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lundi 9 novembre 2015

Gaudin (LR), élu à la tête de la métropole Aix-Marseille

Les opposants apprennent la démocratie mais s'inclinent de mauvaise grâce devant la majorité  

Le sénateur-maire de Marseille Jean-Claude Gaudin (Les Républicains) a été élu

lundi président de la plus vaste métropole de France, Aix-Marseille-Provence, à l'arraché, à l'instar de la gestation de cette collectivité territoriale. Le gouvernement souhaite en effet créer trois métropoles spécifiques autour de Paris, Marseille et Lyon, ainsi que dans les aires urbaines de plus de 500.000 habitants : Lille, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Strasbourg, Rouen, Toulon, Montpellier, Rennes et Grenoble.
En première lecture, le 6 juin 2013, le Sénat avait validé les métropoles lyonnaise et marseillaise, mais rejeté la création d’une métropole parisienne. Il avait également augmenté la taille nécessaire pour créer une métropole, ce qui aurait fait passer Montpellier sous la barre minimum

Elu sénateur en 2014 pour la 4e fois, Jean-Claude Gaudin a été président de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole de 1995 à 2008, et il en est vice-président depuis 2008.
 
En septembre 2015, il avait décline la proposition du président du Sénat, Gérard Larcher, de siéger au Conseil constitutionnel, préférant continuer à se consacrer à Marseille et à la mise en place de la métropole Aix-Marseille-Provence.

Une majorité s'est finalement dégagée au grand damn de certains maires vent debout contre cette entité créée par la majorité présidentielle. Maryse Joissains (LR), la maire d'Aix-en-Provence, ville rivale de Marseille, a échoué à empêcher le vote et a finalement dû se résoudre à quitter la salle, sous un mélange d'applaudissements et de huées.
Un élu opposé à la métropole, le maire LR de la petite ville de Cabriès, Hervé Fabre Aubrespy, un fillonniste, était également candidat à la présidence la structure, qui doit entrer en vigueur le 1er janvier 2016. Il a obtenu 13 voix, contre 119 pour Jean-Claude Gaudin, 76 ans. 169 conseillers sur 240 au total avaient pris part au scrutin.

J.-C. Gaudin devrait donc cumuler les fonctions de maire de la deuxième ville de France et de président de cette métropole qui regroupera 92 communes -dont les rivales Aix-en-Provence et Marseille- sur 3.173 km2 et qui comptera 1,83 million d'habitants. "La gouvernance de l'institution se développera dans la concertation et le consensus aussi large que possible", a précisé Gaudin.

"L'élection du président de la métropole devrait en tout cas permettre d'assurer en temps et en heure le paiement des salaires de janvier aux 7.500 fonctionnaires qui y seront transférés, et le règlement des fournisseurs".

Dès ce lundi, des salariés de l'Agglo de Martigues (PCF) 
manifestaient déjà devant l'entrée du Pharo pour 
exprimer leurs inquiétudes face à la Métropole.
Les opposants à la métropole ne devraient pas manquer de déposer des recours. "S'il y a des recours -et il y aura des recours, multiples et variés- peu importe: il faut aller maintenant de l'avant, nous ne pouvons pas rester dans cet état d'esprit, avec un blocage et des personnes qui cherchent toujours à tout bloquer sur la métropole", a ensuite commenté le vainqueur lors d'une conférence de presse. Candidat de la dernière heure, Hervé Fabre-Aubrespy est déjà l'auteur d'un des recours devant le Conseil d'Etat.
"Il y a eu des désaccords; il y a beaucoup d'élus qui n'étaient pas favorables, mais à partir du moment où la loi de la République a été votée, (...) celles et ceux qui portent une écharpe tricolore, même si ça leur déplaît, doivent faire en sorte d'appliquer la loi", a-t-il rappelé.
L’article 30 du projet de loi prévoyait de fusionner, au 1er janvier 2016, six intercommunalités (Marseille Provence Métropole, Pays d’Aix, Pays d’Aubagne et de l’Étoile, Pays de Martigues, Ouest Provence et Salon Etang-de-Berre Durance) en une métropole à fiscalité unique.
"Quand on m'attaque à la kalachnikov..." -

"La métropole est une ardente nécessité (dans la) compétition des territoires à l'échelle européenne et mondiale (...) dans quelques années nous dirons tous que nous avons eu raison de (la) vouloir", a ajouté J.C. Gaudin devant le conseil. L'élection du président de la métropole devrait en tout cas permettre d'assurer en temps et en heure le paiement des salaires de janvier aux 7.500 fonctionnaires qui y seront transférés, et le règlement des fournisseurs, a-t-il noté.

Les opposants à la métropole, des élus qui redoutent d'y perdre financièrement et craignent la prépondérance de la cité phocéenne dans les décisions, avaient été galvanisés vendredi par une décision du tribunal administratif de Marseille.
Mme Joisains (au centre) est ici encadrée par des élus PC,
les maires de Port-de-Bouc et Martigues (le député G. Charroux )
  
Saisi, en référé, par quatre communes qui estimaient que les grandes villes étaient sur-représentées au conseil métropolitain au détriment des petites communes, il a suspendu deux arrêtés préfectoraux [pris dans le cadre de loi 'modernisation de l’action publique territoriale et affirmation des métropoles' portée par la ministre PS Marylise Lebranchu] fixant le nombre et la répartition des sièges de la future métropole, ainsi que sa composition.
"Je considère aujourd'hui que nous ne pouvons pas procéder à quelque élection que ce soit", avait déclaré lundi le maire d'Aix-en-Provence, Maryse Joissains, en ouvrant la séance d'installation du conseil métropolitain. "On va pas dire "parce qu'on est à Marseille, on ne respecte pas une décision de justice", avait ajouté celle qui, en tant que doyenne des élus d'intercommunalité, présidait la séance -ironie du sort pour une opposante résolue au projet métropolitain.

Les élus pro-métropole ont alors constaté sa carence et l'ont priée de partir.
Maryse Joissains monopolisant le micro
Parce que
"Maryse Joissains refuse de suivre l'ordre du jour", Sylvia Barthelemy, présidente sortante de l'Agglo, a demandé à Guy Teissier de prendre la présidence de la séance. Ce à quoi Mme Joissains a tenté de résister, lançant "Oh, tu veux des coups ?" à Mme Barthélémy. Celle-ci lui a retiré le micro pour le tendre à Guy Teissier (UMP) qui demandait la parole pour l'inviter à laisser la place.

La maire d'Aix a fait part de son souhait de ne pas en rester là et de continuer à contester la métropole : "Quand on m'attaque à la kalachnikov, je ne vais pas sortir le fleuret moucheté", a-t-elle lâché, une nouvelle fois agressive, ce qui pourrait interpeller le maire communiste de Martigues qui était absent, hurlant au "putsch" ! 

Les socialistes ont préféré laisser la droite, ultramajoritaire, se déchirer plutôt que de présenter un candidat. Avant le vote, le député PS marseillais Patrick Mennucci avait déclaré lors des prises de parole pour l'élection du président de la Métropole qu'"un article inscrit ce soir à l'Assemblée nationale dans la Loi de Finances proposera une aide de 66 millions d'euros à la Métropole." Elégant !

samedi 24 octobre 2015

Conflit d'intérêts: Moscovici, commissaire européen en campagne des régionales en France

L'ex-ministre de l'Economie et des Finances, en visite de campagne en PACA, région où le FN est en position de force 

Le journal socialiste Libération le dit en "visite de terrain"...

"Ce n’est pas un hasard si j’ai choisi cette région pour mon premier déplacement," clame-t-il à chaque étape. Pierre Moscovici a fait une descente ce vendredi en Provence, officiellement pour faire le VRP de la Commission européenne.

Parachuté de Bruxelles pour tenter, le temps d’une journée, d’améliorer l’image du Parti socialiste sur le thème des institutions européenne vécues comme  coupées des citoyens dans, dit-il, "une région où l’euroscepticisme est très implanté", commente-t-il. L'ancien trotskiste suspecte ainsi les électeurs provençaux d’être des extrémistes de droite menaçant le conseil régional du président sortant, le socialiste Michel Vauzelle.

Au moment où l’Europe fait face à plusieurs crises, grecque ou migratoire avec l'afflux déstabilisant de clandestins africains,
et à quelques semaines d’élections régionales pour lesquelles les sondages prédisent un nouveau vote record pour le Front national, l’ex-ministre des Finances - exfiltré du gouvernement de Hollande pour incapacité à redresser la courbe de l'emploi - vient en Provence-Alpes-Côte-d’Azur (Paca) pour tenter de redorer l’image de commissaires 'bureaucrates' qui s'aliènent la population par leurs multiples tracasseries. Pas gagné.

Moscovici confie vouloir "multiplier" ces déplacements sur le terrain
Valls est déjà passé cet été,
avant Moscovici
Ce n’est vraiment pas un hasard s'il a choisi cette région pour son premier déplacement... Il est venu soutenir le candidat PS en région PACA, un ancien chef de cabinet de Michel Sapin (2000- 2002) et prend la mairie de Forcalquier ... dans les Alpes-de-Haute-Provence en 2001, avec le soutien de Paris où il a fait sa carrière: dès 1995, il est directeur de cabinet d'un proche de Dominique Strauss-Kahn, Tony Dreyfus,  alors maire du 10e arrondissement de Paris.

Libération l'a suivi tout au long de sa traversée de la France en TGV
, depuis Paris jusqu'à Aix-en-Provence
et le journal des multi-millionnaires Bruno Ledoux (héritier de Penarroya) et Patrick Drahi, également propriétaire de L'Express/L'Expansion, salue cette ingérence dans son édition du 23 octobre. Il la justifie: "comme le font les ministres français, pour 'débattre avec des chefs d’entreprise, des jeunes, des médias' ".  
A Sciences-Po Aix, il commence par les "futures élites". Il est venu prêcher la bonne parole européenne sur le traité transatlantique, l’accueil des réfugiés et de la Grèce, évitant les questions économiques et financières ou de croissance et d'emploi: on comprend pourquoi l'ancien ministre de Hollande n'a pas intérêt à y revenir.
Moscovici est revenu sur le lieu de ses exploits

Depuis son éjection, "la France n’est plus la mauvaise élève de l’Europe" ?
La veille, les étudiants aixois avaient eu droit à Jean-Luc Mélenchon. Aux critiques feutrées des jeunes privilégiés, dont les positions sont pourtant clairement plus à gauche que les siennes, l'ex-militant de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) d'Alain Krivine et ex-ministre de Hollande, Moscovici réplique : "Il est normal de porter tout ça, mais faites-le en pro-européens", les exhorte-t-il avant de repartir pour Marseille visiter des start-up financées à la fois par la région Paca et les fonds structurels européens, puis la rédaction du quotidien local La Provence, propriété de Bernard Tapie, avant de finir sa journée dans une "école de la deuxième chance" implantée dans les quartiers Nord de la ville et par un "dialogue citoyen" sur France 3 concernant "l’emploi des jeunes".
"Que peut faire l’Europe ?"
Pour l’apprentissage, pour que les entreprises "jouent le jeu" quand elles "reçoivent des aides", l’embauche des jeunes… Moscovici s’emploie à décrire les politiques économiques européennes pour les démocratiser, mais c’est compliqué d’expliquer concrètement en quoi l’échelon communautaire peut aider les Français à trouver un emploi -surtout à des jeunes dont l'avenir est  jonché de roses- et éviter le langage l'anglais bruxellois: trois fois le mot "benchmark' en trente minutes (pour 'repère' ou 'référence' en langue de Molière) dans la bouche d'un Français  par ailleurs solidaire du "made in France" de Montebourg. 
Moscovici dispense les conseils d'un gestionnaire en échec de Paris à Bruxelles "Ne croyez pas que l’Europe peut tout", dit-il. Et quand la responsable de la mission locale de Marseille se plaint des lenteurs des fonds structurels européens, Moscovici avoue son impuissance d'’un : "Je me ferai votre ambassadeur."

Les citoyens boudent l’Union européenne  un peu plus à chaque élection (plus de 57 % d’abstention en 2014) ou préfèrent utiliser un bulletin Front national pour sanctionner Paris. Le commissaire français appelle ça une "commission politique", en opposition à l’ère Barroso jugée trop "bureaucratique". Il n’empêche que le PS voyait d'un mauvais oeil une présidence de l'UE par Juncker, ancien premier ministre du paradis fiscal luxembourgeois et favorable au Monsanto. Aujourd'hui, ses services, en accord avec les traités européens signés par la France, sont en train d’étudier le budget français pour un avis de la Commission prévu pour la mi-novembre, raconte Moscovici.
Depuis 2012, François Hollande dit qu’il va réorienter l’Europe. Il a échoué en 2012. Puis, il a tenté une nouvelle fois de proposer quelque chose suite aux élections européennes. Cette proposition s’est matérialisée par l’envoi d'une lettre en faveur d’un plan de relance de 1200 milliards d’euros. Le communiqué du conseil européen publié le 27 juin 2014 est assez clair, il n’a rien obtenu. Rien. Pas même un lot de consolation. La conférence de presse fut en ce sens assez pénible, puisqu’il s’agissait pour lui de tenter de sauver la face comme il le pouvait. Il a d’ailleurs terminé en parlant de foot et de l’équipe de France.
Il faut admettre que
jamais la France n’a été aussi faible depuis les prémices de la construction européenne, et le Président en porte l’entière responsabilité. Le plus frappant est que son avis n’est même plus considéré comme digne d’intérêt par la presse étrangère, il est devenu bien trop faible sur le plan intérieur pour pouvoir porter la voix de son pays en Europe. C’est un véritable effondrement politique de la France au sein de l’Union.
Moscovici juge les rapports avec Paris "plus fluides"
"La France n’est plus la mauvaise élève de l’Europe mais elle n’est pas non plus la championne" (sic, et 'gasp' !) admet-il froidement devant la future 'élite'. Et d'assurer que si "la Commission définit les fins, les Etats choisissent les moyens". L’ancien député du Doubs cite ainsi l'exemple de réformes celles de l’ex-chancelier Schröder en Allemagne, "plus radicales mais [qui] se sont révélées plus efficaces" et estime que la "réforme du marché du travail en France n’est pas achevée".

Un bon point à Emmanuel Macron
Sur le plateau de France 3, voilà Moscovici qui plaide pour une "économie déverrouillée, "plus souple" qui apparaît comme un soutien au gouvernement, à deux jours de l'ouverture officielle de la campagne des régionales. Difficile de ne pas considérer que l'ancien ministre de Hollande n'est pas venu apporter sa contribution à l'effort du PS.
Première incursion; la prochaine à Calais ou Lille ?

samedi 15 février 2014

Européennes 2014: Peillon fait campagne comme ministre

Candidat en campagne dans le sud-Est, ministre chahuté

Ce 13 février, en déplacement officiel à Aix-en-Provence et Avignon

Le ministre de l'Education nationale était donc  dans le Sud-Est, région où il est candidat aux élections européennes...
Le ministère de l'Education nationale avait voulu pour son ministre un petit déplacement convivial: visite d'établissements, spectacles d'enfants, conférence de presse improvisée.
Le ministre-candidat avait prévu un escort boy, le camarade socialiste Jack Lang, aujourd'hui conservé dans le formol à la direction de l'Institut du monde arabe. L'ex-ministre de la Culture était sa "guest star" à Avignon où le septuagénaire compte encore des fans nostalgiques.

Les agendas les mieux bichonnés ont leurs impondérables
  
Un double comité d'accueil attendait le ministre controversé au collège Anselme-Mathieu d'Avignon. Ni le ministère, ni Valls n'avait prévu que des  professeurs en grève puisse gâcher la fête. Peillon avait même mobilisé des manifestants de la Manif pour tous et des mamans voilées, massés sur le trottoir d'en face, mais contenus par les CRS Aux cris de "Peillon démission !", "Peillon-Hollande, on n'en veut pas!", le ministre faisait l'unanimité contre lui.  La berline ministérielle ne fait pas d'arrêt pour permettre au candidat de serrer des mains. Avec sa mauvaise foi coutumière, il nous assurera que c'est bien la preuve qu'il n'est pas en campagne...

Le collège Anselme Mathieu d'Avignon est l'un des premiers réseaux préfigurateurs d'éducation prioritaire (REP+), annoncés le 15 janvier dernier. Des élèves enthousiastes présentent au ministre une saynète en italien. 
Pendant ce temps, le chef de cabinet de Vincent Peillon reçoit deux des mamans qui manifestaient devant le collège. "Les gens sont toujours étonnés que nous prenions le temps de les recevoir et de les écouter. Mais c'est comme ça que travaille le ministère", assure-t-il, sans précision sur les suites à donner aux revendications.
Un "temps d'échange" est prévu  avec les professeurs dociles ou militants avant le passage à la signature d'une convention entre le collège et La Fabrica, lieu de résidence du Festival d'Avignon. Vincent Peillon cite la phrase du jour due à ...Jules Ferry : "À chaque enfant de France, l'école doit apporter le meilleur des Beaux-Arts". Un professeur de musique propose au ministre de lui envoyer un CD réalisé avec ses élèves. Une autre présente une exposition photo. "Mais où trouvez-vous l'argent pour faire tout ça?" croit malin d'interroger le ministre. "On utilise notre matériel personnel", rétorque une professeure, "On bricole beaucoup" complète le principal. Mais aucun des présents sélectionnés ne profite de l'occasion pour déplorer le manque de crédits pour leurs projets pédagogiques. Les "mauvais" professeurs ont été laissés sur le trottoir: avec eux, pas de concertation. 

Peillon ne laisse pas paraître que les comités d'accueil ont gâté sa bonne humeur. Le candidat ne s'économise pas pour serrer des mains, distribuer les sourires, mais aussi féliciter le personnel enseignant du SGEN et louer son "dévouement" auprès de jeunes ici majoritairement issus de milieux défavorisés. Il insiste: "Ce que demandent les professeurs, ce n'est pas de l'argent (sic), c'est du temps, et c'est ce que nous allons leur donner. Avec les dispositifs REP+ , ils auront plus de temps de ...concertation". Personne n'est là pour le contredire, alors le ministre masochiste en profite: "Nous avons l'école la plus douloureuse au monde. Le système scolaire qui marche le mieux est celui qui donne le plus de confiance aux élèves; et l'estime de soi, la confiance, c'est ce que la pratique artistique permet de développer", selon lui. Le sport n'est pas ici à l'honneur, à Sotchi non plus.

L'heure vient du point presse  

Le déplacement est largement calculé pour permettre de communiquer au candidat aux élections européennes dans le sud-est. 
Peillon retoque les questions sur la grève du jour, les qualifiant "de questions de parisiens, ça !"
Les manifestants anti-genre attroupés devant le collège ne lui inspirent que le déni. "Sur ce sujet, les rumeurs ont atteint un niveau délirant, assure le ministre. Pour lutter contre ce genre de polémique mensongère, il n'y a qu'une solution : expliquer ce que nous faisons vraiment en classe, expliquer et encore expliquer - et redire que, non, l'éducation nationale n'enseigne pas la théorie du genre à l'école", maintient-il, avant de nier en bloc. "Certains pensent que les professeurs n'ont pas à transmettre de valeurs - si, c'est leur travail de transmettre les valeurs de la République", assène encore le philosophe en guise de démonstration. "C'est fini !" tranche, peu ouverte au dialogue,  la conseillère presse du Pol-Pot de la Rue de Grenelle.  

Nouvelle contestation à Aix-en-Provence

Ebranlé, le ministre-candidat fait une pause cigarette inopinée sur une aire d'autoroute. Le nouveau recteur est chargé de détendre son patron. Le ministre l'a en effet amené dans ses bagages il y a six mois.
Ali Saib vient de Caen, dans la Somme, en région Picardie d'où  le candidat est lui-même d'abord parachuté. Peillon fut troisième de la liste PS dans le Nord-Ouest et donc élu en juin 2004. Candidat en juin 2009, mais dans le Sud-Est, il y retrouve Karim Zeribi, candidat PS et premier non-élu. Mais Peillon étant nommé ministre, Zéribi devient député européen en remplacement de Vincent Peillon. 
En 2014, Peillon est tête de liste socialiste aux européennes, tandis que Karim Zéribi, battu aux législatives de 2012 dans les Bouches-du-Rhône, tente sa chance avec ...EELV aux municipales 2014 à ...Marseille, après avoir été porte-parole de Jean-Noël Guérini lors des municipales de 2008 ! On dirait que Peillon a placé ses hommes et quels hommes ! 

Le ministre arrive au lycée Paul Cézanne, établissement bourgeois d'Aix-en-Provence
Lycée Maupassant de Colombes, 92:
des professeurs interpellent le ministre sur
les effets de la baisse des dota­tions horaires
dans leur lycée ZEP, le 10 février 2014
Officiellement, il est là pour visiter sa section expérimentale de langues et cultures ... C'est un proviseur tout sourire qui accueille son ministre, flanqué de D'jack Lang, ancien ministre de l'Education nationale, et président de l'Institut du Monde arabe depuis 2013. 
Le ministre et Lang sont invités à assister à un cours de langues. Le ministre s'assoit au 1er rang à côté d'une lycéenne. Les photographes mitraillent. "La France que vous nous avez donnée à voir, une France qui n'a pas peur de ses différences, c'est la France que nous aimons tous!" s'enthousisme le candidat étranger à la région. Et d'ajouter: "Nous allons doubler les sections de langues orientales, et réouvrir des postes au CAPES et à l'agrégation dès l'année prochaine".  "C'est très important pour moi [la visite d'un tel ministre], explique Nouar Barakat, professeur d'arabe dans un lycée marseillais. J'apprécie qu'il insiste sur l'importance d'apprendre l'arabe dans un cadre laïque, et de ne pas laisser cet enseignement aux mains de centres culturels qui sont très présents dans nos quartiers et qui, pour certains, font du prosélytisme".
VOIR et ENTENDRE Peillon confirmer sa volonté de développer l'enseignement de l'arabe en France:

Dernière station de la tournée électorale

C'est un calvaire. Le député européen en campagne et néanmoins ministre a déjà serré une bonne cinquantaine de mains, mais il reste encore l'ESPE (Ecole supérieure du professorat et de l'éducation) à inaugurer. A 75 ans, Jack Lang colle toujours au train et le septuagénaire distribue à son camarade de 55 ans les bons points pour lesquels il a été requisitionné. 
"Je ne pense pas que ce soit plus compliqué aujourd'hui qu'à mon époque d'être ministre de l'Education. Des rumeurs, des conflits, il y en a toujours eu. Les jeunes eux, ont changé, c'est une évidence, mais le travail reste le même. Il faut avoir un objectif et s'y tenir, ce que fait très bien Vincent Peillon. Il est brillant, très cultivé, et surtout passionné, ça se voit ! Regardez-le, il est ravi !" Le "brillant" ministre rosit d'aise, pense-t-on, mais en fait parce que des étudiants de l'Espé manifestent contre la réorganisation de leur cursus. 

Devant les caméramen, le ton monte entre le ministre et une étudiante. 
Vincent Peillon se voit agressé: "Madame, Madame, s'il vous plaît, vous serez bientôt professeur...", tente le ministre. Mais "Madame" l'étudiante ne lâche rien, et s'insurge contre la précarité subie par certains étudiants

Vincent Peillon met vite un terme au dialogue et tourne les talons, plantant-là la contestatrice. A quelques rues de là, Michel Vauzelle, le président PS du Conseil régional de PACA, l'attend pour une conférence à l'IEP d'Aix-en-Provence.
VOIR et ENTENDRE les élèves-professeurs manifester, ici à Toulouse le 1er octbre 2013, et les promesses du ministre qu'une étudiante d'Aix-en-Provence a encore dû rappeler au ministre en campagne:
Avant d'attendre l'IEP d'Aix, la délégation ministérielle devra à nouveau franchir un rassemblement de la Manif pour Tous.

VOIR et ENTENDRE la contestation aux abords de Sciences Po, Aix et  que l'AFP a manqué ou censuré et ne diffuse donc pas aux organes de presse qui attendent la becquée, la bouche ouverte:
Et voilà comment, malgré la mise à disposition de l'appareil de l'Etat et la participation du ban et de l'arrère-ban socialistes, une tournée électorale d'un ministre en butte à une contestation multiforme tourne au calvaire.

VOIR et ENTENDRE le reportage de l'AFP, l'agence de presse d'Etat qui n'a rien vu des diverses contestations:

samedi 28 décembre 2013

Aix-en-Provence: Le Monde, agent électoral du PS

Les gardes à vue  devraient être interdites à quatre mois d'un scrutin

La presse exploite la garde à vue à des fins électoralistes

Révélant ses intentions d'en tirer le meilleur parti possible, l'organe de presse officieux du PS exploite une action de la justice pourtant restée à ce jour infructueuse et interroge: Quel impact aura la journée de garde à vue, jeudi 26 décembre, de la maire UMP d'Aix-en-Provence sur la municipale de mars 2014 ?"  Elue en 2001, Maryse Joissains-Masini, 71 ans, brigue un troisième mandat à la tête de la deuxième ville des Bouches-du-Rhône et Le Monde se prend à rêver tout haut que la "sortante investie par l'UMP pourrait être affaiblie par l'enquête qui la touche, dans le cadre d'une information judiciaire pour "trafic d'influence et détournement de fonds publics", à l'heure d'affronter une opposition aussi pléthorique qu'ambitieuse."


Le 11 juin, la brigade financière avait perquisitionné la mairie d'Aix dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte en avril 2012, à la suite d'un courrier de dénonciation parvenu au procureur de Marseille et dont Le Monde ne fait pas état. Plusieurs contrats ont alors été épluchés, dont ceux d'Omar Achouri et de deux de ses enfants, dont Christophe, alors embauchés à la CPA.

Le Monde dresse un portrait caricatural de l'élue UMP. De cette "figure de la droite provençale", le quotidien retient "ses sorties à l'emporte-pièce contre la métropole Aix-Marseille ou la "légitimité" de François Hollande: deux griefs majeurs adressés à l'exécutif et qui justifient la mobilisation de la presse socialiste contre ce personnalité régionale qui plait aux méridionaux jusque dans la très chic Aix-en-Provence, au risque de surprendre l'intelligentsia parisienne.  
Contre cette personnalité couleur locale s'aligne une foule de candidats qui par leur nombre renforcent les chances de la sortante: un candidat socialiste, l'avocat d'affaires Edouard Baldo, une liste centriste – réunissant, entre autres, deux anciens leaders PS et MoDem –, une candidature du Rassemblement Bleu Marine menée par une universitaire… Et enfin, un ticket dissident formé par le chef de file de l'UDI locale et par le premier adjoint sortant. Il fallait donc que la Justice entre dans l'arène et que Le Monde prenne le relais puisque le juge n'avait pas les éléments suffisant à la mise en examen de la cible. Le Monde n'en cite qu'un seul nommément, le socialiste... 

Mme Joissains-Masini est ressortie en fin d'après-midi, sans mise en examen après avoir été placée en garde à vue, de manière théâtrale au lendemain de Noël, dans le cadre d'une enquête sur des emplois présumés fictifs. Le Monde explique qu'elle est "arrivée à l'hôtel de police de Marseille sans avocat"  par le fait qu'elle croyait à "une simple audition", mais nullement qu'elle pouvait se sentir inattaquable. La maire d'Aix a donc pu se dire "rassurée car [elle] sait maintenant ce qu'on [lui] reproche" et dénoncer "une orchestration politique".

Le scandale Hollande révélé outre-Manche, 

occulté en France

L'enquête portait notamment sur Omar Achouri, son chauffeur, qui, en avril, a accédé au plus haut grade de la fonction publique territoriale (catégorie A). La justice n'a visiblement pas pu lui reprocher d'exploiter son chauffeur, comme ce fut le cas de celui de François Hollande, payé au noir (lien PaSiDupesDe Hollande, son chauffeur livre une part de la psychologie complexe (lien PaSiDupes) 

Une affaire qui rappelle une autre patronne anti-sociale, Ségolène Royal, une précédente concubine qui refusait de payer toutes les heures effectives d'Evelyne Pathouot notammentune employée, qui la traîna en justice... (lien PaSiDupes)  Evelyne Pathouot nous renseigna aussi sur la personnalité de la canditae de la gauche battue à la présidentielle de 2007 (lien PaSiDupes). Le Monde n'envisagea alors pas le risque que la plainte qui la touchait puisse l' "affaiblir"... 

Cette enquête visait également le recrutement de Christophe Achouri, fils d'Omar, par la communauté d'agglomération du Pays d'Aix dont Mme Joissains-Masini est la présidente. Habituellement la gauche sociale et ses suppôts n'ont pas autant de problèmes avec l'échelle sociale dispose pourtant d'une longue liste d'élus qui emploient des proches. 
Citons Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional d'Ile-de-France qui employait sa femme (lien PaSiDupes) jusqu'à ce qu'il soit condamné et déclaré inéligible (lien PaSiDupesou encore Pierre Mauroy et Lyne Cohen-Solal (ci-contre à droite) poursuivis pour pour "abus de confiance", dans l’affaire d’emploi fictif de la communauté urbaine de Lille et qui accueillirent côte à côte le jugement du tribunal correctionnel de Lille: 20 000 euros d’amende avec sursis chacun.
Mention spéciale pour Harlem Désir, le futur patron du Parti socialiste désigné par F. Hollande, bien que condamné en 1998 pour emploi fictif, alors que le candidat promettait de ne pas s'entourer de personnes ayant eu des démêlés avec la justice. Soupçonné d'avoir bénéficié d'un emploi fictif de 1986 à 1987, dans les années Mitterrand, alors qu'il dirigeait SOS Racisme, il a été condamné dix ans plus tard, en décembre 1998, à dix-huit mois de prison avec sursis et 30.000 francs d'amende (4.573 euros). Il était accusé d'avoir perçu illégalement au cours de cette période 202.560 francs (30.880 euros) de salaires, de l'Association régionale pour la formation et l'éducation des ...migrants (Arfem), basée à Lille.

Omar Achouri est un proche de la maire d'Aix, puisqu'il est le seul à la conduire. 
En avril, sa "promotion éclair" lors d'une commission paritaire présidée par Mme Joissains-Masini a provoqué une forte polémique après sa révélation par le site Marsactu, bien que l'employé affiche effectivement trente-sept ans d'ancienneté à la mairie d'Aix, depuis 1978.

Le Monde a en tête les élections municipales

Les adversaires ne pavoisent pas à la garde à vue de Mme Joissains-MasiniSi elle apparaît politiquement menacée, c'est comme à chaque scrutin. Elle a certes été battue aux législatives de 2012, mais son adversaire, le socialiste Jean-David Ciot, a depuis été mis en examen pour recel de détournement de fonds publics"Depuis toujours, Mme Joissains provoque rejet ou attachement… Et je me méfie de la commisération des Aixois pour leur maire", commente la frontiste Catherine Rouvier.

La maire sortante que l'UMP "accompagne depuis 1977" est surtout menacée par la candidature dissidente à droite de l'ex-adjoint de Maryse Joissains-Masini, Bruno Genzana, investi par l'UDI. D'autant que ce dernier s'est engagé dans la campagne municipale avec le soutien de l'actuel premier adjoint d'Aix-en-Provence, Jean Chorro, qui tente sa chance à l'occasion des municipales. "Si j'étais égoïste, je dirais que cette affaire nous arrange bien… Mais je n'utilise pas ces armes-là," assure Bruno Genzana qui dément que ses calendriers de Noël ont été financés par le Conseil général socialiste. 

Les battus historiques reprennent espoir
"Je dis depuis douze ans que Mme Joissains devra rendre des comptes devant la justice sur cette façon de mélanger argent public et intérêts privés, lance François-Xavier de Peretti (ex-MoDem) qui s'échine en vain  à briguer la mairie et qui reçoit cette fois le renfort du Parti radical de gauche (PRG, soutien de François Hollande) avec un colistier du nom de Christian MaraninchiMais je ne voudrais pas que cette affaire occulte son mauvais bilan en matière de transport, de logement ou d'emploi…" 
"Je regarde cela d'un œil très technique, note, quant à lui, le candidat socialiste Edouard Baldoavocat d'affaires de 66 ans. Une garde à vue peut se terminer de diverses façons."Le socialiste s'affiche avec Lucien Ambroggiani (leader du mouvement Convergence et conseiller municipal à Aix), Stéphane Salord (Génération Ecologie) et Alexandre Medvedowsky (PS).

Le Monde finit sur son candidat
Vainqueur de la primaire socialiste, également avocat et camarade de promotion de Mme Joissains-Masini, Edouard Baldo, le candidat du Monde, a justement placé sa campagne sous le sceau de "l'éthique politique". En concordance parfaite avec l'action judiciaire en cours, il devait rencontrer, vendredi 27, les représentants de l'association Anticor pour signer leur charte anticorruption
Cette association Anticor fut fondée en 2002 par l'ex-juge Éric Halphen et l'ancienne élue socialiste Séverine Tessier  
Le juge Halphen connu notamment pour avoir instruit l'affaire des HLM de Paris, créa un nouveau parti, le Mouvement pour une alternative républicaine et sociale (MARS), puis adhéra au Mouvement de l'Utopie Concrète de l'architecte Roland Castro, militant de l’Union des étudiants communistes et du Parti communiste français, maoiste et soutien de Arnaud Montebourg en 2011.
Quant à Séverine Tessier, elle a quitté le PS pour rejoindre ls altermondialistes d'Europe écologie-les Verts, refusant de soutenir la reconduction de Jean-Paul Huchon à la présidence du Conseil régional d'Ile-de-France, suite à sa condamnation pour prise illégale d'intérêts... Il est en effet entre autres reproché à Huchon d'avoir poussé le Conseil régional qu'il dirige à passer contrat avec trois sociétés de communication qui employaient ...sa femme, en 2002 et 2003 !

Qui a parlé de concertation, voire de collusion de la gauche politique, associative, médiatique et judiciaire ?

mercredi 8 mai 2013

Le MoDem, victime du sectarisme hégémonique du PS à Aix et Marseille

Le MoDem s'est fait exclure des primaires PS aux municipales d'Aix et Marseille
Bennahmias, Grosjean "comme derrière"


MoDem et Front de gauche
dans le même mépris 
des démocrates du PS




Cocus et pas contents, les amis de Bayrou

Les responsables du MoDem de Marseille ont qualifié vendredi de "totalement irrationnelle" la décision des instances locales du Parti socialiste (PS) de refuser leur participation aux primaires citoyennes de l' "opposition" organisées pour les prochaines municipales à Aix-en-Provence et Marseille.

L'ingrat PS a tenté de justifier son sectarisme
Selon ces républicains, le MoDem "n'est pas classifié parmi les partis de gauche". 
Or, à Marseille, le MoDem est représenté par son aile gauche et notamment par l'eurodéputé Jean-Luc Bennahmias et par le secrétaire général adjoint du mouvement, Christophe Madrolle, qui ont tous deux appelé à voter François Hollande et soutenu les candidats de la majorité présidentielle aux législatives. Bennahmias a même créé un réseau destiné à fédérer les militants et élus démocrates dans la majorité présidentielle.

"Aux dernières municipales [en 2008], on avait fusionné nos listes au second tour à Marseille, où on a participé à l'élection d'Eugène Caselli [PS] à la présidence de la Communauté urbaine. Et sur Aix-en-Provence, on avait présenté une liste commune PS-MoDem", souligne Jean-Luc Bennahmias
Pour Christophe Madrolle, "Solférino" est apeuré par "un risque de scission de son aile gauche", sous la pression du Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon.


Le double jeu socialiste

Marielle de Sarnez
se néglige-t-elle ?
"En dehors de Rebsamen à Dijon, Destot à Grenoble et Collomb à Lyon, le PS a du mal à assumer sa liaison avec le MoDem", souligne Bennahmias, pour qui le parti a "peur de sa droite, de sa gauche, et a, à la fin, peur de lui-même".

Candidat aux primaires, le socialiste Eugène Caselli accepte mais dit regretter la décision de son parti.
Il souligne "la loyauté et la compétence" des élus du MoDem qui à Marseille sont "porteurs de valeurs républicaines et d'ouverture [qu'il] partage". 
Autre faux-cul, le président du groupe PS de la ville de Marseille, Christophe Masse, a également exprimé sa "surprise" en soulignant que les élus MoDem font "partie intégrante du groupe d'opposition et se comportent comme de vrais alliés du PS".

Les parias de la gauche
"Malgré cette décision totalement irrationnelle, pour ne pas dire plus, nous allons prendre notre part dans le débat des primaires en amenant des propositions innovantes pour les Marseillais", assure le MoDem.

Il manque une prise de position courageuse de Bayrou.