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vendredi 19 février 2016

Réforme du droit du travail: Valls et Hollande envisagent un passage à la hussarde

Myriam El Khomri n'exclut pas d'utiliser le 49.3 pour imposer la loi auquel son nom restera attachée

La ministre du Travail a brandi la menace du 49.3, une procédure d'évitement des représentants du peuple.

Face à la levée de boucliers à gauche suscitée par le projet de réforme du code du travail du gouvernement, faire passer son projet de loi sans vote, avec l'article 49.3,  c'est "prendre ses responsabilités", selon la ministre socialiste. Malgré une majorité de gauche à l'Assemblée, l'article 49.3 pourrait être nécessaire au passage du projet de loi du gouvernement sur la réforme du code du travail.
VOIR et ENTENDRE le député Hollande estimer en ...février 2006 que "le 49.3 est une brutalité, le 49.3 est un déni de démocratie, le 49.3 est une manière de freiner ou d'empêcher le débat parlementaire":
Commémoration prochaine des 10 ans des propos brutaux de Hollande ?

Myriam El Khomri 
laissera-t-elle son nom à une loi passée en force ? 

La ministre du Travail a pour mission de convaincre les parlementaires des bienfaits de la réforme du droit du travail qu'elle endosse. Titulaire, comme tous les militants socialistes, d'un DESS reçu d'une université militante, elle n'était pas préparée à cette responsabilité. C'est précisément parce qu'il lui fallait une innocente, à sa main et aux dents longues, que Valls a poussé au front cette tirailleuse marocaine. Et, sans hauteur de vie ni recul, sa marionnette semble tout-à-fait investie, à l'aveugle, dans la tâche, si ingrate soit-elle, d'"acheter à un Juif pour revendre à un Ecossais". 
Dans un entretien aux Echos paru jeudi 18 février, Myriam El Khomri l'affirme franco: "Nous voulons convaincre les parlementaires de l'ambition de ce projet de loi. Mais nous prendrons nos responsabilités", annonçant un débat parlementaire "nourri, car il y a un changement de philosophie important". 
Réforme du code du travail: ce que la loi El Khomri va changer

L'exécutif socialiste est prêt à récidiver. 
Les futurs président Hollande et premier ministre Ayrault
brandissant une pancarte en dépit du réglement de l'Assemblée
Prendre ses responsabilités en langage gouvernemental, c'est avoir recours à l'article 49.3, qui permet une adoption sans vote des élus du peuple. "Nous voulons faire avancer le pays par le dialogue social, garantir davantage des droits réels et rendre les entreprises plus compétitives", ajoute-t-elle. Le gouvernement y avait notamment eu recours pour la loi Macron.
En 2008, alors député de l'Essonne, Manuel Valls avait signé un amendement dans lequel il était indiqué que "seuls des textes très particuliers, tels le projet de loi de finances ou le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, doivent pouvoir être adoptée par la voie de l'article 49, alinéa 3". Si cet amendement avait été adopté, le Premier ministre de 2015 aurait dû passer par un vote pour faire adopter la loi Macron...
La ministre du Travail récite aujourd'hui des éléments de langageestimant que le gouvernement "ne considère pas les mini jobs allemands ou les contrats zéro heure anglais comme des modèles, bien au contraire", et lâche des phrases creuses "nous ne vivons pas dans un monde clos et nous devons nous aussi évoluer". 

La facilitation des efforts des entreprises est suspecte à gauche 
Présenté le 9 mars en Conseil des ministres et examiné en avril à l'Assemblée nationale, ce projet de loi vise à "améliorer la compétitivité des entreprises, développer et préserver l'emploi, réduire la précarité du travail et améliorer les droits des salariés", énumère-t-elle, tranquillement, bien que ces objectifs, même pris séparément, paraissent hors de portée. 
La ministre observe des blocages. "Il y a des blocages dans notre société, il faut faire confiance à la négociation collective dans les entreprises et dans les branches, pour les lever, en se basant sur les besoins du terrain". Yapuka...

Le projet transmis au Conseil d'Etat, réaffirme des grands principes.
Citons le salaire minimum, le contrat de travail à durée indéterminée (CDI) et les 35 heures. Mais il consacre la liberté de l'entreprise pour l'aménagement du temps de travail, instaure des référendums d'entreprises et prévoit un plafonnement des indemnités prud'homales en cas de contestation d'un licenciement. Si les entreprises verront sans doute ces mesures d'un bon oeil, certains déplorent un cadre trop favorable aux employeurs, mais pourtant en faveur de la reprise de l'activité économique.



lundi 15 septembre 2014

Lutte contre le chômage: le Medef propose de supprimer deux des onze jours fériés

Les Echos font-ils de l'intox ?

Le MEDEF dévoile son plan pour créer un million d'emplois 
Le patronat va dévoiler des propositions pour créer un million d'emplois, selon Les Echos. 
Le document d'une cinquantaine de pages, intitulé "Comment relancer la dynamique de création d'emplois en France?", liste une série de mesures qu'elle juge nécessaire de mettre en oeuvre pour stimuler l'emploi dans le pays. Dévoilé dimanche par Les Echos, le document de l'organisation patronale note que supprimer deux jours fériés permettrait de créer 100 000 postes, à condition d'obtenir l'autorisation de déréglementer la durée légale du travail ou au salaire minimum. Moins de jours fériés, SMIC allégé, travail dominical..., le patronat détaille officiellement mesure par mesure les freins à l’emploi en France, mercredi.

Deux jours fériés supprimés: 100.000 emplois

"Chaque mesure, qu'elle soit d'ordre social, fiscal et parfois très sectorielle, est quantifiée en termes de créations d'emplois attendues", précise le journal économique Les Echos. Par exemple, pour créer 1% de croissance et 100.000 emplois, le MEDEF propose de supprimer deux jours fériés sur 11. 

Il espère aussi de 50.000 à 100.000 emplois sur cinq ans en dérogeant au SMIC pour certaines catégories de demandeurs d'emploi, et sur trois ans en remontant les seuils sociaux. 

Autoriser les commerces à ouvrir le soir et le dimanche permettrait par ailleurs d'engendrer à terme entre 50.000 et 200.000 emplois nouveaux dans le tourisme, et entre 40.000 et 100.000 dans le commerce et la distribution

Propositions "agressives ou caricaturales"

Dans une réaction, un porte-parole du MEDEF a rappelé qu'il s'agit d'"éléments de travail" anciens qui "ne correspondent pas exactement aux propositions que fera le Medef dans les prochains jours". 



Ces propositions "apparaîtront certainement agressives ou caricaturales à certains", commentait le MEDEF en conclusion de son document, cité par le quotidien. "Ils ont tort. Il s'agit avant tout d'animer un débat (...)
Notre conviction est que nous n'avons pas 'tout essayé contre le chômage', nous avons juste essayé ce qui n'a marché nulle part et oublié ce qui a fonctionné partout.

"Une provocation", selon la CFDT

Les réactions au réformisme du MEDEF sont tombées lundi matin. 
Pour la CFDT, " c’est une provocation à double titre. D’abord sur le contenu des mesures: pour la CFDT il est hors de question d’aller sur ces terrains-là", a affirmé Laurent Berger, secrétaire général, sur RTL
"Et puis c’est une provocation, parce que la semaine dernière, nous nous sommes réunis avec les organisations patronales et les syndicats pour fixer un agenda social ", a-t-il rappelé. "Nous avons discuté modernisation du dialogue social, nous avons discuté emploi des jeunes, emploi des chômeurs de longue durée, et le Medef n’en a pas parlé de ces propositions". 

D’autant que la semaine est à haut risque pour l’exécutif, avec le vote de confiance au Premier Ministre mardi, et la conférence de presse du président de la République jeudi. L’exécutif se serait très certainement passé d’un tel pavé dans la mare de la part du patronat et des Echos, qui risque de compliquer le vote des parlementaires, d’une part, et de braquer les syndicats, d'autre part, notamment la CFDT, qui se disait prête à discuter de certains sujets "sans tabou", comme l’affirmait Laurent Berger il y a encore quelques jours. 
"Si le MEDEF arrive avec des propositions irréalistes, ça ne va pas beaucoup nous aider", faisait valoir un membre anonyme de l’exécutif, la semaine dernière.

vendredi 22 juin 2012

Héritage social de Sarkozy: l'un des SMIC les plus élevés d'Europe

La supercherie de son augmentation par Hollande

Actuellement, la France se situe au cinquième rang des pays européens pour le niveau de son salaire minimum. Ces derniers mois, l'austérité budgétaire a contraint plusieurs pays à l'abaisser.La France n'y est pas contrainte, mais, bien qu'il ait déjà commencé à accuser ses prédécesseurs de tous les maux, le gouvernement Ayrault ne rend pas pour autant hommage à la gestion des gouvernements Fillon qui l'ont précédé...

Salaire minimum: une grande hétérogénéité en Europe 

LienLe rapport est de 1 à 13 entre le salaire minimum le plus bas, versé en Bulgarie (138 euros mensuels bruts) et celui le plus haut, accordé au Luxembourg (1801 euros). Même en tenant compte des différences de prix entre les pays, l'écart reste très important (272 euros en Bulgarie en standard de pouvoir d'achat (SPA), 771 euros en Espagne, 1495 euros au Luxembourg). 
La France se situe dans la fourchette haute: avec un SMIC à 1398 euros bruts, elle est le cinquième pays le plus généreux de l'UE, après le Luxembourg, l'Irlande, les Pays-Bas et la Belgique. Pouvoir d'achat de chaque pays pris en compte, la France gragne encore une place,au détriment de l'Irlande. Mais c'est bien l'Hexagone qui dispose du salaire minimum le plus élevé si on l'exprime en pourcentage du salaire moyen. Le SMIC y représentait en 2010 48% du salaire moyen, selon l'OCDE,contre 45% en Belgique, 35% au Luxembourg ou encore 42% aux-Pays-Bas. Il faut sortir de l'Union européenne et aller en Nouvelle-Zélande pour trouver un ratio supérieur. 

Tous les pays de l'UE, par ailleurs, ne disposent pas d'un salaire minimum. Seuls 20 pays sur 27 en ont adopté un, qui couvre l'ensemble de leurs salariés. En Allemagne, en Autriche, en Italie, qui se veut actuellement l'un des pays champions de la politique de croissance ou encore dans les pays nordiques, que la gauche française prend volontiers pour référence, les rémunérations minimales sont fixées par des accords de branches. "Dans les pays nordiques, la plupart des salariés sont couverts. Mais en Allemagne, le marché du travail est devenu dual: si les salariés de l'industrie sont bien protégés, ceux des services peuvent être rémunérés moins de 4 euros brut de l'heure", souligne Marion Cochard, économiste à l'OFCE. 

Un difficile arbitrage entre lutte contre la pauvreté et protection de l'emploi 
Le président Sarkozy l'avait bien compris dans les actes: " le salaire minimum est un instrument de lutte contre la pauvreté", insiste Christine Erhel, une chercheuse au Centre d'études de l'emploi. "Mais toute la difficulté est de le hisser à un niveau qui ne pénalise pas l'emploi", souligne-t-elle . A un niveau trop élevé, il écrase la hiérarchie des salaires et nuit à la compétitivité des entreprises." "D'une manière générale, on renchérit le coût du travail si la hausse du salaire minimum est supérieure à celle de la productivité. Or depuis la crise, la plupart des pays de l'UE ont perdu en productivité", observee Marion Cochard. 
Dans certains pays, comme l'Espagne ou le Portugal, "le salaire minimum est plutôt conçu comme une rémunération de subsistance, précise l'économiste. Au Royaume-Uni par exemple, qui l'a réinstauré en 1998, le salaire minimum constitue l'un des principaux moyens de lutte contre la pauvreté. À 1202 euros brut en 2012, il a été augmenté de 4,8% par an en moyenne entre 2000 et 2008, contre 2,5% en France. D'autres pays, comme la France ou la Belgique, y voient en outre un moyen de stimuler le pouvoir d'achat". Les "coups de pouce" accordés au SMIC se situent dans cette perspective.  Mais l'annonce d'une revalorisation du SMIC de 6% par Hollande-Ayrault ne sera en réalité qu'une tromperie dont les Français les plus défavorisés feront les frais, puisqu'il ne s'agira que d'une "pichenette" de 0,3% dans l'été, loin des 6% que FO réclamait et sans commune mesure avec la revendication du bateleur des communistes du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon en campagne qui voulait l'amener à ...1700 euros !

Des salaires minimums orientés à la baisse dans plusieurs pays 
Dans la plupart des pays européens, le salaire minimum est indexé annuellement sur l'inflation . Mais plusieurs pays en difficulté de la zone euro l'ont récemment gelé, voire rogné, sous l'effet de la crise. C'est le cas de la Grèce, de l'Irlande, de l'Espagne… Même les pays d'Europe de l'Est, dont les salaires minimums se situent en bas de l'échelle européenne, ont procédé ces derniers mois à des ajustements. "Baisser le niveau du salaire minimum permet de préserver l'emploi sans grever les finances publiques. C'est une façon de partager le travail", explique Marion Cochard. 

En Allemagne, en revanche, l'idée d'instaurer un salaire minimum national fait son chemin. En novembre dernier, le parti d'Angela Merkel, la CDU, a donné son accord pour introduire un seuil minimal dans les branches professionnelles qui en sont actuellement démunies. L'augmentation du nombre de travailleurs pauvres en Allemagne depuis la réforme du marché du travail du début des années 2000 et la bonne tenue de la croissance allemande ont fait grandir ces revendications. La Commission européenne leur a fourni un appui, en déclarant "plaider pour la généralisation de salaires minimaux (…) qui ont bien contribué à réduire la pauvreté et à soutenir la demande ".