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samedi 28 avril 2018

Taxation du numérique : "colère" Le Maire lâché par de nombreux ministres européens

Le Maire se démonte face aux réserves européennes

L
a proposition de la Commission européenne portée par Macron suscite l'opposition 
de plusieurs ministres européens samedi à Sofia

Le Maire mis en minorité à Sofia sur les propositions de Macron

Le Français Bruno Le Maire voulait taxer dans l'UE les géants du numérique.
Les ministres européens des Finances débattaient pour la première fois de ce projet, présentée fin mars par l'exécutif européen, qui prévoit la mise en place rapide d'une taxe sur le chiffre d'affaires des géants du net opérant dans l'Union européenne, comme Facebook et Amazon, le temps qu'une solution soit négociée à l'échelle mondiale.

Mais les  pays accusés de tirer profit de leur fiscalité avantageuse vis-à-vis de ces entreprises, tels que Malte, l'Irlande et le Luxembourg, des paradis fiscaux, ont manifesté leur circonspection, tout comme la Suède, le Danemark, la Finlande, mais aussi le Royaume-Uni. Sept pays "frondeurs"...

Il faut "discuter avec les Américains, car si l'UE fait ça de son côté, cette taxe sera très inefficace et mauvaise pour la compétitivité européenne", a fait valoir le ministre luxembourgeois des Finances, Pierre Gramegna.

Celui-ci a évoqué un risque d'"escalade" avec les Etats-Unis, avec lesquels les relations sont déjà tendues sur le plan commercial, en raison des lourds droits de douane sur l'acier et l'aluminium que le président Donald Trump menace appliquer à l'UE à partir du 1er mai.

"Ce n'est pas une taxe contre les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), ce n'est pas une taxe contre les Etats-Unis (...) C'est quelque chose qui va dans l'intérêt de tous les Européens", a répondu le commissaire européen à la Fiscalité, le socialiste Pierre Moscovici, qui défend le projet au nom de la Commission.

Le ministre français des Finances a laissé éclater "une colère froide" 

Dernier des ministres à prendre la parole pendant un tour de table samedi matinBruno Le Maire s'est irrité des réticences que suscite cette taxe, dont Emmanuel Macron a fait une priorité.
"L'Europe est-elle capable de se montrer forte ?", a-t-il lancé. "Une chose que j'ai apprise lors de la semaine que je viens de passer aux Etats-Unis avec le président Macron : les Américains ne respecteront que les démonstrations de force," a-t-il polémiqué avec aigreur.

"Si vous voulez aller jusqu'aux élections européennes l'an prochain avec le message 'nous avons beaucoup parlé, beaucoup débattu, mais pris aucune décision' bonne chance !", a éructé Le Maire, prenant conscience de son isolement, en contradiction avec les louanges de la presse hexagonale pour la politique européenne macronienne.

Le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, a fait défection. 
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Alors que la chancelière allemande Angela Merkel est à Washington et que l'Allemagne avait jusqu'à présent soutenu la proposition européenne, il n'a pas pris la parole. Interrogé en conférence de presse, le grand argentier allemand  n'a pas expliqué son silence. D'après une source diplomatique anonyme, l'idée de taxer le chiffre d'affaires, et non les bénéfices, comme cela se fait habituellement, n'a pas les faveurs de Berlin. Huitième pays "frondeur'...
"Aucun pays ne pourrait accepter ce que nous voyons aujourd'hui" avec les géants du net, a cependant dit le ministre allemand, membre du SPD (Parti social-démocrate) à la presse, évoquant "une grande question morale".

Quelles sont les dispositions proposées par le texte de la Commission ? 

Dans un premier temps, il envisage de taxer à hauteur de 3% les revenus générés par l'exploitation d'activités numériques.
Cette taxe ne viserait que les groupes dont le chiffre d'affaires annuel mondial s'élève à plus de 750 millions d'euros et dont les revenus dans l'UE excèdent 50 millions d'euros.

Outre cette mesure "ciblée" de taxation du chiffre d'affaires des entreprises numériques, la Commission a aussi proposé une réforme de fond des règles relatives à l'imposition des sociétés, qui prendrait le relais de la première proposition de "court terme".
Cette proposition de "long terme" permettrait aux pays de l'UE de taxer les bénéfices réalisés sur leur territoire, même si une entreprise n'y est pas présente physiquement.

Macron a fixé unilatéralement l'objectif d'adopter la solution de court terme au plus tard début 2019.
Mais la nécessité d'obtenir l'unanimité dans l'UE pour toute réforme de la fiscalité rend le consensus difficile.

Macron ne fait pas l'unanimité et la presse française va devoir en tirer les conclusions avant de redéployer la propagande élyséenne.

mercredi 2 juillet 2014

Budget rectificatif: les "frondeurs" du PS étaient des péteux

Les bravaches sont rentrés dans le rang pour voter le budget rectificatif de l’État

Beaucoup de bruit pour rien
Les Coréens du Nord du PS  
Les députés se sont heurtés à l'autoritarisme du parti et ont dû approuver en première lecture mardi le projet de budget rectificatif de l'Etat pour 2014.

Le projet de budget rectificatif prévoit notamment une réduction d'impôt sur le revenu des ménages modestes, par une large majorité de 307 voix contre 232. 
Ce texte prévoit en outre quatre milliards d'euros d'économies pour tenter de réduire le déficit public à 3,8% du PIB. 

Y figure aussi un nouvel impôt indirect avec le remplacement de l'écotaxe (Grenelle 1) par un péage de transit poids lourds qui rapportera moins, du fait d'un recul du gouvernement sur un nombre réduit de routes nationales et départementales placées sous contrôle de portiques électroniques.
L'activité législative reprend de plus belle

Reportés le temps de la fronde de plusieurs dizaines d'élus socialistes, les votes sur le Budget rectificatif de la Sécurité sociale ont par ailleurs repris. 

Un peu plus tôt, le socialiste Christian Paul, l'un des chefs de file des frondeurs, avait fait savoir que les récalcitrants voteraient le nouveau budget de l’État - car ils n'ont pas le souci de faire rentrer l'impôt et financer la dépense - mais pas celui de la Sécurité sociale.
"Le budget rectificatif de l'Etat peut être voté car il comporte des baisses d'impôts pour près de 4 millions de familles. En revanche, nous considérons que le PLFSSR, qui a pour effet de faire financer le soutien aux entreprises par le gel des prestations sociales, n'est pas votable", pour l'heure, avait grondé le velléitaire député de la Nièvre après deux réunions des "frondeurs".

Contenu du projet de budget rectificatif de l’État qui vient d'être adopté 

Sur la fiscalité des ménages
3,7 millions de nouveaux foyers fiscaux vont bénéficier d'une réduction d'impôt dès la rentrée de septembre, dont 1,9 million en seront totalement exonérés. Cette mesure concerne les personnes dont le revenu va jusqu'à 1,1 fois le SMIC. Une personne seule paiera 350 euros d'impôts de moins (ex: mère isolée d'enfants nés dans la polygamie), un couple 700 euros (ex: couple du même sexe). Il s'agit pour le gouvernement de faire sortir du barème de l'impôt sur le revenu ceux qui y étaient entrés en 2012 et 2013 ou qui y seraient rentrés cette année en raison de sa politique fiscale et non parce que leurs revenus ont augmenté. La mesure représente un coût de 1,16 milliard d'euros3,7 millions de nouveaux foyers fiscaux , si elle rapporte après avoir déjà donné.

Les députés ont également décidé de la reconduction pour un an de l'exonération de taxe d'habitation et de redevance audiovisuelle pour environ 250.000 contribuables modestes (pour un coût de 45 millions d'euros).
La majorité présidentielle a voté au passage la suppression du gel des aides au logement initialement prévu dans le texte gouvernemental.


Sur la fiscalité des entreprises

Décidée à l'automne dernier pour compenser la suppression de petites taxes mal ciblées, la surtaxe de l'impôt sur les sociétés est prolongée jusqu'en 2016. Elle représente 2,5 milliards d'euros et sera versée en priorité par les grandes entreprises.

Les mesures d'économies. 

L’État va imposer 1,6 milliard d'efforts supplémentaires aux Français en 2014, correspondant au marchandage des "frondeurs" avec l'exécutif. 
Un milliard de crédits sont annulés et 600 millions d'euros sont puisés dans la réserve de précaution, mise de côté chaque année pour les dépenses imprévues. Ces annulations se répartissent entre tous les ministères et leurs opérateurs.

L'augmentation des impôts indirects

L'écotaxe suspendue, un manque à gagner de 1.712 euros par minuteSur (feu) l'Ecotaxe.
Les députés ont voté un amendement gouvernemental remplaçant l'écotaxe par un péage de transit poids lourds. Le nouveau dispositif, qui entrera en vigueur au 1er janvier 2015, concernera les camions de plus de 3,5 tonnes circulant sur un réseau de près de 4.000 kilomètres de routes nationales et locales très fréquentées par les poids lourds. Elle devrait rapporter 500 millions d'euros par an. L'écotaxe, elle, devait porter sur 15.000 kilomètres de routes et rapporter près du double pour financer les infrastructures de transport. Ni les frondeurs, ni Manuel Valls ne précise comment ce manque à gagner sera compensé..


Sur la taxe de séjour. L'Assemblée a rendu possible un quintuplement jusqu'à 8 euros de la taxe de séjour dans les communes pour les hôtels 3, 4 et 5 étoiles. Elle a par ailleurs voté la création d'une taxe de séjour spécifique à l'Ile-de-France -et discriminatoire visant essentiellement les étrangers- de 2 euros par nuitée pour aider au financement des transports en commun de la région. Ce vote des députés qui autorise une augmentation de plus est vivement contesté par les professionnels du tourisme, soutenus par le ministre en charge du Tourisme Laurent Fabius et le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, alors que le secrétaire d'Etat au Budget Christian Eckert la juge au contraire "pas totalement anormale".

L'Assemblée nationale approuve le plan d'économies de 50 milliards d'euros par 265 voix contre 232
Kim Jong-Il et sa troupe
Sur la dette et le déficit. Le gouvernement constate que le service de la dette va lui coûter en 2014 1,8 milliard de moins que ce qu'il avait initialement prévu. Le déficit budgétaire de l'Etat (1,4 milliard d'euros) sera plus important que prévu cette année, en raison d'une moindre rentrée de recettes de 4,8 milliards en 2013, par rapport aux prévisions. Or, le gouvernement assure par ailleurs -avec les "frondeurs" de son aile gauche- qu'il pourra financer les nouvelles réductions d'impôts de 3,7 millions foyers fiscaux par la lutte contre la fraude fiscale !

L'activité législative reprend de plus belle

Passage du flambeau de Ayrault à Valls
Reportés le temps de la fronde de plusieurs dizaines d'élus socialistesles votes sur le Budget rectificatif de la Sécurité sociale ont par ailleurs repris. 

Un peu plus tôt, le socialiste Christian (Po)Paul, l'un des chefs de file des frondeurs, avait fait savoir que les récalcitrants voteraient le nouveau budget de l’État - car ils n'ont pas le souci de faire rentrer l'impôt et financer la dépense - mais pas celui de la Sécurité sociale.
"Le budget rectificatif de l'Etat peut être voté car il comporte des baisses d'impôts pour près de 4 millions de familles. En revanche, nous considérons que le PLFSSR, qui a pour effet de faire financer le soutien aux entreprises par le gel des prestations sociales, n'est pas votable", pour l'heure, avait grondé le velléitaire député de la Nièvre après deux réunions des "frondeurs".
Attendons de voir si les "frondeurs" baissent à nouveau le pantalon...