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lundi 28 décembre 2015

Ce que la chute des cours du pétrole doit à l'exploitation du gaz de schiste

Pour Hollande, la baisse du prix du pétrole, c'est gagner de l'argent en dormant

Le prix du pétrole a continué de s’effondrer en 2014


Les prix de l’or noir ont crevé les planchers,
Il est trop fort, Hollande !
atteignant leurs plus bas niveaux depuis 11 ans, alors qu'explosaient les plafonds de la crise financière et que le show médiatique de la conférence sur le climat COP21 polarisait dernièrement l'attention.
Le pétrole s’est enfoncé dans un spirale baissière et le WTI, référence américaine, a franchi la barre symbolique des 35 dollars. Sur l'année, il a perdu près de 39 %. Le baril est passé de 60 dollars en début d’année à environ 36,70 dollars fin décembre 2015.
La chute est encore plus prononcée pour le Brent de mer du Nord, référence européenne, qui accuse une baisse de plus de 44 %. Fin décembre, le baril de Brent s’échangeait contre 36,65 dollars alors qu'au début de l'année, il fallait 65 dollars pour le même baril. Ce dernier s'est même retrouvé au plus bas depuis juillet 2004 ! Il est passé, mardi 8 décembre, sous la barre des 40 dollars à la Bourse de Londres, pour la première fois depuis plus de six ans.

Le WTI a continué de s'effondrer en 2015 après le début de la chute des cours en 2014

3040506070809010002/01/201301/03/201329/04/201325/06/201321/08/201317/10/201313/12/201312/02/201410/04/201409/06/201405/08/201401/10/201426/11/201427/01/201525/03/201521/05/201520/07/201515/09/201510/11/2015en dollars
Les explications sont les mêmes qu’au moment où le pétrole a amorcé sa chute mi 2014. Une offre surabondante et une demande en baisse (liée entre autres au ralentissement de la croissance mondiale), créant un déséquilibre de nature à provoquer un effondrement des prix.

Il faut le dire, la production américaine s’est envolée grâce aux hydrocarbures non conventionnels. 

Bien qu'attaquée, cette dernière a mieux résisté que prévu à la baisse des cours. Le point mort (c’est-à-dire le prix d’équilibre entre le coût de production et le prix de vente d’un baril) s’est affaissé. Par ailleurs, les pétroliers américains se sont concentrés sur les zones les plus rentables.
Pour ne rien arranger, l’Opep, menée par l’Arabie saoudite, a poursuivi sa stratégie de défense de ses parts de marché en ne réduisant pas sa production. L’Arabie saoudite serait aussi motivée par la nécessité de gagner des parts de marché pour compenser la baisse de ses revenus. Lors de la dernière réunion de l’Opep, le 4 décembre, la mention d’un niveau de production a même disparu. Mais ce qui a vraiment plombé les cours en fin d’année, c’est la perspective d’un retour de l’Iran sur les marché après la levée des sanctions occidentales.

Est-ce que les cours vont remonter? Selon les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie, le marché devrait rester saturé au moins jusqu’à fin 2016. De fait, les acteurs du marché sont résolument pessimistes. A titre d’exemple, Goldman Sachs prévoit un baril à 20 dollars, certains investisseurs parient même sur un baril à 15 dollars. Hollande ne renonce pas pour autant à taxer les propriétaires de véhicules au diesel. 

Cette analyse dissimule un tabou 

Le terme global et flou d' "
hydrocarbures non conventionnels" est utilisé par les tenants de la 'pensée unique', dominante et hypocrite.

Sur BFMTV, Mathieu Jolivet souligne que "la baisse des prix du pétrole est une véritable aubaine pour les entreprises et les ménages". Cette année, le "contexte" a été favorable à la reprise économique, non pas grâce à la politique menée par Emmanuel Macron, si brillant ministre de l'Economie soit-il désormais dans la presse en quête d'espoir(s), mais du fait des comportements des trois indicateurs clés internationaux que sont l'euro, les taux d'intérêt et le pétrole qui mettent du beurre dans les épinards de Hollande. Même l'Allemagne d'Angela Merkel, par où devait venir la reprise, n'y est pour grand chose. Mathieu Jolivet souligne d'ailleurs que l'euro a été très bas tout au long de l'année et que l'achat dans la devise européenne devient alors très intéressant pour les investisseurs étrangers.


La baisse des prix du baril, quant à elle, a favorisé une hausse de 250 à 500 euros du pouvoir d'achat des ménages - lesquels ont profité d'environ 8 milliards inespérés - et des entreprises, mieux que le CICE et la baisse des impôts pour un petit nombre. Inutile donc que Michou Sapin enfile ses chaussettes de cardinal et Pruneau Le Roux débite ses contre-vérités coutumières, Hollande n'a rien eu à faire. Mais Valls ne va pourtant pas tarder à lui en attribuer les mérites. Va-t-il respecter un délai minimal de décence ? 


Pourquoi cette chute du pétrole ?

Le retour du pétrole iranien sur le marché explique-t-il à lui seul cette aubaine pour les ménages et les entreprises
, à la faveur du début de la levée des sanctions occidentales en juillet 2015, par six grandes puissances (dont la France et les Etats-Unis)? Il a certes permis à l'Iran - où les coûts de production sont moindres, notamment par rapport à ceux de l’Arctique - de vendre à nouveau son brut sur le marché international, mais les effets ne seront pas sensibles avant janvier 2016. Alors?
Le développement des énergies renouvelables (éolien, solaire...) est-il tel que leur impact serait décisif ? En fait, on a compris dès décembre 2014 que cette dégringolade du prix de l'or noir risque aussi de ralentir la progression de ces énergies propres, malgré les engagements pris à la COP21.

L'exploitation du gaz de schiste n'apporte-t-il donc aucun bénéfice?
Ni Les Echos, ni Le Point ne brise le tabou des retombées de la production du gaz de schiste aux USA. Et pourtant l'hebdomadaire note "une forte hausse des stocks de brut aux États-Unis", sans en rechercher les causes, si ce n'est "une augmentation des puits de pétrole en activité dans le pays, avec 17 puits de plus que la semaine précédente"... Difficile (mais non impossible à Hollande) d'imposer un relèvement du prix du gazole, carburant de très loin le plus vendu en France, alors qu'il y a une semaine il valait en moyenne 1,0018 euro le litre, soit 4,59 centimes de moins par rapport à la semaine précédente, d'après les relevés hebdomadaires du ministère.

C'est le site Mediapart qui, 
dans la fièvre des derniers achats du 24 décembre, fait allusion à
cette production qui "avait fortement contribué à la baisse des cours du baril ces derniers mois," mais pour suggérer que la production des gaz et pétrole de schistes américains baissera nécessairement à partir de la mi-2016." Pour des raisons de techniques d'extraction jugées encore agressives, ce gaz naturel n'a pas l'heur de plaire aux écologistes et il est convenu qu'on ne doit pas lui reconnaître le moindre avantage.

Le gaz de schiste fait trembler le cartel du brut
L'Opep n'a pas annoncé de réductions de production de brut : la production réelle des pays de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole se situerait autour de 32 millions de barils par jour (mbj), soit nettement plus que l'objectif officiel de 30 mbj. Le cartel n'a même pas pris la peine d'établir un nouvel objectif chiffré et cette démarche est volontaire : "Le cartel veut faire baisser les cours pour contrer le gaz de schiste américain, décourager les Etats-Unis de produire de l'or noir et tuer cette concurrence. A moins de 50 dollars le baril, certains forages ne sont plus rentables aux Etats-Unis, en Sibérie ou encore en mer du Nord."
Le gaz de schiste est tabou, mais il occupe tous les esprits.

samedi 11 octobre 2014

Plusieurs manifestations contre les gaz de schiste en France

Les écolos radicaux se seraient opposés au chemin de fer

Des collectifs conservateurs ont cherché à bloquer 
la recherche de gaz de schiste 
Plusieurs rassemblements contre les gaz de schiste se sont déroulés ce samedi  un peu partout en France , notamment à Narbonne (Aude) et Auch (Gers) à l'occasion de la troisième journée internationale contre la "fracturation hydraulique", seul mode d'extraction actuellement connu des hydrocarbures "non conventionnels", mais contre aussi toute avancée en matière de recherche et d'extraction. 
A Narbonne, entre 300 et 600 extrémistes, en fonction des évaluations de la police ou des organisateurs, ont défilé dans le centre en fin de matinée à l'appel d'une vingtaine de collectifs de Languedoc-Roussillon. Des militants du PCF et d'autres composantes du Front de gauche, ainsi que des écologistes d'EELV, des militants d'Attac et de la Confédération paysanne encadraient le rassemblement.
Les activistes ont le plus souvent couplé ce combat avec celui contre le projet d'accord de libre-échange transatlantique (TAFTA). 

Un colloque anti-Tafta

Les intéressés locaux qui s'opposent aux gaz de schiste sont mobilisés depuis plusieurs années contre le permis d'exploration accordé en 2008 à la société scandinave, Lundin Petroleum, et ils s'activent à l'approche d'un possible renouvellement de ce permis qui expire le 30 octobre. 

Les militants d'ATTAC qui combattent le projet TAFTA étaient présents et s'apprêtaient à tenir un colloque anti-Tafta dans l'après-midi. 

A Auch, ils étaient 100 et 200 anti-schistes et anti-tafta mêlés, rassemblés place de la mairie. Le maire de la ville est le suppléant de Philippe Martin, ministre PS de l'Écologie de J.-M. Ayrault, pendant huit mois, en 2013-2014. 
Alain Joannès d'Attac justifiait le lien anti-schistes et anti-tafta en estimant que "le TAFTA devrait instaurer des tribunaux supra-nationaux devant lesquels des entreprises pourraient faire condamner une loi française hostile aux gaz de schiste"

Une exploration d'hydrocarbures "non conventionnels"

Autour des stands d'information mis en place par les manifestants, on remarquait des traits d'esprit sur les banderoles : "Nous ne sommes pas maso-schistes", "Gaz de schiste, non merci", mais aussi des tournures élégantes : "L'Europe nous brise, le Tafta nous les brise"

Lille a eu également un petit groupe de manifestants  en début d'après-midi sur la Grand'Place. Membres du collectif "houille-ouille-ouille", ils sont hostiles aux gaz de schiste, mais aussi à l'extraction du gaz de couche de charbon dans la région Nord-Pas-de-Calais. Un paradoxe dans une région qui a construit sa richesse sur les énergies fossiles pendant  plusieurs siècles et sur plusieurs générations.

Mais des idéologues obtus de la décroissance constituent des collectifs d'extrême gauche qui jouent sur les peurs et dénonçant de méchants industriels soupçonnés de vouloir arracher des permis de recherche qui pourraient, disent-ils, déboucher sur une exploration d'hydrocarbures "non conventionnels", bien que la loi interdise depuis 2011 la fracturation hydraulique. L'utilisation intensive et la pollution des réserves d'eau ainsi que l'émission de gaz à effet de serre font actuellement l'objet de vives controverses alarmistes.
 
Les gaz de schiste sont pourtant naturels

Face aux arguments des opposants écologistes, le pouvoir hésite à passer à côté d'un moyen de diminuer les importations énergétiques et d'augmenter les revenus du pays. Pour cette raison, dans certains pays comme la France, la recherche et la production du gaz de schiste font l'objet en 2013 d'un moratoire.
Mais, on ne le dit pas assez, la loi de 2011 autorisait la recherche de gisements et l'étude de procédés nouveaux qui donneraient accès à cette nouvelle énergie alternative au nucléaire.

L'exploitation du gaz de schiste est indispensable à l'Europe pour compenser le déclin amorcé de sa production de gaz naturel conventionnel. Jean-François Cirelliprésident de l’association Eurogas (Union Européenne pour l’Industrie du gaz naturel) et numéro deux du groupe énergétique GDF-Suez, déplore que, bien que le développement du gaz de schiste ait la capacité d’accroître les réserves mondiales de gaz et puisse compenser un déclin de la production sur le long terme, il ne bénéficie pas d’un cadre suffisamment incitatif pour se développer. 

Par ailleurs, selon de nombreux économistes, la chute du prix du gaz aux États-Unis due à l'essor de la production de ces gaz non conventionnels profite à l'économie américaine au détriment des Européens. Ceci est particulièrement notable dans le secteur de la chimie et de la pétrochimie, avec un écart de compétitivité croissant de part et d’autre de l’Atlantique et des transferts de capacités considérables depuis l’Europe et l’Asie vers les États-Unis

Une chance de progrès que ces collectifs entravent.
La société russe Gazprom a annoncé en octobre 2009 qu'elle envisage l'achat d'un producteur américain de gaz de schiste pour acquérir une expertise qu'elle pourrait utiliser pour développer le potentiel de la Russie. L'italien ENI a acquis une participation dans Quicksilver Resources. Le pétrolier français avait bénéficié d'un permis d'exploration du sous-sol dans une zone de 4 327 km2 située entre Montélimar et Montpellier, abrogé en octobre 2011. 
La compagnie pétrolière française Total exploite déjà des gaz profonds en mer, mais doit se rapprocher de la Chine et du Qatar, qui deviennent ses premiers actionnaires, pour rester dans la course. 
Total a en outre acquis un intérêt de 40 % dans deux permis d'exploration et de production de gaz de schiste outre-Manche. Il prévoit de lourds investissements afin de devenir, en 2015, le plus important producteur d'hydrocarbures du pays. On l'a compris, il doit investir à l'étranger et employer de la main d'oeuvre non française, un manque à gagner pour l'économie et l'emploi en France.  

Pourquoi les tarifs du gaz vont-ils encore augmenter en 2014 ?

Outre l’augmentation des tarifs réglementés prévue au 1er janvier 2014 
pour 9 millions de foyers, les abonnés vont désormais payer une taxe intérieure sur la consommation de gaz naturel (TICGN), au titre de la taxe carbone. Selon un récent rapport parlementaire de Christian Eckhert, alors député PS, la hausse correspond à 1,41 euro du mégawattheure en 2014, 2,93 euros en 2015 et 4,45 euros en 2016. Pour un ménage se chauffant au gaz, la hausse du gaz provoquée par la seule taxe carbone avoisinerait au bas mot 7,5% sur trois ans.
Ce 1er octobre, la hausse mensuelle du prix du gaz a été de 3,9 %
Une hausse est également attendue en novembre. En effet, depuis le début de l'année 2013, les prix réglementés du gaz sont revus chaque mois - et non plus tous les trimestres - de manière à en lisser les variations. Le poids des taxes sur le gaz représente environ 16 % du montant final du kWh TTC.

Dans l'attente d'énergies renouvelables suffisantes et afin que la durée de vie de ses réacteurs nucléaires passe de trente à quarante ans, EDF s'est engagée dans un grand programme de travaux de 55 milliards d'euros d'ici à 2025. L'ampleur du chantier exige que l'entreprise puisse augmenter ses marges de manœuvre financières: l'année dernière, une seule des trois augmentations de tarif d'électricité a été appliquée - le 1er août 2013 - mais une hausse de 2 % environ est envisagée pour cet automne. 

Nouveaux interdits sur les sacs et la vaisselle jetable en plastique, sans compter les arnaques

Les écologistes veulent nous dresser ! 

L'Assemblée nationale a achevé l'examen du projet de loi sur la transition énergétique.

Triple peine pour le salarié 
imposé sur ses revenus, 
taxé sur les carburants ou redevances 
et prélevé de la CMU, de l'AME et du  chèque énergies

L'examen en première lecture du projet de loi sur la transition énergétique aura pris cinq journées en discussion et accrochages
, notamment sur la suspension de l'écotaxe poids-lourds à l'initiative de Ségolène Royal. 
Les députés voteront mardi sur l'ensemble du texte, avant qu'il ne soit examiné, voire amendé par le nouveau Sénat.

En dépit de la grogne des commerçants et usagers
A l'initiative du gouvernement, les élus ont adopté l'interdiction des sacs plastiques à usage unique à partir de 2016. L'interdiction des sacs plastiques avait été introduite, sur proposition du gouvernement, dans le texte lors de son examen en commission. Près de 5 milliards de sacs de caisse en matière plastique à usage unique et plus de 12 milliards de sacs dits "fruits et légumes" sont encore distribués dans les commerces. 
A l'initiative des écologistes, l'interdiction de la vaisselle jetable a été votée en séance, à partir de 2020, malgré les réticences de la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, qui a tenté de faire valoir que ces ustensiles étaient indispensables - malgré leur coût "renouvelable" - aux "familles en situation de précarité". Une aide de l'Etat à l'achat de vaisselle durable est-elle envisagée?... 

Les députés ont voté une série de pénalisations

Nicole Bricq ? Non, MS Royal,
flageolante dans ses bottes
Difficile de présenter la lutte contre "l'obsolescence programmée" des produits autrement qu'une sanction aveugle. La programmation par les fabricants d'une durée de vie limitée de certains produits de consommation de la vie courante sera passible de deux ans de prison et de 300.000 euros d’amende. "Les produits que nous utilisons dans la vie quotidienne sont trop souvent programmés par le producteur pour ne plus fonctionner après un certain nombre d'utilisations. Ces pratiques sont néfastes pour l'environnement et pèsent sur le pouvoir d'achat des ménages", avaient accusé les auteurs de l'amendement, les écologistes Eric Alauzet, Denis Baupin et Cécile Duflot, surfant sur une suspicion répandue.
Sans en démontrer la réalité, l’association Les Amis de la terre répand ce mythe d'une intention maligne. Un documentaire de l'Allemande Cosima Dannoritzer évoque notamment l'imprimante Epson qui serait programmée pour ne plus fonctionner au bout de 18.000 impressions, ou encore un cartel de fabricants d'ampoules qui aurait choisi une sorte de filament plus susceptible de griller régulièrement. Si de telles tromperies étaient avérées, le fabricant s'exposerait désormais à une peine de prison de deux ans ainsi qu'à une amende de l'ordre de 300.000 euros, au vu des sanctions prévues pour les autres types de tromperies jusqu'alors inscrits dans le code de la consommation. L'exemple du réalisateur américain Michael Moore n'aura pas suffi à éveiller la méfiance des citoyens, ni même des parlementaires. Il s'est fait connaître avec Bowling for Columbine (palme d'or à Cannes!), mais ses documentaires engagés sont désormais vus comme des manipulations: ainsi, Fahrenheit 9/11, un documentaire orienté et qualifié de brûlot par la presse, fut-il réalisé dans le but avoué d'influer sur l'élection présidentielle de 2004. Depuis, ses films sont considérés comme des "documenteurs", c'est-à-dire d'habiles supercheries à l'humour mordant susceptibles de séduire les activistes sans convaincre les spécialistes. 
L'ONG Les Amis de la terre s'est à ce point radicalisée qu'elle a provoqué le départ de militants modérés comme Brice Lalonde (ex-ministre de l'Environnement), Pierre Radanne (ex-directeur de l’ADEME) ou Dominique Voynet (ex-ministre de l’Aménagement du territoire et de l’environnement). Sa présidente nationale, Martine Laplante, est membre d'ATTAC et son vice-président, Christian Berdot, milite à Altermondes, proche du CRID.

Le recyclage des déchets apparaîtra-t-il quant à lui comme une mesure innovante? 

De même 
le développement des véhicules électriques
avec prime à la conversion, dans certains cas seulement.

L'autonomie de la batterie électrique est aléatoire, en fonction du type de trajet. Or, on ne trouve pas la moindre borne  de recharge entre Rennes et Quimper (215 km) pour des batteries d'une autonomie de 150 km, dans le meilleur des cas. En Charente-Maritimes, elles sont toutes (9) à Saintes dont il ne faut pas s'écarter: Saintes-Niort (150 km) est un aller et retour à risque... Et encore faut-il trouver la bonne borne de recharge adaptée à son besoin et à son budget.
 
Le temps de recharge d’un véhicule électrique ou hybride rechargeable est essentiellement fonction de la puissance de la borne ou de la wallbox. Pour une petite Renault Zoe (et si vous avez le choix!), il faut compter entre 30 minutes (station de recharge rapide 43 kW) ou 3-4 heures (recharge sur wallbox 7 kW), et 6-9 heures (recharge sur wallbox 3kW)... Il faut prévoir 7 heures de recharge sur prise domestique pour une Smart Fortwo ED et entre 9 et 12 heures pour la NISSAN LEAF.

Le coût d'une recharge? Le gouvernement ressasse qu'il serait de moins de deux euros pour la Zoe, mais le coût de recharge est voué à progresser. 
En 2009, Jean-Louis Borloo, alors ministre du Développement durable, voulait la création d'une filière de batteries françaises, mais aujourd'hui, elles sont toutes "made in France  Asia" (coréennes ou japonaises)... 

Ségolène Royal nous refait-elle le coup de la Mia?
On se demande pourquoi il s'est certes vendu quelque 8.700 voitures électriques dans l'Hexagone en 2013, principalement aux collectivités territoriales et aux administrations, malgré une technologie, très subventionnée - 6.300 euros de bonus - pour n'atteindre que 0,5 % du marché et une perspective des ventes à la baisse, au regard des chiffres de ce début d'année (-26 %). Le projet d'investissement sur Flins a été abandonné, tandis qu'en mai dernier on ne dénombrait encore que 5.600 bornes sur la voirie. Les ambitions de Renault-Nissan ont également du plomb dans l'aile : les ventes de l'Alliance ont tout juste dépassé les 110.000 unités (dont 100.000 Leaf) et Carlos Ghosn a récemment repoussé son objectif de ventes mondiales. A quelques exceptions près (Norvège, Californie), le véhicule électrique reste confidentiel au niveau mondial. 

La création d'un chèque énergie pour les ménages modestes. 
Plus de 11 millions de personnes, soit un Français sur six, éprouvent des difficultés à se chauffer et s'éclairer, selon une évaluation de l'Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE). Alors ce chèque énergie doit permettre à ses bénéficiaires de payer les fournisseurs d'énergies ou de capitaliser afin de réaliser des travaux destinés à économiser de l'énergie. La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, est même favorable à une "cohabitation partielle" des tarifs sociaux de l'électricité et du gaz avec le chèque énergie. 
La facture énergétique des 45% de contribuables va donc gonfler. Le pourcentage de foyers imposés est en recul : de 53% en 2013 à 48,5% en 2014. Moins d'un sur deux, le plus bas niveau depuis le début des années 1980. C'est certes une avancée sociale mais dont il faut avoir les moyens et qui pourrait se retourner contre les plus modestes, si la TVA est réajustée, par nécessité. 
Le volet du nouveau texte consacré au bâtiment prévoit que des travaux de rénovation énergétique seront rendus obligatoires en cas de travaux de ravalement, de toiture, et d'aménagement de nouvelles pièces.
Mais qu'est-ce qu'un ménage modeste? Ils sont 1,8 million qui ne paient déjà plus d'impôt sur le revenu. Que restera-t-il du milliard d'euros de baisse d'impôt financé par la lutte contre la fraude fiscale (dont s'est exonéré Thomas Thévenoud, député PS, pendant plusieurs années? En 2014, l'impôt sur le revenu qui aurait dû rapporter 75 milliards n'en a collecté que 65... 

Or, la ministre a reculé face à la menace d'une mobilisation des transporteurs routiers. Ségolène Royal a décidé jeudi de suspendre sine die le péage de transit poids lourds.  " Pourquoi continuer à discuter de la transition énergétique, quand se trouve consacré le 'tout routier' ", lui a objecté le député du Front de gauche Patrice Carvalho. 

Les députés prévoient de réduire à 50% la part du nucléaire. 

La part du nucléaire dans la production d'électricité devra être réduite de 75 à 50% à l'horizon 2025 et la consommation énergétique diminuer de moitié en 2050 par rapport à 2012. Un objectif intermédiaire de réduction de 20% de la consommation en 2030 a été ajouté, en ligne avec le paquet énergie-climat 2030 au menu du sommet européen des 23 et 24 octobre. 

Parmi les autres objectifs définis figurent la baisse des émissions de gaz à effet de serre de 40% entre 1990 et 2030, et leur division par 4 en 2050. 
Enfin, la part des énergies renouvelables doit être portée à 23% en 2020 et 32% en 2030.
La consommation des énergies fossiles devra avoir diminué de 30% en 2030, quant à elle.
L'UMP y a épuisé son temps de parole dans la défense du nucléaire et n'a siégé ni vendredi ni durant la nuit suivante. "Une défection programmée", a estimé François Brottes. 

"Objectifs inatteignables" 

Pilote-t-elle un ministère
sans le permis de conduire ?
La France promettait d'inscrire dans la loi des engagements chiffrés
"Nous devons trouver une solution qui ne détruise pas les emplois (dans les entreprises de transports) mais en crée", a rétorqué la ministre. Elle a incité la commission spéciale de l'Assemblée mise en place pour l'examen du projet de loi de transition énergétique, et présidée par François Brottes (PS), à "se pencher sur la question des sociétés autoroutières", c'est-à-dire les cibler. Une part de leurs profits pourrait servir à financer des investissements dans les infrastructures de transports.

L'ancienne ministre EELV Cécile Duflot a aussi jugé la suspension de l'écotaxe "prématurée et tragique" et l'UDI Bertrand Pancher y a vu une "triple faute": politique, environnementale et économique. Ce nouveau recul sur l'écotaxe risque de compliquer mardi le vote solennel de l'ensemble du projet de loi par une majorité qui paraissait unanime jusqu'alors à le soutenir. L'écologiste Noël Mamère a ainsi annoncé qu'il ne le voterait pas face à une "capitulation de plus de ce gouvernement devant les lobbies"

UMP et UDI ont déjà dit qu'ils voteraient contre cette réforme emblématique du quinquennat, "dangereuse" pour les premiers, "petit texte" aux "objectifs inatteignables" pour les seconds. 
Le Front de gauche, qui y était a priori favorable, s'en est éloigné, dénonçant notamment à propos du nucléaire un véritable "gosplan" (organisme d'État chargé de de la planification en ...Union soviétique) qui menace l'emploi, et critiquant vivement la création de sociétés mixtes (public-privé) hydroélectriques. 

L'article 1er du projet de loi, qui comprend des objectifs chiffrés pour les prochaines décennies, a été adopté vendredi matin, après trois jours complets de débats qui lui ont été entièrement consacrés.