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mardi 17 janvier 2017

Zemmour ne fait pas l'apologie du terrorisme, juge le tribunal

Justice est rendue: les plaintes ne sont pas fondées

Éric Zemmour n'est pas condamnable pour avoir dit "respecter" les djihadistes, malgré la cabale 
auprès du procureur de Paris

Le chroniqueur, journaliste et écrivain Éric Zemmour avait déclaré dans une interview avoir du
Les plaintes contre le chroniqueur, journaliste et écrivain Éric Zemmour s'avèrent malveillantes.
Des poursuites pour apologie du terrorisme ne sont pas justifiées. Le Parquet de Paris a classé sans suite l'enquête visant les propos tenus dans un entretien avec le magazine Causeur, par ce chroniqueur politique diplômé de l'IEP qui avait déclaré "respecter" les djihadistes, ont annoncé mardi ses avocats.  Une source judiciaire a confirmé ce classement sans suite, intervenu début janvier, le Parquet estimant l'infraction "insuffisamment caractérisée" et, par voie de conséuence, les critiques subjectives et la plainte mal-intentionnée. Les avocats d'Éric Zemmour, maîtres Olivier Pardo et Laurence Dauxin, ont fait part dans un communiqué de leur "satisfaction" après le classement de cette procédure qui visait " injustement" leur client, comme l'a décidé le tribunal.
A la suite des déclarations de l'essayiste contestataire de la pensée unique, parues dans le numéro d'octobre du mensuel, le Parquet de Paris avait ouvert une enquête pour apologie du terrorisme.

Une contradiction qui ébouriffe la doxa dominante

"Je ne pense pas que les djihadistes soient des abrutis ou des fous", avait opposé au pouvoir socialiste Éric Zemmour dans le magazine. En effet, au lendemain de l'attaque de Nice, les autorités ont soupçonné une radicalisation rapide de l'auteur de l'attentat. Or, d'autres informations ont révélé qu'il préparait son acte depuis un an. Mais le pouvoir socialiste et sa presse ont constamment présenté les djihadistes opérant sur notre sol comme des "déséquilibrés." "On ne peut pas exclure qu'un individu déséquilibré et très violent, et il semble que sa psychologie témoigne de ces traits de caractère, ait été à un moment, dans une radicalisation rapide, engagé dans ce crime absolument épouvantable," avait estimé Bernard Cazeneuve sur RTL. Alors, aussitôt, le psychiatre Chemceddine Hamouda, révéla que l'auteur du carnage de Nice, Mohamed Lahouiaej Bouhlel, aurait manifesté des troubles psychotiques dès 2004, étayant la thèse officielle et mettant en cause l'état psychologique des terroristes. Zemmour s'était inscrit en faux et avait provoqué la colère du microcosme aliéné au pouvoir.

Zemmour poursuivait : "Et je respecte des gens prêts à mourir pour ce en quoi ils croient – ce dont nous ne sommes plus capables." Au journaliste qui lui demandait s'il respectait "des gens qui roulent en camion sur des enfants", en référence à l'attentat du 14 juillet à Nice responsable de 86 morts, il répondait : "Quand des gens agissent parce qu'ils pensent que leurs morts le leur demandent, il y a quelque chose de respectable. [...] C'est ainsi, les humains sont complexes, donc combattons-les, mais arrêtons de les mépriser !"

L'opinion d'Éric Zemmour, interprétée par plusieurs media bruts de décoffrage, avait suscité des cris d'orfraie de la gauche. La polémique avait détourné l'attention du drame lui-même, comme de la série d'attentats le plus souvent perpétrés depuis janvier 2015 par des djihadistes français qui ont fait 238 morts et des centaines de blessés, mais aussi de la controverse sur les effectifs policiers réellement sur place le jour du massacre de la Fête Nationale du 14 Juillet à Nice
La Société des journalistes (SDJ) de la radio RTL, où Éric Zemmour est chroniqueur depuis six ans, avait condamné ses déclarations, mais la direction lui a gardé sa confiance. Bien dans leur rôle "politiquement correct", une avocate de victimes d'attentats, Samia Maktouf, la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs (Fenvac) et l'association socialiste SOS Racisme avaient dénoncé tour à tour ces propos auprès du procureur de la République de Paris. Ils sont tous, autant qu'ils sont, déjugés.

En février 2016, dans une émission de radio associative marseillaise, mais pour des raisons diamétralement opposées, Jean-Marc Rouillan, militant d'extrême-gauche qui dans les années 1970 et 1980, mena des actions terroristes collectives comme membre d'Action directe avait, lui, déclaré avoir trouvé "très courageux" les djihadistes animés par des convictions. Un hebdomadaire manipulateur avait établi un parallèle audacieux en rappelant que Rouillan a été condamné à huit mois de prison pour apologie du terrorisme en septembre 2016. Evoquant les attentats du 13 novembre 2015 en France, le camarade terroriste avait salué "le courage avec lequel se sont battus les terroristes du 13 novembre, dans les rues de Paris, en sachant qu’il y avait près de 3.000 flics autour d’eux." "On peut dire plein de choses sur eux - qu'on est absolument contre les idées réactionnaires, que c'était idiot de faire ça - , mais pas que ce sont des gamins lâches," insista l'assassin du général René Audran (janvier 1985) et de Georges Besse (novembre 1986), également auteur de deux tentatives d'assassinat.

S'agissant de la condamnation de Rouillan, la LDH a dénoncé une atteinte à la liberté d'opinion. Que pense-t-elle de la décision de justice en faveur de Zemmour ?

Dans son acharnement sur Zemmour, une soi-disant "élite" médiatique -alignée sur l'AFP-  fait l'impasse sur certaines prises de paroles. Et désinforme son lectorat. 
Pour Nicolas Comte, secrétaire général du syndicat général de la police-Force ouvrière : "C'est très clairement de l'apologie des actes terroristes. Il [Rouillan] montre sa sympathie pour une organisation terroriste." 

Samia Maktouf, avocate de plusieurs familles de victimes du 13 novembre, encore elle, partage cette analyse. L’association française des victimes du terrorisme évoque une "bouillie intellectuelle": condamné en septembre 2016 à huit mois de prison pour apologie du terrorisme, Jean-Marc Rouillan "se vautre […] une fois de plus dans la violence." 

Bernard Cazeneuve, alors ministre de l'Intérieur, indique : "Ces propos sont une offense à la mémoire des victimes et une blessure supplémentaire pour des familles qui ont déjà beaucoup enduré". L'amalgame entre Zemmour et Rouillan est également une "offense à la mémoire des victimes."

mercredi 6 avril 2016

Action directe: des victimes portent plainte contre Jean-Marc Rouillan, assassin anarcho-communiste

Rouillan, terroriste proche de 'Fraction armée rouge', en Allemagne ou des 'Brigades rouges', en Italie

Ses propos sur le "courage" des auteurs des attentats djihadistes de novembre à Paris montrent qu'il n'a pas changé

Des victimes portent plainte contre le cofondateur d'Action directe, Jean-Marc Rouillan, pour apologie du terrorisme.
Jean-Marc Rouillan ne s'est pas amendé et mardi l'Association française des victimes du terrorisme (AFVT) n'a pas loupé le terroriste qui fait l'objet d'une enquête ouverte lundi par le parquet de Paris à la suite de ses propos sur le prétendu courage des auteurs des attentats djihadistes de novembre 2015. L'AFVT a annoncé le dépôt d'une plainte contre le cofondateur d'Action directe, Jean-Marc Rouillan, pour "apologie du terrorisme", a-t-elle indiqué dans un communiqué. 

Rouillan, terroriste révolutionnaire, se croit-il lui-même courageux ?
"Moi, je les ai trouvés très courageux, en fait. Ils se sont battus courageusement: ils se battent dans les rues de Paris (alors qu'ils) savent qu'il y a 2.000 ou 3.000 flics autour d'eux", avait déclaré Jean-Marc Rouillan en férvier à l'antenne de la radio marseillaise Radio Grenouille.
Des déclarations qualifiées de "bouillie intellectuelle" par l'AFVT, et de "sinistre imbécilité" par le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll. 

"Indécence absolue à l'égard des victimes"

Ces propos sont "dans une indécence absolue à l'égard des victimes de ce massacre", estime l'AFVT. Lundi, Jean-Marc Rouillan (ci-contre) a dit assumer ces propos, tout en prétendant qu'il ne s'agit "pas d'une valorisation du tout" des djihadistes, dont il dit ne pas partager l'idéologie. 

"Ce qui s'est passé, c'est que des jeunes sont venus en France pour tuer gratuitement (...) Et quelqu'un qui, après l'histoire qui a été la sienne, continue à penser que ce serait courageux de faire ça ? (...) C'est courageux de faire quoi? D'arriver [masqués] avec une kalachnikov au Bataclan et de tirer sur des gens [anonymes] qui n'ont pas d'armes? C'est ça le courage? Mais c'est la négation du courage. C'est pourquoi je dis 'sinistre imbécile' de dire des choses pareilles", a expliqué Stéphane Le Foll. 

Déjà un aller-retour en prison à cause d'un entretien

Jean-Marc Rouillan a été condamné en 1987 à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 18 ans, notamment pour les assassinats de Georges Besse, patron de Renault, et de l'ingénieur général René Audran,  haut fonctionnaire du ministère de la Défense, en 1985, pendant les "années de plomb" qui ont marqué le premier quinquennat de François Mitterrand. 

Ce terroriste d'extrême gauche révolutionnaire a bénéficié d'un régime de semi-liberté en 2007, révoqué fin 2008, parce qu'il s'était exprimé sur les infractions qui l'ont conduit en prison dans un entretien avec L'Express. Il a été remis en semi-liberté en 2011, mais reste interdit de séjour dans... 38 départements.

Sorti de prison, l’ex d’Action directe profite de la vie, tourne dans un road-movie "burlesque et subversif" et n’abjure rien de ses convictions. A 63 ans et en période d'état d'urgence, il est régulièrement accueilli dans des centres sociaux sympathisants ou des MJC, dont celle de Martigues, ville communiste des Bouches-du-Rhône, pour raconter ses "courageux" exploits et ses vingt-cinq ans passés en zonzon, dont sept à l’isolement.

Alors, prosélytisme révolutionnaire ? 
"J’ai eu la chance d’avoir cette corde à mon arc, de pouvoir lier la poésie et la littérature au témoignage de ce que j’ai vécu. Je ne crois pas que j’ai perdu de temps en prison," confirme cet auteur de plusieurs livres publiés.

Rappelons enfin, au moment où Hollande fait les yeux doux aux ayatollahs d'Iran, que Pierre Péan a écrit que pour "la communauté du renseignement, il ne fait aucun doute que l'assassinat de René-Pierre Audran […] a été planifié à Téhéran par les Gardiens de la Révolution" iraniens.

mercredi 21 mars 2012

Christian Etelin, avocat militant du djihadiste, tueur de Montauban et Toulouse

Le journal communiste L'Humanité vantait les louanges de l'avocat

"ILS CHANGENT LE QUOTIDIEN " (le 9 Octobre 1999)

Christian Etelin, avocat militant (sic)

Membre du barreau de Toulouse depuis vingt ans (en 1999), il s'est fait une spécialité de la défense des " causes perdues ", sans-papiers, squatters, victimes du racisme...

Aussi à l'aise dans la rue qu'à la barre d'un tribunal, Christian Etelin, petit bonhomme de quarante-six ans au rire tonitruant et à la plaidoirie redoutée, est l'avocat toulousain des causes perdues. " Si j'ai choisi d'être avocat, c'était pour rester militant. Cela fait vingt ans que je le fais et je ne suis toujours pas fatigué. "

Issu d'un milieu " simple et humble ", Christian est prédestiné à devenir enseignant. " En 68, j'étais un étudiant engagé, marxiste-libertaire, non encarté. J'y croyais vraiment. " Jusqu'en 1974, il sera maître auxiliaire à Bordeaux, sa ville natale. Sa femme est alors avocate. C'est elle qui l'influencera à se recycler dans le droit. Dès ses débuts, en 1979, Christian devient le défenseur des sans-papiers. Plus tard, des squatters, des antinucléaires, des jeunes victimes de bavures policières, " ils sont en garde à vue, ils m'appellent, j'y vais ". Mais aussi, des jeunes Beurs du Mirail, " qui sont victimes du racisme et d'un grand abandon social ".


En 1989, il défend les militants anarchistes d'Action directe dans l'affaire Besse
(PDG de Renault assassiné), dont Jean-Marc Rouillan.

Ce qui lui vaudra d'être mis sur écoutes téléphoniques, et de voir son cabinet perquisitionné. Dans les années quatre-vingt-dix, il est poursuivi pour avoir confié des pièces pénales à un de ses clients, " j'ai toujours pensé qu'on devait le faire ". Relaxé en 1995, par la cour d'appel de Toulouse, il a contribué à faire progresser les droits de la défense ; " aujourd'hui, le Code de procédure pénale reconnaît cette pratique ". Autre avancée en matière d'État de droit, Christian fait condamner l'État espagnol devant la Cour européenne des droits de l'homme. Pour une affaire de fausses preuves envers des autonomistes catalans.

Quand il ne plaide pas, il manifeste.
Pour les sans-papiers, contre la venue de Le Pen... À tel point que le Parquet de Toulouse l'a un jour menacé de poursuites : " Un gendarme affirmait m'avoir vu m'opposer à l'expulsion d'un sans-papiers algérien. C'est vrai, j'étais à l'aéroport, mais je n'étais pas sur le tarmac. Étant donné que le jeune a été expulsé vers l'Algérie où on l'a assassiné et coupé en morceaux, les poursuites ont été arrêtées. Ce qui en dit long sur le nombre de gens qui ont voulu se farcir Etelin ", plaisante-t-il. En effet, du maire de Toulouse, Dominique Baudis, jusqu'au préfet, tous ont rêvé d'avoir sa peau. Sans succès.

Boycotté par la Dépêche du Midi pour avoir poussé un coup de gueule contre un journaliste, il se fait traiter de stakhanoviste de la correctionnelle. " C'est vrai, je fais partie du plus gros cabinet d'aide juridictionnelle de Toulouse. Je suis l'avocat à quatre sous. "

Christian collectionne les aides juridictionnelles, payées 500 francs. Alors que l'intervention d'un avocat avoisine normalement les 5 000 francs. " L'État pose lui-même une justice à deux vitesses, avec une défense au rabais, qui n'est économiquement pas tenable. Heureusement, mes associés acceptent que mon chiffre d'affaires soit de loin inférieur aux leurs. "

Des regrets, Christian n'en a pas.
Ou plutôt si. Un seul : " J'aimerais avoir du temps pour participer à la défense des droits de l'homme au niveau international. " Et de conclure, " mais on ne peut pas plaider pour le quart-monde et le tiers-monde en même temps. "

samedi 26 février 2011

Action directe, les années sanglantes, pour ceux qui auraient oublié

Terrorisme: la poudre et l'allumette



Jean-Marc Rouillan et Nathalie Ménigon, deux chefs de file du groupe armé d'extrême gauche Action Directe (photo non datée)



1982.
L'Express consacrait un article à la résurgence de groupes comme Action directe (lien Wikipedia), avec l'aide d'un historien, Xavier Raufer, auteur d'un livre où il donnait de nouvelles perspectives sur le terrorisme.

Le 27 mai, au début de l'après-midi, une voiture roule à très (trop?) vive allure sur l'autoroute A1 en direction de Paris. Près de la sortie de Compiègne (Oise), son conducteur en perd le contrôle; embardée, tête-à-queue, tonneaux, le véhicule termine sa course folle contre le bas-côté droit. A bord de l'épave, une passagère grièvement blessée, Nathalie Ménigon, 25 ans.

Pour la police, elle n'est pas une inconnue. Pasionaria du groupe Action directe, elle a participé, au côté son compagnon Jean-Marc Rouillan, à diverses opérations de ce réseau terroriste dont il est le leader.

Libérée, le 17 septembre 1981, pour raison médicale, elle est venue occuper un immeuble du quartier de la Goutte-d'Or (Paris XVIIe), "squattérisé" au profit d'immigrés turcs.
Au moment de son accident, elle revenait de Belgique avec un stock de 15000 affichettes appelant à une "manifestation armée" contre la venue du président américain Ronald Reagan au Sommet de Versailles : une silhouette en tenue de combat brandissant un pistolet-mitrailleur. L'appel est signé Action directe. Il dit: "Le terroriste Reagan, voyageur de l'impérialisme U.S., ennemi des peuples, doit être accueilli par la haine, devant des poings levés et des armes chargées."

Détail important: ce texte est rédigé en français, en turc et en arabe, tout comme le tract de la Fraction armée révolutionnaire libanaise (Farl) diffusé, le 7 avril dernier, par des militants d'A.d., tract qui revendiquait l'assassinat quatre jours plus tôt du diplomate israélien Yaakov Barsititllatov.

La résurgence d'un tel groupe risque de démentir l'analyse rassurante des autorités françaises [PS]. A la recrudescence du terrorisme international, contre lequel il tient de véritables conseils de guerre depuis le sanglant attentat de la rue Marbeuf (22 avril 1982 - lien Wikipedia vers les attentats meurtriers en France), le pouvoir socialiste oppose souvent la baisse des violences politiques d'origine intérieure, une baisse de 40 %.

Distinguo simpliste aux yeux d'un observateur professionnel comme
Xavier Raufer. Exerçant dans l'enseignement supérieur privé, cet historien de 36 ans, qui a longtemps animé l'étude des mouvements révolutionnaires à l'Institut d'histoire sociale, publie cette semaine le fruit de ses travaux: Terrorisme: maintenant la France? (Editions Garnier). Au moment même où se tiennent à l'Institut de criminologie de Paris les Journées d'étude sur le terrorisme.

Raufer se méfie du terme trop générique de terrorisme, qui masque la hiérarchie réelle des périls guettant notre société. Ainsi la diminution des attentats à l'explosif depuis le 10 mai 1981 n'est-elle due qu'à la trêve corse, alors que l'actualité montre une tendance à la radicalisation de l'extrême gauche, bien plus dangereuse sur le plan national.

A l'
escalade de la violence banalisée (on est passé en vingt ans du cocktail Molotov au lance-roquettes) s'ajoute une dimension internationaliste: "la recherche d'une classe ouvrière de substitution". D'où interactions entre terrorisme importé et terrorisme indigène, des attentats d'origine étrangère provoquant, par contagion, l'émergence de structures de guérilla urbaine sous couvert de lutte anti-impérialiste.

"Voilà le péril majeur, nous dit Raufer. D'un côté, des viviers de jeunes ballottés entre le chômage et les emplois précaires, dépourvus de toute perspective, se constituent à la périphérie des grandes villes : c'est le tonneau de poudre. Et, de l'autre, la boîte d'allumettes : ces groupuscules - heureusement fort réduits, et jusqu'ici efficacement marqués par la police - qui se veulent des partis communistes combattants, en lutte armée contre leur propre Etat."

Paradoxe souligné par Raufer: c'est en France qu'a été théorisé le recours aux armes en démocratie, alors que notre pays s'est trouvé épargné plus longtemps que nos voisins. En 1963, l'ex-avocat du F.L.N. algérien Jacques Vergès est le premier à formuler la doctrine du "pouvoir au bout du fusil", qui sera intellectualisée par le philosophe Louis Althusser et popularisée par les groupes "maos" avec la caution de Jean-Paul Sartre, légitimant la violence au service des "bonnes causes".

Ces groupes se tiennent à l'écart du "happening" de Mai 1968 pour fonder, sur ses décombres,
la Gauche prolétarienne (G.P., militants marxistes-léninistes à l'origine nanterriens, Hauts-de-Seine - lien Wikipedia), puis constituer son bras armé, la Nouvelle Résistance, premier embryon d'un parti communiste combattant. A son apogée, en 1970-1971, l'ex-G.P. passe très près de la lutte armée : rapts du député gaulliste Michel de Grailly et d'un cadre de Renault [Georges Besse, cf. libellé, ci-dessous], etc.

Mais, au dernier moment, un sursaut moral retient les "maos" de basculer de l'action symbolique à la violence meurtrière. Refusant de "se substituer aux masses", ils vont se disperser dans des militantismes sectoriels: dans l'écologie, le féminisme, l'antipsychiatrie, la défense des prisonniers et des droits de l'homme, la fondation du quotidien Libération, etc.

Pourquoi cette autodissolution ? D'abord, leurs guides intellectuels ont, après la phase initiale de fascination, joué un rôle salutaire de garde-fou. Ensuite, la dénonciation des « méthodes fascistes » de l'O.A.S. était encore présente dans tous les esprits.

Enfin, deux faits ont contribué à bloquer l'engrenage terroriste: une rencontre avec
Andréas Baader (lien Wikipedia vers le groupe terroriste "la bande à Baader"), qui apparut aux responsables "maos" français comme un dangereux psychopathe; et le massacre des athlètes israéliens aux Jeux de Munich, en septembre 1972.

Mais, au moment précis où les "maos" français renoncent à suivre les modèles italien et allemand, des rescapés de réseaux antifranquistes catalans créent dans le midi de la France des Groupes d'action révolutionnaire internationalistes (Gari), qui, de février à juillet 1974, vont perpétrer une dizaine d'attentats, de rapts et surtout de hold-up. Avec une telle maladresse que la police rafle la dizaine d'activistes - dont J.-M. Rouillan déjà - qui forment l'équipe dirigeante.

Une troisième tentative n'aura guère plus de longévité: celle des Noyaux armés pour l'autonomie populaire (Napap), fondés, en 1977, par les laissés-pour-compte de l'ex-G.P. surnommés les "veuves maos". En neuf mois, une douzaine d'arrestations met fin à une série d'actions non sanglantes commencée pourtant par un meurtre: celui d'un vigile de Renault, Jean-Antoine Tramoni, lui-même meurtrier du militant "mao" Pierre Ovemey.

Deux ans plus tard, les rescapés des Gari et des Napap, forts de l'expérience de la clandestinité, fusionnent dans Action directe. Les "branquignols" font place à du professionnel, les intellectuels de l'ex-G.P. à des militants au profil plus fruste, mais aussi plus proche de celui des brigadistes italiens et des desesperados allemands.

De 1979 à 1981, Action directe ne revendique pas moins de vingt attentats immobiliers et financiers: la revendication devient plus importante que l'acte lui-même, encore que le butin des différents hold-up dépasse les 100 millions. La logistique se développe : pas moins de quarante planques d'armes et de faux papiers, de caches pour fugitifs dans la seule région parisienne. Les connexions internationales aussi.

Pratiquement démantelés en 1980, les groupes d'Action directe se sont reconstitués depuis l'automne de 1981 en véritables noyaux armés branchés sur les filières terroristes de Beyrouth. Ils transforment les "squats" en une sorte de "piste Hô-Chi-Minh", à mi-chemin entre délinquance et politique.

Plus d'encadrement intellectuel, de garde-fou, plus d'issues non plus, de solutions de repli dans une société dont les capacités d'intégration se sont affaiblies. Mais un isolement croissant, avec, à terme, une menace complémentaire : celle de voir la décomposition d'une structure de ce type fournir, cette fois, des mercenaires aux groupes internationaux, style Carlos, pour lesquels la France a cessé d'être un sanctuaire.

Menace qui n'a rien de fatal: il est encore temps, selon Xavier Raufer, d'enrayer la formation d'un parti communiste combattant. A condition de la prendre au sérieux et de ne pas se tromper d'adversaire.

(Article de L'Express, par Jacques Déroguy, publié le 11/05/1982)

vendredi 18 février 2011

Action directe: semi-liberté ordonnée pour Jean-Marc Rouillan

Le Parquet fait appel de la décision du juge

Jean-Marc Rouillan, ancien chef présumé du groupe armé d'extrême gauche Action directe, s'est vu accorder mercredi un régime de semi-liberté.
La décision du tribunal d'application des peines prévoit d'autoriser Jean-Marc Rouillan à sortir durant la journée à partir du 7 mars avec un bracelet électronique.
Cependant, cette mesure a été suspendue par un appel du procureur. La Cour d'Appel de Paris devra trancher dans un délai prévisible de plusieurs mois.

Rappel historique

Jean-Marc Rouillan purge depuis 1987 des condamnations à perpétuité prononcées pour complicité dans DEUX assassinats politiques du PDG de Renault Georges Besse en 1986 et de l'ingénieur général de l'armement René Audran en 1985.
"Ennemi public n°1" recherché de France dans les années Mitterrand, le chef des activistes d'extrême gauche avait été arrêté en février 1987 avec trois autres membres d'Action directe.
Il avait déjà bénéficié d'une semi-liberté entre décembre 2007 et octobre 2008 avant d'être renvoyé en détention en raison de propos à la presse relatifs aux faits ayant motivé sa condamnation, ce qui lui était interdit.
Lien PaSiDupes
et autre lien PaSiDupes soulignant les liens entre Action directe et Besancenot

Les autres membres du groupe, Nathalie Ménigon (lien PaSiDupes) - qui a épousé Rouillan en détention - Georges Cipriani (lien PaSiDupes) et Régis Schleicher (lien PaSiDupes), qui étaient placés sous ses ordres, ont purgé de longues peines de prison et bénéficient aujourd'hui de régimes de liberté surveillée.

vendredi 24 juillet 2009

Action Directe: Schleicher libéré par la Cour d'Appel

Un de plus en liberté contre l'avis du Parquet
La Cour d'Appel de Paris a accordé aujourd'hui une nouvelle mesure de semi-liberté pour un ancien membre d'Action Directe (AD), groupe communiste libertaire.
Cette fois, c'est Régis Schleicher, ex-dirigeant de l'une des branches du mouvement armé d'extrême gauche Action Directe.

La Cour d'Appel n'est pas aux ordres du ministère de la Justice


Le 25 juin dernier, le Parquet général s'était opposé à la semi-liberté pour Schleicher, 52 ans, mais la chambre d'application des peines de la Cour d'Appel a suivi les juges du tribunal d'application des peines qui avaient déjà été favorables à la libération de l'ancien terroriste d'extrême gauche.
Les syndicats de la magistrature auraient-ils un faible pour l'extrême gauche ?

25 ans les deux perpétuités

Arrêté le 15 mars 1984, Régis Schleicher a été condamné à deux reprises par la Cour d'Assises de Paris à la réclusion criminelle à perpétuité: la première fois en 1987 pour sa participation au meurtre de deux policiers avenue Trudaine à Paris le 31 mai 1983, puis en 1988 pour des hold-up avec tentatives de meurtre sur des policiers. Le 15 mars 2002, la Juridiction nationale de libération conditionnelle (JNLC) avait refusé sa remise en liberté.

La perpétuité à 12 ans et six mois a-t-elle encore un sens ?

Incarcéré à la centrale de Clairvaux (Aube), Régis Schleicher pourra bientôt sortir de prison la journée pour travailler mais devra y passer les nuits et les week-ends.

Les syndicats de police ont-ils quelque chose à déclarer ? Ca fait le meurtre de policier à six ans de détention...

Les extrémistes ont droit à la clémence des juges

En 1979, l' « organisation de guérilla » commença à revendiquer ses attaques sous le nom d'Action Directe, expression empruntée à l'anarcho-syndicalisme du début du XXe siècle mais, au nom de la lutte contre l’impérialisme capitaliste, des symboles de la puissance de l’État, le grand patronat et la défense du prolétariat, elle ne fit alors que des dégâts matériels.

Le 13 septembre 1980, Jean-Marc Rouillan et Nathalie Menigon, pensant rencontrer le terroriste Carlos, sont arrêtés
rue Pergolese à Paris après un échange de coups de feu. Mais, après l'élection de Mitterrand en 1981, le nouveau gouvernement fait voter une loi d'amnistie qui remet en liberté Rouillan et Ménigon. Pendant l'hiver 81-82, l'organisation se scinde en quatre groupes , dont l'Affiche rouge qui commettra plusieurs attentats anti-sémites tout en continuant sa lutte anti-impérialiste, et Action Directe avec Jean-Marc Rouillan et Nathalie Menigon qui s'allient à la Fraction armée rouge à partir de 1985.

De 1982 à 1987, AD exécute plusieurs assassinats
ou tentatives: 1987, les principaux membres d'Action directe, Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron, et Georges Cipriani sont arrêtés par le RAID et condamnés (tout comme Régis Schleicher, arrêté en 1984) à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une peine incompressible de dix-huit ans, notamment pour les assassinats de Georges Besse, PDG de Renault, par le commando Pierre Overney (un militant maoïste), et le général René Audran, (responsable des ventes d'armes de la République Française.

Les libérations anticipées

  • Joëlle Aubron, dont la peine avait été suspendue en 2004 pour raisons de santé,
    est décédée en 2006 .
  • Nathalie Ménigon a bénéficié de la clémence de la chambre d'application des peines de la Cour d'Appel de Paris qui lui a accordé le regime de semi-liberté en juillet 2007 et sa libération conditionnelle, après 20 ans, en juillet 2008.
  • Jean-Marc Rouillan a obtenu un régime de semi-liberté en décembre 2007, mais elle a été révoquée en octobre 2008, suite à des propos tenus lors d'une interview donnée au magazine L'Express. On ne se refait pas.
    En décembre 1986, Alain Peyrefitte, ancien Garde des Sceaux, avait pourtant fait l'objet d'une tentative d'assassinat.

    Il ne restait plus à la Cour d'Appel de Paris que de libérer Régis Schleicher. C'est chose faite depuis le 23 juillet 2009. Elle aura encore profité de la torpeur estivale...
  • lundi 6 octobre 2008

    Action Directe: Rouillan, toujours en proie à ses vieux démons

    Renvoyé en prison: la loi est clémente, mais c’est la loi !
    A la suite de la diffusion d’une interview accordée au magazine L’Express, le terroriste Jean-Marc Rouillan (ci-contre, avant et à nouveau), 56 ans, ancien co-fondateur du groupe armé Action Directe (AD), a provoqué la suspension du régime de semi-liberté, dont il bénéficiait depuis 10 mois dans l’attente d’une libération conditionnelle. Il a été réincarcéré jusqu’au 16 octobre, avant une audience sur le fond.

    Les libertaires ont leur idée sur les raisons de ce retour en prison…
    « Cette décision à l’encontre d’un homme qui a purgé 20 ans de prison et refuse de renier son passé relève de la vengeance d’Etat. Cet emprisonnement est d’autant plus symptomatique d’un acharnement judiciaire que les propos de Jean-Marc Rouillan sont l’expression d’un point de vue politique. Les activités et les choix passés du groupe Action Directe n’ont jamais correspondu à notre orientation et notre stratégie politique. Alternative libertaire affirme sa solidarité avec Jean-Marc Rouillan face à la répression étatique et demande sa libération. »
    Or, dans cet entretien, Rouillan fait comprendre qu’il n’éprouve aucun regret pour l'assassinat en 1986 du PDG de Renault. Un patron, ce n’est donc pas un être humain…

    Par ses déclarations le cofondateur d'Action Directe avait "enfreint une des obligations qui pesaient sur lui, celle de s'abstenir de toute intervention publique relative aux infractions pour lesquelles il a été condamné". Tels étaient les termes du contrat que le condamné s’était engagé à respecter.

    Dès le lendemain de la diffusion de ses propos, le juge d'application des peines (JAP) de Paris, compétent en matière de terrorisme, a donc "rendu une ordonnance suspendant la mesure de semi-liberté de Jean-Marc Rouillan" dans l'attente de l'audience sur le fond qui aura lieu "le 16 octobre", a annoncé jeudi le parquet de Paris. En conséquence, le terroriste de l'organisation armée d'extrême gauche est retourné en détention jeudi 2 octobre au soir, soit une punition de 13 jours pleins !

    Rappel des faits
    Comme Nathalie Ménigon (ci-contre à gauche), Georges Cipriani (à droite) et Joëlle Aubron (ci-dessous à gauche, décédée en 2006), Jean-Marc Rouillan a été condamné deux fois à la réclusion criminelle à perpétuité pour chacun des deux assassinats du PDG de Renault, Georges Besse, en 1986 et de l'ingénieur général de l'armement René Audran, en 1985.

    Détenu à Lannemezan (Hautes-Pyrénées) où il purgeait sa peine, Jean-Marc Rouillan avait été transféré en décembre 2007 au centre de semi-liberté de Marseille, où il avait trouvé chez son éditeur, Agone, un emploi que bien des honnêtes chômeurs lui envient.

    Les propos
    Interrogé par L’Express sur d'éventuels regrets concernant "notamment cet assassinat" de Georges Besse, il commença par répondre : "Je n'ai pas le droit de m'exprimer là-dessus". Conscient des risques qu’il prenait, il ajouta ensuite : "Mais le fait que je ne m'exprime pas est une réponse. Car il est évident que, si je crachais sur tout ce qu'on avait fait, je pourrais m'exprimer. Par cette obligation de silence, on empêche aussi notre expérience de tirer son vrai bilan critique".

    Le juge tiendra l'audience en présence de Jean-Marc Rouillan le 16 octobre, soit à Paris, soit dans son lieu de détention, a précisé le parquet.

    Mais l'avocat de Jean-Marc Rouillan, Me Jean-Louis Chalanset, qui connaît pourtant la loi, a jugé vendredi "totalement stupide" la décision de suspendre la mesure de semi-liberté.
    "C'est totalement stupide qu'on le remette en prison pour l'empêcher de parler à la presse alors qu'il avait déjà donné deux interviews en dix mois", a déclaré Me Chalanset. Tout dépend peut-être de ce qu’il y déclare… "Il n'y avait aucune urgence à le remettre en prison, sauf à satisfaire aux exigences du procureur", a accusé le défenseur du terroriste. De tels propos d'un avocat sont-ils vraiment couverts par la loi. Ou bien seulement par le syndicat ?...
    L’expression de ses convictions intactes et de son absence de remords confirme qu’assassin à deux reprises, Rouillan constitue toujours un danger pour la population.
    Mais un citoyen ordinaire a-t-il le droit de s'interroger librement au nom de la "résistance citoyenne" au terrorisme?

    lundi 28 juillet 2008

    Action Directe : pour Ménigon, la perpétuité commuée en semi-liberté

    Deux assassinats politiques, mais ni peine de mort, ni perpétuité
    L’ex-militante du groupe armé d'extrême gauche Action directe (AD), Nathalie Ménigon, a obtenu jeudi une libération conditionnelle qui lui permettra de ne plus séjourner en prison : sa peine d’emprisonnement aura été de quelque 20 ans.

    Pourtant condamnée deux fois à la prison à vie, cette terroriste bénéficiait déjà d'une semi-liberté depuis le 2 août 2007. Le tribunal de l'application des peines (TAP) de Paris a suivi les réquisitions du parquet en décidant jeudi de lui appliquer ce nouveau régime pour cinq ans, à compter du 3 août 2008, a précisé son avocat Me Jean-Louis Chalanset.

    La semi-liberté oblige le détenu à passer la nuit en prison après une journée à oeuvrer à sa réinsertion en extérieur. Au bout d'un an sous ce régime intermédiaire, un préalable obligatoire pour les condamnés à perpétuité, elle pouvait demander sa libération conditionnelle.
    Dernières conditions posées à sa liberté, elle sera obligée de signaler à la justice toute sortie du département de Haute-Garonne, où elle installée depuis un an chez un couple d'amis, à Montbrun-Bocage, en effectuant de "petits travaux" dans une exploitation avicole.
    Tout changement d'emploi, de domicile et tout déplacement de plus de 15 jours hors de son lieu de résidence devront aussi être soumis à l'accord préalable du juge parisien chargé de son dossier, a ajouté l'avocat.
    C'est ce juge qui a autorisé Nathalie Ménigon à aller rencontrer fin juin à Marseille le cofondateur d'AD, Jean-Marc Rouillan, pour la première fois depuis leur mariage en prison en 1999, une entrevue de "quelques heures" pendant laquelle ils ont pu partager un repas, a révélé jeudi Me Chalanset.

    Comme les autres membres du noyau dur d'AD, Jean-Marc Rouillan, Georges Cipriani et Joëlle Aubron, une dirigeante d’AD, (mitraillage –avec Mohand Hamami– de services de l’ambassade israélienne en 1982), décédée en 2006, Nathalie Ménigon a été condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité en 1989 pour l'assassinat en 1986 du PDG de Renault, Georges Besse, puis à nouveau en 1994 pour une série de crimes et délits commis entre 1984 et 1986, notamment l'assassinat de l'ingénieur général de l'armement, René Audran.
    Jean-Marc Rouillan, 55 ans, bénéficie également, depuis fin 2007, d'une semi-liberté à Marseille, où il travaille chez un éditeur, tandis qu'une demande de Georges Cipriani, 58 ans, devrait être examinée début septembre par le TAP de Paris, compétent pour le suivi des dossiers de
    terrorisme.
    Un membre du collectif de soutien "Ne laissons pas faire" (NLPF) a pu être contacté, même s’il préfère taire son nom, pour le folklore ! "On se réjouit, c'est une étape importante pour la libération des camarades", a réagi Jérôme., en précisant "pensez surtout à Georges Cipriani et Régis Schleicher", un autre ancien d'Action Directe, incarcéré depuis 1984.

    Selon des commentaires de presse partisane, le sort de Cipriani et Schleicher, depuis fin juin à Fresnes (Val-de-Marne), serait « entre les mains » d'une commission pluridisciplinaire chargée de statuer sur leur dangerosité, comme « l'exige » la loi Dati sur la rétention de sûreté en guise de préalable à tout examen d'une demande d'aménagement de peine d'un condamné à perpétuité. Une telle « exigence » de la loi Dati ne semble pas aussi drastique que, dans déjà deux des quatre cas, ni Nathalie Ménigon ni Jean-Marc Rouillan n’aura accompli la peine de perpétuité, même lorsqu’elle fut prononcée deux fois pour le même assassin.
    Cette commission doit rendre un avis consultatif au TAP qui statuera sur ces demandes.


    A lire
    LES STORES ROUGES
    En rassemblant ses souvenirs, Jean-Pierre Pochon voulait surtout rendre un hommage à Gabriel Chahine, la «taupe» qui permit à la police d'interpeller une première fois les membres du groupe terroriste Action directe, le 13 septembre 1980. Mais même les as du renseignement ne peuvent pas tout prévoir: Pochon, ancien chef de la brigade antiterroriste des RG, qui réussit ce coup de filet, ne se doutait pas que les hasards de la justice et de la politique donneraient à son livre une troublante actualité. Condamné à perpétuité pour plusieurs attentats et assassinats, Jean-Marc Rouillan, l’un des chefs d’Action Directe, bénéficie d'un régime de semi-liberté depuis décembre 207, et il a récemment exprimé son intérêt pour le projet de parti anticapitaliste d'Olivier Besancenot. On lira, du coup, avec d'autant plus d'intérêt le récit de l'ex-commissaire Pochon: surveillances, écoutes, préparatifs minutieusement reconstitués qui racontent, à leur façon, la dérive criminelle d'un groupe de jeunes gauchistes prêts à basculer dans le crime. Amnistiés en François Mitterrand), les membres d'« AD » reprirent la clandestinité et s'engagèrent dans une escalade sanglante jusqu'à leur seconde arrestation, en 1987. Entre-temps, Gabriel Chahine, la source secrète des RG, avait été assassiné. Jean-Pierre Pochon et ses hommes restent persuadés que leur indic fut « officiellement balancé». Cette blessure jamais cicatrisée a inspiré à l'ex-grand flic un livre original et émouvant.
    (Le Point n°1870)
    « Les stores rouges », de Jean-Pierre Pochon (Editions des Equateurs, 284 pages, 19 euros).

    lundi 30 juin 2008

    Besancenot s’acoquine avec le terroriste d’Action Directe, J.-Marc Rouillan

    Découverts, les meneurs trotskistes montent au créneau
    Invité samedi du journal de France 2 pour évoquer le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), Olivier Besancenot a reconnu avoir rencontré Jean-Marc Rouillan, un ancien membre du groupe armé Action directe, à Marseille le 3 juin. La rencontre entre les deux révolutionnaires a eu lieu en marge d'un meeting animé par le gentil petit facteur people au double visage.

    Se refaire une virginité
    Le porte parole trotskiste était venu sur France Télévisions pour faire la promotion de ce nouveau parti de l’ombre. Sa première convention nationale du NPA (dont l’appellation ne se réclame pas du communisme ou de la révolution…) se tenait en effet le week-end dernier à La Plaine-Saint-Denis. Le NPA devrait se substituer à la LCR (Ligue Communiste Révolutionnaire) dont l’image est aujourd’hui trop connotée et voir officiellement le jour début janvier 2009. Relooké, mais lourdement fardé, il sera tout aussi trompeur que le visage médiatique actuel de la LCR, tel qu’il s’est faussement exhibé chez Michel Drücker, déjà sur France Télévisions.

    Jean-Marc Rouillan, deux fois condamné pour assassinat
    Condamné deux fois à la réclusion criminelle à perpétuité, pour les assassinats dans la période Mitterrand, du PDG de Renault Georges Besse, en 1986 et en 1985, de l'ingénieur général de l'armement René Audran (à droite), responsable des affaires internationales du Ministère de la Défense, le terroriste est aujourd'hui en semi-liberté.
    Extrêmement indulgent selon le cas, Besancenot a déclaré sur France 2 qu’après plus de vingt ans d'incarcération, les membres d'Action directe «ont purgé leur peine. La question qui se pose, pour eux comme pour beaucoup d'autres, c'est de savoir si les personnes qui ont subi une peine et qui ont vécu le système carcéral ont le droit de faire de la politique. Nous, on pense que oui». Le révolutionnaire est partisan de la liberté d’expression et du débat démocratique, mais fait les questions et les réponses : c’est plus sûr !

    Menace de rejet de la greffe du nouvel hymen
    Cette rencontre dérange aujourd'hui la direction de la LCR qui en a pourtant vus d’autres au cours de son histoire. En éclatant au grand jour ce week-end, ce contact révèle encore davantage le vrai visage d’Olivier Besancenot et pèse gravement sur la première réunion du NPA, qualifiée de «réussite» par ses organisateurs et où un millier de personnes issues de 300 collectifs originaires de toute la France ont participé. Toute la France, de Guilvinec, Carhaix ou Béziers, en passant par les pêcheurs et les viticulteurs ou par les facs ou les lycées, hier, et par les transporteurs de la FNTR, aujourd’hui.

    Alain Krivine en remet une couche
    Dimanche, dès le lendemain de la découverte du pot aux roses, le porte-parole historique de la LCR, Alain Krivine, qui fut candidat à la présidentielle de 1969 et de 1974, tentait à son tour de minimiser la portée de cette rencontre, qu'il qualifie de «non-événement». Circulez, il n’y a rien à voir : pour la transparence, vous vous trompez d‘adresse…
    Honnête, il rappela «avoir toujours combattu les thèses et les pratiques» d'Action directe. «Après, c'est vrai qu'avec le PCF et d'autres, nous nous sommes battus contre les conditions d'enfermement de Jean-Marc Rouillan ou encore de Nathalie Ménigon», dit-il. Mais «en aucun cas, poursuit Alain Krivine, Rouillan, s'il souhaite adhérer au NPA à titre individuel, ne représentera un courant politique». Il y a donc bien plus qu’une simple rencontre.


    Les trotskistes n’ont jamais autant communiqué
    Lorsque la LCR s’exprime autant, c’est qu’elle a beaucoup à dissimuler
    Surprise ! François Sabado, membre de la direction de la LCR, ne dit pas autre chose. François Sabado est aujourd'hui le mentor et l’âme damnée du pseudo-facteur. Toujours derrière le candidat de la LCR tout en s'en défendant, mais si fier de la montée de son poulain dans les sondages. Le dirigeant trotskiste aguerri avait repéré ce militant de Louviers (Eure) à une université d'été de la LCR en 1994. Le jeune Olivier faisait alors ses armes dans une tendance minoritaire, reprochant à la direction de l'organisation de n'être pas assez révolutionnaire. François Sabado poussera le trublion dans les pattes d'Alain Krivine, alors député européen, comme attaché parlementaire.
    «La LCR a toujours condamné les actions armées. Aujourd'hui, Rouillan a fait dix-huit ans de prison, il a payé. Donc, s'il veut faire de la politique à nos côtés, c'est qu'il a changé. [Le rapport de cause à effet est spécieux !] Surtout, il ne sera qu'un individu sur 10 000 !», explique-t-il. Il fallait le dire pour que ce soit vrai et rassurant. Sabado maîtrise, comme Krivine et Besancenot…
    Le bébé trotskiste est-il mort-né ?
    Cette affaire constitue une menace pour la démocratie et fait tache pour le lancement du futur NPA. Les tares des parents pourraient bien lui être fatales. Dimanche, devant la presse, Olivier Besancenot, qui se dit malgré tout «tranquille», comme Sa Cynique Majesté Royal qui en toutes circonstances se dit « sereine », s'est demandé pourquoi cette histoire, «vieille d'un mois», est ressortie ce week-end par «le jeu médiatique». Mais il assume ! «Si Rouillan veut rejoindre le NPA, c'est qu'il a radicalement changé», s'est-il défendu. Parce que la pureté trotskiste ne fait pas de doute, depuis l’ « opération catharsis » par l’entremise du grand prêtre rédempteur Drücker .
    Olivier Besancenot, que l'institut OpinionWay a placé «meilleur opposant » à Nicolas Sarkozy faisait meilleure figure dans l’opinion que Bertrand Delanoë et Marie-sEGOlène Royal, vient de commettre l’irréparable. Alain Krivine veut relativiser : «Rouillan a demandé à rencontrer Olivier. Olivier voit tout le monde. Point. N'y voyons pas autre chose !»

    Selon la gauche, le Président Sarkozy ne pourrait pas « voir tout le monde », ni le Lybien Mouammar Kadhafi ni le Syrien Bachar el-Assad.
    Mais Rouillan, quand il veut ?