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mardi 28 janvier 2020

Paris : le camp de migrants de la porte d'Aubervilliers en cours d'évacuation

Une "mise à l'abri" à sept semaines des municipales

Les associations avaient acheminé et concentré près de 2.000 clandestins à la Porte d'Aubervilliers 

Ce camp du nord-est de Paris aurait-il entravé le plan de 'Central Park' parisien conçu par le candidat LREM Benjamin Griveaux ?




 Tôt ce mardi matin 28 janvier, la préfecture de Police a accédé à la requête de la maire socialiste de Paris et a procédé à l'évacuation encadrée par un important dispositif policier. La préfecture assure qu'elles seront hébergées... ailleurs.

Deux mois après le démantèlement d'un site voisin, Porte de La Chapelle, ce sont à nouveau "plusieurs centaines" de clandestins qui ont été évacués du campement parisien de la Porte d'Aubervilliers ce mardi matin, pour répondre à la promesse du gouvernement de vider le nord-est parisien de ces camps insalubres. La préfecture leur promet un hébergement sans savoir à combien ils se nombrent et donc combien de logements sont nécessaires...

Sécurisée par un important dispositif policier, l’évacuation a commencé un peu avant 06h00. Les migrants que les associations dites humanitaires avaient équipés de tentes ou de planches pour  monter des baraquements de fortune au bord du périphérique sont dirigés vers des bus à destination de gymnases (alors que les vacances scolaires n'ont pas commencé) ou de centres d'accueil franciliens (qu'on croyait déjà surpeuplés), dans une opération conjointe de la préfecture de police de Paris et de la préfecture de la région Ile-de-France.

Entre 900 et 1.800 personnes  - une évaluation floue du simple au double - avaient été parqués dans ces camps connus depuis des années comme des bidonvilles de tous les dangers pour les habitants comme pour les riverains, selon un décompte fourni par la... Préfecture de région. Que ce soit dans des gymnases ou des centres dédiés, des places ont été mobilisées pour héberger "tout le monde", ont garanti les autorités préfectorales.

Tour de vis sécuritaire

La doctrine de l'exécutif dans la gestion de ces campements a changé le 7 novembre dernier, lors de l'évacuation de quelque 1.600 personnes à cheval sur Paris et la Seine-Saint-Denis, notamment à la Porte de la Chapelle. Au lendemain de l'annonce du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, affirmant que ces sites constituant une "anomalie" du système d'hébergement allaient être évacués avant la fin 2019, la préfecture de police avait prêté main forte à la PRIF (préfecture de la région d'Ile-de-France) - qui gère d'ordinaire les opérations de mise à l'abri -, en opérant un tour de vis sécuritaire : plus aucune réinstallation sur la Porte de la Chapelle n'est possible depuis, grâce à un imposant dispositif des forces de l'ordre.

Ce tour de vis sécuritaire est également prévu Porte d'Aubervilliers, a confirmé la préfecture de police, expliquant que des patrouilles 24 heures sur 24 empêcheront les migrants d'y réinstaller des tentes. Les associations sont en quêtes de nouveaux lieux...


Le Central Park de Griveaux, un plan "foireux", selon Roland Castro, architecte

La proposition du candidat de Macron est "hasardeuse", "extrêmement chère" et "peu intelligente," affirme un camarade socialiste

L'urbaniste confirme que le déplacement de la Gare de l'Est pour faire de la place est "totalement irréaliste", comme le pense Valérie Pécresse

Le projet décrié de Griveaux aurait 5 fois la superficie du Central Park 
Le projet de Benjamin Griveaux de déplacement de la Gare de l'Est pour créer un "Central Park parisien", les internautes aussi en rigolent. C'est ce que souhaite le candidat LREM à la mairie de Paris Benjamin Griveaux. Mais est-ce réalisable ? Non, a déjà répondu la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse, ce lundi sur LCI, jugeant ce projet "totalement irréaliste", et "ni nécessaire, ni souhaitable"Et Griveaux est ainsi plein de fausses bonnes idées.

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La population s'est mobilisée : une pétition lancée en avril 2015 dénonce le projet du Grand Paris. Dès le lundi 22 juin, elle comptait plus de 11.000 signatures contre. Même la construction de 24.000 habitations, qui prendraient ainsi une partie du parc Georges-Valbon de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), est jugée comme une amputation par de nombreux habitants du département, le parc de 400 hectares étant un véritable "poumon vert". "Il faut que le Premier ministre, Manuel Valls, revienne sur sa déclaration du 14 avril dernier. Il n’est pas question d’une OIN (Opération d’intérêt national) sur le parc. Il doit retirer ce projet, véritable désastre écologique s’il advenait", a-t-il expliqué. Mais Griveaux n'a cure de la population et relance le projet dénoncé par les habitants qui avaient déjà fait appel à l'arbitrage de Manuel Valls alors premier ministre.

Le Parc Georges-Valbon est classé Natura 2000
- un territoire identifié pour la rareté ou la fragilité des espèces sauvages, animales ou végétales et de leurs habitats -. Il est aussi défendu par de nombreux groupes politiques. Le Parti Communiste, Europe Ecologie-Les Verts (EELV), le Front de Gauche ou encore le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) ont signé cette pétition, tout comme des syndicats, des associations écologistes ou des riverains groupés en collectifs.

LCI a demandé à l'architecte et urbaniste Roland Castro s'il partage l'avis de Pécresse ou non.

Et l'urbaniste est catégorique

Il a qualifié ce plan d' "invraisemblable", "compliqué", "foireux", "hâtif", "pas intelligent": il n'a pas assez d'adjectifs pour démonter cette proposition de l'ancien porte-parole du gouvernement. Selon lui, un tel projet ne peut pas être réfléchi sans y associer les acteurs et habitants du quartier concerné.

A la différence de Griveaux (et de la majorité, incapable de chiffrer le coût de la réforme des retraites), Roland Castro s'interroge également sur le coût économique de la proposition et sur son impact sur le prix du terrain à Paris. "On ne cherche pas à faire des espaces commerciaux dans le nouveau projet. On n’a pas vraiment réfléchi non plus aux conséquences de l'implantation d'une gare Porte de la Villette. Comment ça se passe une fois que la gare est installée là-bas ? Est-ce que ça ne crée pas encore plus de problèmes ?" s'interroge l'architecte. "On prend une gêne et on la pousse un peu plus loin; on met un jardin entre les deux. Je trouve ça choquant."

Quid du travail de concertation nécessaire avec la région, l'Etat ou la SNCF pour mener à bien un tel chantier ? 
Selon Roland Castro, ce n'est pas le problème principal. "Il faut arriver à convaincre la SNCF, mais ce n’est même pas le sujet. Avec un peu de caractère, on peut y arriver. Un maire qui aurait un peu de volonté pourrait y arriver." Selon lui, cette proposition est tout simplement "un bricolage extrêmement cher, hasardeux, dont on n’est pas sûr qu’on arrivera à le faire intelligemment."