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dimanche 24 novembre 2019

Parlement : Macron tue la démocratie dans l'oeuf

"On ne sert à rien", "on s'emmerde"!

Certains députés  commencent à se lamenter en public ou en privé. 

Résultat de recherche d'images pour "LREM applaudissement deputes debout"Faute de marge de manœuvre et d'autonomie, ils confessent leur déception à mi-mandat à l'Assemblée, pendant que d'autres confisquent le pouvoir dans l'hémicycle. Mais des députés LREM eux-mêmes refusent désormais de traîner leurs godillots plus longtemps.

C'est avant tout aux ralliés PS et LR qu'il apparaît désormais difficile d'exister. En 2017, certains arrivèrent avec l'espoir de changer le monde: "On nous avait présenté LREM comme un groupe de gens très ouverts, du 'nouveau monde'. Mais on se rend compte qu'ils ne veulent faire aucun compromis", égratigne Pierre Cordier (élu apparenté LR des Ardennes, avec le soutien de l'UDI), qui assure cependant ne pas avoir le "blues" et jouer son rôle de "contrôle" en commission.

Depuis la crise des Gilets Jaunes et le "grand" débat national, la volonté affichée par la majorité de mieux tenir compte des oppositions ne se concrétise pas.

La majorité présidentielle rejette tout amendement de l'opposition.
Très peu d'amendements de la droite comme de la gauche sont retenus, malgré leur nombre souvent record sur les textes de loi. A cet égard, l'adoption d'une proposition de loi des Républicains en faveur du bracelet anti-rapprochement pour les conjoints violents fait figure d'exception. Les "marcheurs" ont été pris de court, mi-octobre, en plein Grenelle des violences conjugales. 

Ainsi, sur le budget qui occupe presque tout l'automne, "on ne sert à rien" et "c'est désespérant", a lâché la cheffe de file des députés PS Valérie Rabault sur Public Sénat. Son groupe préfère désormais "mener des actions plus locales" autour de ses propositions, par exemple sur l'hôpital en crise.

Temps fort au Palais Bourbon, la séance des questions au gouvernement ne satisfait pas davantage dans sa nouvelle formule restrictive, uniquement le mardi et non plus en deux temps
Le temps de parole a été pourtant accru pour les oppositions, et un "droit de réplique" créé. Mais la séance, sur plus de deux heures, est perçue comme trop longue. "On se fait chier!", balaie une collaboratrice.
Cette attachée parlementaire se dit d'ailleurs "nostalgique des coups politiques" des précédentes législatures. 

Si les députés LREM se montrent moins souvent "godillots" qu'au début, ils rentrent vite dans le rang, sous la menace de représailles au moment des investitures. Sur l'aile gauche, Stella Dupont reconnaît qu'"on n'est pas toujours assez ferme, pas suffisamment exigeant parfois" à l'égard de l'exécutif, plus "expérimenté".

Sa collègue LREM Perrine Goulet, engagée pour la protection de l'enfance, a aussi l'impression "de devoir se battre constamment pour être entendue" et voudrait que le gouvernement "écoute plus les élus des territoires".

Certains députés ont cependant trouvé comment utiliser la caisse de résonance du Parlement 

Résultat de recherche d'images pour "LREM deputés godillots"La jeune garde LR, cette dizaine d'élus arrivés en 2017, est très présente en séance et attaque au bazooka. L'un d'eux, le secrétaire général de LR à la présidence du parti, version Jacob, Aurélien Pradié, 33 ans, vient d'être promu secrétaire général de son parti. 

A l'autre bout de l'hémicycle aussi, les Insoumis, bien que seulement 17,  usent des réseaux sociaux pour mettre en lumière leurs interventions à coup de formules chocs ou "happenings".

Réduits à une trentaine et n'ayant plus la main, les socialistes restent atones, semblant eux ne pas encore avoir digéré le bouleversement de 2017. "Le PS est assez éteint. Il y a des bosseurs et des gens remarquables, mais on ne les entend pas. Ils ne font pas le buzz comme les Insoumis", tente de justifier un ex-socialiste passé chez LREM.

Ex-conseiller de François Hollande à l'Elysée, leur porte-parole Boris Vallaud, avoue s'interroger sur son rôle, compte tenu de la faiblesse "institutionnelle" du Parlement français par rapport à l'Allemagne ou l'Angleterre.
"Est-ce que l'activisme des ONG comme Oxfam, Human Rights Watch ou Bloom sur la pêche électrique n'est pas plus efficace ? Est-ce que (l'économiste à succès Thomas) Piketty n'apporte pas plus?". Vive le lobbying !

Les municipales de mars seront-elles une voie de sortie idéale pour les déçus du Parlement macronien 

Au moins une quarantaine de députés seront candidats: une vingtaine chez LREM, une dizaine chez LR, six ou sept au MoDem, quatre au PS et un communiste. 
En épinglé un Parlement "décoratif", l'Alsacien Laurent Furst (LR), avoue rêver par exemple de retrouver son siège de maire à Molsheim.

mardi 23 août 2016

Duflot déclare sa volonté d'être candidate à la présidentielle... et aux législatives 2017

Combien de ses ex-ministres en travers du chemin de Hollande, président sortant ?

Elle s'est cherché des parrainages

En ne se présentant pas, Nicolas Hulot a laissé la voie libre à l'ancienne ministre du Logement.
L'hypothèse d'une candidature de Nicolas Hulot à la présidentielle de 2017 suscitait plus d'enthousiasme que celle de Cécile Duflot, écologiste rouge et répressive. Le renoncement de son collègue modéré d'EELV a créé un appel d'air et, bien que détestée dans et hors de son milieu, elle  est pourtant entrée dans la course. "Il n'y a aucune urgence" à se décider maintenant", assurait-il fin juin au micro de RTL.

A 11 mois de l'élection, alors qu'elle n'atteignait pas 3% des intentions de vote, l'ancienne ministre du Logement, a lancé le lundi 27 juin un site internet pour obtenir soutien financier et parrainages à sa candidature écologiste.  Le site internet portait sa signature et apparaissait d'entrée de jeu comme son jouet, d'autant qu'elle s'était auto-désignée responsable éditoriale. "Je souhaite que l'écologie soit majoritaire. Moi je vais lancer un site internet parce que je veux que ces idées et ce projet soient représentés. Tout le monde se positionne sur des questions personnelles, moi je veux faire campagne pour l'écologie. Je serai peut-être candidate ou peut-être pas, mais je veux faire campagne pour l'écologie parce que ces valeurs-là ces idées-là on doit les défendre aujourd'hui," avait-elle expliqué au micro de France Inter.

"Vous êtes pour l'écologie ? Alors dites-le," exhortait l'ancienne ministre de Jean-Marc Ayrault, désormais farouche opposante à Manuel Valls, qui veut créer une "dynamique collective". Sans se dévoiler, elle lança un appel à des chèques en blanc.  "Dans notre système électoral, la participation à la présidentielle est conditionnée par l'obtention de 500 parrainages d'élu-e-s. En pratique, les maires sont les plus nombreux.Si vous en connaissez un ou une qui pourraient parrainer une candidature écologiste, indiquez-le nous !" lançait-elle. "On verra s'il y a des centaines, des milliers, des centaines de milliers de gens qui ont envie que l'écologie soit présente dans le débat de l'année qui vient" avait-elle fait valoir sur France Inter. 

Cécile Duflot peut-elle se pousser et nuire à Hollande ? Une hypothèse seulement valable en cas d'absence de Nicolas Hulot, derrière lequel elle annoncé qu'elle se rangerait. Selon une motion votée fin 2015, les élus locaux écologistes devront s'engager à parrainer le ou la candidate qui sera désigné(e) par le parti pour l'élection présidentielle, afin de réduire les difficultés liées à la quête des 500 parrainages.

L'écologie, vecteur de ses ambitions personnelles

Avec son compagnon, Xavier Cantat,
frère de Bertrand Cantat
Désormais officiellement candidate à la candidature à la présidentielle depuis le 20 août, Cécile Duflot est prête à faire le don de sa plantureuse personne, avec cette particularité que,
par conviction pour ses chances de réussite, elle est également candidate aux législatives. Ce dimanche, elle rappelait vouloir également concourir pour... les législatives ! Un acte de candidature déjà posé en février et auquel elle ne renonce pas malgré ses ambitions élyséennes. Elle veut inverser le calendrier électoral avec des législatives précédant la présidentielle.  C'est dire que sa participation à la primaire est un test grandeur nature de sa capacité de nuisance.  Une double candidature qui s'inscrit dans sa volonté de transfert du pouvoir réel de la présidence de la République au Parlement. En d'autres termes, le transfert du chaos d'EELV à l'Etat: la VIe République ! 
Outre "le retour au calendrier électoral dans lequel les législatives précèdent la présidentielle", un septennat "non renouvelable".

Les difficultés chroniques du parti écologiste à percer, élection après élection, l'ont convaincue que 
Les camarades MG. Buffet (communiste),
M. Aubry (frondeuse socialiste) et
 Cécile Duflot 
(écologiste radicale)
le système électoral de la Ve République ne laisse que peu de chances aux partis sans impact sur l'électorat. C'est pourquoi, les groupes politiques subalternes décrètent que  "la Ve République est épuisée" et que "le présidentialisme est en train de tuer la démocratie"
Cécile Duflot veut passer à la... "démocratie augmentée". En clair, l'ancienne patronne d'EELV milite pour "l’instauration d’une proportionnelle qui permette de dégager une majorité (ce que le système majoritaire ne parvient déjà que trop bien à faire, pour le bien de la stabilité politique du pays) et de construire une coalition de projets". 
Cécile Duflot et Eva Joly,
la tendresse
Or, la construction de coalitions de gouvernement  soulève souvent  de gros problèmes et rend le pays ingouvernable: il  suffit d'avoir une culture historique et politique qui remontant seulement aux années 50 et au désordre institutionnel. 
Elle veut également "une constituante pour l’Europe". C'est ainsi qu'elle justifie sa candidature.

Il y aurait nécessité de lier ces deux élections, selon l'ancienne ministre du Logement. "Si c’est dans la présidentielle que se cristallise la politique, c’est au Parlement que doit s’exercer le pouvoir." Dans le courrier adressé aux adhérents d'EELV le 20 août et dans lequel elle officialise sa candidature, Cécile Duflot développe :
Le "parlementarisme" n'est pas une innovation: les Français en ont fait les frais. Mais Duflot maintient que cette question du rôle du parlement est centrale. Et, une fois encore nous ne devons pas oublier que l’élection présidentielle et les élections législatives qui suivront participent d’une même séquence politique. Ma candidature s’inscrit aussi dans cette logique : créer des passerelles entre les deux campagnes pour s’inscrire avec force dans le cycle qui s’annonce. La présidentielle ne doit pas aspirer toutes les énergies du mouvement au détriment des régions et des élections législatives.
Évoquant dans le JDD un "quinquennat raté pour l'écologie", Cécile Duflot ne veut pas "céder au renoncement" qu'elle dit avoir "vu de l'intérieur", dans une référence à peine voilée au départ d'Emmanuelle Cosse pour le gouvernement et aux nombreuses autres défections au sein d'Europe Écologie-Les Verts. 

Duflot évoque un "chemin" à prendre, "pas à pas." "Il faudra un jour un parlement écologiste, un président de la République écologiste", maintient la députée de Paris. Autrement dit un régime écologiste totalitaire. Dans un parti passé maître dans l'art de saborder ses têtes d'affiche, la voie de l'écologie ne sera pas un long fleuve tranquille.

jeudi 4 décembre 2014

Parlementarisme: la gauche instrumentalise la cause palestinienne

Reconnaissance de la Palestine : pour la LDJ, les députés sont des "nazis"

Les députés doivent-ils décider de tout, à la place du Président élu au suffrage universel ? 
La majorité présidentielle a adopté une résolution clivante de l'Assemblée en faveur de  la reconnaissance de l'Etat palestinien par 339 votes pour et 151 contre, mardi 2 décembre. Ce vote des députés français, dont étaient exclus les sénateurs et qui n'a aucun valeur contraignante sur le gouvernement, a provoqué de nombreuses réactions. La quasi-totalité des élus de gauche - les socialistes, les écologistes, le Front de gauche, une partie des radicaux de gauche dans leur grande majorité- a voté pour le texte, tandis que la grande majorité de l'UMP et de l'UDI a voté contre. On dénombre, en outre, 16 abstentions, alors que 68 députés n'ont pas pris part au scrutin. 
Ainsi, cette opération politicienne aura-telle rassemblé la gauche -du parti communiste aux frondeurs socialistes- qui s'oppose à l'exécutif, alors qu'au moment de la rentrée parlementaire 2014, 63% des Français souhaitaient une dissolution de l'Assemblée nationale, selon un sondage de l'institut 0doxa paru mercredi 27 août dans "Le Parisien/Aujourd'hui en France".

"La résolution, c'est pour expliquer. La loi, c'est pour agir" (président Accoyer). Et celle-ci avait pour principale vertu d'afficher un instant de rassemblement de la gauche française, à défaut de recoller les morceaux d'une Palestine éclatée entre le Fatah (Mouvement de Libération de la Palestine, membre de l'Internationale socialiste) de Mahmoud Abbas et le Hamas (Mouvement de résistance islamique ), des brigades armées et terroristes, principalement actif à Gaza. 

Il n'appartient pas au Parlement, mais à l'exécutif seul, de se positionner sur le sujet. Certains opposants à la résolution sur la reconnaissance de l'Etat palestinien le rappellent, mais la presse vulgarisatrice omet de préciser que si elle n'est pas contraignante comme une loi ou un décret, c'est qu'elle n'est qu'une possibilité offerte aux députés (et sénateurs, qui en l'occurrence n'ont pas éprouvé la même impérieuse nécessité!) d' "exprimer un avis sur une question de leur choix et dans certaines limites".  Les partisans du retour au parlementarisme leur opposent un besoin de renforcement des pouvoirs du Parlement. Mais la constitution tranche le débat que ces derniers tentent d'ouvrir: "Ne peuvent être à l'ordre du jour les propositions de résolution dont le gouvernement estime que leur adoption ou leur rejet serait de nature à mettre en cause sa responsabilité ou qu'elles contiennent des injonctions à son égard". 
Or, l'usage a fait que les doléances des députés se sont toujours adressées principalement aux institutions européennes, avec pour seules exceptions les résolutions demandant la création d'une commission d'enquête parlementaire ou une modification du règlement de l'Assembléen et n'avaient pas jusqu'ici respecté la séparation des pouvoirs en n'interférant pas avec la sphère régalienne, dont la justice, la diplomatie et la défense.

C’est "au chef de l’Etat, qui est le chef des armées et de la diplomatie, de prendre position" sur une question de politique étrangère, et non à l’Assemblée nationale, a fait valoir  l’UMP Christian Jacob pour justifier son intention de ne pas voter la résolution.
La résolution du PS qui énonce que "l’Assemblée nationale […] invite le gouvernement français à reconnaître l’État de Palestine", est en effet tout simplement hors sujet.  La diplomatie n'est pas de leur compétence, bien qu'elle souhaite se mêler de tout, avec le soutien des parlementaristes qui travaillent sans relâche à l'affaiblissement du pouvoir du président. Et le président Hollande, qualifié de "gauche molle", s'y est prêté. En participant au renforcement des pouvoirs du Parlement, le patron du groupe socialiste, Bruno Le Roux, tout godillot qu'il soit, a contribué à l'effritement de la puissance régalienne. 

Face à la poussée parlementariste, Pierre Lellouche (UMP), spécialiste des questions diplomatiques, a défendu les prérogatives du présidentA la tribune, vendredi, lors des débats sur le texte, il a défendu "l’esprit de nos institutions qui consacre […] ce que l’on appelait jadis le "domaine réservé" du Président de la République". Il a interpellé ses confrères sur la question de savoir si "le Parlement français a vocation à "se faire périodiquement plaisir" – comme le fait le Parlement européen – en multipliant les "vœux" sur toutes sortes de sujets"
Même le PRG Roger-Gérard Schwartzenberg, dans un discours tournant tout naturellement au cours de droit constitutionnel a appelé à "respecter la séparation des pouvoirs et la répartition des compétences entre le législatif et l’exécutif, à savoir le chef de l’État, chargé de diriger la politique étrangère" : "C’est à l’exécutif qu’il appartient de décider de la diplomatie française". Il faut aussi préciser à Laure Equy, la petite journaliste de Libération qui choisit ses experts en fonction de la psittacose du microcosme dont elle est la porte-parole, que l'avis de R.-G. Schwartzenberg vaut bien le sien, puisqu'il est professeur émérite de droit public à l'université Panthéon-Assas, et qu'il a, quant à lui, le respect des institutions. 
Concéder que "certes, la Constitution accorde une prérogative au président de la République sur les sujets de politiques étrangère" et ne pas en tirer les conséquences qui s'imposent, en dit long sur l'état de déliquescence dans lequel la presse hollandienne plonge l'esprit républ icain. On ne doit pas affaiblir le président élu au suffrage universel en prétextant qu'une majorité parlementaire aléatoire pourrait engager l'avenir au motif qu'elle saurait mieux à un moment donné.

Le Parlement a reçu la faculté d’exprimer un avis solennel, mais "une résolution n’est pas un engagement législatif, elle n’interfère pas sur la fabrique de la loi". C’est Jacques Chaban-Delmasqui avait explicité le "domaine réservé" du président de la Ve République, en 1959 devant le congrès de l’UNR : "
Le secteur présidentiel comprend l’Algérie, sans oublier le Sahara, la Communauté franco-africaine, la défense et les affaires étrangères", avait-il rappelé, alors qu'il était pourtant président de l’Assemblée nationale.

Le Sénat et l’Assemblée nationale sont bien dotés de commissions des affaires étrangères et de groupes d’amitié destinés à resserrer les liens diplomatiques, mais le Parlement n'a pas la direction de la politique étrangère. Des chefs d’Etat et de gouvernement sont régulièrement reçus dans l’hémicycle de l’Assemblée, mais la courtoisie et l'amitié ne créent pas le droit. En cas d’intervention des forces armées, l’Assemblée a bien son mot à dire, mais ses pouvoirs sont limités, dans le respect des prérogatives du président et de l'équilibre des pouvoirs. S’il décide d’engager les forces armées à l’étranger, le gouvernement doit en informer le Parlement, lors d’un débat sans vote. Et si l’intervention dure plus de quatre mois, le Parlement doit donner son feu vert à une prolongation. C’est d’ailleurs ce dont débattront les députés le 13 janvier prochain, quatre mois après le début des frappes aériennes françaises en Irak. Ce qui a peu à voir avec la Palestine.



La Ligue de défense juive a donc vivement réagi à l'interférence des députés de gauche 

Y voyant une agression par importation en France du conflit israëlo-palestinien, elle a qualifié de "nazis" les députés qui ont voté l'adoption mardi de la résolution sur la reconnaisse de l'Etat palestinien.
339 députés nazis en France viennent de voter pour la reconnaissance de la Palestine (150 contre). L'Etat Nazislamiste est reconnu !
— LDJ Paris (@LDJ_France) December 2, 2014
Le vote de ces 339 députés français partisans "va éloigner les possibilités d’arriver à un accord" de paix, a également réagi mardi dans un communiqué l’ambassade d’Israël en France. Ce vote "envoie un message erroné aux leaders et aux peuples de la région", a ajouté l’ambassade dans ce communiqué, publié peu après l’adoption de la résolution invitant le gouvernement à reconnaître l’Etat palestinien.

Les partisans du texte se félicitent de son adoption

Les Palestiniens ont aussitôt appelé le gouvernement à  traduire la résolution en acte. Le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki a "remercié le Parlement et le peuple français" après cette manifestation à forte portée symbolique par laquelle les députés français invitent le gouvernement -qui a autorisé ce débat suivi d'un vote- à reconnaître l’Etat de PalestineLa présidence palestinienne a, elle, salué une "décision courageuse (...) qui relance l’avenir de la paix en Palestine et dans la région, dans l’intérêt de la solution à deux Etats avec l’instauration d’un Etat indépendant de Palestine dans les frontières de 1967 et avec Jérusalem-Est pour capitale".
Hanane Achraoui, une dirigeante de l’OLP (Organisation - politique et paramilitaire - de libération de la Palestine, composée de plusieurs organisations palestiniennes, dont le Fatah), n'a pas tardé à appeler dans un communiqué "le gouvernement français à traduire le vote de son Parlement en acte". 
De son côté, le Hamas islamiste, qui refuse de céder le pouvoir à l’Autorité palestinienne à Gaza, a estimé que ce texte "reflète les appels à travers le monde à donner aux Palestiniens leurs droits", selon  son porte-parole à Gaza.

L'extrême gauche française se réjouit
En France, Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF, a longuement déclaré : "Les communistes se félicitent du pas franchi par les députés français, un pas qui était attendu d’eux par tous les pacifistes qui veulent la réussite d’une solution à deux États. C’est la voix du droit qui l’a emporté (...) La France a de grandes responsabilités de par sa position de membre permanent du Conseil de sécurité. En appuyant la demande de l’autorité palestinienne, la France peut retrouver un rôle positif sur la scène internationale. Le temps n’est plus aux tergiversations (...) Le moment est venu, monsieur François Hollande, pour une paix juste et durable au Proche-Orient. La reconnaissance de l’État de Palestine, c’est maintenant !"
Du côté trotskiste du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), on pavoise aussi, en entretenant les hostilités: "Ne boudons pas notre plaisir : comme lors de l’admission de la Palestine à l’ONU, comme "État non-membre", en novembre 2012, les mines déconfites des partisans de l’État d’Israël, qui constatent que ce dernier n’est pas intouchable, sont pour le moins réjouissantes. Mais ne nous y trompons pas (...) L’urgence de l’heure n’est pas à la reconnaissance d’un État qui n’existe pas, mais bel et bien au boycott total d’Israël et aux sanctions contre un État qui jouit d’une lamentable impunité internationale».

"J'aurais amendé la résolution sur la Palestine"

S'il avait été député PS,
Julien Dray n'aurait "pas voté telle quelle la résolution sur la reconnaissance de la Palestine" proposée par les parlementaires socialistes, avec l'accord du président Hollande. "Je pense qu'elle est déséquilibrée. Il manque une formule sur la sécurité de l'Etat d'Israël", estime-t-il. "Dans ce conflit, il n'y a pas les gentils et les méchants. Il ne faut pas avoir de vision manichéenne."

VOIR et ENTENDRE toutefois le point de vue de Julien Dray (PS) sur les atteintes antisémitistes qui se multiplient en France et les pressions de la gauche extrême pour la reconnaissande de la Palestine :



dimanche 23 novembre 2014

Mélenchon inspire une mauvaise opinion chez deux Français sur trois

26% des personnes interrogées ont même une "très mauvaise opinion" de Jean-Luc Mélenchon

40% ont une "plutôt mauvaise" opinion, 28% une "plutôt bonne" et 5% une "très bonne"


Parmi les qualificatifs proposés (!), les plus souvent choisis pour le définir sont "impulsif": 78% trouvent qu'il s'applique "plutôt bien" à lui, "agressif" (68%), "qui a des convictions profondes" (67%) et "populiste" (67%). 
Les deux tiers des Français (66%) ont de lui une mauvaise opinion, selon un sondage Odoxa publié dimanche dans Le Parisien/Aujourd'hui en France. 
Mais 62% seraient favorables à une VIème République, dont ils n'ont pas idée qu'elle serait un retour au chaos de la IVe et c'est pourquoi elle est l'une des idées forces de l'ancien candidat de l'extrême gauche à la présidentielle. 

C'est Martine Aubry qui incarnerait "le mieux les idées de gauche"

Interrogés sur l'éventuelle "mise en place d'une VIe République donnant davantage de pouvoirs au parlement et moins de pouvoirs au président"62% des sondés sont des nostalgiques de la IVe République, des Français de moins de 50 ans, trop jeunes pour savoir, ou ignorants, qui s'y déclarent favorables, contre 37% opposés (1% sans opinion, à nouveau).

Devoir de mémoire
Le régime politique que préconise la gauche radicale consisterait à rétablir l'instabilité gouvernementale chronique qu'a connue la IVe République. Caractérisée par un parlementarisme favorisant les combinaisons partisanes, l'impuissance du Parlement et l'incapacité des pouvoirs publics à résoudre les conflits extérieurs (en Algérie, par exemple), la Quatrième République est morte de mort lente. Ainsi, Henri Queuille a-t-il établi le record de stabilité avec 13 mois (du 11-09-1948 au 06-10-1949). Mais Léon Blum est resté 1 mois au pouvoir (du 16-12-1946 au 16-01-1947) et Pierre Pflimlin 16 jours (du 12-05-1958 au 28-05-1958)... Et Christian Pineau ? 1 jour, en février 1955 !

63% s'imaginent qu'en matière économique et sociale, les idées de Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont "éloignées" (36% "plutôt éloignées" et 27% "très éloignées") contre 36% qui les considèrent "proches" (31% "plutôt" et 5% "très"). 1% sont sans opinion.

Pour 27% d'entre eux, Jean-Luc Mélenchon est la personnalité qui "incarne le mieux les idées de gauche", derrière Martine Aubry (40%) et devant Manuel Valls (24%) et Cécile Duflot (7%). 2% ne choisissent aucune de ces quatre personnalités.

Sondage réalisé par internet les 20 et 21 novembre auprès d'un échantillon de 1.012, représentatif de la population française adulte (méthode des quotas).