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lundi 15 septembre 2014

Si DSK avait été élu, la France serait alliée de Poutine

DSK, la botte secrète de Poutine

Le président russe fait appel à l’expertise de l'ancien patron du FMI
Dominique Strauss-Kahn aurait accepté la mission d'atténuer l’effet des sanctions internationales.  Après l’affaire du Sofitel, DSK se refait d’abord une santé financière en intervenant dans de nombreuses conférences, dont certaines sont rémunérées jusqu’à 150.000 euros de l’heure. 
Puis il s’associe à un homme d’affaire, Thierry Leyne, et prend la tête d’une banque d’affaire luxembourgeoise baptisée LSK. Ensemble, ils vont créer la première banque d’investissement du Soudan du Sud. Là-bas, Dominique Strauss-Kahn comprend vite que son image n'a pas été entamée par les "affaires". 

Un socialiste social-libéral français pour réformer l’économie russe 

En 2013, DSK est nommé conseiller du gouvernement serbe. 

Puis il prend le pouvoir au conseil de surveillance d’une banque russe qui dépend du géant pétrolier Rosneft, placé aujourd’hui sur la liste noire des sanctions européennes.
Pour Christopher Dembick, économiste chez Saxo Bank, cela signifie que DSK est adoubé par le Kremlin.:
"Ce n'est pas public, il ne s'affiche pas avec Vladimir Poutine, mais on ne peut pas avoir de siège dans un conseil de surveillance d'une grande entreprise sans l'aval du Kremlin. [...] Il faut bien comprendre que la Russie a énormément de potentiel mais que son économie est en grande difficulté sur le court-terme. DSK peut donc apporter son expertise."
Cet engagement de DSK auprès de Poutine intervient alors que l'Union européenne a pris de nouvelles sanctions économiques contre la Russie. En Ukraine, où Kiev gère la partie pro-occidentale sous la tutelle américaine, le cessez-le-feu dans l'est du pays pro-russe, est globalement respecté. Mais l'OSCE réclame d'urgence une solution plus durable. La recherche est en cours d'une solution politique susceptible de résoudre le conflit entre Kiev et les séparatistes russophones, selon l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. L'ONU estime pour sa part que la trêve est une première étape d'un plan de paix censé mettre fin à cinq mois de combats qui ont fait plus de 3.000 morts.
Avec l’aggravation des sanctions internationales, son choix d'apporter son soutien au gouvernement serbe a fait de DSK un expert idéal aux yeux de la Russie. Aujourd'hui, Poutine compte plus que jamais sur l'ancien patron du FMI pour dynamiser son marché intérieur et contre-carrer l'action des alliés de l'Ukraine, notamment celle de François Hollande, le président par défaut de la gauche française. 

samedi 15 mars 2014

Montebourg s'en prend au camarade patron de Numéricable, préféré par Vivendi

Pour Montebourg, le rapprochement SFR-Numericable n'est pas encore acquis

Nouveau camouflet pour Montebourg  
Blafard, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, estime que le rapprochement entre Numericable et SFR n'est pas encore acquis, malgré la décision de Vivendi de poursuivre des négociations exclusives avec le fonds d'investissement Altice, maison mère du cablo-opérateur israélien, pour la cession de sa filiale télécoms SFR. "Je crois que le débat continue", a affirmé Montebourg sur France 2, vendredi 14 mars.
"Je ne suis pas certain que les banques aient envie de s'exposer outre mesure. Il y a trois semaines de discussions. D'abord, parce qu'il y a un certain nombre de recours qui vont s'exercer de la part du concurrent de SFR, certainement. Il y a des questions qui vont être posées aux autorités de la concurrence européenne et français."
Des questions qui ne s'appliquaient pas à la concentration de la presse lors du rachat du Nouvel Observateur par les propriétaires du journal socialiste Le Monde, les hommes d'affaires Xavier Niel (Free), Pierre Bergé et  le banquier Matthieu Pigasse.

Le patron de Numericable manque de patriotisme fiscal

Vivendi a annoncé vendredi qu'il avait choisi d'entrer en "négociations exclusives" avec (Altice) pour une période de trois semaines en vue de la cession de sa filiale télécoms SFR, écartant l'offre concurrente de Bouygues
Or, le ministre avait fait part de sa préférence pour un rapprochement entre SFR et Bouygues. Il affirme maintenant sur France 2 que la préoccupation du gouvernement dans cette affaire est l'emploi et l'investissement.
"Nous défendons l'emploi, l'emploi, l'emploi", a-t-il insisté. "Nous souhaitons qu'il n'y ait pas de casse sociale, nous souhaitons qu'il y ait des investissements."

L'interventionnisme étatique du gouvernement Ayrault

Le gouvernement a signifié ses trois exigences
"Pas d'emplois perdus, pas de plan de licenciements, pas de plan de départs volontaires, pas de plan social. 
Deuxièmement : la reprise des investissements de la fibre sur tout le territoire, par Numericable." 

Il a également estimé que le patron d'Altice, Patrick Drahi, devrait faire preuve de "patriotisme fiscal" : "Et, troisièmement, nous avons affaire à un dirigeant qui est un milliardaire; tant mieux pour lui, il a réussi ! Montebourg pourrait en dire autant de Xavier Niel ou Pierre Bergé...

"Il est propriétaire du câble dans de nombreux pays européens, mais qui a une holding au Luxembourg, il est propriétaire de ses actions à Guernesey, [comme les Cahuzac ont des comptes illégaux sur l'Ile de Man], la société est cotée à Amsterdam et il est résident suisse." Jérôme Chuzac, son ex-collègue du Budget, fraudait le fisc français avec un compte illégal en Suisse. "Donc il va falloir qu'il fasse preuve de patriotisme fiscal et qu'il rapatrie un peu tout ça en France."

Plus surprenant, Xavier Niel, le fondateur de Free (par ailleurs actionnaire à titre personnel du Monde), est allé lui-même à la rescousse de son ennemi d'hier, Martin Bouygues, dans un  entretien avec Les Echos, publié vendredi. Il y tire à boulets rouges sur l'offre de Drahi, rappelant que l'homme d'affaires est un habitué des plans de licenciement. "[M. Drahi] explique qu'il n'y aura pas de plan social, mais quand il a racheté Noos en 2006, 60 % des effectifs ont été licenciés. Et je ne vous parle même pas du cas israélien, où les effectifs de l'opérateur Hot sont passés de 4.500 à 2.000. Appliquez le même ratio à SFR… Cela fait 5.000 départs", vitupère le milliardaire Niel. (Lien ... Le Monde)

L'affaire Vivendi-SFR montre jusqu'où l'ingérence publique ne doit pas – et ne peut pas – aller. 
Arnaud Montebourg a fait du Redressement positif un ministère du verbe, connu moins pour son sauvetage de l'industrie que  pour des coups d'éclats souvent contre-productifsLe temps semble révolu où la puissance publique estimait qu'elle n'avait pas à intervenir, à quelques exceptions près, dans les stratégies de groupes industriels privés, mais l'agité n'a pas réussi à donner du crédit à la parole de l'Etat sur ce terrain. 

L'Etat stratège industriel, c'est une idée saugrenue. Faut-il rappeler les fermetures d'usines, les destructions d'emploi et le manque à gagner fiscal consécutifs à des choix idéologiques dramatiques.  
Encore faudrait-il que Bercy ait une ligne, à défaut d'une stratégie. Or, une fois de plus dans le processus de vente du second opérateur mobile français, SFR, le volontariste de Montebourg a manqué de clarté.  Le flou de ses motivations cache-t-il un loup ? En attendant d'en voir la queue, une chose était claire: si Bouygues emportait SFR, Free ressortirait gagnant de l'opération.  

dimanche 8 septembre 2013

Fraude fiscale : boom des mallettes de billets saisies aux frontières

Nombre grandissant de Français tentant de placer leurs liquidités à l'étranger

Les saisies d'argent liquide non déclaré aux frontières de France 
ont explosé début 2013, signe d’un bond de l’évasion fiscale. 


Cette Audi A6 a été interceptée sur l'A4 fin 2012 
avec 38000 billets, soit 1,8 M€  
découverts dans la doublure des sièges  

Le Parisien-Aujourd'hui rapporte cette hausse exponentielle dimanche d'après une note confidentielle des douanes.

Elles ont dépassé 103 millions d'euros au premier trimestre 2013
, soit six fois plus que pour la même période de 2012 où elles avaient atteint 16,7 millions, indique la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières citée par le journal, .
"Cette explosion de la circulation de l'argent illégal avait déjà commencé fin 2012, avec plus de 102 millions d'euros saisis" dès le quatrième trimestre, écrit le journal en soulignant que le nombre de contrôles effectués est resté stable pendant ce temps.

Les auteurs de la note estiment que,
si les saisies se poursuivent à ce rythme jusqu'à la fin de l'année, on pourrait atteindre un record absolu de 414 millions d'euros de saisies.
Un enquêteur des douanes déclare que cette hausse brutale ne pourrait s'expliquer "majoritairement" que par la fraude fiscale, les stupéfiants ne représentant selon lui que 10% du volume. 

La Suisse et le Luxembourg restent les premières destinations de ces flux d'argent liquide, indique encore le journal.

"Certains fuient les hausses d’impôts"

L’interpellation, le 31 juillet en gare du Nord à Paris dans le Thalys en partance vers Bruxelles, de l’ancien ambassadeur Boris Boillon avec 350.000 € et 40.000 $ en billets, en a surpris plus d’un. A l’heure des montages sophistiqués dans les paradis fiscaux, se promener avec autant de liquide sur soi quand on songe à le dissimuler peut sembler incongru.
Les gens sont pris de panique et cherchent à sortir de l’argent pour fuir le matraquage fiscal du gouvernement.

Aujourd’hui, si on part à l’étranger avec plus de 10.000 euros sur soi, on est tenu de faire une déclaration. 
Mais si vous ne le faites pas, et que vous êtes pris par la douane, vous risquez tout au plus une amende — qui équivaut, au maximum, à un quart du montant trouvé — pour manquement à l’obligation déclarative (MOD). Car c’est aux douaniers qui vous ont contrôlé de prouver que cet argent est lié à un délit. En cas de trafic de stupéfiants, c’est souvent facile car on trouve de la drogue avec l’argent. Mais, en cas de fraude fiscale, c’est très dur de faire la preuve. Bien souvent, au final, les douaniers sont tenus de restituer les sommes qui avaient été consignées, moins l’amende acquittée pour absence de déclaration. 
Une personne circulant avec une forte somme d’argent n'est pas obligée de justifier sa provenance, mais elle le doit, s'il s'agit de bijoux.
Un amendement visant à cibler l'argent liquide avait été proposé par des parlementaires lors du débat sur la loi de lutte contre la fraude fiscale, mais il avait été rejeté.

vendredi 22 juin 2012

Héritage social de Sarkozy: l'un des SMIC les plus élevés d'Europe

La supercherie de son augmentation par Hollande

Actuellement, la France se situe au cinquième rang des pays européens pour le niveau de son salaire minimum. Ces derniers mois, l'austérité budgétaire a contraint plusieurs pays à l'abaisser.La France n'y est pas contrainte, mais, bien qu'il ait déjà commencé à accuser ses prédécesseurs de tous les maux, le gouvernement Ayrault ne rend pas pour autant hommage à la gestion des gouvernements Fillon qui l'ont précédé...

Salaire minimum: une grande hétérogénéité en Europe 

LienLe rapport est de 1 à 13 entre le salaire minimum le plus bas, versé en Bulgarie (138 euros mensuels bruts) et celui le plus haut, accordé au Luxembourg (1801 euros). Même en tenant compte des différences de prix entre les pays, l'écart reste très important (272 euros en Bulgarie en standard de pouvoir d'achat (SPA), 771 euros en Espagne, 1495 euros au Luxembourg). 
La France se situe dans la fourchette haute: avec un SMIC à 1398 euros bruts, elle est le cinquième pays le plus généreux de l'UE, après le Luxembourg, l'Irlande, les Pays-Bas et la Belgique. Pouvoir d'achat de chaque pays pris en compte, la France gragne encore une place,au détriment de l'Irlande. Mais c'est bien l'Hexagone qui dispose du salaire minimum le plus élevé si on l'exprime en pourcentage du salaire moyen. Le SMIC y représentait en 2010 48% du salaire moyen, selon l'OCDE,contre 45% en Belgique, 35% au Luxembourg ou encore 42% aux-Pays-Bas. Il faut sortir de l'Union européenne et aller en Nouvelle-Zélande pour trouver un ratio supérieur. 

Tous les pays de l'UE, par ailleurs, ne disposent pas d'un salaire minimum. Seuls 20 pays sur 27 en ont adopté un, qui couvre l'ensemble de leurs salariés. En Allemagne, en Autriche, en Italie, qui se veut actuellement l'un des pays champions de la politique de croissance ou encore dans les pays nordiques, que la gauche française prend volontiers pour référence, les rémunérations minimales sont fixées par des accords de branches. "Dans les pays nordiques, la plupart des salariés sont couverts. Mais en Allemagne, le marché du travail est devenu dual: si les salariés de l'industrie sont bien protégés, ceux des services peuvent être rémunérés moins de 4 euros brut de l'heure", souligne Marion Cochard, économiste à l'OFCE. 

Un difficile arbitrage entre lutte contre la pauvreté et protection de l'emploi 
Le président Sarkozy l'avait bien compris dans les actes: " le salaire minimum est un instrument de lutte contre la pauvreté", insiste Christine Erhel, une chercheuse au Centre d'études de l'emploi. "Mais toute la difficulté est de le hisser à un niveau qui ne pénalise pas l'emploi", souligne-t-elle . A un niveau trop élevé, il écrase la hiérarchie des salaires et nuit à la compétitivité des entreprises." "D'une manière générale, on renchérit le coût du travail si la hausse du salaire minimum est supérieure à celle de la productivité. Or depuis la crise, la plupart des pays de l'UE ont perdu en productivité", observee Marion Cochard. 
Dans certains pays, comme l'Espagne ou le Portugal, "le salaire minimum est plutôt conçu comme une rémunération de subsistance, précise l'économiste. Au Royaume-Uni par exemple, qui l'a réinstauré en 1998, le salaire minimum constitue l'un des principaux moyens de lutte contre la pauvreté. À 1202 euros brut en 2012, il a été augmenté de 4,8% par an en moyenne entre 2000 et 2008, contre 2,5% en France. D'autres pays, comme la France ou la Belgique, y voient en outre un moyen de stimuler le pouvoir d'achat". Les "coups de pouce" accordés au SMIC se situent dans cette perspective.  Mais l'annonce d'une revalorisation du SMIC de 6% par Hollande-Ayrault ne sera en réalité qu'une tromperie dont les Français les plus défavorisés feront les frais, puisqu'il ne s'agira que d'une "pichenette" de 0,3% dans l'été, loin des 6% que FO réclamait et sans commune mesure avec la revendication du bateleur des communistes du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon en campagne qui voulait l'amener à ...1700 euros !

Des salaires minimums orientés à la baisse dans plusieurs pays 
Dans la plupart des pays européens, le salaire minimum est indexé annuellement sur l'inflation . Mais plusieurs pays en difficulté de la zone euro l'ont récemment gelé, voire rogné, sous l'effet de la crise. C'est le cas de la Grèce, de l'Irlande, de l'Espagne… Même les pays d'Europe de l'Est, dont les salaires minimums se situent en bas de l'échelle européenne, ont procédé ces derniers mois à des ajustements. "Baisser le niveau du salaire minimum permet de préserver l'emploi sans grever les finances publiques. C'est une façon de partager le travail", explique Marion Cochard. 

En Allemagne, en revanche, l'idée d'instaurer un salaire minimum national fait son chemin. En novembre dernier, le parti d'Angela Merkel, la CDU, a donné son accord pour introduire un seuil minimal dans les branches professionnelles qui en sont actuellement démunies. L'augmentation du nombre de travailleurs pauvres en Allemagne depuis la réforme du marché du travail du début des années 2000 et la bonne tenue de la croissance allemande ont fait grandir ces revendications. La Commission européenne leur a fourni un appui, en déclarant "plaider pour la généralisation de salaires minimaux (…) qui ont bien contribué à réduire la pauvreté et à soutenir la demande ".