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mardi 18 septembre 2018

Collomb a programmé sa fin de vie gouvernementale

Collomb annonce sa candidature à Lyon en 2020 et envisage de quitter le gouvernement dès 2019

Programmer sa démission, est-ce choisir une mort politique dans la dignité ?

"L'affaire Benalla a laissé des traces" entre Emmanuel Macron et Gérard Collomb, selon un familier de l'Elysée.Gérard Collomb a choisi son Ehpad : il sera candidat en 2020 aux municipales à Lyon, ainsi qu'à la métropole. Pour mener sa campagne, le futur ex-ministre d'Etat envisage de quitter le gouvernement après les européennes de juin 2019, annonce-t-il dans un entretien avec L'Express paru mardi. Numéro 2 du gouvernement, ce fidèle parmi les fidèles du chef de l'Etat a décidé de lâcher la longe et de laisser son poulain gambader dans le pré présidentiel.
En 2017, Emmanuel Macron l'avait récompensé d'une nomination au poste stratégique de ministre de l'Intérieur.

"C'est loin, les municipales. Si d'ici là on ne m'a pas diagnostiqué de maladie grave , je serai candidat à Lyon", affirme le septuagénaire à l'hebdomadaire qui l'interrogeait sur son implication dans les futures municipales lyonnaises, objet de spéculations.
Collomb avait dirigé pendant seize années la capitale des Gaules, après qu'elle lui a échappé pendant autant de longues années.

Collomb incite les membres du gouvernement à aller coloniser les communes

"Je pense que les ministres qui veulent être candidats aux municipales de 2020 devraient pouvoir quitter le gouvernement après la bataille des européennes" en juin 2019, a exhorté le ministre âgé de 71 ans.

"Je ne serai pas ministre de l'Intérieur jusqu'à l'avant-dernier jour. A partir d'une certaine période, il vaut mieux être totalement disponible pour la campagne", a-t-il ajouté.

Après la récente démission surprise de Nicolas Hulot, le gouvernement perdrait donc un autre poids lourd même s'il aura cette fois plusieurs mois pour s'y préparer et trouver un successeur à G. Collomb.

Voyant son étoile pâlir, Gérard Collomb briguera un quatrième mandat à la mairie de Lyon où il sera tête de liste en 2020.

"On se dit les choses en face", a assuré le ministre à propos de Macron

Les relations entre le président et son ministre de l’Intérieur ne semblent plus aussi confiantes qu’au début du quinquennat.  Ainsi, la lecture de l’agenda du chef de l’Etat est-elle révélatrice : depuis son élection, celui-ci recevait son ministre toutes les semaines, le lundi, pour un entretien bilatéral, mais le rendez-vous, depuis cet été, n’a plus eu lieu. 
Habituel relais discipliné de la "pensée complexe" élyséenne, Collomb fait cette annonce alors qu'il vient de pointer un "manque d'humilité" de l'exécutif,  début septembre, sur fond de chute de popularité d'Emmanuel Macron et de couacs en série des ministres contredits par le président. 
"L’hubris, c’est la malédiction des dieux quand, à un moment donné, vous devenez trop sûr de vous, que vous pensez que vous allez tout emporter", avait épinglé Gérard Collomb sur BFM-TV et RMC. Or, de sources concordantes, cette sortie au canon sur l’arrogance de l’exécutif n’était pas concertée avec Jupiter.
La sortie du septuagénaire a provoqué l'ire de Jupiter qui a invité son ami à un dîner de rupture, lundi 17 septembre. 

Le ministre de l’Intérieur, qui a dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas dans la majorité présidentielle, a pour sa part reçu des SMS de soutien de proches du chef de l’Etat. "Gérard, tu as bien fait", lui a écrit l’un d’eux. C’était un reproche "collectif", assure le locataire de la place Beauvau.

Résultat de recherche d'images pour "Macron collomb"Cet été, le ministre de l'Intérieur s'était déjà fait prendre dans la tourmente de l'affaire Benalla. Le franc-maçon était sorti politiquement déconsidéré de la Commission d'enquête parlementaire dirigée par une députée de la majorité présidentielle, pour avoir juré ne pas connaître l'ex-chargé de mission de l'Elysée et semblant renvoyer les responsabilités aux autres, le  préfet de police et le directeur de cabinet de Macron. 

En affirmant à L'Express vouloir être candidat "à la Ville et à la Métropole", Gérard Collomb n'a cependant pas levé toutes les incertitudes concernant son retour dans l'arène politique lyonnaise. En connaisseur des collectivités locales, Il sait qu'en 2020, la loi n'autorisera plus  le cumul des fonctions de maire et de président de la Métropole de Lyon.

mercredi 27 septembre 2017

Le chômage a poursuivi sa hausse en août 2017

La presse "indépendante" a passé cette hausse sous silence  
 Après la hausse de juillet, la hausse d'août... 

Résultat de recherche d'images pour "hausse du chomage"Nouvelle hausse forte du chômage après celle de juillet, déjà forte (1%), en métropole et en Outre-mer.

Le nombre de chômeurs a poursuivi sa courbe ascendante, +22.300, +0,6%, faisant 3,54 millions de victimes dans la seule métropole, a annoncé mardi le ministère du Travail. 
En incluant l’Outre-mer, le chômage augmente dans les mêmes proportions (+0,6%) pour un total de 3,80 millions de personnes, si on inclut seulement la catégorie A (sans activité) des inscrits sur les listes de Pôle emploi. 

Très fluctuant depuis le début de l’année, l’indicateur enchaîne deux mois de hausse pour la première fois en 2017. Le ministère du Travail recommande donc de "toujours privilégier les évolutions en tendance plutôt qu’au mois le mois"... Or, le nombre de chômeurs est en hausse de 46.300 (+1,3%) sur trois mois et de 73.300 (+2,1%) depuis le début de l’année en métropole. 
En revanche, l’indicateur baisse légèrement sur un an (-0,3%). 

La faute à "l'indicateur de Pôle emploi [qui] reste en berne", selon Le Point

Sur le seul mois d’août, les chiffres de Pôle emploi atteignent de nouveaux records en comptant - et pourquoi ne pas le faire - les demandeurs d’emploi ayant exercé une activité au cours du mois (catégories B et C). Leur nombre s'envole à 5,65 millions en métropole (+0,4 %) et 5,95 millions en France entière (+0,5 %). 
Hausse du chômage en août © AFP AFP
Document AFP que Le Point ne craindra pas
de décompter au nombre de vos consultations
En catégorie A, la hausse d’août frappe autant les jeunes que les seniors (+0,4%). +3,1% sur un an pour les "50 ans ou plus" confirment une tendance de fond, tandis que pour les "moins de 25 ans", la situation reste en amélioration sur un an (-5,2%). 

Le chômage de longue durée s'étend lui aussi, en hausse de 0,9% en août.
A la fin du mois, 2,49 millions de demandeurs d’emploi, petite activité comprise, étaient inscrits à Pôle emploi depuis plus d’un an en métropole.

La croissance annoncée à 1,7 % par le gouvernement en 2017 peut-elle être encore atteinte ?

Le Point  conteste les chiffres de Pôle Emploi.
Image associée
Et de citer Bruno Ducoudré, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) : "La hausse du chômage observée ces derniers mois par Pôle emploi est "difficilement compréhensible". Selon lui, cette détérioration n'est pas en phase avec "l'accélération de la croissance et des créations d'emplois". 
La-dite accélération serait-elle donc artificielle ? En février 2017, l'OFCE avait prévu une baisse importante du chômage pour les années à venir, atteignant 8,7 % pour 2019-2020, puis 7,7 % en 2022. Le moins qu'on puisse dire, c'est que la tendance a du retard à l'allumage... Cette prévision de l'OCDE était déjà en contradiction avec une étude de l'UNEDIC de fin 2016, qui prévoyait une légère hausse du chômage jusqu'en 2019 à 9,6 %. Tous les espoirs resteraient donc permis. C'est la position volontariste du Point.
A noter que, créé par l'Etat en 1981 au sein de la Fondation nationale des sciences politiques de Sciences Po, l'OFCE est présidé depuis juin 2014 par Xavier Ragot, ancien conseiller économique d'Arnaud Montebourg (ministre de l'Économie et du ...Redressement productif de mai 2012 à août 2014).
Hausse du chômage en août © AFP AFP
Bruno Ducoudré met en cause la baisse de charge du plan de formation des demandeurs d'emploi et la baisse des contingents de contrats aidés depuis juillet qui pourraient expliquer une partie de la hausse du chômage.
Le taux de chômage, mesuré par l'INSEE, une direction générale du ministère des Finances, a reculé de 0,5 point au premier semestre (jusqu'en juin, avant les hausses de juillet et août), pour s'établir à 9,2 % de la population active en métropole et à 9,5 % en France entière. Dans sa communication, le gouvernement, qui refuse de commenter les chiffres de Pôle emploi (son directeur général est nommé par le président de la République, actuellement un homme de Hollande), marque clairement sa préférence pour ce taux positif, seul thermomètre du chômage reconnu à l'international.

Il apparaît clairement que la ministre du Travail envisage de casser le thermomètre du chômage de Pôle emploi pour améliorer l’image de la situation
Suite à la publication des chiffres des inscrits à Pôle Emploi, le ministère du Travail a publié un communiqué, le premier du nouveau ministre, qui annonce assez clairement une prochaine modification du mode de mesure du chômage. Les termes ont été pesés :
"En s’appuyant sur les rapports de grande qualité déjà existants sur cette question, la ministre saisira dès les prochains jours les autorités et organismes compétents de façon à réfléchir, avec eux, aux moyens de mieux éclairer le débat public à l’avenir, dans un double objectif de pertinence et de transparences accrues." (Extrait du communiqué du 24 mai 2017).
La divergence entre les indicateurs de Pôle emploi et de l'INSEE s'explique par le fait qu'ils ne mesurent pas le chômage de la même manière: Pôle emploi comptabilise les inscrits sur ses listes, alors que l'INSEE réalise une enquête auprès de 110.000 personnes. Les seniors inscrits à Pôle emploi ne sont pas comptabilisés par l'INSEE s'ils ne cherchent plus activement un emploi. A contrario, certains jeunes, chômeurs pour l'INSEE mais inéligibles à l'assurance chômage, ne s'inscrivent pas à Pôle emploi. Des jeunes acceptent d'échapper aux statistiques de Pôle emploi, tandis que les seniors sont quantités négligeables pour l'INSEE.

S'il ne s'est fixé aucun objectif chiffré de baisse du nombre d'inscrits à Pôle emploi, le gouvernement vise un taux de chômage BIT (Bureau International du Travail) de 7 % à la fin du quinquennat. Il compte, pour y parvenir, sur ses ordonnances réformant le droit du travail, entrées en vigueur ce weekend, mais aussi sur son plan d'investissement dans les compétences, dont les grandes lignes ont été présentées lundi.

"Encore faudrait-il que des emplois soient créés", a réagi FO (Force ouvrière), pour qui "la relance de l'emploi passe avant tout par la reprise de l'activité économique." "Former c'est nécessaire, créer des emplois de qualité c'est mieux !" estime le syndicat.

dimanche 23 avril 2017

Présidentielle: participation stable à midi, en métropole; en baisse, dans l'Outre-mer

28,54% de participation à midi: stable par rapport à 2012

Le taux de participation atteignait 28,54% dimanche à midi en métropole, pour le premier tour de l'élection présidentielle


Quasiment stable par rapport au premier tour de 2012 (28,29%), commente le ministère de l'Intérieur. Le taux de participation final avait été de 79,48% au premier tour de 2012. Les Français de métropole ont jusqu'à 19h00, soit une heure de plus qu'en 2012 quand les votes étaient clos à 18h00 dans de nombreuses communes, une grande partie de l'outremer ayant déjà voté samedi. 
Les plus de 66.000 bureaux de vote de France métropolitaine sont ouverts depuis 8h00. Dans certaines grandes villes de métropole, les bureaux resteront ouverts jusqu’à 20 heures.

Dans la capitale, la hausse de la participation était sensible à la mi-journée, avec 24,24% de votants contre 21,69% à la même heure il y a cinq ans. 

Parmi les départements les plus citoyens, figurent 
le Gers (38,46%, -1 par rapport à 2012), 
la Corrèze (38,11%, +4), ancien fief du président sortant François Hollande, 
le Cantal (36,34%, -2,5), 
le Puy-de-Dôme (35,91%, +8) 
et la Saône-et-Loire (35,72%, +3) de Montebourg, partisan de Hamon. 

A l'inverse, les départements où le taux de participation était en retrait à 12h00 sont 
le Val-d'Oise (20,65%, en hausse néanmoins d'un point en cinq ans), 
le Val-de-Marne (21,21%, =), 
le Pas-de-Calais (23,35%, -2), où se présente Marine Le Pen (FN),
le Vaucluse (23,47%, -12) 
et la Seine-Saint-Denis et les Hauts-de-Seine (23,93% tous les deux). 

Participation en baisse dans l’Outre-mer

La préfecture de Martinique a annoncé que le taux de participation dans l’île était de 34,82 % à 17 heures, samedi contre 36,5 % à la même heure en 2012. 

En Guyane, le taux de participation était de 37,31 % à 17 heures, contre 45,73 % à la même heure en 2012, a annoncé le préfet. 

17 heures en Guadeloupe, 34,17 % des électeurs s’étaient déplacés; en 2012, ils étaient 41,98 % à la même heure, a annoncé la préfecture sur Facebook.

Par ailleurs, aucun résultat (partiel ou définitif), hormis ceux concernant l’abstention, ne pourra être communiqué avant la fermeture du dernier bureau de vote, à 20 heures.

vendredi 19 février 2016

Aix-Marseille-Provence: le Conseil constitutionnel rejette le recours des battus et valide la loi sur la métropole

La loi sur la métropole Aix-Marseille-Provence est validée; Gaudin (LR) est président de PACA 
Le Conseil constitutionnel a validé vendredi la répartition des sièges au sein de la métropole Aix-Marseille-Provence

Les Sages confortent la mise en place de la plus vaste intercommunalité de France et le maire LR de Marseille, Jean-Claude Gaudin, dont l'élection à sa tête avait été annulée.
Deux communes, Eguilles (NC) et Pertuis (PS), avaient posé une question prioritaire de constitutionnalité, affirmant que le système d'attribution des sièges au sein de la métropole avantageait les grandes communes, et surtout Marseille, et ne permettait pas aux plus petites d'être convenablement représentées.
Le Conseil constitutionnel a indiqué avoir "écarté cette argumentation", estimant que la loi a au contraire "pour effet d'améliorer la représentativité des membres de l'organe délibérant de la métropole Aix-Marseille-Provence" et ne "méconnaît pas le principe d'égalité devant le suffrage".

Paralysée par la contestation politico-juridique des mauvais perdants, la nouvelle collectivité et ses 7.500 agents était en mode veille depuis le 1er janvier... L'entrée en fonction de la métropole Aix-Marseille-Provence,était gelée depuis. Le Conseil d'Etat attendait que le Conseil constitutionnel se prononce sur la répartition des sièges au sein de la métropole.

Cette décision est une victoire pour Jean-Claude Gaudin, élu président de la métropole en novembre -malgré quelques maires dont ceux d'Aix-en Provence (LR) éternelle rivale de Marseille à travers les siècles et de Martigues (PCF) - un scrutin ensuite annulé au mois de janvier par le tribunal administratif de Marseille.

Les "règles de composition (du conseil de la métropole) s'imposent désormais à tous sans contestation possible", s'est-il félicité le maire élu et conforté. "Sa convocation va pouvoir intervenir prochainement", a-t-il ajouté, se disant résolu à "tourner la page des contestations juridictionnelles" et notamment voter rapidement le budget 2016.

"Le Premier ministre se félicite de la décision (...) qui va permettre à la Métropole Aix-Marseille-Provence de poursuivre ses travaux et ses projets au service de ce territoire, porte de la France sur la Méditerranée", a réagi Manuel Valls dans un communiqué (depuis le Mali ?), estimant que la validation des opérations "permet de conforter le gouvernement dans sa volonté d'affirmation des métropoles". 
"Cette décision confirme la solidité des bases juridiques de l'installation du conseil de la métropole"qui "pourra examiner son budget avant le délai du 30 avril", s'est réjoui pour sa part le ministre de l'égalité des territoires, Jean-Michel Baylet.

Satisfaction partagée de l'autre côté de l'échiquier politique par le chef de file des socialistes marseillais, Patrick Mennucci. "C'est satisfaisant, c'est un accord sur une meilleure représentation de Marseille" dans la métropole, s'est-il réjoui , déplorant toutefois que "beaucoup de temps (ait) été perdu".

La décision du Conseil constitutionnel est par contre un sérieux revers pour les élus locaux qui refusaient la mise en place de cette métropole 

La question prioritaire de constitutionnalité constituait le dernier recours des opposants au regroupement des 92 communes.
Maryse Joissains, maire LR d'Aix-en-Provence et chef de file des contestataires, avec Hervé Fabre-Aubrespy, maire de Cabriès et soutien de Fillon, a multiplié les piques et invectives à l'adresse de Gaudin depuis le lancement du projet de métropole. 

Joissains ne s'avouait toujours pas vaincue vendredi. "Je demande au gouvernement d'organiser un référendum comme il s'apprête à le faire pour Notre-Dame-des-Landes", a-t-elle tweeté, ajoutant même que certains opposants envisageaient de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme.

lundi 9 novembre 2015

Gaudin (LR), élu à la tête de la métropole Aix-Marseille

Les opposants apprennent la démocratie mais s'inclinent de mauvaise grâce devant la majorité  

Le sénateur-maire de Marseille Jean-Claude Gaudin (Les Républicains) a été élu

lundi président de la plus vaste métropole de France, Aix-Marseille-Provence, à l'arraché, à l'instar de la gestation de cette collectivité territoriale. Le gouvernement souhaite en effet créer trois métropoles spécifiques autour de Paris, Marseille et Lyon, ainsi que dans les aires urbaines de plus de 500.000 habitants : Lille, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Strasbourg, Rouen, Toulon, Montpellier, Rennes et Grenoble.
En première lecture, le 6 juin 2013, le Sénat avait validé les métropoles lyonnaise et marseillaise, mais rejeté la création d’une métropole parisienne. Il avait également augmenté la taille nécessaire pour créer une métropole, ce qui aurait fait passer Montpellier sous la barre minimum

Elu sénateur en 2014 pour la 4e fois, Jean-Claude Gaudin a été président de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole de 1995 à 2008, et il en est vice-président depuis 2008.
 
En septembre 2015, il avait décline la proposition du président du Sénat, Gérard Larcher, de siéger au Conseil constitutionnel, préférant continuer à se consacrer à Marseille et à la mise en place de la métropole Aix-Marseille-Provence.

Une majorité s'est finalement dégagée au grand damn de certains maires vent debout contre cette entité créée par la majorité présidentielle. Maryse Joissains (LR), la maire d'Aix-en-Provence, ville rivale de Marseille, a échoué à empêcher le vote et a finalement dû se résoudre à quitter la salle, sous un mélange d'applaudissements et de huées.
Un élu opposé à la métropole, le maire LR de la petite ville de Cabriès, Hervé Fabre Aubrespy, un fillonniste, était également candidat à la présidence la structure, qui doit entrer en vigueur le 1er janvier 2016. Il a obtenu 13 voix, contre 119 pour Jean-Claude Gaudin, 76 ans. 169 conseillers sur 240 au total avaient pris part au scrutin.

J.-C. Gaudin devrait donc cumuler les fonctions de maire de la deuxième ville de France et de président de cette métropole qui regroupera 92 communes -dont les rivales Aix-en-Provence et Marseille- sur 3.173 km2 et qui comptera 1,83 million d'habitants. "La gouvernance de l'institution se développera dans la concertation et le consensus aussi large que possible", a précisé Gaudin.

"L'élection du président de la métropole devrait en tout cas permettre d'assurer en temps et en heure le paiement des salaires de janvier aux 7.500 fonctionnaires qui y seront transférés, et le règlement des fournisseurs".

Dès ce lundi, des salariés de l'Agglo de Martigues (PCF) 
manifestaient déjà devant l'entrée du Pharo pour 
exprimer leurs inquiétudes face à la Métropole.
Les opposants à la métropole ne devraient pas manquer de déposer des recours. "S'il y a des recours -et il y aura des recours, multiples et variés- peu importe: il faut aller maintenant de l'avant, nous ne pouvons pas rester dans cet état d'esprit, avec un blocage et des personnes qui cherchent toujours à tout bloquer sur la métropole", a ensuite commenté le vainqueur lors d'une conférence de presse. Candidat de la dernière heure, Hervé Fabre-Aubrespy est déjà l'auteur d'un des recours devant le Conseil d'Etat.
"Il y a eu des désaccords; il y a beaucoup d'élus qui n'étaient pas favorables, mais à partir du moment où la loi de la République a été votée, (...) celles et ceux qui portent une écharpe tricolore, même si ça leur déplaît, doivent faire en sorte d'appliquer la loi", a-t-il rappelé.
L’article 30 du projet de loi prévoyait de fusionner, au 1er janvier 2016, six intercommunalités (Marseille Provence Métropole, Pays d’Aix, Pays d’Aubagne et de l’Étoile, Pays de Martigues, Ouest Provence et Salon Etang-de-Berre Durance) en une métropole à fiscalité unique.
"Quand on m'attaque à la kalachnikov..." -

"La métropole est une ardente nécessité (dans la) compétition des territoires à l'échelle européenne et mondiale (...) dans quelques années nous dirons tous que nous avons eu raison de (la) vouloir", a ajouté J.C. Gaudin devant le conseil. L'élection du président de la métropole devrait en tout cas permettre d'assurer en temps et en heure le paiement des salaires de janvier aux 7.500 fonctionnaires qui y seront transférés, et le règlement des fournisseurs, a-t-il noté.

Les opposants à la métropole, des élus qui redoutent d'y perdre financièrement et craignent la prépondérance de la cité phocéenne dans les décisions, avaient été galvanisés vendredi par une décision du tribunal administratif de Marseille.
Mme Joisains (au centre) est ici encadrée par des élus PC,
les maires de Port-de-Bouc et Martigues (le député G. Charroux )
  
Saisi, en référé, par quatre communes qui estimaient que les grandes villes étaient sur-représentées au conseil métropolitain au détriment des petites communes, il a suspendu deux arrêtés préfectoraux [pris dans le cadre de loi 'modernisation de l’action publique territoriale et affirmation des métropoles' portée par la ministre PS Marylise Lebranchu] fixant le nombre et la répartition des sièges de la future métropole, ainsi que sa composition.
"Je considère aujourd'hui que nous ne pouvons pas procéder à quelque élection que ce soit", avait déclaré lundi le maire d'Aix-en-Provence, Maryse Joissains, en ouvrant la séance d'installation du conseil métropolitain. "On va pas dire "parce qu'on est à Marseille, on ne respecte pas une décision de justice", avait ajouté celle qui, en tant que doyenne des élus d'intercommunalité, présidait la séance -ironie du sort pour une opposante résolue au projet métropolitain.

Les élus pro-métropole ont alors constaté sa carence et l'ont priée de partir.
Maryse Joissains monopolisant le micro
Parce que
"Maryse Joissains refuse de suivre l'ordre du jour", Sylvia Barthelemy, présidente sortante de l'Agglo, a demandé à Guy Teissier de prendre la présidence de la séance. Ce à quoi Mme Joissains a tenté de résister, lançant "Oh, tu veux des coups ?" à Mme Barthélémy. Celle-ci lui a retiré le micro pour le tendre à Guy Teissier (UMP) qui demandait la parole pour l'inviter à laisser la place.

La maire d'Aix a fait part de son souhait de ne pas en rester là et de continuer à contester la métropole : "Quand on m'attaque à la kalachnikov, je ne vais pas sortir le fleuret moucheté", a-t-elle lâché, une nouvelle fois agressive, ce qui pourrait interpeller le maire communiste de Martigues qui était absent, hurlant au "putsch" ! 

Les socialistes ont préféré laisser la droite, ultramajoritaire, se déchirer plutôt que de présenter un candidat. Avant le vote, le député PS marseillais Patrick Mennucci avait déclaré lors des prises de parole pour l'élection du président de la Métropole qu'"un article inscrit ce soir à l'Assemblée nationale dans la Loi de Finances proposera une aide de 66 millions d'euros à la Métropole." Elégant !

jeudi 16 janvier 2014

Onde de "choc de simplification" dans les régions

Sept régions vont passer à la trappe 

La réorganisation territoriale devrait entraîner la réduction de 22 régions administratives en métropole à une quinzaine,
  
Malbouffe
administrative
a annoncé mercredi Thierry Mandon, codirigeant du conseil de la simplification. 

Une mesure déjà évoquée par Edouard Balladur en 2009. Dans un souci de réduction de la dépense publique, François Hollande a créé il y a quelques mois le conseil de la simplification, dont l'une des missions est la réorganisation territoriale. 
Au lendemain de la conférence de presse du chef de l'Etat, où cette réorganisation a été esquissée, Thierry Mandon, député PS et codirigeant du conseil, a précisé que l'idée qui se dégage actuellement concerne notamment la suppression de plusieurs régions administratives. Actuellement au nombre de 22 en métropole (et quatre en outre-mer), elles passeraient à une quinzaine, soit presque 1/3 de moins
Thierry Mandon n'a en revanche pas précisé quelles régions fusionneraient et/ou seraient redécoupées. 

Cette idée d'une France à quinze régions a été reprise à Nicolas Sarkozy, qui avait mis en place un comité de réforme des collectivités locales dirigé par Edouard Balladur (voir la carte ci-dessous). 
Elle avait été rapidement enterrée face à l'obstruction parlementaire de la gauche, alors dans l'opposition, menée par Jean-Marc Ayrault à l'Assemblée.
Les députés socialistes avaient prévu de déposer plusieurs milliers d'amendements à partir de ce mardi afin de tenter faire capoter une réforme qu'ils jugent contraire aux principes fondamentaux des lois de la République.

Le combat était principalement mené par Laurent Fabius, actuel ministre belliciste des Affaires étrangères, Elisabeth Guigou ou encore Bruno Le Roux,
chef de file du groupe socialiste à l'Assemblée. A propos des futurs conseillers territoriaux Laurent Fabius, alors député (PS) de Haute-Normandie, s'emballait en défendant le cumul: "Il s'agit d'abréger un mandat au nom d'une réforme non votée. Il existe là une incertitude juridique." Le projet gouvernemental prévoyait pourtant de doter le conseiller territorial des compétences du conseiller général et de celles du conseiller régional. Les députés socialistes voyaient alors dans ce futur élu une "personnalité mi-chèvre-mi poisson", selon les termes de Laurent Fabius, et un "cumulard obligatoire" - malgré la fusion? - au moment où l'on souhaite lutter contre le cumul des pouvoirs.

La carte envisagée par le comité Balladur en 2009, prévoyant 15 régions françaises contre 22 actuellement
Autre piste explorée selon Thierry Mandon
Laurent Fabius va devoir repartir à la chasse-pêche. "Là où il y a une métropole forte et là où il y a un département, on fait converger les deux" et d'une "digestion des départements par les métropoles", annonce Mandon, dans un calme plat du côté des Fabius, Guigou et Le Roux...  
En Ile-de-France, "ça sert à la Grande Couronne, parce que l'agglomération est sur la petite couronne, Paris et autour de Paris". 
Une loi créant 13 métropoles aux pouvoirs très larges a été votée définitivement par le parlement en décembre.