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lundi 20 février 2017

La dette publique plombe la France, menaçant son indépendance et l'avenir de ses enfants

La dépense publique, singulièrement sociale, sujet tabou des candidats comme des bénéficiaires

La dette publique atteignait 98,4% du PIB en septembre 2016

L'Institut national français de la statistique et des études économiques (Insee) a rendu public, vendredi 30 septembre, le montant de la dette publique française au deuxième trimestre 2016. Elle s'établit à 2.170,6 milliards d'euros, soit 98,4 % du produit intérieur brut. Une ardoise qui ne cesse de s'allonger depuis 40 ans.


2.170,6 milliards d'euros, c'est le montant de la dette de la France au deuxième trimestre 2016. Soit 98,4 % du produit intérieur brut (PIB). Le gouvernement tablait sur 96,1 % cette année, mais l'Etat emprunte toujours plus pour ses dépenses.

La dette française a doublé en 10 ans, et cela ne semble pas prêt de s'arrêter. Car la majorité de cette dette provient des prêts à long terme. Or, l'argent n'a jamais été aussi bon marché : les taux obligataires à long terme sont proches de 0. Et il ne peuvent qu'augmenter à l'avenir.

Mais que se passerait-il si ces taux augmentaient ? 
L'Agence France Trésor a chiffré l'impact budgétaire d'une hausse ne serait-ce que de 1 % du coût de la dette, à 2,2 milliards d'euros la première année, puis 5 milliards la deuxième, et 10 milliards au bout de cinq ans.

Plus inquiétant encore, le poids de la dette sociale continue d’augmenter : 2,3 milliards d'euros de plus au deuxième trimestre. La dette sociale est celle qui finance la protection sociale des Français et assimilés (santé, retraite, famille et chômage).
Résultat de recherche d'images pour "dette publique france 2012 2016"
Contrairement à la dette de l'Etat, la dette sociale est vouée, en théorie, à disparaître, car elle fait partie des frais courants. Le gouvernement a promis de résoudre le trou de la sécurité sociale dès l'année prochaine.


Les 4 chiffres alarmants de la dette publique française

L'Insee a encore dissimulé la vérité le vendredi 23 décembre 2016, en annonçant une légère baisse de la dette publique au troisième trimestre, à 2160,4 milliards d'euros, soit 97,6% du PIB, il tentait de nous tromper, car la situation ne cesse en fait de se dégrader.

2160,4 milliards d'euros

C'estle niveau de l'endettement du pays à la fin du troisième trimestre 2016, selon l'Insee. Ce chiffre est en baisse de 10,3 milliards par rapport au trimestre précédent. Rapportée à la richesse nationale, cette dette de l'ensemble des administrations publiques, mesurée selon les critères de Maastricht, atteint 97,6% du Produit intérieur brut (PIB), contre 98,4% à la fin du deuxième trimestre de l'année. La France emprunte toujours plus sur la première moitié de l'année, ce qui augmente rapidement son endettement, avant que celui-ci ne reflue mécaniquement sur la seconde moitié, si bien qu'on peut donner à croire que la politique gouvernementale porte ses fruits, jusqu'à juin 2017. A la fin du troisième trimestre 2015, la dette avait ainsi baissé de 2,2 milliards d'euros par rapport au trimestre précédent. C'était 0,8% de plus que le dernier reflux enregistré...

0,7%

C'est le taux à 10 ans auquel emprunte la France ces derniers jours. C'est plus qu'il y a quelques semaines -il a baissé jusqu'à 0,03% en septembre. Mais largement moins élevé qu'avant la politique monétaire accommodante mise en place par la BCE. L'Allemagne, elle, emprunte sur la même période à 0,4%.

96% du PIB

C'est la part de la dette publique française ramenée au PIB l'année prochaineselon le projet de loi de Finances pour 2017, après 96,1% cette année. Certes, ce serait la première fois depuis 10 ans que la courbe repartirait très légèrement à la baisse. Mais les astuces comptables utilisées par le gouvernement pour boucler son budget 2017, ainsi que les hypothèses optimistes sur lesquelles il a été construit, rendent sceptique sur le scénario de Bercy prévoyant un déficit public à 2,7% en 2017, et donc un reflux de la dette. D'autant qu'entre-temps l'élection présidentielle aura rendu presque automatiquement caduques les prévisions de l'année prochaine.

2.000 milliards d'euros

C'est la barre symbolique que Hollande a pulvérisée en laissant la dette française s'envoler. Alors que la dette hexagonale était de 12% du PIB en 1974, 20% en 1981, 50% en 1994, elle atteignait 60% en 2002, la limite fixée par le Pacte de stabilité, et n'est jamais redescendue ensuite. En 2003, elle dépassait le niveau déjà pharaonique de 1.000 milliards d'euros -même si ce niveau semble dérisoire aujourd'hui.

2160,4 milliards d'euros, c'est désormais le montant de la dette publique de la France au troisième trimestre 2016, selon les données publiées par l'INSEE.

L’ancien patron de BNP Paribas repart à la charge contre la dette publique

Michel Pébereau met en garde contre le peu d’intérêt des candidats à la présidentielle pour le problème de la dette publique
Il reprend le combat, onze ans après un premier rapport dénonçant le poids de la dette publique dans une note publiée par l’Institut de l’entreprise, dont il est président d’honneur. L’ex patron s’inquiète de voir que "la situation alarmante de nos finances publiques est presque absente du débat présidentiel".

Alerte sur l'état de nos finances publiques

Jugeant que les déficits persistants et le poids colossal de la dette (près de 2.200 milliards d’euros) affectent "notre influence internationale et notre indépendance", ce citoyen vigilant prévient que la France est en passe d’être en 2017 "avec la Grèce, le seul pays en situation de déficit excessif".

Après des années de hausse des dépenses, financées par la dette mais aussi la fiscalité, le rapport juge que "le consentement à l’impôt des citoyens a atteint ses limites".

Pour éviter de voir la dette grossir encore et toujours, et face au risque de voir les taux d’intérêt remonter, le 'think tank' l’Institut de l’entreprise préconise une vigoureuse politique de coupe dans les dépenses publiques qui devra être "immédiate, transversale et pérenne".
Cette réduction doit être engagée "dès les premiers jours du prochain quinquennat", insiste Michel Pébereau. Elle devra être partagée par l’État, les collectivités et la Sécurité sociale avec pour objectif de ramener "le niveau de la dépense publique française de la moyenne européenne, à environ 50 %" de la richesse nationale.

Alors que les dépenses publiques pèsent actuellement autour de 57 % du produit intérieur brut, cela revient donc à trouver plus de 150 milliards d’euros d’économies ! Un chantier évidemment titanesque à l'encontre duquel s'oriente le programme de Benoît Hamon qui a ressorti le vieux projet de revenu universel d'existence, utopique et surtout onéreux.

L’Institut de l’entreprise ouvre des pistes soutenues par des cercles de réflexion libéraux.

Image associée
L’État est appelé à réduire "significativement" ses dépenses notamment par "la maîtrise de sa masse salariale" et "la conduire déterminée de réorganisation" en profitant notamment "des économies rendues possibles par les informatisations du passé et la révolution numérique".

Le rapport estime "indispensable" de réduire également le "millefeuille territorial" afin de juguler la hausse des dépenses, notamment celle de la masse salariale.

La sécurité sociale et l’assurance-chômage devraient également procéder à des changements radicaux. Le rapport estime ainsi possible d’aller plus loin en matière de recul d’âge de la retraite ou de durcir davantage "la durée et le taux de remplacement de l’indemnisation pour l’assurance-chômage".

Pour faire accepter ces réformes peu populaires, Michel Pébereau estime nécessaire que le futur président s’engage dès sa campagne sur une trajectoire exigeante de finances publiques.
La mise en œuvre serait ensuite organisée par une "une grande conférence nationale sur les finances publiques" et son suivi organisé afin que chacun puisse en mesurer les enjeux et les résultats. Avec l’idée, insiste Michel Pébereau de faire partager un "objectif clair : nous devons renoncer à notre préférence pour la dépense publique".

Or, Mélenchon veut relâcher la bride de la dette publique au moyen d'une vaste relance budgétaire qui ramènerait la dette à 87 % du PIB.

Alors que la France est restée en 2016 le pays le plus dépensier d’Europe après la Finlande, avec 1 260 milliards d’euros de dépenses publiques (56,5 % du PIB, contre 48 % en moyenne dans la zone euro), Benoît Hamon remporte sans conteste la palme du candidat le plus dépensier. 
Sa proposition d’instaurer un revenu universel d’existence pour tous – une augmentation dans un premier temps de 10 % du RSA à 600 euros dès 18 ans, suivi dans un deuxième temps par une extension à toute la population d’un versement mensuel de 750 euros – coûterait la bagatelle de 300 à 400 milliards d’euros. C’est l’équivalent du budget de l’Etat. Quand on aborde la question du cadrage budgétaire, son entourage répond qu’il faut "penser hors du cadre." Populiste, mais inepte.

mercredi 20 janvier 2016

La Cour des Comptes va encore tancer Hollande sur les dépenses publiques, en pure perte...

Didier Migaud (PS) tance et Hollande danse sur les euros de l'impôt

La Cour des Comptes refuse que la lutte contre le terrorisme serve de prétexte à un ajournement des réformes de fond de la dépense publique

Sous tous les prétextes, la France continue de s'enfoncer dans la dette publique. Lors de l'audience solennelle de rentrée de la Cour des comptes, le 12 janvier, son premier président, Didier Migaud, a engagé le pouvoir à une maîtrise  plus rigoureuse des déficits.
Il estime que la nécessaire lutte contre le terrorisme ne doit pas servir de prétexte à un dérapage de toutes les dépenses.

Hollande tire sur toutes les ficelles,
dont l'état d'urgence (qu'il risque fort de proroger), ne contribue en rien à protéger les contribuables des dérapages du gouvernement en matière de dépenses publiques. En l'associant à ses séances de déploration publique des attentats islamistes, le "protecteur des Français" (sic) a en effet réussi à anesthésier l'Union européenne qui n'a plus osé jusqu'ici réclamer la rigueur.  

Migaud se fera encore plus insistant

Le rapport public annuel de la Cour des Comptes devrait souligner que la sécurité ne peut être rendue responsable (budgets de la Défense, de l'Intérieur et de la Justice) de l'ampleur totale du dérapage des comptes de l'Etat : elle ne représente "que" 65 milliards d'euros (environ), à mettre en balance avec un total de la dépense publique de 1.200 milliards. Et que les crédits supplémentaires en ce domaine, décidés en 2015, sont inférieurs à 2 milliards. 

Comme dans les années 1999- 2001 déjà, la juridiction financière administrative redoute que la gauche au pouvoir ne profite pas de la meilleure croissance espérée en 2016, selon l'INSEE (l'une des directions générales du... ministère de l'Économie, des Finances !) qui assurait faiblement en décembre dernier que la croissance française "ferait preuve de résistance", malgré les attentats de Paris, lesquels pourraient coûter deux milliards d'euros à l'économie tricolore.

La Cour des Compte presse donc le gouvernement Valls de procéder à des réformes de fond de la dépense.
Ajoutons que Didier Migaud n'apprécie guère l'injure que le gouvernement vient de faire au membres du Conseil: quand l'Etat demandera aux Sages chargés du contrôle des comptes publics d'évaluer une politique publique,
Bercy fera désormais une saisine conjointe du Conseil économique, social et environnemental, CESE, dont les membres sont désignés par le pouvoir parmi la représentation socio-professionnelle 
(Gérard Aschiéri, Isabelle Autissier, navigatrice et WWF, Jean-Luc Bennhamias, Françoise Rudetzki, Michel Thomiche pour la presse (SNJ, ci-contre), le président de la MGEN ou le réalisateur Régis Wargnier, pour le cinéma). Il en outre est présidé -depuis décembre 2015- par Patrick Bernasconi, gros chef d'entreprises et syndicaliste breton.



 

dimanche 8 novembre 2015

Depuis le dimanche 8, l'Etat français est dans le rouge

Désormais, l'Etat socialiste dépense l'argent qu'il n'a pas 

L’Institut économique Molinari a constaté qu'à partir de dimanche soir, la France aura dépensé toutes ses recettes fiscales. 

Et pendant ce temps, la presse nous distrait
avec l'affaire de la sex-tape de Valbuena et Benzema...
Et vivra à crédit jusqu’à la fin de l’année. 

Dimanche, la France basculera dans la dette.
L’institut Molinari a passé au crible les budgets des 28 états de l'Union européenne et publie une étude qui leur est consacrée. Et l'exécutif socialiste hexagonal figure parmi les plus mauvais gestionnaires. Dès lundi matin, les comptes publics de la nation tomberont donc dans le rouge. La France aura dépensé l’ensemble de ses quelques 390 milliards d’euros de recettes et Bercy commencera à emprunter pour finir l’année et boucler son budget. En gonflant encore un peu plus ses 2.100 milliards d’euros de dettes.
Le dimanche 8 novembre est le dernier jour de l'année avant que les comptes publics de la France ne tombent dans le rouge. A partir de ce soir l'État français aura épuisé ses 390 milliards d'euros de recettes et vivra, dès dimanche, à crédit jusqu'à la fin de l'année, en gonflant un peu plus ses 2.100 milliards d'euros de dette. Le think tank libéral a ainsi déterminé le jour à partir duquel l'État emprunte pour assumer ses quelque 460 milliards d'euros de dépenses. La France est en queue de classement, avec des pays comme le Portugal, l'Espagne ou Chypre dont les comptes ont basculé en déficit dès le mois d'octobre.

La France, "pays européen aux finances systématiquement dégradées"

"La France est le seul pays européen à avoir des finances dégradées systématiquement depuis trente-cinq ans et, ce, dans toutes ses composantes, insiste Cécile Philippe de l'institut Molinari. Cela ressemble à des cas du type de la Grèce.En Europe, seuls l'Allemagne, le Danemark, l'Estonie et la Lituanie tiennent toute l'année sans emprunter grâce à leurs recettes fiscales.

Mêmes déficitaires, de nombreux pays n'ont pas tous leurs voyants dans le rouge: l'Italie et le Portugal affichent des comptes positifs pour leurs organismes de Sécurité sociale et leurs collectivités territoriales. La France présente un profil plus critique dans la mesure où aucun de ses piliers n'affiche d'excédent budgétaire : la Sécurité sociale, les collectivités locales et les administrations centrales. Vendredi, Bercy a néanmoins publié des comptes publics pour les neuf premiers mois de l'année plutôt... positifs. Le déficit budgétaire a diminué de 80,5 à 74,5 milliards d'euros par rapport à l'an passé.

La "bombe à retardement" de la dette des retraites

L'analyse comparative est sans conteste. Elle est d'autant moins flatteuse que, d'après le classement de l'institut, des pays comme la Hongrie, la Slovaquie ou la Pologne ont vu leur situation budgétaire s'améliorer. Leur entrée dans l'Union européenne les a obligés à réaliser des réformes. D'autres, comme les Pays-Bas, membre fondateur de l'Europe, ou la Suède, ont mené des réformes drastiques de leur système public de santé. 
La Sécurité sociale est la branche publique la plus ciblée par l'étude. "La dette des retraites pèse pour 388% du PIB français, ajoute Cécile Philippe. C'est une vraie bombe à retardement." La privatisation du système de santé reste la principale proposition des théories libérales, soutenues par l'institut Molinari, afin d'alléger le coût du travail et de relancer l'emploi.

samedi 29 novembre 2014

Budget: dernier avertissement de ...Moscovici à la France avant sanctions

Son ancien ministre des Finances réclame à Hollande de nouveaux efforts budgétaires et des réformes avant mars prochain.

Le commissaire aux Affaires économiques est intransigeant !
Avertisement de Pierre Moscovici,
gendarme de Bruxelles,
à Hollande et Bercy, son ancien ministère 
Le projet de budget 2015 de la France court le risque de violer les règles budgétaires européennes. Et le jugement de la Commission européenne sur l'Hexagone est particulièrement sévère. Même en prenant en compte les 3,6 milliards supplémentaires ajoutés in extremis par Michel Sapin le 27 octobre, la baisse du déficit structurel, celui qui ne dépend pas de la conjoncture économique, est insuffisante. Elle n'atteint que 0,3 % du PIB contre un minimum de 0,5 % fixé par les règles et 0,8 % demandé par ses partenaires européens dans une recommandation de juin 2013.  

Pierre Moscovici, tape donc sur les doigts de son ancien ministère, le sommant de prendre les mesures nécessaires pour se conformer aux règles d'ici l'adoption définitive du budget. 

Devenu commissaire aux Affaires économiques et monétaires, l'ancien ministre de Ayrault et Valls pointe la France du doigt, parce que  les ministres des Finances de Hollande, Moscovici et Macron, n'ont pas pris les "mesures effectives" pour réduire suffisamment son déficit structurel en 2014, un élément central pour décider d'éventuelles sanctions financières dans le cadre de la "procédure pour déficit excessif" ouverte depuis 2009 et le dépassement de la barre fatidique des 3 %. Or, le 23 septembre 2012, le ministre français chargé des Affaires européennes, Bernard Cazeneuve, aujourd'hui à l'Intérieur (mais en fait surtout sur tous les lieux successifs de catastrophes naturelles et sociales) a dit la détermination du gouvernement à s’attacher à des objectifs de déficit structurel plutôt que nominal, dans le cadre d’une décision au niveau européen. C'était il y a plus de 24 mois...

La décision d'infliger ou non des sanctions a toutefois été reportée à mars 2015 pour avoir le temps de disposer des chiffres définitifs de l'année en cours. Mais surtout pour ne pas stigmatiser la co-fondatrice de la Communauté européenne au risque de déconsidérer l'Union européenne. La Commission prendra alors (peut-être) en considération non seulement l'exécution du budget 2014, mais aussi le budget 2015 définitif, ainsi que l'engagement français à prendre des réformes structurelles, ce qu'elle fait pourtant depuis deux ans. Elles "devront avoir un impact sur la soutenabilité des finances publiques à moyen terme", a bien souligné Pierre Moscovici. 

De nouveaux efforts à fournir par l'Etat: et l'Etat ce n'est pas nous !

Interrogé sur la question de savoir pourquoi la Commission a soudainement décidé de dissocier l'analyse des budgets de l'année à venir de son jugement attendu dans le cadre de la procédure pour déficit excessif, Pierre Moscovici s'est justifié en estimant que l'application des règles "exige un regard sur le passé" et que toutes les données nécessaires n'étaient pas encore disponibles pour juger des efforts réalisés en 2014. "La Commission applique scrupuleusement les règles aux États membres concernés, sans prendre de décisions précipitées."

Manuel Valls a fait un ...courrier sur les réformes structurelles à venir en France (dont la fameuse loi Macron sur les professions réglementées -qui déclenche des grèves chez les notaires, les avocats - et le travail le dimanche, pour convaincre des velléités réformatrices de Paris. L'Unapl, qui défend les professions libérales, appelle d'ailleurs à manifester à Paris le 22 janvier. Resté secret jusqu'à présent, contrairement à celui envoyé par l'Italien Matteo Renzi, ce courrier vient seulement d'être rendu public (ci-dessous). 
Mais les explications du Premier ministre français n'ont pas été saluées par Pierre Moscovici. "Les gains économiques qui en découleront [de la loi Macron, NDLR] dépendront essentiellement de la rigueur avec laquelle cette réforme aura été élaborée et mise en oeuvre", soulignent les experts de la Commission européenne.

Dans son avis écrit, Bruxelles parle pour l'instant de "progrès limités en ce qui concerne le volet structurel des recommandations budgétaires" faites par ses pairs. Les économistes de la Commission notent, par exemple, qu'"aucun mécanisme n'a été mis en place pour améliorer effectivement la viabilité à long terme du système de santé" et que "dans le domaine des retraites, aucune mesure n'est envisagée au-delà de la réforme de 2013, qui a peu modifié le régime de retraite de la fonction publique ainsi que les autres régimes spéciaux et ne permettra de combler que la moitié du déficit d'ici à 2020". 

La France obtient donc un nouveau sursis de trois mois, mais elle devra le mettre à profit pour demander de nouveaux efforts aux Français. "Notre sentiment, c'est que des réformes supplémentaires sont nécessaires pour la France pour 2014 et pour 2015", a d'ailleurs asséné l'ancien ministre français des Finances Pierre Moscovici lors de sa conférence de presse.

LIRE la lettre de Moscovici qui recadre Hollande:

lundi 27 octobre 2014

Déficits publics: Bruxelles demande un nouvel effort de 3,6 milliards d'euros aux Français

Les concessions de la France à Bruxelles sont des supercheries

Sous la pression de Bruxelles, le gouvernement ajuste son budget 2015.  
François Hollande n'est pas parvenu à faire accepter son budget 2015 auprès de ses partenaires européens aussi facilement que par le Parlement français...
Nous devrons encore nous serrer la ceinture de plusieurs crans. 

VOIR et ENTENDRE
Hollande prétendre devant le sommet européen que "la France a "fait ce qu'elle avait à faire":
Hollande a manqué son passage en force à Bruxelles
Le déficit devra être encore réduit d'environ 3,6 milliards supplémentaires et sera légèrement supérieur à 4,1% du PIB. Le plan présenté par Michel Sapin ne comporte aucune nouvelle économie ou réforme et les Français vont encore trinquer. François Hollande et Manuel Valls explorent l'idée d'une hausse de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), mais les augmentations de la redevance télévisuelle ou le prix du timbre sont déjà décidés et le gouvernement a confirmé une hausse d 4 euros (2+2) de la taxe sur le diesel. L'hiver sera dur et long.

Bruxelles exige de la France qu'elle rentre dans les clous 
La Commission européenne n'a pas épargné le pays co-fondateur de l'Union européenne. La pression s'est accentuée la semaine dernière, avec l'envoi à Paris d'un courrier du commissaire européen aux Affaires économiquesJyrki Katainen y demandait des éclaircissements  à Michel Sapin sur les raisons ayant "conduit à ce que la France prévoit de dévier des objectifs budgétaires". 
Le forcing a atteint un maximum lundi quand le président du Conseil des ministres italien, Mateo Renzi, un soi-disant allié de Hollande, a répondu au même genre de lettre en s'engageant à faire des efforts à hauteur de 4,5 milliards d'euros en 2015.

Isolé, Hollande risquait d'être d'autant plus repéré comme le dernier mauvais élève de l'Europe et celui qui ne respecte pas les règles qu'il avait contribué à élaborer lors de la définition du pacte de stabilité et de croissance.

Valls plie donc, Sapin annonçant qu'il va réduire le déficit en 2015

Pour donner satisfaction à
 la Commission, les technocrates du ministre des Finances se sont livrés à un tour de passe-passe, déshabillant Pierre pour habiller Paul et dégager 3,6 milliards d'euros - une somme ne figurant pas dans le courrier du ministre - sur les 93,3 milliards de déficit prévus jusqu'alors. Mécaniquement, le déficit public devrait ainsi passer de 4,3% à 4,15% du PIB. Soit 4,1%.

Voici la lettre transmise par les services de Michel Sapin à Jyrki Katainen, vice-président de la Commission européenne.

La manip de Bercy est une entourloupette  

Elle a le mérite de ne pas irriter la majorité
, puisque l'effort de 3,6 milliards ne pénalise ni les réformes structurelles, ni les économies supplémentaires.  
Le gouvernement compte surtout sur quelques retombées favorables. Il citera les "moindres charges d'intérêt" de la dette "dans un contexte de baisse continue des taux depuis l'été", sans mentionner la baisse de l'euro par rapport au dollar, ce qui permettra de réduire le coût de la dette de 400 millions par rapport aux prévisions. La contribution française au budget européen devrait, quant à elle, être inférieure de 300 à 600 millions par rapport à ce qui est inscrit dans le budget 2015. Au vu des performances de la balance commerciale française depuis quelques années, le gouvernement ne peut espérer que la baisse de l'euro puisse favoriser les rentrées de recettes et une réduction de nos déficits publics. Il est en effet permis de douter qu'à court terme nos exportations puissent bondir, alors que le coût de nos importations se renchérira vraisemblablement. Et Hollande peut s'estimer heureux que cette baisse ne se produise pas conjointement à une hausse du prix des matières premières.

Valls ne réussit pas à sortir 350 millions de mesures 
 de sa manche 

L'hurluberlu de Bercy
Michel Sapin continue de faire croire que le gouvernement parviendra à "accélérer et renforcer la lutte contre la fraude et l'optimisation fiscale". Il dit pouvoir ainsi collecter 900 millions de recettes en plus. Quelque 500 millions supplémentaires viendraient de la non-déductibilité de l'impôt sur les sociétés de certaines dispositions, 300 millions de "ressources" supplémentaires des collectivités locales (venant par exemple de la taxe de séjour ou encore la taxe sur les parkings). Le nouveau secrétaire d'État au Commerce extérieur et successeur de Thomas Thévenoud, Matthias Fekl, ne bronche pas. Croit-il donc que le gouvernement fait ainsi la promotion du tourisme dont il a la charge? 
Le reste se partagerait entre une réévaluation à la baisse du coût du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) et 350 millions "d'autres mesures", mais elle reste à caler... La plupart des dispositions de ce paquet figureront dans la loi de finances rectificative qui devrait être présentée le 12 novembre en Conseil des ministres.

La dimension réformatrice de ces annonces ne saute pas aux yeux
A qui veut encore l'entendre, le ministre des Finances assure néanmoins qu'elles permettent "de présenter un ajustement structurel budgétaire - qui ne tient pas compte des aléas de la conjoncture - supérieur à 0,5 point de PIB en 2015", contre 0,2 point prévu jusqu'à présent. L'intérêt des Français est de croire Sapin contre toute vraisemblance.

Alors que la Commission peut encore s'exprimer mercredi si elle estime qu'il y a un manquement au pacte de stabilité, précisément sur ces réformes de structure, Mon beau  Sapin fait preuve d'une belle assurance (comme sur la réduction du chômage) et claironne que la France est désormais "en ligne avec nos règles communes et les flexibilités qu'elles contiennent". Si ses déclarations seront relayées par la presse socialiste et enfumeront les Français, il n'est pas garanti que la Commission se laisse endormir.
Et le ravi de conclure : "Je ne doute pas que les éléments que nous précisons aujourd'hui permettront à la Commission d'apprécier l'effort réalisé par la France en 2015." 
Au-delà des fanfaronnades de Bercy, attendez-nous à nouvelles pressions de la Commission européenne. Et de nouveaux efforts.



jeudi 16 octobre 2014

La France placée sous surveillance négative par les principales agences de notation

Après Standard and Poor's,  Fitch envisage d'abaisser la note de la France

Fitch commence par placer la note "AA+" de la France sous surveillance négative 

Mardi soir 14 octobre, l'agence de notation a placé la note "AA+" de la France sous surveillance négative a annoncé Fitch qui estime que les perspectives de l'économie française se sont détériorées, ce qui pèse sur les objectifs de consolidation budgétaire et de stabilisation du ratio de dette publique.

L'agence de notation juge toutefois que le risque de financement de la France est faible, compte tenu d'une maturité moyenne de sa dette de sept ans, de la faiblesse des coûts d'emprunt et de la flexibilité financière dont elle dispose.

Fitch a revu en baisse ses prévisions à court terme de croissance du produit intérieur brut (PIB) de la France 

à seulement 0,4% pour 2014 et 0,8% pour 2015 dans sa dernière étude contre, respectivement, 0,7% et 1,2% auparavant.

Fitch estime que le ratio de dette publique brute sur le PIB va atteindre un pic deux années plus tard que prévu auparavant, à un niveau plus élevé de 99,7% en 2017, avec une retombée plus lente à 94,9% d'ici la fin de la décennie.

Vendredi 10, Standard and Poor's (SP) avait 
ouvert la voie à un nouvel abaissement éventuel

L'agence de notation américaine a 
confirmé la note de la France à seulement AA mais en modifiant la perspective à négative, au motif que la situation budgétaire du pays se "détériore au regard des perspectives de croissance économique".

Cela signifie que la France risque donc fort de voir sa note, la troisième meilleure possible, baisser au cours des 24 prochains mois. La note française avait été dégradée pour la dernière fois en novembre 2013, de AA+ à AA, en lui associant une perspective stable. SP avait confirmé la note et la perspective en avril dernier. La baisse des charges des entreprises contenue dans le Pacte de stabilité est "un facteur positif", s'était alors réjoui Standard and Poor's au printemps dernier. 
Mais l'agence juge toujours le gouvernement trop optimiste sur la réduction du chômage mais aussi du déficit. 
La révision de la perspective s'explique par le fait que
la solidité de la reprise de l'économie française n'est pas garantie et que les finances publiques pourraient se détériorer au-delà de 2014. 
D'autre part, l'analyste a jugé qu'il y a  un "risque concernant la mise en œuvre des réformes structurelles annoncées" par le gouvernement, censées relancer la croissance et assainir les finances publiques. "On manque d'antécédents solides en termes de mise en place de réformes en France", a-t-elle souligné, évoquant aussi de possibles résistances sociales.

dimanche 12 octobre 2014

L'armée française cherche 2 milliards désespérément

Hollande met l'armée française au rata 

Le gouvernement cherche 2 milliards d’euros de "recettes exceptionnelles" pour assumer la politique de Hollande...


Retour de la "boîte de singe"
aux Armées de Hollande,
fameux chef de guerre au Mali
Pour combler le déficit, Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, propose d’externaliser la gestion des matériels militairesLa sécurité de nos soldats en mission à l'étranger, qui dépend du budget de la Défense, est en cause. 

Le ministre de la Défense s’était engagé au respect de la loi de programmation militaire 2014-2019. Votée en décembre 2013, elle devait être "scrupuleusement respectée"; du jamais-vu pour ce genre de texteMais Jean-Yves Le Drian aura le plus grand mal à tenir sa promesse devant le Parlement: auditionné le 1er octobre à huis clos par la commission de la Défense de l’Assemblée nationale, le ministre a reconnu qu'il n'a pas assuré les "recettes exceptionnelles" attendues de la vente de fréquences ­hertziennes aux opérateurs de téléphonie.

Une austérité importante

Les Armées sont dans le rouge à hauteur de 2,1 milliards d’euros, sur les 150 milliards prévus pour l’exécution du budget sur cinq ans. Il était prévu de les porter au crédit du budget 2015 (31,4 milliards d’euros). Aujourd’hui, pour avoir  imprudemment parié  sur le développement du marché de la téléphoniele gouvernement n'est plus assuré de disposer de ces sommes dans les prochaines années.

Ce manque de rentrées est lourd de conséquences. Lors du vote de la loi, les états-majors avaient déjà tiré le signal d'alarme, mais ni le gouvernement, ni son parlement godillot n'a pris en compte  la chute des moyens financiers de l’armée, son niveau étant alors jugé "juste suffisant".
Il était pourtant prévisible que les interventions de l’armée française en Centrafrique, au Sahel et en Irak devaient conduire à faire au moins doubler le montant prévu (450 millions d’euros) qui a été insuffisamment budgetté pour les opérations à l’étranger en 2014.

Un gouvernement de parieurs 

Face à cette imprévoyance, le ministre a prévenu qu’il va devoir trouver d’autres recettes et le gouvernement attend des députés une "solution innovante"
La création d’une ou plusieurs "sociétés de projet" est envisagée pour des opérations de prospection de clients de matériels militaires en location, au bénéfice du ministère de la défense. Ces sociétés, qui seraient créées avec des capitaux privés et publics (des banques!), auraient pour mission d'assurer des profits à l’État, car elles rachèteraient aux armées des équipements déjà existants (et déjà obsolètes) ou en cours de fabrication à destination de la location: le pouvoir socialiste maintient le tabou sur les ventes d'armes, mais ne répugne plus à la "location-vente" de matériels de guerre...

Ces locations-ventes de matériels boucheraient-elles le trou du budget des Armées ? 
Le gouvernement veut y croire. Et les industriels y voient un espoir de commandes. Les négligences et l'autisme du gouvernement créent des opportunités nouvelles les aident à oublier combien ils ont été vilipendés par Montebourg et Ayrault. Ils soulignent d'ailleurs que, s'il est inattendu, ce recours au partenariat public-privé pour réaliser certains projets étatiques n’est pas nouveau : il est à l’origine, par exemple, de la construction par le groupe Bouygues, décidée sous la présidence de Nicolas Sarkozy et en voie d’achèvement, d’un vaste QG pour le ministère de la Défense et les états-majors, place Balard à Paris (15e arrondissement). La Défense à Balard sera "un modèle pour la maîtrise de la dépense publique et la modernisation des équipements", a assuré Jean-Yves Le Drian lors d'une visite du chantier. Il s'est toutefois abstenu de s'en attribuer le mérite...

La proposition ministérielle, qui aurait obtenu le feu vert de l’Élysée et pourrait être appliquée en urgence dès 2015, provoque en revanche des craintes parmi les parlementaires, y compris de droite. Jean-François Lamour, député UMP de Paris, qui est devenu le "monsieur Défense" du premier parti d'opposition à l’Assemblée, n’est "pas hostile par principe" aux sociétés de projet. Mais il a la sagesse de demander aux bras cassés du gouvernement "des garanties pour que l’endettement de l’État ne soit pas aggravé lors de la constitution de ces sociétés et pour que l’indépendance nationale ne soit pas remise en cause dans le domaine sensible des matériels à vocation militaire".

Pour l'heure,
alors que l'abondance des crédits de l'Education nationale reste un tabou controversé, nos troupes engagées par Hollande sur des théâtres d'opérations  internationales de prestige, sont plus que jamais exposées.