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lundi 2 novembre 2015

Nicolas Sarkozy cité dans l'affaire Air Cocaïne

"Une atteinte à la vie privée"

Tout est la faute de Macron, sinon c'est Sarkozy !

L'avocat Thierry Herzog dénonce une "instrumentalisation de la justice"
Sur Europe 1 ce lundi, Th. Herzog a réagi aux révélations selon lesquelles une enquête a été menée sur son client dans l'affaire Air Cocaïne et il n'exclut pas "des actions" en justice.

Quel est le lien entre une affaire présumée de trafic de drogue et Nicolas Sarkozy ? 

A priori aucun, mais la juge d’instruction de la Juridiction Interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille, Christine Saunier-Ruellan (ci-contre) a pourtant mené une enquête sur l'ancien président de la République (et son entourage, famille incluse), parallèlement au dossier dit Air Cocaïne, a révélé dimanche le JDD. 

L'affaire Air Cocaïne s'ouverte en mars 2013 à Punta Cana en République Dominicaine. Le Falcon 50 d’Alain Afflelou est intercepté, avec à son bord quatre français et 682 kg de cocaïne. Le jet s’apprêtait à décoller en direction du petit aéroport de la Môle près de Saint-Tropez. En France, dans les mois qui suivent, une série d’interpellations est diligentée par l’OCTRIS (Office Central pour la Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants). Parmi les gardés à vue, le patron de SN THS (Société Nouvelle Trans Hélicoptère), une société lyonnaise chargée de louer le jet d’affaires de l’opticien quand il ne l’utilise pas.

Début juillet 2014, la juge a désigné un expert aéronautique pour "décrypter et analyser", ces trois vols privés de Nicolas Sarkozy.

10 septembre 2013
, Pierre-Marc Dreyfus est mis en examen, pour notamment importation de stupéfiants en bande organisée. Il est soupçonné d’avoir organisé trois transports de cocaïne au moyen du Falcon d’Alain Afflelou en provenance de l’Equateur et la République Dominicaine.
Selon la logique de la juge Saunier-Ruellan, A. Afflelou devrait être soupçonné et inquiété... 

Ses factures téléphoniques ont pourtant été épluchées et ses portables géolocalisés.
De quoi faire bondir les républicains, comme son avocat. Sur Europe 1 ce lundi, maître Thierry Herzog annonce qu'il va adresser une lettre au procureur de la République de Marseille pour demander "dans quelles conditions des investigations aussi approfondies ont été menées à l'encontre du président Sarkozy"

Thierry Herzog et Nicolas Sarkozy menacent d'engager "des actions"
, sans préciser si elles prendront la forme d'un dépôt de plainte. L'avocat dénonce "une atteinte à la vie privée" et des "mesures coercitives". Il rappelle que son client dispose du statut d'avocat et qu'à ce titre, toute enquête visant ses communications doivent être signalées au bâtonnier. A ce stade, il ignore si tel a été le cas.

"Aucun contact avec les mis en cause"

L'affaire Air Cocaïne porte sur des soupçons de trafic de drogue entre la République dominicaine et la France via des vols d'affaire. Plusieurs Français sont mis en examen dans cette affaire, dont les deux pilotes qui se sont évadés. 
Si le nom de Nicolas Sarkozy apparaît dans la procédure, c'est parce qu'il a utilisé le fameux Falcon 50, qui a été arraisonné par les autorités dominicaines, pendant la même période, pour trois voyages à Doha, New York et Abu Dhabi, en 2012 et 2013. Il l'utilisait pour intervenir notamment dans des forums internationaux. Ces vols étaient facturés à la société Lov Group, une holding appartenant à Stéphane Courbit, un ami proche de l’ex-président de la République.
Le Point souligne qu'il n'y a rien "d'anormal" à cela, de nombreuses personnalités utilisant l'appareil. Nicolas Sarkozy "n'a aucun contact avec les mis en cause", souligne son avocat Thierry Herzog. 

En réalité, il n'est pas possible d'affirmer à ce stade que la juge d'instruction en charge de l'enquête a soupçonné l'ex-président de participer au présumé trafic de drogue. La magistrate se serait intéressée à lui parce qu'il n'a pas payé ses vols. C'est une société dirigée par l'un de ses amis qui a pris en charge les frais, ce qui pourrait constituer un "abus de bien social"
C'est d'ailleurs ce qu'a glissé la ministre de la justice Christiane Taubira invitée dimanche sur BFMTV en qualité de garde des Sceaux : "Les remontées que nous avons du Parquet général font état de procédures différentes. Ce qu'il y a de commun, c'est la société aérienne, la compagnie qui a affrété les avions".

"Instrumentaliser la justice"

Reste que la juge n'était pas saisie pour une enquête d'abus de bien social. Et la question se pose de savoir si elle n'a pas outrepassé ses prérogatives en demandant les fadettes et la géolocalisation de Nicolas Sarkozy. D'autant que l'exploitation de ces données n'a rien donné. Pour Thierry Herzog, "il y a une volonté de traiter différemment le président Sarkozy". "Nous ne demandons pas un traitement de faveur [...]. En revanche, je n'accepterai pas qu'il soit moins bien traité qu'un autre", s'offusque-t-il sur Europe 1. 

Interrogé sur l'hypothèse d'éventuelles pressions politiques, l'avocat se contente d'affirmer: "On ne peut pas impunément et en permanence instrumentaliser la justice".

"Une affaire de plus pour Nicolas Sarkozy ? C'est pas de chance tout de même," ironisent les cyniques (anonymes) de Marianne. pour qui la présomption d'innocence est probablement sacrée...mais qui titrent sans retenue "Sarkozy, le Falcon d’Afflelou et la coke !"... 
Ca servirait à quoi que la presse soit indépendante du pouvoir exécutif ?

Air Cocaîne: la juge fait arrêter les pilotes par les gendarmes et scandalise Me Dupont-Moretti

L'avocat de la défense dénonce les "petits abus de droit" de la justice

Lundi à l'aube, les pilotes français 
Pascal Fauret et Bruno Odos, en Dominique
qui ont fui la justice de la Républicaine dominicaine afin "d'échapper à une lourde condamnation pour trafic de drogue", rapporte l'AFP, mais pour être jugés équitablement, selon les autres, ont été "acheminés", selon l'AFP, mais "conduits", selon les autres, par les gendarmes chez la juge marseillaise chargée de l'enquête qui a donné l'ordre de leur humiliation.

Ce comportement de la juge de Marseille interpelle. Au micro de LCI, Me Eric Dupont-Moretti, l'un des avocats des pilotes, s'est dit "scandalisé" du traitement infligé en France aux pilotes qui ont fui après avoir été condamnés à 20 ans et assignés à résidence en République dominicaine. Plutôt que de les convoquer, la juge marseillaise qui instruit l'enquête française sur l'affaire Air cocaïne a fait interpeller les deux hommes à leur domicile où ils se tenaient pourtant à la disposition de la justice. Les gendarmes sont venus les chercher lundi matin, ont révélé des sources proches du dossier.
VOIR et ENTENDRE l'état de la situation politico-judiciaire : 

Les gendarmes se sont présentés aux domiciles de Pascal Fauret, 55 ans, dans la banlieue de Lyon, et de Bruno Odos, 56 ans, en Isère, selon ces sources. Ils escortaient les pilotes dans le cadre de la mise en oeuvre d'un mandat d'amener de la part de la juge d'instruction.

VOIR et ENTENDRE Me Dupond-Moretti laisser éclater son "indignation sur LCI:


En France, on n'extrade pas, mais on embarque...

"C'est une initiative personnelle, il faut arrêter de fantasmer"

Me Eric Dupont-Moretti a grondé mardi, lors d'un point presse avec l'un des deux pilotes français, Pascal Fauret. "Mon réflexe, c'est de retourner dans mon pays", a expliqué ce dernier.
"Fatigué", il "essaie de réaliser qu'[il] est rentré" en France. Au lendemain de la révélation de sa fuite rocambolesque de la République dominicaine, Pascal Fauret s'est exprimé devant la presse mardi. Mais"pas question" alors d'évoquer "les modalités du départ ou l'évasion, comme vous l'appelez", a prévenu Me Eric Dupont-Moretti, qui assistait l'un des deux pilotes français de cette affaire dite Air Cocaïne. "Vous imaginez bien qu'elle [l'évasion] n'a pas été faite seule. En France, elle ne constitue pas une infraction", a rappelé l'avocat, avant d'ajouter plus tard que la fuite n'a pas été organisée par "une équipe de barbouzards qui aurait été financée par l'Etat français". "Il faut arrêter de fantasmer, c'est une initiative personnelle", a-t-il insisté.
VOIR et ENTENDRE la colère de Me Jean Reinhart, interrogé par TF1 la semaine dernière :

"Cette décision, je l'ai prise à titre personnelle après le verdict du 15 août"
qui l'a condamné à 20 ans de prison pour trafic de drogue - dont ils se disent innocents - avec son collègue Bruno Odos et deux autres ressortissants français, explique Pascal Fauret. "A partir du moment où on a affaire à une justice qui ne mène pas d'enquête et qui nous condamne parce qu'on est Français et pas de bons Chrétiens", la seule solution était de fuir. Le pilote raconte avoir été "enfermé 15 jours dans un cachot", puis dans un centre de haute sécurité. "On m'a rasé la tête", se souvient-il, rappelant qu'il était venu en République dominicaine "pour [son] travail".

"Mon réflexe, c'est de retourner dans mon pays" pour "m'exprimer" devant la justice française, affirme-t-il. Me Dupont-Moretti l'a d'ailleurs rappelé : "Il était important que cette évasion de cette justice dominicaine se fasse au grand jour, c'est pour ça que vous êtes ici. Mais pour signifier aussi au juge marseillais que ces hommes ne sont pas en fuite, ils sont à la disposition de la justice [de leur pays]. Il suffit d'une date pour que nous nous rendions à la convocation", a affirmé l'avocat, ajoutant qu'il n'était pas nécessaire de délivrer un mandat d'arrêt. "Ils respirent un peu avec leur famille (...). Ils sont partis et ils ont bien fait de le faire".

Une exfiltration rocambolesque

Les deux hommes étaient les pilotes d'un Falcon 50 intercepté en mars 2013 à l'aéroport de Punta Cana avec 680 kg de cocaïne à son bord. Ils ont été condamnés mi-août à Saint-Domingue à 20 ans de prison mais avaient été laissés libres en attendant leur procès en appel.
Des proches ont alors organisé dans le plus grand secret une opération d'exfiltration rocambolesque, par bateau, puis par avion, et ils ont réussi à regagner la France fin octobre, assurant toutefois s'en remettre à la justice française pour prouver leur innocence. Ils attendaient depuis d'être entendus par la juge marseillaise qui enquête depuis février 2013 sur un vaste trafic de drogue transatlantique.
VOIR et ENTENDRE pourquoi les deux pilotes n'avaient pas le droit de retourner en France:




VOIR et ENTENDRE 
le témoignage de l'expert aérien qui a aidé les deux pilotes à s'enfuir:
 

VOIR et VOIR  ET ENTENDRE
l'amertume des deux Français restés en République dominicaine:


VOIR et ENTENDRE
la version publique allégée de BFMTV:
La République dominicaine se "prépare à lancer" un mandat d'arrêt international contre les deux pilotes français.