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jeudi 22 février 2018

500 militaires pour déloger quelque 10 occupants du site de Bure

Opération d'évacuation en cours des opposants au projet Cigéo à Bure

Cinq cents gendarmes sont mobilisés pour "encadrer" (?) l'évacuation de la ZAD de Bure, a annoncé le ministère de l'Intérieur
Des gendarmes d'"encadrement", mais à la manoeuvre
Les opposants occupent depuis plusieurs mois le Bois Lejuc pour contester le projet d'enfouissement des déchets nucléaires porté par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs.

La gendarmerie nationale a lancé ce jeudi une opération "visant à mettre fin à l'occupation illégale" du Bois Lejuc à Bure ("illicite", selon Castaner devant JJ. Bourdin, sur TMC ce matin). C'est sur ce site que doit voir le jour le projet Cigéo d'enfouissement de déchets nucléaires. Sous l'autorité de la préfète de la Meuse, Muriel Nguyen, une opération menée par la gendarmerie a débuté ce matin à 6h153, ont  annoncé les services du ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, sur son compte Twitter.

Cette opération "vient mettre à exécution une décision de justice du Tribunal de Grande Instance de Bar-le-Duc", ajoute le communiqué. 
Des activistes "perchés"
Selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur sur place, "l'opération se passe bien". Cinq cents gendarmes, dont cinq escadrons de gendarmerie mobile, sont mobilisés pour l'évacuation, a annoncé le ministre de l'Intérieur, qui ne précise pas que les occupants sont une dizaine...

Gérard Collomb doit s'exprimer sur le sujet en milieu de matinée en marge d'un déplacement en Seine-et-Marne. Sur RMC, le délégué général de La République en Marche, Christophe Castaner a estimé "qu'il y a une occupation illicite d'un espace par des gens qui ne sont pas de gentils écologistes dans la forêt mais des gens qui vont souvent manifester de façon violente, en se cachant".

Le secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, Sébastien Lecornu, a également prévu un point presse à 14h30. "Dans un État de droit, les oppositions doivent s'exprimer de manière légale", a-t-il écrit sur Twitter.

Des opposants pris par surprise le jour de la venue sur place du secrétaire d'État, ce jeudi

"C'est absolument invraisemblable car la visite de M. Lecornu était prévue aujourd'hui. Il devait nous rencontrer demain en tant qu'opposants. C'est la sidération", a grondé une porte-parole du collectif 'Bure Stop'.
Un opposant a même été interpellé quand quelques barricades ont été enflammées, rapporte France Info.

Jean-François Bodenreider, président de l'association Les Habitants vigilants, interrogé par France Info, dénonce, lui, une "opération ridicule". "Le fait d'expulser par la violence des gens qui occupent le site ne va que déplacer le problème et ne rien changer à notre détermination", lance-t-il. 

Dans un communiqué, les opposants ont appelé à des rassemblements jeudi soir à partir de 18 heures devant les préfectures "pour signifier colère et détermination".

Mise en service prévue à l'horizon 2026

Ce bois de 221 hectares accueillera, si l'État valide la zone, le "puits", c'est-à-dire l'installation des cheminées d'aération du projet. Celui-ci vise à enfouir à 500 mètres sous terre les déchets nucléaires les plus radioactifs ou à vie longue du parc français. L'agence doit réaliser des forages exploratoires dans la forêt afin de récolter des données en vue du dépôt de la demande d'autorisation de création (DAC) du site, prévue pour 2019. Des forages rendus pour l'heure impossibles par l'occupation du bois.

L'occupation de ce site a débuté en juin 2016 quand l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA) a commencé à débuter à défricher la forêt et à construire un mur autour. 
Plusieurs manifestations se sont ensuite succédé, avec notamment une seconde occupation du bois à l'automne 2016. Depuis une dizaine de personnes vivent dans ce bois.
En janvier, l'Autorité de sûreté nucléaire a rendu un avis favorable pour le projet d'enfouissement dont la mise en service est prévue en 2026 ou 2027. Elle avait cependant émis quelques réserves estimant notamment que le futur centre ne pourrait pas, en l'état, stocker certains déchets en raison d'un risque d'incendie.

samedi 27 janvier 2018

Méthode Macron : des partisans de Notre-Dame-des-Landes vont brûler leurs cartes d'électeurs

Les "pro-aéroport" dénoncent la reculade du gouvernement avec son abandonner du projet

Samedi, des partisans de Notre-Dame-des-Landes souhaitent accomplir un geste symbolique pour exprimer leur colère

C'est un geste de défi, un geste de dépit. 
Tous ceux qui ont souhaité le transfert de Nantes-Atlantique à Notre-Dame-des-Landes, à commencer par les riverains de l'actuel aéroport, sont invités à participer à une manifestation organisée samedi en fin de matinée, à Saint-Aignan-Grandlieu. Cette commune de 4.000 habitants se trouve au bout des pistes de l'actuel aéroport de Nantes-Atlantique, qui va être agrandi et dont le trafic va augmenter. 

"Notre vote n'a aucune conséquence". 
Le rassemblement va être marqué par une action forte, qui résume à elle seule tout le dégoût ressenti par les "pro-aéroport". Ils sont invités à brûler leurs cartes d'électeurs devant la mairie de la commune. "Elle ne sert à rien, donc on la brûle", défie Alain Mustière, président des Ailes pour l'Ouest. "On a été voter, on s'est mobilisés, et on nous dit que finalement, notre vote n'a aucune conséquence. C'est insupportable !", s'indigne-t-il. Lors de la consultation publique en 2016, 66% des votants de Loire-Atlantique s'étaient prononcés en faveur du projet de construction de l'aéroport à Notre-Dame-des-Landes. 

Macron, "président du désespoir"

Pour beaucoup, le recul du gouvernement est insupportable. 
"La décision du président de la République est d'une violence infinie", dénonce André Tamza, grand partisan du projet de construction d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Il assure que dans les jours qui ont suivi l'annonce, plusieurs personnes lui ont téléphoné en "pleurant". "Elles ne comprenaient pas. Il y a eu un désespoir. Ce président, c'est le président du désespoir", dénonce-t-il. 

"Brûler nos cartes d'électeurs, c'est à la hauteur du désespoir que l'on ressent." Ces grands déçus ne manqueront pas de faire part de leur colère à Elisabeth Borne, la ministre des Transports, qui doit venir préparer "l'après-NDDL", samedi, avec les élus locaux.

Macron soutient qu'il a tenu son "engagement de méthode"

Il maintient avoir tenu son "engagement de méthode" sur le dossier de Notre-Dame-des-Landes ...en nommant des médiateurs et en organisant une concertation"J'ai pris une position très claire, j'ai pris un engagement de méthode", explique le chef de l'Etat, interrogé par l'émission Quotidien sur TMC, vendredi.

Soutien du  projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes durant la campagneEmmanuel Macron estime que cet "engagement de méthode" a "été scrupuleusement tenu par le Premier ministre et le gouvernement, un travail très sérieux [les précédents ne l'étaient pas ?] a fait apparaître des solutions autres"...

"Je respecte tout le monde." 
Le président assure n'avoir "pas du tout" cédé aux Zadistes
Le Premier ministre d'ailleurs, avant d'annoncer la décision du gouvernement, que j'appuie pleinement, a pris le soin d'entendre plus de cent élus. Et donc tout ça a été pesé. Mais ce qui a été pesé, c'est l'intérêt du pays", ajoute Emmanuel Macron.
Les Zadistes "vont quitter la zone". Emmanuel Macron avait pris position durant la campagne présidentielle en faveur du projet d'aéroport, initié dans les années 1960, avant de virer sur l'aile, décidant de nommer des médiateurs.Selon lui, ce projet a "mis beaucoup trop de temps". "Moi ce que je vois, c'est que ça fait 50 ans qu'on n'a pas décidé sur ce projet, qu'on a attendu l'épuisement de tous les recours, et ça fait huit ans maintenant qu'il y avait une situation de non-droit", fait-il valoir. 

Même méthode pour Fessenheim et Bure. 
Le chef de l'Etat assure enfin que, dans les prochaines semaines, sa méthode de la concertation sera suivie, avant de prendre une décision, à propos de la centrale nucléaire de Fessenheim et du site d'enfouissement des déchets à Bure.
Pas un mot sur la ZAD de Roybon (Isère), en lutte contre le projet de Center Parcs.

A NDDL, Macron a consacré la mort des référendums d'intérêt local.

lundi 29 février 2016

Nucléaire: affront de Royal aux nouveaux ministres écologistes

Présidente de la COP21, les jours pairs, et soutien du nucléaire, les jours impairs

La ministre de l'Environnement dissocie le climat et le nucléaire
 
En annonçant la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires pour 10 ans, Ségolène Royal est accusée de trahir l'esprit de la Loi de transition énergétique (LTE) qu'elle a elle-même portée en 2014.
La LTE vise à encourager une "croissance verte" en réduisant la facture énergétique de la France et en favorisant des énergies dites "nouvelles", propres et sûres. Elle comporte aussi des dispositions favorisant l'économie circulaire et une meilleure gestion des... déchets. Y compris nucléaires?
Ségolène Royal, la ministre de l'Écologie et de l'Énergie, s'est déclarée prête à donner son "feu vert" au prolongement de la durée de vie des centrales nucléaires françaises pour dix ansLes réacteurs verraient ainsi leur durée d'exploitation passer de 40 à 50 ans. Invitée ce dimanche du 12/13 de France 3 ce dimanche, la ministre a précisé que cette décision s'inscrit "dans le contexte de la baisse de la part du nucléaire de 75 à 50% dans la production d'électricité pour monter en puissance sur le renouvelable", une disposition prévue par la loi de transition énergétique (LTE) adoptée en août 2015.

Une provocation pour les écologistes, mais qui pourrait favoriser des énergies nouvelles à Europe Ecologie-les Verts et recoller ses morceaux. 

L'argumentaire de baisse de la part du nucléaire de 75 à 50% en faveur de 10 années supplémentaires ne convainc pas  les écologistes

Les effets de cette erreur politique sera elle aussi durable sur des écologistes jusqu'ici  partagés depuis le dernier remaniement entre le soutien au gouvernement et une "opposition de gauche" à la ligne de l'exécutif. 

Madame Royal finit de dresser les derniers écologistes socialo-compatibles contre Hollande. 
"J'apprends que Royal Ségolène met à mort la Loi de Transition énergétique en prolongeant les centrales nucléaires de 10 ans. L'écologie, c'est fini", s'est écrié le patron en CDD d'Europe-Écologie les Verts (EELV), David Cormand, ci-contre, sur Twitter

Selon le petit Julien Bayou, ancien conseiller d'Eva Joly, candidate d'EELV en 2012, et porte-parole du parti, Ségolène Royal est "irresponsable". "Prolonger les centrales nucléaires et retarder le développement des énergies renouvelables, c'est faire courir des risques aux Français. Le réalisme économique, c'est tourner la page du nucléaire cher et dangereux pour engager le développer des énergies renouvelables", a-t-il estimé sur le réseau social.

Royal sème la zizanie parmi les schizophrènes politiques

"Cette annonce est évidemment un mauvais coup pour l'écologie, mais aussi pour la population française. C'est surtout une humiliation pour les écologistes entrés au gouvernement, et cette annonce remise leur promotion à un débauchage individuel lié à leurs carrières", assène pour sa part le député-maire de Bègles Noël Mamère. 

EDF téléguide Royal 
"C'était un secret de polichinelle, car le patron d'EDF Jean-Bernard Lévy l'avait laissé entendre il y a quelques jours. Cela montre comment les politiques énergétiques échappent au politique pour être dictées par le lobby pronucléaire [EDF, en l'occurrence]. Nous sommes face à de la schizophrénie politique", poursuit-il, en irradiant Jean-Vincent Placé, Barbara Pompili et Emmanuel Cosse qui se sont reniés pour un maroquin. "Les engagements du président de la République ne seront pas tenables. Il faudrait en réalité fermer 25 réacteurs. La sécurité des Français est en jeu," a clamé le démagogue.

Interrogé par BFM ce dimanche, le député François de Rugy - ex-EELV et désormais au mouvement écologiste de centre gauche 'Écologistes !' - ne s'est pas non plus montré satisfait par cette annonce: "Ce qui est sûr, c'est que ça ne va pas dans le sens de la LTE qui a été adoptée l'année dernière et qui vise à rééquilibrer la production d'électricité en France entre renouvelable et nucléaire à l'horizon 2025". 
Bien que proche des secrétaires d‘État Jean-Vincent Placé et Barbara Pompili, Rugy est très critique sur Europe 1: "Royal dit que cette annonce doit être compatible avec la loi de transition énergétique. Alors, cela veut dire qu'il faudra en parallèle fermer encore plus de vieux réacteurs. Le mieux est donc de commencer dès maintenant à fermer les plus vieilles centrales comme Fessenheim, puis le Tricastin, Bugey, etc. Comme la consommation d'électricité stagne, voire régresse, pour faire baisser la part du nucléaire de 75 à 50%, il faut fermer un certain nombre de réacteurs plutôt que de les prolonger, ce qui par ailleurs coûte très cher. Sans doute que Ségolène Royal dit cela pour montrer à EDF que toutes les options sont sur la table. Mais économiquement et financièrement, il n'y aura pas de miracles", estime le coprésident du groupe écologiste de l'Assemblée.

"Proche de la ministre du Logement Emmanuelle Cosse", le vice-président de l'Assemblée nationale Denis Baupin se montre moins critique sur Twitter, mais il est son mari (!) : "Le facteur le plus limitant pour la prolongation des réacteurs nucléaires, c'est qu'EDF n'en a pas les moyens"Pilier de la Bourse de Paris, le groupe détenu à 85% par l'Etat, a quitté l'indice CAC 40 le 21 décembre 2015. 
Il balaye les critiques visant la ministre de l'Écologie. "Les habituels protestataires protestent… Il ne faut pas s'en tenir au seul titre des dépêches de presse. Ségolène Royal n'a fait que préciser le cadre de la réduction de la part du nucléaire prévu dans la LTE. Pour accompagner une sortie progressive du nucléaire, il est nécessaire de prolonger la durée de vie de ceux qui existent, ce qui permet de ne pas en construire de nouveaux. Par ailleurs, la ministre a placé cette prolongation sous la supervision de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui doit déterminer le montant des investissements nécessaires. Confronté au manque de moyens, EDF ne devrait pas restaurer les centrales les plus anciennes", estime-t-il, avant de renvoyer ses collègues d'EELV "réviser leur dossier". 
Royal s'est trouvée un porte-parole inattendu parmi les écologistes radicaux. Les modérés vont-ils passer pour des extrémistes ?

mardi 24 décembre 2013

Un wagon de déchets nucléaires a déraillé à Drancy, Seine-Saint-Denis

Pour les associations anti-nucléaires, tout va pour le mieux 

Le wagon n'a pas été renversé et aucune fuite radioactive n'a été signalée

En sourdine, les écologistes réclament l'interdiction du transport de déchets nucléaires, seulement à travers les zones urbaines denses. Sans qu'on en soit informé, un autre train de produits chimiques avait d'ailleurs déjà déraillé dans cette gare au début du mois.

Effet de langage: "Plus de peur que de mal !"
Le wagon de déchets nucléaires qui a déraillé n'a causé aucune fuite radioactive, lundi après-midi à la gare de triage de Drancy (Seine-Saint-Denis), l'une des plus importantes de France située à moins d'une dizaine de kilomètres à vol d'oiseau de Paris: voilà ce qui importe..

Un "incident technique"
: est-ce moins dangereux pour autant !
"Il s'agit d'un incident technique qui n'a eu aucune conséquence sur la sécurité, l'ordre public ou l'environnement", a assuré la préfecture de Seine-Saint-Denis. Pourquoi tant de précautions donc et tant de tapage pendant le quinquennat précédent, se demande-t-on désormais. "Tous les relevés de radioactivité effectués par les pompiers sont négatifs", a-t-elle ajouté, comme si les pompiers professionnels n'étaient pas des employés par l'État soumis au ministère de l'Intérieur.

Il suffit qu'un essieu flanche
Vers 16h05, un wagon qui contenait des matières radioactives a déraillé: un essieu est sorti du rail. Le wagon ne s'est pas renversé. "L'intervention est terminée, il n'y a pas de radioactivité", ont confirmé vers 18h00 les pompiers de Paris. Ce wagon, dont un seul côté a déraillé - ce qui suffit -  s'est décalé de 50 centimètres par rapport aux rails. 
Par chance, il est soumis à une réglementation très sévère, ont expliqué les pompiers de Paris. "Les opérations de remise sur voie du wagon ont démarré", a ajouté un porte-parole de la SNCF. 
Malgré une "réglementation très sévère", le wagon de "combustible nucléaire usagé", appartenant au géant français de l'atome Areva, a été victime d'une défaillance d'un boggie, pièce d'un train située entre le wagon et les roues, selon lui.

Le wagon faisait partie d'un convoi de déchets nucléaires qui devait ensuite rejoindre Valognes (Manche), à une quarantaine de kilomètres de l'usine de retraitement de La Haguedont la communauté de communes est présidée depuis 1995, par Michel Canoville, maire SE d'Omonville-la-Rogue: ouf, on n'est plus aux portes de Paris... 
Principale gare de triage en région parisienne, à quelques dizaines de mètres des habitations les plus proches dans une zone très dense, la gare de Drancy inquiète depuis des mois élus et riverains, qui redoutent un accident. Lundi, après que la sirène de la gare a retenti, "le standard de la mairie a été submergé de coups de téléphones de riverains paniqués qui n'ont reçu aucune consigne de sécurité et ne savent pas quelles mesures ils doivent prendre pour se protéger", selon la municipalité.

Un autre accident a déjà eu lieu le 11 décembre...
Le 11 décembre, un wagon de transport d'acide chlorhydrique vide avait déjà déraillé à la gare de triage de Drancy. Aucune fuite n'avait été constatée. En décembre 2012, un train chargé de près de 7 tonnes de combustiles usagés à base d'uranium était resté à l'arrêt pendant près d'une journée entière, alors que la procédure veut que les trains stationnent le moins longtemps possible afin de limiter les risques.

"Qu'on n'attende pas qu'il y ait des morts pour que ces wagons dégagent !", a réagi Jean-Christope Lagarde, le maire UDI de la commune. "30.000 personnes sont en danger de mort" en cas d'accident grave à Drancy, rappelle-t-il. 

Les écologistes ont aussi fait part de leur inquiétude
Résignés ou complaisants, ils demandent l'interdiction du transport de déchets radioactifs à travers "les zones urbaines denses". "Comme à chaque fois, les discours sont rassurants: dormez brave gens, les wagons sont étanches, les transports sont sûrs, le nucléaire est une énergie sans risque", ironise inutilement EELV dans un communiqué: pourquoi pas un tweet ! "Or, il s'agit là de déchets transportés dans des zones urbaines denses, sur des voies communes, à proximité de sites Seveso. Le moindre accident peut avoir des effets catastrophiques", ajoutent dans ce communiqué Sandrine Rousseau et Julien Bayou, porte-parole du parti écologiste et ancian petit conseiller futile de la Joly Eva.


Denis Baupin considère 
via Twitter qu'il s'agit "d'un ultime avertissement" et puis passe à autre chose.

Le wagon de déchets nucléaires prêt à repartir vers de nouvelles aventures

Le wagon de déchets nucléaires qui a déraillé  a été remis sur les rails sans encombre. Les ministres des Transports et de l'Environnement ont annoncé mardi une enquête après cet "incident" qui alimente les craintes autour de l'une des plus grandes gares de triage de France, tout proche de Paris, accessoirement en Seine-Saint-Denis, mais Bartolone, son ancien président, ne  bronche pas depuis qu'il est au perchoir..

Agitation verbale et stérile au gouvernement
 
Frédéric Cuvillier et Philippe Martin ont annoncé dans un communiqué avoir demandé au Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) "une enquête sur les raisons de l'incident", qui selon les autorités n'a pas entraîné de fuite radioactive.

A Drancy, le wagon "a été remis sur les voies avant 06h00" mardi et le combustible usagé était prêt (!) à reprendre son voyage vers l'usine de retraitement d'Areva à la Hague (Manche), comme si de rien n'était, selon un porte-parole de la SNCF. La veille vers 16H05, un essieu de ce wagon de déchets nucléaires était sorti d'un rail, sans qu'il ne se renverse.

Comme le nuage de Tchernobyl
La préfecture s'est jointe au choeur de la banalisation, tandis que l'Autorité de sûreté nucléaire a classé l'incident au niveau zéro de l'échelle INES des évènements nucléaires car "il n'y a pas d'enjeu radiologique", selon elle.

Qualifié de "très rare" par Areva - mais on n'attendait pas moins du grouupe industriel - l'incident alimente toutefois la peur des habitants de Drancy"La mairie de Drancy va porter plainte début janvier contre l'État pour mise en danger de la vie d'autrui", a déclaré mardi le maire UDI, Jean-Christophe Lagarde, qui ne veut pas qu'en cas de catastrophe "ministres et préfet disent 'on ne savait pas' ".

2010: quand Greenpeace
n'avait pas des motivations
uniquement environnementales
Selon Greenpeace, qui a déploré "le manque total d'information des citoyens", le container de 115 tonnes renfermait 6 tonnes de combustible. Parti de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube), le combustible usagé devait rallier le terminal Areva de Valognes (Manche), avant d'être transporté jusqu'à sa destination, l'usine de retraitement de la Hague.

Dotée de 48 voies ferrées, la gare de triage longue de 3 km, à cheval sur trois communes (Drancy, Le Blanc-Mesnil, PCF, et Le Bourget, UDI), accueille chaque année près de 250.000 wagons de marchandise, dont 13.000 chargés de matières dangereuses.