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vendredi 29 mars 2019

Gilets jaunes : le pouvoir et sa presse devront tenir compte des interdictions de manifester et des ambitions annoncées des manifestants

Les Gilets jaunes ne visent pas un score record de participation

Ce samedi 30 mars, l'Acte XX du mouvement social des Gilets jaunes sera une nouvelle fois entravé par de nombreuses interdictions de manifester. 
Des «brassards blancs» encadrent les manifestants lors de l’acte 9 de la mobilisation des «gilets jaunes» à Paris.
Après avoir reproché l'absence de service d'ordre aux Gilets jaunes,
La Voix du Nord, méprisante, écrit, le 12 janvier: 
"A Paris, des Gilets jaunes affublés (sic) d’un brassard blanc
ont encadré les manifestants lors de l’acte 9 de la mobilisation
"
Ils étaient 40.500 sur tout le territoire lors de l'acte XIX, samedi 23 mars, selon le ministère, partie prenante, et si les événements se multiplient sur les réseaux sociaux pour fédérer les Gilets jaunes en France, les participants devraient logiquement être encore moins nombreux ce samedi, vu les interdictions qui leur sont imposées. 
Ainsi, dans la capitale, les Champs-Elysées seront encore une fois interdits aux manifestants et l'opération Sentinelle sera maintenue près de certains sites sensibles - tel le palais présidentiel ou l'Assemblée nationale à majorité macronienne - pour dissuader les Français en colère contre la politique de Macron par un affichage de la force militaire.

Plusieurs interdictions préfectorales brideront les manifestants en régions

Les juges exercent leur pouvoir sans laxisme
Éric Drouet condamné : il devra débourser 1500 euros, pas de prison avec sursisA la veille de l'Acte XX, l'un des chefs de file des Gilets jaunes, Eric Drouet, a été condamné ce vendredi 29 mars à 2.000 euros d'amende, dont 500 avec sursis, pour manifestations non-déclarées.
Un rassemblement pourrait néanmoins partir de la place de la Bastille.

Outre Paris, les interdictions gouvernementales s'abattent également à Toulouse sur la place du Capitole, ou à Rouen, dont le centre-ville sera interdit aux "gilets jaunes". 
A Avignon, où un "appel national" a été lancé, on se prépare également à recevoir d'éventuels casseurs d'extrême gauche. Ainsi, la gare sera fermée aux révolutionnaires se réclamant du 'Black bloc', et le Palais des papes protégé.
Le Huffington Post -groupe Le Monde (Niel et Pigasse)-  reproche
aux Gilets jaunes leur service d'ordre à Paris,
d'anciens combattants pro-Russes dans la zone frontalière du Donbass entre Russie et Ukraine 

Certaines figures du mouvement, comme Maxime Nicolle ou Jérôme Rodrigues, ont, quant à eux, déclaré qu'ils se rendront à Bordeaux.

jeudi 19 mai 2016

Valls accuse les services d'ordre des syndicats FO et CGT de violences contre la police

Manuel Valls ouvre les hostilités avec les syndicats

L
a "pertinence" des manifestations contre la réforme du Code du travail interpelle le chef du gouvernement
 

Les "pacifistes" de Nuit Debout sont de la fête
Jeudi, au lendemain de l'agression de deux policiers pris à parti dans leur voiture incendiée par des "antifa",   



Valls a dénoncé des 
violences sans rapport, selon lui, avec la contestation syndicale, 
alors que la CGT et FO estiment que "le match n'est pas fini," malgré la faiblesse des dernières mobilisations.

Une nouvelle journée d'action - manifestations, grèves, blocages, barrages... - est prévue ce jeudi en France 

La loi Valls agite les travailleurs et les partisans du dialogue qui se dressent contre le projet Valls de réforme du code du Travail porté par sa ministre-kamikaze du Travail, El Khomri. Adoptée sans vote  en première lecture la semaine dernière à l'Assemblée après le recours par le gouvernement à l'article 49.3 de la Constitution.

La circulation des trains, déjà entravée mercredi par une grève à la SNCF, et des avions au départ de l'aéroport d'Orly, près de Paris, reste perturbée.
En moyenne, 50% des liaisons TER et 40% des Intercités devaient être assurées, ainsi que deux TGV sur trois. En Ile-de-France, trois RER sur quatre et six Transilien sur dix devaient circuler. Dans l'aérien, 15% des vols sont annulés au départ d'Orly, selon la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).

Les routiers ont de nouveau mené des blocages en régions, notamment des barrages filtrants dans la zone de Fos-sur-Mer et de Lavéra (Bouches-du-Rhône). En Gironde, une soixantaine de routiers bloquaient l'accès à la plate-forme logistique de Cdiscount (Groupe Casino), à Cestas.

Manuel Valls a accusé la CGT et FO d'"attiser les inquiétudes" avec des "contre-vérités"

"Nous ne pouvons tolérer ces barrages", a lancé le socialiste à propos notamment  de la rémunération des heures supplémentaires.

Le pouvoir mise sur un essoufflement du mouvement syndical
"Ce n'est pas la première fois qu'un gouvernement dit rester droit dans ses bottes. Ça peut changer. Le match n'est pas fini", a répliqué sur France Inter, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière (FO), qui continue de réclamer avec son homologue de la CGT le retrait de la réforme.

"Il faut que cette colère soit entendue par le président de la République qui a une posture de fermeté. Il faut absolument que les salariés continuent à protester", a dit Philippe Martinez (CGT) sur RFI. "La structure du texte reste inacceptable. Il faut reprendre à zéro", a-t-il insisté.

Le Premier ministre, Manuel Valls, a vu un "essoufflement" des manifestations.
Il appelle les syndicats à "prendre leurs responsabilités" dans un climat de tension et de violences aigu, en raison de l'infiltration systématique, désormais, de soi-disant "casseurs" dans les cortèges, en fait des agitateurs politiques d'extrême gauche.
"Je ne vois pas quel est véritablement le but aujourd'hui" des manifestations, a raconté Valls.

Alors que des auditeurs le pressaient de prononcer l'interdiction des manifestations, il a répondu : "Ça ne peut pas être mon rôle; manifester est un droit constitutionnel".

"Jeunes" activistes trotskistes
"Je ne confonds pas ceux qui manifestent avec les casseurs", mais "je pense qu'il faut aujourd'hui que les syndicats (...) prennent leurs responsabilités", a-t-il poursuivi.

"Si à chaque manifestation il y a aujourd'hui des casseurs, on doit s'interroger sur la pertinence d'un certain nombre de ces manifestations", a-t-il dit après avoir évoqué l'agression de policiers mercredi à Paris en marge d'une manifestation de membres des forces de l'ordre contre la "haine anti-flic", amalgamée par les anarcho-révolutionnaires à la haine antifasciste.

Valls met en cause les services d'ordre des syndicats

Le Premier ministre a promis des "sanctions implacables" envers les contre-manifestants qui ont incendié une voiture de police et tenté de régler leur compte aux fonctionnaires.

Selon le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, quatre hommes, dont trois avaient fait l'objet d'une interdiction de manifester, ont été interpellés et placés en garde à vue, mais cette interdiction de récidivistes identifiés comme violents a été cassée par la justice administrative.



Des listes noires, mais aucune dissolution de groupes 'antifa'
"Des listes de noms vont être de nouveau décidées pour empêcher encore une fois un certain nombre d'individus de se rendre à des manifestations", a dit Manuel Valls, en espérant que la justice administrative confirme "cette fois-ci" la mesure: une incitation claire du pouvoir exécutif sur le judiciaire.

A Rennes, la police a interpellé jeudi matin 19 "personnes" au visage dissimulés avec des cagoules dans plusieurs stations de métro de Rennes, alors qu'ils tentaient de dégrader des systèmes permettant aux rames automatiques de circuler.
Le 8 avril 2009, la gauche avait contesté la loi anti-cagoule, comme inadaptée à la protection de la vie.
Le député UMP Didier Julia avait déposé une proposition de loi visant à "interdire", comme en Allemagne, "le port de cagoules et de tout autre moyen de masquer le visage lors de manifestations ou attroupements". Cette initiative du député de Seine-et-Marne se justifiait par les violents incidents survenus à Strasbourg, en marge du sommet de l'OTAN, imputés à des membres encagoulés des "Black blocs". 
Terme provenant de la Stasi (service de police politique, de renseignements, d'espionnage et de contre-espionnage de la République démocratique allemande (RDA), le Black Bloc désigne autant une tactique de manifestation, qu'une forme d'action collective par des groupes d'anarchistes ou d'autonomes, cagoulés et vêtus de noir, s'attaquant aux symboles de l'État (la police) et de la société capitaliste (les agences bancaires). Pour justifier leurs interventions parfois violentes face à la mondialisation libérale, les militants anarcho-révolutionnaires soutiennent que le capitalisme est infiniment plus destructeur qu'aucune de leurs actions directes, récusant toute hiérarchie ou intermédiaire de personnalités politiques ou syndicales.
Le PS ne s'oppose pas à l'interdiction de la burqa, mais combattit la vidéosurveillance et ce qui devint  le "décret anti-cagoule" de François FillonL'interdiction de dissimuler volontairement son visage lors d'une manifestation publique a été officialisée le samedi 20 juin, avec la publication d'un décret du premier ministre au Journal officiel. Le texte punit d'une amende maximale de 1.500 euros "le fait pour une personne, au sein ou aux abords immédiats d'une manifestation sur la voie publique, de dissimuler volontairement son visage afin de ne pas être identifiée dans des circonstances faisant craindre des atteintes à l'ordre public". Ce décret prévoit une amende de 3.000 euros en cas de récidive.Il ne restait plus à l'Etat-PS qu'à appliquer la réglementation...
A Nantes, la préfecture de police a décidé dès mercredi d'interdire la manifestation de jeudi après de nombreux épisodes de violence lors des défilés contre la loi Travail.

Manuel Valls pointe les services d'ordre des syndicats

Il reproche aux nervis de la CGT et de FO qui se sont faits prendre


Ils ont en effet créé la polémique en s'armant de battes ou de manches de pioche lors des récents rassemblements. Il souhaite qu'ils prennent "avec le soutien de la police, toutes les mesures pour empêcher ces casseurs de se mêler à la foule des manifestants".


Philippe Martinez (CGT) et Jean-Claude Mailly (FO) ont joué le double-jeu en exprimant leur inquiétude face aux violences, dont leurs gros bras se sont rendus coupables, et ont en même temps interpellé l'Etat. Ainsi le dirigeant de la CGT a retourné au gouvernement une phrase toute faite dont il abuse depuis plusieurs semaines: "le service d'ordre prendra ses responsabilités". "En même temps, on voit bien du côté des forces de l'ordre des choses qui ne vont pas. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités. C'est en marge des cortèges qu'il y a des problèmes."

samedi 30 août 2014

Le service d'ordre du PS menace de ne pas veiller sur Valls

Chatouilleux sur la question du temps de travail

Le service d'ordre créera-t-il aussi du désordre?


Au PS, ça grogne jusque chez les plus silencieux des militants, le service d’ordre. Ces bénévoles socialistes ont menacé de ne pas participer à la sécurité du Premier ministre.
L'entretien d’Emmanuel Macron, jeudi dans Le Point, n'a pas eu l'heur de plaire aux responsables de la sécurité du parti. Le nouveau ministre de l’Economie y donne en effet son sentiment profond sur les 35 heures. Avant même de prendre la direction du ministère de l'Economie, vingt-quatre heures avant d'être nommé à Bercy, Emmanuel Macron a relancé un débat presque aussi vieux que les lois Aubry instituant la réduction du temps légal de travail, voici presque quinze ans (lois du 13 juin 1998 et du 19 janvier 2000). 
Or, autoriser  "les entreprises et les branches à déroger" aux 35 heures reste tabou au PS. Alors banquier chez Rothschild, le nouveau patron de Bercy avait néanmoins rappelé dans cet entretien que les entreprises en difficulté ont d'ores et déjà la possibilité de déroger au temps de travail et de rémunération. Il s'était alors interrogé dans l'hebdomadaire: "Pourquoi ne pas étendre à toutes les entreprises, à condition qu'il y ait un accord majoritaire avec les salariés ?" 
Le dispositif auquel Macron se réfère est d'ailleurs prévu dans la loi de sécurisation de l'emploi du 14 juin 2013. Pour les entreprises confrontées à "de graves difficultés conjoncturelles", le texte prévoit la possibilité de négocier un accord – majoritaire – d'une durée de deux ans maximum dans lequel des baisses de salaire (au-delà de 1,2 SMIC) et/ou une hausse du temps de travail peuvent figurer en contrepartie du maintien de l'emploi. Il est toutefois établi que seuls cinq accords de ce type ont été signés  depuis juin 2013, après un an. 

Même largement assouplies, les 35 heures font toujours débat

Les socialistes ont beau jurer que le débat fait partie de leur ADN, la menace que le nouveau ministre faisait peser sur la réduction du temps de travail a conduit à une riposte des "intermittents du spectacle" politique qui travaillent au bon déroulement de l’université d’été du PS à La Rochelle et encadrent les dirigeants socialistes.  

Les gros bras bénévoles ont menacé de ne pas s’occuper de la sécurité de Manolo Valls à son arrivée, ce samedi, puis dimanche matin, lors de l’intervention du Premier ministre devant les militants socialistes. Les proches du Premier ministre ont dû déminer et les rassurer sur le fait que le gouvernement ne touchera pas à la durée légale du travail. A la direction du "SO", on explique qu'il n'y a plus "d'objection" aujourd'hui à faire le boulot: le dialogue social aboutit, selon les circonstances.

" Le poing et la rose"n’est pas un vain slogan au PS 

La rose représente classiquement la couleur du socialisme. Quant au poing, il est devenu le symbole de son service d’ordre.
Au congrès de Reims de novembre 2008, les gros bras du parti n’avaient pas ménagé leurs violences et intimidations face aux journalistes... Attendue pendant deux heures par une cohorte de caméras et de micros, Ségolène Royal, celle qui faisait alors monter le suspense sur l’annonce de sa candidature à la tête du PS était arrivée après les premiers discours et ne pouvait s’extraire de sa voiture à l’entrée du parking du Parc des expositions. Le service d'ordre du PS avait alors usé de la force, laissant des traces sur les journalistes empressés...