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mercredi 4 décembre 2019

Pisa 2018: Macron s'accommode d'une 23e place

L’école française, élève prétentieuse aux ambitions déçues

Les jeunes Français scolarisés stagnent dans le milieu du tableau

Les notes de la France sont stables et l'effet Macron se fait désirer… Dans la nouvelle étude internationale Pisa sur les acquis des élèves, tombée ce mardi, leurs résultats ne baissent pas et Macron ne fait pas mieux que ses prédécesseurs avec un score moyen de 493 points qui classe les Français légèrement au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques).
La France n'est d'ailleurs plus la 5e puissance économique mondiale. Elle a encore cédé du terrain, passant au 6e rang. D'après les chiffres des PIB 2017, se rapprochant de la 5e place du Royaume-Uni, l’Inde a même relégué la France en 7e position.

L'école française produit toujours de très bons élèves, mais reste globalement moyenne avec, de surcroît, l'une des systèmes éducatifs les plus inégalitaires parmi les pays développés. C'est ce qui ressort du dernier bulletin mondial des systèmes scolaires de la planète, publié ce mardi 3 décembre : le fameux classement Pisa.

Véritable baromètre des politiques éducatives, le "programme international de l'OCDE pour le suivi des acquis des élèves" mesure tous les trois ans depuis 2000 le niveau des jeunes de 15 ans à travers le globe. Pour cette édition Pisa 2018, plus de 600.000 élèves dans 79 pays ont passé des tests mesurant leurs performances en lecture et écriture (thème majeur de cette édition), en mathématiques, ainsi qu'en sciences. Il a fallu un an aux analystes pour trier et synthétiser les résultats, rassemblés en trois épais volumes.

La France légèrement au-dessus de la moyenne

Au classement Pisa, la France se situe en 22e position en lecture, le domaine qui était étudié de manière approfondie pour cette édition 2018. Avec 493 points, l’Hexagone dépasse légèrement la moyenne des pays participants, cotoyant la République tchèque, la Slovénie, l’Allemagne, la Belgique et le Portugal. "Une position honorable, moyenne plus", tiennent à relativiser les analystes de l’OCDE, quand d’autres observateurs s’inquiètent d’une telle position pour la septième puissance mondiale. 

Certains mettent en cause le 'pédagogisme', tandis que l'idéologie dominante, suivie par les media préférant suivre la tendance marxisante, pointe la persistance des inégalités sociales, lesquelles font de la France l’un des champions.
Résultat de recherche d'images pour "apprentissage lecture methode globale"
L'"éducation nouvelle", courant pédagogique dominant qui s'inspire de Rousseau (orphelin dont l'enfance est marquée par l'errance et qui estime donc que l'Homme est naturellement bon, mais que la société le corrompt), défend le principe d'une participation active des individus à leur propre formation : les élèves sont des "apprenants" et sont au centre du système, ce qui suppose qu'ils ont la science infuse et la mutualisent, quand leur grands-parents la recevaient par la transmission des savoirs et l'apprentissage. Aujourd'hui, les méthodes actives sont censées exploiter les centres d'intérêt de l'apprenant, à partir du réel et du libre choix des activités, faire sortir ses connaissances enfouies en suscitant l'esprit d'exploration et la coopération. "L'enfant n'est pas un vase qu'on remplit mais un feu qu'on allume".
"Nous avons une place honorable, mais le gros point noir reste les inégalités sociales devant la performance", commente Eric Charbonnier, analyste à l'OCDE, spécialiste de l'éducation qui assure : "Il y a beaucoup de professeurs qui sont mal accompagnés et isolés." Déclarer à la journée mondiale des enseignants que les professeurs sont recrutés à un niveau de plus en plus dégradé serait certes peu confraternel, mais avant tout "politiquement incorrect". La performance étant de surcroît, on l'a compris, un concept haïssable.
Se réclament en France de l' "éducation nouvelle" (dont Henri Bassis, militant communiste, rédigea le Manifeste), le GFEN (Groupe français d'éducation nouvelle), la FIMEM (Fédération internationale des mouvements d'école moderne) : pédagogie Freinet, LE CRAP- Cahiers Pédagogiques (Cercle de recherche et d'action Pédagogiques), les CEMEA (Centres d'Entraînement aux Méthodes d'Éducation Active), ou la Pédagogie Montessori.
Les écarts de performance étant parfois faibles d'un pays à l'autre, l'organisation internationale constitue des groupes de pays aux résultats similaires plutôt qu'un classement à proprement parler. 
Depuis la première édition de Pisa en 2000, le niveau des jeunes en lecture et en écriture n'a pas progressé.  En la matière, le Royaume-Uni - malgré une densité de population plus forte - fait nettement mieux, avec 504 points.

Championne des inégalités, encore et toujours, soulignent les  idéologues de gauche

Résultat de recherche d'images pour "apprentissage lecture methode globale"En France, l'écart de résultat entre les élèves issus d'un milieu favorisé et ceux issus de classes sociales défavorisées est de 107. C'est considérable, et très nettement au-dessus de la différence observée en moyenne dans les autres pays (87 points). Comme si les élèves français étaient coupés en deux planètes. Comme s'ils n'appartenaient, en fin de compte, pas au même système scolaire. Comme si le collège unique n'existait pas depuis Savary.

"Les élèves défavorisés [en difficulté de déchiffrage de l'écrit] ont cinq fois plus de risque de se retrouver en difficulté que les autres, en compréhension de l'écrit", relève Pauline Givord, analyste à l'OCDE qui a codirigé une partie de l'enquête Pisa. Plus inquiétant encore : les jeunes issus de milieux populaires nourriraient peu d'ambitions d'études post-bac, même quand ils sont bons élèves.

Au chapitre des inégalités,
il n'y a qu'en Israël et au Luxembourg que les écarts sont encore plus élevés qu'en France. Ce constat alarmant n'est pas nouveau : le pédagogisme s'est développé au cours des années 80 et le creusement des inégalités en France s'est constaté entre dix et vingt ans plus tard, sans produire de choc significatif dans les politiques publiques. Cependant, "des efforts ont été faits depuis 2012, assure Eric Charbonnier de l'OCDE. Mais il est encore trop tôt pour en mesurer les effets." 
Les premiers élèves à avoir bénéficié de la priorité accordée au primaire, et à la création de nouveaux postes d'enseignants, sous le quinquennat de François Hollande, ne seront en effet testés par Pisa que lorsqu'ils seront devenus lycéens… pour l'édition 2024.

Trop d'incivilités en classe
Ce sont les jeunes eux-mêmes qui l'affirment - notamment en fonction de la formulation des questions - corroborant un constat déjà dressé par leurs enseignants : il y a trop de bruit  - et c'est le moins qui puisse arriver ! - dans les salles de classe. Un jeune de 15 ans sur deux déclare qu'il y a du chahut ou du désordre dans la plupart des cours, et un quart dans tous les cours ! Un niveau inquiétant qui place l'Hexagone très bas dans le tableau des élèves respectueux. "Il n'y a qu'en Argentine et au Brésil où l'indice du climat de discipline est inférieur à la moyenne observée en France", précise l'étude de l'OCDE.

L'indiscipline scolaire pénalise surtout les élèves déjà les plus fragiles, puisqu'il s'observe majoritairement dans les établissements les plus en difficulté. Un constat qui veut ignorer qu'un jeune en situation d'échec scolaire est un élève presque systématiquement indiscipliné, voire agressif. Les "sachants" de  l'OCDE assurent qu'il suffirait d'améliorer la formation des enseignants français sur la gestion de classe - conseil qui vaut pour la discipline comme pour le niveau en écriture, en maths ou en sciences - mais qui occulte le désengagement des parents démissionnaires qu'on veut pourtant introduire dans l'école, bien qu'ils soient défaillants en milieu familial : les parents de milieu favorisé à la rescousse de l'école, alors ? 

D'une manière générale, "les pays les plus performants de Pisa sont ceux qui investissent massivement dans la revalorisation du métier d'enseignant, et dans la formation", insiste Eric Charbonnier.

Blanquer, fataliste...
Résultat de recherche d'images pour "resultats enquete PISA 2018"


Jean Michel Blanquer a tiré la couverture à lui. 
Interrogé par la presse le 3 décembre sur les résultats de Pisa 2018, à Angel Gurria, secrétaire général de l'OCDE, qui lui fait des recommandations sur tout ce qui ne va pas dans l'école française, le ministre de l'éducation nationale a la réponse facile : c'est exactement ce qu'il fait. Dommage que les résultats ne soient pas au rendez vous...

Les recommandations de l'OCDE à Macron

"Pisa est un outil important qui peut guider nos efforts pour que nos systèmes éducatifs soient prêts à relever les défis de l'avenir". Présentant les résultats de Pisa 2018 le 3 décembre, Angel Gurria, secrétaire général de l'OCDE, a fait une mise au point sur ce que Pisa nous apprend de l'école française. Exposé d'autant plus attendu qu'il a lieu en présence du ministre de l'Education nationale, venu, comme plusieurs de ses prédécesseurs, entendre les recommandations de l'OCDE.

"La France occupe dans Pisa une place honorable au dessus de la moyenne dans les 3 domaines principaux", déclare A. Gurria. "Mais c'est un des pays les plus inégalitaires". Il a beau jeu d'en donner des preuves et d'ajouter qu'aux inégalités sociales s'ajoutent les inégalités ethniques. "Agir pour réduire les inégalités est urgent", dit-il au ministre. "L'enjeu principal est celui de la capacité du système scolaire français à faire progresser les plus fragiles. Il faut allouer les ressources là où il y a des besoins. Il faut former les enseignants et lutter contre l'échec scolaire dès le plus jeune âge". Comment, puisque les ministres successifs n'ont pas trouvé la bonne méthode ?

Avant Blanquer, pendant le quinquennat socialiste de Hollande, Vincent Peillon, Najat Vallaud Belkacem, ministres pourtant fortement marqués à gauche, étaient déjà venus à l'OCDE entendre les mêmes formules, sans effet évalué aujourd'hui. Car les inégalités sociales, la formation insuffisante sur le plan professionnel sont des données repérées depuis longtemps par Pisa. Malgré tout, les propos d'A. Gurria auraient pu réveiller l'Education nationale et susciter un "pisa-choc". Il n'en a rien été.

Les certitudes de Blanquer

Résultat de recherche d'images pour "blanquer arrogant""Le poids des déterminismes sociaux n'augmente pas", insiste Blanquer. "On a stabilisé ce facteur," affirme-t-il, banalisant le phénomène par comparaison puisqu' "il y a des inégalités dans de nombreux pays". Une raffarinade qui n'efface pas de chiffres meilleurs que peut afficher près de la moitié : seuls deux pays ont un niveau d'inégalités sociales par rapport aux résultats scolaires plus importants que nous sur 79 pays. Interrogé sur la mixité sociale dans les établissements, Blanquer s'abrite derrière des études à venir. De fait, depuis son arrivée, les projets lancés sous Najat Vallaud Belkacem sont gelés faute de soutiens rectoraux et de volonté ministérielle.

"PISA confirme ce que je dis depuis des années", assure sans crainte Blanquer. Selon lui, les pays qui progressent dans PISA ont modifié leurs pratiques pédagogiques pour "un enseignement structuré, explicite", ce qui ne veut pas dire grand chose, mais renvoie au discours ministériel. Interrogé sur ces méthodes pédagogiques, le ministre confirme que ses références sont 'Agir pour l'école' de Bentolila, un linguiste auteur d'ouvrages concernant notamment l'illettrisme des jeunes adultes et l'apprentissage de la lecture et du langage chez l'enfant ou du psychologue et président du Conseil scientifique de l'Education nationale, Stanislas Dehaene. Ce conseil d'intellos explique que le travail se concentrera principalement sur les sciences cognitives en lien avec les apprentissages, et non sur les neurosciences, lesquelles ont enterré la "méthode globale" qui, comme les "maths modernes" a fait tant de ravages.

Le ministre reste prudent sur le bilan de sa politique. "On note dans nos évaluations que certaines classes dédoublées ont des performances très importantes", avait certifié il y a quelques mois son cabinet mais, depuis, des experts ont montré que les dédoublements produisent peu de progrès des élèves.

Puisque l'OCDE souligne la faiblesse de la formation des professeurs français, révélée aussi par l'enquête Talis, Blanquer vante la réforme des INSPE (Instituts Nationaux Supérieurs du Professorat et de l'Éducation) qui devrait apporter une "formation plus pratique" et la hausse de la formation continue. Et surtout un contrôle sur la formation des maîtres. En réalité, le budget 2020 prévoit la baisse des dépenses de formation dans le premier degré et leur stabilité à un niveau jugé insuffisant par l'OCDE dans le second.

Faute de pouvoir mettre les dédoublements en avant, c'est 'Devoirs faits' qui est utilisé par le ministre comme une réponse aux inégalités. Il s'agit d'un temps d’étude accompagnée gratuite pour aider des collégiens dans leurs devoirs dans leur établissement. Tout en reconnaissant que sa mise en place diffère beaucoup d'un endroit à l'autre, le ministre dit réfléchir à le rendre obligatoire pour les élèves faibles. A entendre BLanquer, on pourrait croire qu'il s'agit presque de cours particuliers. Mais ce n'est pas cela du tout. Le ministre envisage de le rendre obligatoire pour les élèves faibles.

Du coté de l'OCDE, Eric Charbonnier recadre. "Les inégalités ne sont pas une fatalité", assure l'expert. Pour cela il faudrait des ressources pour les établissements défavorisés. A bon entendeur...


mercredi 20 mars 2019

Sondage BFMTV-Elabe : 84% des Français condamnent les violences de l'ultra gauche, samedi dernier

A l'instar de Macron, Elabe et BFMTV mélangent les torchons et les serviettes

Pourtant spécialistes de l'instrumentalisation, les comparses ne distinguent pas les casseurs et les Gilets jaunes


Ils font se prononcer les Français sur des bases fausses.
Quelle différence d'intention avec les fake-news ou un complot anti-social, quand l'entreprise commerciale de sondage Elabe - en recherche de respectabilité introuvable en se qualifiant d' "institut" - a "exploré" [sic] l'évolution de la perception que les Français ont des gilets jaunes après la mobilisation particulièrement mouvementée de samedi dernier. A chaud et en contexte non représentatif, puisque les manipulateurs décrédibilisés assuraient que le mouvement s'essoufflait. Les pompiers professionnels savent quant à eux qu'un feu peut couver, mais que la reprise d'un vent de colère peut enflammer la zone inondée (de gaz lacrymogène). Les élites autoproclamées sont en revanche aveuglées par leur auto-suffisance condescendante et les arrogants néophytes se sont fait encercler par les flammes.

L'approbation du mouvement reste majoritaire (53%), mais BFMTV ne fournit pas ce chiffre.
Si la chaîne de Drahi occulte cette information issue d'une enquête qu'elle a pourtant elle-même financée, Elabe établit une comparaison avec la mobilisation  qui devait signer la mort du mouvement et peut ainsi annoncer une baisse de 8 points. 
Mais celles-ci importent peu face aux plaintes des commerces de luxe des Champs-Elysées. Casser des vitrines de bijouterie-joaillerie-horlogerie, de téléphonie ou de banques, c'est s'en prendre respectivement à Bernard Arnault et donc au groupe LVMH (Brigitte Macron est un cintre de Vuitton), à la maison de couture Christian Dior, à Chaumet, Bvlgari ou Fred, et et aux journalistes de Les Echos, Investir, Le Journal des Finances, Radio Classique et le quotidien Le Parisien : pourquoi, croyez-vous, Jannick Alimi est-elle si virulente ? la famille Pinault et donc aux marques de luxe Gucci, Yves Saint-Laurent, Boucheron, etc , comme au magazine Le PointPatrick Drahi (Altice France est (co-)propriétaire de plusieurs media dont Libération, L'Express, BFM TV et RMC) et Alain Weill (NRJ, Chérie FM, Nostalgie et Rire et Chansons)) qui détiennent entre autres BFM Business, RMC Story, RMC Découverte, BFM Parisà Free et à Xavier Niel, donc au groupe Le Monde, comme à Mediapart ou Bakchich, et Le Monde diplomatiqueTélérama, La Vie, Courrier internationalau banquier Matthieu Pigasse et encore au Groupe Le Monde (et au Huffington Post).
Cette presse insiste donc sur des "chutes" cycliques,  sans jamais constater de rebond de participation, comme le 16 mars pour l'Acte XVIII pourtant annoncé comme un "ultimatum" au pouvoir autiste.

Ils sont 70% à juger que les manifestants ont pris leurs distances - non pas avec les Gilets jaunes radicalisés - mais avec les premières revendications sociales et politiques de l'ensemble. 

Les mouvements inscrits dans la durée, après avoir éclos spontanément, depuis la base et sans encadrement politique ou syndical, s'exposent toujours à une perte de vue leurs aspirations originelles. Soit dérive, soit évolution selon les circonstances, les objectifs initiaux peuvent changer ou se perdre en route. A plus forte raison quand une mobilisation est historique en dépassant quatre mois. 
Selon ce sondage Elabe "L'Opinion en direct" que diffuse BFM ce mercredi matin, 6% de Français ont le sentiment que les manifestations de gilets jaunes se sont éloignées de leurs premières revendications, en quasiment un mois, par rapport au 13 février dernier. Ils sont 30% à affirmer au contraire que les mécontents campent fermement sur leurs volontés initiales.

Recueillir par Internet le ressenti des sondés n'est pas très scientifique.
Elabe évoque une "impression générale d'éloignement"... 
L'impression que les gilets jaunes se seraient "dégagés de leurs buts de novembre dernier est générale," assure la chaîne d'info en continu. Elle est particulièrement forte chez les personnes de 65 ans et plus qui en font part à hauteur de 81%, et les classes sociales supérieures - sans surprise - avec un score de 73%. L’opposition et l’hostilité au mouvement est la plus forte chez les sympathisants de La République en Marche (73%, -1). On ose espérer que le quota de députés LREM ou de hauts-fonctionnaires est infinitésimal...

Géographiquement, cette analyse est très partagée dans l'agglomération parisienne, 75% des Franciliens se prononçant en le sens du questionnaire Elabe, et parmi les populations des grandes agglomérations, avec à nouveau un taux de 73%.


Comme le "grand débat" de Macron retransmis semaine après semaine est un lavage de cerveau, les images des chaînes d'info en continu pèsent sur l'opinion

En république, ce diagnostic est presque unanime dans le paysage politique, si on examine la question électorat par électorat. 90% des Français proches des Républicains pointent cet éloignement supposé. 88% des sympathisants de La République en marche en font autant. 68% des Français sans affiliation partisane, et une proportion égale de socialistes, le disent également. Même au sein des familles politiques les plus favorables au mouvement, on reconnaît majoritairement cette évolution: 61% des électeurs du rassemblement national et 56% des partisans de la gauche non socialiste, dont bien sûr ceux de la France insoumise. La violence fait le buzz mais les sympathisants du mouvement se désolidarisent-ils des Gilets jaunes ou de l'ultra-gauche ?

Classes moyennes et retraités prennent leurs distances
Les mesures gouvernementales qui filtrent ne s'adressent pas à eux. Si ré-indexation des retraites il doit ainsi finalement y avoir, elle ne concernera qu'un frange infime des retraités.

Mais ne nous y trompons pas: cette prise de distance avec les origines ne se traduit nullement par un isolement des gilets jaunes vis-à-vis du reste de la population. L'approbation du mouvement est toujours majoritaire parmi les Français bien qu'un glissement significatif se soit évident opéré à chaud ces derniers jours. Ainsi, 53% de sondés volontaires par Internet approuvent le mouvement, soit qu'ils le "soutiennent" soit qu'ils aient de la "sympathie" pour lui, rappelons-le !  En revanche, 35% des Français, en hausse de sept points, se disent opposés ou hostiles aux gilets jaunes désormais. 12% assurent être indifférents. 

Le soutien des classes populaires ne se dément toujours pas. 
65% accordent toujours leur soutien aux manifestants, en baisse de deux points à peine. Le trou d'air se situe ailleurs. On l'observe en premier lieu au sein des classes moyennes où l'approbation tombe à 49%, après une perte de cinq points. Les personnes âgées sont plus craintives encore, n'étant plus que 44% aux côtés des gilets jaunes, après un décrochage de 16 points. Le decrescendo est important dans l'agglomération parisienne où 44% des habitants approuvent toujours le mouvement, contre 55% précédemment. 

Si on observe le prisme politique, ce sont les Français sans préférence partisane qui expriment le plus grand malaise envers les gilets jaunes présentés comme des casseurs. La cote d'approbation y passe à 53%, après un chute de 19 points. L'approbation n'est plus que de 40%, en baisse de cinq points, parmi les électeurs de LR, tandis que la désapprobation gagne 73% des sympathisants de La République en marche. Les électeurs du Rassemblement national sont toujours 69% à appuyer les cortèges, ne lâchant que deux points. La gauche non socialiste présente l'approbation la plus forte, à hauteur de 70%. 


Angle d'attaque : violences et dysfonctionnements 

Le spectacle des violences sur les Champs-Elysées le 16 mars et les commentaires - tous tendancieux, sans débat - des chaînes d'info en continu samedi dernier ont pu peser sur les impressions des Français. Le 18 mars, 84% des Français condamnent  - faut-il s'en étonner - les violences (leurs auteurs ne sont pas identifiés) et 28% les comprennent, 17% les condamnant et les comprenant à la fois. Condamner les violences n'équivaut pas à condamner les Gilets jaunes: dans leur malveillance durable, Elabe et BFMTV ne portent pas leur attention sur les auteurs des troubles. 

L'institut Elabe a interrogé son panel sur des sujets plus vastes encore. 
Et il apparaît que le tableau de la situation est sombre lorsque les Français sont dirigés dans leur description. Ils sont 67% à déclarer que la démocratie fonctionne mal en France, dont 20% très mal. Ce niveau atteint même 74% au sein des classes populaires, ce qui valide l'action des Gilets jaunes pacifistes,  et 88% parmi les électeurs de Marine Le Pen et 75% parmi ceux de Jean-Luc Mélenchon. 
74% de nos compatriotes posent enfin que les inégalités sociales se sont aggravées ces dernières années. Les violences de l'ultra-gauche n'apportent rien de plus dans ce domaine.

Sondage Elabe pour BFMTV réalisé sur un échantillon de 1001 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l'échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l'interviewé après stratification par région et catégorie d'agglomération. Interrogation par Internet les 18 et 19 mars 2019.

On attend l'enquête Elabe consacrée au "sentiment" des Français sur la responsabilité du pouvoir macronien dans la gestion irresponsable de l'Acte XVIII...

mardi 2 septembre 2014

Rythmes scolaires à Lyon (PS): qui paie la facture et qui recule sur l'avancée de Jules Ferry?

Hollande, fossoyeur de l'école "gratuite et obligatoire"

Hollande et Valls posent le problème de la gratuité de l' "école obligatoire" 
Nouvelles inégalités locales
Le contribuable lyonnais paiera la moitié de la facture des rythmes scolaires, électeur socialiste ou non. Les Lyonnais devront faire face à une dépense supplémentaire de près de 16 millions d’euros, en année pleine, selon les calculs de la mairie de Lyon. En 2014, l’année étant déjà bien avancée au moment de la mise en place de la réforme, la douloureuse ne sera donc "que" de 7 millions, pour commencer, mais pour seulement 4 mois.
Aucun Français attentif à l'actualité n'a pu passer au travers de la stigmatisation du maire de Marseille par les media bien-pensants: Jean-Claude Gaudin (UMP) remet à la Toussaint cette mise en place imposée et il s'attire donc l'hostilité de la presse qui, par ailleurs, veut ignorer que le maire socialiste de Lyon, Gérard Collomb, met la population à contribution pour complaire à Peillon, initiateur de la réforme voulue par le candidat Hollande, et mise en place par la consensuelle Vallaud-Belkacem, sous la menace démocratique du tribunal !
Répartition du financement des rythmes scoalires en 2015 ()

Hollande n'applique pas les lois Ferry (1881-1882)

En ce qui concerne la répartition de la dépense, c’est la Ville qui supporte la part la plus importante : environ 50 %. Mais la Ville, c'est qui ? Et la caisse d'allocations familiales qui finance à hauteur de 22 % environ, c'est encore qui ?  Rappelons qu'elles sont partiellement financées par l'impôt...

Et les parents participeront à hauteur de 20%. 
Le prix à payer pour les parents varie en fonction du quotient familial, de 2 à 19 euros par mois, la moyenne à Lyon se situant aux alentours de 12 euros.

Le fonds d’amorçage, qui sert à mettre en place la réforme, disparaîtra pour l’exercice 2016. La Ville augmentera alors sa contribution, tout comme la CAF, qui prévoit une augmentation naturelle du nombre d’élèves inscrits.

201420152016
Budget révisé7.053.959 €15.871.407 €15.871.407 €
Participation
CAF1.600.698 €3.500.000 €3.601.570 €
Parents1.351.784 €3.041.515 €3.041.515 €
Mercredis de Lyon222.222 €350.000 €350.000 €
Fonds d'amorçage792.289 €990.361 €0 €
Financement Ville de Lyon3.086.966 €7.989.531 €8.778.322 €

On peut toujours chercher la part de l'Etat...

lundi 1 septembre 2014

Rythmes scolaires: Vallaud-Belkacem impose une réforme rejetée par 60% des Français

Vallaud-Belkacem l'imposera pourtant à tous
Concertation socialiste dans toute sa rigueur !
 
À la veille de la rentrée des élèves,
la réforme des rythmes scolaires continue de diviser. Elle est considérée comme "une mauvaise chose" par 60% des Français, selon un sondage CSA pour RTL publié lundiLe nombre d'opposants à la réforme des rythmes scolaires a donc continué de grimper dans l'année, mais Valls la fera généraliser cette rentrée à toutes les écoles publiques. Lors de la dernière enquête CSA réalisée pour la radio peu avant l'adoption de la réforme par les communes pionnières il y a un an, 53% des sondés estimaient alors que la loi allait dans le bon sens, contre 47%.

58% des sympathisants de gauche continuent toutefois à soutenir la réforme initiée par l'ancien ministre de l'Éducation nationale, Vincent Peillon, et maintenue par son successeur Benoît Hamon. Un chiffre qui grimpe à 64% chez les personnes qui se disent proches des socialistes. Le rejet l'emporte en revanche parmi les sympathisants de droite, qui sont 71% à désapprouver la semaine de quatre jours et demi à l'école et 74% chez les proches de l'UMP.


Six Français sur dix ne suffisent-ils pas à bloquer la loi ?

Six personnes interrogées sur dix (59%) considèrent par ailleurs que le chantier de l'évaluation des élèves engagé par Benoît Hamon pour éviter une notation-sanction n'est pas nécessaire55% des sympathisants de gauche y sont opposés et 69% des sympathisants de droite. Un avis qui n'est cependant pas partagé par les 18-24 ans, dont la moitié reste attachée au système actuel de notes.
Publié à la veille de la rentrée scolaire, ce sondage a été réalisé entre le 26 août - jour de la nomination de Najat Vallaud-Belkacem à l'Éducation nationale - et le 28 août. 
Enfin, 57% des sondés estiment que l'école ne permet pas d'assurer l'égalité des chances67% des sondés pensent en outre que le rétablissement de l'uniforme serait une bonne mesure pour lutter contre les inégalités sociales. 

Ministre intérimaire de l'Education pendant 145 jours, Benoît Hamon,  avait promis des assouplissements permettant de rassembler les activités périscolaires en une seule demi-journée et d'envisager un allongement de l'année scolaire au détriment des vacances, a-t-il précisé sur RTL.

Dimanche soir, la nouvelle ministre s'est montrée inflexible sur l'application de la réforme des rythmes scolaires.
"La loi s'appliquera partout et il n'y aura pas d'exception", a-t-elle martelé sur TF1, appelant les élus locaux à la responsabilité. 
Le stalinisme a encore de mauvais jours.