communistes ou Beaucaire sur le point de passer au FN.  Peut-être Orange ? 

Les bobo malins préconisent de faire de la résistance au FN
Parce que les socialistes raisonnent mieux que quiconque, ils soutiennent que c'est précisément là où le sectarisme fait le lit du FN que la culture devrait être prioritaire. S'il méprise à ce point les électeurs avignonnais qu'il les traite d'incultes dépourvus de sens politique, alors il doit faire ses valises.
Les Parisiens estiment que leur mission est de ré-éduquer les égarés.  Ils ont le sentiment que c'est une majorité d'"oeuvres" expérimentales, voire pourries,  qui peuvent les amener, pédagogiquement, à la conscience, la bonne, celle de la l'idéologie dominante qui produit ces rejets de la pensée unique et le basculement à l'extrême droite.
Py doit réaliser que le repli sur soi du milieu artistique n'est pas une solution. La littérature est un superbe plaidoyer pour la tolérance et le respect de la différence. S'il voulait s'affranchir des réflexes pavloviens du prêt-à-penser parisien, Olivier Py devrait faire la déclaration inverse : "Le FN risque de passer à Avignon, ma mission d'homme de théâtre, de propagateur de la culture, d'aiguillon des différences, est plus que jamais indispensable à cet endroit, auprès de ces gens." 
Mais Py est un totalitaire que le très socialiste Jean-Michel Ribes soutient depuis Paris et son théâtre subventionné du Rond-Point. Ce proche de François Hollande conçoit son activité comme "un théâtre de résistance". L'activiste utilise la culture à des fins politiques d'endoctrinement et de rééducation.  

L'exemple des Chorégies d'Orange

Lorsque Jacques Bompard fut élu à Orange en 1995, la direction des Chorégies montra ses muscles.
Il est toujours présent et les Chorégies ont prospérées et embelli. Un an plus tard, les loups étaient en effet devenus des agneaux. Les murs du théâtre antique sont irremplaçables et les oeuvres présentées immortelles, servies par des artistes de classe exceptionnelle. Près de vingt ans après, mélomanes, hommes d'affaires et ...le Tout-Paris se pressent aux Chorégies d'Orange. La ville et l'association qui organise ce festival cohabitent en bonne intelligence.

Olivier Py fait le pytre. 
Il a beau faire tourner son sabre de bois, il fait plus pitié que peur. Pire, il portera une grande responsabilité si dimanche prochain Philippe Lottiaux est élu maire d'Avignon
Sa sortie irréfléchie est sifflée, comme symbolique de ce que les électeurs ne veulent plus: une prise de position intempestive de la France d'en haut nantie et aveugle devant l'exaspération du peuple. 
Quand J.M. Ribes photographie
la nuque de Hollande:
idolâtrie ou fétichisme?
Quand on professe la tolérance, on n'exerce pas de grossières représailles au retour de la gauche au pouvoir parce qu'on a été viré (en 2011) de la direction du théâtre de l'Odéon à Paris.  Quand on réside un mois par an dans une ville, que l'on s'y déplace en voiture avec chauffeur, que l'on a table ouverte dans les hôtels et les restaurants du département, on n'a guère de crédibilité pour faire une sortie aussi dogmatique et bêtement politisée. Quand le monde de la culture est plus sectaire que ceux qu'il combat, il sort de son rôle et s'entête sur la voie du discrédit.  
Jean-Michel Ribes peut méditer sur ces lignes.