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lundi 6 juillet 2015

Grèce: ce que le niet communiste pourrait nous coûter, Français et Européens

Les Grecs ont voter contre l'austérité: qui ne le ferait pas ?

Leur  vote au référendum aurait été digne si les Grecs avaient assumé leurs responsabilités

Les Grecs qui ont voté Niet dansent,
mais ils vont déchanter
Leur niet aura en effet des conséquences financières et politiques sur l’avenir du pays, mais aussi sur les 17 autres de l’Union européenne

Monnaie unique, dette, communiste pourrait nou migrants...
Le peuple grec était interrogé par référendum pour savoir s'il acceptait ou non les sacrifices associé à un 3e  plan de redressement des comptes, discuté avec leurs créanciers européens. 
Et le "non" l'a emporté, puisque la question était ainsi posée qu'il aurait fallu que les Grecs soient solidaires des efforts des peuples de l'Union européenne, puisqu'ils les refusent. Le pouvoir d'extrême gauche s'y est donc refusé: il a incité le peuple grec a penser qu'il est loyal et juste, dans une collectivité, que ce soient les autres qui paient.  
Cet "oxi" ("non" en grec) signifie un rejet de la main tendue par les Européens. Or, ceux-ci ont précisé à la Grèce qu'ils ne pouvaient indéfiniment faire de nouvelles proposition. 
L'Europe entre ainsi dans une zone "inconnue", selon le terme du gouvernement français. 

Que peut-il maintenant arriver...aux finances de la Grèce?

La Grèce ne peut compter sur elle-même et a un impérieux  besoin du soutien extérieur. Le pays doit 321 milliards d'euros aux autres pays de la zone euro, au Fonds monétaire international (FMI), à la Banque centrale européenne (BCE) et à d'autres créanciers qui ont déjà beaucoup fait pour lui. Une dette représentant près de 180 % de son PIB, quand celles de l'Italie et du Portugal sont à 130 %. Athènes n'a, actuellement, pas les moyens de rembourser, seulement l'audace de lésiner sur les moyens qu'il engage. 
Mercredi, le gouvernement grec n'a pas pu honorer une échéance de 1,6 milliard d'euros au FMI. Le 20 juillet, il devra encore rembourser les 3,5 milliards qu'il doit à la BCE. Puis encore 3,4 milliards d'ici à la fin de l'année et 6,5 milliards en 2016… Une facture qui court jusqu'en 2054.

Le premier ministre Alexis Tsipras, président depuis 2012 de la Coalition de la gauche radicale (SYRIZA), a estimé qu'un "non" populaire évident (à 61% !) lui conférerait la force de négocier avec les créanciers européens vus comme des ennemis. En revenant à la table des négociations, il espère imposer à ses "partenaires", notamment à l'Allemagne, une réduction de la dette de son pays. L'objectif est d'obtenir un accord dès le lendemain du vote, a insisté son ministre des Finances, Yanis Varoufakis, un homme narcissique présenté comme intelligent et courageux, mais qui s'est rendu tellement insupportable dans l'eurogroupe que ses membres n'en ont plus voulu: il a dû présenter sa démission.

Vendredi, le Premier ministre grec a réclamé une ristourne de 30 % sur sa dette, soit... 100 milliards d'euros, ainsi qu'une période de grâce de... vingt ans, consistant à imposer des taux d'intérêt encore plus bas qu'aujourd'hui – ils sont au taux plancher de 0,5 %. Le Fonds monétaire international a reconnu, jeudi, qu'il n'avait pas d'autre choix que d'étudier ce scénario jusque-là écarté. Lors du précédent plan de sauvetage, en 2011, les banques européennes avaient déjà abandonné 50 % de leurs prêts à Athènes. Elles avaient ainsi renoncé à 100 de leurs 200 milliards de créances.

Mais les dirigeants de l'Union disent être allés au bout de leurs concessions. Ils devraient voir dans le "non" un signe supplémentaire de rupture. La position de la Grèce pour négocier sa survie financière sera "considérablement affaiblie", a estimé en une litote le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. "Nous ne modifierons pas notre comportement. La solidarité et l'effort vont ensemble", a prévenu Angela Merkel.

… Au maintien dans l'euro

Un "non" ouvre la voie au "Grexit" (pour Greece Exit), une sortie de la Grèce de la zone euro, à une date imprévisible. Ce cas de figure n'est prévu par aucun texte européen. En théorie, c'est la solution permettant à Athènes d'imprimer sa propre monnaie, dans les quantités qu'elle désire, pour payer les fonctionnaires et les retraités aujourd'hui menacés par la faillite du pays. Les risques d'une telle opération sont nombreux. Le recours à la planche à billets a des conséquences hyperinflationnistes probables, comme en Allemagne dans les années 1930. La dévaluation inéluctable de la nouvelle drachme face à l'euro provoquerait une flambée des produits importés, et un renchérissement de la dette extérieure – à supposer qu'elle soit remboursée.

Or, le Premier ministre Alexis Tsipras veut rester dans l'euro, comme une majorité de ses concitoyens.  Pour leur part, les autres pays de la zone n'ont aucun moyen, ni juridique, ni physique d'exclure l'un d'entre eux. L'appartenance est réputée "irréversible". De fait, on ne peut pas distinguer un euro d'un pays à l'autre. Pour l'interdire en Grèce, il faudrait empêcher la circulation des pièces et billets aux frontières, les paiements transfrontaliers entre sociétés… Impossible.

… A la France

La France encourt un risque financier, si le "non" conduisait la Grèce à ne pas rembourser ses dettes. Bien sûr, depuis Hollande, c'est l'Etat qui paie et non les Français, mais Paris a prêté 11,4 milliards d'euros en direct à Athènes. Il faut y ajouter un engagement de 31,4 milliards d'euros à travers le fonds européen créé au moment de la crise. Et les prêts de la Banque centrale européenne, soit une valeur de 30 milliards d'euros, correspondant au poids de la France dans l'institution. Au total, le coût maximal atteint environ 70 milliards d'euros, en cas de défaut complet de la Grèce, et si une recapitalisation intégrale de la BCE venait à s'imposer.

En 2012, peu avant de quitter Bercy, l'ancien ministre de l'Économie François Baroin avait chiffré l'ardoise à 50 milliards d'euros. Depuis, le robinet de la BCE n'a cessé de couler. Cette semaine, le secrétaire d'État au Budget, Christian Eckert, a rappelé qu'un défaut grec creuserait nécessairement le déficit de la France. La facture serait toutefois très étalée, l'échéancier courant jusqu'en 2054.

L'autre risque est indirect, et sans doute plus dangereux qu'une perte d'argent. C'est celui des conséquences en chaînes d'un "Grexit", susceptible non seulement de raviver la défiance des marchés financiers, qui ferait grimper les taux d'intérêt, mais aussi d'entraîner l'Europe dans un délitement et de renforcer les nationalismes.

… A la cohésion de l'Europe

Le niet des Grecs crée aujourd'hui "un risque de détricotage du projet européen", selon l'expression d'un officiel français. Allusion au nationalisme qui pourrait faire tâche d'huile dans certains pays de l'Union et, bien entendu, à l'impact d'une éventuelle sortie de la Grèce de l'UE sur le "Brexit" qui sera proposé aux électeurs britanniques l'année prochaine par David Cameron. "Personne ne souhaite que les Grecs quittent l'UE", indique le président de la Fondation Robert-Schuman, Jean-Dominique Giuliani. "Mais il sera très difficile de recoller les morceaux d'une Grèce coupée en deux où l'on pourrait finir de régler ses comptes dans la rue."

Quelles conséquences sur la gestion par la Grèce du flux migratoire qui a vu déferler plus de 50.000 migrants sur ses îles depuis le début de l'année? "Comment paieront-ils leurs gardes-côtes, leurs policiers ?", s'inquiète un conseiller ministériel français. "Ce serait donner libre cours à la corruption des forces de l'ordre par les filières d'immigration", poursuit-il. "Le risque d'un appel d'air est très sérieux", ajoute le directeur de l'Institut français des relations internationales (Ifri), Thomas Gomart, qui craint de voir se créer un couloir d'immigration incontrôlé entre la Grèce, la Macédoine et le Kosovo, où commencent à s'installer des cellules djihadistes. La géopolitique est le cadet des soucis de l'extrême gauche grecque.

Une Grèce affaiblie se tournerait-elle vers la Russie, où s'est rendu Alexis Tsipras par deux fois depuis son élection? Ce n'est pas certain, mais Vladimir Poutine pourrait exploiter cette fragilité grecque pour continuer d'enfoncer un coin dans la cohésion de l'UE. "Athènes est géographiquement à équidistance de Bruxelles et de Moscou, rappelle Thomas Gomart, et Poutine, comme Tsipras, joue sur le nationalisme, qui s'est nettement emparé de deux autres pays clés, la Hongrie et la Turquie." Quitter l'UE et donc quitter l'Otan? Ce serait pour la Russie l'occasion de renforcer ses positions en Méditerranée orientale face à la VIe flotte américaine dont le QG est en Crète. Mais compte tenu du rapport de force et de la pression américaine sur Athènes, l'OTAN "serait la dernière digue à lâcher", souligne le patron de l'Ifri, pour qui l'Europe ferait bien de "repenser géopolitiquement la Grèce sur le long terme".

vendredi 3 avril 2015

Reprise économique au 1er semestre: une prévision vendue comme un fait

Reprise économique annoncée, mais chômage attendu en hausse

Le gouvernement attend désespérément une
 reprise de l'activité économique

L'INSEE lui offre l'annonce d'une prévision positive lors de la première moitié de l'année 2015, mais elle sera encore insuffisante pour enrayer la hausse du chômage ou provoquer le "déclic" de l'investissement des entreprises.

Dans sa note de conjoncture publiée jeudi, l'Institut national de la statistique et des études économiques prévoit une croissance du produit intérieur brut français de 0,4% au premier trimestre (révision légèrement en hausse par rapport à l'estimation de décembre) et de 0,3% au deuxième trimestre.

La gauche saute allègrement de la prévision à la réalité 
Les éléments de langage de l'AFP répandent la confusion  ensuite entretenue par les organes de presse, tel Libération. "Ces prévisions, qui assurent à la France un acquis de croissance" (croissance annuelle s'il n'y a pas de variation les deux trimestres suivants) de 0,8%, confortent la position du gouvernement qui prévoit 1% sur l'année, mais qui espère aussi aller au-delà", écrit l'agence de presse officielle. 
L'INSEE est d'ailleurs présenté comme une arme de propagande. "De plus, si le scénario conjoncturel de l'Insee se réalise, le produit intérieur brut (PIB) à mi-2015 [dans trois mois] aura crû de 1,1% par rapport à mi-2014."

La voie est ainsi ouverte  au ministre des Finances Michel Sapin qui politise ouvertement le débat. L'économie n'irait-elle donc mal que du fait d'un ressenti mauvais des acteurs? "Le 1% pour l'année 2015, perçu par beaucoup comme irréaliste il y a quelques mois, apparaît aujourd'hui comme un plancher", a polémiqué devant la presse le marchand de sable de Bercy, rappelant que "l'objectif est de faire plus".

Si les chiffres remontaient, deux nuages très noirs hypothéquent encore la reprise

D'une part, l'INSEE ne dissimule pas que le taux de chômage va encore augmenter et, d'autre part, la confiance des entrepreneurs ne revient pas puisque leurs investissements resteront "atones" au premier semestre, malgré un "net redressement" du taux de marge des entreprises.

- 10,2% de chômage dans la seule métropole
Le taux de chômage, qui a atteint la barre des 10% de la population active fin 2014, devrait ainsi continuer à augmenter jusqu'à 10,2% en métropole mi-2015, retrouvant un niveau inégalé depuis près de 20 ans,  fin 1997: 10,8 %, un niveau record depuis la fin des Trente Glorieuses, le socialiste Lionel Jospin étant devenu premier ministre en juin. (Pour mémoire, il annonça alors la fermeture du réacteur Superphénix.) Les économistes et le gouvernement estiment qu'il faut au moins 1,5% de croissance pour faire baisser le chômage: d'où l'intox actuellement développée par l'INSEE, organisme rattaché au ministère de l'Économie.
Comme son prédécesseur, mon beau Sapin, roi de l'intox, le ministre du Travail, François Rebsamen, anticipe le moindre frémissement en prenant ses désirs pour des réalités. Il  "pense" (si, si) que l’année 2015 sera "meilleure que l’année 2014" en matière de lutte contre le chômage, et qu’elle devrait "être le tournant". Le ministre s’attend à "un début de régression" (du nombre des inscrits à Pole emploi), 
à "la fin de l’année." En faisant disparaître certains chômeurs de la photo de l'INSEE 
"On s'attend à une légère augmentation de l'emploi total, de l'ordre de 20.000 emplois, raconte Vladimir Passeron, chef du département conjoncture de l'Insee. Mais, il y aurait un 'mais' !  La population active augmente d'environ 60.000 personnes, donc on observera une hausse du taux de chômage, sur le même rythme que les trimestres précédents", a a-t-il tenté de faire comprendre, lors d'une conférence de presse jeudi.

En attendant, si on veut bien inclure l’Outre-mer, le chômage, qui touchait 10,4% de la population active à la fin de l’année 2014, culminerait cet été à 10,6%.
Fin février, Pôle emploi recensait 3,49 millions de demandeurs d’emploi sans aucune activité en métropole, flirtant avec son record absolu, atteint fin 2014. Sans exclure les chômeurs ayant exercé une petite activité, le deuxième thermomètre du chômage a atteint de nouveaux records, à 5,26 millions en métropole, 5,56 millions avec l’Outre-mer

Et la méthode Coué se heurte aux réalités têtues. Parallèlement, si les perspectives d'investissements dans l'industrie augmentent légèrement, celles des services grèvent la prévision (0,0% en moyenne au premier trimestre, 0,1% au deuxième). Et, avant que le gouvernement n'annonce de nouvelles mesures pour inciter les entreprises à investir, pour l'Insee, c'est comme si c'était assuré, "les conditions sont réunies" pour une reprise de l'investissement.

- "Redressement spectaculaire" des marges 
En effet, le taux de marge des entreprises s'est nettement redressé, estime l'Institut, retrouvant son niveau de 2011 (31,3%). Il l'explique par l'effet conjugué de plusieurs baisses de l'euro, du crédit d'impôt compétitivité emploi et des premières baisses de cotisations patronales prévues dans le pacte de responsabilité, mais aussi des conditions de financement favorables et d'un prix du pétrole qui reste bas grâce au gaz de schiste américain.

L'INSEE tente de minimiser l'impact négatif de la faiblesse de l'investissement sur la reprise économique



"Le taux d'investissement français n'a pas baissé autant en France que dans d'autres pays pendant la crise, il n'y a pas de rattrapage nécessaire", a positivé Laurent Clavel, chef de la division Synthèse conjoncturelle de l'Insee. "Historiquement, la plupart des redémarrages économiques s'accompagnent d'un investissement suiveur, pas moteur", a-t-il précisé.

Pour Michel Sapin, si les taux de marge opèrent un "redressement spectaculaire",
le but du gouvernement est de retrouver les niveaux d'avant la crise débutée en 2007 et ressentie en 2008 (32,7%). Et il en profite pour se féliciter de cet... objectif qui justifie, selon lui, "le maintien du cap" de la politique économique du gouvernement, une ligne socio-libérale très contestée à gauche, après comme avant la défaite de la majorité présidentielle aux départementales. "Il faut que le monde économique soit certain que le cap (des baisses de charges et d'impôts) soit maintenu", a insisté le ministre soucieux de rassurer l'entreprise, quitte à irriter les socialo-socialistes. 

Reste que, dans l'immédiat, le pouvoir mise sur une activité portée par la consommation des ménages, traditionnel moteur de croissance en France. Celle-ci ne se fera qu'à la condition d'une "accélération du pouvoir d'achat", selon l'Insee, grâce à la baisse des prix des carburants du fait des cours du baril à l'international, mais aussi au "moindre dynamisme des prélèvements obligatoires". 
Quant au commerce extérieur, il devrait avoir une influence marginale sur la croissance du premier semestre, du fait d'une faible compétitivité de nos entreprises et malgré les bons effets de la baisse de l'euro sur les exportations.

lundi 9 juin 2014

L’affaire BNP s’aggrave: François Hollande bat des records de maladresse…

Les Américains en profitent pour redoubler d’hypocrisie

L’affaire BNP Paribas est devenue extrêmement grave pour l’équilibre financier de la planète,
 
selon Jean-Claude Trichet, l’ex-président de la BCE. Or, face à l’hypocrisie américaine, la présidence française s’y prend vraiment très mal, d'après Jean-Marc Sylvestre, journaliste économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010, puis sur i>télé (groupe Canal+).


L'affaire Kerviel inspire Obama et, depuis une semaine, on sait que la banque française pourrait se voir infliger une amende de plus de 10 milliards d’euros. Le New York Times parlait même hier de 16 milliards d’euros avec un risque de voir la licence bancaire retirée, c’est-à-dire le droit d’exercer l’activité de banquier en dollars, sur le sol de nos alliés américains et partout dans le monde… 
Les autorités de surveillance américaines reprochent à la banque française non seulement d’avoir transgressé l’embargo américain en travaillant avec des pays sur la liste noire de Washington (Cuba, Soudan, Iran..) mais en ayant aussi travaillé en dollars.

En fait,
les USA s’estiment responsables des opérations faites en dollars dans le monde entier…
Si les rumeurs rapportées par la presse américaine étaient vérifiées, il s’agirait de la condamnation à mort d’une très grande banque française. La taxer d'une amende de 16 milliards, c’est déjà énorme. Mais en lui retirant la licence, on lui interdirait carrément de travailler. La privation du passeport serait une catastrophe pour tout le monde.
A supposer que la BNP ait gravement fauté dans l’interprétation de la réglementation américaine, la condamnation paraît astronomique…disproportionnée. Elle revient à obliger la banque à augmenter considérablement sa couverture de risques en fonds propres ce qui limite forcément ses moyens de crédits aux entreprises, mais plus grave, pour Jean-Claude Trichet qui s’exprimait jeudi dernier, "une telle décision serait systémique", c’est-à-dire que son impact se propagerait au monde entier avec des conséquences incontrôlables. La confiance dans les systèmes financiers serait à nouveau ébranlée, un peu comme au lendemain de l'éclatement de la bulle spéculative des subprimes en 2008.
L’effet contagion serait d’autant plus rapide que dans ces conditions d’autres banques françaises et étrangères seraient touchées par les sanctions parce que beaucoup de banques ont, semble-t-il, également fauté.
Ce qui est sûr, c’est que le monde entier travaille en dollars et que si l'on risque de perdre son passeport à chaque fois que l'on touche un dollar, l’économie toute entière risque fort de s’arrêter. 

Les observateurs donnent deux explications à cette affaire surréaliste

Ou bien les autorités américaines n’ont pas évalué le risque systémique. Cela parait difficile à imaginer encore que la liste des banques, au banc des accusés est longue, elle ne se limitera pas à une banque française. On se souvient aussi que les autorités judiciaires américaines n’avaient pas évalué en septembre 2008 le risque de catastrophe systémique en prononçant la faillite de Lehman Brothers.

Ou bien, le système américain cherche à exclure du jeu financier mondial des concurrents dangereux parce qu’efficaces. La suprématie américaine sur la planète s’exerce par la toute-puissance de la monnaie, le dollar et des banques américaines qui ne veulent guère partager. Point barre.

En attendant, la France est effectivement en première ligne parce qu'outre la BNP, explicitement condamnée par la presse financière américaine, on sait déjà que la plupart des autres banques françaises et beaucoup de banques européennes sont également ciblées.

Face à cette situation, la gouvernance française est d’abord restée muette. Pour des raisons de politique intérieure, le président Hollande et son gouvernement se sentaient mal à l’aise de défendre des financiers et des banquiers que l’on a plutôt fustigés jadis pour excès de spéculation. Mais il est vrai qu’on était alors en campagne électorale. Depuis deux semaines, on a compris dans les sphères les plus élevées de l’Etat que cette menace sur la banque française était sérieuse.

Après que la presse se soit étonnée de l’immobilisme des autorités françaises (comparé à l’interventionnisme intempestif et incohérent contre General Electric dans le dossier Alstom), la contre-offensive a été discrètement lancée par Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, qui a mobilisé les réseaux diplomatiques et consulté les meilleurs avocats. Puis par Michel Sapin qui a posé les vraies questions en s’étonnant que la presse américaine se précipite à condamner ainsi une banque française et en demandant seulement que cette affaire soit traitée équitablement. Pas question à ce moment-là de douter du caractère exclusivement judiciaire de cette affaire. La réaction française consistait pourtant à déléguer aux avocats le soin d’avancer dans le dossier.

Mais François Hollande est venu gâter la sauce en intervenant pour en souligner le caractère politique. En pleine préparation des cérémonies de commémoration du D-Day au cours desquelles il allait recevoir les plus grands chefs d’Etat de la planète, il a cru bon de mettre à l’ordre du jour des rencontres au sommet avec Barack Obama cette affaire de BNP Paribas. Il a d’abord écrit au président américain pour s’étonner des arrières pensées politiques qu’il a cru suspecter, reprochant au président US d’utiliser cette affaire pour se donner une image de pourfendeur de la spéculation et de protecteurs de la morale et de l’éthique financière. Non seulement, le président français aurait écrit au président américain, mais il aurait aussi relancé le débat lors de leurs entretiens, l’Elysée faisant savoir que la France ne pouvait pas s'en laisser imposer.

En accusant Barack Obama d’utiliser l’affaire BNP a des fins de politique intérieure puisque Obama a besoin de montrer à son peuple qu'il surveille les banques), François Hollande a raison. C’est un vrai procès. Mais là où François Hollande a eu gravement tort, c’est de polluer un événement planétaire prestigieux où le monde entier devait célébrer la liberté et la solidarité entre les peuples, par de lamentables affaires de cuisines financières. Ça pouvait se traiter ailleurs. Là où François Hollande a eu gravement tort c’est que lui-même, n’hésite pas à utiliser les banques et leurs méfaits, quand il en a besoin pour plaire à son aile gauche.

La presse américaine ne nous a d’ailleurs pas épargné en accusant François Hollande de vouloir tordre le bras des Américains et le président Obama n’a pas manqué de nous donner devant le monde entier une leçon d’indépendance de la justice et de démocratie. "Chez nous en Amérique, le président ne peut pas téléphoner au procureur pour lui dicter une décision de justice"...
Le chef de la diplomatie, John Kerry soi-même,  en a même rajouté à Paris en estimant "qu'en Amérique la justice est indépendante et si dans certains pays ce n’est pas le cas ... " Ni Libération, ni Le Monde n'a eu en France cette analyse...

Pour le président Français, c’est une claque de plus

Le président exemplaire se fait taper sur les doigts
En même temps, la position américaine est d’une hypocrisie sans nom. Il n'est pas un grand pays au monde qui ait été aussi laxiste  que l’Amérique avec ses banques, alors que l’Europe -et la France en particulier- ont toujours été d’une rigueur et d’une sévérité sans pareils, au point que cela a pu, avec Bâle 3, freiner leur capacité d'activité. Le principe de précaution appliqué aux banques a sécurisé le système français, quand il ne les a pas entravés. Et si les Européens ont été à la peine,  c’est autant à cause du laisser-aller américain que de leurs propres erreurs. Barack Obama a, semble t-il, oublié son laisser-faire, bien content de trouver en Europe des bouc-émissaires.

Cela dit, désormais, il va bien falloir que cette affaire se calme pour laisser aux juristes, et aux diplomates le soin de faire leur métier. Et de tirer les leçons de cet épisode.

La première est que ce type d’affaires ne peut pas se résoudre à l’échelle nationale. C’est typiquement une négociation que l’Europe (la zone euro) devrait prendre en charge, car l’Amérique profite évidemment des désaccords européens. La zone euro incapable de parler d’une même voix est à chaque fois disqualifiée. Sans parler des gouvernements qui n’ont pas su développer une relation saine, correcte et responsable avec leurs entreprises. Il est en effet très difficiles de défendre des entreprises quand, du sommet de l'Etat jusqu'à Montebourg, on a traité les patrons de voyous pendant si longtemps.

La seconde leçon est que cette affaire plaide pour la négociation d’un traité d’échange commercial et financier entre les l’Europe et les USA. Aussi paradoxal que ça puisse paraître, il faut éliminer les risques de guerre financière. Au moins pourrait-on disposer d’un cadre pour prévenir ce genre d’affaires.

La troisième leçon est bien évidemment qu'il faudrait travailler en euro. Le dollar est d’autant plus fort et inattaquable que c’est la monnaie mondiale. L’euro n’est qu'une monnaie de réserve spécialisée dans le financement des dettes d’Etat garanties par des contribuables hors pairs que sont les Européens. Si les dettes publiques sont en euros, les affaires se font en dollars. Et pour stopper cette dérive, une seule solution, diminuer les dettes publiques. Étonnant? Non ! On en revient à la case départ, en attendant de mettre les banquiers en prison.

En 
disant détecter des aptitudes diplomatiques chez Hollande lors des célébrations du Débarquement allié de 1944, la presse hexagonale tentait une fois de plus d'intoxiquer la population en glorifiant le bourrin: Pépère est aussi fin diplomate qu'expert économique !... 

lundi 21 octobre 2013

Patrice Evra récidive en traitant les consultants foot de "clochards"

Des Bleus de la diversité nantie, insultants et méprisants

L'ancien capitaine des Bleus insulte plusieurs consultants de télé.


Arrière gauche de Manchester United et de l'équipe de France, l'arrogant Patrice Evra a violemment réglé ses comptes avec quatre consultants ou journalistes, qualifiés de "clochards" et de "parasites" dans unn entretien diffusé dimanche sur TF1, dans l'émission Téléfoot.

Interrogé sur son intervention dans le vestiaire des Bleus à la mi-temps du match en Biélorussie (4-2), Evra déclare d'abord qu'il aurait "préféré que ça reste dans le vestiaire", "parce que c'est toujours comme ça avec certains media"

Evra brandit aussi la menace

"Il y a quelques commentateurs avec lesquels je réglerai bientôt mes comptes." 
Et de se justifier avec des chances d'une meilleure écoute que le bijoutier de Nice: "Parce que quand je sors, je ne me suis jamais fait siffler dans aucun stade depuis la Coupe du monde. Mais ils veulent mentir aux Français comme quoi Evra est le mal-aimé. Mais pas du tout", enchaîne Evra.


Evra, 1m73, s'en prend ensuite frontalement à quatre journalistes ou consultants, qu'il nomme dans l'entretien diffusé dimanche : Luis Fernandez, footballeur international (vainqueur de l'Euro 1984 avec les Bleus ) reconverti entraîneur, Bixente Lizarazu ( vainqueur de la Coupe du monde de football 1998 et du Championnat d'Europe de football 2000), Rolland Courbis (ancien footballeur reconverti entraîneur, agent de joueurs) et Pierre Ménès (journaliste sportif et polémiste). "Qu'ils arrêtent de dire n'importe quoi. C'est du grand n'importe quoi. Ces personnes là vont trop loin. Personne ne m'a jamais dit 'qu'est-ce que vous avez fait à Knysna ?' Personne. C'est ces personnes là qui à chaque fois ont leur mot à dire", lance-t-il encore. 
"Les gens ont une bonne image de moi, c'est pas ces clochards qui vont salir mon image. Qu'ils arrêtent de mentir aux Français", poursuit-il, évoquant des "parasites".

Devoir de mémoire
Footballeur international français d'origine guinéenne, né au Sénégal et formé aux Ullis (Essone), marié et père d'un fils, aurait eu une relation extra-conjugale avec Carla Howe le 3 février 2013 au cours d'une soirée avec son coéquipier Anderson et Melissa Howe, selon un tabloid anglais, quelques heures avant un match important de son équipe
Le footballeur Yann M'Vila s'était vu accusé de prostitution sur mineure la même semaine.

Sélectionné par Raymond Domenech pour participer à l'Euro 2008, il participe à la deuxième et à la troisième rencontre de l'Euro face à l'Italie, match dont l'issue est fatale aux Bleus (0-2) qui sont éliminés de la compétition.
Suite à l'élimination de la France, il évoque un "gâchis" de la campagne des Bleus devant les caméras.
Lors du premier des trois matchs de préparation à la Coupe du monde 2010 contre le Costa Rica, il porte  le brassard de capitaine de l'équipe de France à la place de Thierry Henry en Coupe du monde. Après les mauvaises performances des Bleus lors de ce Mondial, l'ancien international Lilian Thuram demande qu'Évra soit exclu définitivement de l'équipe de France le 2 juillet 2010, en raison de sa responsabilité dans la grève des joueurs. Le 17 août suivant, l'arrière gauche écope finalement de cinq matchs de suspension.
Lien PaSiDupes: Hollande honore un mari violent, Lilian Thuram

Liens PaSiDupes

1- R. Domenech: ses vraies-fausses révélations
2- Après Evra, c'est M'vila, pris dans des affaires de moeurs : Les Bleus, c'est la crème du foot international !


Depuis que le maillot bleu est porté par un mis en examen, que peut-on attendre? Lien PaSiDupes

dimanche 24 mars 2013

Mélenchon est-il antisémite comme l'affirme Moscovici ?


Mélenchon se défend de tout antisémitisme à l'encontre de Moscovici

Pierre Moscovici n'est pas français, puisqu'il est juif d'origine roumaine, selon Mélenchon !

Le ministre se dit stigmatisé par l'antisémitisme de Jean-Luc Mélenchon 
L'accusé a tenté de se défendre dimanche, à l'issue du 3ème congrès du Parti de gauche à Bordeaux. Une polémique  sur la radicalisation de son discours contre le gouvernement et l'Union européenne, peut donc en cacher une autre.

Samedi, pour commencer, un de ses proches, François Delapierre avait lancé à la tribune que le ministre de l'Economie fait partie des "17 salopards de l'eurogroupe" qui font pression sur Chypre. 

Ensuite, interrogé par la presse sur ces propos, Jean-Luc Mélenchon avait ajouté que le ministre de l'Economie "ne pense pas français, il pense finance internationale".

Réactions au PS

Mairie PCF, 2011
Vu la gravité des propos de l'allié électoral du PS, Harlem Désir a réagi le jour même. Le 1er secrétaire du PS a demandé au coprésident du Parti de gauche de "retirer" ses propos "inacceptables", et ce "vocabulaire des années 30".

Et dimanche, Pierre Moscovici soi-même, qui est en effet d'origine juive, a jugé que Mélenchon "est en train, par détestation de la social-démocratie, par détestation du parti socialiste, de franchir certaines bornes". "Il y a des choses auxquelles on ne touche pas", a dit le ministre lors de l'émission Dimanche+ sur Canal+.

Les quatre députés PS de Paris et de banlieue (Serge Blisko, Tony Dreyfus, Danièle Hoffman-Rispal et Daniel Goldberg) évincés notamment dans le cadre de l'accord entre les socialistes et EELV pour les dernières législatives rejettent les
soupçons d'"antisémitisme". Le président du CRIF, Richard Prasquier, laissait entendre le contraire... Il reste que les juifs du gouvernement, tels V. Peillon ou Laurent Fabius, assurent la parité avec les musulmans, tels Arnaud Montebourg (ascendance),
Kader Arif, Benguigui ou Najat Vallaud-Belkacem, ainsi que Christiane Taubira, laïque et signataire  de la pétition en faveur des Mamans Voilées .
Jean Glavany est aussi le co-auteur, notamment avec Dounia Bouzar, de deux ouvrages controversés et édités par la Fondation Jean-Jaurès : Le guide pratique de la laïcité, puis Laïcité : les deux points sur le i.
Claude Bartolone, signataire de cette proposition de résolution La reconnaissance par la France de l'Etat palestinien. Bien qu'endetté, le Conseil général de Seine-Saint-Denis (93) qu'il présidait a voté le 25 juin 2009 pour une subvention exceptionnelle et controversée de 20 000 euros au Réseau de coopération décentralisée pour la Palestine.
Le socialiste Daniel Vaillant, qui était ministre de l'Intérieur du gouvernement de Lionel Jospin, minorait alors le nombre d'actes antisémites au début de l'Intifada II. 
Les socialistes Jean-Pierre Bel et Bariza Khiari, respectivement président et vice-président du Sénat, sont membres du Comité de parrainage de Salah Hamouri, membre du groupe terroriste Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et condamné pour avoir fomenté l'assassinat du grand rabbin Ovadia Yossef.
Qui enfin oserait soutenir que la Ch'tite Martine Brochen-Aubry n'est pas pro-arabe ?

Quant à la liste des socialistes anti-sionistes, la place nous manque ... Citons toutefois Dominique Strauss-Kahn,  Julien Dray ou Jack Lang, tous juifs.

Mauvaise foi de Mélenchon, ex-PS

Honnêtement,"j'ignorais quelle était la religion de Pierre Moscovici et je n'ai pas l'intention d'en tenir compte dans l'avenir, pas davantage que dans le passé", a lâché Mélenchon - sans honte - lors du meeting de clôture du congrès.

En mai 2009, des responsables politiques avaient appelé au boycottage des produits d'origine israélienne à la suite des bombardements de Gaza. Ce sont quelque 80 personnes qui ont fait l'objet de poursuites dans toute la France pour "provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence". 
110 pétionnnaires ont pris fait et cause pour eux, comme Olivier Besancenot et Alain Krivine, Marie-George Buffet, Eva Joly, Daniel Cohn-Bendit, Clémentine Autain, ou les altermondialistes Cécile Duflot, Noël Mamère, Eva Joly et Yannick Jadot.

"Mais si un jour parce qu'il est juif", Pierre Moscovici était menacé, "il nous trouverait tous, comme un seul corps, pour le défendre", a-t-il ajouté sous les applaudissements de la salle des pro-palestiniens, comme lui.

Mélenchon détournement de l'attention sur Désir H
"Harlem Désir instrumentalise l'antisémitisme et de façon insupportable", a lancé le candidat des communistes à la présidentielle 2012, quelque minutes plus tard aux journalistes...
Des socialistes figurent ppourtant parmi les signataires de la pétition ci-dessus: Michel Rocard, ancien Premier ministre de F. Mitterrand, Pierre Joxe, ancien ministre, Laure Adler ou ...Stéphane Hessel, dont le président F. Hollande vient de prononcer l'éloge funèbre.

"Un coup, une blessure", a admis Jean-Luc Mélenchon au sujet de cette polémique, s'en prenant aux propos du premier secrétaire du PS "très offensants et humainement spécialement blessants de la part de quelqu'un qui a milité avec moi pendant des années".

"Diversion", assure Jean-Luc Mélenchon 
"Les socialistes ont décidé de franchir à mon sujet des étapes inouïes de diabolisation", a-t-il eu le front de déclarer devant les caméras.

Au Parti du gauche, on estimé le terme de "salopards" plus insupportable... Jean-Luc Mélenchon dénonce "cette attitude (de la France) au moment de Chypre qui n'est pas l'attitude qui correspond à la tradition et aux intérêts profonds de notre pays".

"
Il (le gouvernement) ne pense qu'à cajoler la finance", a-t-il lancé sur scène.
"La finance internationale a fait son cahier de brouillon en Grèce, elle en fait un deuxième à Chypre , c'est nous les suivants", selon l'ex-candidat Front de gauche à la présidentielle pour qui "l'affaire de Chypre a été un franchissement".
"Nous ne sommes pas en train de dire que nous proposons de sortir de l'euro", a-t-il toutefois précisé. "En sortir, serait accepter 'l'euro Merckel' ", a polémiqué. Mélechon qui souhaite "un euro des peuples".
"Si le Président de la République ne se réveille pas , s'il ne comprend pas qu'il n'est pas dans un congrés permanent du PS à la tête de l'Etat (...) bientôt il verra que les autres n'en ont rien à faire de sa gentillesse et de ses blagues", a-t-il dit.

"
L'infecte propagande du parti solférinien va se mettre en route", a-t-il annoncé, en parlant du PS, dont le siège est rue de Solférino.
Un "parler cru et dru", qu'a revendiqué sur scène Jean-Luc Melenchon "fier d'être tribun" grossier. "Je ne leur reconnaîs aucune suprématie intellectuelle parce que ma manière de parler les dérange, parce que j'appelle un chat, un chat et mon camarade, un salopard, un salopard", a-t-il lancé sous les applaudissements de la salle.
"Dans la Bible, il est écrit que Dieu vomit les tièdes", a-t-il rappelé, lui qui est vomi par la classe politique.

L'UMP n'a eu qu' enfoncer le clou
Dimanche matin, Jean-François Copé et Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) ont également fustigé les propos de Jean-Luc Mélenchon.

mardi 20 novembre 2012

Moscovici n'assume pas la dégradation de la France par Moody's

Moody's abaisse à son tour la notation de la France


Moody's donne raison à The Economist

Elle a attribué à la France la note AA1, qui perd ainsi son précieux triple A. L'agence de notation a en outre assorti cette dégradation d'une perspective négative, ce qui signifie qu'elle pourrait à nouveau l'abaisser à moyen terme, selon un communiqué publié dans la soirée.

Le timing a pu surprendre. 

Sur le fond, la dégradation de la France par Moody's n'est pas une surprise. L'agence de notation avait fait l'annonce qu'elle placerait la note de la France sous perspective négative, mais le gouvernement Ayrault n'a rien fait pour adapter sa politique à l'état de la crise internationale et pour réduire la dette publique.

Généralement, une sorte de moratoire permet de redresser la situation est de six mois. Un délai supplémentaire de cinq mois aura finalement été accordé à la gauche socialo-écolo, à cause des élections présidentielles et législatives qui ne permettaient pas à Moody's de juger la politique qui allait être menée sur le long terme.


"Après les élections législatives à venir, Moody's attend que l'actuel gouvernement donne une image plus claire de son programme", avait expliqué l'agence. Il avait toutefois fallu que le Premier ministre, François Fillon, suggérât au candidat PS, François Hollande, de soumettre son programme à l'agence de notation Standard & Poor's qui venait d'annoncer la dégradation de la note de la France malgré la campagne présidentielle...

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Le gouvernement tente de minimiser la dégradation, titre Le Figaro

En fait, l'exécutif rejette sur la droite la responsabilité de la perte du AAA français le quotidien, observe ensuite le quotidien.
Jean-François Copé y voit au contraire une sanction du manque de réformes de l'équipe Hollande. Les analystes financiers sont nuancés sur les conséquences à envisager. 

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La ligne de l'exécutif est à la dédramatisation
Après que la France a perdu le triple A que lui accordait encore l'agence de notation Moody'sMatignon et l'Élysée s'abstiennent de tout commentaire officiel pour ne pas alimenter le débat et laissent à Bercy seul  la tâche de se justifier par communiqué.

Un proche de François Hollande s'est toutefois exprimé, sous couvert de l'anonymat, auprès de l'agence Reuters. L'information n'a rien de surprenant, argumente-t-il: «Cette dégradation sanctionne les errements du passé. Ce n'est pas une surprise puisque le diagnostic rejoint celui du gouvernement et celui du rapport Gallois», a-t-il affirmé. "Cela valide notre stratégie économique de restaurer notre compétitivité et de mettre en œuvre des réformes structurelles, a-t-il affirmé sous couvert d'anonymat (!). Jamais un gouvernement n'aura engagé en si peu de temps autant de réformes structurelles en France", ose-t-il assuré, contre l'avis de la terre entière.

"Les erreurs du passé" sont également pointées du doigt par le ministre des Finances, Pierre Moscovici. Pour ce dernier,  " cette décision concerne la situation laissée par nos prédécesseurs: perte de compétitivité, faible croissance, déficit croissant ", a-t-il accusé dans son communiqué, publié dans la soirée, instantanément l'annonce de Moody's. Pour échapper à une dégradation, «il aurait fallu une inversion de la courbe» de la dette publique de la France,  " ce qui était impossible ".


Pierre Moscovici s'obstine et  "prend acte de la décision de Moody's"
Il réaffirme "la qualité de la signature de l'État français" et, bien qu'elles soient qualifiées de mesurettes, le ministre des Finances "rappelle les réformes engagées résolument par le gouvernement qui visent précisément à redresser notre économie: maîtrise des comptes publics, pacte national pour la compétitivité, la croissance et l'emploi ainsi que la négociation en cours sur le marché du travail». «L'économie française est large et diversifiée» et "la dette française demeure parmi les plus liquides et les plus sûres de la zone euro", insiste-t-il. Malgré la dégradation, le ministre des Finances a maintenu sa perspective de croissance à 0,8% pour 2013.

La présidente du MEDEF, Laurence Parisot, juge que l'abaissement de la note de la France est " une alerte sérieuse " face à laquelle la France doit engager rapidement des réformes structurelles. 

" La dégradation de Moody's n'est malheureusement pas une surprise pour tous ceux qui ont entendu mes déclarations depuis des semaines et depuis des mois: ce n'est que la confirmation de la situation très préoccupante dans laquelle se trouve notre économie ". " C'est donc une alerte sérieuse qu'il faut prendre comme telle ", a-t-elle poursuivi, au cours de sa conférence de presse mensuelle. "Face à cette alerte nous devons engager toutes les réformes qui permettent de rétablir notre compétitivité ".

Une décision "lourde d'inquiétudes"

Nouvellement élu président de l'UMP, le secrétaire général sortant, Jean-François Copé, ne pouvait pas décemment laisser passer cette ligne de défense. 
Le gouvernement ne manquera pas de tenter de se défausser sur Nicolas Sarkozy (...). La vérité, c'est que la gauche porte clairement une part importante de responsabilité dans cette dégradation ", a-t-il asséné. "Moody's avait placé la France sous surveillance négative suite au projet de loi de finances rectificative pour 2012 défendu par François Hollande en juillet dernier. L'agence de notation, par cette décision, constate que le gouvernement n'a pas engagé les réformes nécessaires pour maintenir la notation de la France", observe l'ancien ministre délégué au Budget (2004-2007), tout en déplorant que la décision de Moody's soit "  une mauvaise nouvelle pour notre pays. Personne ne peut se réjouir d'une telle annonce, lourde d'inquiétudes pour la France .

Cet avis est partagé par la présidente du MEDEF, Laurence Parisot: "Cette décision de Moody's fait peser sur nous une pression particulière. Elle confirme les cris d'alarme que j'ai poussés ces derniers mois, je ne m'en réjouis pas", a-t-elle affirmé lors de sa conférence de presse mensuelle.



Pas de bouleversement immédiat sur les marchés

Les analystes économiques se veulent rassurants. 
D'après certains, les marchés ne devraient pas surréagir à l'annonce: "C'est largement intégré. Ce n'est pas en soi très important, mais psychologiquement, ça peut l'être, d'où un possible mouvement d'humeur", explique René Defossez, stratégiste chez Natixis
Pour Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC, " cette décision peut générer une tension sur les taux d'emprunt, mais la France ne devrait pas être pour autant attaquée sur les marchés ". Certains investisseurs internationaux pourraient être tentés à court terme de vendre un peu de dette française, mais le double A reste une bonne note,  compte-tenu du contexte dégradé, tiennent-ils à rappeler, de peur d'un affolement des marchés.

La banque Citigroup a également publié une note dans laquelle elle affirme que les raisons qui motivent la décision de Moody's
- perte de compétitivité,  
- perspectives budgétaires incertaines 
- et l'incapacité à prévoir la résistance de la France à de futurs chocs au sein de la zone euro  entre autres 
sont déjà connues. 

Selon la banque américaine, "peu des arguments par Moody's sont nouveaux et la dégradation reflète une réalité qui s'applique depuis longtemps à la France et à un grand de nombre de pays encore notés AAA", en vain.
"La France est loin d'être dans une situation où son accès au marché est menacé", insiste Jean-Louis Mourier. Selon Xavier Timbeau, directeur du département analyse et prévision de l'OFCE, ce qui sauve la France pour l'instant, c'est que le pays serait "plus un havre de sécurité pour les placements que d'autres pays ". C'est d'ailleurs ce qui " s'est passé pour la première dégradation de la France par Standard & Poor's ou pour les États-Unis" , ajoute-t-il, au risque de ternir l'administration Obama ! La France a encore un peu de marge de manœuvre sur les marchés puisque le gouvernement a prévu dans le budget 2013 un taux d'emprunt à 10 ans à 2,9% pour l'an prochain, soit très au-dessus de celui auquel il emprunte à l'heure actuelle (les taux à 10 ans s'affichaient à 2,06% lundi soir). Ainsi, le gouvernement Ayrault n'est-il pas aussi optimiste que la sélection des analystes volontaristes cités...

Le gouvernement parie sur une baisse de l'euro 

Pris par surprise, les marchés européens sont très calme ce matin. 
La Bourse de Paris a débuté la séance sur une légère baisse de 0,13%. À Francfort le Dax et à Londres l'indice Footsie perdaient respectivement 0,23% et 0,21%. Le taux à 10 ans de l'emprunt d'État français se négocie à 2,1%. Les CDS sur la France étaient en légère hausse de quatre points de base ce mardi matin, à 93 points selon la société Markit.

Sur le marché des devises, les investisseurs digèrent un peu plus mal la nouvelle. À la suite de la décision de l'agence de notation, l'euro s'est retourné à la baisse face au dollar. Ce matin, la devise européenne perd un peu de terrain sur le billet vert à 1,2784 dollar, contre 1,2811 dollar lundi.

En fait,  tant qu'un pays est noté triple A par deux des trois grandes agences (S&P, Fitch et Moody's), il reste dans le panier des pays notés AAA, appelé "indices obligataires benchmark AAA". Traduction: il est présent dans une sélection de pays considérés comme fiables par les agences de notation, mais, si  le taux de leurs prêts est menacé, il n'est pas encore alourdi. 


Quand Standard and Poor's (SP) avait dégainé la première, le 13 janvier 2012

Selon le candidat F. Hollande, le président de la République avait failli. 
Hollande avait alors pointé le décrochage de la France et prédit un surenchérissement des taux d'emprunt de la France.

VOIR et ENTENDRE François Hollande assurer en début d'année que  "c'est la crédibilité de la stratégie conduite depuis 2007 qui est mise en cause" (France Info -  01'17'')



" Nicolas Sarkozy avait fait de la conservation du triple A un objectif de sa politique et même une obligation pour son gouvernement. C'est ainsi qu'avaient été justifiés pas moins de deux plans de rigueur en quatre mois. Cette bataille, et je le regrette, a été perdue. C'est la crédibilité de la stratégie conduite depuis 2007 qui est mise en cause. Elle a manqué de cohérence, elle a manqué de constance et elle a manqué de clairvoyance et surtout de résultats. C'est une politique qui a été dégradée, ce n'est pas la France. (...) La France peut réussir son redressement (...), c'est tout l'enjeu du scrutin de 2012" a affirmé ce matin François Holande.

VOIR et ENTENDRE les accusations de François Hollande -hypocrite et en janvier 2012:




Une dramatisation injuste en janvier devient
une casserole culottée en novembre.


Moscovici répugne à féliciter nos voisins 

allemands ou finlandais qui, 
eux, n'ont pas été dégradés.