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vendredi 22 juillet 2016

Maillage politique: Hollande place ses hommes dans le privé

Encore un cas de "pantouflage" à l'Elysée

Pantouflage à 40 ans ou maillage politique ?


Un conseiller de François Hollande devrait prochainement rejoindre Total. Il ne sera pas le premier dirigé par l'Elysée vers le privé.
La fin du quinquennat approchant, les départs des cabinets sont de plus en plus nombreux en direction du privé. Depuis le début du quinquennat, on compte huit départs d’un membre du cabinet de la présidence de la République vers une entreprise privée.

Se recycler dans le privé n’est pas commun à la sortie de l’Elysée
Le privé ne séduit qu'un conseiller sur 10. Le dernier en date, Julien Pouget, le conseiller économie de François Hollande à l’Elysée, devrait rejoindre Total, où un poste important lui aurait été réservé. 
Cette entreprise pétrolière française privée est pourtant décriée par la gauche sur le fait que groupe ne paie quasiment pas l'impôt sur les sociétés en France. L'ex-ministre et député PS François Lamy,, a jugé qu'il n'est pas normal que le groupe puisse toucher, selon lui, 80 millions au titre du CICE. "C'est bien le problème posé par le Crédit Impôt compétitivité emploi, qui bénéficie à toutes les entreprises, quelles qu'elles soient", a souligné cet  homme de main de Martine Aubry sur Sud radio. 
Sur 70 transferts constatés, ce départ vers le privé vient en effet après celui de:
• Hervé Naerhuysen, ancien conseiller en politiques fiscales, vers la direction de ProBTP, groupe de protection sociale complémentaire ;

• David Kessler, ancien conseiller culture et communication, vers la direction d’Orange Studio ;

• Olivier Lluansi, conseiller industrie et énergie, qui est devenu conseiller du président de RTE (Réseau de transport d'électricité, gestionnaire du réseau français de transport d'électricité en France, EDF) et travaille maintenant chez EY, cabinet d’audit ;

• Axel Cavaleri, ancien chef-adjoint du cabinet après avoir été directeur de cabinet de Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux Personnes handicapées et à la Lutte contre l’exclusion, vers la direction générale des Ateliers de l’accessibilité, une société de conseil sur les questions de handicap ;

• Xavier Piechaczyk, ancien conseiller transports et environnement, qui a rejoint le directoire de RTE (EDF), où il s’occupe des "Réseaux clients territoires";

• Laurence Boone, ancienne conseillère économie et finances, qui est devenue cheffe économiste pour la compagnie d’assurances Axa ;

• Jean-Jacques Barbéris, ancien conseiller affaires économiques, a rejoint Amundi, une filiale du groupe Crédit agricole, pour gérer les relations avec les banques centrales et les fonds souverains.

La commission de déontologie de la fonction publique ne sourcille jamais

Dépendante du premier ministre, cette commission n'a jugé illégitime aucun de ces transferts du pouvoir politique central au privé
Présidée par Jacques Arrighi de Casanova -qui expliquait à Marianne en octobre 2014 qu’ "il est absolument impossible de quitter l’inspection des Finances pour partir dans le privé sans qu’un arrêté soit publié au JO"- et composée de 14 membres issus des grands corps de l'État, la commission de déontologie est sensée contrôler le départ des agents publics, et de certains agents de droit privé, qui envisagent d'exercer une activité dans le secteur privé et dans le secteur public concurrentiel. Elle examine si les activités privées qu'ils envisagent d'exercer ne sont pas incompatibles avec leurs précédentes fonctions.
Il n’y a eu, semble-t-il, aucune opposition des déontologues d'Etat. 
Les avis donnés par la commission aux membres de cabinets sont assortis d’une réserve "habituelle", explique celle-ci dans son rapport annuel adressé au premier ministre, à savoir que les partants s’abstiennent "de toute relation professionnelle avec les membres du cabinet du premier ministre qui étaient en fonction" en même temps qu’eux pendant trois ans. 
Il reste qu'ils sont détenteurs d'information acquises et d'un carnet d'adresses, voire d'un réseau constitué au service de l'Etat. 

A la date du 1er septembre 2015, les 14 membres étaient issus:
- du Conseil d’État: son président, Roland Peylet, candidat PS au Perreux-sur-Marne, et président-adjoint de la section des travaux publics;
- de la Cour des comptes: Yves Medina (Codeem, Comité de Déontovigilance des Entreprises du Médicament, déontologue chez PricewaterhouseCoopers, réseau d'entreprises américaines spécialisées dans des missions d'audit, d'expertise comptable et de conseil à destination des entreprises);
- magistrats de l’ordre judiciaire: Marie-Hélène Tric, élue à l'Autorité des marchés financiers (AMF);
- des personnalités qualifiées: Patrick Pierrard, préfet hors cadre (janvier 2015);
-membres de la formation spécialisée compétente pour la fonction publique de l’État: le directeur des ressources humaines du ministère chargé de l'écologie et le directeur des ressources humaines des ministères économique et financier ou leurs suppléants;
- membres de la formation spécialisée compétente pour la fonction publique territoriale: Jean-Pierre Bouquet, maire PS de Vitry-le-François, représentant de l’Association des maires de France; 
- représentant de l’Association des départements de France :Claudy Lebreton, président PS du Conseil général des Côtes d'Armor,
- représentant de l’Association des régions de France : Eric Loiselet, conseiller régional EELV de Champagne-Ardenne;
- directeur ou ancien directeur des services d’une collectivité territoriale : Fabien Tastet, directeur général des services du Conseil départemental de l’Essonne, PS jusqu'en 2015;
- membres de la formation spécialisée compétente pour la fonction publique hospitalière en tant que personnalité qualifiée dans le domaine de la santé publique : Cédric Arcos, directeur d'hôpital public à Lyon (PS), directeur de cabinet du délégué général de la Fédération hospitalière de France;
- inspecteur général des affaires sociales (IGAS): Jacques Metais, inspecteur général honoraire, ex-conseiller général des établissements de santé au ministère de la Santé;
- membres de la formation spécialisée compétente pour l’application des articles L. 413-1 et suivants du code de la recherche, en tant que personnalités qualifiées dans le domaine de la recherche et de la valorisation de la recherche: Michèle Hannoyer, retraitée de la fonction publique (adjointe au directeur général de la recherche et de la technologie et représentante professionnelle du gouvernement à la Fondation de France comme à l'Institut du développement durable et des relations internationales, IDDRI) et Alain Nemoz, professeur des universités émérite (Grenoble).
Depuis 2009 et la loi relative à la mobilité et aux parcours professionnels dans la fonction publique, venue à la suite de l’affaire Pérol, qui avait pris la tête de la Banque populaire-Caisse d’épargne, après avoir suivi le dossier de leur fusion. Dans ce cas mais durant le précédent quinquennat, "la saisine de la commission [de déontologie] pour les membres des cabinets ministériels, ainsi que pour les collaborateurs du président de la République" est "obligatoire". Rien ne permet cependant de connaître les saisines et les avis de la commission, puisqu’ils ne sont pas rendus publics... Le doute naît de ce manque de transparence sur des recyclages en catimini au sommet de l'Etat. 

Dans son dernier rapport annuel, la commission a indiqué avoir rendu 1.061 avis en 2015 concernant la fonction publique d’Etat. La commission ne détaille pas les avis qu’elle a donné sur les changements de poste de membre de cabinets. On peut noter cependant que dans la fonction publique d’Etat, elle a donné un avis de compatibilité ou de compatibilité avec réserves dans 80% des cas. Dans 15% des cas, elle s’est déclarée incompétente. Ce qui laisse une vingtaine de cas, tous types d’agents de la fonction publique, où elle a vu une incompatibilité.

Eric Alt, magistrat et vice-président d’Anticor, association qui lutte contre la corruption, a constaté que la commission a tendance "à examiner de façon plus favorable" la situation d’un haut-fonctionnaire. En effet, pour des fonctionnaires avec un poste et un périmètre bien délimité, il est plus simple pour la commission de juger si le nouveau poste entre, ou non, en contradiction avec ce périmètre. "Lorsque le périmètre est vaste et moins précisément déterminé, la tâche de la commission est plus difficile et souvent, elle valide", souligne-t-il.

Parmi les membres des cabinets, il semble que seule la demande d’Alexandre de Juniac ait été refusée: alors directeur de cabinet de Christine Lagarde au ministère des Finances (2009-2011), l'actuel président-directeur général d'Air France-KLM souhaitait prendre la tête d’Areva. Depuis l'arrivée de la gauche au pouvoir, aucune incompatibilité déontologique n'a plus été rendue publique. 
Par ailleurs, la commission poursuit en indiquant que "peu d’administrations, qu’il s’agisse de l’Etat ou des autres collectivités publiques, se sont acquittées de l’obligation, qui leur incombe en vertu de l’article 14 du décret du 26 avril 2007, d’informer la commission de la suite donnée à l’avis de la commission".

En 2011, la Commission de déontologie s’était d’ailleurs déclarée incompétente pour juger le transfert de la directrice générale de la Commission de régulation de l’énergie vers RTE. En effet, "RTE n’est pas dans le secteur concurrentiel", puisque dépendant d’EDF, une entreprise publique, expliquait à l’Opinion un conseiller élyséen. Christine Lebihan-Graf avait fini par abandonner. 
Depuis, François Brottes, ancien député PS de l'Isère et membre de l'équipe de Martine Aubry lors de la primaire présidentielle socialiste de 2011, "nucléocrate" mais anti-OGM, préside le directoire de RTE, bien qu'il ait présidé la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale (2012-2015), et deux conseillers de François Hollande sont allés travailler chez RTE.

Si le dispositif "s’est amélioré", selon Eric Alt, ancien vice-président du Syndicat de la magistrature (SM, connu pour ses "juges rouges" et son "Mur des cons") des questions se posent encore, d’autant plus que les passerelles se multiplient vers le privé. "Il faudrait s’en emparer, constate ce magistrat, conseiller référendaire à la Cour de cassation, moins pour ses compétences que pour son engagement syndical. Il cite l’exemple récent de Barroso. Il y a de plus en plus de porosité entre l’intérêt général et les entreprises privées. Est-il sain que les passages en cabinets soient un tremplin vers des activités rémunératrices dans le privé ?"

Dans l'ambiance "fin de régime" actuelle, les avis de la commission ne semblent pas entraver les départs des cabinets qui se multiplient. Certains nouveaux postes font cependant polémique. Récemment, la nomination de Philippe Mauguin, ci-contre, directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, à la tête de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), est d'autant mal passée qu'elle participe d'un emblématique noyautage de l'ensemble d'un secteur.
Sa nomination "sur proposition de la ministre de l'Education et de la Recherche", Najat Vallaud-Belkacem, selon la formule consacrée, à François Hollande le 5 juillet 2016, elle avait donné lieu à des controverses : des élus d'opposition avaient dénoncé des "conflits d'intérêts" et un "recasage" du collaborateur de Stéphane Le Foll, un proche du chef de l'Etat qui lui confie des missions troubles et accessoirement ministre intermittent de l'Agriculture sinistrée et d'autant plus agressif qu'il est incompétent. Une pétition à cette nomination a rassemblé près de 3.000 signatures, dont 1.900 personnels des équipes de l'INRA, qui dénonçaient un "parachutage politique", alors que le sortant, François Houllier, était candidat à sa propre succession (nominations pour une durée de quatre ans, renouvelable une fois par décret). Le 13 juillet, les commissions des Affaires économiques de l'Assemblée (à majorité socialiste) et du Sénat avaient donné un avis favorable à la nomination de Ph. Mauguin, après un vote relativement serré, surtout au Sénat. Mauguin a promis de compenser son absence de doctorat par "plus d'humilité"...

lundi 17 août 2015

Des activistes écologistes pénètrent dans l'INRA de Colmar pour "inspecter" des pieds de vignes

Coup de force illégal des "faucheurs volontaires" anti-OGM

Environ 80 "faucheurs volontaires" ont pénétré par effraction
 

S'octroyant tous les droits en toute impunité, ils ont fait irruption 
lundi matin dans les locaux de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) de Colmar, pour une "inspection citoyenne" à la recherche de vignes OGM, a fait savoir l'un des écologistes radicaux, en toute impunité.

Selon ces écologistes radicaux, "l’essai de vigne OGM en plein-air conduit par l’INRA avait pour but de tester des porte-greffe de plants de vigne génétiquement modifiés pour résister à la maladie du court-noué. Cet essai, préalablement stoppé en Champagne à la demande de [certains] vignerons locaux, puis proposé et refusé [par une minorité agissante] dans l’Hérault, a finalement été imposé [sic] aux alsaciens [Alsaciens], au coeur d’un vignoble où le court-noué [une maladie virale mortelle touchant les ceps] ne pose pas de problème," assurent-ils.
Ces activistes passent à un palier supérieur puisqu'ils limitaient jusqu'ici leurs destructions aux parcelles d'essai transgéniques et de cultures d'OGM en plein champ.

A la recherche de pieds de vignes OGM

"On va aller regarder dans les serres s’il y a des pieds de vignes OGM, 
comme ceux qu’on avait fauchés il y a cinq ans", a lancé une membre des mouvements des faucheurs volontaires, Dominique Delort (le couple ci-contre), forte d'aucun droit à contrôler quoi que ce soit. "Si on en trouve qui ne sont pas en milieu confiné, on va faire établir un constat d’huissier", a-t-elle menacé, revendiquant un délit susceptible de poursuites judiciaires pour "dégradation volontaire en réunion". Chef d’entreprise dans le bâtiment, D. Delort a participé à la grève de la faim de mars 2007 pour réclamer un moratoire sur les OGM, puis a cessé son activité professionnelle en 2009 pour vivre de son activité de coordinatrice des Faucheurs Volontaires dans le Cher.

Des récidivistes que le clémence de la Justice ne peut dissuader
On reconnaît l''ex-porte-parole de la Confédération Paysanne, 
José Bové; le député-maire Verts de Bègles, Noël Mamère 
(3e gauche) et le fondateur du "collectif des faucheurs d'OGM" 
Jean-Baptiste Libouban.
61 faucheurs volontaires avaient détruit une parcelle de vigne transgénique expérimentale de l’INRA de Colmar, le 15 août 2010. Ces destructeurs 'citoyens' avaient arraché plusieurs dizaines de pieds de vignes OGM, plantés dans le cadre d'une expérimentation en plein air de l'INRA de Colmar, en Alsace. Il s'agissait pour l'Institut de recherche de tester la résistance de porte-greffes de vignes génétiquement modifiés au court-noué. Poursuivies pour "délit de fauchage" et "violation de domicile", des associations écologistes avaient tenté de les faire interdire par la justice, avec succès devant le tribunal administratif de Strasbourg en 2009, infirmé en janvier 2011 par la cour d'Appel de Nancy. Ils avaient rassemblé quelque 200 militants venant de toute la France, en vain, pour faire pression. 
Le directeur de la communication de l'INRA, Jean-François Launay avait déjà dénoncé de l'agit-prop. "Je n'ai jamais vu une telle entreprise de désinformation". "Le procès qui s'ouvre mercredi, c'est avant tout celui d'un énorme gâchis, celui de 60 personnes qui ont saccagé huit ans de travail", poursuivit-il, estimant que les faucheurs "prennent la recherche publique en otage". Leur geste n'était rien d'autre, selon eux, que "de la désobéissance civile".

En septembre 2012, plus d'une centaine de faucheurs volontaires, hostiles aux OGM, dont le couple de pestes, Guy et Dominique Delort (photo ci-dessus,à Vesdun, Cher), avaient sévi dans neuf parcelles de culture de tournesols "Clearfield" de BASF et "Express Sun" de Pioneer dans l'Isère et la Drôme. Ils entendaient contester la culture de ces tournesols développées pour offrir une grande résistance aux herbicides et répondre à la demande. De plus, selon la Chambre de l’Agriculture du Rhône, ces variétés ne seraient pas génétiquement modifiées et auraient été obtenues par "sélection des semenciers". Elles ne sont par ailleurs pas interdites par la réglementation européenne.

Les faucheurs volontaires relaxés en 2014

Pied-de-nez des camarades
de José Bové à la Justice
La cour d’Appel de Colmar avait estimé que l’arrêté ministériel autorisant ces OGM était "illégal" et le juge de Christiane Taubira, proche d'Eva Joly, candidate d'EELV face à Hollande, les avait...relaxés en juillet 2014, car il y avait eu "une erreur manifeste d’appréciation des risques inhérents" à l’essai, réalisé "au milieu du vignoble alsacien" dans un environnement non confiné.

Ces perturbateurs des institutions de la République ont pour principaux avocats François Roux et Marie-Christine Ételin, qui sont à l'origine du mouvement des "Comparants volontaires" qui, notamment pour les "faucheurs", consiste à provoquer la Justice en réclamant une comparution devant les tribunaux, conformément à l'esprit de la désobéissance civile. Les Tribunaux correctionnels de Toulouse et de Riom avaient reconnu cette démarche de refus assumé et public de se soumettre à une loi, un règlement, une organisation ou un pouvoir, mais leurs décisions avaient été infirmées par les Cours d'Appel.
Ces extrémistes de gauche poursuivis bénéficient d'une relaxe ou d'un sursis, quand leur procès n'est pas, comme en 2006,  tout simplement reporté... sine die ! Le 20 août 2006, Dominique Bussereau, ministre de l'Agriculture, avait pourtant considéré que ce sont des "actes de vandalisme irresponsable contraires à l'État de droit et au respect de la propriété privée et de l'outil de travail." Les "faucheurs volontaires" affirment qu'ils ne font que faire respecter le droit à un environnement sain, reconnu maintenant dans la Constitution française par le biais du "principe de précaution", à la faveur de la Charte de l'environnement. Or, elle n'existait pas encore au moment des premières actions...

Cette fois, les destructeurs récidivistes étaient réunis  depuis vendredi soir sur place, à Kaysersberg (dont le maire EELV est conseiller départemental du Haut-Rhin), pour leur assemblée générale, qui s’est terminée dimanche soir.
Les Faucheurs -volontaires mais intermittents- ne pointeraient-ils pas à Pôle emploi ?

lundi 22 octobre 2012

Les tumeurs des rats nourris au maïs OGM ne sont pas claires

Les lacunes des travaux du Pr Séralini jettent un fort doute sur la suspicion de toxicité d'un maïs transgénique

Forte concentration
de malades imaginaires chez les activistes écolos...

Les conclusions de l'étude controversée ont été réfutées coup sur coup par l'Agence de sécurité sanitaire (Anses) et le Haut Conseil des biotechnologies (HCB)

Le coup médiatique du Pr Gilles-Éric Séralini est un flop
130 organisations (dont des associations...) de la société civile avaient signé comme un seul homme un appel commun dans lequel elles exigeaient la transparence et réclamaient la suspension provisoire des autorisations du Maïs NK603 et du Roundup. 

Or, il apparaît que la mise en cause du maïs transgénique NK603 commercialisé par la firme américaine Monsanto serait un nouveau coup bas militant. Les deux organismes ont appelé chacun de leur côté à engager des études supplémentaires sur les effets à long terme de la consommation d'OGM associés à des pesticides.
Le Haut Conseil des biotechnologies a jugé ce matin que "les conclusions d'effets délétères de la consommation de maïs NK603 ne sont pas soutenues par l'analyse des résultats présentés dans l'article", publié dans la revue scientifique Food and Chemical Toxicology.
Même tonalité dans l'avis rendu cet après-midi par l'Anses. 
"La faiblesse centrale de l'étude réside dans le fait que les conclusions avancées par les auteurs sont insuffisamment soutenues par les données de cette publication", a déclaré son président, Marc Mortureux en concluant qu'il n'est pas possible "d'établir scientifiquement un lien de cause à effet entre la consommation du maïs OGM et/ou du pesticide et les pathologies constatées [tumeurs cancéreuses, pathologies hépatiques et rénales]."

Les deux organismes en concluent logiquement qu'il n'y a pas lieu de "remettre en cause les précédentes évaluations" du maïs NK 603 et d'interdire son importation, comme l'exigeait hier matin le Pr Séralini, en Europe où il est essentiellement consommé par les animaux d'élevage.

Le Comité économique éthique et social du HCB recommande qu'une "étude de long terme, indépendante et contradictoire

Faut-il en déduire que les conclusions Séralini seraient partisanes et sujettes à caution ? 
Les pouvoirs publics sont appelés à veiller à la sécurité sanitaire du maïs NK603. Avec comme objectif "de répondre aux interrogations de la société" sur l'innocuité de ce maïs OGM, a précisé sa présidente, le Pr Christine Noiville.

Malgré la très faible valeur scientifique de l'étude du Pr Séralini, l'ANSES trouve quand même le moyen de louer son " originalité", tout en recommandant d' "engager des études et des recherches sur la question des effets à long terme des OGM associés aux préparations phytopharmaceutiques". Autrement dit aux pesticides.

Une étude critiquée par six académies

Le 19 septembre dernier, le Pr Séralini affirmait, à la satisfaction des nombreux media qui l'ont relayé sans esprit critique, que ses travaux, d'une durée inhabituelle de deux ans, montraient un risque accru de tumeurs mammaires et d'atteintes hépato-rénales chez les rats nourris avec ce maïs transgénique, associé ou non à l'herbicide Roundup, également produit par Monsanto et contre lequel le maïs NK603 est génétiquement résistant.

Une interprétation contestée par le Pr Jean-Christophe Pagès, qui préside le comité scientifique du HCB: "Certains groupes de rats mâles traités ont une survie un peu meilleure que le groupe témoin, et les différences observées sur les femelles sont dues au hasard." Même constat pour les pathologies du foie ou des reins: dans le premier cas, les données fournies par le Pr Séralini ne permettent pas de conclure à un risque toxique; dans l'autre, elles sont contradictoires. "Nous avons été interpellés par le fait que les données publiées avaient été choisies par les auteurs qui ont refusé à deux reprises de nous transmettre leurs données brutes", dénonce le Pr Pagès. Une démarche inhabituelle en science, où les auteurs d'une publication ont généralement à cœur de mettre toutes les données de leurs travaux à la disposition de leurs pairs.

Trop stupéfiant
pour être honnête

Sur LCI, le sulfureux Séralini a jugé "intolérables" les conclusions du HCB 
Les jours précédents, il s'était défendu en expliquant que son étude avait «des limites statistiques comme toutes les études faites avec dix rats» par groupe étudié. «Mais l'Efsa (l'agence européenne de sécurité des aliments, NDLR) a autorisé des maïs transgéniques sur la foi d'études avec 5 ou 6 rats, des travaux produits par l'industriel lui-même, qui ne communique pas les données brutes de l'étude», déplore le biologiste.

Un argument rejeté par le Pr Pagès: "Dix rats sont suffisants pour mener une étude à court terme sur trois mois, mais pour mesurer un effet à long terme, il faut des lots de 50 animaux." Et encore, à condition d'employer des rats moins prompts à développer spontanément des cancers... "Avec la souche Sprague -Dawley utilisée dans l'étude de Séralini, il aurait fallu 80 à 100 rats par groupe" pour pouvoir aboutir à des conclusions statistiquement valables, expliquait Jean-Pierre Cravidi, toxicologue à l'INRA qui a présidé le groupe d'experts spécifiquement mis en place par l'ANSES.
Un «non-événement scientifique»

Au début du mois, l'Efsa, à qui le Pr Séralini s'obstine à ne pas vouloir communiquer ses données, avait abondamment critiqué son travail, le jugeant "insuffisant" pour remettre en question l'innocuité du maïs NK603 et interdire son importation dans l'Union européenne. Les agences sanitaires allemandes, australiennes et néo-zélandaises avaient conclu dans le même sens.

Vendredi, pour la première fois dans leur histoire, six académies nationales (agriculture, médecine, pharmacie, sciences, technologies et vétérinaire) ont publié un texte commun dans lequel elles se montrent très sévères, qualifiant l'étude de Séralini de "non-événement scientifique" dont "les nombreuses insuffisances" ne permettent "aucune conclusion fiable."

Sitôt connus les avis du HCB et de l'Anses, qu'il avait saisis il y a un mois, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a annoncé que le gouvernement français souhaite une "remise à plat du dispositif européen d'évaluation, d'autorisation et de contrôle des OGM et des pesticides." Jugeant qu' "il n'y a pas lieu de revenir sur les autorisations accordées au maïs NK603 et à l'herbicide Roundup", le ministre s'est appuyé sur la recommandation de l'Anses en faveur d'études supplémentaires, pour réaffirmer "la détermination du gouvernement à maintenir le moratoire en France des OGM autorisés à la culture dans l'Union européenne". Un héritage du Grenelle de l'Environnement réuni par Nicolas Sarkozy que la majorité actuelle, pour une fois, ne conteste pas…

Le Pr Fellous conteste depuis longtemps l'"indépendance" d'un confrère anti-OGM


Des media complices des anti-OGM
Le 21 janvier 2010, sur France 5, le Pr Séralini avait avait été invité à évoquer longuement une étude très controversée qu'il avait menée sur l'impact de trois variétés de maïs transgénique sur la santé des mammifères. Dénonçant "le parti pris anti-OGM" de l'émission "Santé Magazine", présentés par Michel Cymes, Marina Carrère-d'Encausse, le Pr Fellous avait adressé, en tant que président de l'Association française des biotechnologies végétales (AFBV), un courrier à la chaîne et au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Le Pr Séralini était dépeint comme un "chercheur avant tout militant anti-OGM qui se prétend indépendant alors que ses études sont financées par Greenpeace", organisation supra-nationale d'activistes incontrôlables, tenant des propos "d'activiste".

Les magistrats qui ont condamné le Pr Fellous pour propos diffamatoires à l'encontre du Pr Séralini sur "sa dépendance à l'égard de Greenpeace, dont il recevrait une aide financière pour ses travaux", ont en revanche estimé que les autres propos poursuivis ne l'étaient pas, mais relèvent "du débat scientifique."


On découvre que tout ce qui est expérimental n'est pas scientifique.