Le célèbre infectiologue popularisé par la crise sanitaire du coronavirus s'exprime sur "les leçons à tirer" de l'épidémie de Covid-19
"L'épidémie est en train de se terminer," annonce-t-il
L'épidémiologiste européen le plus cité dans les études internationales a mis les pendules à l'heuredans une vidéo de 8 minutesdiffusée mardi sur sa chaîne YouTube, au grand dam des savants de luxe à Paris.
"Un peu partout (dans le monde), les choses sont en train de s'arrêter, qu'il s'agisse des cas détectés, des cas hospitalisés, des cas hospitalisés en réanimation - les morts, ce sera plus long", explique le professeur Didier Raoult, qui règne sur l'IHU (Institut hospitalo-universitaire)qu'il a fondé de Marseille.
"Il n'y a nulle part de deuxième vague", observe le professeur en infectiologie, même si "il y aura quelques cas sporadiques qui apparaîtront ici ou là".
Puisque l'épidémie est bientôt derrière nous, le Pr Raoult en dresse son bilan.
Il défend une nouvelle fois son traitement à base d'hydroxychloroquine, associée à un antibiotique - protocole que les essais foireux de Discovery ne respectent pas -, outre que les savants du "conseil scientifique" se refusent à traiter dès l'apparition des symptômes,et regrette le choix des autorités de ne pas en avoir fait autant : "on ne peut pas, dans une épidémie, dire : on ne soigne pas les gens", estime-t-il.
'Discovery' n'a pas décollé, du fait que la plupart des 3.000 volontaires annoncés ont refusé d'être sacrifiés d'office par des essais "en double aveugle" qui les condamnaient, dès lors qu'il leur était administré un... placebo !
De renommée internationale, le professeur peut se permettre de critiquer aussi la politique de tests du gouvernement.
"On a été incapable, dans ce pays, de développer les stratégies de tests systématiques qui ont été mis en place dans la plupart des pays". Pour cette sommité, attaquée par la majorité et ses media, "il y a eu une tentative de monopoliser la capacité à diagnostiquer les gens qui est très profondément anti-médicale".
"On ne peut pas dire, on ne soigne pas les gens, on ne peut pas empêcher les médecins de soigner, on ne peut pas empêcher les gens de faire du diagnostic quand ils ont les moyens de le faire", conclut Didier Raoult.
Les mandarins parisiens qui n'ont pas hésité à le fouler aux pieds vont-ils le couvrir de bave ?
Seulement 5,7%, trop peu pour faire barrage au Covid-19
3,7 millions de personnes auront été en contact avec le virus d'ici au 11 mai, selon des travaux publiés ce mardi par l'Institut Pasteur.
La France est encore très loin de l'immunité collective. Alors que le 11 mai, la date retenue par Macron pour le déconfinement progressif approche, seule 5,7% de la population française, soit 3,7 millions de personnes, auront été infectés par le Covid-19. Une prévalence au virus très insuffisante pour éviter une deuxième vague pandémique si toutes les restrictions étaient intégralement levées, selon des estimations présentées dans un document de travail de l'Institut Pasteur, ce mardi 21 avril.
"Pour que l'immunité collective soit suffisante pour éviter une deuxième vague, il faudrait 70% de personnes immunisées. On est très en-dessous".
L'auteur principal de l'étude, Simon Cauchemez, met ainsi en garde des décideurs. Par conséquent, "au sortir du confinement, si on veut éviter une deuxième vague importante, des mesures doivent être maintenues".
Dans la perspective d'un rebond, le premier ministre Edouard Philippe a ainsi rappelé dimanche 19 avril la nécessité d'un déconfinement très progressif, les Français ne retrouvant "pas tout de suite et probablement pas avant longtemps leur "vie d'avant".
Ce taux d'immunisation relativement faible, du fait du confinement, ne permet pas d'exclure un rebond de la pandémie, une fois le déconfinement entamé.
Les Français devront prendre l'habitude de porter des masques, si ils en trouvent.
Qu'est-ce que l'immunité collective ?
Réalisée par l'Institut Pasteur en collaboration avec l'agence sanitaire Santé publique France et l'Inserm, l'étude se fonde sur des modélisations mathématiques et statistiques. Ces outils permettent de croiser les données sur les décès et sur la probabilité de mourir quand on est infecté, afin de parvenir à une estimation de la part de population infectée (5,7%).
Ce taux d'immunisation oscille toutefois d'une région à l'autre, entre 12% et seulement 2%, souligne Le Monde. Dans le Grand Est et en Île-de-France, les principaux foyers du coronavirus, il atteint 12% en moyenne. Dans le même temps, en Nouvelle-Aquitaine, en Bretagne ou en Pays-de-Loire, des régions où le virus a moins circulé, il chute à moins de 2%, selon les épidémiologistes.
"L'intervalle d'incertitude est important, entre 3 et 10%", note Simon Cauchemez. Mais "que ce soit 6%, 10% ou même 20%, ça ne change pas vraiment la nature du problème, qui est que dans tous les cas, on sera très loin des 70% dont on aurait besoin pour pouvoir faire une sortie du confinement sans problème", souligne-t-il, évoquant là l'immunité collective.
La faible part de population infectée est due à "l'impact massif" du confinement lui-même, un effet pervers des mesures prises, relèvent les travaux, selon lesquels "le nombre moyen de personnes infectées par un cas est passé de 3,3" avant le confinement "à 0,5 pendant", soit une baisse de 84%. Le temps de déconfinement s'en trouve d'autant plus rallongé...
La létalité varie aussi avec l'âge et le sexe.
Par ailleurs, l'étude estime que 0,5% des personnes infectées par le Covid-19 meurent. "La létalité varie avec l'âge et le sexe", commente son auteur. "Les hommes sont bien plus à risque de décéder lorsqu'ils sont infectés que les femmes (ils ont un risque 50% supérieur aux femmes) et ce différentiel augmente avec l'âge", poursuit-il. Ainsi, le taux de décès est de 13% chez les hommes de plus de 80 ans.
Ces travaux montrent également que le risque d'hospitalisation est de 2,6% pour les personnes ayant été infectées. Il augmente fortement avec l'âge pour atteindre 31% chez les hommes de plus de 80 ans.
Pour sa rentrée, le député européen et candidat du Front de gauche à la présidentielle de 2012 étrille François Hollande et Manuel Valls
dans les colonnes du JDD. Extraits d'entretien en rupture avec la propagande des media de gauche:
Partagez-vous l'optimisme de François Hollande, conforté par le léger rebond de la croissance venue d'Europe? Non. Le chômage augmente, l'investissement s'effondre, le pouvoir d'achat va subir deux chocs : la TVA en janvier, puis l'augmentation de la CSG ! On va dans le mur !Ce n'est pas un rebond mais un spasme, comme dans une agonie.
Pour vous, les orientations économiques ne sont pas les bonnes? C'est un contresens total. Enfermé dans sa bulle, entouré de banquiers, de copains de promotion de l'ENA et de technocrates, Hollande se fait un récit enchanteur de sa présidence. Il n'a de vision sur rien (...)
François Hollande ne serait pas de gauche? Il pratique une politique de droite. En un an, Hollande a plongé notre pays dans la déprime. Cet homme nous enlève le goût du futur! Tout cela pour un objectif servile : payer la dette. Il a rompu avec tout ce qui était le programme de la gauche traditionnelle, mais aussi avec celui de la nouvelle gauche. Notre-Dame-des-Landes, l'huile de palme, les forages gaz de schiste : cet été a été un festival d'archaïsmes!
Il manquera 20 milliards en 2020 pour financer le système de retraites. Faut-il le réformer?
Quel faux problème ! La clé du financement des retraites est le niveau de l'emploi. Là encore, Ayrault ne fait qu'appliquer les ordres des commissaires européens. Bien sûr, Hollande va manœuvrer pour embrouiller le dossier et le faire passer en force. Nous serons derrière les syndicats, en première ligne. Pour la première fois, un gouvernement qui se dit de gauche va faire reculer une conquête sociale. C'est un drame.
L'un de vos proches a qualifié Manuel Valls "d'extrême droite du PS". Qu'est-ce que cela veut dire?
Mme Le Pen est à deux doigts de gagner son pari. Non seulement elle a séduit la plus grande partie de la droite, mais elle a aussi contaminé Manuel Valls. Or, c'est lui qui donne le ton au gouvernement. Voyez comment il a pollué une partie de l'été avec la question du voile. Les musulmans dans notre pays font l'objet d'une stigmatisation insupportable. Lui a décidé de manière cynique d'utiliser cette situation malsaine pour installer son personnage : un dur et violent qui chasse sur les terres de Mme Le Pen. En plus, il se permet de gourmander publiquement la ministre de la Justice et de la repeindre en laxiste. C'est incroyable : il en est à défendre la politique de sécurité de Nicolas Sarkozy!
"Hollande pratique une politique de droite. En un an, il a plongé notre pays dans la déprime."
Montebourg accueille Bartolone dimanche à Frangy-en-Bresse. Sont-ils utiles pour faire changer de l'intérieur le cap de la majorité?
J'encourage tous ceux qui font acte de résistance, même si je déplore l'orientation antiécologiste prise par Montebourg. Claude Bartolone a utilisé des mots plus durs que les miens sur la confrontation avec l'Allemagne. Aurait-il changé d'avis alors que Mme Merkel a maintenu son talon de fer sur la gorge des Français? Eux, comme l'aile gauche du PS, s'ils croient ce qu'ils disent, doivent passer à l'acte. Ils ne peuvent à la fois critiquer la ligne du gouvernement et continuer comme si de rien n'était dans les ministères et à l'Assemblée.
Au regard des résultats des élections partielles, comment expliquez-vous que la situation ne vous profite pas plus et profite au FN ?
Il n'y a pas d'extrême-droite au Parti Socialiste. Mais manifestement, il y a de l'extrême-médiocrité ailleurs — Jérôme Guedj (@JeromeGuedj) August 16, 2013
Le premier pourvoyeur du Front national, c'est François Hollande par la démoralisation et la démobilisation qu'il répand. Cet homme a divisé tout le monde : la gauche, les syndicats et son propre gouvernement. Mais je ne cherche pas à diminuer nos difficultés et je m'en attribue une part. Nous n'avons pas assez mobilisé, et je m'en veux beaucoup.
Ne tapez-vous pas trop fort sur le PS?
Non. Notre formation n'a que quatre ans et nous sommes déjà l'une des quatre forces politiques centrales. Certes, ma faconde et ma gouaille sont parfois des cache-misère. Nous n'avons pas fini de nous ajuster. Mais nous disputons au parti solférinien la première place. La langue mielleuse et les ambiguïtés ne servent à rien. Parler cru et dru éveille les consciences, provoque du débat. Le gouvernement conduit dans le mur. C'est donc globalement qu'il faut le cibler pour, le moment venu, former un gouvernement bien préparé.
Pour les municipales, les communistes sont tentés par des alliances de premier tour avec le PS. Vous êtes toujours pour l'autonomie?
Il y a une divergence. Il ne faut pas la dramatiser. De toute façon, ça se décide localement. Pour moi, il faut être autonome pour mobiliser des forces déterminées à donner le coup de balai de la révolution citoyenne et de l'humain d'abord. J'aimerais tant que ces élections soient aussi une préparation du futur! On doit faire l'essai d'une nouvelle convergence avec les Verts autonomes et les socialistes critiques, le NPA, les collectifs.
Vous serez, en revanche, candidat aux européennes. Quel sera l'objectif?
Nous allons proposer aux Français de renverser la table. Avec un vote sanction : contre cette Europe "austéritaire" et cette gauche toxique! Le parti de Hollande peut s'effondrer. Si nous passons devant lui, tout peut changer. Nous proposerons de former un nouveau gouvernement sans cette petite coterie de solfériniens. Seule notre ligne peut couper la route au Front national. Quant à savoir où je serai candidat, c'est une décision collective. L'élection est nationale. Je veux surtout être utile.
Bruno Jeudy et Arthur Nazaret - Le Journal du Dimanche
Le "rebond" de la croissance, un ajustement prometteur ou trompeur ?
"Nous sommes sur le bon chemin," assure le Premier sinistre
Ayrault a réagi aux bons chiffres de la croissance en France comme en Europe. Ce mercredi 14 août, il estime que le rebond de 0,5% du PIB au deuxième trimestre "conforte la stratégie" du gouvernement.
Ce mercredi 14 août, l'INSEE a publié l'évolution du PIB français pour le deuxième trimestre 2013, qui est ressorti à 0,5%, soit bien plus que les 0,2% anticipés à la fois par les instituts de conjoncture et par le gouvernement.
VOIR et ENTENDREBFMTV rebondir sur l'annonce de l'INSEE:
Pour le Premier ministre, ces chiffres montrent que "nous sommes sur le bon chemin"."Ne croyez pas que si nous avons de bons chiffres de croissance au deuxième trimestre c'est dû au hasard", a déclaré Jean-Marc Ayrault lors d'une déclaration à la presse à Matignon, en estimant que cela "confort(ait) la stratégie du gouvernement".
"Le rebond de croissance de +0,5% est plus important que la moyenne de la zone euro. Cela ne veut pas dire qu'il faut s'en contenter, il faut poursuivre, amplifier la bataille pour la croissance, la bataille pour l'emploi, la bataille pour l'innovation", a poursuivi le chef du gouvernement.
VOIR et ENTENDREun économiste,Jean-Paul Betbèze, positiver mollement sur l'effet d'entraînement européen qui devra bénéficier à la France:
La croissance n'est pas créée par Bercy qui bat des mains, mais par les entrepreneurs qui mouillent la chemise. De plus, la France n'est pas l'Allemagne. BFMTV titre néanmoins: "Comme la France, la zone euro sort de la récession", à moins que ce ne soit le contraire !
"Un facteur d'optimisme" compulsif
Quant à la possibilité d'une croissance positive sur l'ensemble de 2013 (alors que le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a fait état ce week-end d'une fourchette de -0,1% à +0,1%), Ayrault s'est voulu optimiste. "C'est notre volonté et pas seulement notre espoir: nous agissons pour cela!", a-t-il déclaré.
Pour le Premier ministre, le double mouvement de sortie de récession en France et en Europe doit être "conforté". En tout état de cause, ces chiffres, meilleurs que prévu, sont "un facteur de mobilisation et d'optimisme".
"Dans une ambiance où il est de bon ton de dire que tout va mal, il est important en cette rentrée de dire que nous sommes sur la bonne voie et que nous devons garder notre cap", a-t-il conclu.
Cazeneuve voit "des jours meilleurs" dans sa boule de cristal
Le discours est sensiblement le même du côté du ministre délégué au Budget, Bernard Cazeneuve. Sans céder à l'euphorie, ce dernier a déclaré que "nous avons enfin une croissance positive, cela ne préjuge pas de ce que sera la croissance de l'année 2013 (...), cela montre incontestablement que des jours meilleurssont aujourd'hui devant nous".
Il attribue ces bons résultats à "la cohérence" et à "la persévérance" de la politique du gouvernement.
"Ceci suggère que la récente période de calme dans la zone euro encourage les consommateurs des pays du cœur de l'Europe à dépenser de l'argentet pourrait soulever les espoirs d'une réduction des déséquilibres au sein de l'union monétaire", a estimé Jonathan Loynes, chef économiste chez Capital Economics.
Pour l'ensemble de l'année 2013, la Commission européenne table cependant sur un repli de 0,4%
Le Portugal en haut du podium
Si l'Allemagne et la France, auquel il faut rajouter la Finlande (+0,7% de croissance, comme l'Allemagne) se posent comme les locomotives de la croissance de l'Union monétaire, la meilleure performance est enregistrée par le Portugal, qui a connu une quasi-crise politique au mois de juillet.
De mars à juin, le pays a vu son PIB progresser de 1,1%, après une baisse de 0,4% au précédent trimestre. De façon plus globale, les pays du Sud de la zone euro, plus fortement touchés par la crise de la monnaie unique, se relèverient progressivement et mieux que les pays scandinaves...
L'Italie a ainsi enregistré une baisse limitée à 0,2%, soit trois fois moins qu'au premier trimestre.
L'Espagne connaît un sort similaire avec un PIB en léger recul (-0,1%), après une chute de 0,5% sur les trois premiers mois de l'année.
Les Pays-Bas constituent la principale économie de la zone euro encore en récession (-0,1%).
Hors zone euro, le Royaume-Uni a enregistré une croissance de 0,6%, tandis que la Suède a vu son PIB se contracter de 0,1%.
La manipulation (cf. la carte) qui place la Suède dans la même catégorie que l'Espagne et la Bulgarie est juste un peu grossière.
VOIR et ENTENDRE Emmanuel Lechypre revenir sur les prévisions floues de Moscovici, annoncées avant la publication des chiffres de l'INSEE, le chroniqueur apportant sa contribution aux forts soupçons d'enfumage lequel participe de l'action psychologique du gouvernement sur le moral des Français...