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jeudi 18 janvier 2018

Catalogne: le parti nationaliste de Carles Puigdemont s'est financé illégalement

Le parti nationaliste catalan s'est mis dans l'illégalité

Carles Puigdemont aurait perçu 6,6 millions d’euros d’un groupe de BTP et services 

Résultat de recherche d'images pour "Carles Puigdemont Manuel Valls"Les déboires des indépendantistes de 'Convergence démocratique de Catalogne'  (CDC) ne sont pas terminés. Dans une décision publiée ce lundi, un tribunal de Barcelone a des preuves que le parti des ex-présidents nationalistes de la Catalogne, Carles Puigdemont et Artur Mas, s’était financé illégalement. 

Résultat de recherche d'images pour "Palais de la musique catalane"
Palais de la musique de Barcelone
D’après la justice, CDC aurait conclu un deal "en échange de l’attribution garantie d’un certain montant de travaux publics"… lui garantissant au moins 6,6 millions d’euros du groupe espagnol de BTP et services Ferrovial. Une commission de 4 % avait été négociée sur le total des marchés publics obtenus. 
En février 2015, l’entreprise de transports Meridiam signa un contrat de concession réunissant les ports de Boulogne-sur-Mer et Calais et comprenant le projet Calais Port 2015, dans le cadre du plan Juncker, et bénéficia de la participation de la Banque européenne d’investissement (BPI), à hauteur de 30 millions d’euros.
En décembre 2015,
Ferrovial s'allia avec le français Meridiam pour répondre à l'appel d'offres sur les aéroports de Nice-Côte d'Azur et de Lyon-Saint-Exupéry.
Résultat de recherche d'images pour "Palais de la musique catalane"Le parti prenait 2,5 % et les dirigeants du Palais de la musique de Barcelone le reste. Les fonds transitaient, en effet, par cette prestigieuse institution culturelle (photo ci-dessus) dont les responsables ont déjà été condamnés à une peine de prison pour avoir détourné 23 millions d’euros entre 2000 et 2009. 

Le parti indépendantiste catalan va devoir rendre l'argent.

Résultat de recherche d'images pour "PDeCAT"
Le parti qui s’appelle désormais le Parti démocrate européen catalan (PDeCAT) va finalement devoir rembourser ces 6,6 millions d’euros. L’ancien trésorier, Daniel Osacar, a été condamné à quatre ans et demi de prison.

Cette décision de justice intervient deux jours avant la constitution du nouveau parlement catalan, où les indépendantistes ont à nouveau obtenu la majorité absolue (seulement en sièges) aux élections régionales anticipées du 21 décembre. 
Mais le parti est en difficulté pour former un gouvernement, car l’ex-président régional, Carles Puigdemont, préfère fuir la justice espagnole et reste réfugié en Belgique: il ne peut pas revenir en Espagne où il est accusé de rébellion, sédition et détournement de fonds…

mercredi 21 octobre 2015

L'hémorragie du Livret A se poursuit depuis le début de l'année

Les Français se détournent toujours du Livret A

En septembre, les Français ont encore retiré 3,25 milliards d’euros de leurs Livret A et LDD.
 
C’est la plus forte "décollecte" sur un mois depuis le début de l’année.
La déconvenue sur le le placement d’épargne populaire est sévère pour le gouvernement.Au total, il a perdu 2,38 milliards d’euros de dépôts, selon les statistiques mensuelles publiées mercredi par la Caisse des Dépôts. C’est le sixième mois consécutif de décollecte pour le placement. Depuis janvier, le manque à gagner pour le Livret A - pour le gouvernement et le logement- atteint 6,2 milliards d’euros. 

La désaffection est la même pour le Livret de développement durable (LDD). 
En septembre, les épargnants y ont retiré 870 millions d'euros et 1,18 milliard d'euros depuis janvier.

Cette hémorragie n’est pas une surprise

L'entourage gouvernemental se cherche des excuses. Ainsi, malgré la tendance sur neuf mois, se focalise-t-il sur le mois de septembre qui est souvent budgétairement chargé pour les ménages, se justifie-t-on. Ils doivent en effet acquitter le dernier tiers de l’impôt sur le revenu et beaucoup doivent aussi faire face aux dépenses de la rentrée scolaire, notamment les classes moyennes les moins assistées (cf. l'ARS) mais aussi les plus pressurées.
Quant à ceux qui auraient un peu d’argent à placer, la baisse du taux du livret A et du LDD, passé de 1 % à 0,75 % au 1er août 2015, les a sans doute décidés à privilégier d’autres placements comme l’assurance-vie en euros ou même le PEL, rémunéré 2 % brut (1,69 % net), voire même 2,5 % brut pour ceux qui ont été ouverts avant le 1er février 2015. Mais ce possible déplacement ne profite pas aux mêmes et certainement pas au logement social.

Plombée par ce désamour, la Caisse des Dépôts et Consignations ratisse étroit

Un raisonnement spécieux qui ignore l'addition des pertes
Après l'été 2014, lorsque le taux de rémunération du Livret A avait été abaissé de 1,25% à 1%, les épargnants avait réagi de façon analogue. En septembre 2014, la décollecte cumulée du Livret A et LDD avait atteint 3,15 milliards d'euros. Et si on cumule les pertes de collecte sur une année, le total est vertigineux.
La Caisse des Dépôts est l'institution financière publique, placée sous le contrôle direct d'une commission de surveillance responsable devant le Parlement, qui exerce des activités (financières) d'intérêt général pour le compte de l'État et des collectivités territoriales. Outre qu'elle gère des fonds publics (CNE) et accompagne les politiques de la ville ou de l'Université, elle investit aussi, par exemple dans Veolia Transdev (50 %) et attend donc des bénéfices du développement des transports par autocars Avec la loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques, dite 'loi Macron', brisant le monopole de service public de la SNCF au profit du transport régulier de voyageurs sur longue distance. A cet effet, Transdev a crée une filiale d'exploitation de ce nouveau marché, nommée Isilines. La CDC ne transformera pas des pertes en profits.
Ce mouvement continu de décollecte reste-t-il gérable ?
Le gouvernement socialiste abandonne 
l'épargne d'utilité sociale
Elle est censée mobiliser l'épargne pour financer le logement social et la politique de la ville. En effet, si l’institution ne mobilise guère plus de 60 % de ses encours au financement des prêts, elle n'aura pas les moyens d'en financer davantage comme l'état de l'économie devrait pouvoir l'y inciter. Sa forte collecte amassée entre 2012 et 2013 grâce au relèvement du plafond du Livret A lui assure-t-il le confortable matelas que l'on dit, dans l'entourage de l'exécutif ? A la fin septembre 2015, l’encours total du Livret A et du LDD atteint 357,8 milliards, dont 65 % environ sont centralisés à la CDC. Des sommes qui paraissent colossales aux Smicards, aux petits fonctionnaires et aux retraités, mais inquiètent les investisseurs en mal de croissance. 

lundi 23 juin 2014

Ecotaxe: Sapin se joue des chiffres et des Français

Pour combler le manque à gagner, Sapin promet un complément ...qui reste à déterminer !

Michel Sapin, quinze tonnes fou lancé à pleine vitesse

Feu l'écotaxe?
Sapin attise les flammes sous la cendre
Le compte n'y est pas, mais Sapin assure qu'il a des idées pour tenter de couvrir une partie des 300 millions d'euros de recettes en moins avec l'abandon de l'écotaxe. Le système qui devait rapporter près de 800 millions d'euros par an en taxant 15.000 kilomètres de routes a été enterré au profit d'un "péage de transit poids lourds", qui s'appliquera seulement aux camions de plus de 3,5 tonnes, sur 4 000 km de routes nationales et départementales.

Un contrôle radar s'impose sur Sapin

Quand l'alcootest pour Michel Sapin?
Pourtant aucune annulation de projets, dit-il
"Il n'y aura pas moins d'argent, nous allons trouver d'autres sources", a déclaré le ministre sur France Info. Mais, a-t-il ajouté, il n'est "pas question que ce budget en faveur (...) des transports alternatifs à la route diminue". Le produit de l'ex-écotaxe devait notamment servir à financer des projets de transport collectif.


"La quantité de travaux restera la même que celle qui était prévue, martèle Sapin. Il faudra seulement compléter les ressources de ce 'péage de transit poids-lourds' par d'autres ressources qui nous permettront de maintenir ce budget transport", a poursuivi le magicien, jugeant que les critiques du nouveau système - bonnets rouges ou écologistes - sont des ânes puisqu'ils l'ont mal compris...

De nouveaux péages sur autoroute?

Les deux visages de la comédie politique
Le gouvernement "travaille" sur plusieurs pistes, a-t-il lancé, sans plus de précisions.
"Il y a des possibilités s'agissant des péages sur autoroute. D'autres solutions sont également envisageables dans le cadre des directives européennes qui encadrent légitimement ces dispositifs", a-t-il "précisé", estime La Tribune.

Clash de propos avec Ségolène Royal 
La ministre de l'Écologie Ségolène Royal n'a, elle, pas eu exactement les mêmes propos ce matin sur France Inter. Si elle a confirmé que les sociétés d'autoroute seraient "amenées à participer (...) avec leurs bénéfices" au financement des grandes infrastructures, Ségolène Royal a écarté l'idée d'une "taxe supplémentaire, car je ne veux pas que les tarifs autoroutiers augmentent". Cela doit se faire de "façon contractuelle" avec ces sociétés, a-t-elle assuré.

De nouvelles divergences au gouvernement
Ségolène Royal avait pris la parole la première sur le prix de l'électricité, pensant probablement court-circuiter ses collègues. Mais le premier ministre a disjoncté et annoncé que, contrairement à la déclaration de Royal qui promettait un gel des tarifs jusqu'au 1er octobre, une hausse interviendra bien dès le 1er août... Lien PaSiDupes

Entrée de l'État au capital d'Ecomouv : l'oeil de Moscou !

Valls instaure un régime de suspicion. On ne nationalise pas: on encadre... La ministre a par ailleurs confirmé l'entrée de l'État dans le capital d'Ecomouv, la société chargée de collecter les recettes, pour " contrôler le dispositif " en raison du "contrat assez exorbitant qui avait été conclu par le gouvernement Fillon". Mais Royal et Valls conservent néanmoins la société Ecomouv qui n'a commis aucune action illégale.

Nouvelle annonce à la hâte de mesures ni finalisées, ni financées 
C'est actuellement la course à l'échalote de celui qui, au gouvernement, prendra l'avantage sur l'autre. 
Ségolène Royal n'a toutefois pas non plus précisé à quelle hauteur entrerait l'État: "On verra; c'est la Caisse des dépôts qui va participer à ce capital".



mardi 11 février 2014

Taxis : l'intersyndicale appelle à poursuivre la grève jusqu'à la fin des VTC

Taxis - VTC : durcissement du conflit 

"La guerre est déclarée", titre même Le Point
Le conflit qui oppose les taxis aux voitures de tourisme avec chauffeur (VTC) et aux applications de covoiturage provoque une forte mobilisation. En effet, malgré la promesse du gouvernement de discussions pour trouver un terrain d'entente, les taxis ne décolèrent pas: pour la deuxième fois depuis le début de l'année, ils sont en grève et manifestent à Paris principalement contre la concurrence des voitures de tourisme avec chauffeur (VTC) et aussi le covoiturage. 

Plus d'un millier de taxis partis à 8 heures des aéroports parisiens ont convergé à petite vitesse sur le Champ-de-Mars dans l'après-midi, dans le centre de Paris, pour dire "non à la mort programmée du taxi". Selon des sources aéroportuaires, quelque 800 taxis ont pris part à l'opération escargot menée depuis Roissy et 300 à Orly. Selon les syndicats (CFDT, CGT, FO, SDCTP et CST), 5.000 à 6.000 taxis, dont une partie a rejoint directement le Champ-de-Mars, se sont mobilisés, deux fois plus que le 10 janvier au vu des estimations des organisateurs. Aucun incident n'a été signalé dans les aéroports. 
A Marseille, près de 600 taxis ont participé à deux opérations escargot, selon le syndicat des taxis marseillais (STM). 

"Non à la mort programmée du taxi, ni Uber, ni Transdev (ne) remplaceront les successeurs des taxis de la Marne", proclamait la banderole principale des cortèges. Tous s'élèvent contre la nouvelle application de covoiturage marchand qui permet à n'importe quel particulier de conduire des clients d'un lieu à un autre, en dehors de tout cadre juridique.
Transdev est une société française multinationale, un des principaux opérateurs de transports publics au monde. Elle est née en 2011 de la fusion de la branche transport de Veolia avec Transdev pour former le groupe Veolia-Transdev. Cette opération fut effectuée à la demande des maires socialistes d’Orléans, Grenoble,Montpellier et ...Nantes, Société centrale à partir de la SCET, filiale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), pour constituer un service d'appui aux sociétés d’économie mixte de transport public urbain. En 2013, Veolia abandonne sa branche transport et Veolia-Transdev devient Transdev. En mars 2013, deux ans après la fusion de Transdev et de Veolia Transport, l'entreprise, est en toujours en difficultés et doit être recapitalisée avec l'accord de Bercy et le ministre Cuvillier, à hauteur de 800 millions d'euros (520 millions par la CDC et 280 millions par Veolia) ce qui se traduit en juin 2013 par une montée au capitale 60 % de Caisse des dépôts, contre 50 % en mars 2011. 
Mais pour réduire un fort endettement de 1,9 milliards d'euros, Transdev décide de procéder à des ventes d'actifs en Europe, correspondant à un quart de ses activités. L'entreprise prévoit de se retirer de 10 des 27 pays dans lesquels le groupe est présent.
On aura donc compris que le Conseil régional d'Ile-de-France, présidé par Jean-Paul Huchon, PS, est fortement impliqué, comme les autres sociétés d'économie mixte des CG socialistescités plus haut.

Quant à Uber, c'est un service de voiture de tourisme avec chauffeur disponible sur téléphone mobile intelligent mettant en relation les usagers du service et des conducteurs de voitures de luxe disponibles à la location. Le service permet de géolocaliser, via son téléphone mobile, les véhicules les plus proches et de les réserver. Le service et l'application mobile associée sont développés par la société homonyme, Uber, basée dans la ville californienne de San Francisco, mais Uber est présent dans 22 pays et 62 villes, comme New York, Los Angeles ou Paris...

Les syndicats de taxis ont trois revendications touchant les VTC, pour "protéger" leurs privilèges
- restriction des applications de réservation de VTC sur smartphone, 
- délai de réservation minimum de 30 minutes 
- et courses d'un montant de 60 euros à minima. 
"C'est le minimum", estime M. Ghalfi en demandant à l'Etat d'être "clair" et "ne pas faire du VTC lui-même avec Transdev", dont l'Etat, via la Caisse des dépôts et consignations, est actionnaire.


55 000 taxis contre 12 400 VTC, une concurrence très forte
Les chauffeurs de taxis peinent à trouver la sympathie des usagers, tant ils sont peu serviables, voire désagréables et impolis. "Aujourd'hui, on est confronté de plein fouet à la concurrence des VTC, qui travaillent quasiment sans réglementation", dénonce Karim Lalouani, syndiqué CGT, taxi depuis trois ans et venu à Roissy dès l'aube pour manifester son "ras-le-bol" en bloquant la circulation. 
Après des années d'hégémonie, il réalise qu' "on ne se bat pas à armes égales. C'est comme si on demandait à deux boxeurs de monter sur le ring, mais l'un des deux, vous lui attachez les deux bras derrière le dos", raconte-t-il. "Ma licence, je l'ai payée 235.000 euros. Et je dois respecter toute une série de règles très strictes. Les chauffeurs de VTC, eux, louent des voitures à l'étranger. Ils ne rendent de compte à personne", ajoute Philippe Morival, taxi depuis 30 ans dans la capitale.
"Depuis cinq mois, je n'arrive plus à payer mes traites. Mon chiffre d'affaires a été divisé par deux", se désespère Terline Pierre, 43 ans, arrivée d'Orly après une nuit de travail. Taxi depuis trois ans, sa licence lui coûte "2.100 euros par mois" pour "5.000 euros de charges au total". "Une journée me rapporte 100 euros contre 250 à 300 euros avant l'été", confie-t-elle, assise dans son monospace, attribuant cette perte d'abord aux VTC. "Les VTC, on leur ouvre toutes les portes et ils racolent aux aéroports, tandis que nous, on nous contraint de plus en plus", assure Julien (prénom modifié à sa demande). Il affirme avoir perdu "40 % de recette" depuis 2011.

On le voit, la presse ne donne la parole qu'aux taxis et leurs syndicats
C'est aussi peut-être parce que le Groupe G7 de taxis a été fondé par André Rouselet, un proche de François Mitterrand et fondateur de Canal+... Cette entreprise est composé de plusieurs sociétés, aux activités diverses. André Rousselet a racheté la compagnie G7 en 1960 et créé le central-radio qui met en contact chauffeurs et clients. Il l'a cédé à son héritier Nicolas Rousselet qui la présidé et la dirige depuis 1996à Clichy en Seine-Saint-Denis, et s'est habitué à une longue période de croissance en situation de monopole.
Nicolas Rousselet est également le prinicpal investisseur de la Société "Les Taxis Bleus", créant de fait un monopole dans le domaine des sociétés de radio taxis.

Longtemps protégée,
la profession est de plus en plus concurrencée par les motos-taxis et les sociétés de voitures de tourisme avec chauffeur (VTC), qui ne peuvent travailler que sur réservation, mais que les taxis accusent de prendre des clients à la volée et de faire "purement et simplement les taxis sans supporter (leurs) contraintes". L'enregistrement d'un véhicule de VTC ne coûte que 100 euros, alors que les licences des taxis (à 80 % artisans et propriétaires de leurs licences) se négocient autour de 230.000 euros à Paris. L'assouplissement de la législation en 2009 a favorisé la multiplication des VTC. Ces sociétés ont gagné mercredi dernier une nouvelle partie contre les taxis en obtenant la suspension du décret leur imposant un délai de 15 minutes entre la réservation et la prise en charge du client. 

Le groupe G7 ne supporte pas la concurrence et 
Uber est étiquetté "empêcheur de tourner en rond"
Cette décision provisoire du Conseil d'Etat de suspendre le décret et de rétablir la concurrence a attisé la colère des syndicats de taxis, qui jugeaient de toute façon ce décret insuffisamment protecteur. Ils demandent "l'interdiction de toutes les applications de réservation qui permettent à d'autres de faire n'importe quoi", un délai de réservation d'au moins 30 minutes et des courses au minimum de 60 euros. A l'évidence, l'intérêt du client n'est pas pris en compte. 

Face au blocage de grandes villes par les taxis qui ne se sont pas préparés à la libéralisation du secteur, le gouvernement socialiste avait publié le 27 décembre 2013 un décret favorable à ses soutiens et imposant aux VTC un délai obligatoire de 15 minutes entre la réservation et la prise en charge du client par le VTC. Mais, soucieux de libre concurrence et de l'intérêt des usagers, le Conseil d'État a suspendu mercredi ce décret, estimant qu'il porte "une atteinte grave et immédiate aux intérêts économiques" des sociétés de VTC. La plus haute juridiction administrative doit désormais examiner le dossier sur le fond.

Le gouvernement a annoncé samedi la mise en place d'une ..."mission de concertation" 
Pour tenter de trouver un terrain d'entente entre taxis et VTC, elle est destinée à "définir les conditions durables d'une concurrence équilibrée entre les taxis et les VTC". "Cette commission, c'est un gadget, le gouvernement veut gagner du temps. Aujourd'hui, il y a urgence", a aussitôt estimé Michel Charbonnier, taxi depuis 15 ans. "Dans les autres pays, au Canada ou en Belgique par exemple, il y a une réglementation. Ici, on a déjà perdu un an", ajoute Karim Lalouani. 

L'appli Uber, "c'est de la provocation", selon le même qui s'élèver  contre les applications pour smartphone permettant à n'importe quel automobiliste de faire le taxi occasionnel à titre onéreux.
En dehors de tout cadre juridique, l'application sur mobile Uber est très appréciée des clients, mais perçue par les professionnels comme un empêcheur de tourner en rond. Soutenue par Google qui la lance dans 47 pays, elle bouscule le fragile équilibre entre taxis et VTC qui s'était établi depuis deux ans et que l'annulation du délai de 15 minutes pour les VTC est venue, au même moment, remettre en cause, à la satisfaction des usagers.

Le gouvernement ne  renonce pas à prendre parti  pour sa clientèle électorale.
Bercy vient de lancer ses services de la répression des fraudes sur une enquête sur les services de covoiturage entre particuliers à "but lucratif", illégaux. Cette décision vise en particulier Uber, dans la ligne de mire des taxis. Malgré l'augmentation des licences distribuées, notamment à Paris, ces dernières années par l'administration, les taxis restent peu nombreux : quelque 55.000 dans l'hexagone, dont environ 20.000 à Paris. Fin 2013, on recensait parallèlement 6.500 entreprises de VTC (dont la moitié en Ile-de-France) exploitant quelque 12.400 véhicules.
"Les taxis payent plus cher leur licence, car ils ont un monopole sur la maraude", la mission devra "faire respecter ce monopole, mais il faut aussi réaffirmer que sur le marché de la réservation, la concurrence des VTC est parfaitement loyale", a expliqué Benjamin Cardoso, président de LeCab. Le patron de Chauffeurs privés, une autre société de VTC, Yan Hascoet, a souhaité arriver à "une paix sociale entre les VTC et les taxis". 

Dernière heure: une "grève reconductible" jusqu'à "l'arrêt des immatriculations" des Véhicules de tourisme avec chauffeur
C'est ce qu'annonce l'intersyndicale des privilégiés, en dépit de la mission de concertation que le gouvernement vient d'annoncer...

lundi 16 juillet 2012

Après Emmanuelli, Jouyet investit la Caisse des Dépôts

Les nominations politiques de Hollande continuent au sommet de l'administration

A l'un des postes les plus en vue de la RépubliquePrésident Hollande a voulu Jean-Pierre Jouyet,  à la direction générale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC).
Caisse des dépôts : la Commission de déontologie se déclare incompétente sur la nomination de J.-P. Jouyet.

Chargée de contrôler, depuis 1995, le départ des agents publics vers le secteur privé ou le secteur public concurrentiel, la Commission de déontologie de la fonction publique avait été saisie du cas de J.-P. Jouyet par le secrétariat général du gouvernement et par l'inspection des finances. Elle devait en examiner la conformité, et vérifier qu'au cours des trois dernières années, dans ses fonctions de président de l'Autorité des marchés financiers (AMF), le haut fonctionnaire n'avait pas directement contrôlé ou autorisé des opérations concernant la CDC.
Or, la Commission de déontologie vient de se déclarer incompétente pour statuer sur ce dossier. Les magistrats considèrent que l'AMF étant un organisme public indépendant et la CDC un groupe de droit public sui generis, placé sous le contrôle du Parlement, le passage de M. Jouyet de l'un à l'autre ne relève pas de ses compétences.
Proximité avec l'Elysée
Le haut fonctionnaire reste dans le public, estime la Commission. Et ce, même si la CDC est autorisée, de par la loi, à exercer des activités concurrentielles.
Cette étape franchie, Jouyet doit encore passer le cap des auditions devant les commissions des finances de l'Assemblée nationale et du Sénat, programmées mardi 10 juillet, deux assemblée où la gauche est majoritaire. La procédure de nomination du directeur général de la CDC  prévoit que celles-ci donnent leur avis sur le candidat, avant sa nomination officielle en Conseil des ministres sur décision du chef de l'Etat.
Alors que, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, François Hollande n'a eu de cesse de dénoncer le caractère partisan de certaines nominations, Matignon et l'Elysée redoutaient la polémique sur le choix de Jouyet, ami personnel du chef de l'Etat, pour diriger la CDC. Très versatile, le journal socialiste Le Monde décide aujourd'hui que la fonction de directeur général de la CDC suppose une certaine proximité avec l'Elysée, et notamment une convergence de vues sur les grandes politiques publiques, mais aussi de savoir résister aux pressions politiques, pour protéger l'intérêt général.


"Risque de recycler la politique de Sarkozy "
Or, la droite reste étrangement silencieuse et c'est paradoxalement la gauche qui exprime son mécontentement face à un candidat à qui elle tient rigueur d'avoir trahi sa famille politique. Certains parlementaires ne décolèrent pas d'avoir vu M. Jouyet accepter de devenir ministre d'ouverture de Nicolas Sarkozy en 2007. Il avait alors été nommé aux affaires européennes, une fonction qu'il avait quittée à la fin de la présidence française de l'Union européenne.
"Pourquoi nommer un ancien ministre de Nicolas Sarkozy ?", a ainsi fait valoir à l'AFP, mardi, le député socialiste de Seine-Saint-Denis, Daniel Goldberg, proche de Martine Aubry. "Toute tentation de recycler des hommes de Sarkozy nous exposerait au risque de recycler sa politique", avaient écrit le député socialiste Henri Emmanuelli et l'actuel ministre Benoît Hamon, lors des primaires socialistes